170 ans abolition esclavage

Les 170 ans de l’abolition de l’esclavage

Par Géplu dans Divers

Au nom du Peuple Français, Le Gouvernement provisoire,
Considérant que l’esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; qu’en détruisant le libre-arbitre de l’homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; qu’il est une violation flagrante du dogme républicain « Liberté – Égalité – Fraternité »

Article Ier
L’esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d’elles. À partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront interdits. […]

Décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, 27 avril 1848

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Communiqué de la Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain.

L’esclavage est aussi ancien que les sociétés humaines. Dès lors qu’il y avait des vaincus, hommes, femmes et enfants, ces butins de guerre, devenaient des esclaves destinés aux travaux pénibles et soumis totalement au vouloir, y compris sexuel, et à l’arbitraire de leurs vainqueurs.

L’être libre devenait une marchandise.

Un demi-siècle après la première abolition de l’esclavage par la Révolution française le 4 février 1794 (rétabli sous le Consulat par Napoléon BONAPARTE), Victor Schœlcher, à la suite de la Révolution de 1848 et de la proclamation de la Seconde République, fut le maître d’œuvre du décret précité mettant en France un terme légal à ces pratiques inhumaines en contradiction avec les valeurs que le Siècle des Lumières portait en son sein.

Franc-maçon, sous-secrétaire d’État chargé des colonies et président de la commission de rédaction des décrets de l’abolition, Victor Schœlcher, met fin à des siècles d’une pratique particulièrement inhumaine, l’esclavage, consistant à « chosifier » l’être humain pour en assurer la propriété à un maître.

L’histoire de l’esclavage montre bien, depuis le VIème siècle avant notre ère et le cylindre de Cyrus, quelques actes de libérations d’esclaves, d’adoucissement de leur traitement, de conditions de libération… Mais, dès le Haut Moyen-Age, la traite arabique s’intensifie. En 1 000 ans, elle concernera 10 millions d’êtres humains arrachés de force à leur pays. De l’autre côté de l’Afrique, le commerce triangulaire déportera environ 11 millions d’hommes, femmes et enfants vers les îles et le continent américain, s’appuyant sur une économie de prédation.

Il faudra attendre le XVIIIème siècle pour que des courants de pensée philosophiques et des sociétés philanthropiques diffusent l’idée de l’abolition alors que dans la même période les révoltes d’esclaves se développent : pensons à la révolution haïtienne.

Les législations définitives d’abolition de l’esclavage s’échelonnent de 1335 (en Suède) à 1970. Certains pays ont promulgué des lois d’abolition, dont les décrets d’application n’ont jamais été signés. Presque tous les pays ont une législation proscrivant l’esclavage. Pour autant, l’esclavage perdure, notamment en Mauritanie, en Libye, dans la Péninsule arabique, au Pakistan, dans le sous-continent indien, sans y être sérieusement réprimé. On le retrouve encore dans de nombreux pays sous des formes dissimulées. L’ONU estime que 40 millions de personnes dans le monde sont victimes de cet esclavage moderne. Les principales formes contemporaines sont l’esclavage pour dettes, le travail forcé, l’esclavage sexuel, le mariage forcé, l’esclavage traditionnel et le travail exorbitant des enfants. La traite des êtres humains est, hélas, très lucrative pour les trafiquants.

En France, cette nouvelle servitude se retrouve dans l’esclavage domestique, les ateliers clandestins, la mendicité imposée et la prostitution forcée qui déshumanise l’être humain.

Pour les Francs-maçons du DROIT HUMAIN, une telle agression envers la dignité humaine et l’égalité, fondements de notre Ordre et de nos engagements, est insupportable. Ardents défenseurs des droits humains, ils soutiennent, selon leur choix personnel, les organismes qui luttent contre ce fléau.

jeudi 10 mai 2018 5 commentaires
  • 5
    Robert 10 mai 2018 à 23:48 / Répondre

    Pour parler de Napoléon il faut être…..initié ! Lire et s’occuper des ouvrages des contemporains de Napoleon et non de la propagande républicaine de nos jours !!!

  • 3
    Robert 10 mai 2018 à 15:51 / Répondre

    NON NAPOLEON N’EST PAS COUPABLE !!!
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    Petits rappels :

    2001, la France fait repentance et reconnaît la traite et l’esclavage en tant que crimes contre l’Humanité (Loi du 21 mai 2001).

    Décembre 2004, Max Gallo fait polémique en déclarant ne pas savoir si le maintien de l’esclavage des Noirs par Napoléon Bonaparte est un crime contre l’Humanité.

    De fait, dans l’inconscient collectif, Bonaparte a rétabli l’esclavage en 1802.

    De même, pour les Francs-Maçons, Victor Schœlcher, qui a permit l’abolition définitive de l’esclavage en France le 27 avril 1848, est représentatif de la maçonnerie de l’époque.

    Ce sont des raccourcis malheureusement trop fréquemment utilisés.

    22 novembre 1801, le 1er Consul s’adresse au Corps Législatif : « A Saint-Domingue et à la Guadeloupe, il n’est plus d’esclaves, tout y est libre, tout y restera libre. […] La Martinique a conservé l’esclavage et l’esclavage y sera conservé. »

    Bonaparte charge le F:. Cambacérès, avec trois conseillers d’Etat : Dupuy, Regnault de Saint-Jean-d’Angély et le F.˙. Bruix, Amiral de son état, de la rédaction du Senatus-Consulte (le 1er texte excluant nommément la Guadeloupe, la Guyane et Saint Domingue est jugé inconstitutionnel par le Sénat).

    L’article 1 de la loi du 20 mai 1802 (30 Floréal An X) est rédigé comme suit :  » Dans les colonies restituées à la France [par l’Angleterre], en exécution du traité d’Amiens, du 6 germinal an X, l’esclavage sera maintenu [et non rétabli], conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789. »

    L’abolition de l’esclavage n’est donc pas appliquée dans les « nouveaux territoires ». Le décret de la Convention du 16 Pluviôse An II (4 février 1794) abolissant l’esclavage à la Guadeloupe, à la Guyane et à Saint-Domingue reste applicable.

    Quel a été le rôle de la S:. Joséphine de Beauharnais dans le maintien de l’esclavage à la Martinique ? Les Historiens sont partagés mais son influence semble très largement surfaite…

    Par contre, les colons de Guadeloupe et de Guyane ont progressivement imposé une interprétation erronée de la loi. C’est à eux, et à l’absence de sanctions par la République, qu’est dû le rétablissement effectif de l’esclavage.

    1794, la France est le 1er pays abolitionniste. Si les valeurs humanistes du siècle des Lumières n’y sont pas complètement étrangères, les réalités économiques et politiques priment. Le F:. Danton nous en livre la clé : « Citoyens, c’est aujourd’hui que l’Anglais est mort ! Pitt et ses complots sont déjoués ! L’Anglais voit s’anéantir son commerce ».

    Si tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir…

    1788, Louis XVI convoque les Etats Généraux pour le 1er mai 1789.

    Les villages et villes de France doivent rédiger leurs cahiers de doléances. Les habitants de Champagney mettent dans leur cahier un article unique en son genre (l’article 29), dit Vœu de Champagney qui condamne avec énergie la traite des Noirs et réclame fermement son abolition[1]. C’est le premier document officiel pro-abolitionniste.

    La même année, Brissot, Clavière et le F:. Mirabeau créent la « Société des Amis des Noirs », groupe humaniste, initié en Angleterre par Lord Wilberforce, membre éminent de la Royal Society et dont les précurseurs sont les FF:. Montesquieu et l’Abbé Raynal.

    L’Abbé Grégoire en devînt Président en janvier 1790. Un quart de ses membres sont Francs-Maçons parmi lesquels figurent les FF:. Lafayette, Camille Desmoulins ou le Chevalier de St George.

    Face à eux, les défenseurs de « l’ordre colonial » se retrouvent au club Massiac à Paris. De nombreux FF:. en sont membres dont Moreau de St Mery, Bacon de la Chevalerie et Gouy d’Arcy.

    Quelle est la situation des colonies ?

    Elles sont source de richesses pour le Royaume. Bien que le système esclavagiste commence à être remis en cause – même par le Roi – les considérations humanistes ne peuvent prendre le pas sur l’impératif économique. Le système perdure et se durcit.

    La perle du Royaume est Saint Domingue qui compte pour 1/3 dans le Commerce extérieur français.

    Le vent de liberté et d’égalité de la Révolution souffle dans les Iles. Les mentalités évoluent.

    Les colons, plutôt royalistes, lorgnent vers les Etats-Unis et se mettent à rêver à leur indépendance… Les intérêts commencent à diverger. Paris accordent des droits aux mulâtres au grand dam des planteurs. Les mulâtres voulant faire respecter leurs nouveaux droits, entraînent les Noirs à leur suite.

    La révolte gronde puis éclate le 22 août 1791.

    Parallèlement la guerre avec l’Angleterre et l’Espagne ne fait qu’aggraver la situation.

    Les insurgés s’allient avec les Espagnols qui occupent la partie orientale de Saint Domingue. Les colons demandent l’aide des Anglais qui occupent la Martinique et qui débarquent à Port-au-Prince.

    1793 : Les Commissaires Étienne de Polverel, initié à « L’Amitié » à Bordeaux, et Léger-Félicité Sonthonax, membre de la « Société des Amis des Noirs » abolissent l’esclavage à Saint Domingue.

    Peu de considérations humanistes dans cette décision. L’objectif est de rallier les Noirs et leur chef, Toussaint-Louverture, pour lutter contre les partisans de l’Ancien Régime.

    Décision confirmée le 4 février 1794 par la Convention qui l’étend à toutes les Colonies françaises.

    Les Anglais et les Espagnols seront finalement boutés hors de l’Ile.

    Toussaint Louverture devient le chef de l’armée. Il écrase les mulâtres et remplace l’esclavage par … le travail forcé de ses frères de couleur. Le 8 juillet 1801, il proclame l’autonomie de l’île et se nomme Gouverneur Général à vie de la nouvelle République.

    1794 : Le Commissaire de la Convention, Victor Hughes, reprend la Guadeloupe rapidement passée aux mains des Anglais. Chargé par Robespierre d’exporter les idées de la Révolution il fait régner la Terreur. Les planteurs royalistes sont exécutés, les esclaves rebelles massacrés.

    Remplacé en 1798 par le Général Desfourneaux la révolte éclate suite à l’annonce de nouveaux impôts.

    18 Brumaire An VIII (9 novembre 1799), le Général Bonaparte devient 1er Consul et doit faire face à cette crise des Colonies.

    Voici et ce qu’il en dit quelques années plus tard à Sainte Hélène (Mémorial de Sainte Hélène – Tome 4) : « J’ai à me reprocher une tentative sur cette colonie lors du Consulat. C’était une grande faute que d’avoir voulu la soumettre par la force; je devais me contenter de la gouverner par l’intermédiaire de Toussaint »[…]

    L’Empereur avait d’autant plus à se reprocher cette faute disait-il qu’il l’avait vue et qu’elle était contre son inclination. Il n’avait fait que céder à l’opinion du Conseil d’Etat et à celle de ses Ministres…

    Saint-Domingue, outre ses richesses, est, pour Bonaparte, le carrefour de sa future politique coloniale en Amérique dans les vastes territoires de la Louisiane.

    1801 : Pour rétablir l’autorité de la République, il charge son beau-frère, le Général Leclerc, de ramener Toussaint-Louverture à la raison. Il lui faut éviter la guerre pour ne pas ruiner l’Ile.

    Les tractations échouent. Leclerc mène une guerre victorieuse aboutissant à la capture de Toussaint-Louverture envoyé en France où il mourût quelques mois plus tard en 1803.

    Parallèlement, le Général Richepanse est chargé par Talleyrand de mater la révolte en Guadeloupe.

    Il y parvient au prix de terribles massacres. L’esclavage est rétabli de fait.

    Cette nouvelle ravive la révolte à Saint Domingue. Leclerc et son armée sont décimés par la fièvre jaune. Rochambeau lui succède et se livre à des massacres et à des cruautés sans nom. Il finit cependant par capituler face à Dessalines qui se proclame Empereur et massacre tous les blancs.

    Saint Domingue est définitivement perdue. Haïti est née mais disparaît de l’économie mondiale…

    Entre temps la guerre a repris en Europe. Napoléon oublie ses rêves américains devenus impossibles et revend la Louisiane aux Etats Unis.

    Mars 1815, de retour de l’Ile d’Elbe, Napoléon décrète une abolition immédiate de l’esclavage, restée lettre morte après la restauration de la monarchie.

    Certes cette décision tardive n’exonère en rien les actions menées dans les colonies et la loi du 20 mai 1802 mais elle est révélatrice de ses idées. En effet, en 1798 le Général en Chef Bonaparte ordonne l’abolition totale de l’esclavage à Malte le 28 prairial an VI (16 juin).

    Autre exemple révélateur : le fameux Mamelouk Roustan, jeune esclave offert par le chekh El-Bekri en 1799 durant la Campagne d’Egypte, que Bonaparte s’empressa d’affranchir. Roustan resta fidèle à son bienfaiteur jusqu’à Fontainebleau en 1814.

    Avant d’aborder le dernier point sur la Franc-Maçonnerie, permettez-moi de conclure en vous relatant deux anecdotes illustrant l’idée que Napoléon se fait des esclaves :

    – La 1ère a pour théâtre le jardin de M. Balcombe. Il y rencontre fréquemment le jardinier dont il admire le travail. Tobie, car tel est son nom, est un Indien-Malais enlevé des années plus tôt par les anglais et transporté à Saint Hélène en tant qu’esclave. L’Empereur pense à l’acheter pour le faire reconduire dans son pays (Mémorial de St Hélène – Tome 2 – p 23-24 : la volonté de Napoléon d’affranchir Tobie est confirmé par Lucia Elizabeth Balcombe Abell dans « La captivité de Sainte-Hélène »).

    Tobie, fidèle en amitié, continuera à prendre soin de la tombe du Bon Monsieur… (Les mystères de Sainte Hélène – Tome 1 – p 92 – De Emile Marco de Saint-Hilaire – 1847)

    – Pour la 2nde, toujours à Sainte-Hélène, alors qu’il se promène avec Mme Balcombe et Mme Stuart, ils croisent des esclaves chargés de lourdes caisses. Mme Balcombe leur ayant dit fort rudement de s’éloigner, l’Empereur s’y oppose disant « Respect au fardeau ! Madame » (Mémorial de St Hélène – Tome 1 – p 404) »

    Voilà un rapide tableau de la situation, historiquement exact et aussi complet que possible.

    Qu’en est-il de nos FF:. de l’Epoque ? J’en ai cité quelques uns. Ils y avaient les pro- et les anti-abolitionnistes. Mais en réalité leur opposition va bien plus loin comme nous allons le voir…

    1728, la Maçonnerie naît officiellement en France. Le Duc de Warton, Passé Grand Maître de la Grande Loge de Londres, est reconnu « Grand Maître des francs-maçons en France ».

    Dix ans plus tard, en 1738, élection du 1er Grand Maître français, Louis de Pardaillan, Duc d’Antin.

    La même année : création de la 1ère Loge coloniale en Martinique.

    En 1745, la 1ère Loge Guadeloupéenne est créée et en 1749 la 1ère Loge à Saint Domingue.

    Une apparition précoce qui s’explique par le succès du commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les îles, mais aussi par l’engouement que connaît la franc-maçonnerie dans la société du XVIIIème siècle, siècle des Lumières et des philosophes.

    Parallèlement à son développement on assiste également à des luttes fratricides de pouvoir. Des dissensions se font jour sur les Hauts Grades – dès 1743 -, sur le Vénéralat à vie puis sur l’autonomie des Loges. Paradoxalement, la traite et l’esclavage ne sont pas perçus comme incompatibles avec l’appartenance maçonnique. Pour l’anecdote, en 1781, un navire baptisé Le Franc-Maçon quitte Le Havre pour charger une cargaison d’esclaves au Sénégal. Au contraire. Les abolitionnistes sont très minoritaires au milieu du XVIIIème et une maçonnerie portuaire « négrière » se développe sans que Paris n’y trouve rien à redire.

    Nous l’avons vu dans la 1ère partie, Saint-Domingue est considérée comme la perle des colonies. Maçonniquement l’île a également son importance notamment pour les Hauts Grades.

    27 août 1761, Paris : Etienne Morin reçoit une patente de la Grande Loge le nommant « Grand Inspecteur pour toutes les parties du Monde » grâce à laquelle il va créer des loges de tous grades à travers les Antilles et l’Amérique du Nord. Il présente à St Domingue le Rite de Perfection en 25 degrés qui sera pratiqué par les LL:. connues, les LL:. militaires et par les Martinézistes.

    1766, La Grande Loge révoque la patente de Morin, les Loges-Mères et les collèges écossais. Cependant le rite s’était déjà répandu dans les colonies et ce qui allait devenir les Etats-Unis.

    Une véritable guerre fratricide de pouvoir provoque la suspension de la Grande Loge de France entre 1769 et 1771… A la reprise des travaux les dissensions restent vives… et aboutissent à la scission de 1773 qui voit la création du Grand Orient.

    A Saint Domingue la pratique des hauts grades écossais perdure ainsi que l’attachement à l’ancienne Grande Loge.

    Les tensions s’accroissent et les intérêts divergent entre la rue du Pot-de-fer et les LL:. coloniales. Le centralisme et la politique de contrôle de l’Obédience sont antinomiques avec l’autonomie de ces LL:.

    Les LL:. portuaires qui entretiennent des relations constantes avec les Colonies sont chargés par le Grand Orient d’être les porte-paroles de l’Obédience, avec délégation des pouvoirs. Mais au final, au lieu de voir les liens se renforcer entre Paris et les Antilles, une vraie solidarité se construit entre les loges coloniales et les loges négociantes où maçonnent les négriers excluant peu à peu de leurs relations les LL\ parisiennes où les idées abolitionnistes se développent.

    Cela est dû, d’une part aux relations très fortes qui se nouent avec les FF:. en escale ou de passage et d’autre part du fait que le négoce, la traite, les métiers de la mer, l’entraide, … font que l’esprit même de ces LL:. diffère du caractère purement spéculatif des LL:. parisiennes.

    1789 : Les esclaves commencent à se révolter au nom des idées de la Révolution française.

    La maçonnerie des îles se met en sommeil. Les maçons fuient aux Etats-Unis, à Cuba ou à Trinidad. Parmi eux, de Grasse Tilly.

    A partir de 1800 les choses évoluent en Province en général et sur le littoral en particulier. La création d’une administration décentralisée importante va provoquer l’afflux de nouveaux FF:. : les fonctionnaires investissent les LL:. Le négoce et le personnel maritime perdent de leur importance.

    Les relations Paris-Province se régularisent mais de nouveaux enjeux apparaissent avec le retour de de Grasse Tilly en 1804 et le succès du REAA et de ses Hauts Grades.

    Napoléon réussit, avec le Concordat, à contrôler la maçonnerie qui vivra son âge d’or sous son règne.

    .

    J’espère avoir pu vous éclairer sur une vérité historique trop souvent ignorée.

    Le but de ma recherche a été d’apporter une parcelle de vérité à cette période complexe et controversée. Napoléon n’a peut être pas pu changer radicalement le cours de l’histoire. Il n’a sans doute pas pu lutter contre les marchands et les esclavagistes, trop occupé à d’autres batailles en d’autres lieux. La distance n’a pas aidé…

    Il faut cependant replacer les évènements dans leur contexte. Si aujourd’hui ces pratiques sont condamnables par tous, à l’époque l’esclavage n’était pas considéré comme immoral et inhumain même par les Francs-maçons. Il s’agissait plutôt d’une main d’œuvre nécessaire et, disons-le, rémunératrice…

    Mais il faut reconnaître que la graine semée dans des esprits humanistes a germé et a permis, après des luttes, des crises et des discours persuasifs de mettre en évidence l’horreur de ces pratiques. Schœlcher, parmi d’autres, a adhéré à ces indignations et s’est battu…

    ——————————————————

    [1] « Les habitants et communauté de Champagney ne peuvent penser aux maux que souffrent les nègres dans les colonies, sans avoir le cœur pénétré de la plus vive douleur, en se représentant leurs semblables, unis encore à eux par le double lien de la religion, être traités plus durement que ne le sont les bêtes de somme. Ils ne peuvent se persuader qu’on puisse faire usage des productions des dites colonies si l’on faisait réflexion qu’elles ont été arrosées du sang de leurs semblables : ils craignent avec raison que les générations futures, plus éclairées et plus philosophes, n’accusent les Français de ce siècle d’avoir été anthropophages, ce qui contraste avec le nom de français et encore plus celui de chrétien. C’est pourquoi, leur religion leur dicte de supplier très humblement Sa Majesté de concerter les moyens pour, faire des sujets utiles au royaume et à la patrie.  »

    (Document B-4213 aux archives Départementales de la Haute-Saône à Vesoul)

    • 4
      Daniel Depris 10 mai 2018 à 21:19 / Répondre

      Merci pour ce complément d’information mais cela ne deculpabilise pas le clan Buonaparte-Tascher pour autant dans le cas bien précis de la Martinique ou les Tascher avaient leurs plantations. En 1996, j’ai pris une photo de la statue de la ci-devant Rose-josephe qui se trouvait dans le parc de la Savane, à Fort de France. Elle avait été décapitée et maculee de peinture rouge. Les descendants des esclaves savent fort bien ou est la réalité historique.

  • 2
    Daniel Depris 10 mai 2018 à 14:55 / Répondre

    Il serait peut être utile de rappeler que Buonaparte, qui s’est pose en « protecteur » de la maçonnerie avait rétabli l’esclavage aux Antilles afin de satisfaire les intérêts des Tascher, planteurs esclavagistes. Autrement dit sa belle-famille. Je possède deux gravures montrant Buonaparte et sa Joséphine en tenue maçonnique et en position « à l’ordre ». Avec des commentaires très élogieux ! Il faudrait aussi rappeler le sort qui fut réservé à Toussaint L’ouverture par le même Buonaparte et son clan nepotico-imperialiste. Enfin, n’oublions pas qu’Henri Wallon à jour un rôle aussi important que Schoelcher dans la rédaction et l’adoption de la loi de1848. Voir son ouvrage de 1847 intitulé  » L’esclavage dans les colonies ». Au Kongo, la politique esclavagiste menée au nom d’un roi-negrier (Léopold II) à fait entre 6 et 10 millions de victimes avec la complicité active du clergé catholique. De nos jours, l’islam, qui a fourni les pires trafiquants d’esclave, toléré toujours l’esclavage.

  • 1
    Patrice Deriémont 10 mai 2018 à 11:42 / Répondre

    Nous avons souvent l’habitude nous autres « blancs » et spécialement francs-maçons de nous réjouir d’avoir aboli l’esclavage et de mettre en avant la date du 27 avril 1848 et le Frère Schœlcher qui serait selon nous l’exemple parfait de la réussite de nos combats humanistes.
    Mais avant de revenir sur cet évènement je voudrais rappeler qu’il y a eu une première abolition. Elle a été votée par décret le 4 février 1794. Elle n’a pas été appliquée dans l’ensemble des DOM et cela se ressent encore de nos jours
    Le texte était : « Le décret d’abolition de l’esclavage de 1794 s’applique exclusivement aux nègres et aux colonies ». On le doit principalement à l’Abbé Grégoire. Celui-ci se rallie au Tiers état et, à l’Assemblée Constituante, il réclame non seulement l’abolition totale des privilèges et de l’esclavage mais prône aussi le suffrage universel. Comme quoi le clergé n’a pas toujours été du mauvais coté du manche. Mais tout cela n’avait pas été facile.
    Marie Gouze, dite Olympe de Gouges compare le statut des esclaves et la condition des femmes pour lesquelles elle rédige la « déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». Son engagement et ses écrits pour les deux causes en fera une victime de l’échafaud le 3 novembre 1793.
    Mais revenons à l’abolition. Le décret d’abolition du 4 février 1794 est appliqué à la Guadeloupe à la Guyane mais pas à la Martinique ni à Tobago alors occupées par les Britanniques.
    Cette abolition à géométrie variable a encore aujourd’hui des conséquences sur le tissu social notamment en Guadeloupe et en Martinique. En effet à partir de 1794 la Convention a consciencieusement guillotiné les « Maitres » des plantations guadeloupéennes. En Martinique par contre rien ne s’est passé, les anglais occupaient l’ile et l’abolition n’a pas eu lieu. La conséquence du rétablissement de l’esclavage par Napoléon le 20 mai 1802 a entrainé un phénomène particulier. Les autorités guadeloupéennes n’ont pas pu remettre en place les anciens « maitres », ils étaient morts. Ils ont alors fait venir des grandes familles martiniquaises puisqu’ils avaient échappé à la guillotine. Ils sont toujours présents et connus sous la dénomination de Békés.
    La première abolition avait vécue
    Si la journée nationale d’abolition de l’esclavage a finalement été fixée au 10 mai, d’autres dates existent: le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe mettant en relief la complexité de l’histoire de l’abolition de l’esclavage.
    Alors que le décret Schœlcher d’abolition de l’esclavage est pris à Paris le 27 avril 1848, la nouvelle met quelques temps à atteindre les différentes colonies françaises, même si elle arriva plus vite que les planteurs esclavagistes ne l’auraient souhaité. Ainsi, en Martinique, le jour de commémoration renvoie au 22 mai 1848, date d’un soulèvement d’esclaves. Car les esclaves sont au courant, les informations circulent entre les deux côtés de l’Atlantique. Le décret du 27 avril prévoyait l’abolition de l’esclavage deux mois après pour garantir la récolte de la canne à sucre. Mais en Martinique, les esclaves, informés des décisions parisiennes, imposent leur propre calendrier. Le 23 mai, le gouverneur de l’île décide d’abolir l’esclavage sans attendre l’arrivée officielle du décret, qui y concerne 75.000 esclaves.
    Le gouverneur de Guadeloupe en fait de même le 27 mai, date retenue sur l’île pour commémorer la libération de ses 87.000 esclaves. En Guyane, l’abolition est promulguée le 10 juin, jour actuel de commémoration dans le DOM amazonien, mais pour les 12.500 esclaves de ce vaste territoire, elle ne prit effet que le 10 août. Et à la Réunion, ce n’est que le 20 décembre que les 62.000 esclaves purent jouir de l’abolition, car il y eut une résistance des colons, qui disaient ne pas avoir reçu le décret.
    Quant à Mayotte, l’histoire est plus surprenante: l’abolition de l’esclavage y est commémorée le 27 avril, mais non en souvenir du décret Schœlcher du même jour. Cela renvoie en fait au 27 avril 1846, où le baron Mackau abolissait l’esclavage à Mayotte, qui était alors vu comme un laboratoire expérimental soit deux ans avant la décision républicaine du printemps 1848.
    L’histoire de l’abolition au delà du fait qu’elle peut donner la migraine à ceux qui essaie d’en retracer les péripéties et qui laisse on l’a vu assez peu de place à l’action de Victor Schœlcher souffre surtout d’un « péché originel » que rien jusqu’à présent n’est venu effacer.
    En effet en 1848 après avoir aboli l’esclavage, l’Etat français, au lieu d’indemniser les victimes de ce viol permanent du corps et de l’esprit qu’a été l’esclavage, a payé les criminels pour la perte de leurs biens estimant dans la droite ligne du code noir que les esclaves n’étaient pas des humains mais des objets qui pouvaient être achetés des mains des colons. C’est d’ailleurs avec ces fonds et le travail désormais payé au rabais que les békés ont bâti leur fortune pendant que les nouveaux « affranchis » étaient maintenus dans un quasi esclavage les maigres salaires étant compensé par les aides publiques d’un Etat français complice.
    En conclusion que faut-il penser de tout cela ?
    D’abord constater qu’il y a plusieurs manières de présenter l’histoire de l’abolition selon que l’on est blanc ou noir. Ensuite d’admettre que la présentation « blanche » y compris maçonnique n’a pas grand-chose à voir avec la réalité vécue par les populations afro-antillaises. Enfin tenter de trouver une issue à une situation qui dure depuis maintenant 168 ans et ou il faut bien l’admettre : les descendants d’esclaves sont toujours les employés des descendants d’esclavagistes.
    Les protagonistes sont morts depuis longtemps, pourtant à intervalle régulier la Guadeloupe « flambe » et dans une moindre mesure les autres DOM’s.

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