De Clovis à nos jours, le long combat de la laïcité

Publié par Alain Bauer

Alain Bauer.

Alain Bauer, ancien Grand Maître du Grand Orient de France (2000-2003), est professeur de criminologie appliquée au Conservatoire national des arts et métiers et consultant en sécurité. Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages sur la franc-maçonnerie et d’une quarantaine sur la criminalité.

Il nous a autorisé à reproduire ci-dessous l’article qui a été publié sur le site the conversation, l’expertise universitaire, l’exigence journalistique, le 19 octobre.

 

Dans un ouvrage déjà ancien (Les terroristes disent toujours ce qu’ils vont faire), nous démontrions qu’il est très rare de se trouver confrontés à une « surprise » en matière de terrorisme. La révolution stratégique provoquée par l’apparition de l’État islamique a conforté et amplifié cette analyse, alors que l’organisation proclame régulièrement sur de nombreux supports médiatiques cibles et moyens à utiliser pour les atteindre…

Un peu partout dans le monde, les enseignants sont victimes de mises en cause physiques ou morales. Il est toujours très difficile de parler de Darwin et des théories de l’évolution aux États-Unis. Il est presque impossible de sortir d’une école coranique dans de nombreuses régions du Pakistan. Et on assassine les enseignants ou les élèves, notamment les jeunes filles, qui osent enseigner ou venir à l’école en Afghanistan. Au Nigeria ou au nord Cameroun, l’organisation Boko Haram, qui s’appelle en réalité Book Haram (les livres sont impurs), se donne pour mission fondatrice de lutter contre l’école publique sécularisée.

En fait, le combat laïque n’a jamais été aisé. Celles et ceux qui revivent aujourd’hui la lente transition française vers la liberté de conscience en ont hélas une faible mémoire historique.

Le rôle de l’Église catholique

Depuis le baptême de Clovis en 498, la culture du pouvoir en France improprement appelée gallicane – elle est franque en réalité car rattachée aux peuplades germaniques (les Francs) qui conquirent la Gaule au Ve et VIe siècle – explique sans doute un irrédentisme national qui portait moins sur la nature de la foi que sur son expression politique. Ce compromis entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel va être renforcé par l’éclatement de l’Empire de Charlemagne et le maintien d’une seule colonne vertébrale pour la société féodale : l’Église catholique.

Cette dernière devient une très importante opératrice des services publics locaux. Elle investit, ordonne, spécule, exploite. La monarchie en prendra ombrage et Philippe Le Bel y mettra bon ordre en installant le Pape à Avignon en 1309. La religion reste d’État, la France devient la fille aînée de l’Église. Elle a laissé détruire les Cathares, autant par détestation religieuse que pour contraindre le Comté de Toulouse. Mais tout est sous contrôle. Les 95 thèses, martelées sur les portes de l’église de la Toussant à Wittenberg par Martin Luther en 1517 ouvrirent la porte à un schisme, la progression rapide du protestantisme, et un « génocide » oublié, la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. L’un des survivants de ce massacre, Henri IV, proclamera l’Édit de Nantes en 1598. Et pour le malheur du pays et le bonheur de ses voisins, il fut révoqué par un Louis XIV au soleil pâlissant, en 1685.

Séparation de l’Église et de l’État

La Révolution française imposera la première rupture avec l’Église catholique, en inscrivant dans la Déclaration des droits de l’Homme du 26 août 1789 : « Nul homme ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses […] ». On notera le « même » arraché de haute lutte tant la rancœur contre le haut clergé était forte. Depuis les grandes jacqueries de 1348, on brûlait des châteaux, mais aussi beaucoup de presbytères et quelques autres résidences ecclésiastiques… L’Église est « nationalisée » à la fois dans ses biens mais aussi dans sa structure et sa culture. Blasphème, sorcellerie, hérésie, disparaissent du Code pénal. L’État civil, créé en 1539 par François Ier, mais administré par le clergé, est civilisé. Le 21 février 1795, la première séparation de l’Église et de l’État est proclamée.

La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses comités de salut public, de sûreté générale et de législation réunis, décrète notamment que « conformément à l’article VII de la Déclaration des droits de l’Homme, et à l’article CXXII de la Constitution, l’exercice d’aucun culte ne peut être troublé. II. La République n’en salarie aucun. III. Elle ne fournit aucun local, ni pour l’exercice du culte, ni pour le logement des ministres. IV. Les cérémonies de tout culte sont interdites hors de l’enceinte choisie pour leur exercice ». Le texte précise également que « tout rassemblement de citoyens pour l’exercice d’un culte quelconque est soumis à la surveillance des autorités constituées » et qu’ »aucun signe particulier à un culte ne peut être placé dans un lieu public, ni extérieurement, de quelque manière que ce soit ».

Toute la loi de 1905 est déjà là.

Laïcisation heurtée

Bonaparte devenu Napoléon rétablira le dialogue avec l’Église de Rome en signant un Concordat en 1801 avec le pape. L’Église catholique n’est plus que l’ »Église de la grande majorité des Français ». Les prêtres sont salariés par l’État et soumis aux autorités françaises. La religion devient un service public qui s’étend au protestantisme puis au judaïsme. La Restauration (1814-1848) rétablira pour un temps le catholicisme comme religion de l’État. En 1850, la loi Falloux donne à l’Église un droit de direction dans les écoles primaires.

Mais les républicains, les radicaux et les laïques attendent leur heure. La défaite de l’Empire en 1871 et la proclamation de la République en 1877 permettra une laïcisation heurtée grâce à l’action de Jules Ferry, ministre de l’instruction publique. Entre 1881 et 1886, l’école publique devient gratuite, l’instruction devient obligatoire de 6 à 13 ans, l’Église en est sortie. Les lycées et les collèges s’ouvrent aux jeunes filles, le personnel enseignant est laïcisé et l’enseignement religieux exclu des heures de cours. De plus, l’enseignement de la morale civique devient obligatoire.

La loi de 1905

C’est une laïcité dynamique et combattante qui s’affirme et par effet mécanique de conflit. Les relations diplomatiques sont rompues avec la Cité du Vatican en 1904.

En 1905, malgré la pugnacité des radicaux, c’est une loi de compromis et de liberté d’exercice des cultes qui sera adoptée sous l’impulsion de Jean Jaurès dont la formule « La France n’est pas schismatique, elle doit être révolutionnaire » marquera la défaite des radicaux les plus déterminés et la victoire d’Aristide Briand et de Ferdinand Buisson, les pacificateurs. On y trouvera notamment, pour celles et ceux qui commentent souvent ce texte sans l’avoir bien lu, un titre particulièrement précis sur la nature exacte de cette loi qui est moins un texte de séparation que de libre exercice sous contrôle.

Dans le titre V, sous l’intitulé « Police des cultes », il est notamment précisé que « les réunions pour la célébration d’un culte… restent placées sous la surveillance des autorités dans l’intérêt de l’ordre public » et que « si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les lieux où s’exerce le culte, contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou aux actes légaux de l’autorité publique, ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en sera rendu coupable sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, sans préjudice des peines de la complicité, dans le cas où la provocation aurait été suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile ».

Voici ce qu’est donc cette laïcité sans adjectif, dont les défenseurs sont des laïques et qui est devenue un principe constitutionnel en 1958 dans l’article 1er de la Constitution et en 2013 seulement quand le Conseil constitutionnel donnera à certaines dispositions de la loi de 1905 une « valeur constitutionnelle ».

La question de l’Islam

La question juive ou musulmane fit l’objet d’évolutions controversées, parfois heureuses (émancipation sous la révolution, grand sanhédrin sous Napoléon mais honteux statut sous la collaboration pour les israélites, indigénat et exploitation). Mais un accord unanime fut trouvé pour créer la société des Habous et Lieux saints de l’Islam (dite Grande Mosquée de Paris) en 1921 avec subvention publique et souscription nationale sous la conduite du Maréchal Lyautey afin de rendre hommage aux « soldats musulmans morts pour la France ».

Les laïques de 1905, qui insistent sur la « rupture » avec les Églises font cependant un effort, au nom du sang versé, et grâce à Lyautey (qui lui-même souhaitait établir un Califat pro-français) et aident à la création d’un Islam de France et pas seulement en France. La décolonisation poussera à une sous-traitance de l’Islam vers les nouveaux États devenus indépendants dans une « communauté » qui perdra peu à peu de sa réalité.

Se mobiliser pour la laïcité

Mais cette laïcité est-elle aussi neutre qu’on l’affirme haut et fort ? Peut-elle être plurielle ? Peut-elle résister aux assauts intégristes, communautaristes, djihadistes ?

Toute son histoire prouve que la laïcité n’est pas un autre culte. Qu’elle n’est pas une excuse à l’ignorance. Qu’elle impose le respect des croyants et des non croyants. Qu’elle n’est pas l’ennemie de la foi ou de la spiritualité. Les Républicains « atypiques » du XIXe siècle l’avaient bien démontré. Et on oublie souvent que la Déclaration des Droits de l’Homme est placée « sous les auspices de l’Être Suprême ».

En 2002, le rapport de Régis Debray expliquait déjà les risques, pressions et dangers qui menaçaient l’école publique, les valeurs républicaines et la société du vivre ensemble, qui semble devenir celle du côte à côte et du face à face. Cette laïcité mérite une mobilisation, un rassemblement et une action. Plus de neutralité molle. Une dynamique. De Chrétiens, de Juifs, de Musulmans, de Boudhistes, d’Orthodoxes, d’Agnostiques, d’Athées. De Laïques, de Républicain·e·s, de Citoyen·e·s.

Il est plus que temps.

lundi 26 octobre 2020
Étiquettes : ,
  • 7
    Jean-François TOLEDO
    1 novembre 2020 à 08:17 / Répondre

    Argh si j’ai bien compris de Clovis I à Covid XIX … même combat ?? Bon je sors !!

  • 5
    DaXaD
    27 octobre 2020 à 16:40 / Répondre

    Extrait d’une de mes planches intitulée : Les Cléricalismes contemporains. Attention, cela risque de choquer certains FF français.

    La situation de la France, pays revendiquant expressément la laïcité comme fondement de la morale républicaine, est paradoxale. Officiellement la République française se déclare laïque depuis la loi de 1905 dite de séparation de l’Église et de l’État. La République dès lors ne devrait reconnaître ni subventionner ni salarier aucun culte tout en garantissant la liberté d’exercice de tous les cultes.

    Mais ce serait passer trop vite sous silence les lois du 28 mars 1907 et du 13 avril 1908 qui neutralisent plusieurs aspects de celle de 1905. Sans entrer dans les détails, la hiérarchie ecclésiale se voit reconnue pour la nomination des ministres du culte ; les églises ou les temples, propriétés communales, départementales ou nationales sont mis gratuitement à la disposition exclusive des cultes antérieurs, tout en demeurant entretenus par les deniers publics. L’État français concède aux associations diocésaines placées sous l’autorité des évêques le statut d’« associations cultuelles » : autrement dit, l’organisation de type épiscopal de l’Église catholique est considérée conforme à la loi.

    Pour l’enseignement, beaucoup d’écoles privées essentiellement catholiques ont conclu des contrats simples ou d’association avec l’État aux termes desquels l’État rémunère les enseignants et contrôle la pédagogie.

    Par contre, l’État ne rémunère aucun ministre du culte. Hormis pour l’Alsace-Loraine où le concordat de 1801 non aboli en 1905 reste d’application pour cause d’annexion allemande en 1870. Dans ces départements, l’État rémunère les ministres des cultes catholiques, luthériens, réformés et israélites. Le président de la République est le dernier chef d’État à nommer des évêques, ceux de Strasbourg et de Metz ; le premier ministre désigne les grands rabbins et les membres des consistoires protestant et israélite. La religion est enseignée obligatoirement en primaire et au collège sauf dispense.

    En raison de traditions remontant à Philippe le Bel qui établit les bases du gallicanisme, sorte de césaropapisme à la française, il est de coutume que le président de la République agrée la nomination d’un évêque partout sur le territoire, il reçoit aussi le titre honorifique de chanoine de la basilique du Latran que Nicolas Sarcozy est allé relever en personne. Finalement, mis à part l’absence de rémunération des ministres de culte (hors d’Alsace-Loraine), la France reste un pays très engagé singulièrement du côté catholique malgré la loi de 1905. La France est un pays très laïquement catholique oserais-je dire !

    • 6
      Désap.
      27 octobre 2020 à 21:18 / Répondre

      5 – tout ce que tu voudras, néanmoins je peux t’assurer que 80% des Français n’ont strictement rien à faire des religions et que nous ne renoncerons jamais à la laïcité, même si la mode est au French bashing, que le monde entier pétoche des islamistes et fait ainsi mine de ne pas comprendre ce que ce principe signifie.
      Et puis, la bigoterie à l’anglo-saxonne on vous la laisse et on virera bientôt le néolibéralisme.
      C’est bien connu, le monde entier est intelligent et la France est un pays d’arriérés.
      Qui vivra, verra ! La France est un pays 1,5 fois millénaire qui a résisté à tout et continuera de résister.

  • 4
    Anwen
    27 octobre 2020 à 06:49 / Répondre

    Ce qu’oublie de dire (sciemment ou pas ?) M. Bauer à propos du catholicisme, c’est que, par une antithèse qui est frappante, il est appelé « une religion », alors que son œuvre a été l’effondrement de « LA RELIGION ».
    La conséquence direct de l’effondrement de la RELIGION est la lutte des hommes pour le pouvoir spirituel.
    Pendant que les plus audacieux s’emparaient du pouvoir religieux, d’autres formaient un parti d’opposition, un pouvoir laïque, en perpétuelles luttes avec les premiers, et toujours leurs discordes avaient pour prétexte « la Vérité » que ni les uns ni les autres ne possédaient.
    Les Prêtres prétendaient l’enseigner, en se basant sur une tradition qu’ils avaient altérée. Les laïques leur montraient leurs erreurs et voulaient substituer à leurs dogmes des dogmes nouveaux, fondés sur des hypothèses forgées de toutes pièces dans leur imagination et qu’ils enseignaient au nom de la raison, quoique ces dogmes laïques, instables du reste, n’avaient pas plus de valeur que ceux des Prêtres. Ils en avaient même moins parce que, au fond du dogme religieux, on retrouvait la science antique, l’Absolu féminin, tandis que dans la science des hommes cet Absolu, quand on l’apercevait, était condamné au nom de la raison de l’homme qui créait le relatif. En réalité, ces luttes n’avaient qu’un but : conquérir le pouvoir en dirigeant l’Instruction publique et en enseignant aux jeunes générations que le gouvernement des vainqueurs était le meilleur des régimes.
    Si, comme le rappelle M. Bauer avec acharnement,
    L’histoire, qu’elle soit enseignée par des Prêtres ou par des laïques, n’est qu’un tissu de mensonges. C’est ce que Michelet a compris quand il a dit : « L’Histoire tombera et se brisera en atomes dans le courant du XXe siècle, dévorée jusque dans ses fondements par ceux qui rédigent ses annales. »
    À propos de Clovis
    Clovis est le premier roi de France que l’Église Catholique revendique et dont elle parle longuement.
    Ce roi s’appelait en réalité Lodoïx, nom devenu Ludovicus, puis Louis ; mais, devant ce nom, il mettait le titre « Kaï » (conquérant mâle, ennemi des femmes).
    Rappelons que « Kaï » a fait Caïn et que, chez les Latins, en mettant le K devant Esar (le mâle), on avait fait César, ce que les Allemands écrivent K-aiser.
    Donc, Kaï-Lodoïx, devenu pour les modernes Clovis, était un roi qui affirmait par son titre ses convictions masculinistes et sa haine de la féminité et du régime qui avait consacré son autorité.
    C’est à la bataille de Tolbiac, livrée près de Cologne en 496, que Clovis promit à Dieu de se faire chrétien, s’il était victorieux.
    Voilà un marché peu glorieux pour Dieu et un motif de conversion peu recommandable pour une religion. Cela peint bien ce qu’était l’esprit néo-chrétien.
    Rappelons, en passant, qu’on représenta par les deux serpents du caducée les deux aspects du pouvoir de l’homme : le Roi, le Prêtre. Ensemble, mêlant la force à la ruse, ils vont torturer l’humanité.
    C’est par des forbans comme Clovis que la royauté et le Catholicisme furent introduits et soutenus dans la Gaule.
    Ce chef de pirates germains, dont saint Rémi fit un Chrétien et dont l’Église romaine se servit pour combattre les gouvernements des Wisigoths et des Burgondes, qui étaient ariens et féministes, fut appelé par les évêques du 5ème siècle, dans le seul intérêt de leur autorité pontificale, à ravager la France et à s’enrichir des dépouilles des Gaulois. Et cet assassin de toute sa famille fut traité par l’Eglise presque comme un saint. Il fut le Constantin du Nord.
    Le bon évêque de Tours trouve sans doute que ces horreurs n’étaient que de saintes ruses, puisque c’est un Catholique qui les pratiquait pour la plus grande gloire de l’Église, car il conclut en disant : « Tout lui réussissait, car il marchait le cœur droit devant Dieu. »
    Les historiens officiels, comme Henri Martin, disent de Clovis qu’il était « actif, rusé, ambitieux, doué de qualités supérieures, pieux, vaillant, glorieux, mais cruel et perfide ».
    Quand on est criminel, cruel et perfide, comment peut-on être doué de qualités supérieures ?
    C’est à Clovis que l’on fait remonter la promulgation de la loi salique, à tort, car cette promulgation n’eut jamais lieu.
    C’est lui qui commença à prendre le nom de Franc et à appeler la Gaule France. Par franc, il entendait affranchi des principes, des lois, de la morale du régime antérieur à lui. C’est de son temps qu’on remplaça l’ancienne justice par les épreuves judiciaires par l’eau bouillante et le fer rougi.
    Un peu d’histoire autour du mot « laïque » et de son étymologie
    Les Celtes d’Europe regardaient le « schisme de Ram » comme peu considérable et donnèrent à ses sectateurs le nom de Esk-Wander (peuple égaré, peuple errant, tourbillon). Rappelons à ce sujet que l’apparition du Sépher (la Genèse biblique) avait provoqué un grand mouvement d’idées. Par toute la Terre on discuta les Principes exposés dans l’œuvre de Myriam (surnommée Hathor – Ha-Thora, « la Loi »)
    C’est ce Ram celtique que les hindous appellent Râma (également connu sous le nom de Ramachandra), le grand perturbateur et usurpateur du régime féminin en Asie, c’est lui que le Tibet, la Chine, le Japon et les immenses régions du Nord de l’Asie honorent sous le nom de Lama. Il est connu sous le nom de Fo, de Pa, de Pa-pa (monarque paternel) ou de Pa-si-pa (Père des pères). C’est lui qu’en Perse on a appelé Giam-Shyd (Djamchid) et dont on a fait le premier monarque du monde. Les disciples de Ram étaient appelés Ramsès en Egypte.
    Quand l’homme eut vaincu le pouvoir féminin, il nous, raconta lui-même son histoire, qu’il fit glorieuse, mettant le mérite dans le triomphe de la force sur l’esprit. Les Orientaux ont donné à l’un de ces vainqueurs le nom de « Dhulcarnein » (ou « Dhû-l-Qarnayn »), qui signifie « aux deux cornes » (ou « le bicornu ») ; c’est l’épithète des conquérants « qui ont subjugué les deux extrémités du monde, l’Orient et l’Occident ». Après Ram, Alexandre eut le même surnom ; il fut le second vainqueur de l’Asie dans la mémoire des Orientaux.
    Ram appuie sa prétention de dominer le monde sur la force d’une armée composée des castes inférieures appelées Folk (Folk ou Volg, d’où vulgaire, foule, latin vulgus).
    Cette classe était considérée comme composée de ce qui suit, ce qui sert, mais ne dirige pas, et de la classe guerrière qui s’intitula Leyt, c’est-à-dire élite, les plus forts ayant toujours eu la prétention d’être les meilleurs.
    Les Folk (peuple) et les Leyt (guerriers) s’unirent contre les intellectuels qui formaient une caste supérieure. De ces deux mots Leyt-Folk, contractés, on fit Leyolk qui est devenu laïque.
    Les intellectuels étaient appelés Lœhr, mot qui signifie clarté ; c’étaient les savants. Ce mot clarté, évoluant à travers diverses croyances, est devenu ce qu’aujourd’hui on appelle clergé.
    René Guénon nous dit : « le mot même de « clergé », originairement, « clerc » ne signifie pas autre chose que « savant », et il s’oppose à « laïque », qui désigne l’homme du peuple, c’est-à-dire du « vulgaire », assimilé à l’ignorant ou au « profane », à qui on ne peut demander que de croire ce qu’il n’est pas capable de comprendre, parce que c’est là le seul moyen de le faire participer à la tradition dans la mesure de ses possibilités. » (Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel)
    L’expression « Satan est le singe de Dieu » peut aider grandement à comprendre quelques-unes des plus sombres énigmes du monde moderne.

  • 1
    Désap.
    26 octobre 2020 à 09:29 / Répondre

    Dès mon initiation il m’a semblé évident qu’une connaissance objective et précise de la réalité historique était la condition expresse d’une pratique correcte et d’une juste compréhension de la maçonnerie et de son objectif pouvant se résumer ainsi : dévoiler la vérité. C’est en effet par là que commence le travail de compréhension, s’émanciper de toutes croyance, illusion et fabrication.
    Je remercie le frère Alain Bauer de dévoiler la vérité de la laïcité, de mettre en lumière son esprit, ses objectifs et sa finalité.
    J’attends de nos frères, ayant talent de rédaction dont je suis dépourvu, la mise en lumière des évènements qui participèrent à l’instauration de la religion chrétienne dans notre civilisation gréco-latine, la description précise de la destruction de la pensée et de l’intelligence que ceci impliqua, la perte majeure de connaissances qui suivit l’instauration du dogme chrétien, connaissances que nous n’avons pas entièrement retrouvées, c’est un euphémisme, notamment du point de vue philosophique entendu au sens grec, cette étude sociale, psychologique, politique de la nature humaine, intelligence essentielle au vivre ensemble, ainsi que la manière d’aborder la transcendance hors de toute passion et appuyée sur les propriétés de l’intellect, notamment la raison.
    J’insiste sur cela depuis un certain temps, aucun franc-maçon n’est suffisamment riche pour faire l’économie de la lecture et de l’étude des textes néoplatoniciens.
    Le néoplatonisme est la source d’inspiration des Constitutions et du rituel de la maçonnerie spéculative originale.

    • 2
      PASCALE
      26 octobre 2020 à 20:14 / Répondre

      Ah !? Parce que le Temple de Salomon est une réalité historique ????
      Moi qui croyais avoir, avec mon initiation, et les longs et pénibles efforts qui s’ensuivirent, trouver une méthode pour passer d’une parole conditionnée à une expression inconditionnelle…
      Je n’ai vraiment rien compris… L’Univers, la Terre, la Vie, la conscience… Ce n’était donc pas les bonnes questions….
      Mais je ne suis qu’une sœur, et peut être même pas pour tout le monde, j’ai du avoir des idées absurdes !

      • 3
        Désap.
        26 octobre 2020 à 21:56 / Répondre

        2 – Je me permets de te rappeler une phrase de mon commentaire :
        C’est en effet par là que commence le travail de compréhension, s’émanciper de toutes croyance, illusion et fabrication.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés. Les règles en matière de diffamation, de calomnie, d’insulte, d’incitation à la haine ou de discrimination sont applicables. Les formules de salutation maçonnique et les abréviations ne sont pas autorisées.

Code vérification
Signaler un contenu abusif