La Franc-Maçonnerie dans le cinéma et les séries télévisées

Publié par Géplu

Dominique Alain Freymond [1], membre de la Grande Loge Suisse Alpina, et Président du Groupe de Recherche Alpina, a bien voulu nous autoriser à reproduire cet article qu’il a écrit et publié dans le numéro 45 de la revue du GRA Masonica, de décembre 2019.

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Les différentes représentations de la Franc-Maçonnerie

dans des films et des séries télévisées

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1. Comment trouver les bonnes informations dans un contexte en pleine évolution ?

En 2008, selon le spécialiste anglais Steven Follows [2], l’industrie cinématographie a produit plus de 6 691 films, dont 1 300 en Inde, 872 au Nigéria et « seulement » 558 aux États-Unis ! Au XXIe siècle, les séries télévisées semblent prendre le pas sur le film classique. En 2016, pas moins de 455 séries télévisées ont diffusé une nouvelle saison aux États-Unis [3]. NetFlix, Amazon, YouTube (Google) concurrencent Hollywood, Bollywood, Nollywood et d’autres grands producteurs. YouTube favorise en plus la création de vidéos en tout genre, de la plus grande médiocrité à de petits chefs-d’œuvre.

Le visage de la Franc-Maçonnerie est très différent dans le monde anglo-saxon (Royaume-Uni, États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, etc..) que dans l’Europe continentale. La première fait presque partie de la vie publique, avec ses défilés dans la rue, les enseignes des Loges à l’entrée de la ville et ses activités philanthropiques. En Europe la situation diffère, la Franc-Maçonnerie y étant numériquement moins importante et plus discrète ; la guerre a marqué les mentalités et les perceptions. La propagande vichyste, franquiste, mussolinienne ou hitlérienne, mais aussi le catholicisme, prendra pour cible la Franc-Maçonnerie, alors interdite. Après la guerre, cette approche laissera des traces. Aujourd’hui encore, un vieux fond de méfiance à l’égard des Frères demeure largement partagé par la population et certains médias. L’analyse des œuvres contient ce préjugé.

Dans ce contexte en pleine évolution, voire révolution, comment analyser la présence de la Franc-Maçonnerie, ses symboles et ses dialogues ? Quelques Frères passionnés de cinéma ont recherché le moindre symbole, la plus petite allusion dans les films. Peu d’ouvrages ont été publiés à ce sujet excepté le classique « Franc-Maçonnerie & 7e art » [4], du Frère Harry Swerts, monteur de film. Franc-Maçonnerie Magazine a consacré deux articles à ce thème. [5]

Heureusement, plusieurs sites répertorient des films avec des photos ou des extraits de films. Le plus complet de la Grand Lodge of British Columbia and Yukon [6] a passé en revue plus de 2 700 films pour en retenir 101 présentant des allusions maçonniques. Un site complotiste « Ouvrez les yeux » [7] a recherché des allusions à tout mouvement ésotérique, rose-croix, Illuminati, sataniste, etc. Il recense plus de 140 extraits de films aux allusions maçonniques, parfois tirées par les cheveux. Pour vérifier les informations et obtenir plus de détails, l’IMBd (Internet Movie Database) [8] fournit des informations précises sur 3 250 000 œuvres visuelles et plus de 6,5 millions de personnes [9].

En rassemblant toutes ces informations, j’ai pu constituer une base de données non exhaustive comprenant 165 films et 141 séries TV. Je n’ai pas intégré d’autres œuvres comme des émissions de télévision, de la publicité ou des vidéos YouTube. J’ai essayé de classer toutes ces œuvres selon les critères suivants :

0 – Aucun lien avec la Franc-Maçonnerie : interprétation inadéquate ou erronée de signes ou de symboles
1 – Lien de « cousinage » avec d’autres mouvements proches de la Franc-Maçonnerie (Elks, De Molay, Rose-Croix, Shriners, Templiers, etc.)
2 – Symbole maçonnique clairement identifiable (bague, pendentif, enseigne, etc.)
3 – Dialogue clair, mentionnant des thèmes en relation avec la Franc-Maçonnerie
4 – Scène présentant des francs-maçons en activité
5 – Scène présentant des aspects initiatiques authentiques, erronés ou manipulés

Sur cette base, une première analyse statistique [10] confirme la prédominance des pays de culture anglo-saxonne (États-Unis, Royaume-Uni, Canada) avec 270 œuvres sur un total de 306.

Dans la catégorie « 0 » des interprétations erronées (15 œuvres), je mentionnerai le symbole du double V entrecroisé, avec même parfois un point au centre qui est confondu avec celui du compas et de l’équerre. On le retrouve, par exemple, porté comme insigne par les méchants de « Guy l’éclair » [11] ou dans la série télévisée « Cosmos 1999 » [12].

Dans les liens de « cousinage » (catégorie 1 – 49 œuvres), le film « Les Compagnons de la Nouba », [13] présente Laurel et Hardy en route pour participer à une assemblée de leur confrérie « Les fils du désert » ressemblant beaucoup aux « Shriners » [14].

 

 

Ornela Muti en princesse Aura,
fille de l’empereur Ming
Source : thebrowntweedsociety.com/2010/08/30/lps-from-the-attic-queen-flash-gordon-omps/

Affiche du film « Sons of the Desert », 1933
Source : filmfanatic.org, 2018

Dans le même registre, mentionnons 21 des 22 épisodes « Les Pierreafeu » [15] dans lesquels Fred Flintstone and Barney Rubble, vivent des aventures passionnantes au sein de la « Water Buffalo Lodge » [16]. Fred deviendra même « Grand Poobah » de cette obédience qui, en tous points ressemble à une vraie fraternité anglosaxonne « Ordre Royal et Antédiluvien des Buffles ».

2.  N’est pas maçonnique, n’importe quel film !

Initiation de Luke Skywalker comme Jedi par Maître Yoda « Star Wars, épisode I : La Menace fantôme », 1999 Source : Isaac Morehouse, 2016

Lors de conférences sur la Franc-Maçonnerie et le 7e art, de nombreuses personnes mentionnent avec enthousiasme les allusions maçonniques qu’ils ont remarquées dans de grands films. Par exemple, la célèbre série de « La Guerre des Étoiles » [17] avec Anakin Skywalker, qui cède à la tentation du côté obscur de la Force pour devenir Dark Vador, puis connaît sa rédemption grâce à l’action de son fils Luke Skywalker, initié comme chevalier Jedi par Maître Yoda.

Dans « Le Magicien d’Oz » [18], certains veulent y voir la quête de sagesse, force et beauté dans le voyage initiatique de Dorothée avec l’épouvantail qui se plaint de ne pas avoir de cerveau, le bûcheron en fer blanc qui regrette de ne pas avoir de cœur et le lion qui déplore son manque de courage.

Avec « Eyes Wide Shut » [19], Bill Harford, masqué, s’introduit dans un manoir grâce à un mot de passe et découvre des rituels sexuels quasi religieux. Les déguisements, les mots de passe et la présence d’un maître de cérémonie déguisé de rouge ne font pas de ce film une œuvre maçonnique, loin de là.

Dans le 2e film de la trilogie du « Seigneur des anneaux : Les Deux Tours » [20] après les premières épreuves, Frodon Sacquet et Samsagace Gamegie partent seuls pour le Mordor afin de détruire l’Anneau unique, à la Montagne du Destin et doivent passer entre les deux tours d’Orthanc et Barad-dûr.

La Franc-Maçonnerie n’a pas l’apanage de certains symboles forts qui appartiennent à l’inconscient collectif ou à d’autres mouvements religieux ou ésotériques. Mais l’envie de s’identifier à certains héros, surtout ceux qui combattent avec succès les forces du Mal, est parfois trop forte… Signalons encore qu’aucun des auteurs de ces films n’est franc-maçon : L. Frank Baum était membre de la société théosophique, R.R. Tolkien, catholique romain…

3.  Hommage aux précurseurs et aux célébrités…

Commençons par rendre hommage aux fondateurs du cinéma, les Frères Lumière qui organisèrent les premières projections collectives de « films photographiques » sur grand écran le 22 mars 1895, puis une séance payante ouverte au grand public le 28 décembre 1895 à Paris. Auguste (19.10.1862 – 10.04.1954) est initié le 12 octobre 1881 au sein de la Loge « Étoile et Compas ». Il passe directement du 1er grade à l’honorariat. Il semble également avoir appartenu à « La Lumière du Sud », sans participer aux travaux. Son frère Louis n’aurait pas fait partie de la Franc-Maçonnerie. Cependant, leur père, Antoine Lumière [21], sera initié le 22 décembre 1865 dans la Loge « Sincérité, Parfaite Union » et « Constante Amitié réunies » affiliée au Grand Orient de France.

Outre-Atlantique, les francs-maçons ont occupé un rôle moteur dans la création puis l’expansion de l’industrie cinématographique. Louis B. Mayer, producteur, créera, avec Sam Goldwin, la Metro Goldwin Mayer (MGM) en 1924. Producteur également, Jack Warner, fondateur du célèbre Warner Bros Studio en 1923, était membre de la Loge « Mount Olive » de Los Angeles. Darryl Francis Zanuck, appartenant à la même Loge, cofonda la société qui allait devenir la 20th Century Fox. Et l’on peut continuer la liste : Universal Pictures est fondée dès 1912 par Carl Laemmle ; Paramount Pictures Corporation est créée par Cecil Blount DeMille en 1916, tandis qu’United Artists est lancée par Douglas Fairbanks et David Griffith.

Ces corporations, MGM, Warner Bros, 20th Century Fox, Universal Pictures, Paramount Pictures et United Artists figurent ou se trouvent en bonne place parmi les Majors, les compagnies de réalisation et de production les plus importantes aux États-Unis. Le cinéma, technique émergente au début du XXe siècle, intéressa de près les francs-maçons en raison des valeurs propres à la Franc-Maçonnerie, notamment le désir de contribuer à l’émancipation des masses par l’accès à la culture.

Walt Disney n’était pas franc-maçon, mais il fût initié à l’ordre de De Molay le 29 mai 1920. Les allusions à son appartenance à la Franc-Maçonnerie sont parfois évoquées avec les gants blancs de Mickey. Cette forte représentation des Frères se retrouve aussi au niveau des acteurs. On pensera forcément à John Wayne, membre de l’ordre De Molay puis de la Loge « McDaniel » no 56 en Arizona, et finalement Shriner. Norvell «Oliver » Hardy était également un Frère, mais Laurel ne l’était pas contrairement à ce que l’on entend parfois. Parmi les grandes stars d’Hollywood, Ernest Borgnine et Clark Gable appartenaient à la Franc-Maçonnerie.

4.  Les grands classiques

Lorsqu’il s’agit de mentionner des films à caractère maçonnique, les références divergent en fonction des interlocuteurs, de leur culture et de leur a priori. Mentionnons quelques grands classiques :

« Alamo » [22], film dans lequel Davy Crockett, incarné par John Wayne, et ses Frères Maçons se battent jusqu’à la mort contre l’ennemi mexicain. On peut y voir une exagération de ce dont les valeurs de la Franc-Maçonnerie sont porteuses et certains notamment en Europe ont pu qualifier le film de propagandiste. On peut au contraire y voir une sincérité réelle. Il ne faut pas non plus oublier ce que la bataille d’Alamo comporte de charge émotionnelle et patriotique pour le spectateur américain.

Daniel Dravot (Sean Connery) couronné dans « L’homme qui voulait être roi »  Source : BBC

« L’homme qui voulait être roi » est aussi fort connu. Basé sur un livre du F. Ruydard Kiplin, réalisé par John Huston et avec trois acteurs de premier plan, ce film avait tout pour attirer les foules. Aux Indes, deux anciens militaires maçons, Daniel Dravot (Sean Connery) et Peachy Carnehan (Michael Caine), rencontrent un compatriote britannique, le journaliste Rudyard Kipling qui leur parle d’un pays légendaire, le Kafiristan. Après une périlleuse expédition, ils atteignent ce pays. Dravot, abusant de la crédulité des habitants, notamment en utilisant des symboles maçonniques, en devient le roi. L’histoire se terminera tragiquement lorsque la supercherie est découverte.

« Forces Occultes » [23], grand classique du film de propagande antimaçonnique, réalisé en 1943 à Paris par deux anciens Frères qui ont trahi leur serment, reste une référence incontournable. Le film, ainsi que de nombreuses séquences, dont celle de l’initiation du « héros », sont disponibles sur YouTube. Un ouvrage détaillé de Jean-Louis Coy [24] relate chaque détail de cette manipulation.

Souvent mentionné, « Benjamin Gates et le Trésor des Templiers » [25] nous présente une quête du Trésor des Templiers, qui aurait été caché par les francs-maçons. Les allusions et symboles maçonniques sont fréquents, mais aussi remplis d’inexactitudes permettant à Walt Disney de faire un film d’aventure attirant le plus grand public.

5. Beaucoup d’allusions, surtout aux États-Unis et dans les séries télévisées

Sam, chauffeur de taxi dans « They All Laughed » Source : www.thewindingstairs.com/2015/10/09/freemasonry-in-the-movies-and-tv/

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Le compas, l’équerre, des bagues, des pendentifs et des enseignes maçonniques sont des symboles apparaissant fréquemment, de manière plus ou moins discrète dans les films. Nous les retrouvons principalement dans des films américains, autour de personnes principales ou secondaires, autant du côté du Bien que du Mal : Sam, le chauffeur de taxi dans « They All Laughed » (1981) ; Dr. Dealgood dans « Mad Max Beyond Thunderdome » (1985), le sergent Apone dans « Aliens – le retour » (1986), le père décédé de Mattie Ross dans « True Grit » (2010), le banquier dans « Dolores Claiborne » (1995), le shérif Charley Wade dans Lone Star (1996), le propriétaire Wade Gustafson dans « Fargo » (1996), le courtier immobilier Jake McKenna dans « U-Turn » (1997), le narrateur Burt Ramsey dans « Magnolia » (1999), le superviseur Léon dans Hollywood Homicide (2003), le détective Lou Toback dans « American Gangster » (2007), l’inspecteur Loki dans « Prisoners » (2013), etc.

Les séries télévisées américaines et anglaises sont friandes d’allusions à la Franc-Maçonnerie (« Dr. Who », « Inspecteur Barnaby », « Grandchester ») et reprennent parfois ce thème sur trois à quatre épisodes comme dans « Morse », « Bones », « Only Fools and Horses », « Prime Suspect », « Les Simpsons », « Vanished », « Monty Python’s Flying Circus », etc. La palme revient toutefois aux « Enquêtes de Murdoch » [26] avec 8 épisodes.

Et n’oublions pas une série culte française, « Scènes de Ménage ». Dans un épisode diffusé en janvier 2017, Liliane demande à son mari José, candidat à la maire, s’il a contacté une personne pour rejoindre les francs-maçons, ce qui pourrait constituer un atout dans sa campagne électorale…

6. Quelques films intéressants

Les valeurs d’amélioration voire de perfection et d’accomplissement personnel sont au cœur de la démarche maçonnique. En somme rien n’est écrit d’avance et les individus sont libres de choisir leur vie et d’accomplir leur destin. « La prisonnière du désert » (1956), « Tombstone » (1993), « La ligue des gentlemen extraordinaires » (2003), ou encore « Brother’s war » (2009) illustrent ces valeurs.

« Le vrai courage » [27] est un film émouvant dans lequel Mattie Ross, fille d’un franc-maçon assassiné lâchement par un de ses employés, va tout faire pour le venger.

Le film « Z » [28] de Costa-Gavras véhicule des préjugés positifs à l’égard des francs-maçons. Cette fiction dépeint un pays non défini qui fait, en réalité, référence à la Grèce de la dictature des colonels, dans laquelle les Frères sont prêts à se battre avec héroïsme et à se sacrifier pour la sauvegarde de la démocratie. Il n’y a pas de symboles maçonniques apparents, mais un dialogue tout à fait explicite.

Pour rester dans les films européens, retenons des dialogues très explicites dans le film danois « Repas de famille » [29] ou le film français « Coup de torchon » [30].

Pour terminer, évoquons « Peggie Sue s’est mariée » [31]. Lors d’une fête en 1985, Peggie Sue s’évanouit. Au réveil, elle se rend compte qu’elle est revenue au printemps de 1960… Elle y retrouve son grand-père, qui accepte, avec d’autres francs-maçons, de tenter un rituel étrange afin de la renvoyer dans son temps.

Et pour le plaisir, il reste le chef-d’œuvre d’Ingmar Bergman, « La Flûte enchantée » [32], grand classique maçonnique à voir et revoir.

7.  Les secrets dévoilés dans 11 œuvres

« Un bourgeois tout petit, petit » [33] retrace l’histoire tragique d’un homme prêt à toutes les compromissions pour obtenir un poste au ministère pour son fils, mais ce dernier sera tragiquement tué. Ce film, comme bien d’autres, en partie antimaçonnique, prend appui sur des préjugés, en particulier la proximité supposée entre francs-maçons et pouvoir politique. La scène de l’initiation montre des Frères portant des cagoules, une pratique existante, semble-t’il, en Italie, mais où le port de la cagoule ne dure que quelques minutes et pour des raisons tout à fait explicables.

L’initiation de Giovanni Vivaldi (Alberto Sordi) dans « Un bourgeois tout petit, petit »
Source : www.cinelounge.org/?page=film&num=51203, 2018

Signalons des scènes d’initiation dans deux films brésiliens : Celle du baron de Maua [34], un des premiers grands entrepreneurs brésiliens, abolitionniste et franc-maçon et celle de Pierre Ier [35], empereur du Brésil, qui conduisit le processus d’émancipation du pays.

Dans un tout autre registre, l’émission culte « Monty Python’s Flying Circus », montre les poignées de mains secrètes, mais en aucun cas discrètes, par lesquels les Frères se saluent.

Pour terminer, mentionnons un épisode de la série les Simpson [36], qui présente les attouchements et signes secrets permettant à Homer d’être initié dans la fraternité des « Stonescutters ». Des analystes de la série, Warren Martyn and Adrian Wood [37], sont enthousiastes : « une brillante parodie de la Franc-Maçonnerie, avec tous ses signes des secrets, sa surenchère, ses rituels et ses règles d’adhésion inhabituelles, ajoutez à cela la voix étonnante de Patrick Stewart et vous obtenez l’un des meilleurs épisodes de la série ».

Il existe d’autres représentations de scènes d’initiation, allant d’un rituel pratiqué en forêt pour Robin des Bois [38], une approche onirique et fantastique dans « Cremaster 3 » [39] ou même un dessin animé un peu déjanté avec « Bimbo’s Initiation » [40]. Il est contraire au serment maçonnique de dévoiler une initiation ; mais des personnes non initiées sont toujours tentées d’en dévoiler les mystères, avec honnêteté, mais le plus souvent en manipulant certains aspects avec humour ou pour mieux critiquer la Franc-Maçonnerie.

8.  Pour toutes ces allusions ?

Pourquoi une telle profusion de symboles maçonniques ? Avançons quelques hypothèses :

  • Le clin d’œil aux initiés : Ces symboles sont « glissés » avec plus ou moins de discrétion par des Frères travaillant dans l’industrie du cinéma sous la forme d’un jeu de piste qui excite la curiosité des initiés et éventuellement intrigue les profanes.
  • Le rappel des valeurs maçonniques : La présence de symboles est une indication de l’importance de ces valeurs, destinées aux francs-maçons.
  • Une manière de promouvoir la Franc-Maçonnerie : Les signes et allusions piquent la curiosité du public profane qui pourrait ainsi s’intéresser de plus près à la Franc-Maçonnerie et à ses valeurs, ce qui pourrait susciter d’éventuelles vocations.
  • Reflet de la réalité publique de la Franc-Maçonnerie aux États-Unis : probablement que la présence de nombreux symboles n’est que le reflet du grand nombre de francs-maçons aux États-Unis, de leurs intégrations dans la vie sociale au même titre que les clubs Rotary, Lions ou Kiwanis et de leurs activités philanthropiques.
  • Un côté mercantile : la présence de symboles maçonniques, voire d’autres symboles ésotériques, attirent l’attention et peuvent créent un intérêt supplémentaire pour le film ou la série augmentant ainsi le nombre de spectateurs et donc les revenus… Certains producteurs n’hésitent pas à surfer sur la vague du thriller ésotérique, tels les films inspirés des ouvrages de Dan Brown.

9. Évolution au fil du temps

Notre répertoire d’œuvres va de 1915 à 2019. Selon la date du lancement du film ou de la première diffusion de l’épisode d’une série télévisée, nous pouvons observer que le nombre d’œuvres répertoriées dans les années 90 double pour la décennie 2000 et triple pour la décennie actuelle.

D’autre part, des films, notamment documentaires, s’efforcent de montrer les francs-maçons sous un angle plus juste, plus réaliste, donc dépouillé des préjugés traditionnels. Le meilleur exemple est « Terra Masonica, le tour du monde en 80 Loges » [41] du réalisateur belge Tristan Bourlard.

Il existe bel et bien un intérêt croissant pour la Franc-Maçonnerie dans le 7e art. D’une part, de nombreux films voguent sur la mode complotiste et exploitent les fantasmes concernant les francs-maçons et les Illuminati pour gagner de l’audience (« From Hell », UK, (2001); « VITRIOL », Italie (2012) ; « The Freemason », USA, (2013)). YouTube est envahi de vidéos issus des milieux complotistes, intégristes chrétiens ou musulmans ou extrémistes politiques, mêlant allègrement les théories les plus farfelues sur la Franc-Maçonnerie et ses symboles, les Illuminati et tout autre société secrète cherchant à dominer le monde.

Affiche de « Terra Masonica » Source : ©Tristan Bourlard, 2019

 

Enfin, les obédiences cherchent aussi à utiliser ce média pour communiquer et attirer de nouveaux membres. À titre d’exemple, les loges anglo-saxonnes ont réalisé un court-métrage présentant les vertus du franc-maçon « Even Better – Not Just a Man. A Mason », 2017 ; le Grand Orient de France a mis sur YouTube un film d’animation de 8 minutes sur les activités en Loge (2018).

10.  Et demain, que faire ?

Comme dans la littérature ou la bande dessinée, le 7e art s’est emparé depuis longtemps du thème de la Franc-Maçonnerie et en fait l’usage qui lui convient, au grand désespoir de francs-maçons souhaitant garder toute la discrétion voulue et éviter de dévoiler leurs « secrets ». Films et séries télévisées continuent à faire parler de la Franc-Maçonnerie et permettent de toucher des populations plus larges dans le monde entier. Bien sûr que bien des films continueront à entretenir les préjugés complotistes ou paranoïaques sur notre mouvement, mais d’autres œuvres, y compris de nombreux documentaires, permettent de propager une image plus proche de la réalité et de promouvoir notre démarche par des moyens de communication modernes. Regardons ces films afin de mieux comprendre comment notre fraternité est perçue par le 7e art et par le grand public. Que pouvons-nous en tirer comme enseignement sur les préjugés qu’ils véhiculent et comment pouvons-nous mieux utiliser ces médias en pleine évolution pour mieux faire connaître nos valeurs ? Un débat passionnant à développer en Loge.

Au même titre que la bande dessinée, la Franc-Maçonnerie doit plus s’intéresser au cinéma et aux autres moyens de communication audiovisuels (films, court-métrages, dessins animés, vidéos, etc. dans les réseaux sociaux, sur YouTube, etc.). Nous devons (ré)agir face à la pléthore de vidéos antimaçonniques aux contenus erronés, biaisés, et manipulateurs. Utilisons ce média pour expliquer notre histoire, défendre nos valeurs, présenter nos activités et démontrer notre attractivité pour toute personne en quête de sens pour sa vie.

Peu d’ouvrages de références

Il existe très peu d’ouvrages et d’articles consacrés au 7e art et à la Franc-Maçonnerie. C’est principalement les sites internet de loges américaines qui fournissent de nombreuses références cinématographiques.

  • Swerts Harry, Franc-Maçonnerie & 7e art, Editions Dervy, 2005
  • Coy Jean-Louis, Forces Occultes. Le complot judéo-maçonnique au cinéma, Editions Véga, Paris 2008. Cette édition inclus le DVD du film de 1943 (53’)
  • Coy Jean-Louis, Le 7e art et les Francs-Maçons, Franc-Maçonnerie no 16, mai-juin 2012
  • Freymond Dominique Alain, Les francs-maçons et les étoiles du cinéma, Franc-Maçonnerie no 67, mars-avril 2019
  • Freymond Dominique Alain, La Franc-Maçonnerie dans des films et des séries télévisées, Masonica no 45, décembre 2019
  • Vercel Julien, Images du maçon dans le cinéma français, quatre articles dans Critica Masonica, 12 décembre 2014
  • Site Internet de la Loge Pleias – Quelques Francs-maçons célèbres – Artistes, acteurs, chansonniers, producteurs de cinéma et de spectacles : brest-loge-pleias.com/Spectacle-cinema.html
  • Site Internet de la Grand Lodge of British Columbia and Yukon, cinema: freemasonry.bcy.ca/fiction/tv.html
  • Site Internet The Winding Stairs: www.thewindingstairs.com/blog/2015/10/09/freemasonry-in-the-movies-and-tv/
  • The Mason’s Lady: exploring the social dynamics of freemasonry: themasonslady.com/2016/04/28/freemasonry-in-cartoons/

Des Francs-Maçons même dans les dessins animés

Le dessin animé, comme la bande dessinée, ont depuis longtemps dépassé l’audience des enfants pour s’adresser aux adultes. Les dessins animés en provenance des Etats-Unis rengorgent d’allusions à la Franc-maçonnerie, principalement parodiques.

  • Déjà en 1931, Max Fleischer (Talkartoons) présente dans Bimbo’s initiation les différentes épreuves de l’initiation.
  • 22 épisodes sur les 166 que comptent la série Les Pierrafeu diffusée entre le 30 septembre 1960 et le 1er avril 1966 sur le réseau ABC font des allusions à la Franc-Maçonnerie. Mentionnons l’épisode 78 The Herodurant lequel Fred est élu Grand Imperial Poobah. Fred Flintstone et Barney Rubble sont membres de la « Water Buffalo Lodge no 26 », allusion à l’organisation paramaçonnique du « Royal Antediluvian Order of Buffaloes », créé en 1822.
  • Dans l’épisode Hommer the Great (6e saison, no 115, 1e diffusion : 8 janvier 1995) de la série à succès The Simpsons, Homer découvre que Lenny et Carl font partie d’une ancienne société secrète « The Stonecutters » et demande son initiation. Il recevra aussi les signes de reconnaissance et l’attouchement secret.
  • L’équerre et le compas apparaissent dans Lucas, fourmi malgré lui (2006) et dans UnstableFables: 3 Pigs & a Baby (2008).
  • Mentionnons encore le détournement graphique de nombreux symboles maçonniques dans Gravity Falls, produit par Disney Television entre 2012 et 2016. Dipper Pines et sa soeur jumelle Mabel passent l’été dans une ville mystérieuse emplie de forces paranormales et de créatures surnaturelles. Ils y découvrent The Order of the Holy Mackerel et l’ Oeil de la providence.

Dominique Alain Freymond

[1]     Loge « Liberté », Lausanne (GLSA), Président du GRA
[2]     World Cinema Production 2008 – www.profession-spectacle.com/quel-est-le-plus-grand-pays-producteur-de-films/?doing_wp_cron=1564733164. 7338809967041015625000 – Consulté le 2 août 2019
[3]     « Nouveau record pour le nombre de séries télévisées diffusées en 2016 », Le Temps, 22 décembre 2016
[4]     Éditions Dervy, 2005. Membre d’une Loge du Grand Orient de Belgique, Harry Swerts travaille depuis 1969 comme monteur de film à la radio-télévision belge de service public (RTBF).
[5]     Jean-Louis Coy, Le 7ème art et les francs-maçons, no 16, mai-juin 2012 et Dominique Alain Freymond, Les francs-maçons et les étoiles du cinéma, no 67, mars-avril 2019.
[6]     Site: freemasonry.bcy.ca/fiction/tv.html, consulté le 1er août 2019
[7]     Site : ouvrezlesyeux.org/symbole-de-la-franc-maconnerie-compas-equerre-compagnon.html
[8]     Base de données cinématographiques d’Internet créé le 17 octobre 1990 par l’Anglais Col Needham et appartenant à Amazon. www.imdb.com/
[9]     Situation au mois d’avril 2015
[10]   La liste des films et séries télévisées est à disposition d’autres chercheurs. Email : info@masonica-gra.ch
[11]   « Flash Gordon », science-fiction, réalisateur Mike Hodges, États-Unis et Royaume-Uni, 1980, inspiré de la bande dessinée créée par Alex Raymond en 1934.
[12]   « Space : 1999 », science-fiction, série télévisée créée par Gerry Anderson et Sylvia Anderson, Royaume-Uni, 48 épisodes de 47 minutes sur 2 saisons du 4 septembre 1975 au 12 novembre 1977.
[13]   Sons of the Desert,
[14]   Guide Suisse du franc-maçon – Tome II – Diversité de la Franc-Maçonnerie dans le monde – Chapitre 7 : Franc-Maçonnerie en Amérique du Nord – Les Shriners, p 171.
[15]   « The Flintstones », série télévisée d’animation, créée par William Hanna et Joseph Barbera, États-Unis, 166 épisodes diffusée entre le 30 septembre 1960 et le 1ᵉʳ avril 1966. Saison 1 épisodes 11 et 24, saison 2 épisodes 11, 13 et 24, Saison 3 épisodes 4, 6, 7, 18 et 20, saison 4 épisodes 2, 14, 16, 21, 22 et 23, saison 5 épisodes 4, 10, 14 et 16, saisons 6 épisode 11.
[16]   Guide Suisse du franc-maçon – Tome II – Diversité de la Franc-Maçonnerie dans le monde – Chapitre 10 : Mouvements paramaçonniques – Ordre Royal et Antédiluvien des Buffles, p. 290.
[17]   Star Wars, science-fiction, réalisateur Georges Lucas, trilogie originale de 1977 à 1983, États-Unis.
[18]   The Wizard of Oz, musical, réalisateur Victor Fleming, États-Unis, 1939, adapté du roman du même nom de L. Frank Baum.
[19]   Eyes Wide Shut, drame, réalisateur Stanley Kubrick, États-Unis et Royaume-Uni, 1999, basé sur la nouvelle Traum-novelle d’Arthur Schnitzler, 1926.
[20]   The Lord of the Rings, fantaisie, réalisateur Peter Jackson, États-Unis et Nouvelle-Zélande, trilogie de 2001 à 2003, basée sur le roman du même nom J. R. R. Tolkien paru en 1954 et 1955.
[21]   Le 24 mai 1876, il intègre la Loge « Étoile et Compas » à Lyon dont il restera membre jusqu’à sa mort. Le 26 décembre 1880, il est élu Vénérable Maître de sa Loge. En 1899, il assure des responsabilités nationales au sein du Grand Collège des Rites du G.O.D.F et recevra le 33e degré.
[22]  The Alamo, western, réalisateur John Wayne, États-Unis, 1960.
[23]   « Forces Occultes », réalisé par Paul Riche, alias Jean Mamy, ancien franc-maçon. Comme beaucoup de Français, Paul Riche a été traumatisé par la défaite de 1940 et en cherche les responsables. Il les trouve parmi les francs-maçons entretenant des liens avec les parlementaires et les juifs. Forces occultes est ainsi un condensé d’idéologie fasciste : antimaçonnisme, antiparlementarisme, antisémitisme. Ce film reproduit fidèlement certains rites maçonniques, dont le rituel initiatique, en ajoutant toutefois un loup sur le visage des Frères pour rendre la scène plus dramatique.
[24]   Jean-Louis Coy, Forces Occultes. Le complot judéo-maçonnique au cinéma, Éditions Véga, 2008, Paris, pp. 92. Cette édition inclut le DVD du film de 1943 (53’).
[25]   « National Treasure », aventure, réalisateur Jon Turteltaub, États-Unis, 2004.
[26]  « Murdoch Mysteries », Série policière, Création Maureen Jennings, 12 saisons et 168 épisodes, Canada, depuis 2004. « Glass Ceiling», « Still Waters », « Victor, Victorian », « A Study in Sherlock », « Friday the 13th 1901 », « High Voltage », « Double Life » et « Back and to the Left ».
[27]   « True Grit », western, réalisateurs Joel et Ethan Coen, États-Unis, 2010, d’après l’oeuvre de Charles Portis.
[28]   « Z », drame, réalisateur Costa-Gavras, France-Algérie, 1969, d’après l’œuvre originale de Vassílis Vassilikós.
[29]   « Festen » ou « The Celebration », drame, réalisateur Thomas Vinterberg, Danemark, 1998
[30]   « Coup de torchon », comédie dramatique, réalisateur Bertrand Tavernier, France, 1981, réunissant de talentueux acteurs : Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle, Stéphane Audran et Eddy Mitchell.
[31]   « Peggy Sue got married », comédie dramatique, réalisateur Francis Ford Coppola, États-Unis, 1986.
[32]   « Trollflöjten », opéra filmé, réalisateur Ingmar Bergman, Suède, 1975.
[33]   « Un borghese piccolo piccolo », comédie-dramatique, réalisateur Mario Monicelli, Italie, 1977.
[34]   « Mauá, o Imperador e o Rei », historique, réalisateur Sergio Rezende, Brésil, 1999.
[35]   « Independência ou Morte », drame, réalisateur Carlos Coimbra, Brésil 1972.
[36]   « Les Simpson : Homer le grand », saison 6 épisode 12. 1995, États-Unis.
[37]   « a brilliant crack at freemasonry, with all the secret signs, one-upmanship, rituals and unusual membership rules. Add to this Patrick Stewart’s amazing voice and you have one of the better episodes of the series. », citation tirée de l’ouvrage « I Can’t Believe It’s a Bigger and Better Updated Unofficial Simpsons Guide», Paperback, 2000.
[38]   « Robin Hood – The Mark », saison 3, épisode 10, série télévisée, aventure, réalisateur Robert Day, Royaume-Uni, 144 épisodes entre 1955–1960.
[39]   « Cremaster 3 – Masonic initiation and the Chief Architect », fantastique, réalisateur Matthew Barney, États-Unis, 2002
[40]   « Bimbo Initiation », dessin animé, réalisateur Max Fleischer, État uni, 1931. Son scénario particulièrement surréaliste et déjanté en a fait un film culte.
[41]   « Terra Masonica, le tour du monde en 80 Loges », documentaire, réalisateur Tristan Bourlard, Belgique, 2017.

mercredi 6 mai 2020
  • 15
    Eric
    26 mai 2020 à 15:14 / Répondre

    Il y a aussi l’épisode 3 de la saison 10 d’Inspecteur Barnaby où Ben Jones est initié.

  • 13
    Durruti
    21 mai 2020 à 10:02 / Répondre

    Je ne retrouve pas le titre du film (western) qui débute par une séquence tournée dans un cimetière, en plein désert américain. On y voit deux hommes, près d’une tombe, exhumant un cadavre sur lequel il récupère une montre à gousset avec des symboles maçonniques.
    Qui peut m’aider?
    Merci.

    • 14
      Mozart
      26 mai 2020 à 14:04 / Répondre

      Bonjour. Il s’agit de « True grit » des frères Cohen, sorti en 2010, déjà porté à l’écran en 1969 par Henry Hathaway, avec « Cent dollars pour un shérif ».

      • 17
        Lazare-lag
        28 mai 2020 à 12:09 / Répondre

        Effectivement, « True Grit » des frères Joël et Ethan Coen…
        Si Alexandre Vialatte était encore des nôtres, peut-être s’amuserait-il, en grand amateur d’humour qu’il était, à dire qu’il n’y a pas de « h » chez les frères Coen, de la même façon qu’il aimait à redire souvent qu’il n’y en avait pas à mettre dans Natalie.
        Mais, si l’humour m’est également autorisé, j’ajouterais qu’il s’agit là d’un petite faute orthographique bien vénielle et bien compréhensible, et que ce n’est pas Mozart qu’on assassine.

      • 18
        Durruti
        29 mai 2020 à 09:27 / Répondre

        Merci Mozart pour ta réponse.
        C’est sans doute la version de 1969 que je recherche.
        Fraternellement à toi

  • 12
    IA
    17 mai 2020 à 13:40 / Répondre

    Un clin d’œil dans la série Outlander. L »imprimerie de Jamie porte les symboles maçonniques.

  • 10
    Dominique Alain Freymond
    10 mai 2020 à 11:21 / Répondre

    Merci à Gérard d’avoir publié mon article et aussi à toutes les personnes qui ont réagi. Cela enrichi mes recherches et je vous en suis très reconnaissant. Ma base de données comprend 306 films ou séries télévisées dont Grand Hôtel Budapest.

    Dans Coup de torchon, la Franc-Maçonnerie est évoquée dans la description que Lucien donne de son père : « Il est comme ces gens qui cherchent toujours une solution à leurs problèmes, qui mettent tous leurs ennuis sur le dos des Juifs ou bien des Francs-Maçons… »

    J’ai aussi trouvé deux épisodes dans « Scènes de ménages » : Liliane demande à José s’il a contacté un Frère qui pourrait l’aider à être élu maire; Raymond remarque qu’Huguette porte un pendentif. Elle lui dit que c’est celui de la Loge. S’ensuite un dialogue où l’on apprend que chacun, y compris le neveu Estève, sont membres d’une Loge…

    Merci d’avance de partager d’autres pistes,,,

    • 11
      Lazare-lag
      10 mai 2020 à 17:08 / Répondre

      @ Dominique-Alain (10):
      N’y vois-pas malice de ma part, juste un complément d’information pour ceux qui nous lisent:
      – Lucien (Coup de Torchon, film cinéma) est le personnage interprété par Philippe Noiret.
      – Raymond ( Scènes de ménages, série télé), est le personnage interprété par Gérard Hernandez.
      Ce qui m’offre une transition facile, un vrai boulevard:
      – Gérard Hernandez est également acteur dans Coup de Torchon, il y interprète l’acolyte de Jean-Pierre Marielle, les deux étant deux mauvais garçons dont l’honnêteté et la légalité ne sont pas leurs principales vertus.
      Et j’avais également oublié que figuraient dans Coup de Torchon des acteurs de mon point de vue intéressants comme Victor Garrivier et François Perrot, hélas tous les deux décédés maintenant.

    • 16
      marcos testos
      26 mai 2020 à 15:30 / Répondre

      10- Dominique Alain Freymond
      Si tu le souhaites, je pourrais te communiquer, par message privé, le nom d’un ami grand connaisseur de tous ce qui touche au cinéma.

  • 9
    Stronok
    9 mai 2020 à 21:23 / Répondre

    Ghost, chef d’oeuvre populaire, me paraît être porteur de valeurs initiatiques.

  • 8
    Manu Hainaut
    9 mai 2020 à 12:08 / Répondre

    Dans différents épisodes du Capitaine Marleau, il y a des expressions non équivoques qui se glissent naturellement dans l’intrigue. Une fois ça passe mais autant … 🙂

    Par ailleurs, petite faute de frappe dans le site de référence des fils et séries http://www.imdb.com

  • 7
    T.S.M
    9 mai 2020 à 08:17 / Répondre

    Et notre apprenti Harry Potter dans tout ça ?

  • 6
    Clarence
    7 mai 2020 à 23:32 / Répondre

    Feu Harry Swerts. Je n’ai découvert la qualité maçonnique de ce membre de ma famille qu’après mon initiation qui elle-même n’eut lieu qu’après son décès… Dommage, j’aurais aimé lui en parler…

  • 5
    willermoz 59
    6 mai 2020 à 19:55 / Répondre

    Merci pour cet article, de mémoire également mais peut être défaillante ou embrumée, le « Mozart » de M Bluwal et une belle série de Serge Moati ds les années 90 -2000 ‘Rastignac » ? avec JP Cassel mais je ne retrouve plus la référence exacte et enfin Film de Douglas Sirk « Mirage de la vie » .

  • 4
    pierre noel
    6 mai 2020 à 16:20 / Répondre

    Excellent ! Bravo.
    On oublie souvent cette scène extraordinaire du western de 1960, « The Magnificent Seven » (les sept mercenaires) de John Sturges, où Yul Brinner, après une scène inoubliable à l’entrée d’un cimetière, est apostrophé par un journaliste impressionné par sa performance. Le dialogue qui suit est la copie d’une question/réponse bien reconnaissable du 3° degré (- Whence … – Whither direct you your course).
    C’est exactement la question qui fait se reconnaître le narrateur (Kipling) de la nouvelle (pas du film) » »L’homme qui voulait être roi » et un des deux aventuriers (Where have you come from ? From the East).
    L’allusion est tellement discrète qu' »il faut en être » pour comprendre.

  • 3
    Lazare-lag
    6 mai 2020 à 14:24 / Répondre

    Pour ma part, deux petites remarques:
    1/ je ne me souviens pas d’allusions maçonniques dans « Coup de torchon », le film de Bertrand Tavernier.
    Il est vrai qu’à l’époque de sa sortie, en 1981, j’étais encore étudiant, et surtout loin de me douter qu’un jour je deviendrais franc-maçon.
    A sa prochaine rediffusion télévisuelle, promis je le regarderais autrement.
    Et parmi la brochette d’acteurs cités, je rajouterais bien volontiers Guy Marchand, dont le rôle est d’autant plus marquant qu’il incarne un chef de police coloniale dont on ne sait pas bien s’il est plus bête que méchant, à moins que ce ne soit l’inverse.
    Par ailleurs, s’il y a des allusions maçonniques dans le film, ce pourrait être intéressant de vérifier si elles existent aussi dans le livre qui a inspiré le film.
    Un polar américain de Jim Thompson, « 1275 âmes » dont l’action se passe dans le Sud des Etats-Unis pendant les années 20.
    – – –
    2/ Parmi les films avec des allusions maçonniques discrètes on peut également citer « Le Grand Budapest Hotel » avec, notamment Ralph Fiennes, F.Murray Abraham, Mathieu Amalric, Adrien Brody, Bill Murray, Harvey Keitel, certains totalement méconnaissables.
    Pour la référence maçonnique, il s’agit de quelques images très fugaces.
    La scène se passe en prison, l’un des prisonniers est torse nu, on lui voit donc tous ses tatouages, et il n’en manque pas!
    Il a l’équerre et le compas tatoués sur chacune des mains, un peu en retrait à peu près entre le pouce et l’index.

  • 2
    Thomas Nouvelle
    6 mai 2020 à 12:16 / Répondre

    Sauf que Luke Skywalker rencontre Yoda sur la planète Dagobah dans L’Empire contre-attaque, épisode V de la franchise qui est sortie en 1980.

  • 1
    FMC91
    6 mai 2020 à 08:25 / Répondre

    Félicitations à l’auteur pour ce magnifique article qui fait vraiment le point sur l’ensemble du domaine cinématographique trop souvent oublié: dans la culture commune: les idées sur la franc-maçonnerie sont souvent celles qui sont véhiculées par le cinéma et les allusions tendancieuses nourrissent des idées fausses. Et félicitations à Hiram.be pour cette publication d’anthologie.

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