La Franc-Maçonnerie peut-elle sortir du secret ?

Publié par Jiri Pragman

Ce contenu est réservé aux abonnés.Pour accéder à cet article, vous pouvez choisir de :

*Vous pouvez déverrouiller jusqu’à 3 articles par mois gratuitement.
lundi 26 novembre 2007
  • 22
    Jiri Pragman
    28 mai 2010 à 12h53 / Répondre

    Un commentaire appelant à buté tout ces franc-masson (sic) a été modéré. On voit jusqu’où la méconnaissance et la haine de la Franc-Maçonnerie peuvent mener.

  • 21
    jean
    27 mai 2010 à 13h48 / Répondre

    il faut buté tout ces franc-masson il control tout il fo fair des attenta dan leur milieu.allez tous vou fair enculer

  • 20
    yvca
    8 décembre 2007 à 17h09 / Répondre

    A « isis »,
    Tu as raison, ce n’est pas si simple…l’entrée en Franc-Maçonnerie ce fait,
    surtout, par cooptation. Ce qui vicie, parfois, le système.
    Si ta démarche se situe au niveau de la France…je ne puis t’ètre utile,quoi-que…, si c’est en Belgique tu peut compter sur mon « coup de main », après avoir sondé tes intentions.

  • 19
    isis
    5 décembre 2007 à 22h07 / Répondre

    ce n’est pas si simple, yvca

    mais oui à force de persévérance, on y arrive

    un petit coup de main aussi ça aide…. 🙂

  • 18
    isis
    2 décembre 2007 à 14h13 / Répondre

    peut etre bien que la fatigue aidant, j ai fait une fausse manoeuvre dans ma derniere reponse il y a 3 jours, je reprends et fais toute confiance a Jiri pour ne laisser qu une contribution.
    excuses pour certains, c est de la redite
    profane vivant avec un FM (etranger) et membre d un club service repute repere de FM, jamais aucun ne s est devoile
    suite a futur changement de region, j ai du attendre un certain temps histoire de m inscrire dans une certaine continuite
    j ai donc envoye une demande  »sauvage » fin aout.
    a part la classique  »nous avons bien recu …et transmettons a un responsable de votre region…etc etc »’, pas de nouvelles, non plus que les deux amis qui avaient fait la meme chose que moi.
    chance pour moi, j ai reussi a avoir plus de renseignements precis et a renvoyer ma demande a une loge
    et la miracle, ca bouge….et ca avance.
    alors les candidatures sauvages, j y crois…tres moderement…
    sauf dans les cas ou le besoin de recrutement (desolee pour le terme…)
    se fait pressant….

  • 17
    isis
    30 novembre 2007 à 23h06 / Répondre

    desolee si je me repete , pour certains
    cherchante depuis plusieurs annees , membre d un club service depuis 10 ans (repute repere de FM) vivant avec un FM etranger donc peu susceptible de m aider directement dans ma recherche, quand le moment a ete venu(question de contraintes professionnelles liees au lieu de vie) j ai ecrit a l Obedience que j avais choisi
    si je n avais pas eu de coup de main de mon compagnon je serais toujours en train d attendre  » qu un responsable regional me contacte »
    les deux amis qui ont fait la meme demarche que moi, dans des regions differentes ont eu la meme reponse.

    alors de grace, ouvrez les yeux, quand on ne connait personne , c est extremement difficle de faire aboutir sa demarche, aussi sincere et convaincue soit elle..

    note optimiste: pour moi , tout va bien , et pas a pas , j avance.
    et merci entre autres a Jiri, grace a lui et son blog, j ai patiente de maniere plus agreable et positive..

  • 16
    yvca
    30 novembre 2007 à 18h18 / Répondre

    A isis,

    Il existe un, autre, moyen de contacter la Maçonnerie en général ou une Loge en particulier ; ce qui s’apppelle  » une candidature sauvage » (sans connotation péjorative). Comment cela fonctinne-t-il ? C’est simple (mais sans garantie de finalité souhaitée), il suffit d’envoyer un courier, motivé, à l’adresse d’une Loge ou d’une Obédience. Si l’une, ou, l’autre,font leur travail,
    le (la) profane devrait ètre approché par un Maçon qui accepte de se dévoiler
    en contactant ce profane, d’avoir avec celui-ci un premier entretien et d’en faire rapport à sa Loge.
    A partir de ce momment un processus se met en marche, qui peut aboutir, favorablement, ou pas. Courage et perséverance, isis.

  • 15
    Eric
    30 novembre 2007 à 17h40 / Répondre

    Bonjour Isis,
    Les Tenues Blanches ne sont pas des obligations. Si un Maçon ne souhaite pas « y être vu », il n’y va pas 😉
    Pour entrer en contact avec une obédience, il y a quelques occasions dans l’année (expo, nuits blanches, conférences…) qui sont indiquées sur les sites des différentes obédiences. Cela peut être un bon moyen pour decouvrir, établir quelques contacts et en discuter avant d’aller plus loin…
    Bonne route.

  • 14
    isis
    30 novembre 2007 à 8h25 / Répondre

    je souscris abondament à la suggestion d’Eric, puisque c’est le seul moyen pour un(e)profane (sincèrement ) motivé(e) , sans parrain, sans une personne qui se serait dévoilée auprès de lui (ou d’elle) d’entrer en contact avec la FM.

    mais est-ce compatible avec la discrétion dont doivent s’entourer les FM???

  • 13
    Eric
    29 novembre 2007 à 22h44 / Répondre

    Je sais que beaucoup n’aime pas trop cela, mais si la FM veut s’ouvrir et donc gagner en visibilité (chercherait-on a augmenter les effectifs ??)… pourquoi ne pas faire davantage de Tenue Blanche Ouverte ?
    Un profane non (sincèrement) motivé peut-il tenir 1 h a écouter un F Conférencier sur un sujet social ou symbolique ?

    Quand au secret … je suis entièrement d’accord avec Philippe mais, à propos des rituels, s’ils sont en vente libre …il manque le vécu et manquent de profondeur lorsqu’ils ne sont que couchés sur le papier !

  • 12
    Stéphane
    29 novembre 2007 à 20h22 / Répondre

    A Yvca

    Beau résumé. Ton second surveillant était un sage !

  • 11
    isis
    29 novembre 2007 à 18h07 / Répondre

    yvca: merci

    très claire, la formule, exactement ce que je recherche

    et je n’ai besoin d’aucune autre info, seulement de mains fraternelles qui se tendent vers la mienne quand j’en aurai besoin

  • 10
    yvca
    29 novembre 2007 à 16h21 / Répondre

    Mon second surveillant résumait le travail maçonnique en une simple formule ; la règle des trois A : Que venons-nous faire en Loge ? « Autre chose, Ailleurs et Autrement ». Tout était dit, à un débutant.

  • 9
    Philippe
    29 novembre 2007 à 14h14 / Répondre

    Dans mon mail il y a eu une embrouille de ma part
    Rectifions !!!

    Dans les mails on discerne la richesse du « rassembler ce qui est épars », les littéraires y côtoient dans la fraternité les pragmatiques.
    Je suis un pragmatique donc je résume :
    Secret des délibérations (ce qui se dit lors de telle ou telle tenue) : secret absolu par respect d’autrui
    Secret d’appartenance : lever le secret de la sienne oui, celle des autres non
    Secret des rituels : sont en vente partout depuis 200 ans, pas de secret

  • 8
    Philippe
    29 novembre 2007 à 13h40 / Répondre

    Dans les mails on discerne la richesse du « rassembler ce qui est épars », les littéraires y cotoient dans la fraternité les pragmatiques.
    Je suis un pragmatique donc je résume :
    Secret des délibérations (ce qui se dit lors de telle ou telle tenue, secret d’appartenance, secret des rituels (pour celui ci rions ensemble)
    délibérations : doit être absolu par respect des FF qui se sont exprimé
    appartenance : lever le secret de la sienne oui, celle des autres non
    rituels : sont en vente partout depuis 200 ans !!!

  • 7
    Stéphane
    28 novembre 2007 à 15h10 / Répondre

    A Etoile

    Avant tout, bravo pour ton analyse 🙂 Pour résumer ce que je pense du secret maçonnique, je vais te citer un petit texte, classique parmi les classiques :

    Pour le public, un Franc-Maçon
    Sera toujours un vrai problème
    Qu’il ne saurait résoudre à fond
    Qu’en devenant Maçon lui-même.

    Bien sûr, on peut tout trouver dans les bouquins ou sur Internet, mais cela revient à apprendre par coeur les règles du football ou du rugby sans jamais y jouer ou assister à un match.

    Les déclarations de Tours portent surtout sur l’ouverture des Loges, mais l’ouverture à qui ? Aux curieux qui viendront pour assister à un spectacle haut en couleurs ? Comme l’écrit Philippe (commentaire 3), « Les loges travaillent et produisent sur l’intime ». Pourquoi dès lors vouloir déflorer ce « secret » qui est aussi multiple qu’il y a de maçons ?

  • 6
    jeje30
    28 novembre 2007 à 12h46 / Répondre

    le titre de l’article devrait être « le Grand orient peut il sortir du secret », le Grand n’orient n’étant pas la franc maçonnerie mais une partie seulement.

  • 5
    D'épée
    27 novembre 2007 à 19h07 / Répondre

    Une chanson pose très bien la question du secret en maçonnerie :

    L’Égalité
    Chez eux préside en souveraine
    L’Égalité
    Charme de la société
    Et par une suite certaine
    L’aimable liberté qu’amène
    L’Égalité.

    Contre eux pourtant
    Il est un point qui m’indispose
    Contre eux pourtant
    C’est ce secret qu’ils vantent tant
    Il faut être, amis, bouche close
    Mais trop d’excès fait que l’on glose
    Contre eux pourtant.

    Cette chanson courait les rues de Paris en 1737. Soit vingt ans seulement après la naissance à Londres de la première obédience maçonnique spéculative.
    Dés les origines donc, le secret, indissolublement lié à la franc-maçonnerie, indispose, pour reprendre la chanson, ceux qui n’en font pas partie, au point d’être à l’origine des suspicions voire des persécutions dont ont toujours été victimes les membres de l’Ordre.
    1737. Cette année là, le Cardinal Fleury, qui dirige le gouvernement de Louis XV, s’émeut de la diffusion rapide de la maçonnerie dans le royaume. Il s’émeut surtout que puissent cohabiter ensemble aristocrates et roturiers sous le sceau du secret au risque de perturber l’ordre naturel des choses. Cependant il ne faut pas donner trop d’importance à l’affaire, la plus haute noblesse décorant les colonnes de la plupart des ateliers… Il fait donc connaître le mécontentement du roi et il enjoint au préfet de police de disperser quelques tenues ainsi que d’arrêter et de faire condamner quelques frères, uniquement des roturiers néanmoins…
    Et il tente de discréditer l’Ordre en dévoilant le secret de la réception au grade d’apprenti. Un secret que le préfet de police se procure en s’attachant les services d’une Mademoiselle Caron qui usera de ses charmes pour en obtenir l’aveu sur l’oreiller d’un maçon aveuglé par ses sens… Ayant montré qui commande, la maçonnerie sera désormais tolérée pour peu qu’elle sache rester discrète. D’ailleurs un an plus tard il ne fera pas enregistrer par le Parlement de Paris, la bulle papale « in eminenti » la première d’une longue série qui montre l’intérêt de l’église pour la franc-maçonnerie…
    Le 28 avril 1738, le pape Laurent Corsini, dit Clément XII, publie sa “ condamnation de la société ou des conventicules vulgairement appelés francs massons ”. Cette condamnation est motivée par le serment prêté par les frères où ils s’engagent ” sous les peines les plus graves, à cacher par un silence inviolable tout ce qu’ils font dans l’obscurité du secret ”. Un secret qui échappe donc au confesseur. Voila le premier motif de condamnation. Le second est un motif… secret ! Ce qui tend à prouver que les seuls secrets illégitimes et qui nécessitent d’être dévoilés sont ceux des autres…
    La trentaine de documents pontificaux qui interdisent aux catholiques d’appartenir à l’ordre maçonnique s’appuient tous sur l’immoralité du serment du secret et sur l’illégalité des sociétés secrètes.
    Mais la franc-maçonnerie est-elle une société secrète ?
    Elle ne poursuit aucun but politique ou criminel qui entraînerait sa dissolution lorsqu’il serait atteint. Le nom de ses responsables est connu, les textes qui la régissent sont accessibles à tous et son numéro est dans l’annuaire… Il arrive même souvent que les débats qui agitent ses assemblées soient publiés avant que la majorité des frères en ait eu connaissance… Et qui plus est, les constitutions rédigées par le pasteur Anderson, texte fondateur de la maçonnerie spéculative jamais été mis à l’index par le Saint-Siège, précise dans la seconde des six obligations “ qu’un maçon est un paisible sujet du pouvoir civil, où qu’il réside ou travaille, et il ne doit jamais s’engager dans des complots ou des conspirations contre la paix et le bien-être de la nation ”.
    La franc-maçonnerie ne constitue donc pas une société secrète.
    Elle forme une société qui a des secrets.
    Des secrets de nature et de portée différentes selon les cas :
    Le secret des délibérations en loge tout d’abord. Il s’applique théoriquement même aux frères absents. Il est le garant de la totale liberté d’expression que nous revendiquons. Ce secret est limité dans le temps puisque les « livres d’architecture » des ateliers et les archives internes deviennent publiques au terme de soixante ans.
    Le secret d’appartenance ensuite. Il appartient à chacun et il n’appartient qu’à lui. Chaque frère est libre de faire état, ou non, de son appartenance à l’ordre maçonnique. Le secret d’appartenance est vital dans les périodes où l’antimaçonnisme est un motif de persécution. Ne revenons pas sur l’attitude du régime du maréchal Pétain ni sur le sort fait aux frères dans l’Allemagne nazie, ils sont bien connus. Prenons un exemple beaucoup plus récent. Dans les années soixante, le général Franco a aboli la législation antimaçonnique en Espagne. Il ne s’agissait pas là du sursaut démocratique d’un dictateur pris de remord. Aux dires même de Franco, il abrogea cette loi “ car il ne restait plus aucun maçon à juger ”. Cette loi prévoyait jusqu’à 30 ans de prison au seul motif de l’appartenance à la Franc-maçonnerie. Tous les maçons espagnols sans exception furent jugés et le tribunal spécial de répression de la maçonnerie alla même jusqu’à condamner des frères déjà décédés.
    Le troisième secret concerne les pratiques symboliques et rituelles. On peut remarquer à ce sujet que tout a été dit, écrit et publié sur ce thème. On trouvera aujourd’hui en librairie prés de mille références de livres disponibles sur l’organisation, la philosophie et les rituels de la maçonnerie. Il n’y a guère que les maçons pour ne pas révéler les caractéristiques des différents grades à ceux qui aspirent à les atteindre. Ce foisonnement de divulgations n’est pas nouveau. Il date même des premiers pas de la maçonnerie spéculative. Elle atteignait à peine le continent que déjà on trouvait ses rituels en librairie. Et la plupart du temps ces divulgations était le fait de profanes. Une des plus célèbres date de 1744. On la doit à Gabriel Louis Perau sous le titre du “ secret des francs-maçons ”. Un livre écrit par un franc-maçon de l’époque nous renseigne sur ce qui arrivât à ce divulgateur : “ Un des frères était très assuré que Perau n’était qu’un faux franc-maçon. Il le découvrit par un mot destiné à la loge aux cas de cette nature : ce fut en disant « il pleut ». Le faux frère fut reconnu, parce que quoi qu’il fit les signes attouchements et mots du guet, il ne pouvait cependant donner aucune assurance sur l’endroit où il avait été reçu. Il fut donc conduit sous le tuyau de la pompe et arrosé tout entier ”. Cette pratique étonnante est attestée par les catéchismes maçonniques de l’époque où à la question “ quelle est la peine d’un profane qui s’introduit dans une loge? Il fallait donner comme réponse : D’être mis dans une fontaine jusqu’à ce qu’il soit mouillé depuis la tête jusqu’au pied… ” Si on examine tout cela d’un œil malicieux, on verra peut-être là l’origine de l’expression “ douche écossaise ”…
    Mais  » comme il y a dans toute chose mauvaise une essence de bien pour les hommes qui savent la distiller » comme le prétendait Shakespeare dans « Henry V », ces divulgations précoces servirent au moins aux maçons éloignés à faire fonctionner correctement leurs ateliers en leur fournissant les outils dont ils étaient dépourvus, et à diffuser largement les fondements de l’idéal maçonnique…
    Cependant ces secrets, qui ont tous leur justification et leur raison d’être, ne constituent pas à eux seuls ce qu’il est convenu d’appeler le “ secret maçonnique ”. Si tel était le cas, on serait en droit de penser que c’est la maçonnerie qui fait le secret et que donc elle est à même de s’en affranchir si elle le souhaite. Le frère Casanova résume ainsi la situation dans ses mémoires : « Il y a cependant un secret, dit-il, mais il est tellement inviolable qu’il n’a jamais été dit ou confié à personne. Ceux qui s’arrêtent à la superficie des choses pensent que le secret consiste en mots, signes et attouchements, ou qu’enfin le grand mot est au dernier degré. Celui qui devine le secret de la maçonnerie, car on ne le sait jamais qu’en le devinant, ne parvient à cette connaissance qu’à force de fréquenter les loges, qu’à force de réfléchir, de raisonner, de comparer et de déduire… » . Il ajoutait pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur la nature du secret que « les hommes qui se font recevoir francs-maçons que dans l’intention de connaître le secret de l’Ordre, courent grand risque de vieillir sous la truelle sans jamais atteindre leur but ». Ce fameux secret alors quel est-il, comment le définir ? Dans le livre des Juges on trouve cette histoire éclairante : « Galaad s’empara des gués du Jourdain du côté d’Éphraïm. Et quand l’un des fuyards d’Éphraïm disait : Laissez-moi passer ! Les hommes de Galaad lui demandaient : Es-tu Éphraïmite? Il répondait : Non.
    Ils lui disaient alors : Hé bien, dis « Schibboleth ». Et il disait » Sibboleth », car il ne pouvait pas bien prononcer. Sur quoi les hommes de Galaad le saisissaient, et l’égorgeaient près des gués du Jourdain. »
    Cet épisode sanglant prouve qu’il ne suffit pas de connaître le mot de passe pour passer, on doit être aussi en mesure de le prononcer correctement… Le connaître est à la portée de beaucoup de monde, même de ceux qui normalement ne devraient pas le savoir, mais le prononcer correctement et être reconnu, c’est là où commence le travail du franc-maçon. Voilà le secret maçonnique.
    Ce secret plonge ses racines dans l’initiation, cette mise en mouvement intérieur. Il représente le très long et le très lent processus de transformation psychologique et morale du maçon au long de sa vie sur les colonnes. Il s’agit d’un processus intime, incompréhensible et incommunicable. Si les frères promettent rituellement, à la fin de chaque tenue, de se séparer en paix sous la loi du silence, ce n’est pas pour se conformer à une quelconque omerta à caractère maffieux mais, bien au contraire, pour affirmer le caractère absolument subjectif et personnel de la démarche initiatique maçonnique. Les mots qui la traduiraient seraient alors ceux qui la trahiraient. En ce sens, c’est le secret qui fait la maçonnerie, comme le rappelle le rituel de l’initiation lorsqu’il précise que sans le secret les travaux seraient profanes et non maçonniques. Et vouloir s’en abstraire serait dénier à la maçonnerie tout caractère initiatique et la réduire, dans le meilleur des cas, à un simple engagement citoyen.
    Mais l’époque est à la transparence… Alors dire tout cela revient à ne rien dire pour ceux qui ne veulent rien entendre. Affirmer que la maçonnerie n’a qu’un objectif : « le dégrossissage de la pierre brute », c’est une piètre défense pour ceux qui affirment que le secret n’est là que pour couvrir les turpitudes des francs-maçons (opinion alimentée par la chronique) ou dissimuler le grand dessein politique qui les anime (opinion alimentée par les fantasmes).
    Le frère Benjamin Franklin notait avec amusement que pour que « trois personnes gardent un secret, il fallait que deux soient mortes »…C’était oublier que la force du secret réside plus dans le lien étroit qu’il crée entre ceux qui le partagent que dans son contenu réel. Et d’ailleurs son contenu réel n’intéresse pas grand monde. A la lumière des différentes « révélations », de ces dernières années, de ces derniers mois et de ces dernières semaines, on peut s’apercevoir que seul compte le fait de savoir « qui en est » ou qui est supposé « en être ». On s’estime alors en droit de juger des pensées, des paroles, des actions, voire de la personnalité de ceux qui sont cités au travers du prisme exclusif de leur appartenance, réelle ou supposée, à la Franc-maçonnerie et de ce que l’on croit qu’elle représente. Une lecture qui bien sûr sera faite sans aucune indulgence. L’appartenance à la maçonnerie n’impliquant, comme prétendent souvent ceux qui veulent « tout savoir et rien payer », que le favoritisme, l’intrigue, la malversation, la pensée contrainte et l’obéissance à des ordres venant de structures encore plus secrètes…
    L’absence de transparence dans la vie publique, malgré les dénégations, ne doit pas conduire à une exigence de transparence inconsidérée dans la vie privée. Elle serait dommageable à tous, que l’on soit maçon ou qu’on ne le soit pas. Le respect de la vie privée, et des secrets qui y sont attachés, constitue un des fondements de la démocratie. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun démocrate sincère de demander par exemple la levée du secret du scrutin… L’exigence du secret maçonnique est compatible avec la visibilité démocratique pour peu que les francs-maçons n’offrent pas eux-mêmes les bâtons pour se faire battre. Bien sûr, ils feront savoir qu’ils creusent des cachots pour le vice et que qu’ils élèvent des temples à la vertu. Mais ces efforts ne pourront convaincre que ceux qui sont persuadés qu’il faut améliorer l’homme pour améliorer la société. La Franc-maçonnerie ne doit pas se laisser enfermer dans une alternative stérile qui voudrait qu’elle ait des secrets parce qu‘elle a quelque chose à cacher et que la levée de ses secrets laverait l’opprobre dont elle serait soi-disant frappée… Elle a des secrets car elle n’a rien à cacher.
    Pour conclure et parce qu’en France, paraît-il, tout commence et tout finit par des chansons, terminons avec une chanson aux paroles pleines de sagesse. Une chanson maçonnique écrite à la même époque que la chanson profane avec laquelle nous avons commencé :

    « Chassez les préjugés vulgaires
    Vivez avec les francs-maçons
    Et instruits de tous leurs mystères
    Restez muets comme des poissons… »

    Michel d’Epée

  • 4
    Etoile
    27 novembre 2007 à 17h28 / Répondre

    Euh, je suis profane mais là j’avoue que la question me perturbe. La franc-maçonnerie peut-elle sortir du secret ? Ben d’abord de quel secret parle-t-on ?
    C’est vrai ça : sortir du secret signifie bien qu’il y a secret. D’accord mais lequel ?
    Tout ce qui est symbolique n’est pas secret vu le nombre de divulgations. soyons réalistes, les rituels maçonniques sont à la portée de tous ceux qui se donnent la peine d’accorder dix minutes à leur recherche. Si j’ai délibéremment choisi de ne pas les lire c’est parce que je suis persuadée que je préférerai les découvrir « pour de vrai » d’un seul coup plutôt que d’avoir eu une espèce de connaissance prémâchée avant. Mais c’est un choix personnel. Si je l’avais voulu personne ne m’aurait empêchée de les apprendre par coeur.
    Secret de fonctionnement ? Les statuts sont tous déposés en préfecture. Ah oui, mais moi, simple citoyenne, je ne sais pas comment on fait pour demander à consulter ces statuts ? Ben, c’est vrai, mais je ne sais pas non plus comment fonctionne mon département, l’administration de mon école… Voilà qui me concerne pourtant davantage.
    Secret d’appartenance alors ? On finit toujours par en venir là. D’abord, question idiote (mais je suis profane) : en quoi ça m’intéresse ?
    Savoir qu’un type que je ne connais pas occupe ses soirées en loge n’est pas exactement l’idée que j’ai d’une information bouleversante. C’est lui que ça regarde. A la limite je peux me dire que je préfère ça plutôt qu’il y ait un type de plus qui s’abrutisse devant la télévision, mais ça ne va pas changer ma vie.
    d’après ce que j’ai compris, chacun dévoile ou non sa propre appartenance librement, il n’a juste pas le droit de dévoiler celle d’un autre sans son accord préalable (corrigez-moi si je me trompe). J’ai tendance à penser que c’est une règle des plus intelligentes, la seule qui permette de respecter la vie privée de chacun.
    Je me souviens qu’il y a quelques semaines il y avait eu un débat ici parce que l’appartenance maçonnique d’un homme politique avait été mise en exergue alors que cela n’avait aucun rapport avec ses activités. Si on pouvait aujourd’hui dévoiler son appartenance sans avoir sans cesse à s’en justifier, peut-être y aurait-il beaucoup plus de volontaires.
    Je ne suis pas initiée mais la franc-maçonnerie est déjà un sujet que j’ai appris à n’aborder qu’avec prudence. Mes proches connaissent ma démarche, mais il y a des membres de ma famille avec lesquels je ne parlerai de ça que le jour où j’aurai spécifiquement envie de me faire mettre à la porte sans espoir de retour.
    Voilà la réalité. Donc lever le secret d’appartenance ? Pas convaincue.

    De toute façon c’est un faux débat. Le vrai problème c’est que la franc-maçonnerie ne cesse de faire fantasmer. Si elle était ouverte de partout les allumés conspirationnistes diraient seulement que le secret est ailleurs.

    Etoile

    (message affreusement long, je présente à tous ma promesse d’être beaucoup plus concise la prochaine fois).

  • 3
    Philippe
    27 novembre 2007 à 14h56 / Répondre

    Je suis allé lire l’article du journal.

    Si ce qui est rapporté est bien conforme à toute la pensée du Président du GODF, ce qui reste à démontrer, ce qui relativise cette pensée a très bien pu être évacué, il ne serait pas étonnant que les micro-obédiences et les loges sauvages se multiplient.

    Secret des « délibérations »
    En loge il s’agit d’un travail intime, sur soi, en s’appuyant sur un groupe dont chaque élément va dans le même sens, ce qui implique un secret des « délibérations » par respect vis à vis de celui qui s’est exprimé, analogue pour un groupe au secret de la confession, excusez cette audace.
    Mais enfin est-ce que les curés placardent les confessions de leurs ouailles, les psy ce qui se dit en thérapie de groupe, le toubib dans son cabinet et tout à chacun ce qui se passe sous sa couette …
    Les loges travaillent et produisent sur l’intime.
    On délire complètement … si c’est totalement vrai ce qui est dans le journal ???
    Pour faire simple et lapidaire les progrès ainsi fait sur soi en effet doivent servir à s’impliquer à titre individuel dans la société, et chacun dans sa sphère doit (et non peut) essayer de la rendre plus tolérante, respectueuse d’autrui et de sa liberté de conscience.
    Mais si on va en L comme d’autres à la messe tout en continuant à se comporter comme un salopiau en ville on est tout simplement un tartuffle et Molière a tout dit sur cet individu.

    Secret d’appartenance :
    Maintenant le secret d’appartenance, c’est autre chose, vu la haine distillée sur la FM dans les pays latins, il appartient à chacun de prendre le risque pour lui-même et non pour les autres.

  • 2
    Stéphane
    27 novembre 2007 à 7h40 / Répondre

    Si je n’étais tenu à l’humilité et au respect des aînés, moi, petit Apprenti, je conseillerais à tous ces enturbannés du GOF de lire l’ouvrage de notre Frère Marcel Bolle de Bal, « L’initiation maçonnique, à partir et au-delà du secret ».

  • 1
    Yves VAINDRY
    27 novembre 2007 à 2h37 / Répondre

    Je suis fort étonné que l’on puisse de haut lieu inciter les loges à s’ouvrir, et inclinant à cette idée, se demander si elles en sont capables !
    Voyons cela de plus près : Une loge s’ouvrirait à quoi ? si ce n’est sur le monde profane tel que nous l’entendons, avec le pieu désir de travailler à son perfectionnement intellectuel et moral ; et ce, avec une insistance qui en fait notre premier devoir. Exhortation présomptueuse sans aucun doute, sauf à se persuader qu’une obédience puisse imaginer livrer publiquement ses loges comme un produit fini. Or, nous le savons bien, rien n’est jamais achevé ; quand bien même il y aurait un seul maçon accompli, il ne serait plus de ce monde. Demander aux loges de s’ouvrir c’est abandonner la Tradition au domaine public. Alors à quoi servirait de vider les loges du secret maçonnique ? A rien d’autre qu’embuer la curiosité foisonnante. Car le secret perdure dans la transmission de la tradition, en dehors de laquelle il n’y a pas de secret au sens de la grande découverte attendue avec impatience. Lâcher la tradition dans la rue, c’est précisément lui ôter toutes les valeurs initiatiques qui la distingue des us vulgaires depuis des siècles. Il faut donc préserver la tradition dans ses rites, au coeur des loges, et s’éviter l’idée de la dénaturer, ne serai-ce que pour un prosélytisme aussi à-demi avoué que néfaste. Souvenons-nous : Que la Lumière qui a éclairé nos travaux continue à briller hos du temple, mais q’elle ne soit pas exposée aux regards profanes. Cela doit être notre préoccupation essentielle de maçon. Rien ne sert d’éblouir un profane ; s’il cherche la Lumière, conduisons-le à la porte du temple et elle lui sera ouverte telle qu’elle le fut pour chacun d’entre nous. Veillons à ne pas altérer notre serment, gardons-le pur et sans taches, quel que soit le défi, quelle que soit la tentation auxquels nous pourrions être soumis. Sans quoi rien de la Maçonnerie n’aurait encore vraiment d’intérêt.

La rédaction de commentaires est réservée aux abonnés. Si vous souhaitez rédiger des commentaires, vous devez :

Déjà inscrit(e) ? Connectez-vous