La photo ‘maçonnique’ du dimanche

Publié par Jiri Pragman
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Cet ouroboros orne un mur d’une sympathique maison d’hôtes à Fontenay dans les Vosges. Le même symbole apparaît également sur le mur extérieur de la propriété.

dimanche 28 octobre 2012
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  • 10
    djo
    25 février 2017 à 11:48 / Répondre

    L’Ouroboros
    C’est un serpent incurvé jusqu’à former un cercle complet qui tient l’extrémité de sa queue dans sa bouche. Son nom dérive de cette particularité ; en effet en grec oura signifie « queue » et boros veut dire « dévorant » d’où « qui dévore sa queue » ; quelques auteurs se sont servisdu mot grec Ouroboros ou du terme greco-latin ourovorax.
    Les anciens Grecs empruntèrent cet emblème [dit-on] aux Égyptiens lesquels, selon le témoignage d’Olympiodore et de Plutarque, le reliaient aux manifestations sidérales dont nous parlerons plus avant et ils lui avaient conféré diverses significations métaphysiques qui semblent considérablement s’être amplifiées dans le cours des siècles. Ensuite, les Romains l’adoptèrent ains que diverses sectes chrétiennes et hérétiques, les Gnostiques, les Ophites, mais nous ne savons pas exactement avec quelle signification. Pendant le haut Moyen-Âge les alchimistes, les hermétistes et ensuite les héraldistes religieux et nobiliaires l’utilisèrent jusqu’à nous.
    II – L’Ouroboros et le temps
    La signification la plus connue qui fut attribuée par les Anciens à l’Ouroboros est son rapport au Temps, au temps qui – seulement avec Dieu* n’a ni commencement ni fin, puisqu’il n’est autre que le fil avec lequel est tissée l’Éternité. L’Ouroboros, formé en cercle, soudé par la pression de ses mâchoires aux deux extrémités de son corps, est tout un, sans solution de continuité ; en réunissant en lui début et fin, il est entré en possession de ce qui est vraiment les choses éternelles.
    Les Égyptiens le reliaient au chemin céleste des astres qui règlent nos saisons et nos ans, divisions qui nous permettent de mesurer la course irresistible du temps ou, comme le dit Virgile, « la fuite infaillible du temps ». Toutefois, il semble que la signification initiale de l’emblème Ouroboros se référait surtout à la perpétuité cyclique, à l’inéluctables et régulier renouvellement des cycles, 1 dand leur succession ininterrompue qui forme l’éternité.
    Il est probable qu’aux yeux des Anciens, ces renouvellements furent représentés par cette caractéristique qu’ont les serpents de changer périodiquement de peau, puisqu’ils croyaient qu’en faisant « peau nouvelle », le reptile rénovait même sa propre vie. Tertullien l’explique ainsi : «le serpent, dit-il, change de peau et d’âge qui lui viennent de la nature. Dès qu’il a perçu la vieillesse, il s’enferme dans un étroit passage, il y laisse une peau rugueuse pendant qu’il se glisse dehors et, s’étant dépouillé, il ne sort de sa caverne que s’il est brillant et rajeuni.» La mythologie gréco-romaine, et l’imagerie dont elle se servit, firent de l’Ouroboros l’attribut du dieu Saturne/ Kronos, fils de Cœlus, qui représentait le Tempset que les Grecs appelaient Chronos ; il est représenté par l’image d’un vieillard qui tient dans la main droite une faux et dans l’autre l’Ouroboros, parce que, dans la fuite des ans, la fin du mois de chaque année rejoint le premier du mois suivant, ainsi que se reconnectent tête et queue du serpent circulaire. Et, grâce à cette considération cet emblème s’approche du mythe de Janus dont le crâne unit les deux images du futur et du passé, représentant le profil d’un adolescent et d’un vieillard. Leurs perpétuelle union symbolise l’éternité. Sur un autre plan, quelques philosophes comme Alcmon ont appliqué l’emblème de l’Ouroboros non seulement à la perpétuité cyclique, mais aussi à celle de l’âme humaine.
    III – L’Ouroboros et le mouvement
    La seconde signification de l’Ouroboros auprés des Anciens fut de symboliser le mouvement et la perpétuité de la force qui l’actionne, non seulement parce qu’il est courbé en cercle et peut rouler comme la roue ou comme le cerceau d’un enfant, mais surtout parce que le serpent, naturellement privé des membres dont sont doués les autres animaux, bouge de toute façon comme eux, et avec une telle rapidité, grâce au seul jeu interne de ses flancs et de ses plaques ventrales, jeu qui se traduit dans une séquence d’ondulations latérales et propulsives. Cette puissance intérieure et automotrice le fit considérer par les Égyptiens comme l’image du mouvement cosmique, du chemin des astres dans l’espace, et par conséquent de la course du temps et de la succession ininterrompue de ses phases. C’est sûrement en considérant sa forme circulaire que Plutarque affirma que les Égyptiens comparaient le serpent aux astres. Lorsque l’Ureus sacré, la vipère Haje, se courbe en cercle sur la tête du faucon de Ra ou sur celui d’Horus, le soleil levant représente le retour de cet astre et son départ diurne pour une brillante carrière ; mais alors la tête et la queue du reptile sacré sortent hors de la ligne du cercle : il n’est plus strictement l’Ouroboros.
    Quelque fois nous le retrouvons, malgré l’écoulement des siècles, sur des gnomons relativement récents où il emprisonne dans son cercle les heures qui marquent la course du soleil. Nous le voyons sur un cadran d’ardoise de 1625, où sa voix rappelle à l’homme le peu de résistance de sa vie à l’action du temps mesuré par les heures : Memento quia pulvis es, « rappelle-toi que tu es poussière ! » Aujourd’hui, nous semblons vraiment être autorisé à croire qu’en certains milieux du monde ancien l’Ouroboros était même l’image du mouvement du sang dans le corps humain. Cette circulation, qui est une fuite et un retour, aurait été connue longtemps avant Harvey (1578-1658) qui, mieux qu’aucun autre avant lui, en expliqua le mécanisme.
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    IV – L’Ouroboros et le renouvellement de la vie
    La signification plus ésotérique de l’Ouroboros part de cette légende, chère aux Anciens, selon laquelle « le serpent jouit d’une longévité sans pair, rajeunissant en vieillissant, et renaissant même dans l’instant où se poursuit sa croissance et où il devrait commencer son déclin ». En réalité, son nom indique qu’il se nourrit de sa chair même : Boros-Oura, « dévore sa queue » ; ainsi c’est avec sa propre substance que le serpent, selon la vieille fable, se reconstitue dans la mesure où l’usure du temps et de la vie agissent sur lui. Les paysans français assurent en certaines province, que si on coupe le corps d’un serpent entre l’extrémité de la queue et les organes de fonctions vitales, la partie détruite repoussera toute seule et se reconstitue dans son état primitif. Je ne sais pas si ce fait est réel chez les serpents, mais il l’est indiscutablement dans les sauriens comme le lézard des murailles. Les Anciens ont donc pu croire à la présence, dans la queue des reptiles, d’un principe vital et reconstituant que le serpent absorberait et assimilerait, au bénéfice de la longévité de son existence, en mordant l’extrémité de sa queue. Cette renaissance a même fait de l’Ouroboros dans le monde ancien, l’emblème de la perpétuité du renouvellement de la vie, « de “l’éternel retour des choses”.
    V – Le Gardien de l’infini
    La philosophie et l’emblématique d’autres temps voyaient le cercle comme l’image de l’Univers, du Cosmos infini qui renferme en lui la Divinité et toutes ses œuvres
    . Maintenant, comme avant eux les plus vieux mythes du monde l’avaient faits du serpent – et du dragon* qui n’est autre qu’un serpent hybride et monstrueux – le gardien né des trésors de n’importe quelle nature, les savants rapprochèrent le nom du serpent Ouroboros de l’autre mot grec ouros qui indique en même temps le gardien des trésors, le sauveur et le chef ; ils transposèrent l’idée d’infini de l’intérieur du Cercle, à celui du serpent circulaire en y déposant ainsi n’importe quoi sous sa garde.
    Nous trouvons la persistance de ce thème par les alchimistes grecs du Moyen âge ; cela nous est prouvé par un manuscrit byzantin du XIème siècle, qu’on trouve aujourd’hui à San Marco de Venise, dans lequel, dans le capitole sur la Chrysopea de Cléopatre, est représenté le cercle irrégulier et naïvement tracé de l’Ouroboros avec l’inscription En to pan, « Tout en Un ».
    Et cela s’accorde avec ce qu’Olympiodore dit des anciens hiéroglyphes des Égyptiens qui, en voulant «représenter l’univers sur les monuments ou l’exprimer en caractères sacrés, ont gravé le serpent Ouroboros» Ainsi, comme l’amphisbène [ndt 1], cet Ouroboros des alchimistes, est moitié noir et moitié blanc.
    VI – L’Ouroboros dans les premiers temps du christianisme Chargé depuis les âges lointains des significations dont nous avons énuméré les principales, l’Ouroboros devint immédiatement la proie des premiers hérétiques connus au sein de l’Église chrétienne ; ils lui attribuèrent encore des significations variées, en le contrastant très nettement avec les dogmes chrétiens.
    C’est surtout les Gnostiques qui employèrent le symbole de l’Ouroboros : il se trouve sur nombreux “abraxas” qu’ils nous ont laissé, associés à des lettres ou à des 1 Amphisbène : est un réptile symbolique qui a une tête de chaque coté. Très pratique pour ressortir
    d’un trou…
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  • 9
    calvariam
    10 novembre 2012 à 11:27 / Répondre

    En réalité, l’ouroboros appartient à la symbolique maçonnique et il y a autant d’ouroboros que de frères lors d’une tenue: en effet, ouroboros est le terme d’usage pour le crochet du tablier.D’une certaine manière, symboliquement, Nous nous ceignons donc tous d’un ouroboros lorsque nous nous ceignons de notre tablier…à méditer.

  • 8
    luciole
    2 novembre 2012 à 15:58 / Répondre

    Ouf!

  • 7
    perhouan
    1 novembre 2012 à 14:25 / Répondre

    le serpent et sa forme en ouroboros évoque entre autre l’énergie « primordiale et foncière  » et sa circulation fluide et chtonnienne sous forme de lumière ( renvoie ainsi à l’Orphisme) c’est une évocation archaïque du concept de l’ab/solutisme de la matière ( vert et rouge) qui s’auto-transmue en une évanescente, vaporeuse, spiritualité qui va se pétrifiant dans une morphogénése trinitaire à vocalisation quadriconsonnatique, de l’unité indicible ;

  • 6
    luciole
    31 octobre 2012 à 11:04 / Répondre

    Joli, et sympathique idée.Il figure aussi dans certains HG du Rite Ecossais Ancien et Accepté.Mais c’est vrai dans une acception plutôt hermétiste.
    Ce renouveau permanent s’oppose,en quelque sorte à la Spirale,retour qui change de point de vue et qui figure une ascension ou/et un ressort,une impulsion.

  • 5
    calvariam
    31 octobre 2012 à 10:41 / Répondre

    Si l’Ouroboros n’est pas un symbole proprement maçonnique, il est vrai que nombres de loges et d’obédiences l’emploient, il fait écho de plus à d’autres symboles, maçonniques ceux-là…
    Quant au caractère hermétique de la franc-maçonnerie, nul besoin de l’importer, il s’y trouve dès l’origine de la maçonnerie spéculative, le manuscrit cooke nous donnant comme enseignants post-diluviens Pythagore et Hermès, et je passerai sur le caractère hermétique de nombre de nos symboles et rituels (en premier chef le rituel d’initiation), à peine masqué en france par la réécriture positiviste des rituels (en particulier au Grand Orient).
    Je peux concevoir que cela puisse heurter les tenants du tout sociétal et les athés intégraux (pour ne pas dire intégristes), mais c’est ainsi, libre à eux de vérifier directement en se confrontant au corpus hermeticum.

  • 4
    Jiri Pragman
    30 octobre 2012 à 05:11 / Répondre

    L’ouroboros est en tout cas utilisé par des Loges et Obédiences maçonniques qui l’emploient dans leur sceau.

  • 3
    perhouan
    30 octobre 2012 à 01:02 / Répondre

    comme l’empire romain, le FM accepte et donne asile à tout les dieux des religions mortes …. sarcophage ? EPAD ? convalescence ?

  • 2
    Slots
    29 octobre 2012 à 17:50 / Répondre

    Ah les Franc-maçons… et leurs facultés a s’approprier tout ce qu’ils ne leurs appartiens pas (jusqu’à la constructions des Pyramides – sic).

  • 1
    Baxabar
    29 octobre 2012 à 10:37 / Répondre

    Sans vouloir jouer à l’érudit, je pense que l’ouroboros ne s’inscrit pas dans la symbolique maçonnique mais plutôt dans la mythologie de l’hermétisme. Il est vrai que certains maçons se plaisent dans l’ésotérisme et l’importent (ou l’ont importé) en franc-maçonnerie. Ceci écrit, la photo me paraît bien sympathique.

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