L’action du Franc-maçon a-t-elle un sens dans le monde d’aujourd’hui ?

Publié par Pierre Pelle Le Croisa

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LES RÉFLEXIONS D’UN SIMPLE MAÇON
de Pierre Pelle Le Croisa

 L’action du Franc-maçon a-t-elle un sens dans le monde d’aujourd’hui ?

Quelles sont ces valeurs qui sont primées dans le monde profane, aujourd’hui ? L’étude des principes, chartes et codes de conduite des organisations et des entreprises donne un éclairage significatif sur le contenu de ces valeurs et sur leur évolution dans le temps : en 2004, l’humanisme et la solidarité prenaient le pas sur toute autre considération. Quinze ans plus tard, le leadership, l’innovation, la qualité et l’intégrité font autorité. Le respect arrache péniblement la 9ème place, alors que l’humanisme et la solidarité sont renvoyés aux oubliettes.

Pourquoi y a-t-il un tel décalage entre le référentiel des valeurs du monde profane et celui du monde maçonnique ? Il serait assez tautologique de répondre que c’est parce qu’il s’agit de deux mondes différents. Nous devons aller plus loin, en nous interrogeant sur « l’en-dehors du temple », la nature de ce monde profane dans lequel nous sommes aussi immergés.

Intéressons-nous donc à notre réel sociétal.

Dans le cadre de l’Évolution, l’homme est passé progressivement de l’outil à l’ustensile, du moyen à la méthode et de la technique à la technologie. Nos sociétés ont évolué rapidement. Trop peut-être. En à peine un siècle, les sciences et la technologie ont fait plus de progrès qu’elles n’en avaient fait au cours des millénaires passés. Dans ces conditions, comment voulez-vous que l’homme, pourtant responsable de ces bouleversements, puisse s’adapter à cette fulgurante évolution qu’il a lui-même créée, alors qu’il lui a fallu des millions et des millions d’années pour devenir l’homo sapiens qu’il est aujourd’hui ?

En tant qu’homo sapiens, il appartient à la famille des primates : c’est un hominidé, autrement dit un animal qui pense – mais qui reste un animal, malgré sa pensée qui voudrait le lui faire oublier ! Il suffirait de dresser l’inventaire à la Prévert de quelques-uns de ses méfaits pour montrer que, parmi les bêtes, il est la pire de toutes et qu’en matière de prédation, il n’a pas son pareil : pollution, déforestation, désertification, famine, violence, crimes, terrorisme, conflits, guerres….

Sans même aller jusqu’à ces extrémités, les pays les plus épargnés n’échappent pas aux zones de non droit, aux atteintes aux droits de l’homme, à l’irrespect, au rejet des valeurs et au manque d’éducation ; si bien que l’on pourrait avancer sans risque de se tromper que l’ignorance, le fanatisme et l’ambition règnent en mauvais compagnons partout dans ce monde où, nous autres francs-maçons, nous prétendons mettre bon ordre pour le plus grand bonheur de l’humanité. Eh bien, moi je vous le dis, dans ce cas il y a du boulot, et pour longtemps !

Je viens d’évoquer la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, à laquelle nous sommes si attachés. À bien y regarder, elle ne concerne qu’une minorité de personnes dans le monde. La plupart des peuples l’ignorent, et son universalité… se réduit surtout au petit univers des Occidentaux. Nombre de traditions et de cultures, à défaut d’outrager nos droits, s’en tiennent au mieux à les exclure. Mais, avec l’intégration économique, la libéralisation des échanges et l’internationalisation des transactions qui accompagnent la globalisation des biens, des personnes et des savoirs, ne serait-il pas envisageable que nos valeurs d’hommes civilisés prévalent à terme sur les pratiques archaïques des autres peuples – vous savez, ceux qui occupent les pays que nous appelons, par euphémisme, les pays « en voie de développement » ?

Certes pas. La mondialisation n’est pas une universalisation. De grands explorateurs comme Malaurie condamnent cette approche : « Je suis convaincu » écrit-il, « que la mondialisation, l’internationalisation des peuples est un malheur, une punition des dieux. Je suis convaincu que le pluralisme culturel est la condition sine qua non du progrès de l’humanité. » Et en effet, en réaction à l’uniformisation politique voulue par les États, les ethnies répondent par le pluralisme sociétal des replis identitaires. Le nationalisme et le communautarisme sont les deux faces opposées d’une même forme de retrait clanique. L’individu revendique sa différence dans son identification au groupe : qui se ressemble s’assemble. La mimesis de Girard règne partout et en tout : les stéréotypes imitent les archétypes, les slogans les pensées, et les vies des modèles les modes de vie : être jeune, beau, sportif et intelligent, voilà les normes que standardisent les canons véhiculés par les médias. Alors, que devient l’universalité du franc-maçon dans un monde où les stéréotypes, les slogans et les vies des modèles chassent ses archétypes, ses pensées et son mode de vie ?

Si les réseaux sociaux permettent de rassembler les communautés ethniques entre elles, ils permettent aussi de fédérer des êtres aux pensées, aux goûts et aux intérêts proches – ceux que Maffesoli appelle les « tribus » : dès lors, par rapport aux autres, dans la multitude, chacun se définit par ses similitudes. Selon son expression, nous sommes passés d’une société qui distinguait les individus dans la masse à une « société individualiste de masse ». Comme en chimie dans la relation qui unit les éléments atomiques aux molécules qui les organisent, les éléments humains s’agrègent en structures sociales complexes.

Bachelard rappelle comme une évidence que l’homme a forcé la nature à aller aussi loin que son esprit. En technicisant son univers, il l’a centré sur lui-même. Il l’a fait passer du réel et du factuel au fabriqué et au factice. Ex-deus machina, il est devenu un homo artifex. Ce sont à présent ses artifices qui humanisent le naturel ; et ses images virtuelles qui virtualisent sa perception des êtres et des choses. Le monde numérique, avec ses avatars et sa cyberculture, envahit le monde réel, celui de la vie et de la culture.

Nous vivons aujourd’hui à l’ère des choix somatiques (avec la contraception, l’euthanasie, la procréation médicalement assistée, la gestation par autrui), à l’ère des choix bioéthiques (avec les progrès génétiques, bio-, nano- et neurobiologiques), à l’ère des choix ontologiques (avec les visées post- et trans-humanistes) et à l’ère des choix téléologiques (avec les recherches quantiques, informatiques, électroniques, connectiques et cosmiques). Notre rapport au monde, la place de nos valeurs dans ce monde et notre manière de vivre le monde s’en trouvent profondément transformés. Faut-il s’en réjouir ? Faut-il s’en plaindre ? Si le franc-maçon est fils du Siècle des Lumières – quant à moi, sans le renier, je lui préfère les lumières de mon siècle !

À quoi bon se désoler de ses découvertes ?  De tous temps le progrès a été condamné par tous ceux qui ne voulaient pas s’y adapter. Il est vrai qu’il apporte le meilleur comme le pire, le bon grain comme l’ivraie. Mais comment les séparer ? L’Évangile de Matthieu rappelle avec bon sens qu’il faut laisser croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et arracher l’ivraie au temps voulu pour ne conserver que le bon grain. Faut-il rejeter dès à présent quelques découvertes pour n’en accepter que certaines ? Au nom de quels principes, sur quels critères, et par qui faire juger leurs bienfaits ?

Est-ce à dire qu’il faudrait tout accepter ? Sûrement pas !… mais tout refuser ne serait pas mieux. Alors attendre la moisson, donc les résultats ? Ne sera-t-il pas trop tard ? – diront les catastrophistes. Il faut avoir confiance en l’humanité ! – diront les plus optimistes. Quant à moi, je ne sais qu’en penser – sauf qu’il faut le penser -. Sur ce point, je ne peux oublier que c’est l’humain qui doit toujours primer. Je pose donc la seule question qui vaille à mes yeux : L’homme est-il fait pour la science, ou la science pour l’homme ?

Entendons-nous bien : ce n’est pas la science qui est en cause, c’est l’homme (parce qu’il ne maîtrise pas les applications qu’il en tire). S’il la considérait, non comme une fin en soi, mais seulement comme un moyen d’améliorer le sort de l’humanité, s’il lui refusait tout autre but, alors peut-être parviendrait-il à résoudre les oppositions et les conflits qu’il lui fait engendrer aujourd’hui. Pour mon petit esprit de simple maçon, n’ayant aucune part aux choix qui sont opérés pour vous comme pour moi, je me contenterai de l’humble conseil d’Unamuno : « On me dit que je suis là pour réaliser je ne sais quelle fin sociale ; pourtant je sens que moi, de même que chacun de mes frères, je suis là pour me réaliser, pour vivre. »

Alors, le Siècle des Lumières ? Les lumières de mon siècle ?… C’est peut-être trop de lumière pour le petiot lumignon que je suis !

lundi 23 mars 2020
  • 25
    Désap.
    28 mars 2020 à 18:39 / Répondre

    23 – @ Sedetiam,
    Tout d’abord, mes excuses d’avoir écorché votre pseudo.
    Je relève que vous faites des comparaisons et comparaisons ne peut qu’être jugements, encore dans ce dernier commentaire : « d’ailleurs, les maîtrises que j’évoque, sont opératives et reconnues universellement par leurs pairs, aux yeux de tous, donc vous ne pouvez comparer avec la vôtre: cela n’aurait pas de sens. »
    Moi je ne compare pas, je dit qu’il s’agit exactement de la même chose, toutes les initiations participent des mêmes principes, des Arts Martiaux à Isis et Osiris, des Vedas au Grand Architecte, de Pythagore au Grand Esprit navajo, seule la forme change et il ne s’agit pas de se réferer à la révélation d’une parole connue des seuls prophètes à laquelle il faut croire et se soumettre (religions monothéistes), il s’agit pour toutes ces traditions de découvrir et comprendre cette parole qui ne se trouve nulle part qu’en nous, le fameux « connait-toi toi-même ».
    Le maitre sur le tatamis corrigera votre posture, vos gestes ou vous fera tomber, il ne vous révèlera jamais le moyen de le faire chuter, ça c’est votre travail ; les même principes s’appliquent en maçonnerie, da Vinci disait avec justesse : piètre disciple qui ne dépasse pas le maitre.
    Par ailleurs, le rituel maçonnique est également, et même uniquement, opératif. Il s’agit, comme pour les Arts martiaux, de se mettre sur la même vibration que la Nature, d’en acquérir à la fois la sagesse, la force et aboutir à sa beauté. Je vous l’accorde, plus simple à écrire qu’à réaliser, cependant voilà la proposition et l’unique chemin d’accès à la connaissance ; j’insiste car le savoir est l’illusion de connaitre par les conclusions d’autres hommes, or ce que nous connaissons (réellement) est par définition inexprimable, nous ne pouvons qu’en communiquer le chemin d’accès et celui-ci a autant de forme qu’il y a de civilisations, tout en restant rigoureusement unitaire.
    Il est bien question ici de tradition primordiale, quoi d’autre de plus primordial que la manifestation et ses principes ?
    Ses formes ne sont qu’adaptation au milieu dans lequel sa recherche se développe, mais elles résultent du même objectif.
    Quand au secret de la pratique maçonnique qui parait vous déplaire, dépassez l’idée selon laquelle il s’agirait de cacher quoique ce soit. Ce n’est pas le motif, celui-ci est bien plus digne qu’une volonté obscure comme votre esprit plus digne qu’une si courte réflexion.

  • 24
    Lazare-lag
    28 mars 2020 à 13:11 / Répondre

    Petite parenthèse qui n’a rien à voir avec mes échanges avec l’intéressé, il m’arrive parfois, je l’ai d’ailleurs eu fait avec d’autres, d’avoir la curiosité d’entreprendre une petite recherche à partir du pseudo utilisé.
    Je viens de le faire avec Sedetiam.
    C’est très amusant, il se trouve que « sed etiam » provient du latin (ce dont je ne pouvais me douter, n’ayant pas le profil d’un latiniste, et ce n’est d’ailleurs pas mieux de face comme de trois-quart) et qu’il peut signifier quelque chose comme:
    – « mais encore », ou « mais aussi », ou « notamment ».
    N’étant donc pas latiniste de formation, et ne pouvant donc pas apercevoir une telle allusion sémantique, j’étais personnellement parti en direction d’autres horizons.
    En effet, la terminaison en tiam m’évoquait le royaume de Siam ou, dans son acception moderne, la Thaïlande.
    Thaïlande plus maîtrise et connaissance des arts martiaux asiatiques, j’y voyais donc déjà comme un changement certain de continent, et donc de culture, voire de civilisation.
    Comme quoi, toujours se méfier des apparences….
    Par ailleurs, fort de cette trouvaille latine, ayons cependant la prudence de ne pas en tirer de conclusions définitives, car au cas d’espèce, on n’est jamais sûr de rien: l’explication d’un pseudo pouvant avoir maintes explications, notamment très personnelles.
    De celles qu’un tiers ne peut déceler.
    Sur ce, parenthèse refermée.

  • 23
    Sedetiam
    28 mars 2020 à 08:30 / Répondre

    @Desap,

    Vous vous égarez et cela tombe bien au regard de la conclusion de Lazare-Lag, valant citation que je vous rapporte en fin de propos: car voyez-vous, je ne juge pas, mon intervention auprès de lui valant dialectique et possiblement (pour moi en tout cas) maïeutique, mon expression, au-delà de quelques apports, étant le plus souvent interrogative. Contrairement à ce que vous déclinez « je ne connais pas », pas plus que « je ne sais » dans le monde des idées ou des chemins initiatiques: que Jean Gabin et son « Je sais » m’en préserve; d’ailleurs, les maîtrises que j’évoque, sont opératives et reconnues universellement par leurs pairs, aux yeux de tous, donc vous ne pouvez comparer avec la vôtre: cela n’aurait pas de sens. Mais, comme la vôtre elles se perfectionnent au quotidien: ici, tant d’un point de vue technique que pédagogique dans la mesure où deux d’entre elles se transmettent par l’instruction, l’autre exacerbant les règles de l’art conjointement aux avancées de la science ou des normes. L’une d’entre elle relève d’une martialité pour laquelle vous n’avez peut-être pas idée, tant il ne s’agit pas que d’un vain mot – puisque vous les évoquez – lorsque parle la poudre. (C’est en cela que se croire en guerre – contre le Covid-19 – selon la harrangue de la Présidence, avachi sur le canapé, est un euphémisme: fin de digression)
    Cependant, comme vous j’arpente un chemin initiatique empreint de Shin, Gi, Tai, trois points qu’il convient de mener à l’harmonie. Au-delà de l’aspect du corps qui fait le plus souvent défaut aux Francs-maçons de mon cercle ou croisés en TBO, les deux autres peuvent trouver quelques convergences avec celui de tout cherchant, si tant est que l’on transpose l’étude de la technique avec celle symbolique, d’autant que cette dernière peut tout à fait s’effectuer dans le monde profane pour par d’autres voies, tout autant alchimiques, dirons-nous: jusque dans ses arcanes opératives: pour fouler les pas d’autres voies encore, croyez bien que, en terme de démarche initiatique, vous n’avez de primauté en rien et qu’il existe en tout lieu, comme en chacun de nous, d’autres cabinets de réflexion, intérieurs. R. Guénon que vous citez affirme même que « vous » (donc moi) avez perdu la tradition primordiale. Cela ne datant pas d’hier, n’allons pas nous flageller. Encore qu’il existe quelques rituels sur le sujet…
    Pour conclure et aussi parce que vous m’aimez bien et que c’est réciproque, je vous prête celle de Lazare-lag, qui me convient tout à fait et qui résume l’objet de mon questionnement sur la « manière » de transmettre et dont il était question initialement. À une petite nuance près, c’est que la sage citation offerte est celle du Rabbi Nahman de Bratslav et qu’elle est en cela la transmission d’un savoir – comme les citations que vous nous offrez – et non d’une Connaissance, le plus souvent, indicible. (Nahman que je ne connaissais pas, du reste: merci Lazare)

    « En guise de conclusion, je me hasarde même à conseiller ceci à notre jeune frère:
    – « Ne demande pas ton chemin à celui qui le connaît, tu prendrais alors le risque de ne pas t’égarer » »

    P.S. à Lazare, n’y voyez aucune chamaillerie, il s’agit d’interaction dont vous vous trouvez, par l’expression, l’alter ego d’un instant, comme il s’agirait d’extraire les sucs à l’alambic ou de séparer le subtil de l’épais. Seule l’interface virtuelle donne un poids particulier aux mots que l’on ne peut conjuguer avec le ton, les regards, les expressions et les attitudes corporelles.

    Confinons, confinons, confinons.

    • 26
      marcos testos
      29 mars 2020 à 15:43 / Répondre

      @Sedetiam : je ne sais pas si vous etes un « Vrai non FM » ou un « Faux non FM » (et d’ailleurs je m’en moque) mais toujours est il que vous faites parti, à lire vos commentaires, des personnes que j’exècre le plus : les « phraseurs ». Si je peux me permettre un conseil : lisez, ou relisez, les « Précieuses ridicules » de notre cher Molière.

      • 27
        Lazare-lag
        30 mars 2020 à 03:49 / Répondre

        @Marcos Testos (26):
        Pourquoi venir nous dire, MTCF, ici que Sedetiam fait partie des personnes exécrées que sont les « phraseurs »?
        D’ailleurs, qu’entends-tu exactement par « phraseurs »?
        S’agit-il simplement de faire reproche à un style d’écriture? A une forme d’expression? Ou s’agit-il de se préoccuper du fond? De ce qui est exposé?
        S’agit-il de confondre les mots et les choses?
        Un franc-maçon ne doit-il pas veiller à s’en garder?
        S’il s’agit juste d’être contrarié par un style, auquel cas soit pleinement rassuré: toi aussi tu as un style bien à toi. Assez reconnaissable d’ailleurs, et peut-être que ce style peut déranger aussi, dans un autre genre évidemment.
        Pourquoi devrions-nous avoir tous le même style?
        Ou, pour serrer au plus près de ton propos, avoir le même phrasé?
        J’ai hâte d’avoir une définition pour le mot « phraseur ».
        Et s’il s’agit du fond qui est critiquable, alors que la critique porte sur le fond. Explicitement.

        • 28
          Désap.
          30 mars 2020 à 10:17 / Répondre

          Je rejoins Lazare-Lag, le style est certes un peu alambiqué, de là à exécrer l’auteur n’est-ce pas pour le moins excessif ?
          Nous n’exécrons que celui qui trahit ses serments ; que je sache, Sedetiam n’en a prêté aucun qui soit maçonnique.
          Plus regrettable, celui-ci n’intervient plus lors même que l’échange était intéressant, nous aurions pu aboutir à ce qu’il comprenne que nous défendons le même corpus de valeurs et de principes.
          Ah là là, on ne mesurera jamais assez les dégâts causés par ce Livre et cette parole d’un mythomane égocentrique. Ils ont détruit quatre mille ans de civilisation et continue de nous diviser au profit de conceptions primaires.
          Mon cher Marcos, je t’invite à lire les néoplatoniciens de l’Antiquité tardive que les penseurs chrétiens n’ont jamais réussi contester valablement, Philon d’Alexandrie (juif), Saccas, Plotin, Porphyre, Jamblique, Celse pour les principaux. Ainsi guéri du charabia évangélique, tu constatera que la maçonnerie est ce qui nous reste de cette sublime réflexion.

  • 22
    Lazare-lag
    27 mars 2020 à 16:42 / Répondre

    @ Desap (20) mais également @ Seditiam ( en particulier 14):
    Faisons en sorte, le confinement prolongé peut hélas parfois nous y conduire, à ne pas nous chamailler ou nous heurter pour des aspects secondaires, et essayons d’avoir en tête le principal.
    A supposer toutefois que le principal et le secondaire soient – grosso modo – la même chose pour les uns comme pour les autres, pour celui qui croit à la franc-maçonnerie et celui qui croit à une philosophie un peu moins occidentalisée, puisque d’inspiration asiatique, quoique d’émanation états-unienne, (Bruce Lee étant natif de San Francisco, si je ne m’abuse. Mais d’ascendance chinoise, comme quoique rien n’est ni simple, ni univoque).
    J’ai d’ailleurs failli écrire celui qui croit au ciel et celui qui n’y croit pas, mais passons, ceci n’est qu’une petite allusion ironique et décalée, et un peu provoc aussi, j’en conviens.
    – – –
    Alors, oui Seditiam n’est pas un frère (en maçonnerie) et oui, bien qu’ayant une connaissance, assez nourrie malgré tout, de la franc-maçonnerie, mais de l’extérieur, il peut commettre ici ou là quelques petites erreurs d’appréciation, bien vénielles au demeurant.
    A contrario, je suis de ceux qui se garderaient bien d’analyser et critiquer la philosophie des arts martiaux asiatiques en général, celle du Jeet Kune Do en particulier, et celle de Bruce Lee personnellement, et dont je n’ai qu’un très vague souvenir de ses péripéties cinématographiques ou télévisuelles. Je m’en garderaiss parce que je suis totalement ignare en ces domaines, j’en suis totalement étranger, et je ne possède même pas là un vernis superficiel qui pourrait faire illusion. Donc, je passe.
    – – –
    Cela étant, quel donc le principal auquel je faisais allusion en début de propos?
    Seditiam (cf. son message 14) nous assène:
    – « Un maître, dans la partie qui est la mienne, au-delà de fournir un enseignement, ne conseille pas au sens explicatif que vous présentez, mais ouvre les portes des possibles, montre l’exemple et, le cas échéant, accompagne.
    Toi, MTCF Desap, tu dis que:
    – le maître maçon: « ne conseille pas l’apprenti, il le remet sur le chemin en prenant soin de ne jamais le définir parce qu’il en est incapable et qu’il respecte scrupuleusement cette incapacité fondamentale.
    Il sait seulement où il se situe et son nom est : liberté ».
    Personnellement, si on arrive à surmonter, voire à se débarrasser, de certaines scories d’appréciation, voire d’exposition, (qui souvent s’affichent en certitudes), je crois qu’on peut y voir comme des chemins convergents où, malgré tout, on peut se retrouver.
    D’ailleurs, à ce stade de l’échange, il me semble que nous trois, Seditiam, Désap et moi-même, sommes au point où il nous est, je crois, difficile d’apporter une plus-value supplémentaire à notre jeune apprenti Sure (cf. message et interrogations n°5).
    C’est désormais peut-être à lui, ayant devant lui les quelques offrandes ou sédiments que nous lui avons apporté, de faire le tri, et d’en tirer ou pas, les enseignements qu’il souhaite en retirer.
    En guise de conclusion, je me hasarde même à conseiller ceci à notre jeune frère:
    – « Ne demande pas ton chemin à celui qui le connaît, tu prendrais alors le risque de ne pas t’égarer »

  • 21
    Luciole
    27 mars 2020 à 14:02 / Répondre

    @Sedetiam
    Pour précision,je n’avais dévoilé (discrètement) qu’aux seuls FM présents que son voisin de gauche ou de droite était FM et avec son accord,tous avaient accepté.La demie douzaine de pratiquants sportifs
    autres n’avaient rien compris.

  • 20
    Désap.
    27 mars 2020 à 11:44 / Répondre

    J’aime bien Seditiam qui porte un jugement « avisé » sur ce qu’il ne connais pas, la maçonnerie, la mesurant à la philosophie d’un art martial sans voir qu’elle est un art également martial répondant ainsi aux mêmes principes ne pouvant ni s’écrire ni se décrire, le symbolisme, comme le pinceau ou la posture, son seul et unique juste moyen d’expression étant par définition infini et dont l’appréciation se rectifie d’elle-même au cours du chemin vers la compréhension.
    Ce qui était vrai hier pourra se révéler inexact demain, c’est le fondement de la réflexion maçonnique et artistique.
    « J’ai dit », « je », « moi », condamnés en l’espèce pour ce qu’ils ne sont pas, expression de l’égocentrisme, me fait penser à Guénon dans Symbolisme de la Croix expliquant qu’il est bien nécessaire de mettre des mots, si imparfaits soient-ils dans ce qu’ils expriment a priori, parce que le silence n’est d’aucune utilité dans la transmission, mais qu’il est bien entendu que l’initié n’en sera pas dupe et l’apprenti en capacité d’aller au-delà parce que le rituel l’y engage et ne l’engage qu’à cela.
    La maçonnerie, art martial, combat sans aucun égard l’ignorance et son corollaire le savoir.
    Il s’agit d’aller vers la connaissance, ceci suppose de s’affranchir des limites inhérentes à la condition manifestée, et bien entendu sans l’aide d’un gourou, tout déclaré prophète soit-il par lui-même ou par des esprits faibles, les prophètes sont des imposteurs.
    De ce que je lis de vos digressions, cher Seditiam, je ne perçois que savoir et ses conséquences, jugements fondés sur des hypothèses.
    Comme tout maitre maçon, Lazard-Lag ne conseille par l’apprenti, il le remet sur le chemin en prenant soin de ne jamais le définir parce qu’il en est incapable et qu’il respecte scrupuleusement cette incapacité fondamentale.
    Il sait seulement où il se situe et son nom : liberté.
    Vous êtes, et c’est bien normal parce que vous ne connaissez pas la maçonnerie, l’objet des mots.
    Malheureusement, ceci ne plaide pas en faveur de la maitrise de l’art dont vous vous réclamez.

  • 19
    Lazare-lag
    27 mars 2020 à 09:50 / Répondre

    @ SEDETIAM 17:
    J’aime bien cette comparaison entre confinement et hauteur de neige….
    Elle donne du temps au temps, et elle donne du temps à qui à envie de travailler, ou « faire bosser les autres », si je vous écoute.
    S’agissant du « J’ai dit », j’en ai effectivement fait un sujet de planche, il y a quelques années..
    Ce thème me taraudait depuis mon entrée en maçonnerie, mais je ne voyais pas bien comment le saisir, comment le travailler. Il me fallait bâtir un plan, découvrir une ossature, m’accrocher à un fil conducteur assez solide.
    Longtemps j’ai buté, ou cabré, devant l’obstacle, rien ne me satisfaisait pleinement pour l’aborder. Et puis un jour, une évidence s’est dévoilé, un angle d’attaque s’est proposé, des enchaînements se sont mis en oeuvre assez logiquement.
    Je tenais mon sujet, à moins que ce fût lui qui a eu raison de moi…
    Le plus amusant, peut-être pas pour vous, c’est que mon travail est fort éloigné du développement qu’il vous a inspiré dans votre message 17 ci-dessus.
    Je veux dire par là qu’avec un même sujet on peut avoir plusieurs interprétations et que cela ne veut pas dire qu’une d’elles prime sur les autres, elles peuvent toutes se nourrir les unes des autres.
    Il nous arrive d’ailleurs en franc-maçonnerie de faire plancher sur un même sujet plusieurs des nôtres.
    Les comparaisons peuvent alors être riches d’enseignement.
    Ou, pour en revenir à la métaphore sur la neige, on voit par là qu’elle peut ne pas avoir toujours une couleur unique.
    Cela dit, je vais vous abandonner et braver le confinement, il n’y a pas de nourriture intellectuelle sans quelques nourritures terrestres…

  • 16
    Luciole
    26 mars 2020 à 18:01 / Répondre

    Il se trouve que l’univers FM est investi par nombre de pratiquants d’Arts Martiaux.D’une part c’est un complément apprécié mais aussi une fraternité d’innombrables écoles,styles,origines où le combat final est toujours,en réalité,contre soi même tout comme le Grand Oeuvre de l’Alchimiste.
    Bruce Lee a eu le mérite d’apporter un souffle puissant à la pratique en Occident et de faire (re) découvrir tout une facette de la culture asiatique ainsi que de ses philosophes.
    Le manque de place m’a empêché d’essayer de créer comme je l’avais envisagé, au sein de la Grande Loge de France rue Puteaux à Paris un Dojo où se seraient retrouvés ceux qui allient le mental au physique.
    J’ai tout de même le souvenir d’une visite à un dojo d’Aikido à Boulogne où 15 des 20 participants étaient FM sans le savoir. (mais pas le professeur) et où, les connaissant pour la plupart en FM, j’ai dévoilé les appartenances.C’est un joyeux souvenir.

    • 18
      Sedetiam
      27 mars 2020 à 02:33 / Répondre

      Pour l’anecdote, Bruce Lee n’a pas seulement apporté à la pratique mais aussi à la spiritualité par quelques aphorismes qui se trouvent synthétisés dans un livre au titre évocateur: «Pensées Percutantes: La sagesse du combattant philosophe». Ce que l’internaute contemporain appelle « Punchlines », celle-ci n’étant pas à esquiver.
      Sans connaître le contexte précis qui est le vôtre mais qui m’offre un rebond général pour ce qui est de (se) dévoiler (ou d’être dévoilé par les autres) il est un de mes amis qui officie en tant que maître sur les tatamis (et dont je suis le disciple) ainsi que sur vos colonnes et qui en a plus que marre des commentaires ponctués de «mon frère» et autres allusions sur son Facebook et divers réseaux sociaux professionnels et donc profanes.
      C’est en cela que, malgré les mille sollicitations, je n’ai jamais frappé à la porte du temple. Parce que vous disposez de gestes, d’attouchements et de schibboleth pour parfaire à la chose que de se dévoiler soi-même, mais que bon nombre n’en ont cure, qu’ils s’épanchent. C’est quand même mal maîtriser ce qui semble plus fort que soi. S’il est des rencontres heureuses comme vous le rapportez, il peut y avoir des incidences malheureuses.
      Dans l’arborescence généalogique qui est la mienne et au plus près, il est des descendants d’Ancien Régime que Noblesse oblige(ait): je m’imagine assez bien de me faire dévoiler par un frangin, si j’en étais.
      Les vicissitudes profanes étant légion, n’allons pas leur adjoindre les querelles internes aux cercles circonscrits autour de soi.
      Et ceux-là ne sont pas les plus dangereux.
      La «Prudence» étant une vertu cardinale, je m’étonne qu’elle échappe parfois à ceux qui creusent des tombeaux pour les vices.

  • 13
    Peter Bu
    25 mars 2020 à 11:49 / Répondre

    Nouvelle donne qui nous invite à recentrer nos échanges:
    Le Président de la République veut consulter les francs-maçons une fois par semaine (!) pour que « le jour d’après (la pandémie) soit très différent du jour d’avant ».
    Les loges peuvent-elles solliciter les dirigeants des obédiences maçonniques pour qu’elles organisent rapidement des débats ?
    Les loges devraient se saisir chacune d’une ou de plusieurs questions à traiter en profondeur. Ensuite, avec les commissions déjà existantes comme la CNDD, elles peuvent contribuer à ce que les « autorités morales » apportent au Président des analyses éclairées.
    Qu’en pensez-vous ?
    Merci de continuer les échanges sur
    https://www.hiram.be/les-bienfaits-du-coronavirus : Les bienfaits du coronavirus…?

  • 12
    Lazare-lag
    25 mars 2020 à 10:06 / Répondre

    @ 11: MTCF SEDETIAM, tu as raison en tout.
    D’une part lorsque tu dis: « La première façon, n’est-elle pas surtout que ses frères le reconnaissent comme tel? »
    Bien sûr, évidemment.
    Mais dis-je autre chose dans ma conclusion lorsque je dis: « tu ne feras que ce que tu voudras, en accord complet évidemment avec ceux de ta loge qui te conseilleront vraisemblablement mieux que moi, ayant sur moi l’avantage de te connaître et de te cotoyer »?
    Quant à l’égrégore, est-il besoin d’y voir une coquille et de pinailler ainsi? A moins qu’il s’agisse d’un tout petit problème de définition de l’égrégore, un peu différente pour chacun de nous, c’est possible.
    Du coup explicitons, ou tentons d’expliciter, le terme.
    Pour moi l’égrégore est un ressenti propre à la tenue et pas circonscrit à la seule C.U. (pourquoi d’ailleurs s’en tenir ici aux abréviations de ce terme? mais respectons cette pudeur).
    Etant un ressenti propre à la tenue, par définition il est en propre une sorte de partage entre les présents.
    C’est un ressenti qui ressemble au fait d’atteindre l’harmonie tous ensemble à un instant précis.
    On pourrait même dire, mais je crains que le mot que je vais employer soit moqué, ou détourné de son vrai sens, en tout cas ici, et sous ma plume, il n’est pas à être considéré comme religieux, on pourrait même dire que l’égrégore formalise une communion.
    Harmonie, communion c’est un peu cela l’égrégore.
    C’est sortir d’une tenue en étant tous satisfaits de ce vers quoi nous tendions et de ce vers quoi nous sommes arrivés, ensemble, tous, unis.
    Comme une sorte de moment de grâce.
    Et, ce faisant, je ne suis pas certain, ne nous leurrons pas, que nous l’atteignons à toutes nos tenues, loin de là.
    Du coup, dans ma conception personnelle de l’égrégore, il m’est difficile de la circonscrire à la seule chaîne d’union, laquelle, bien que devant être un moment fort et primordial de la tenue, ne saurait à elle seule faire éclore l’égrégore.
    En d’autres termes, de mon point de vue, mais on peut ne pas le partager, l’égrégore ne se décrète pas sur commande, en un instant T. Si on le voit, si on le ressent, si en plus on s’en imprègne et on en garde le souvenir, alors c’est tant mieux et ce n’est que satisfaction.
    Si rien n’advient de cela, alors c’est que l’harmonie n’y était pas, la communion n’y était pas, la grâce n’y était pas et donc l’égrégore n’y était pas.
    – – –
    Ce faisant, ma précédente intervention (7) en réponse à SURE (5) n’était que chercher à prodiguer quelques conseils à un jeune franc-maçon sur le point de glisser du grade d’apprenti à celui de compagnon. Un peu comme tout maître se doit d’accompagner les moins expérimentés.
    Il ne s’agit donc pas de: « craindre et entrevoir sans même avoir lu le travail en question » (sic), d’autant plus que, si j’ai bien compris, le dit travail n »en est encore qu’à l’état de projet.
    Et bien évidemment, notre frère SURE, a toute liberté de s’affranchir de tout propos qu’on peut lui adresser.
    Dans mon esprit, conseiller n’a surtout pas un caractère impératif et j’espère, MTCF SEDETIAM, que tu ne m’en voudras pas si pour moi conseiller doit avoir un caractère fraternel.
    Ici, c’est ma seule ambition.

    • 14
      Sedetiam
      26 mars 2020 à 07:35 / Répondre

      Voyez-vous cher LAZARE-LAG, vous vous méprenez dans la mesure où, ce n’est pas parce que j’offre quelques avis ou savoirs en ces colonnes de commentaires, que je suis initié sous la voûte céleste qui est la vôtre: vous préjugez trop des possibilités, quand bien même votre intention semble bonne. Un maître, dans la partie qui est la mienne, au-delà de fournir un enseignement, ne conseille pas au sens explicatif que vous présentez, mais ouvre les portes des possibles, montre l’exemple et, le cas échéant, accompagne. Une discipline comme le Jeet Kun Do, par exemple, offre ce mode philosophique quant au interactions: «N’utiliser aucune méthode comme méthode» et «N’avoir aucune limite pour limite». C’est vous dire si, conseiller, relèverait ici d’un aspect des plus complexes.
      Pour ce que j’en connais, les travaux d’apprentis ne sont pas commentés: à quoi bon les «commenter» en préambule surtout si la première goutte d’encre n’a pas encore effleuré le support?
      Maintenant, puisqu’il s’agit de fraternité universelle et bien que nous ne soyons pas sur les mêmes colonnes, la seule manière de saisir ce que je veux vous faire entendre subtilement et tout aussi fraternellement cependant, est de vous relire, de compter le nombre de «je», «moi», «me»: tentez de les supprimer, tout en distillant le même concept d’accompagnement et vous verrez que le point de vue change radicalement. Car la seule ambition, quelque soit la voie, soit-elle maçonnique, le do, le tao ou d’autres encore, reste personnelle. Et chacun d’entre nous, sur son chemin, a bien assez à faire. Rassurez-vous que si votre intention de transmettre est aussi fraternelle et intéressante que vous l’estimez, alors les apprentis, les compagnons, les maîtres même, vous accompagneront dans cette quête universelle de recherche de la Vérité, par delà les points cardinaux du temps symbolique, jusque dans le monde profane, auprès duquel vous sublimerez les esprits sans même avoir à prononcer un mot. Voici pour l’aspect horizontal: la verticalité, la transcendance, la quête du miroir intérieur relevant de la structure de votre propre temple du même endroit, confiées à votre volonté et votre esprit, votre cœur; votre âme tout autant, si vous le souhaitez.

      Plus loin le risque à «conseiller» toute pierre brute, par sa propre vision, est d’en faire une pierre taillée qui rejoindra l’ensemble de l’ouvrage à l’endroit où vous l’avez amenée, tandis qu’il s’agissait, en terme de potentiel, d’une pierre d’angle originelle. Henri Vincenot, l’un des vôtres, aborde le sujet dans son récit romanesque «Le pape des escargots». Là, pour le coup, j’ai un conseil qui vaut pour chacun d’entre nous, au-delà de celui de lecture: de s’armer d’un bon dictionnaire parce que la narration commence drue, dès la première page.

      Quant à l’égrégore, si l’on en croit René Guénon, à la recherche de la tradition initiale, il se moque un tantinet de cela… Sacré René. 😉

      Bon confinement à vous et à tous, épars.

      • 15
        Lazare-lag
        26 mars 2020 à 13:08 / Répondre

        Merci SEDETIAM pour ce développement et les éclairages qu’il propose, on y apprend quelques petites choses.
        J’étais ainsi totalement ignorant de que pouvait être le Jeet Kune Do.
        Dame Wikipedia venue promptement à mon secours, vient de me renseigner un peu.
        J’y aperçois Bruce Lee comme fondateur et dont le nom me renvoie à mes années lycéennes où, auprès de certains à l’époque, il faisait fureur si je puis le dire ainsi.
        Mais qui se souvient de Bruce Lee aujourd’hui?
        S’agissant de Henri Vincenot, qui d’ailleurs a eu son succès à peu près à la même époque, fin des années 70, début des années 80, j’ignorais totalement qu’il était « des nôtres », au sens où il était franc-maçon.
        Quant à l’emploi du « je », que vous semblez (gentiment) me reprocher, j’ai envie de m’en sortir par une boutade, une pirouette, ou une facétie, de franc-maçon bien sûr:
        Comment un franc-maçon pourrait-il s’en passer lorsqu’on sait qu’il peut souvent recourir, mais dans des cas bien précis, bien spécifiques, à la formulation: « J’ai dit »?
        Celà fait-il de la franc-maçonnerie un club d’égocentrés et d’égoïstes?
        Etant également remarqué que votre propre texte n’est pas vraiment exempt non plus de cette personnalisation.
        Bon confinement également

        • 17
          Sedetiam
          27 mars 2020 à 01:57 / Répondre

          «J’ai dit.»
          Voilà un excellent sujet de planche à soumettre à l’assemblée lorsque la parole circule. Je vais soumettre cela à l’une ou l’autre de mes gaillards qui travaille de midi plein à minuit plein.
          Que signifie-t-il en soi? (Au sens du signifiant et des signifiés)
          Et quel type, quel style de texte ponctue-t-il, tant chacun offre sa portée propre?
          L’émanation d’un mythe, d’une légende, d’un conte, d’une fable?
          Quelques synthèses philosophiques, un concept nouveau?
          La plume se veut-elle au vitriol (l’autre), symbolique, spirituelle, incantatoire, directive, impérative, sociétale, universitaire (comme vous l’avez souligné), copié/collé, cuistre, ésoterique, exotérique, empreinte de rhétorique et de ses belles arabesques, teintée de dialectique ou inspirée de maïeutique? Etc.
          Là, pour le coup, une connaissance ne serait-ce que scolaire des travaux de Noam Chomsky peut être intéressante à saisir le propos de l’orateur, au regard de ce qui concerne la seule linguistique – et donc ce qui vient d’être évoqué plus haut – encore que les orientations politiques du gaillard pourrait seoir à nombre de Francs-maçons qui n’auraient pas laissé leur esprit s’embourgeoiser par leur installation dans la vie profane. Les déistes et les théistes pouvant même retrouver, là, quelques bribes du contrat social du Christ Roi des uns et Roy des autres.
          N’est-ce pas aussi cela que le travail infatigable du cherchant, de réunir les savoirs avant que de rassembler ce qui est épars? Comprendre le monde n’est-ce pas se comprendre un peu soi-même et réciproquement?
          Tout le défi proposé à l’apprenti (comme aux autres) étant de faire en sorte que tous ces éléments glanés à l’horizontale, s’élèvent à la verticale de son fil à plomb: là se trouve les principes de l’élévation; à sa manière… Dans une forme de transcendance pour les plus éthérés, pneumatiques, exaltés; comme l’on veut.
          Pour conclure, il est des «je» et des «tu» et autres «vous» qui, s’il sont des pronoms personnels définis n’ont aucune intention, ni d’autre signification que de préciser un contexte: écrire, «j’arrive», n’est pas comme «je pense que» et «à ma connaissance…» n’exprime pas la même chose que «à mon humble avis…» lorsque l’on exprime l’un et l’autre.
          Il en est ainsi parfois des «tu» personnels auxquels nous pouvons nous adresser de manière impersonnelle et qui ne sont pas « vous » mais tout autre interlocuteur. La beauté de la langue française…
          Ainsi le «J’ai dit» représente-t-il bien soi-même? Celui de l’apprenti privé de parole est-il le même que celui du compagnon ou du maître qui pourront interagir avec la parole qui circule?
          Placer tous les «je» à la même enseigne, c’est comme si vous demandiez pour «il neige», qui est-ce qui neige?
          Voilà qui tombe bien que d’être cloué chez soi, comme s’il y en avait trois mètres à l’extérieur, ce qui me prête le temps de faire bosser les autres, les vôtres, mais des miens.
          😉
          Portez-vous bien: tous.

  • 10
    Éric
    24 mars 2020 à 20:53 / Répondre

    Je confirme que l’homme devant son essence perd indubitablement son sens… Car comment comprendre que de nos jours certaines valeurs se perdent au profit (au mépris j’aurais dit) d’intérêts égoïstes « déshumanisant ».

  • 9
    SYLVAIN Jean Marving
    24 mars 2020 à 18:29 / Répondre

    En vrai l’homme est comme l’animal mais pas l’animal parcequ’il en a la raison. Il peut decider mais Je pense seulement que beaucoup d’entre eux non seulement pas de connaissance. Car Ils savent pas de quoi sont-ils capable et qui sont-ils exactement faute de connaissance . Je ne Suis pas Un Maçon mais Je pense que c’est la societe ideal pour mieux se connaitre car Ils nous revelent qui nous sommes exactement

  • 8
    sam
    24 mars 2020 à 12:53 / Répondre

    LAZARE LAG
    je partage avec toi tes quelques lignes la culture n’a de sens chez nous que si elle est accrochée a nos valeurs même sans culture nos valeurs sont essentielles
    nous sommes des FM nous travaillons a l’amelioration de l’humanité et dire ce que l’autre a deja dit n’est utile que si nous y mettons notre fraternité notre liberté et notre égalité .la connaissance de l’autre participe mais ne fait pas notre culture .mais par contre la connaissance de l’autre enrichit ce que nous voulons devenir des hommes qui cherchons l’egregor

  • 7
    Lazare-lag
    24 mars 2020 à 10:24 / Répondre

    Etre un jeune apprenti c’est bien.
    Etre un jeune apprenti enthousiaste c’est bien aussi, et c’est mieux.
    Avoir des idées de planches c’est évidemment à encourager, mas je m’inquiète légèrement, MTCF.
    Quand je vois que le sujet de planche envisagé se focalise sur Noam Chomsky (je connais superficiellement, par des articles uniquement, je n’ai pas lu de livres à ce sujet, ou de lui) ou sur Edgard Berneiz (celui-ci totalement inconnu jusqu’ici), je crains une dérive, voire deux.
    D’une part, je ne sais pas ce que tu fais dans la vie, étudiant? Enseignant? Universitaire?
    Je crains d’entrevoir non pas une planche, mais un travail d’universitaire.
    La démarche maçonnique n’a rien à voir avec la recherche au sens universitaire du terme, même s’il s’agit de recherche aussi.
    Et n’a rien à voir également au sens du public, les frères, les soeurs, auquel on s’adresse.
    Je ne souhaite pas doucher ton juvénile enthousiasme maçonnique, mais d’expérience j’ai éprouvé (dans tous les sens du terme, éprouver) que des planches faites par des universitaires sont parfois, (pas toujours heureusement) comment dire… « hors sol », et peuvent parfois être un peu loin de la fraternité et de la sensibilité.
    J’espère de tout coeur me tromper, après tout ma seule façon de t’apprécier, pour le moment, c’est ton message et ces quelques lignes.
    Le deuxième écueil, découlant du premier, est de se centraliser, de se recentrer, sur un auteur ou deux.
    On peut, rien ne l’interdit, je l’ai fait moi-même (par exemple avec Albert Camus ou Saint Exupéry) consacrer une planche à un auteur. Mais comme nous sommes en milieu maçonnique il nous faut alors mener le dit auteur, le dit écrivain, le dit penseur, le dit philosophe vers nos préoccupations maçonniques.
    Et cela n’est pas le plus facile. Et cela il ne faut pas le négliger.
    Et cela, personnellement, je ne l’ai fait que lorsque j’ai trouvé le fil conducteur, les aspérités auxquelles me raccrocher. Et parfois, il faut laisser du temps au temps…
    Si la planche doit consister uniquement en un « exposé » sur Chomsky, sans aucun « ingrédient » maçonnique dans la recette de cuisine, alors autant réserver l’exercice au seul milieu profane. Non?
    Il me semble que lorsqu’on est un apprenti il faut également faire attention à un troisième danger, et que je crains de déceler dans tes propos.
    Celui de se dire que, quittant les obligations faites à l’apprenti, notamment d’expression et de communication, on peut se lancer à peine atteint le grade de compagnon sur les sujets qui nous plaisent, et sur lesquels on veut se faire plaisir.
    La démarche maçonnique n’étant pas qu’individuelle, n’y a-t-il pas intérêt d’abord à écouter, à s’instruire, et à se fédérer avec les frères de sa loge? Arriver au grade de compagnon et à la liberté d’expression est-il à lui seul un gage de sagesse?
    Ne pas oublier que la maturité, fût-elle maçonnique, et à supposer qu’un jour on atteigne une maturité en matière maçonnique, suppose également une maturation.
    Tes sujets, MTCF, sur Chomsky, ou le dénommé Berneiz, sont vraisemblablement des plus intéressants, mais la précipitation qu’il me semble voir à vouloir les traiter rapidement, est-elle si bonne conseillère?
    Ce type de planches n’aura-t-il pas meilleure saveur, pour toi-même comme pour ceux qui t’écouteront, s’il s’en dégage un certain esprit, certains parlent d’égrégore, qu’on peut difficilement appréhender juste à peine sorti du grade d’apprenti?
    Je laisse ceci à ta réflexion.
    Après-tout tu ne feras que ce que tu voudras, en accord complet évidemment avec ceux de ta loge qui te conseilleront vraisemblablement mieux que moi, ayant sur moi l’avantage de te connaître et de te cotoyer.
    Enfin, quand le coronavirus ne vient pas nous empêcher de nous réunir…

    • 11
      Sedetiam
      25 mars 2020 à 05:06 / Répondre

      Si chacun a la possibilité trouver dans ces lignes d’éventuels bons conseils, j’y trouve pour ma part deux coquilles au moins.
      Craindre et entrevoir sans même avoir lu le travail en question, n’y a-t-il pas là deux préjugés?
      Or certaines incantations ne tendent-elles pas à permettre que soient écartés le voile du mensonge, des erreurs et des préjugés?

      «[…] ma seule façon de t’apprécier, pour le moment, c’est ton message et ces quelques lignes.»
      La première façon, n’est-elle pas surtout que ses frères le reconnaissent comme tel?

      Plus loin et parlant d’égrégore, si tant est que vous invitiez mentalement les frères passés, présents et à venir durant la CU, je ne vois pas en quoi le coronavirus vous empêche de vous réunir: spirituellement s’entend. Vous avez même plus de temps encore que celui symbolique – qui compte parfois quelques absents physiques – pour parfaire et arrêter un voire plusieurs temps de la journée, à heure fixe pour chacun d’entre vous et communier par l’esprit.
      Ce qui n’est jamais le cas lorsque la matérialité du trépidant quotidien pousse à l’oubli.

  • 5
    Sure
    23 mars 2020 à 18:46 / Répondre

    Je suis un jeune apprenti dans ces temps durs pour le maçon et surtout pour le profane
    Est-ce que les paroles suffisent ?
    Je voulais et je veux plancher en tant que compagnon sur la fabrique du ressentiment ( Noam Chomsky) et sur propaganda ( Edgard berneiz)
    Sans me dédouaner ma condition d homme entre humain et animal
    Je pense que les événements n arrive pas par hasard

  • 4
    Amal
    23 mars 2020 à 17:50 / Répondre

    Certe que l homme une bête parmi la chaîne alimentaire mais c’est le suprême, il est mené de la raison qu’elle a son côté sombre et clair et quel suffi d’un déclic de passer d un côté à l autre. C’est là où il faut s’unir pour nous remettre sur la voie de nous bien être à tous présent et futurs.

  • 3
    Van loon
    23 mars 2020 à 16:04 / Répondre

    Je ne suis qu’un membre du Lions International, je ne me suis jamais penchée sur la Franc-maçonnerie, mais vos réflexions sont communes avec les miennes ! Je me pose les mêmes questions. Je me sens moins seule. peut être que la crise que nous traversons va faire réfléchir beaucoup de nos proches, de nos amis et de nos concitoyens !
    Merci de cette communication.

    • 6
      Eric Cabane
      24 mars 2020 à 07:58 / Répondre

      Il faut espérer que la crise que nous traversons nous change et que nous nous rendions compte que rien ne sera jamais plus comme avant. Nous devons changer nos mentalités d’individualiste et penser à produire mieux et à consommer mieux, plus simplement.

  • 2
    Astérix
    23 mars 2020 à 11:04 / Répondre

    Tout est dans l’idée que l’on met derrière les mots…Si la science progresse au profit de la grande majorité des êtres humains, alors banco, si elle est au service du profit de quelques uns tout en détruisant la terre-mère, d’autres tragédies surviendront.
    Les maçons peuvent toujours s’améliorer à titre personnel mais ils ne pourront plus échapper à cette question: quelle société veulent t’ils pour leurs descendants?

  • 1
    Peter Bu
    23 mars 2020 à 09:16 / Répondre

    Pierre Pelle Le Croisa affirme : « parmi les bêtes, il (l’homme) est la pire de toutes et qu’en matière de prédation, il n’a pas son pareil : pollution, déforestation, désertification, famine, violence, crimes, terrorisme, conflits, guerres… » En effet et Geplu, avec son humour noir, a raison d’illustrer cet article par l’image d’une explosion nucléaire.
    Mais l’humain, « parmi les bêtes », est aussi la meilleure. Ses avancées dans la compréhension de l’univers sont incomparables, éblouissantes, de plus en plus rapides et profondes.
    L’auteur poursuit, avec raison: « Est-ce à dire qu’il faudrait tout accepter ? Sûrement pas !… mais tout refuser ne serait pas mieux. »
    Sa réflexion est intelligente.
    Il ne semble pas trop croire que les francs-maçons pourraient contribuer à réduire les souffrances de la civilisation mondialisée.
    Je pense qu’ils le pourraient, en comprenant et en faisant comprendre que, pour survivre, l’humanité doit apprendre à se coordonner à l’échelle planétaire dans le respect de des diversités.
    Pour poursuivre cet échange, puis-je renvoyer les lecteurs aux pages « Les bienfaits du coronavirus…? » https://www.hiram.be/les-bienfaits-du-coronavirus/

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