Ms-Saint-Domingue-1764-Leg

Les trésors du Musée de la Franc-Maçonnerie – 6

Publié par Pierre Mollier

Le manuscrit «Saint-Domingue 1764»
premier arrivé au Musée de la franc-maçonnerie

C’est ce mardi 26 mai, en début d’après-midi, qu’est arrivé au musée le premier document qui sera étudié puis présenté dans le cadre de l’opération « manuscrits Francken » sur les sources du Rite Écossais Ancien et Accepté. Ce « manuscrit Saint-Domingue 1764 » est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale qui le prête pour quelques jours au musée de la franc-maçonnerie. Que le manuscrit Francken ait eu des sources françaises, personne n’en doutait. Il propose, en effet, des grades dont toutes les archives montrent qu’ils se sont développés en France avant d’être exportés un peu partout et notamment dans la Maçonnerie américaine via les Antilles par Morin et Francken. Mais le « manuscrit Saint-Domingue 1764 » est bien plus qu’un recueil de hauts grades français du XVIIIe siècle, présentant, par sa nature même, de fortes analogies avec le Manuscrit Francken. On y découvre ainsi, par pans entiers, un texte identique à celui du manuscrit Francken, texte identique jusque dans les erreurs comme celle faisant de Clément VI, au lieu de Clément V, le pape qui abolit l’Ordre du Temple. Ce document est issu de la collection de Jean Baylot.

Le caractère particulier et l’intérêt de cette pièce ont déjà été signalés. Dès 1972, Paul Naudon l’identifie comme un témoignage majeur sur le Rite de Perfection aux Antilles au XVIIIe siècle. En 1997, la revue Renaissance Traditionnelle démontrait la proximité des deux manuscrits en publiant côte à côte plusieurs grades. Plus récemment, Louis Trébuchet lui assigne une place importante dans son histoire du Rite Écossais Ancien et Accepté. L’un des points les plus remarquables est cette note qui permet de situer précisément sa date et son origine. On peut en effet lire en tête du rituel de Chevalier du Soleil : « Le grade de Chevalier de l’Aigle et du Soleil ou le cahos débrouillé dernière clef de la maçonnerie renouvellée dit le 21e grade après lequel on ne compte de supérieur à lui que l’ordre sublime * précédé du Gr. Maître élu qui le couvre sous le titre de gr. Insp. Des Loges. Ce grade m’a été donné dans la loge constituée pour le régiment de Foix pendant notre campement à la grand-rivière le 29 mars 1764 /et à notre loge de l’or. de St Marc par le fr. Peyrottes/ écrit au camp de la grand-rivière au quartier du Cap à St Domingue au mois de juin 1763 ». Ce document apparaît donc comme un témoignage de la pratique du Rite de Perfection à l’époque où Etienne Morin l’installe entre Saint-Domingue et la Jamaïque. Sans doute cette copie émane-t-elle même d’un Frère qui a été dans son entourage immédiat.

Vous pourrez le découvrir au musée le jeudi 28 mai à 16h où il sera présenté et commenté par des spécialistes. Il sera encore visible au musée les vendredi 29 et samedi 30 mai.

_________________________________
Musée de la Franc-Maçonnerie 16 rue Cadet 75009 Paris. Ouvert du mardi au vendredi : 10h00-12h30 / 14h00-18h00,
samedi : 10h00-13h00 / 14h00-19h00, Fermeture les dimanches, lundis et jours fériés

mardi 26 mai 2015

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés. Les règles en matière de diffamation, de calomnie, d’insulte, d’incitation à la haine ou de discrimination sont applicables. Les formules de salutation maçonnique et les abréviations ne sont pas autorisées.

Code vérification
Signaler un contenu abusif