Les maçons dans le Livre des Métiers d’Etienne Boileau.

Publié par Pierre Noël

Les maçons dans le Livre des Métiers d’Etienne Boileau.

Etienne Boileau (1210-1270) fut nommé, par Saint Louis [1]Prévôt de Paris en 1261. Il invita chaque communauté de métiers à rédiger ses statuts et décida de les réunir en un seul recueil. Ce recueil, c’est le Livre des Métiers (daté traditionnellement de 1268). On pense plutôt aujourd’hui que Boileau fut le promoteur du projet et qu’il était inachevé quand il descendit de charge. Sa rédaction se serait poursuivie jusqu’au début du XIV°siècle.
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Page du manuscrit

Le livre tel qu’il nous parvint contient deux parties. La première (101 titres) énumère les métiers, la seconde (31 titres) traite des impôts, droits et redevances qui les concernent.

René de Lespinasse et François Bonnardoy (après d’autres) l’ont réédité en 1879 avec une introduction de 153 pages. Après le « Livre » proprement-dit (285 pages), un glossaire-index de 200 pages donne la signification des mots utilisés avec de nombreux renvois dans le texte. Sans cette aide indispensable (complétée par une introduction fournie de CLIII pages numérotées en chiffres romains), la lecture de l’ouvrage écrit en français du XIII° siècle [2] s’avère impossible pour un amateur comme moi. Le Livre de Boileau est consultable sur le web mais la nécessité de se référer au glossaire final quasi à chaque ligne rend cette consultation bien fastidieuse sur ordinateur ! Un exemplaire papier s’avère bien utile (heureusement il s’achète aisément on-line).

Il présente les grandes catégories de métiers en CI (101) Titres. L’alimentation vient en premier, commençant par les tameliers (les boulangers), les seuls pour qui il décrive une espèce de   cérémonie lors de l’accession à la maîtrise ; les métiers de luxe viennent ensuite, l’orfèvrerie, la joaillerie et la sculpture ; l’étoffe et l’habilement ; les cuirs et les métaux ; enfin le bâtiment. La plupart de ces métiers s’achetait, non sans une contribution substantielle aux autorités communales et au pouvoir royal, mais certains avaient la caractéristique d’être « franc », c’est à dire gratuit (il suffisait d’avoir la compétence requise pour le pratiquer), ce qui était le cas des métiers du bâtiment. L’autre caractéristique de ces derniers était de dépendre directement d’un officier royal, le « Mestre de charpenterie du Roy » (titre XLVII) ou le « Maître Maçon du Roy » (titre suivant). C’est dans cette catégorie de métiers qu’on trouve les charpentiers (titre XLVII), les maçons (titre XLVIII), les Imagiers-tailleurs (titre LXI) et les Imagiers-peintres (titre LXII).

Dans tous ces métiers, on retrouve la division inévitable entre apprentis, valets et maîtres (ceux qui apprennent, ceux qui ont acquis la compétence, ceux qui, ayant l’argent et le pouvoir, sont propriétaires d’un atelier). L’obstacle le plus difficile à vaincre pour arriver à ce dernier statut devait être la mauvaise volonté des maîtres qui jugeaient souverainement les candidatures nouvelles (tout était fait pour compliquer la tâche des aspirants au métier, la durée de l’apprentissage notamment). Tous ces métiers étaient profondément attachés à leur monopole, souvent bâtis sur le favoritisme intrafamilial, la parenté et la transmission de père à fils.

Il y avait en outre des surveillants du métier choisis par les maîtres, élus par eux, désignés au Prévôt de Paris et investis par lui. C’étaient les Jurés (ou Prud’hommes) chargés d’assurer le bon fonctionnement du métier, chargés du pouvoir disciplinaires et de la collecte des amendes autant qu’ordonnateurs du produit des aumônes. Chez les charpentiers et les maçons, les Jurés étaient soumis au Maître Charpentier du Roy ou au Maître Maçon du Roy (issus de leurs rangs) et non à un courtisan favorisé.

Il serait fastidieux de dire plus que ces quelques éléments généraux. Il est en revanche approprié de s’étendre sur le métier de Maçon qui nous intéresse le plus, bien sûr, pour les comparer aux Free Masons Anglais des Old Charges postérieures d’un ou deux siècles.

La rubrique de Boileau à leur sujet compte 24 articles.

Titre XLVIII. Des Maçons, des Tailleurs de pierre, des Plastriés et des Morteliers. [3]

  • Il peut estre maçon à Paris qui veut, pour tant que il sache le mestier [4] et qu’il oevre [5] as us et coustumes du mestier
  • Nus ne puet avoir en leur mestier que I (1) aprentis, et se il a aprentis, il ne le puet prendre a mains [6] de VI ans de service ; mès a plus de service le peut il bien prendre et a argent, se avoir le puet [7]. Et se il le prenoit a mains de VI ans, il est a XX s. de parisis d’amende a paier a la chapele monseigneur S. Blesve [8], si ce n’estoient ses filz tant seulement nez [9] de loial Mariage.
  • Li Maçon puent bien prendre I autre aprentiz si tost come li autre aura acompli V ans, a quelque terme que il eust le premier aprenti pris.
  • Li Rois qui ore est [10], cui Diex doinst bone vie [11], a doné la mestrise des maçons à mestre Guillaume de Saint Patu tant come il li plaira. Lequel mestre Guilaume jura à Paris es loges du Palès que il mestier dessus dit garderoit bien et loiaument a son pooir [12], aussi pour le povre come por le riche, et pour le foible come pour le fort, tant come il plaira au Roy que il garde le mestier devant dit. Et puis icelui mestre Guillaume fist la forme du serement devant dit par devant le prevost de Paris, en Chastelet.

5) Li Mortelier et li Plastriers sont de la meisme condicion et du meisme establissement des Maçons, en toutes choses.

6) Li mestres qui garde le mestier de Maçon, des Morteliers et des Plastriers de Paris de par le Roy peut avoir apprentis tant seulement, en la manière dessus devisée.

7) Les Maçons, les Morteliers et les Plastriers peuvent avoir tant aides et vallès [13] a leur métier come il leur plaist

8) Tuit [14] li Maçon, tuit li Mortelier, tuit li Plastrier doivent jurer seur Sains [15] que il mestier devant dit [16] garderont et feront bien et loiaument, et que se il scavent que nul i mesprengne [17] en aucune chose qu’il ne face selonc les us et coutumes des mestiers devant dit, que il le feront a savoir au mestre toutes les fois qu’il le sauront, et par leur serement [18].

9) Li mestres a cui [19] li aprentis ait fet et il a paracompli [20] son terme, doit venir par devant le mestre du metier et tesmoigner que son aprentis a fait son terme bien et loiaument [21]. Et lor le mestres qui garde le mestier doit fere jurer à l’aprentis seur Sains que il se contendra [22] el aus us et as coustumes [23] du métier bien et loiaument.

10) Nul ne peut ouvrer es mestier devant diz puis [24] nonne sonée à Nostre Dame en charnage [25], et en quaresme [26] au samedi, puis que vespres [27] soient chantées à Nostre Dame, se ce n’est a une arche ou a un degré [28] fermer [29], ou a une huisserie [30] faire fermant, assise seur rue. Et se aucuns ouvroit puis les eures devant dites, fors es ouvraignes [31] dessus devisées ou a besoing, il paieroit un d. d’amende au mestre qui garde le mestier. Et en peut prendre le mestre les ostieuz [32] a celui qui seroit reprins [33], pour l’amende

11) Li Mortelier et li Plastrier sont en la juridiction au mestre qui garde le mestier devant dit de par le Roy.

12) Se uns Plastriers envoiait plastre pour mettre en œuvre chiés [34] aucun hom, li Maçon qui œuvre a celui a cui en envoit le plastre doit prendre garde par serement que la mesure del platre soit bone et loiax ; et se il en est en sopeçon de la mesure, il doit le plastre mesurer ou faire mesure devant lui, et se il treuve que la mesure ne soit bone, li Plastrier en paiera V s. d’amende [35], c’est à savoir : a la chapele S. Bleise devant dite II  s., au mestre qui garde le mestier II s., et a celui qui le plastre aura mesuré XII d. Et cil a qui le plastre aura esté livrez rabastra de chascune asnée que il aura eue en cete ouvrage autant come on aura trouvé en cele qui aura esté mesurée de rechief [36] ; mès I sac tant seulement ne peut on pas mesurer [37]

13) Nus ne peut estre Plastrier a Paris, se il ne paie V s. de parisis au mestre qui garde le mestier de par le Roy.  Et quand il a paié les V s., il doit jurer seur Sains que il ne metra rien avec le plastre fors le cueur du plastre, et que il liverra bonne mesure et loial.

14) Se li Plastriers met avec son plastre autre choses que il ne doive, il est a V s. d’amende, a paier au mestre toutes les fois qu’il en est reprins.  Et se li Plastriers en est coutumiers ne ne s’en voille [38] amender ne chastoier [39], li mestres li peut défendre le mestier ; et se li Plastries ne veut lessier [40] le mestier pour le mestre, le mestre le doit faire savoir au prevost de Paris, et li prevoz doit celui Plastrier faire forjurer [41] le mestier devant dit

15) Li Mortelier doivent jurer devant le mestre du mestier et par devant les preudeshomes du mestier qu’ils ne feront nul mortier, fors que de bon liois [42] et se il le feit d’autre pierre, ou li mortier est de liois et est perciez au faire [43], il doit être despeciez [44], et le doit amender [45] au mestre de metier de un d(enier).

16) Li Mortelier ne peuvent prendre leur aprentis a mains de VI an de services et cs [46] de parisis pour eux apprendre.

17) Le mestre du mestier a la petite joustice et les amendes des Maçons, des Plastriers et des Morteliers, et de leur aydes et de leurs aprentis, tant come il plaira au Roy : si come des entrepesures [47] de leur mestiers, et de bateures [48] sanz sanc, et de clameurs [49], hors mise la clameur de propriété.

18) Se aucuns des mestiers devant diz est adjornés devant le mestre qui garde le mestier, se il est défaillans [50], il est mis a IV d. d’amende a paier au mestre ; et se il vient a son jour et il cognoit [51], il doit gagier [52] ; et se il ne paie dedenz les nuiz [53], il est a IV d. d’amende a paier au mestre ; et se il nie et il a tort , il est a IV d. a paier au mestre.

19) Li mestre qui garde le mestier ne peut lever que une amende de une querele. Et se cil qui l’amende a faite est si croides [54] et si foz [55] que il ne voille obéir au commandement le mestre ou s’amende paier, le mestre li peut deffendre le mestier.

20) Se aucuns du mestier devant dit, a cui le mestier soit deffenduz de par le mestre, ouvre puis la deffence [56]  le mestre, le mestre li peut oster ses ostiz [57] et tenir les tant qu’il soit paié de s’amender. Et se cil voloit efforcier, le mestre le devroit faire savoir au prevos de Paris, et li prevot de Paris li devrait abatre la force.

21)  Les Maçons et les Plastriers doivent le guet et la taille et les autres redevances que li autre bourgeois de Paris doivent au Roy.

22) Li Mortelier sont quite du gueit, et tout Tailleur de pierre, très le tans[58] Charle Martel, si comme li preud’ome [59] l’ont oï [60] dire de père a fils.

23) Le mestre qui garde le mestier de par le Roy est quite du gueit, pour le service que il feit de garder son mestier.

24) Cil qui ont LX ans passé ne cil a qui sa fame gist [61], tant comme de ge, ne doivent point de gueit ; mès il le doivent faire savoir a celi qui le gueit garde de par le Roy.

Quelques remarques

Le Titre XLVIII traite des « Maçons, Mortelliers, Plastriers, Tailleurs de pierre ». Le Maçon devait être le « poseur » (le Setter en anglais), celui qui pose les pierres, en s’aidant du mortier préparé par le Mortellier et du plâtre fourni par le Plastrier. Le Tailleur de pierre devait être le Hewer anglais. Il faut noter que le Tailleur de pierre n’est cité qu’une fois (à propos du guet).

Dans le « Livre des métiers », chaque étape du parcours de l’ouvrier demandait un serment « seur les Sains », c’est-à-dire sur des reliques de Saints (en ces temps d’avant l’imprimerie où Bible ou Evangiles [62] n’étaient guères disponibles). Le valet prêtait ce serment à l‘embauche (art 8), l’apprenti lorsqu’il avait fini son temps (art 9). Le Maître du métier prêtait deux fois le serment après sa nomination, le premier dans le palais du Roy, le second au Châtelet devant le Prévôt (art 4).

L’article 8 indique que les ouvriers devaient prêter serment de respecter les us et coutumes du métier, mais surtout il devait jurer de dénoncer au maître du métier toute entorse, infraction ou malfaçon commise par un membre de la communauté (apprenti, valet ou maître). Les Mortelliers et les Plâtriers devaient en outre jurer de ne commettre aucune malfaçon ou traficotage dans la préparation de leur matériau, mortier ou plâtre (art. 13 et 15). Les amendes étaient payées en partie au maître du métier (art 17), en partie à la chapelle de Saint Blaise [63], patron des maçons, pour servir aux aumônes. Les peines pouvaient être sévères, allant jusqu’à la confiscation des outils, l’interdiction de pratique même (en cas de récidive ou d’insubordination).

Tout cela suggère par la seule énumération des peines que toutes ces infractions étaient chose courante (dans ce métier comme dans les autres). L’ouvrier parisien du XIII° siècle devait vivre dans la crainte continuelle d’être dénoncé par ses voisins, dans un climat qui ne devait être guère différent de celui du Big Brother de « 1984 ». Bien plus que les contraventions aux règlements d’apprentissage, de louage de valets, de travail de nuit, les Jurés frappaient d’amendes l’ouvrier coupable de falsification des matériaux, ce qui était évidemment facile (et devait être courant) dans la préparation du plâtre ou des mortiers contenant une part variable d’eau et de liant (articles 12, 13, 14, 15 et Introduction, p CXXIII).

La règlementation du travail est généralement formulée ainsi : Nul ne doit travailler aux jours de fête, ni au samedi en charnage après vêpres, ni en carême après complies (dernière prière du jour après le coucher du soleil et avant le coucher général), ni la nuit à aucune période de l’année. Les maçons commençaient leur journée entre dix heures et midi (article 10).

Les privilèges du « mestre du mestier » étaient nombreux et en faisaient un personnage considérable. Non seulement, il touchait les amendes mais il était aussi dispensé du guet (garde de nuit). Le guet débutait à la tombée de la nuit et durait jusqu’au lever du soleil. Un sergent du Châtelet cornait « la fin du guet » à l’aurore (p CXLI). Il était obligatoire pour tous, y compris les maîtres, jusqu’à l‘âge de soixante ans. En étaient dispensés les malades (ceux qui avaient été saignés !) et ceux dont la femme était en couches (art 24). Les Tailleurs de pierre et les Mortelliers étaient dispensés du guet depuis Charles Martel (art 22).

On ne peut qu’être frappé par la différence de ton entre ce Titre XLVIII du « Livre » et les plus anciennes Old Charges anglaises. Le Livre de Boileau est très technique. Il énumère une série de règles concernant l’apprentissage, la bonne pratique du métier, le temps de travail, l’organisation de l’autorité déjà pyramidale, les nombreuses peines disciplinaires qui constituent un règlement déjà prêt à l’emploi et écrit, c’est important, du point de vue du patron si on en juge par la précision du volet disciplinaire. Il ne contient pas comme son homologue anglais une histoire du métier faisant appel à une origine fabuleuse et à la protection de souverains du passé, réels ou imaginaires. L’allusion à Charles Martel qu’on retrouve dans les deux documents (mais pour des raisons différentes) est leur seul point commun.

Les Old Charges ne sont pas un document utilisable tel quel pour l’organisation achevée d’une activité opérative collective. L’histoire légendaire insiste à plusieurs reprises sur le fait que plusieurs souverains, de Nemrod à Athelstan, aimant bien les Maçons, leur ont donné des bonnes règles et surtout leur ont promis de bons gages. Les « Articles » énumérés par le Regius [64] sont plutôt d’ordre général (être bon et sincère, assister à l’assemblée générale, ne prendre que des hommes libres et de naissance légitime en apprentissage, de ne pas léser le seigneur, d’enseigner son art à son apprenti, de ne jamais vivre dans la fausseté et de respecter ses serments) et sont pas spécifiques à la maçonnerie (l’apprentissage et le travail uniquement diurne sont quelques points communs). Les « Points » ne sont guère plus spécifiques : aimer Dieu et la Sainte Eglise, travailler consciencieusement pour mériter son salaire, garder les secrets de son maître, ne pas le trahir, aimer ses collègues et régler à l’amiable les différends éventuels, ne pas forniquer avec la femme de son patron, payer honnêtement ses fournisseurs, fuir les calomniateurs et imprécateurs de toute sorte, aider son compagnon dans son travail, ne commettre aucun délit, respecter inébranlablement ses serments, surtout ceux prêtés au Roi… Là aussi il s’agit de règles générales de comportement qui ne doivent rien au métier de la pierre mais peuvent s’adresser à bien d’autres champs de l’activité humaine.

Tenter d’expliquer ces différences n’est pas une tâche à ma portée. Je me contenterai de remarques simples. Le Livre d’Etienne Boileau décrit vraiment les conditions de travail d’une corporation ouvrière dans une grande ville du temps. Il donne le point de vue des patrons et des employeurs, mais aussi celui du pouvoir communal. Les Old Charges me semble-t-il, donnent un autre point de vue, plus sentimental, celui des travailleurs qui relatent que leur art est d’origine ancestrale et même antédiluviennes, qu’il fut transmis à leurs prédécesseurs par les grands anciens (Abraham, Pythagore, Euclide). Ils plaident que leurs vertus, leur honnêteté, leur sincérité méritent qu’ils soient bien traités, bien rénumérés et surtout libres d’organiser eux-mêmes le métier (et de fixer leurs gages) comme les souverains légendaires d’autrefois le leur ont accordé. Andrew Prescott a suggéré que ces revendications relèvent déjà de ce qu’on peut appeler une volonté syndicale.

Pierre Noël

[1] Jean Favier conteste l’idée reçue qu’il a participé à la croisade malheureuse de Louis IX.
[2] J’ajoute que la connaissance même imparfaite du wallon hennuyer actuel s’avère une aide précieuse à la lecture.
[3] Petite note utile : 1 livre = 20 sous = 240 deniers.
[4] « Mesti » en wallon actuel
[5] Travaille
[6] À moins de
[7] Mais il peut le prendre plus longtemps contre argent
[8] Saint Blaise était le patron des maçons
[9] Nés
[10] Louis IX (Saint Louis)
[11] A qui Dieu donne bonne vie
[12] pouvoir
[13] Valet (nous dirions compagnon !)
[14] Tous
[15] « Seur Sains », signifie « sur les reliques des Saints »
[16] Mestier devant dit : ledit métier.
[17] Mesprendre (« mesprengne » au conditionnel) : commettre une infraction.
[18] Serment.
[19] Chez qui
[20] Accomplir jusqu’au bout.
[21] Loyalement (« loiaumin » en wallon)
[22] Futur de contenir (en fait « s’en tiendra »)
[23] Aux us et coutumes.
[24] Puis =  Après. Le début du travail se fait entre dix heures et midi
[25] Période de l’année ou de la semaine où la consommation de viande est permise
[26] Carême
[27]  On ne peut travailler après les vêpres, fin de l’après-midi.
[28] escalier
[29] achever
[30] Porte (huche en wallon)
[31] Sauf pour les ouvrages décrits plus haut ou ceux nécessaires.
[32] Outils
[33] repris
[34] Chez
[35] Pour beaucoup de métiers, l’amende était de cinq sous pour les infractions usuelles.
[36] Une deuxième fois, de nouveau.
[37] On ne peut se baser sur la mesure d’un seul sac.
[38] Veuille
[39] Corriger.
[40] Abandonner l (le métier)
[41] Abandonne le métier en jurant de ne pas le reprendre
[42] Le liais est une pierre dure des environs de Paris. Elle servait de liant au mortier.
[43] S’il est défectueux.
[44] Dépecé (brisé, mis en pièce)
[45] Et il doit être mis à l’amende.
[46] Cent sous
[47] Infractions aux statuts
[48] Querelle avec coups, soit sans effusion de sang, soit avec effusion de sang
[49] Action en justice.
[50] S’il fait défaut
[51] Avouer (reconnaître !)
[52] Donner une caution en justice
[53] Les délais se comptaient en « nuits »
[54] Rebelle ?
[55]  Fol : léger d’esprit, insubordonné.
[56] Travaille après (malgré) l’interdiction
[57] « Outils » en wallon.
[58] Depuis le temps de Charles Martel
[59] Prud’homme est un autre nom du Juré.
[60] Entendu
[61]  Dont la femme est en couches (« Gésir d’enfant », être en couches, d’où gésines)
[62] Les Fourreurs de chapeaux juraient « sur Sains Evangiles que bien et loyalement garderont le dit mestier » (Titre XCIV, article 11)
[63] Il n’est pas question des St Jean.
[64] Je ne parle que du Regius parce qu’il est le plus proche dans le temps du « Livre des métiers ».

lundi 10 février 2020
  • 35
    Désap.
    17 février 2020 à 08:31 / Répondre

    Jules réclame des sources, je les lui fournis.
    Quant aux anathèmes exprimés en 34, faut-il ne rien connaitre de l’Histoire du Christianisme pour ignorer qu’il ne commencera à se diffuser dans la population laboratores qu’à la toute fin de la Renaissance.
    Faut-il ignorer les exhortations de Bernard de Clairvaux à l’adresse de la Chevalerie du siècle les encourageant à intégrer l’Ordre du Temple ; ne rien comprendre des raisons de l’instauration de l’Inquisition par l’Eglise.
    Etre doter d’une mentalité particulière pour tordre la signification d’une phrase d’un historien de sorte de lui faire signifier l’exact contraire de ses travaux.
    Doit-on comprendre qu’une telle attitude est représentative de l’esprit de la GL régulière française ?
    Dans une société maçonnique idéale, un comportement de la sorte qui promeut l’interprétation fallacieuse au détriment de la vérité historique vaudrait l’exclusion de son auteur ; nous ne sommes, en maçonnerie, au comptoir du café du commerce.

  • 33
    Désap.
    16 février 2020 à 21:25 / Répondre

    Ici commence par le commencement le travail de démystification.
    Celui-ci impose de lire les historiens cités dont les travaux sont soit disponible en PDF sur internet, soit publié par les presses universitaires concernées, il n’est en effet possible que d’établir le résultat des recherches et non de faire part des détails et des sources, ce qui reviendrait à reproduire les travaux.
    On lira les travaux de Bruno Dumézil Un. Sorbonne et Nanterre, Colin Morris Oxford Un. et John H. Arnold London Un.
    Tous trois expliquent très précisemment dans quelle mesure la religion chrétienne n’était aucunement suivie par les populations, celles-ci continuant jusqu’à la toute fin de la Renaissance à pratiquer les différents cultes païens qui allaient du Druidisme, culte romain de Mithra et cultes germaniques.
    Ils montrent qu’il s’agissait prioritairement pour l’Eglise de convertir les souverains et les seigneurs, comme la promotion de l’Ordre du Temple et les prêches des Croisades en sont l’exemple le plus emblématique.
    Il en résulte que les ouvriers de la construction, apprenti, compagnon, maitre et architecte, exclusivement issus de la classe Laboratores, n’échappent pas à cet état de fait ; en conséquence de quoi la Bible n’est d’aucune signification pour eux, sauf à satisfaire des obligations de culte imposées par les autorités.
    Nul besoin de prêter serment sur ce livre pour respecter ses engagements et obligations. On prête serment sur le « livre des serments » qui est presque invariablement le livre des obligations du métier et s’il est besoin on jure sur la Bible, notamment et presque exclusivement lorsqu’on est étranger parque « jurer » est un acte pénal qui se doit d’être conforme aux obligations de la Seigneurie ou du Royaume.

    • 34
      William
      16 février 2020 à 23:18 / Répondre

      Comme le disait un commentateur, Désap est à la maçonnerie (et à l’histoire en général) ce que les platistes sont à la géologie… Pauvres auteurs qui se font souiller leurs travaux par un troll qui n’y entend rien.

      L’exemple de Bruno Dumézil suffit à illustrer l’inconséquence de notre troll.

      Désap fait dire à l’auteur que « la religion chrétienne n’était aucunement suivie par les populations (…) jusqu’à la toute fin de la Renaissance ».

      Pourtant, l’auteur écrit très exactement le contraire : « Pendant l’Antiquité tardive, la société romaine avait engendré l’Église chrétienne. Au VIIIe siècle, c’était maintenant l’Église franque qui encadrait la société. Cette révolution mentale suffit à faire basculer les anciennes provinces des Gaules dans le Moyen Âge, c’est-à-dire dans la civilisation de la Chrétienté occidentale. Au terme des trois siècles de l’ère mérovingienne, le long processus de christianisation pouvait ainsi être considéré comme achevé » (source « Histoire du christianisme en France, 2014, Bruno Dumézil). Notre troll peut aller vérifier, cette conclusion intervient après avoir démontré que la christianisation était certes parties du « haut » pour arriver dans toutes les strates de la société.

      Bref, comme d’habitude avec quelqu’un qui ne lit que pour tenter de conforter ses croyances et superstitions, son compte-rendu n’est pas fiable.

  • 31
    Désap.
    16 février 2020 à 17:55 / Répondre

    Un constat s’impose, une caste allant de JM Mathonière pour l’opératif à R. Dachez pour le spéculatif et passant par un certain nombre d’amateurs éclairés comme P. Noël nous servent un roman maçonnique des plus indigeste, jusqu’à devenir écoeurant tant il s’avère faux et orienté lorsqu’on le soumet à la recherche universitaire, du point de vue de ses méthodes comme des résultats qu’il cherche à établir.
    L’expérience montre qu’il ne faut surtout pas rechercher le dialogue avec ces suzerains maçonniques, ils n’ont pour seul objectif d’imposer leur doxa et ridiculiser tous ceux qui se mettraient en travers de leurs desseins, fussent-ils fondés sur l’historiographie la plus rigoureuse, le spécialiste reconnu de l’opératif vient d’en donner la démonstration à l’instant.
    Comme il n’est pas question de se laisser raconter une messe incipide et par définition fausse, nous devons continuer à nous exprimer en dépit de ces personnes hautaines, sans objectivité aucune et disposant de la notoriété.
    Les ignorant, nous devons exposer ici le contenu de l’historiographie universitaire et prendre soin de citer nos sources, ceci sans soucis de s’assurer que ces exposés convaincront tout en étant confiant dans le lectorat qui devrait se rendre finalement compte de la supercherie entretenu pas le roman officiel.
    Et si les maçons gardent leur confiance aux « historiens » maison envers et contre toute évidence, il n’y a rien de grave à cela, nous aurons exposé la réalité historique issue de travaux scientifiques et c’est ce qui compte vraiment.

    • 32
      Jules
      16 février 2020 à 18:37 / Répondre

      Heu, Désap, tu fais allusion à quelle « recherche universitaire », à quelle « historiographie la plus rigoureuse » à quelle « réalité historique issue de travaux scientifiques » ?…
      .
      La caste dont tu parles, de JM Mathonière à Roger Dachez ou Pierre Noël et quelques autres, ont effectivement acquis une notoriété par la publication de textes généralement reconnus par le plus grand nombre de « maçonnologues », dont des « universitaires », comme étant rigoureux et fondés.
      Pour ce qui te concerne… ça reste à prouver… et ce que tu as donné à lire ici ces derniers temps n’est pas de nature à nous rassurer. Tu parles de citer tes sources, ce serait effectivement bien.

  • 30
    pierre noel
    16 février 2020 à 12:03 / Répondre

    La comparaison même rapide des Old Charges et du Livre des Métiers soulève bien des questions.
    – Boileau semble avoir réuni (compilé) des usages en vigueur chez les artisans et ouvriers parisiens, usages dont on ne dit d’où ils viennent mais semblent émaner du corps de métier lui-même, par génération collective. Les Old Charges décrivent des Devoirs donnés aux maçons par des supérieurs réels ou imaginaires, Nemrod, Euclide, David, un roi Charles de France, St Alban, le roi Athelstan. Les salaires prévus dans plusieurs d’entre eux ont permis à certains spécialistes de montrer qu’ils sont postérieurs aux dates présumées de leur octroi, impliquant une manipulation des textes.
    – Le Livre des métiers était un document à usage public, ce que n’étaient pas les OC dont on n’a commencé à parler qu’après que le GM Payne a fait état du Cooke lors d’une fête annuelle de la GL en 1721. Depuis lors on a retrouvé une grosse centaine de ces documents allant du XVI° au XVIII° siècle , manuscrits pour les plus anciens, preuve qu’ils n’avaient pas pour but d’être diffusés, comme les ordonnances royales ou municipales, mais étaient destinés à l’usage interne des loges où ils étaient lus lors des réceptions (sans pour cela être « secrets »).
    – Qu’on le veuille ou non, les OC visent à donner une haute idée du métier, une histoire prestigieuse, une origine antédiluvienne, une place éminente dans les sciences humaines (les arts libéraux) où il occupe la cinquième place avec la géométrie, la protection des plus grands rois, des réalisations grandioses (la tour de Babel, le temple de Salomon). On peut considérer accessoire ce désir de s’attribuer in lustre factice, on peut aussi y voir le désir de développer l’esprit de corps et la fierté d’appartenance.
    Je suis étonné que ce mouvement « littéraire » (car c’est finalement d’un forme de littérature qu’il s’agit, ce dont le Livre des Métiers est dépourvu) ) souterrain ne se manifesta que dans les Britanniques et pas sur le continent européen (permettez-moi de sourire quand je lis que leur absence en France (même dans les vitraux des cathédrales) est la preuve que tout cela doit y avoir été inventé).

  • 29
    Jean-Michel Mathonière
    16 février 2020 à 10:42 / Répondre

    Merci Pierre Noël pour cette contribution. J’admire ta constance à partager ici, avec générosité et sans ayatollisme, tes recherches, sans te laisser distraire par les salmigondis atrabilaires.
    « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
    Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
    Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »

  • 24
    Désap.
    14 février 2020 à 20:36 / Répondre

    Les Français sont les initiateurs du gothique, ils n’ont pas besoin de faire valoir, ils construisent et c’est bien suffisant, ce sont des maçons au sens juste du terme.

  • 22
    pierre noel
    14 février 2020 à 13:34 / Répondre

    Les commentaires à sens unique ont fait oublier quelques détails importants:
    – Le Saint des maçons était Saint Blaise, pas Saint Jean ! Je n’ai pas d’explication, mais cela change l’aspect des choses ! D’où peut venir l’obsession pour le prologue ? (j’ai mon idée sur le sujet)
    – Ni Boileau, ni les statuts de Strasbourg ou de Ratisbonne (en allemand), de Bologne (en italien) ne contiennent l’histoire légendaire du métier des fm Anglais
    – les métiers de Paris étaient ou gratuits (franc) ou payants ! Bizarre que personne ne relève la chose

    • 23
      pierre noel
      14 février 2020 à 17:37 / Répondre

      J’irai plus loin et me poserai à moi-même (à une question que je me pose depuis longtemps).
      Comment se fait-il que l’histoire légendaire des Maçons Britanniques soit inconnue sur le continent ? On ne trouve rien de tel chez les Steinmetzen Allemands ni chez les Compagnons Français (qui ont la légende Maître Jacques et Soubise, mais ce n’est pas la même chose.)
      La légende des Quatre Couronnés a été populaire et a laissé bien des traces en trace, en Allemagne et dans les Flandres (très peu en France). Pierre Du Colombier en a parlé. Elle se trouve dans le Regius, mais pas dans les autres Old Charges.
      J’attends toujours qu’on me montre un vitrail de cathédrale (en France ou ailleurs) où on verrait les deux colonnes antédiluviennes, Nemrod donnant des charges aux maçons, Euclide leur enseignant la géométrie, le roi Athelstan les réunissant.

      • 25
        DT
        15 février 2020 à 08:51 / Répondre

        L’absence d’un écrit n’est pas une preuve. On ne peut pas dire que la légende du métier était inconnue sur le continent car nous n’avons pas, à ce jour, d’écrits qui en témoigne. Les Old Charges précisent que la maçonnerie est passée par la France avant d’aller en Angleterre et que les textes originaux étaient en normand et latin.
        Les 4 Couronnés ne sont pas dans les OC car ils ne sont pas les saints de ces artisans… vraisemblablement des non chrétiens… que le Regius a tenté de christianiser, sans succès apparemment.

        • 26
          Désap.
          15 février 2020 à 09:43 / Répondre

          25 – Excellent, excellente compréhension si tu me le permets mon frère.
          La légende initiatique du Métier français se trouve inscrite sur les bas-reliefs et les vitraux des cathédrales que le rêveurs ont pris pour des formules alchimiques ; ceci à l’image de la tradition antique qui consiste à fixer les connaissances dans la pierre de manière à ce que la réflexion se poursuive à partir des acquis.
          Les maçons ne sont pas des chrétiens, ce sont des romains.

        • 27
          pierre noel
          15 février 2020 à 21:51 / Répondre

          Inversons la proposition. Ils n’en parlent pas, donc c’est la preuve qu’ils la connaissaient !

          • 28
            DT
            16 février 2020 à 09:23 / Répondre

            27 –

            La première proposition est celle retenue par les historiens…

            Concernant un texte qui n’en parle pas, plusieurs réponses possibles :
            1) il n’en parle pas car cela n’existe pas
            2) il n’en parle pas parce que l’auteur n’en sait rien
            3) il n’en parle pas parce qu’on demande de le tenir secret sous peine de parjure… le rédacteur est tenu au silence….

            Chacun peut ensuite voir midi à sa porte.

  • 19
    pierre noel
    11 février 2020 à 17:48 / Répondre

    Je me demande si l’intéressé se rend compte que l’agressivité stéréotypée de ses commentaires s’adresse non au pauvre Boileau mais au signataire de l’articulet ? Le surnommé D. à défaut de nous faire part de ses réflexions préfère déverser son fiel tous azimuts, n’ayant jamais répandu autre chose depuis sa « conversion » .

    • 20
      Désap.
      11 février 2020 à 19:14 / Répondre

      19 – Mais quelles réflexions ? C’est de l’Histoire, elle est non seulement écrite dans le temps, elle est aujourd’hui retranscrite par des scientifiques. Ce livre a été analysé et commenté de fond en comble par Caroline Bourlet il y a moins d’une dizaine d’années, elle a fait une étude comparative des connaissances avec le Lespinasse et Bonnardoy, elle a tout dit, elle a fait cinq conférences.
      Penses-tu que toi et moi pouvons faire mieux qu’une médiéviste chercheur au CNRS ?
      Moi je ne m’en sens pas capable.
      Et puis cette obstination à vouloir prouver qu’on prêtait serment nécessairement et invariablement sur la Bible est incompréhensible.
      Et il semble que tu confondes prestation de serment et jurer, ce qui n’a rien à voir.
      L’un concerne les devoirs professionnels, l’autre est pénal, le premier ne nécessite pas du tout la Bible, le second absolument puisqu’on jugeait au nom de Roi et de Dieu.
      Par respect pour ta remarque, je ne commenterai pas ton prochain article.
      Désolé si je t’ai blessé, je te prie de croire que c’était involontaire et sans mauvais esprit.
      Je m’en excuse très sincèrement.
      Sentiments fraternels.

      • 21
        pierre noel
        12 février 2020 à 11:11 / Répondre

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        fr.wikipedia.org › wiki › Étienne_Boileau

        Étienne Boileau — Wikipédia
        Étienne Boileau (Boylesve ,, Boilesve ou Boyleaux), né en 1200 ou en 1210, peut-être à Angers, mort en avril 1270 , est l’un des premiers prévôts de Paris que …
        ‎Biographie · ‎Réalisations · ‎Bibliographie · ‎Compléments
        fr.wikipedia.org › wiki › Livre_des_métiers

        Livre des métiers — Wikipédia
        « Le Livre des métiers, rédigé au temps de Saint Louis vers 1268 par Étienne Boileau, prévôt de Paris, est le premier grand recueil de règlements sur les métiers …
        ‎La rédaction du Livre des … · ‎Les métiers de Paris au … · ‎Etoffes et habillement
        journals.openedition.org › medievales

        Le Livre des métiers dit d’Étienne Boileau et la lente mise en …
        de C Bourlet – ‎2015 – ‎Cité 6 fois – ‎Autres articles
        La première mise par écrit de la réglementation des métiers à Paris, connue sous le nom de Livre des métiers compilée par Étienne Boileau dans les années … »

        Il suffit de taper Etienne Boileau sur Google pour voir apparaître le nom de C Bourleau la liste des articles (que j’ai lus au demeurant. et qui sont fort intéressants). C’est là que notre commentateur ia cible pêche ses info (comme nous tous) et non dans la fréquentation journalière des écrits universitaires.

        Notre commentateur aveuglé par sa haine du « Livre » (labible ou touut ce qui peur avoir été Saint aux yeux de certains n’a plus qu’un but
        1) prouver que la bible n’était pas lue par les artisans du Parhénon (il a raison)
        2) prouver que Vitruve n’a jamais lu la bible (il a raison)
        3) prouver que les reliques utilisés par ouvriers de Boikeau étaient des os de lapin (il peu avoir raison)
        4) prouver que Chritopher Wren ne lisaitrpas la bible (il a certainemt tort)
        5) prouver que TOUS les francs-maçons de France et de Navarre (les seuls qui existent) sont des émules de l’oncle Sosthène et d’Onésilme-Anthime Dubois.

  • 16
    pierre noel
    11 février 2020 à 12:14 / Répondre

    Le titre 48 du Livre des métiers ne mérite ni tant de mépris ni tant de condescendance.
    Que nous décrit-il ? un petit groupe d’hommes occupés au métier de la pierre, réunis dans une communauté de petite taille (un atelier de quelques dizaines de personnes), pas une entreprise grandiose conduite au nom du Seigneur comme une cathédrale gothique, nécessairement Française (paraît-il !). Outre la hiérarchie obligée puisque naturelle (apprenti-valet -maître), il devait y avoir bien des nuances entre ceux seulement employés à « caillasser » les pierres (les mortelliers sans doute) et ceux chargés de les tailler, activité qui nécessite une connaissance théorique, l’emploi d’instrument de mesure (compas, règle, équerre) en plus de ceux nécessaires au travail proprement dit (massette, ciseau …), comme nous le rappellent les contributions, toujours éclairantes et indispensables, de Jean-Michel Mathonière.
    Il n’y avait rien de cul-bénit dans leurs pratiques. Oui, ils devaient prêter certains serments, faire quelques promesses (de respecter les règles du métier, d’obéir à leur maître, de dénoncer les tricheurs et les falsificateurs) et ils le faisaient comme c’était la coutume, sur un objet consacré par l’usage, des reliques ou sur un morceau d’évangile. Tous le faisaient, certains sans y prêter attention, d’autres avec dévotion (simple usage ou manifestation sincère). Cela fait, ils commençaient leur journée de travail sans plus penser au bon dieu, sauf lorsque s‘étant blessé par inadvertance, ils invoquaient (en vain) son Saint Nom dans un juron sonore.

    • 17
      Désap.
      11 février 2020 à 13:44 / Répondre

      16 – Quel mépris, quelle condescendance ? C’est tout de même étonnant.
      L’Histoire des métiers, celle de la maçonnerie opérative également, ne peut être connue de manière fiable qu’à travers les travaux des universitaires parce que ce sont des scientifiques, aux méthodes scientifiques, c’est à dire les plus rigoureuses qu’il soit.
      Tu préfères décliner une Histoire issue d’une analyse de texte personnelle.
      Tu ne peux qu’être confronté à ce qu’on t’oppose l’historiographie universitaire.
      Libre à toi de la mettre en doute, bon courage tout de même.
      Par exemple, tu écris : « Tout cela suggère par la seule énumération des peines que toutes ces infractions étaient chose courante (dans ce métier comme dans les autres). L’ouvrier parisien du XIII° siècle devait vivre dans la crainte continuelle d’être dénoncé par ses voisins …  »
      Et bien absolument pas, ce n’est absolument la mentalité de l’époque dans les métiers et les ouvriers ne pratiquent pas l’infraction, comme tout honnête homme, et ils sont honnêtes, ils la redoutent et la condamnent, ce ne sont pas des pugilats ou des repères de brigands les métiers, tu les connais mal, tu sembles ne pas même avoir idée de ce qu’est un Métier, surtout au moyen-âge ; cf. l’historiographie.
      D’autre part, le Paris de le seconde moitié du XIII° siècle est une ville particulièrement sure, sans pratiquement de délinquance, tout simplement parce qu’il y a beaucoup de travail, pour tout le monde et peu ou pas de misère ; ce n’est pas pour rien que Louis IX est dit « le Prudhomme » et qu’il est très aimé, ce n’est pas par dévotion, c’est parce qu’il donne à manger (du travail) à tout le monde ; Louis XIV fait exactement de même quatre siècles plus tard ; cf. l’historiographie.
      Et tout est à l’avenant, mon cher Pierre.
      Les Franc-maçons ne détiennent pas la vérité, ils cherchent à la connaître et s’en donnent les moyens, nuance.

      • 18
        Désap.
        11 février 2020 à 14:29 / Répondre

        J’ajoute, pour satisfaire à la cohérence, les pénalités, amendes, peines encourues et les motifs sont énumérés dans le livre de Boileau, non qu’il s’agisse de civiliser les Métiers, ils l’étaient sans besoin de crainte divine ou du respect d’un rang de noblesse parce qu’issus de la Rome antique, mais parce que ce livre est un code, une régulation et qu’en tant que tel doit nécessairement contenir ce qui est autorisé et interdit.
        Parfois, et plus exactement très souvent, la réalité est simple.

  • 12
    Désap.
    11 février 2020 à 05:37 / Répondre

    TCF DT, je partage l’esprit et la logique de ton raisonnement.
    Je le nuance cependant, il ne s’agit de juifs, ou bien en proportion assez réduite.
    Pratiquement tous les juifs de Judée et Samarie chassés par ces cinglés de Templiers qui les massacrent systématiquement sont en Al Andalus ; ils se disperseront en Europe plus tard, à la chute du dernier Khalifa.
    Il s’agit de manière certaine de Celtes romanisés, comme le sont 90% de la population européenne de moyen-âge.
    Le Christianisme dans l’esprit des vicaires du Christ est avant tout une religion pour les seigneurs, barons et comtes. Le peuple, lui, peu importe qu’il croit ou pas dans le crucifié, ils doivent obéir, travailler et aller aux offices.
    Lors du couronnement de Louis le quatorzième, 80% de la population française est païenne ; c’est lui qui va durcir les lois et obliger à une pratique plus profonde.
    Il y a tellement à dire pour démystifier tout ce qu’on nous raconte.
    Surtout, c’est le plus important : il faut lire les historiens et les chercheurs de l’Université, personne d’autre sauf pour se distraire.
    Continue le travail mon Frère, c’est la bonne voie.
    Je t’embrasse par 3.

    • 13
      DT
      11 février 2020 à 07:44 / Répondre

      oui la proportion était probablement faible. Il s’agissait, de ce qu’on peut comprendre des Old Charges, de géomètres, pas juste d’hommes qui cassaient de la caillasse, des spécialistes pouvant aider à la construction d’édifices gothiques. Ces hommes semblent avoir été ramenés par un ordre croisé anglais. Il y a un peu de doc à ce sujet, mais c’est très mince…
      bx3

  • 10
    DT
    10 février 2020 à 22:41 / Répondre

    mon TCF Desap, pourquoi les tailleurs de pierre anglais, dont nous avons les constitutions, auraient retiré Jesus de leur texte (il est dans le Regius dont on dit aujourd’hui que c’est le premier texte des maçons) comme les 4 couronnés, protecteurs de tous les tailleurs de pierre en Europe… et pourtant grands absents des OC.
    Si les historiens ne s’étaient pas plantés dans la datation des textes, confondant la datation du support avec la datation de son contenu, ils auraient vu (mais certains l’ont écrit) que le contenu du Cooke (les charges) est plus ancien que le contenu du Regius… et qu’il en va vraisemblablement de même pour sa « légende ».
    Un chrétien, anglais ou autre, maçon ou autre, a pour seul modèle, dans sa vie, Jesus… il devrait donc être dans cette histoire légendaire… or il n’y est pas, pas plus que Marie, les évangélistes… etc. Pourquoi ? parce que ces maçons n’étaient pas des Chrétiens… mais des étrangers qu’on voulait convertir au christianisme… comme on le voit très clairement avec le Regius… qui s’inscrit dans la suite de l’édit de 1290 : abjurez et convertissez vous au christianisme ou quittez le royaume d’Angleterre ! Relis le Regius. est-ce que tu crois qu’il faut expliquer à des croyants (au moyen âge), qu’ils doivent aller à la messe, se bénir avec l’eau sainte, se lever ou s’asseoir pour le Pater ou les évangiles… etc alors qu’à cette époque tout le monde va à l’église plusieurs fois par semaine, et depuis la naissance. Tu expliques ça à des étrangers, comme tu leur expliques comment vivre dans la société anglaise de l’époque… ce que fait le Regius. Non, les maçons anglais n’étaient pas des gros bœufs ou des sauvages qu’il fallait éduquer. Si cela ne te convainc pas, fait une hypothèse : et si ces tailleurs de pierre étaient finalement des juifs ? Cela n’expliquerait-il pas alors le fait qu’il n’y ait que des personnages et symboles hébreux dans la tradition maçonnique ? Des chrétiens n’inventent pas des pratiques rituelles… ils reprennent et christianisent d’autres pratiques… païennes ou… juives… mais tout tourne autour de Jesus… qui apparaît bien plus tard dans certains Old Charges (prière d’ouverture) ou dans quelques catéchismes. mais c’est au tournant du XVI, pas au début du XIV, époque des originaux du Cooke et du Regius… le deuxième venant dans la foulée du premier, et non l’inverse. Bien à toi.

  • 5
    Désap.
    10 février 2020 à 20:41 / Répondre

    Je conseille la lecture des travaux de Caroline Bourlet, historienne médiéviste et chercheur au CNRS, notamment s’agissant de la « traduction » du texte, en particulier s’agissant des idiomes, leur construction et signification, ainsi que du contexte et des objectifs de l’ouvrage de Boileau, infiniment moins cul-bénit qu’on semble le croire, le suggerer, l’affirmer.
    On est parfois très éloigné de ce qu’on pensait avoir compris de bonne foi au 19è.

  • 4
    DT
    10 février 2020 à 20:03 / Répondre

    Le livre de Boileau est un recueil d’us et de coutumes, il ne s’agit pas de constitutions comme le sont les Old Charges, des textes sur lesquels les maçons prêtaient serment en Angleterre.
    Expliquer les différences n’est pas simple, en effet, et avancer que les maçons avaient besoin de s’inventer une histoire pour se donner du lustre est une explication bien (trop) simpliste.
    Pourquoi seuls les maçons possèdent-ils cette histoire « légendaire » ? Des doux rêveurs ? Des sentimentaux ? Des idéalistes d’un temps passé ?
    N’est-il pas étrange que des maçons chrétiens aient « inventé » une telle histoire… sans y mettre Jésus au centre. Incroyable pour l’époque… Ah oui, Jésus était dans le Regius, mais, en bons chrétiens qu’ils sont, ces maçons ont décidé de le faire disparaître, comme la Vierge et les Évangélistes, ou encore les 4 couronnés (leurs saint patrons, tout de même), dans le Cooke et les manuscrits suivants (selon la classification actuelle des Old Charges)… Il faut bien peu connaître l’esprit médiéval chrétien pour penser un instant que des chrétiens aient purement et simplement retiré Jésus, leur modèle de vie, pour mettre des personnages de l’AT dans les constitutions sur lesquelles ils jurent !
    C’est tellement énorme que cela ne semble choquer personne… 😉

    • 6
      pierre noel
      10 février 2020 à 20:44 / Répondre

      « Pourquoi seuls les maçons possèdent-ils cette histoire « légendaire » ? »

      Non. « Pourquoi seuls les maçons « Anglais » possèdent-ils cette histoire « légendaire » ?
      Cela fait toute la différence !
      Jésus n’est nulle part, que je sache.

      • 7
        DT
        10 février 2020 à 20:59 / Répondre

        Jésus est dans le Regius, il est dit qu’il a donné les arts libéraux aux maçons…

        • 11
          pierre noel
          11 février 2020 à 01:47 / Répondre

          Ah ? ça a du m’échapper.

          Par contre, il est dit dans le Regius ;
          « Many years after, the good clerk Euclid
          Taught the craft of geometry full wonder wide,
          So he did that other time also,
          Of divers crafts many mo. (more)
          Through high grace of Christ in heaven,
          He commenced in the sciences seven; » (vers 552-556)

          Euclide enseigna les arts libéraux (et bien d’autres choses) « par la grâce du Christ (qui est) dans les cieux ». Ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

          • 14
            DT
            11 février 2020 à 07:58 / Répondre

            Oui, j’aurais dû être plu précis 🙂
            Mais c’est bien par la grâce du Christ… le médiateur, Jesus qu’on retrouve en long en large et en travers dans les vers qui suivent ce passage… mais qu’on ne retrouve pas dans le Cooke ni dans ses successeurs, pour quelques siècles…
            On retrouve la même chose dans le texte blacksmith’s dame du xve siècle. Le métier est transmis par Jesus (je vais chercher la phrase exacte). Ces artisans ne parlent pas de Tubalcain… 🙂

          • 15
            DT
            11 février 2020 à 08:27 / Répondre

            Petite correction, le texte des forgerons s’appelle The Smyth and His Dame et date du XIVe siècle.

      • 8
        Désap.
        10 février 2020 à 21:13 / Répondre

        6 – Le Métier des maçons français, constructeurs de la quasi totalité des cathédrales entre le 12è et le 14è sc., est écrit sur les bas-reliefs et les vitraux des bâtiments.
        Le gothique se nomme l’Art Français.
        Les cathédrales de Sens et de Paris était des « pèlerinages » du Mestier jusqu’au 16è sc.

    • 9
      Désap.
      10 février 2020 à 22:01 / Répondre

      4 – DT,
      SVP, développe ton raisonnement.

  • 3
    Bilboquet
    10 février 2020 à 14:42 / Répondre

    excellent

  • 1
    Désap.
    10 février 2020 à 13:37 / Répondre

    Ah là là ! On n’en aura jamais fini avec ces bigots terrifiés à l’idée que l’on puisse démontrer qu’au moyen-âge et les siècles suivants on ait pu prêter serment en l’absence leur maudite Bible, au demeurant la cause de centaines de millions de morts à travers l’Europe et les siècles.
    Et pourtant, les historiens l’ont démontré, je laisse à chacun le soin de découvrir les travaux universitaires disponibles en accès libre sur la toile.
    C’est également oublier la suppression régulière des franchises et de la liberté de circulation notamment des maçons au moyen-âge et à la Renaissance, ceci sur demande expresse de l’Eglise parce que ces mécréants d’ouvriers et architectes n’étaient pas assez pieux, n’assistaient pas suffisamment régulièrement aux offices religieux auxquelles cette même Eglise meurtrière voulait les voir astreints rigoureusement, ceci en dépit de la charge et rythme de travail terribles à laquelle les maçons étaient soumis.
    C’est aussi oublier qu’un assez grand nombre de procès ont eu lieu aux 16è et 17è siècles en France et intentés par l’Eglise à l’encontre de nombre de corporations de métiers, dont les maçons, parce qu’on s’était aperçu que la réception des apprentis et compagnons s’accompagnaient de parodies risibles de scènes bibliques. Les minutes de ces procès décrivant précisément ces scènes se trouvent en bonne place à la Bibliothèque Nationale, avec l’avantage d’être consultables par tous.
    Il y a des maçons qui se fabriquent une Histoire à coups de principes intangibles et inaliénables visant à valider leurs croyances et les illustrent par des récits à la syntaxe parfaite gage, pensent-ils, de valeur incontestable, et puis il y a les maçons qui n’accordent d’intérêt et ne prennent pour argent content que ce qui est démontré par les historiens aux méthodes rigoureuses.
    Je n’ai même pas terminé cet article tant ce bourrage de crâne me fatigue.
    Je le ferai quand même et je reviendrai donner mon avis sur la suite.

    • 2
      Désap.
      10 février 2020 à 13:47 / Répondre

      « Argent comptant » évidemment, bien que je serais content d’en avoir 🙂 🙂

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