Pas de « Liberté, Égalité, Fraternité » sans « Laïcité » !

Publié par Pierre Pelle Le Croisa

LES RÉFLEXIONS D’UN SIMPLE MAÇON
de Pierre Pelle Le Croisa

 Pas de « Liberté, Égalité, Fraternité » sans « Laïcité » !

« L’étymologie est la science des sots », a dit quelqu’un qui se croyait intelligent. Pour l’affirmer ainsi, sans doute ignorait-il que le mot « étymologie » signifie la « science du vrai » (avec pour racines grecques « etumos » et « logos »). Donc, si la « science du vrai » est la « science des sots », il nous faut conclure que la seule façon d’être intelligent, c’est d’être ignorant – cette  prise de position, je laisse le soin à son auteur de l’assumer pleinement pour lui-même ! -.

Pour ma part, j’apprécie l’étymologie parce qu’elle apporte une ou plusieurs orientations aux mots que nous employons. Certes, avec le temps leurs significations ont pu évoluer. Mais leurs radicaux nous enseignent pourquoi ils ont été créés, quel était le but signifiant qu’ils portaient à l’origine, comment ils ont été modifiés au cours des siècles à force d’être usités, dévoyés, transformés et réformés en passant de bouche en bouche et de génération en génération. Avec l’étymologie, c’est bien l’histoire des hommes qui nous est comptée.

Pour montrer ce que l’on peut en tirer, je vais m’appuyer sur un exemple.

S’il y a un concept qui nous concerne tous et auquel nous sommes attachés, c’est bien celui de « réalité ». Chacun de nous en a conscience pour son existence. Ceci étant dit, qu’entend-on par là ? Quelles connotations recouvre ce mot ?

Pour y répondre, revenons à l’étymologie du terme de « réalité », à la « res » latine – qui signifie « la chose ». Devons-nous en déduire qu’il n’y a de réalité que pour les choses ? Ce serait, une fois de plus, ignorer la teneur du mot « chose » : dans le français médiéval (« Je suis cose » [1]), elle avait celle de « créature, personne ». « Chose, créature, personne », les mots de « res » et de « réalité » se rapportent à « tout ce qui est, tout ce qui existe » (sous-entendu « sur terre », cela va de soi). Pour être plus explicite encore, la réalité de l’être ne peut s’entendre que « d’après (sa) situation » (« e re nata »), c’est-à-dire « étant donné les circonstances » (« pro re nata ») ; ou – autrement dit encore – : « en acte » (ce qui a donné « re vera », « en fait, en réalité ») – c’est le second sens du terme « res » -. Qu’en penser ? Que penser l’être, justement, c’est s’en éloigner : il n’y a de réalité de l’être que dans son vécu, et il n’y a de vérité réelle que dans la vie.

Pour l’homme en tant qu’être singulier, les significations du terme « réalité » sont donc assez claires ; mais pour les hommes en tant qu’êtres collectifs, qu’en est-il ? Comment passer d’une vérité pour l’homme (solitaire) à une vérité pour l’humanité (solidaire) ? des intérêts particuliers à l’intérêt général (« e re publica ») ?

Ce transfert n’a pu se faire que par le dépassement de la condition naturelle de l’homme (sa « res ») au profit du conditionnement culturel de l’humanité (la « res publica », la « chose publique » [conçue comme un être moral]), où le bien de chacun s’évertue à concorder avec le bien de tous. L’« homo socialis » de Durkheim a définitivement détrôné l’« homo sapiens » de Darwin. Dans nos civilisations, conjointement à la « res » antique s’est développée la « res publica » des nations modernes. Et cet être moral public permet aux hommes de vivre ensemble, en commun (« socius »), c’est-à-dire en société.

Mais pour cela, encore faut-il que l’homme accepte de sacrifier une partie du pouvoir individuel dont il est détenteur (celui de sa « res »), et donc sa liberté, pour la mettre au service du « pot commun », au service du « public » (« publica »). Cartésien comme il l’est depuis le « je pense, donc je suis », il est logique qu’il « cogite » sur le sujet et suppute que ce sacrifice, puisqu’il touche son « ego » et se fait au bénéfice d’un « alter ego » qu’il aime vraisemblablement moins que lui-même, a dû être le plus faible possible (tout au moins au début) : ainsi la réalité publique s’est-elle fondée sur un « ppcm », le « plus petit commun multiple » entre les hommes. Comment ? Il est de bon sens d’imaginer que pour sa communauté l’« homo socialis » a accepté que sa liberté ne soit amputée que de ce qui était le plus éloigné de son être intime, de son eccéité – le principe de son essence individuelle -. Mais qu’est-ce qui fait l’être intime ? Ce qui n’appartient qu’à lui en propre (son ipséité), ce qu’il croit, sa foi, ses convictions.

Cette séparation initiale entre ce que l’on garde (pour soi) et ce que l’on apporte (aux autres) détermine la dichotomie entre la sphère publique et la sphère privée. En France, avec le développement des villes et des mégalopoles, après l’institution des droits de l’homme et du citoyen et l’organisation de la république, la limitation temporelle du pouvoir individuel par un contre-pouvoir collectif a pris la forme de la laïcité. La Loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État a borné le champ de la foi et des croyances. Pour les convictions propres à chacun, elle a eu pour conséquence la proscription des réunions politiques dans les locaux cultuels. La Constitution du 4 octobre 1958 en a entériné les dispositions et confirmé le principe dans son article premier : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. »

Ce combat pour la laïcité, les francs-maçons l’ont entrepris depuis longtemps. La devise de la république française a été officiellement adoptée par le « Grand Orient de France » en 1849 et par le Rite Écossais Ancien et Accepté le 1er mai 1874. En 1905, « par solidarité avec le Grand Orient de France dans sa lutte pour la laïcité, le Suprême Conseil du « Rite Écossais Ancien et Accepté » » s’y associa en rajoutant « dans l’ancienne acclamation écossaise, limitée aux trois « Houzzé ! », l’ovation républicaine « Liberté ! Égalité ! Fraternité ! » [2] »

Mais en quoi les termes « liberté, égalité, fraternité » encadrent-ils le concept de « laïcité » et permettent-ils de séparer le domaine privé du domaine public ? Pour le comprendre, examinons chaque notion, et voyons ce qu’elle apporte à notre analyse :

  • La liberté de l’être dans sa différence garantit sa sphère privée (« res »).
  • L’égalité est assurée par le « dénominateur commun » d’un côté (« e re publica »), le respect des eccéités de l’autre (« re vera » ).
  • Et la fraternité étaye simultanément la liberté et l’égalité : Pour que nous ayons tous les mêmes droits et que nous soyons tous libres dans nos sphères privées, il faut que nous nous montrions tolérants les uns envers les autres, donc fraternels à l’égard de notre communauté dans son ensemble (« res publica) [3].

Ainsi l’étymologie des mots nous permet-elle de mieux comprendre pourquoi il ne peut y avoir de liberté, d’égalité et de fraternité sans antéposer le noumène de la laïcité comme la condition préalable, irrécusable et inopposable de la devise républicaine…

 

[1] Les serments de Strasbourg (842) in Dictionnaire de l’ancien français jusqu’au milieu du XIVème siècle, op. cit., article « chose », p. 114.
[2] KALIFE N.-M., Le sens de l’acclamation écossaise « Houzzaï ! Houzzaï ! Houzzaï ! Liberté ! Égalité ! Fraternité ! » in Le maillon de la chaîne maçonnique n°199 de septembre 2012.
[3] PELLE LE CROISA P., Le bonheur d’être un bœuf et de brouter son herbe, ou : Entre le pouvoir et l’autorité, où est la liberté ? in Matières à penser n° 15, op. cit.

lundi 6 avril 2020
  • 30
    Désap.
    13 avril 2020 à 10:29 / Répondre

    Evidemment, la laïcité est une valeur dans le cadre démocratique et républicain dans lequel elle est née, c’est-à-dire puisqu’il faut tout préciser dans le respect des croyances de chacun et qui protège ceux qui ne croient pas des premiers (car il faut être bien clair de ce point de vue, n’est-ce pas …), et non lorsqu’elle est instrumentalisée pour appuyer la politique autoritaire d’un autocrate.
    Quoique prétendent les croyants, la laïcité n’a jamais constitué une quelconque perte puisqu’elle n’a jamais interdit qu’on étudie quelque texte que ce soit ni interdit la moindre pratique religieuse.
    Sa force qui ne fut jamais à la porté des églises, est d’avoir supprimé des prérogatives en s’appuyant sur le principe de liberté sans n’avoir supprimé aucune liberté tout en en créant une nouvelle.
    Cependant et malgré cela, les religieux et croyants considèrent que perte il y a effectivement, le caractère obligatoire ayant disparu la brebis s’égare nécessairement. Ceci s’exprime d’ailleurs de manière caricaturale en franc-maçonnerie.
    D’où la valeur absolue de la laïcité qui permet aux croyants de croire ce qu’ils veulent et aux autres de passer à travers … j’allais dire le voile, mais en l’occurrence là il s’agit d’un mur.

  • 29
    NEGRIER
    13 avril 2020 à 08:37 / Répondre

    La laïcité de Kemal Ataturk qui interdit en 1925 les derviches tourneurs et ferme à Istambul leur lieu de travail et d’étude, est-ce encore de la laïcité ? C’en est une version subvertie. Il convient donc d’apprendre à discerner ce que peut et ce que doit être une vraie séparation du politique et du culturellement religieux (qui en fait n’a jamais été que du naturellement philosophique combiné avec du culturel tant scripturaire que rituélique, compte tenu du fait qu’une religion est rarement monodique et se divise en courants contraires que l’examen finit par départager au cas par cas en jugeant de la qualité de leurs fruits respectifs).

  • 28
    Désap.
    12 avril 2020 à 15:10 / Répondre

    27 – Certes, mais nous ne vivons pas dans l’idéal ni dans la théorie, nous vivons dans le concrêt et la réalité d’une nature humaine dégénérée et animée, comme « animalité », d’une seule et unique volonté et sa conséquence : le pouvoir et son corolaire la domination, ceux-ci exacerbés par une idélogie religieuse qui promeut, sans condition et par l’opération artificielle parce qu’incohérente d’une supposée volonté divine d’autant plus erronée qu’elle est anthropomorphique, l’Homme comme « Roi du monde ».
    Si l’idée peut s’entendre, elle ne peut qu’être soumise à l’impératif de la responsabilité absolue de ses actes, annulée par la même idéologie qui fait du Pardon la preuve de l’amour du créateur pour sa créature.
    Or, en quoi pardonner ce qui détruit la création en son entier au profit de l’intérêt d’un seul, l’Homme, peut-il être preuve d’amour ? Non ! Ceci n’est que preuve de la subjectivité irrationnelle, inconséquente et infondée d’une idéologie qui, tout bien considéré, ne parle, et ne décrit par son Apocalypse, que de la destruction à laquelle elle aboutit inexorablement.
    La laïcité est une valeur, elle nous protège de ce fantasme. Heureux ceux qui ne doutent pas du fabuliste, tout flatteur vit et ne vit qu’exclusivement au dépend de celui qui l’écoute.

  • 27
    NEGRIER
    12 avril 2020 à 13:22 / Répondre

    La laïcité est une doctrine politique (au sens étymologique) qui a en elle-même une grande vertu (salvifique) mais une vertu seulement relative car elle peut être « profanisée » et « profanante » dans sa relation avec la métaphysique et l’éthique universelles impliquées dans la révélation naturelle.

  • 26
    Corinthien
    12 avril 2020 à 09:39 / Répondre

    Cela ne remettra sans doute pas tous les commentateurs d’accord, mais, en ce dimanche de Pâques, qu’ils relisent simplement  » L’Histoire des origines du christianisme » de l’historien et philologue Ernest Renan.
    https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_des_origines_du_christianisme

  • 24
    de Flup
    10 avril 2020 à 14:53 / Répondre

    22 et 21: énième échange d’invectives( même pas très originales) par les deux champions du genre dans ce blog. Ils nous font perdre du temps tout en ignorant l’essence même de la maçonnerie.

    • 25
      marcos testos
      10 avril 2020 à 17:15 / Répondre

      24 : De Flup tu crois peut être que çà me fait plaisir de répondre à 2 énergumènes (tu as oublié Job’s alias Joaben) qui passent leur temps à cracher et à vomir sur la GLNF ? Salir une obédience est ce l’essence même de la FM ? Sache que moi aussi il me font perdre du temps et que j’ai des choses beaucoup plus intéressantes à faire que ce soit dans le monde profane ou dans le monde maçonnique. Sur ce je te souhaite un bon weekend pascal

  • 20
    marcos testos
    9 avril 2020 à 17:38 / Répondre

    Lorsque je lis les commentaires de Désap(ointé) je suis toujours étonné de ressentir tant de haine chez quelqu’un qui se prétend FM. Aujourd’hui encore il profite de ces échanges pour étaler ses dérapages (non maitrisés hélas) sur le christianisme. Parmi toutes ses divagations le must (si j’ose dire) est cette phrase tirée de 5 : « …. Je t’aurais mis toute cette superstition (le christianisme) et son fils de dieu sous une chape de césium 135 moi çà n’aurait pas fait un pli. » Que dire de ce genre de discours ? Est ce ce que pensent tous les FM pro-laïcité ? Est ce, dis plus directement, un discours de FM ou celui de  » Ayatollah de la laïcité » ?

    • 21
      Désap.
      9 avril 2020 à 18:42 / Répondre

      20 – Pour quelqu’un qui traite régulièrement les gens de « cons », je trouve que tu te moques un peu du monde.
      Je n’ai effectivement aucun respect pour cette religion coupable d’un nombre de morts qui se compte en dizaines de millions (je minore de sorte de ne pas exagérer) et milliards pour ce qui est de l’abrutissement, j’ai en revanche du respect pour les personnes. C’est vrai que les tiens préfèrent la vie d’une cellule voulue par Dieu à l’équilibre de la vie d’une femme.
      La laïcité ? oui, c’est une valeur pour moi, elle protège.

      • 22
        marcos testos
        10 avril 2020 à 11:25 / Répondre

        21- Désap(ointé) tes exagérations maladives ne font que renforcer tes mensonges. Non je ne « traite pas régulièrement les gens de « cons » et lorsque je l’ai fait c’était pour venir en aide à Géplu attaqué par un de tes disciples. Mais peut etre confonds tu incompétent avec un con … ? A moins que tu n’essaies de faire un écran de fumée pour essayer de cacher tes propos abjects et malodorants.
        Quoiqu’il en soit ta phrase tirée de 5 : « …. Je t’aurais mis toute cette superstition (le christianisme) et son fils de dieu sous une chape de césium 135 moi çà n’aurait pas fait un pli. » Est ce ce que pensent tous les FM pro-laïcité ? Est ce, dis plus directement, un discours de FM ou celui de » Ayatollah de la laïcité » ?

        • 23
          Désap.
          10 avril 2020 à 12:33 / Répondre

          22 – Si c’est ce que tu cherches à savoir, je te rassure je ne fais jamais état de mes opinions en loge sur aucun sujet ni ne porte aucun jugement sur personne.
          Voilà ce qu’est, de mon point de vue, être un maçon.
          Je note, en revanche, que la police de la pensée semble être l’illusion qui tu entretiens.
          Et sur les conséquences historiques de ta religion, tu as quelque chose à dire ?
          Une justification peut-être ?

  • 15
    michel
    7 avril 2020 à 21:01 / Répondre

    Un autre détail semble vous échapper, en 1905 le GODF ne reconnais ni les femmes comme citoyennes, ni comme maçonnes d’ailleurs…il a fallu attendre le Général De Gaulle pour que nos soeurs deviennent des citoyennes !
    Et j’ai bien peur que la laïcité recule de jour en jour dans certains territoires urbains en 2020…nous avons eu un bon exemple du recul de la laïcité au lycée de Villefontaine.
    Je souhaiterais plus d’actions sur le terrain et moins d’incantations de la part de nos dirigeants !

    • 16
      Lazare-lag
      7 avril 2020 à 22:04 / Répondre

      @ Michel (15):
      C’est quoi cette histoire de lycée de Villefontaine?
      Villefontaine c’est un nom de ville ou le nom d’un lycée?
      De quoi parle-t-on ? On est supposé comprendre et connaître?
      Ici c’est un site public, s’il s’agit d’une allusion à un fait connu localement ou ce cercles assez étroits, ça mériterait un développement, non?
      En tout cas pour moi, lycée de Villefontaine et recul de la laïcité, ça n’évoque aucun écho..
      Ca ne me dit strictement rien. Ca devrait?

      • 17
        Luciole
        7 avril 2020 à 23:22 / Répondre

        Affaire Mila dans un lycée de Villefontaine.Triste affaire à oublier pour le bien de la jeune fille.

        • 18
          Lazare-lag
          8 avril 2020 à 10:35 / Répondre

          @ Luciole (17):
          Merci Luciole .
          Effectivement l’affaire Mila… je n’avais pas retenu les noms de lieux, je ne faisais donc plus le lien.
          A oublier oui et non, car je crois que cela dépasse le cas personnel de la jeune fille Mila. C’est le cas typique qui vient souligner certaines faiblesses de notre démocratie, certains dysfonctionnements dus à l’informatique aussi. Et poser à partir de lui quelques questions de fond.
          Je crois que c’est comme ça qu’il faut donc comprendre le message 15 de Michel.
          Je crains cependant que l’actuel épisode coronaviral a tendance à emporter un peu tout sur son passage, notamment ce qui peut relever de l’actualité pas lointaine, presque immédiate, mais qui fait déjà partie des « jours d’avant ».
          Un peu comme autrefois nos anciens parlaient « d’avant-guerre ».
          C’est juste un constat, pas une appréciation.

          • 19
            Luciole
            8 avril 2020 à 12:44 / Répondre

            Qu’il ,faille sanctionner, si on le veut réellement, les abrutis qui ont amené cette jeune fille à réagir ? ce serait bien.Que l’on mette sa vie en péril pour cela ? c’est évidemment impossible.
            Nous nous trouvons donc devant un cas type de lâcheté nécessaire.

  • 12
    Jean_de_Mazargues
    7 avril 2020 à 11:41 / Répondre

    Bien sûr que non. La définition de la laïcité ce sont deux éléments : la séparation des églises et de l’Etat d’une part, la protection de la liberté de conscience d’autre part.Les Constitutions d’Anderson parlent de tout autre chose et ce n’est pas très étonnant.
    La laïcité est nécessaire aux FM (cela protège leur liberté) mais c’est à peu près tout. Après, chacun peut maçonner tranquillement sans plus s’en soucier.

  • 11
    Patrice
    7 avril 2020 à 10:49 / Répondre

    C,est affligeant de lire de tels commentaries Comment un FM peut il tenir de tels propos
    « Chape de plomb, ça J’aurai pas fait un plis » C’est d’une intolerance similaire aux pays totalitaires
    Bravo pour un Franc Macon
    Bien Fraternellement á Tous

    • 14
      Désap.
      7 avril 2020 à 18:55 / Répondre

      11 – Mais non, mais non, voyons.
      Je ne passe simplement pas par pertes et profits le passif du christianisme et l’entrisme religieux qui sévit en FM depuis une petite quinzaine d’années et qui entame de plus en plus sérieusement l’objectivité des analyses et annihile totalement le raisonnement métaphysique qui devrait me semble-t-il être le principal domaine de réflexion des maçons.
      Pour autant, tu seras probablement satisfait d’apprendre que je cesse d’intervenir sur ce sujet, et peut-être vais-je cesser d’intervenir tout court.
      En effet je constate que les croyants s’offusquent que leur soit mis en face la réalité de leur religion quand bien même ils travaillent à ce qu’elle devienne l’alpha et l’oméga de la FM (fort heureusement ce ne sera jamais le cas de la maçonnerie initiatique, en opposition à celle de salon, j’invite à lire à ce propos la source de Guénon, Georges-Albert Puyou de Pouvourville), et les « adogmatiques » paraissent désapprouver ma franchise qui n’a pourtant pour seule motivation de faire réagir face à la torpeur ambiante.
      Et je ne reviendrai pas sur les considérations historiques des plus fantaisistes promues par les tenants d’une orthodoxie toute aussi illusoire, moins encore sur la lecture plus que partielle des Constitutions 1723 à qui on fait dire exactement ce que l’on veut, comme une boulomie falsifiée.
      Pas de vague, consensus, voilà les leitmotivs actuels totalement contre-maçonniques de mon point de vue, la susceptibilité étant devenu le caractère le mieux partagé et qu’il faudrait ménager, foutaise.
      Mes Frères, avec toute mon affection sincère et ma fraternité jamais simulée.

  • 9
    Pierre-Paul
    7 avril 2020 à 05:06 / Répondre

    Vous avez mal lu le texte. L’auteur parle de la devise de la république française « Liberté, Égalité, Fraternité » et de son adoption par le GODF en 1849 et par le REAA en 1874 (mais il n’a jamais évoqué la laïcité pour ces dates). Quant à 1905, il ne fait référence qu’à la loi de séparation des Églises et de l’État et seulement à l’adoption de la devise de la république française « Liberté, Égalité, Fraternité » par le SCPF cette même année (mais il ne fait pas du tout référence à la laïcité pour cette année 1905). Il ne fait mention de la laïcité que pour la Constitution de 1958.
    Son texte est donc bien clair: Adoption de la devise républicaine au XIXe s. et loi de séparation des églises et de l’État sont les prémisses de la Constitution de 1958 (où le terme de « laïcité » est clairement affiché). Et c’est tout…

  • 5
    Désap.
    6 avril 2020 à 18:39 / Répondre

    Lorsqu’on lit certains commentaires on se dit que le dobermann de Montretout et ses rottweillers ont un boulevard devant eux.
    La laïcité n’est pas une valeur … non, ça doit être une coquetterie au regard de ce qu’elle a apporté.
    Enfin en tous cas une chose est sure, la tolérance religieuse n’est pas un principe défendu par le christianisme et ses fidèles peuvent aujourd’hui se féliciter de la tolérance des législateurs de 1905 qui consista à ne pas interdire cette idéologie meurtrière.
    Je t’aurais mis toute cette superstition et son fils de dieu sous une chape de césium 135 moi, ça n’aurait pas fait un plis.
    Nous sommes trop bons, ça nous perdra.
    Quant à Anderson, s’il n’a pas établi les principes de la laïcité, il a en revanche enterré le christianisme.
    Je vous propose de bien lire le chapitre qui concerne la Rome antique est de le mettre en perspective avec l’article 1 des obligations. Sauf à faire preuve de cécité, ce qui se dessine est limpide.

    • 8
      Tao
      6 avril 2020 à 21:51 / Répondre

      « la tolérance des législateurs de 1905 » : ben en voilà, une valeur ! Quant à la laïcité qui découle de cette loi que je qualifierais sans ironie de parfaite, elle est le système légal qui permet cette tolérance et le vivre-ensemble.
      .
      Mais cela ne suffirait pas… Il faudrait faire plus que ce qu’elle n’est déjà… Plus que la perfection… La laïcité serait donc une valeur. Comme la république, tiens… Les fanatiques sont décidément bien étranges…
      .
      Amitiés,

      • 10
        Désap.
        7 avril 2020 à 10:22 / Répondre

        8 – Et la religion, une valeur ?

        • 13
          Tao
          7 avril 2020 à 17:16 / Répondre

          Ben tout comme la « république » ou la « laïcité », non. La « religion » n’est effectivement pas une valeur. Une religion est un système qui promeut des valeurs qu’on partage ou pas. Plutôt pas en ce qui me concerne.
          .
          Mais c’est bien, on progresse ! Je vois qu’on commence à se comprendre…
          .
          Amitiés,

  • 4
    Tao
    6 avril 2020 à 17:48 / Répondre

    Quiconque a étudié (sérieusement, je veux dire…) l’histoire de la laïcité en France, aura soit un rire jaune en lisant cet article et certains commentaires (ça, c’est si le quiconque en question est mauvais), soit un soupir désabusé (ça, c’est s’il est moins mauvais). Je veux bien, une énième fois, me contenter de soupirer…
    .
    Le problème, avec les francs-maçons du GODF qui disent défendre la laïcité, c’est que bien souvent, leur source quant à ce qu’elle est, c’est justement le GODF.
    .
    La laïcité n’est pas une valeur : elle est une organisation légale de la société. Tout comme la république n’est pas une valeur, mais une organisation légale de la société qui essaie de faire cohabiter les valeurs de liberté, égalité et fraternité. Cet article confond tout, comme souvent en maçonnerie dès que ce sujet est abordé.
    .
    Quant à faire remonter la laïcité à 1723 par un raisonnement qui usurpe son nom, je fais le choix de ne pas m’attarder sur cela. C’est soit un manque de culture (donc une erreur), soit un sophisme (donc une faute).
    .
    Amitiés,
    .
    PS : Et vive la laïcité de 1905 ! Tant qu’on la tient bien à l’écart de notre maçonnerie avec laquelle elle n’a rien à voir…

  • 3
    Jean_de_Mazargues
    6 avril 2020 à 15:45 / Répondre

    Confusion habituelle : la laïcité n’est pas une valeur, c’est une modalité … Compte tenu de notre histoire, la Liberté (c’est elle, ici, la valeur) parce qu’elle était menacée par le poids excessif de l’Eglise, a dû être mise en oeuvre par une modalité qui nous est propre : la laïcité.
    Gardons sans y toucher nos trois valeur: Liberté, Egalité, Fraternité et cessons, de grâce, de tout mélanger.

    Quant aux rédacteurs des Constitutions d’Anderson, ils n’avaient aucune idée de la notion de laïcité, totalement étrangère à leur temps. Voilà un bel anachronisme.

    • 6
      Adrien C.
      6 avril 2020 à 20:05 / Répondre

      à Jean de Mazargues
      « (…) quoique dans les Temps anciens les Maçons fussent astreints dans chaque pays d’appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation, quelle qu’elle fût, il est cependant considéré maintenant comme plus expédient de les soumettre seulement à cette Religion que tous les hommes acceptent, laissant à chacun son opinion particulière, et qui consiste à être des Hommes bons et loyaux ou Hommes d’Honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations ou Croyances qui puissent les distinguer (…) »
      Article premier des Constitutions d’Anderson, « Concernant DIEU et la RELIGION ».
      Ce n’est pas une définition de la laïcité ça ?… Même si le mot, évidemment n’est pas employé, de quoi ce passage est la définition ?
      Là dedans il y a à la fois la liberté de conscience et la laïcité. Oui, ou non ?…

      • 7
        Tao
        6 avril 2020 à 21:45 / Répondre

        Le problème des lectures tronquées, c’est qu’on peut leur faire dire n’importe quoi.
        .
        Non, les Constitutions d’Anderson ne sont pas un texte prônant, à un quelconque endroit de ses près de 120 pages, de près ou de loin, la laïcité. Aucun historien sérieux, spécialiste de l’époque moderne ou non, n’oserait un tel anachronisme.
        .
        Les Constitutions d’Anderson sont, tout au plus, un texte prônant pour la première fois une liberté religieuse dans une Angleterre anglicane. Et encore : cette liberté s’adresse en immense majorité aux Dissenters orphelins depuis vingt ans de William of Orange.
        .
        Cette liberté est déjà quelque chose d’incroyable pour l’époque, et il en faut toujours un pour en faire plus, prétextant que le concept de laïcité serait né 182 ans plus tôt que les historiens ne le pensent, et qu’ils seraient tous passés à côté de ce scoop !
        .
        A quand les remerciements des historiens aux Frères du GO pour leur trouvaille ?
        .
        Amitiés,

  • 2
    Peter Bu
    6 avril 2020 à 11:10 / Répondre

    J’aime cette réflexion sur la nature de l’humain : « l’homme en tant qu’être singulier (…) les hommes en tant qu’êtres collectifs ». Toutefois, Pierre Pelle Le Croisa ne semble pas réaliser que nous n’avons pas le choix : par nature, nous sommes les deux à la fois.
    Nous faisons partie indissociable des ensembles humains, à commencer par le couple et ses descendants, jusqu’à la patrie, voire l’humanité.
    Nous pouvons considérer certains de ces ensembles plus importants que l’individu que nous sommes, au point de sacrifier pour eux notre vie.
    Nous ne pouvons pas « dépasser la condition naturelle de l’homme ». Ce que l’auteur appelle notre « condition culturelle » nous est tout aussi « naturel ».

    Quand à la laïcité ds francs-maçons, elle est bien plus ancienne que ne le laisse entendre Pierre Pelle Le Croisa.
    Elle date des Constituions d’Anderson.
    « Quoique dans le vieux temps les maçons fussent obligés d’être de la religion de chaque pays où ils étaient, cependant on juge maintenant qu’il est plus convenable de les obliger seulement à être de la religion dont toutes les honnêtes gens conviennent. »
    Aucune religion n’est commune à tous les hommes, ce qui peut l’être est d’ordre moral. Les francs-maçons sont invités à respecter, avant l’heure, la Loi de 1905 -:)

  • 1
    nestor MALHNO
    6 avril 2020 à 10:39 / Répondre

    La « Laïcité » est le quatrième pilier, invisible mais pourtant tellement présent !

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