Peut-on être orthodoxe et Franc-Maçon ?

Publié par Jiri Pragman
Dans Divers

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lundi 14 mai 2007
  • 3
    melk
    28 janvier 2019 à 16h56 / Répondre

    Le Code de Droit canonique de 1983 ne fait pas mention expresse de la franc-mac¸onnerie, a` la diffe´rence de celui de 1917. Ce fait a pu e^tre interpre´te´ comme un changement de position de l’E´glise. Dans une note date´e du 26 novembre 1983, La Congre´gation pour la Doctrine de la Foi (CDF) pre´cise que « le jugement de l’E´glise sur les associations mac¸onniques demeure inchange´… et l’inscription a` ces associations reste interdite par l’E´glise », ceci en raison me^me de l’incompatibilite´ entre les principes de la Franc-Mac¸onnerie (FM) et ceux de la foi chre´tienne. La CDF se situe au plan de la foi et de ses exigences morales, e´tant donne´ que le fait d’adhe´rer a` la FM met en cause les fondements de l’existence chre´tienne.
    Le relativisme est au fondement me^me de la FM. C’est le nœud me^me de l’incompatibilite´, en raison des conse´quences sur le contenu de la foi, l’acte de foi lui-me^me, l’agir moral et l’appartenance a` l’E´glise Corps du Christ.
    Les francs-mac¸ons nient la possibilite´ d’une connaissance objective de la ve´rite´. On demande a` un franc-mac¸on d’e^tre un homme libre, qui ne connai^t aucune soumission a` un dogme, ce qui implique le rejet fondamental de toutes les positions dogmatiques : « Toutes les institutions qui reposent sur un fondement dogmatique, et dont l’E´glise catholique peut e^tre conside´re´e comme la plus repre´sentative, exercent une contrainte de la foi » (Lennhoff-Posner, Dictionnaire franc-mac¸on international, Vienne 1975, p. 374). On rejette tout dogme, au pre´texte de la « tole´rance absolue ».
    Ainsi, le mac¸on soutient-il le primat et l’autonomie de la raison par rapport a` toute ve´rite´ re´ve´le´e. Il refuse l’ide´e me^me d’une re´ve´lation, les religions e´tant conside´re´es comme des tentatives concurrentes pour exprimer la ve´rite´ sur Dieu qui, en de´finitive, est inaccessible, inconnaissable. Chacun juge par lui-me^me de la ve´rite´, et est a` lui-me^me sa propre norme. Livre´e a` elle-me^me, la raison n’est plus finalise´e par la recherche de la Ve´rite´. Elle est a` la merci des ide´ologies ou des constructions subjectives. « En toute chose, c’est la raison humaine et la nature humaine qui restent souveraines ». D’ou` l’argument, typiquement mac¸onnique, de «liberte´ absolue de conscience ».
    Il n’y a donc, selon la FM, aucune connaissance objective de Dieu, en tant qu’E^tre personnel. C’est a` l’oppose´ de la conception chre´tienne de Dieu qui se re´ve`le, entre en dialogue avec l’homme, et de la re´ponse de l’homme qui s’adresse a` lui en le nommant Pe`re et Seigneur. Le Concile Vatican II l’exprime en ces termes : « Il a plu a` Dieu dans sa sagesse et sa bonte´ de se re´ve´ler en personne et de faire connai^tre le myste`re de sa volonte´ gra^ce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, acce`dent dans l’Esprit-Saint, aupre`s du Pe`re et sont rendus participants de la nature divine. Dans cette Re´ve´lation le Dieu invisible s’adresse aux hommes en son immense amour ainsi qu’a` des amis, il s’entretient avec eux pour les inviter et les admettre a` partager sa propre vie. » (D.V. 2)
    Les dogmes dans l’E´glise sont des expressions de la foi rec¸ue des Apo^tres. Ils ne sont pas des formulations arbitraires, closes sur elles-me^mes. Ils sont pluto^t des balises qui indiquent le myste`re du Christ, « le Chemin, la Ve´rite´ et la Vie » (Jn 14,6). Ces « de´finitions » de foi nous sont donne´es pour e´clairer notre intelligence et rendre raison de notre foi.
    En soutenant le primat et l’autonomie de la raison par rapport a` toute ve´rite´ re´ve´le´e, l’homme pre´tend se perfectionner sans cesse lui- me^me en s’appuyant sur son pouvoir auto-cre´ateur. Selon la « philosophie » franc-mac¸onne, l’homme n’a pas besoin de salut. Or l’E´vangile est l’heureuse annonce du Salut : le chre´tien attend et rec¸oit le salut de la gra^ce mise´ricordieuse de Dieu, en la personne de Je´sus qui est pre´cise´ment le Sauveur (Je´sus = « Dieu sauve »). « C’est bien par la gra^ce que vous e^tes sauve´s, a` cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Eph 2, 8).
    Sur le plan e´thique, les diffe´rences sont aussi conside´rables. Pour le franc-mac¸on, les re`gles morales sont appele´es a` e´voluer sans cesse sous la pression de l’opinion publique et des progre`s de la science. La morale e´volue au gre´ du consensus des socie´te´s. S’il est exact que l’homme se situe toujours dans une socie´te´ particulie`re, il faut toutefois admettre que l’homme ne se de´finit pas tout entier par cette culture, qu’il n’est pas le «produit» d’une culture. Il existe en l’homme quelque chose qui transcende les cultures : ce que la foi chre´tienne exprime en affirmant que « l’homme est cre´e´ a` l’image de Dieu ».
    La franc-mac¸onnerie conteste ainsi toute autorite´ morale et doctrinale, misant sur l’autonomie individuelle, e´cartant les arguments d’autorite´, et exigeant une absolue liberte´ de conscience. C’est finalement le re`gne du « Moi » ! Et la domination du relativisme… Les diffe´rentes confessions religieuses auxquelles appartiennent les adhe´rents sont conside´re´es comme secondaires par rapport a` l’appartenance plus englobante et supra-confessionnelle a` la fraternite´ mac¸onnique : ce qui conduit force´ment a` tout appre´cier et juger du point de vue mac¸onnique…. sans s’en rendre compte.
    L’engagement au sein de la franc-mac¸onnerie transforme l’acte de foi chre´tien. Il ne peut e^tre neutre : les rites initiatiques dans le secret des loges produisent ine´vitablement leurs effets sur les membres. La revendication de la « liberte´ absolue de conscience » est le produit de la « doctrine » relativiste qui s’impose progressivement, a` l’insu me^me des inte´resse´s. La franc-mac¸onnerie revendiquant pour ses membres une adhe´sion totale, il est e´vident que la «double appartenance » est impossible pour un chre´tien qui « appartient au Christ » (Rom 14,8).

    La Chancellerie Dioce`se d’Annecy

  • 2
    Didier
    14 mai 2007 à 16h44 / Répondre

    Personnellement, je le suis (Orthodoxe et Franc Maçon) et n’ai pas trouvé d’antinomie entre ma foi et mes idéaux maçonniques. De même nous avons des F:. qui travaillent au R.E.R qui est 100% christique.
    Il ne faut pas confondre la Foi, le Dogme et l’Eglise (et sa hiérachie).
    De plus tout croyant sera jugé par Dieu et non par son Eglise… du moins il me semble
    TAF
    Didier

  • 1
    Jacques Cécius
    14 mai 2007 à 11h15 / Répondre

    Le Congrès pan-arthodoxe d’Athènes, en 1954, avait condamné la franc-maçonnerie. Ce qui n’empêcha pas le patriarche Athénagoras de rester maçon.
    L’Eglise catholique orthodoxe de France n’est reconnue que par une minorité d’autres autocéphalies. Elle serait en relations étroites avec l’Eglise de Roumanie, après cependant bien des différents. Elle cherche d’autres reconnaissances, mais, semble-t-il, en vain. A noter qu’existent en France d’autres Eglise orthodoxes typiquement françaises, comme l’Eglise orthodoxe française, non reconnue elle non plus.
    Il y a une dizaine d’années j’ai assisté à l’initiation d’un prêtre orthodoxe roumain, en France, dans une loge du RER. Après son initiation on ne l’a plus vu !
    En Russie l’Eglise orthodoxe est plutôt anti-sémite et ne brille pas par son ouverture aux autres religions et à la maçonnerie.

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