Jean-Jacques Rousseau

Postmodernisme et rejet des Lumières

Publié par Géplu
Dans Divers

Tout le monde n’est pas d’accord avec les théories du postmodernisme ou de la postmodernité, défendues notamment par Michel Mafessoli. Stéphane François, docteur en sciences politiques et spécialiste des droites radicales et des marges religieuses nous donne ici un avis tranché dans un article publié dans la revue UFAL info N°80 du premier trimestre 2020.

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Contre le monde moderne.

Le postmodernisme et le rejet des Lumières
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Stéphane François
Stéphane François

Le postmodernisme désigne un courant intellectuel né aux États-Unis sous l’influence des philosophes français, comme Jacques Derrida, des années 1960-1970, qui élaborèrent une langue souvent absconse et jargonnante obscurcissant le sens des concepts, souvent influencé par la philosophie réactionnaire et ésotérisante de Martin Heidegger. Aujourd’hui, le mot « postmodernisme » renvoie à un discours peu clair, obscur et rébarbatif. Pour autant, le courant postmoderniste s’est développé dans un premier temps dans les arts plastiques, surtout au cours des années 1960. Par la suite il est revenu en France avec les textes d’anciens de Socialisme ou Barbarie comme Jean-François Lyotard, lequel a exposé ses thèses dans un ouvrage de 1979, La Condition postmoderne, qui déconstruit le soubassement progressiste des Lumières.

Cet ouvrage, très court, a été à l’origine d’une vive polémique. L’auteur y expose l’idée de la fin des idéologies et des métarécits de légitimation historicistes, faisant le constant de la crise de légitimité des récits comme le marxisme, le christianisme ou les Lumières qui, tous, reposent sur la libération de l’homme… Surtout, les postmodernes redéfinissent le rapport à la modernité, c’est-à-dire qu’ils déconstruisent à la fois la période historique à l’origine de notre civilisation libérale (comprise dans ses acceptions philosophique et politique) et l’idée d’une civilisation qui s’oppose au passéisme, caractérisée par l’ »idéologie du Progrès ». En ce sens, le postmodernisme doit être vu comme une régression conservatrice au sein de la modernité. On peut même le définir comme une sorte d’une « tradition moderne » de la rupture, pour reprendre l’excellente expression d’Antoine Compagnon. Il s’agit enfin d’une critique à la fois de l’ »hégélio-marxisme » et de la pensée « individualiste-libérale », c’est-à-dire, dans une certaine mesure d’un discours « ni gauche, ni droite », au sens contemporain du clivage politique, les deux étant les rejetons, ne l’oublions pas, de la Modernité politique et philosophique.

Le postmodernisme se caractérise aussi par le refus de la réflexion scientifique, les postmodernes réduisant le discours scientifique à une construction sociale, ce qui est évidemment problématique car la science ne peut être réduite à des postulats relativistes. Les postmodernes soutiennent en effet que le réel scientifique est une construction sociale élaborée par les scientifiques. Ce postulat est une porte ouverte au relativisme, dont le principal représentant est Bruno Latour. Nous trouvons les ravages de cette forme de discours dans, notamment, le refus de la médecine au profit de méthodes « alternatives », qui ne sont en rien d’autres formes de médecine, mais au contraire des positions relevant de la pensée magique et/ou de la pensée irrationnelle. Les rationalistes ou les scientifiques sont rabaissés par l’usage disqualifiant de terme comme « positiviste » ou « scientiste ». Ce type de discours, ouvertement néoromantique, offre à la fois la possibilité de relativiser les bienfaits scientifiques, la science devenant l’objet de toutes les craintes, et l’émergence de discours ouvertement technophobes. Il permet aussi l’effacement de la distinction entre les savants et le public, avec l’émergence d’ »experts » auto-proclamés, promouvant des solutions « alternatives ».

Cette porte ouverte au relativisme se retrouve également dans les différents aspects de la pensée postmoderne, tels les « cultural studies » ou les « théories du genre » qui cherchent à saper les fondements de la pensée occidentale au profit d’approches promouvant différentes formes de communautarisme. La « production des connaissances », qui lui est afférente, propose concrètement la fin de la connaissance scientifique au détriment de discours prenant en compte les particularismes culturels et/ou civilisationnels : la science devient dans ces discours, locale. L’unicité de la civilisation se fracture sur la diversité des groupes et sous-groupes. Cette déconstruction a bénéficié de la mondialisation des années 1990.

Celle-ci a été un facteur d’essor des discours postmodernes qui ont surfé sur la fin de l’État-nation. Pour les postmodernes, cette forme d’organisation devaient disparaître au profit d’un éloge et d’un retour des communautés. Contrairement aux Lumières qui insistaient sur les points communs de l’Humanité, les postmodernes insistent sur les différences, culturelles ou civilisationnelles. En ce sens, il ne s’agit pas seulement d’un antiprogressisme, mais d’une idéologie (qui s’est substituée aux autres) qui propose un retour à des sociétés organiques et anti-individualistes, tribales et communautariennes. La mondialisation permet, chez eux la déconstruction de l’État-nation. C’est particulièrement flagrant chez Maffesoli. Nous nous intéresserons ici à la philosophie de Michel Maffesoli (il est difficile de parler de « sociologie » car il n’appuie ses « démonstrations » sur aucune enquête empirique). Ancien élève de l’anthropologue Gilbert Durand, dont les thèses sont marquées par un spiritualisme ésotérisant, celui-ci a développé une approche basée sur l’imaginaire, très controversée dans la sphère de la sociologie. Il a été plusieurs fois victime de canulars scientifiques se moquant de la mode, dans ses revues comme Société, du jargonnage postmoderne.

Le tribalisme postmoderne maffesolien doit donc être analysé en fonction de ce rejet de la philosophie des Lumières, c’est-à-dire comme une conséquence à la fois de l’individualisme occidental atomisateur, donc issu de la modernité, et le souhait, paradoxalement tout aussi moderne, de se regrouper en fonction des pratiques culturelles et de valeurs communes fluctuantes, un modèle véhiculé par les contre-cultures occidentales… En ce sens, le postmodernisme se rapproche de la pensée communautarienne américaine, qui cherche à contrecarrer le supposé délitement des sociétés occidentales contemporaines né du libéralisme (philosophique, politique et économique) par un retour à des formes de communautés locales.

La postmodernité, bien que se référant à des auteurs ouvertement réactionnaires comme Joseph de Maistre ou Martin Heidegger, ne cherche pas à revenir à un état antérieur, mais à un état dépassant la modernité. Selon Michel Maffesoli, la postmodernité, empreinte de religiosité païenne, doit être vue comme la synergie de l’archaïsme et, dans une certaine mesure, du développement technologique, devant se substituer au système social et économique issu des Lumières. Dans une telle conception, cette postmodernité s’opposerait la modernité, qui ne serait que la forme laïcisée du judéo-christianisme, et trouverait son aboutissement dans le rationalisme moderne et dans le totalitarisme des années 1930 à 1950.

La postmodernité est ouvertement un discours contre le désenchantement du monde, c’est-à-dire un discours contre la sécularisation progressive des sociétés occidentales depuis l’avènement de la Modernité au XVIIe siècle. Ce rejet, comme nous l’avons dit, se retrouve dans la promotion d’un relativisme et d’une forme de pensée irrationnelle. Il se manifeste aussi à travers la mise en avant d’une forme de spiritualité. Les textes de Maffesoli sont un plaidoyer pour une forme irrationnelle d’agir et de penser, empreinte de spiritualisme, héritage de son maître Gilbert Durand. Maffesoli en fait la promotion partout : dans ses livres sur la franc-maçonnerie, sur l’écologie, sur le tribalisme, de « sociologie » (les guillemets s’imposent). Tous sapent les fondements de la raison.

A contrario, ce dernier fait la promotion d’une forme de panthéisme, présent dans l’écologie radicale ou dans les pratiques « tribales » contemporaines. Issu du postmodernisme postmarxiste, celui-ci se définit dans certaines revues d’extrême droite comme « un polythéiste convaincu », adepte du polyculturalisme ou du polythéisme culturel. Il présente ce polythéisme culturel, non pas comme une pensée irrationnelle et réactionnaire – ce qu’elle est, mais comme une forme de pensée libertaire… hostile au monothéisme, à l’origine de notre civilisation. Ce monothéisme, source de tous nos maux selon les postmodernes, serait à l’origine du rationalisme, du dogmatisme et du totalitarisme, par sa volonté de réduire et de faire disparaître les différences. Ce type de discours est, en soi, très proche de ceux développés par la Nouvelle Droite. Et, de fait, Guillaume Faye et Alain de Benoist, les principaux théoriciens de ce courant de l’extrême droite, ont été influencés par les thèses du philosophe, qui le citent copieusement et élogieusement.

La pensée postmoderne, ainsi que les thèses maffesoliennes, offrent de très nombreux angles d’attaque, qui sont autant de preuves de faiblesses conceptuelles. Prenons, par exemple, l’éloge des communautés : par exemple, elle n’établit pas de distinction nette entre le communautarisme traditionnel et les communautés postmodernes, artificielles, qui sont justement le produit du monde moderne, et en particulier des contre-cultures américaines. Les communautés postmodernes ont pour logique la dissolution des cultures traditionnelles, en créant des entités sociales par âges, sexes, préférences sexuelles, goûts vestimentaires ou/et musicaux, etc. Contrairement aux communautés traditionnelles, fondées sur la durée, les « tribus » postmodernes agrègent les personnes en associations provisoires composées, parfois, soit de quelques personnes soit de milliers. Toutefois, la distinction entre identités héritées et identités choisies tend à s’effacer. Les appartenances d’autrefois, du fait même de leur antériorité/autorité, interdisaient qu’on puisse véritablement les choisir. Elles apparaissaient comme « naturelles ». Aujourd’hui, même les identités héritées sont « choisies », dans la mesure où elles ne deviennent opérantes, agissantes, que pour autant que nous acceptions ou que nous décidions de nous y reconnaître. L’identité, dès lors, ne se confond plus avec la seule appartenance. Malgré tout, nous restons dans un même enfermement identitaire…

Le postmodernisme, malgré son aspect construit, est une forme de pensée dénuée d’unité et de contenu, à la construction théorique souvent laborieuse. Surtout, il est une « philosophie » qui masque ses faiblesses argumentatives manifestes sous un déluge de référence (name droping) et un langage volontairement abscons. Cependant, il connaît encore aujourd’hui une position importante dans la pensée philosophique et sociologique, promouvant une forme de relativisme particulière néfaste pour la société, fracturant celle-ci au profit de communautés agissantes, aux intérêts divergents et parfois contradictoires. En ce sens, la pensée postmoderne, bien qu’imposture intellectuelle – pour reprendre le bénéfice des thèses d’Alan Sokal et de Jean Bricmont, est ouvertement un discours réactionnaire, tant sur le plan scientifique, politiste ou philosophique.

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Sur le même sujet on pourra aussi lire le livre de Jean-Marc del Percio-Vergnaud : Quête du Graal postmoderne et temps des tribus, une nouvelle révolution conservatrice.

Stéphane François est aussi l’auteur de L’Occultisme nazi. Entre la SS et l’ésotérisme.
et a collaboré au livre collectif Les formes contemporaines de l’antimaçonnisme.

dimanche 10 mai 2020
  • 13
    Patrox
    26 mai 2020 à 15:11 / Répondre

    un autre livre avec une attaque frontale des Lumières :  » les mensonges des Lumières », de notre frangin Marc Halévy.

    Parmi ses ennemis les plus chers, le hasard ( qui ne saurait expliquer l’apparition de la vie sans postuler une Intention du type panenthéiste, selon lui ), le déterminisme, et l’idée du Progrès telle que professée par le socialisme ou les mouvements similaires .

  • 12
    Michel Gasc
    17 mai 2020 à 11:36 / Répondre

    Merci pour cet article qui me rassure.
    J’ai moi aussi eu entre les mains un ouvrage de Michel Maffesoli et j’avoue ici m’être trouvé fort inintelligent devant l’incompréhension de ce langage abscons.
    Je partais pourtant avec l’assurance que, en tant que médecin, j’avais les capacités de comprendre beaucoup de livres publiés.
    J’ai gardé cette honte secrète jusqu’à la lecture de cet article: un médecin est guéri!

    Tant que j’y suis, et sachant que Maffesoli prétendait succéder à Claude Levi Strauss à l’Académie (il n’eut aucune voix), J’ai aussi beaucoup de mal avec « La pensée sauvage » de Claude L S : Le travail intellectuel pour devenir médecin ne sert décidément à rien. J’ai raté ma vie!

  • 11
    jean francois Verjat
    17 mai 2020 à 10:36 / Répondre

    M.Maffesoli est en général voué aux gémonies par les sociologues « sérieux » , pour défaut de rigueur scientifique .
    L’auteur de l’article ajoute au procès un grief inédit que les disciples de Bourdieu , n’avaient pas songé à utiliser ; il consiste à assimiler le tableau peint avec les rêves avérés de son auteur. Ainsi , à décrire la société telle qu’on l’analyse , sans la juger, on se dévoilerait complice de l’état des lieux auquel on procède , et on avouerait une confusion complète entre une lecture du monde et ses propres inclinaisons.
    L’ouvrage de Sternhell est précieux pour introduire un peu de relatif dans les jugements trop tranchés sur le sujet et témoigner que Lumières et Anti Lumières ont cheminé de conserve , quoique par ailleurs sa conception du fascisme français ratisse un peu large.
    Un aboutissement extrême de la pensée « anti Lumières » ,écrite en jargon normalien , mais qui donne à penser : « Les penchants criminels de l’Europe démocratique » de Jean Claude Milner ( Verdier 2003 ).

  • 10
    Antoine
    17 mai 2020 à 09:15 / Répondre

    Ayant lu 7 ou 8 livres de S. François, par souci d’information, ses ouvrages en sont remplis, je dois avouer être embêté par plusieurs choses que l’on retrouve dans cet article :
    1) l’emporte pièce sur fond politique et idéologique`.
    2) la multiplicité des amalgames non argumentés, sinon par un fourre-tout.
    Ces deux éléments me semblent bien éloignés de la mesure, à laquelle nous sommes habitués par ailleurs, et d’une position universitaire. La planche est médiocre.
    Pour être clair : l’auteur écrit et travaille, de façon très très prolixe, en militant et non pas en universitaire, l’ensemble de ses travaux (louables, évidemment) étant de l’ouvrage militant contre tout ce qui lui semble venu du fonds des âges de l’extrême droite, ce qui dans ses écrits est très large (un peu tout ce qui pense autrement en fait). C’est un peu comme du Alain de Benoist inversé : dogmatique mais bourré d’informations utiles.
    3) malgré une évolution récente et visible ici, l’incapacité à écrire un français correct (voir le blog intéressant Fragments des temps présents, où nombre d’articles de sa part sont si mal orthographiés qu’il en empêchent la lecture).
    Le tout sans compter les répétitions, comme dans des ouvrages qui ne paraissent guère relus : un travail finalisé est (au moins) un travail relu, élagué, peaufiné, entre polissage et politesse.

  • 9
    G-C
    14 mai 2020 à 10:58 / Répondre

    Je trouve étonnant qu’un docteur puisse commettre un article aussi pauvre. Plutôt que de procéder à une analyse fine des oeuvres, il jette pêle-mêle Derrida, Lyotard, les études de genre et les études post-coloniales dans un même sac qu’il apparente à de la réaction anti-Lumières. L’auteur oublie certainement que Derrida s’est beaucoup appuyé sur une lecture des oeuvres de Rousseau, notamment de son Discours sur l’origine des langues, pour élaborer sa théorie fondamentale de la différance, qui trouble la distinction habituellement faite entre l’écrit et l’oral. De même dire que Bruno Latour est un relativiste parce qu’il étudie les rapports entre la science et les autres modes d’accès à la vérité relève d’une méconnaissance complète des travaux de Latour. Ou alors relève d’une fétichisation de la science.

    Surtout, il omet de dire que la post-modernité, dans l’usage spécifique qu’en fait Lyotard, est une pratique qu’il trouve dans des auteurs des Lumières, à commencer par Diderot.

    On peut aller plus loin et affirmer que la maçonnerie est une pratique post-moderne, dans la mesure où elle participe à ce que Lyotard nommait la non-croyance dans les grands récits. En effet, en substituant un ensemble de micro-récits (à commencer par la construction du Temple, qui s’appuie sur quelques lignes du grand récit biblique ; mais on peut ajouter à cela tous les récits des hauts-grades) au récit dominant du XVIIIe siècle (le récit biblique), elle a participé à l’éclatement des croyances. D’ailleurs, la critique de la communauté « artificielle » (quelle communauté ne l’est pas ?) pourrait tout à fait s’appliquer à la maçonnerie : c’est un mode de sociabilité qui, au moment où il a émergé, était tout à fait artificiel. Bien plus que l’émergence de communautés afro-américaines ou homosexuelles qui sont le fruit de l’expérience partagée du racisme ou de l’homophobie.

  • 8
    Philippe
    11 mai 2020 à 15:25 / Répondre

    Article assez regrettable.
    En effet, mettre en opposition avec les « Lumières » revient à conclure que l’un est l’antithèse de l’autre.
    Ce qui est complètement faux.
    Les post-modernistes, et il y en a un grand nombre, sont à mes yeux des continuums, ils vont plus loin que le simple regard « le bien/le mal », « le beau/le laid »,….
    Citer l’ouvrage de Soral-Bricmont démontre une totale méconnaissance du sujet , de la richesse des réflexions et du terreau pour continuer à travailler sans relâche et éviter surtout les dogmes.
    Soral-Bricmont sont un peu ce qu’est BHL à la philosophie, Johnny H au rock ou McDo à la cuisine française…. du vent et du vide.
    Pour parler d’un sujet, ils vont chercher la rature, le raccourci, le mot de trop,… au lieu d’analyser le fond et la pertinence des propos. Un peu comme des rapaces…. ils cherchent l’os à ronger mais ne peuvent voir l’oeuvre dans son ensemble.
    Ils jugent.
    On est dans un monde absolu qui critique tout sur la forme mais ne peut prendre du recul pour respirer, apprécier.
    L’époque du rêve et des utopies semble bien perdu.
    Navré de ma radicalité de mes propos mais j’ai assez difficile de garder du calme devant des beaux mots qui falsifient la réalité.
    Il suffit de lire la « critique » d’Onfray sur Paul Virilio p.ex; : on est du même niveau. Si Onfray a beaucoup apporté en philosophie il y a quelques années, il est devenu quelqu’un d’odieux portant un regard sur tout ce qui bouge devant ses lunettes… (il se mêle même de l’héritage de Johnny H et de sa veuve….). Il n’a rien capté et il juge.
    Les post-modernistes ont tjr été vécu comme des parias par les France…. et en même temps, ils étaient respectés et aduler dans le monde entier… Bref, un article à la hauteur du débat philosophique français contemporain: râler sur tout pour le plaisir de râler à l’aide de raccourcis malheureux.
    Les post-modernistes ne sont pas anti-Lumières et les Lumières ne sont pas à réduire aux quelques dénominations présentées….
    On parle plus d’aspect politique dans cet article que sur l’essence même des post-moderniste et des philosophes des Lumières.
    Parle d’un seul regard sur l’Etat-Nation par les postmodernistes est ridicule tellement leur regard différé. Ce n’est pas parce que Derrida et Foucault ont posé un regard qu’on peut résumer la pensée post-moderniste.
    Le postmodernisme n’est pas une tromperie, elle ne peut qu’inviter car elle n’a pas de dogme ni de vérité.
    Les postmodernistes n’avaient pas une vision homogène et c’est bien là le noeud du problème de cet article.
    Après oui, on peut faire un énorme reproche aux postmodernisme: la difficulté à exprimer les propos d’une manière simple et compréhensible à tous.
    Navré mais c’est affligeant.

  • 7
    Alex
    10 mai 2020 à 22:03 / Répondre

    Merci pour cette excellent article !

    En revanche, je ne jetterais pas tout dans les réflexions sur le post-colonialisme et les gender-studies. Ces disciplines font refondes les bon nombres des analyses et des mécanique de discrimination. Et cela fait du bien !

    Quand à Mafessolie, il se revandique anarchiste de droite. Ce qui me parait absurde mais c’est une autre question…

  • 6
    Lazare-lag
    10 mai 2020 à 18:00 / Répondre

    Parmi les livres qui méritent d’être mentionnés sur le rejet des Lumières, je me permets de suggérer « Les anti-Lumières », de Zeev Sternhell, sous-titré: « Une tradition du XVIIIème siècle à la guerre froide ».
    Pour les références, en tout cas dans l’édition de poche (… 942 pages tout de même l’édition de poche!), les voici: Folio Histoire, n°176, septembre 2011, ISBN 978-2-07-031818-6.
    Bien évidemment dans les bonnes librairies, surtout maintenant qu’elles rouvrent à partir de demain!
    Le franc-maçon est avide de culture et de lecture, quoiqu’on puisse penser il sait lire et écrire, donc il soutient les libraires dont l’activité a été sérieusement fragilisée par le confinement professionnel forcé.

  • 5
    Patrice Deriémont
    10 mai 2020 à 15:45 / Répondre

    Je ne sais pas si Michel Maffesoli lit ce blog. S’il le fait et que je me trompe, il me le dira. Mais à ma connaissance Michel Maffesoli ne défend pas une thèse militante. C’est un sociologue. Il décrit la société telle qu’elle est et non pas telle que l’on voudrait qu’elle soit. Qu’il soit l’inspirateur de l’extrême droite me surprend car si j’ai bien entendu les déclarations de la Présidente du principal parti de cette mouvance on y parle plus souvent de République une et indivisible, de laïcité et de souverainisme que d’idéal communautaire. A ce sujet pour avoir lu quelques uns de ses ouvrages, il me semble que Michel Maffesoli fait une différence entre l’appartenance à des regroupements éphémères et multiples et l’ « assignation à résidence » dogmatique qu’elle soit religieuse ou matérialiste. Après il peut se tromper dans son observation, mais la France des « ronds points » pendant la crise des Gilets Jaunes et celle des « balcons » depuis le confinement pourrait lui donner raison. J’ajoute que les vérités assénées chaque soir par les scientifiques, les épidémiologistes et les modélisateurs mettent quand même un peu en doute il me semble les certitudes quasiment technocratiques dont ils ont fait preuves. J’ai même entendu quelques défenseurs du libéralisme mondialisé dire qu’après ne sera plus comme avant ( Minc, Attali…) et que le localisme , n’était pas forcément une mauvaise chose. Alors, ne vaut il pas mieux essayer de tirer le meilleur d’un monde nouveau qui s’offre à nous plutôt que de tenter d’ignorer son existence ?

  • 4
    Steph.
    10 mai 2020 à 14:12 / Répondre

    Et voici qui arriver… la post-vérité… probable plus récent avatar en date de la post-modernité…
    Et l’absurde aura alors définitivement pris le dessus sur tout ce que les Lumières auront pu construire et annoncer…
    Gémissons, mais agissons!!!

  • 3
    Manu Hainaut
    10 mai 2020 à 12:32 / Répondre

    Un point me gêne : l’utilisation du terme « théories du genre ». A l’origine, des sociologues (essentiellement américains) ont entamé des « gender studies »; leur objectif était/est de comprendre/montrer/démonter comment les identités de genre ne sont pas biologiquement déterminées mais socialement construites.
    A ce propos
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Genre_(sciences_sociales)#Critiques_du_concept_de_genre_et_%C2%AB_th%C3%A9orie_du_genre_%C2%BB
    « Selon Odile Fillod, chercheuse indépendante, l’expression « théorie du genre » aurait été créée au début des années 2000 par Tony Anatrella à des fins rhétoriques, dans le cadre de l’offensive menée par le Vatican contre les politiques qui remettent en cause les rôles des sexes dans la société et qui favorisent les droits des femmes et étendent les droits des personnes LGBT ».
    Donc en quelque sorte, l’auteur, en utilisant (j’espère malencontreusement) cette expression rejoint /apporte de l’au au moulin au courant réactionnaire des religions

  • 2
    Astérix
    10 mai 2020 à 09:58 / Répondre

    Bravo : très belle analyse.
    Il faudrait poursuivre en définissant les différences entre mondialisme et universalisme, souverainisme et nationalisme, etc…
    Bref, le « en même temps » vient de montrer ses limites catastrophiques et il est temps de revenir aux lumières et à ses principes émancipateurs et non à la valorisation de l’enfermement communautaire quel qu’il soit. C’est un peu le même débat qui perdure entre les partisans de Guénon et leur pseudo connaissance et ceux qui considèrent que nos différences sont une richesse qu’on ne doit pas enfermer dans des systèmes sectaires.

  • 1
    NEGRIER
    10 mai 2020 à 09:30 / Répondre

    S’il est évident que le postmodernisme est une tromperie, il n’en demeure pas moins qu’il convient de ne pas commettre des amalgames dans sa critique justifiée du postmodernisme.
    1. Il ne faut pas confondre le relativisme avec le devoir philosophique de déclinaison d’un concept général en ses diverses spécifications (Platon, Phèdre). A ce point de vue les « théories du genre » participent moins du postmodernisme que d’une interrogation objective et nécessaire sur l’essence et les limites définissables des genres ainsi que sur la prétendue obligation sociale d’avoir des comportements dits genrés. Je tiens à rappeler que la question du genre a été posée dans la Bible en II Sam. 6,14-23.
    2. Par ailleurs il ne faut pas confondre le communautarisme avec les revendications politiques d’intégration sociale revendiquées par les minorités. La notion de retour aux communautés n’est pas en soi postmoderne : elle est une constante de l’histoire de la culture (devoir objectif pour un maître spirituel de socialiser son enseignement en créant autour de lui une communauté conformément aux principes de la voie des maîtres dans les religions traditionnelles) et un des pôles de la pensée du socialisme qui promeut l’initiative responsable au plan des communes, des syndicats et des associations.
    3. On ne peut réduire la pensée de Heidegger à une pensée réactionnaire : son ontologie de « l’acte d’être » a aussi des composantes d’émancipation fondamentale.
    4. Le panthéisme n’a pas lieu d’être critiqué et rejeté a priori : il a le mérite de maintenir la valeur imprescriptible de l’immanentisme (Giordano Bruno ; Spinoza ; Charles Darwin).

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