Meurtre en Kabbale, la critique
Très franchement, lorsqu'on apprend qu'un docte professeur (pléonasme) d'Université, philosophe et historien des religions de surcroît, s'est échappé du monde des articles universitaires et des essais et études de type Chemins de la Parole dans l'oeuvre de Philon d'Alexandrie dit, "le juif", une seule expression vous vient aux lèvres : Doux Jésus ! (même si Jésus est le titre d'un livre que ce chercheur a publié en 2007).
Baudouin Decharneux chercherait-il une notoriété nouvelle en dehors des étroits (nous n'avons pas dit obtus) cercles universitaires ? Ou a-t-il voulu se faire plaisir (la recherche du plaisir est un concept fort peu catholique, surtout si elle est solitaire) ? Bon ! Il a fallu se décider à tourner la couverture marquée des traditionnels équerre et compas ensanglantés surmontés cette fois d'une balle de golf frappée d'un G. L'originalité du roman réside certainement dans le choix du préfacier puisqu'il s'agit ni plus ni d'Eric de Beukelaer, un... abbé, qui plus est porte-parole des évêques de Belgique. Le compère de Baudouin Decharneux avait déjà écrit avec lui Une cuillère d'eau bénite et un zeste de soufre. Il prend quand même ici la précaution de signaler qu'entre la sensibilité maçonnique et l'esprit du Catholicisme, (...) il existe bien plus que des nuances de différence. Par contre, l'argument de départ (un frère franc-maçon assassiné devant l'entrée d'une loge) peut sembler bateau. Il ne faudrait cependant pas s'y arrêter. S'il s'agit bien d'une enquête sur fond de meurtre, la recherche du coupable n'a guère d'importance. En fait, on prend beaucoup plus de plaisirs à suivre Decharneux dans ses évocations des milieux universitaires, maçonniques (avec ses petits travers), golfiques et même à observer la vie de famille et surtout de couple du protagoniste, le professeur Julius Alexander. Et, pour les mystères, le livre est parsemé d'"enseignements" sur la Kabbale (mouvement philosophique né au sein du judaïsme médiéval) que l'on évitera désormais de confondre avec la cabale (mot qui vient du latin et non de l'hébreu et qui par extension est devenu en français synonyme de rumeur. Comme quoi, on peut lire un roman policier et en retenir quelques éléments que l'on pourra toujours glisser dans une conversation !
Lundi 12 Octobre 2009
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