55 jours pour prendre conscience ?

Publié par Géplu

C’est sur le site Actu.fr que l’on apprend que la loge du GODF de Cahors « Gambetta » a diffusé une tribune titrée « 55 jours pour prendre conscience ? ». Un appel pour « Un monde pour tous bâti par tous ! »

Un appel qui commence par Nous vivons de tristes et de bien sombres heures ! Une crise sanitaire mondiale dont l’issue nous semble lointaine et inaccessible… et qui se termine par Tentons de garder en mémoire les leçons du passé, l’expérience de l’histoire, tout en se projetant et en nous tournant vers un nouvel avenir… 

lundi 18 mai 2020
  • 10
    Peter Bu
    28 mai 2020 à 13:33 / Répondre

    « Le Livre blanc » paraîtra au plus tôt début 2021. N’est pas un peu tard?
    J’ai tenté de convaincre, sur ce forum, les loges de profiter du temps disponible grâce au Covid19 pour réfléchir sur notre rôle et contribution au changement nécessaire de notre civilisation, puis de convaincre les dirigeants des obédiences de profiter de ces réflexions pour enrichir le débat public.
    Malgré plus de 20000 lecteurs de ces contributions, je crains que mes textes n’aient été que des coups d’épée dans l’eau.
    Heureusement, la société civile cherche des solutions à la crise générale du monde. Si vous voulez avoir un résumé de la situation, puis-je vous inviter à lire hthttps://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/160420/confinement-et-apres

  • 8
    Patrice
    19 mai 2020 à 09:23 / Répondre

    Bonjour a toutes et tous
    De puis quelques jours il me semble faire erreur en ouvrant Hiram.be. Je me retrouve sur un site politique sur lequel de normbreux debats dont certains sont y’a qu’a …. faut qu’on …
    N’y a t- il pas des instances autres pour des debats politiques … que sur un site maconnique
    Mais peut-etre est il plus facile de s’epancher ici dans des grands textes politico ….que de faire des textes de reflection reellement Maconniques

    Bien Fraternellement

    • 9
      Désap.
      19 mai 2020 à 11:02 / Répondre

      8 – Oui, et puis tu as le choix puisqu’il y a également débat religieux https://www.hiram.be/pour-sortir-dune-polemique-futile/, l’ensemble avec son cortège de réflexions au ras des pâquerettes, les uns « y’a-qu’à-faut-qu’on », les autres « on n’impose rien de religieux mais si on ne convient pas que tout est basé sur la Bible on n’est pas maçon ».
      Tiens, moi je vais aller au PS pour voir si je peux rendre service et à l’église discuter avec mon curé préféré, un gars génial qui n’a jamais jugé personne.

  • 6
    Mai 68
    18 mai 2020 à 18:11 / Répondre

    Il a été dit ; c’était mieux avant, ce sera mieux après … Et entre les deux le livre blanc du GODF ?
    Soyons humbles et proposons quelques idées originales à extérioriser.

  • 4
    ERGIEF
    18 mai 2020 à 13:52 / Répondre

    Entre 50 à 100 millions de morts, c’est le bilan de la grippe « espagnole » concomitante en Europe à la 1ere guerre mondiale, et ses 20 millions de victimes supplémentaires. C’est à dire à une situation humaine et économique de toute évidence largement plus catastrophique encore que celle que nous affrontons.
    Et l’histoire des hommes est émaillée de drames de cette ampleur depuis les origines.
    Mais, comme en 1939, nous avons tout oublié, comme si nous n’avions jamais rien appris.
    Enfants gâtés, planqués sous le principe de précaution, nous pleurnichons sur notre sort.
    Si l’un d’entre nous ose dire qu’il faudra travailler plus et qu’il faudrait peut-être réduire la durée des vacances, on voit se dresser des excités qui veulent l’amener au bûcher.
    Sans compter les écervelés qui en rajoutent une couche en recommençant à manifester le samedi en costume d’accidentés de la route…
    J’ai honte pour cette espèce humaine qui se comporte comme un troupeau de veaux (confer Ch. de Gaulle).
    Heureusement que sur le chantier, au milieu de la multitude qui taille des pierres, il y en a encore quelques uns qui érigent une cathédrale.

    • 5
      ASTERIX
      18 mai 2020 à 18:03 / Répondre

      A l’ami Ergieff
      Je vous cite « Enfants gâtés, planqués sous le principe de précaution, nous pleurnichons sur notre sort.
      Si l’un d’entre nous ose dire qu’il faudra travailler plus et qu’il faudrait peut-être réduire la durée des vacances, on voit se dresser des excités qui veulent l’amener au bûcher. »

      Vous parlez de qui pour évoquer les enfants gâtes il faudrait être plus précis. Je connais des profanes et même des FF et des SS qui ne finissent par leurs fins de mois, j’aurai pu dire leur faim de mois pour leurs enfants. Qu’ils y en aient qui manifestent quoi de plus normal dans une démocratie…Vous préféreriez un pays où l’on n’a pas le droit de manifester?
      Quant aux veaux ce ne sont peut être pas ceux auxquels vous pensez, il y a encore des hommes libres dans ce pays, la multitude comme vous dites avez un zeste d’une condescendance par très fraternelle à l’égard de nos frères en humanité, cette multitude souvent les derniers de corvée ont montré qu’ils étaient utiles tous les jours, alors que les bâtisseurs de cathédrale vous deviez penser aux premiers de cordée étaient aux abonnés absents pour beaucoup d’entre eux et leur inutilité en la circonstance s’étalait au grand jour. .
      A ce sujet, il faudrait écouter https://www.youtube.com/watch?v=dR0DF8znfuQ
      pour avoir une idée et se rendre compte que les écervelés ont tout de même un cerveau.
      Sans rancune aucune…juste un peu de distance.

      • 7
        ERGIEF
        18 mai 2020 à 21:26 / Répondre

        Manifestement vous ne connaissez pas l’anecdote du bourgeois, du simple tailleur de pierre et du compagnon fini. Relisez les classiques ça vous permettra de ne pas politiser mon propos et lui conserver son sens symbolique 😊

  • 3
    Lazare-lag
    18 mai 2020 à 13:27 / Répondre

    Cet article, plus exactement cette tribune émanant de la R.L. Gambetta sise à Cahors, m’inspirent deux petites pensées qui ne tiennent pas principalement au fond, aux idées qu’il exprime mais plutôt à la forme, notamment en termes de diffusion du texte.
    – – –
    Il semblerait qu’ici, un communiqué local d’une loge du G.O.D.F. a été repris par un organe de presse, fût-il à portée régionale, peu importe, mais il a été bien repris et sa diffusion est bien réelle.
    J’observe par là qu’il bénéficie ainsi d’une diffusion, certains la jugeront malgré tout restreinte, mais de loin bien supérieure à la plupart des communiqués du G.O.D.F., lesquels sont quasiment tous ignorés de la presse profane, profane et nationale.
    C’est un point positif à porter au crédit de nos FF:. cadurciens.
    Peut-être un exemple dont pourraient s’inspirer et les loges et les obédiences qui souhaitent communiquer un peu plus loin que nos immédiats parvis.
    On n’arrête pas de nous seriner qu’il faut communiquer avec le monde séculaire, qu’il faut donner une image ouverte sur le monde de nos activités ou pour le moins de nos aspirations maçonniques, voilà un bel exemple à méditer sans doute, sur la méthode.
    Et on observera que cette méthode de la tribune publiée n’empêche pas de préserver le secret d’appartenance et l’anonymat des membres de la loge à l’origine de cette tribune.
    – – –
    Ceux qui auront pris la peine d’aller lire l’intégralité de cette tribune, auront observé au milieu du sceau de la R.L. Gambetta la présence d’une montgolfière, d’un ballon, symbole absolument pas maçonnique parmi d’autres symboles qui nous sont plus familiers.
    D’abord, se souvenir, ou découvrir, que Gambetta étant natif de Cahors, alors on n’a pas à s’étonner qu’une loge porte son nom au chef-lieu du département du Lot.
    D’autant que Léon Gambetta était un frère mais, si je ne m’abuse, c’est à Marseille qu’il fût initié et non à Cahors même.
    Quant au ballon, j’imagine qu’il s’agit-là d’une allusion à celui qu’il utilisa pendant la guerre franco-allemande de 1870.
    Sauf erreur historique de ma part, Paris étant encerclé par les prussiens, le gouvernement avait eu le temps de se replier sur Tours, Gambetta souhaitait le rejoindre, surtout pour y impulser sa marque et le diriger de son autorité.
    Utiliser un tel ballon pour franchir les lignes ennemies sans être dérangé serait, semble-t-il, une idée suggérée par Nadar, l’un des tous premiers photographes de renom, peut-être y avait-il recours lui-même pour quelques photos aériennes, les premières du genre.
    – – –
    Du coup, ceux qui me connaissent savent bien que l’humour n’est jamais très loin avec moi, pourquoi pas ne pas marier les deux méthodes pour diffuser une tribune maçonnique?
    Un lâcher d’écrits maçonniques depuis une montgolfière cela ne passerait certainement pas inaperçu. La parole maçonnique arrivant sur la population par la voûte étoilée, ça ne serait vraiment pas banal.
    Mais peut-être que là, je dérape drôlement…
    – – –
    P.S.: et au fait, les frères Montgolfier, les inventeurs du dit ballon, francs-maçons ou pas?

  • 2
    yonnel ghernaouti, YG
    18 mai 2020 à 10:08 / Répondre

    Dans l’article du 1er mai dernier intitulé « AUDIOCONFÉRENCE AVEC MACRON : LE DH DONNE UN COMPTE-RENDU » https://bit.ly/2xoWLwN était évoqué le « Livre blanc du GODF », ouvrage qui se présente ainsi : « Au travers de la rédaction de ce « livre blanc », il est proposé aux loges un espace pour une réflexion conçue et réalisée par l’ensemble des Frères et Sœurs du Grand Orient de France. »
    Je vous en recommande la lecture. Riche, intéressante et instructive. Après un éditorial du Grand Maître du GODF et un préambule, vous pourrez prendre connaissance du schéma général du Livre Blanc, vous pourrez aussi, avec méthodologie, voir abordés les points suivants : « Le citoyen, l’État, le monde… », « L’individu et la société » et « Un nouvel horizon : une prospective maçonnique ».
    Une façon de répondre aux attentes des SS & des FF concernant le jour d’après…

  • 1
    Astérix
    18 mai 2020 à 07:53 / Répondre

    Nos FF du GO du Lot ont raison de se poser la question du demain…si nous ne voulons pas qu’il soit pire que celui d’aujourd’hui. Pour poursuivre la réflexion j’ai relevé ce texte sur le site Médiapart, il m’a paru intéressant:

    La pandémie du Covid-19 nous a précipités brutalement – et pour une longue période – dans un monde de peurs et d’incertitudes. Un monde agité de gouvernances improvisées, erratiques et par dessus tout, cyniques. Un monde issu des politiques aveugles et sourdes à tout ce qui pouvait venir entraver, ou même interpeller, leur foi exclusive en un néolibéralisme mondialisé et sans entrave.

    Chacun mesure aujourd’hui à quel point l’impact de ces politiques aura été et reste catastrophique. L’humanité comme construction anthropologique, ses longs efforts vers plus de sécurité pour les peuples et les personnes, plus de solidarité, plus de liberté et de paix, s’en trouvent profondément fragilisés, voire fondamentalement remis en cause.

    Loin de n’être que sanitaire, la crise s’est révélée environnementale, diplomatique, politique, sociale et économique ; enfin, mais ce n’est pas le moins important : démocratique. Mondiale par définition, la désorganisation née de la pandémie a mis à bas les règles d’organisation de la production et de l’échange qui prévalaient dans le « monde d’avant ». Pour autant, loin de liquider les maux de ce vieux monde, elle en a exacerbé les tares. L’urgence sanitaire a révélé l’inhumanité qui s’attache aux inégalités sociales, économiques, d’accès aux droits. Le confinement les a cruellement aggravées, singulièrement pour les personnes privées de droits, les SDF, les étrangers, les détenus…

    L’heure, nous dit-on, est au déconfinement. Acceptons-en l’augure, même si sa mise en œuvre s’accompagne de confusions, de mesures anxiogènes et culpabilisatrices, d’un projet inquiétant de traçage et de mise en fichier des personnes. Reste à déterminer de quoi ce déconfinement sera l’antichambre. Que voulons-nous faire, vers quoi voulons-nous aller et, comment souhaitons-nous y parvenir ?

    Nous ne retrouverons pas le monde « d’avant ». Nous ne regretterons certes pas ses tares, illustrées jusqu’à la caricature par l’exercice gouvernemental durant la crise.

    Confronté à ses responsabilités sur des enjeux de vie et de mort, le président de la République a adopté une posture grandiloquente, multiplié mensonges, dénis de responsabilité, voltes faces, approximations et contradictions. D’un bout à l’autre de la crise, la décision solitaire a été privilégiée.

    Dans un climat aussi anxiogène, rumeurs et réflexes de peur s’épanouissent, au détriment du débat, de la confiance et d’une réflexion commune sur ce qu’il convient de faire et, surtout, de comment le faire. La stigmatisation morale ou physique des plus démunis, des exclus, des étrangers, des handicapés et des plus fragiles en a suivi, comme s’il s’agissait, à travers leur mise à l’écart et le déni de leur dignité à être, de refouler toujours davantage, toujours plus aux marges, la part la plus « faible » de notre humanité.

    L’autoritarisme a naturellement accompagné le mouvement. Car l’enflure du pouvoir personnel, pour ridicule qu’elle soit, traduit une véritable conception de l’exercice du pouvoir et une pratique qui en modifie substantiellement le cadre juridique. Ce, jusqu’à altérer lentement mais sûrement l’idée même que nous faisons, les uns et les autres, de nos droits et libertés.

    Sous couvert d’urgence sanitaire, la loi du 23 mars 2020 a ainsi autorisé le Premier ministre à prendre toute une série de mesures générales restreignant de nombreux droits et libertés et qui pourraient se prolonger au-delà de la fin de l’état d’urgence sanitaire, fin sans cesse renvoyée à plus tard… C’est aussi cette loi qui a permis au gouvernement d’adopter par ordonnance des mesures dérogatoires au Code du travail dans les domaines… du temps de travail.

    Aux premiers jours de la pandémie, la Haut-commissaire aux droits de l’Homme des Nations-Unies, Madame Michelle Bachelet, avait affirmé que dans cette période « les droits de l’Homme doivent être au cœur des décisions ». Le dispositif juridique du gouvernement se situe aux antipodes. Au point que la Commission nationale consultative des droits de l’Homme s’en inquiète, soulignant qu’il « conduit à une concentration entre les mains de l’Exécutif du pouvoir de restreindre les droits et libertés que la République n’a jamais connue en temps de paix. »

    Le constat est d’autant plus préoccupant que tout au long de la crise, le parlement n’a eu aucun moyen de remplir sa mission de contrôle de l’Exécutif. Le contrôle juridictionnel, a été réduit, voire empêché. Enfin, le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État, saisis tous deux des débordements de l’Exécutif ont, pour le premier admis une violation patente de la Constitution et, le second, s’est quasi systématiquement incliné, signant ainsi la défaite du droit face à la raison d’État.

    Ainsi, la défense d’une certaine conception de « l’ordre public sanitaire » l’a largement emporté sur la protection des droits et libertés dans le contrôle de leur proportionnalité. Les décisions prises ici et là par quelques préfets et quelques maires en mal de toute puissance, les bouffées de violence dans des quartiers populaires exaspérés par une présence policière aux allures provocatrices, ne sont finalement que des manifestations logiques d’une construction légale de plus en plus asphyxiante.

    Le risque n’a donc jamais été aussi grand de voir, coup de gomme après coup de gomme passés sur les droits et les libertés, le citoyen ramené à son corps défendant au statut de sujet.

    Aux antipodes de cet exercice autocratique et étouffant du pouvoir, la société civile, elle, a multiplié les initiatives de solidarité, marquées de dévouement et d’altruisme. C’est le courage de celles et ceux qui ont assuré la continuité de la vie sociale, la mobilisation héroïque des personnels soignants et hospitaliers malgré un scandaleux contexte de dénuement, l’engagement des salariés des services publics, de ceux de l’éducation, des services territoriaux, des avocats et des bénévoles associatifs et des services au public… Au-delà, ces femmes et ces hommes, prêts à risquer leur vie pour les autres, ont clairement signifié leur volonté de rupture avec un modèle sacrifiant, en toute connaissance de cause, la biosphère et avec elle, notre humanité.

    C’est dans ce contraste saisissant que s’enracinent les aspirations à un « jour d’après » et la multiplication des appels, projets, plaidoyers pour un « plus jamais ça ». Tous convergent pour désigner un horizon d’attente marqué du primat de l’écologie, animé par l’urgence climatique, structuré par la réappropriation du sens de la vie, du travail et des solidarités. Tous posent la question d’une juste redistribution pour répondre à ces besoins. Tous portent en filigrane la marque de conflits qui animent de longue date le débat public.

    Tandis que des voix syndicales et associatives désignent comme coupable un productivisme néo libéral mortifère, de grands acteurs économiques plaident en coulisses pour, « raison » économique oblige, obtenir la levée des réglementations liées aux enjeux climatiques. Des experts en chambre proposent des schémas d’une démocratie renouvelée du sol au plafond, clés en mains. Ici on prône le « retour de l’État », là, on plaide pour de nouvelles proximités territoriales…

    Le débat est donc posé, largement. Il met en scène la complexité des intérêts en jeu, la vivacité de leurs affrontements et la diversité des alternatives. Il pourrait constituer une chance pour la démocratie, pour nous tous.

    « Pourrait » car si ces projets s’expriment sans entraves – encore qu’inégalement – dans la sphère médiatique, ils sont lourdement grevés par les conditions dégradées des droits et des libertés dans notre pays et au-delà. Pendant que les acteurs de la société civile et du monde du travail déployaient des trésors de courage, de mobilisations et d’inventivité, il a fallu, dans tout le pays, batailler pied à pied contre l’arbitraire, pour la dignité des aînés, pour la sécurité des femmes confrontées à une promiscuité lourde de violences, pour un droit égal aux soins, pour des mesures protectrices des détenus, des migrants et des retenus, des sans-abris, des mineurs et des jeunes en difficultés. Il a fallu saisir la justice de décisions pétries de mépris et fondamentalement liberticides.

    Cette contradiction entre un appareil d’État de plus en plus lourdement répressif et une société qui aspire, dans ses manifestations, à plus de débats, plus de solidarité, plus de libertés, plus d’égalité, plus de fraternité, plus de droits effectifs est au cœur d’une possible réappropriation d’un avenir commun.

    Les temps à venir s’annoncent donc difficiles. Derrière le déconfinement et « l’après », d’énormes intérêts économiques sont en jeu et les acteurs qui les incarnent sont fermement décidés à « tout changer pour que rien ne change » si ce n’est dans leur seul intérêt. De quels droits, de quelles libertés avons-nous besoin pour aller de l’avant ? Dans quelle architecture légale devons-nous les penser ? Et quelle place sommes-nous décidés à leur donner ? S’agit-il d’en faire l’axe, le pivot des changements ou de les considérer comme plus ou moins importants, selon la conjoncture et les intérêts prioritaires du moment ?

    Pour conjurer des réponses adoptées à la va-vite et des décisions prises sans examen, pour éviter que ne prévalent une fois de plus des calculs égoïstes, nous avons effectivement besoin de déconfinement, de débats, de confrontations d’idées et de décisions. Nous avons besoin, collectivement, de veiller sur les droits et les libertés sans lesquels aucun projet ne peut espérer s’imposer à un passé déterminé à imposer ses lois.

    Si nous ne voulons pas que le jour « d’après », soit pire que le jour « d’avant », et le risque est réel, il nous faut réaffirmer la primauté et l’effectivité des droits selon le seul fondement qui vaille : la liberté et l’égalité d’une humanité partageant sans hiérarchie l’ensemble vivant que porte notre planète.

    L’universalité des droits doit de même être revisitée, loin de toute uniformité, au travers d’une construction et d’une réappropriation dynamique par les individus comme par les peuples. Cette universalité sera légitime si, autour d’un socle indérogeable, elle représente, protège et développe la diversité de l’humanité, de ses peuples, de toutes leurs cultures.

    Il n’y a donc pas à choisir entre droits civils et politiques et droits économiques et sociaux. Nous devons au contraire refonder cette indivisibilité des droits autour d’un intérêt général réévalué à la lumière de la crise et pensé à l’échelle de l’humanité, de sa primauté sans jamais ignorer l’initiative et la liberté de chacun. Cette indivisibilité doit enfin exclure tout rapport de domination entre l’humanité et la planète, les deux formant un tout indissociable.

    Voilà ce dont il nous faut débattre si nous voulons penser l’après, accélérer la mue du réel, en déterminer le sens, l’organiser autour de « biens communs » constitués et reconnus, garants d’une humanité rendue à elle-même.

    Paris, le 7 mai 2020

    Malik Salemkour, président de la LDH

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