Albert Pike, réformateur du REAA

Publié par Géplu
Dans Edition

Le 19 juin 2020, à Washington, des activistes du mouvement « Black Lives Matter ! » font choir la statue du général sudiste Albert Pike, et tentent d’y mettre le feu. Cette statue avait été érigée en 1901 à la demande des francs-maçons américains. Quelle en était la raison ?

Antiabolitionniste, Albert Pike, Très Puissant Souverain Grand Commandeur ad vitam de la Juridiction Sud, reste une pièce clé du Rite Écossais Ancien et Accepté, système de Hauts Grades le plus pratiqué du globe. Il a en effet reformulé ses cérémonies et redéfini ses valeurs morales et philosophiques. Ces dernières sont encore le motto des Juridictions Sud et Nord ; ces organes donnent toujours le « la » pour la Maçonnerie mondiale de ce Rite.

Pour la première fois dans le monde francophone, un chercheur moderne du Rite publie un ouvrage étoffé sur ce dignitaire, après avoir consulté ses bibliographies, élogieuses (dame, il fallait bien justifier la statue !), et étudié de manière critique la révision des rituels Magnus Opus effectuée par Pike ; il en fait de même pour sa somme Morals and Dogma, instruction (trop ?) copieuse et touffue destinée aux Frères du rite.

Si le personnage et ses écrits peuvent désormais faire l’objet, comme le film Autant en Emporte le Vent actuellement, d’une « contextualisation », Pike n’en reste pas moins un personnage haut en couleur, aux nombreuses facettes, hors-norme, et généreux, notamment par les rapports cordiaux qu’il entretint avec les Amérindiens qu’il défendit en tant qu’avocat. Les fondements moraux et philosophiques (essentiellement métaphysiques) de sa pensée méritent d’être connus, ne serait-ce que par leur impact toujours actuel sur les valeurs du Rite, mais aussi sur certaines cérémonies pratiquées sur le continent.
Bien peu en sont toutefois conscients, raison de plus pour les découvrir…

___________________________________
Albert Pike, Américain sudiste et réformateur du REAA, par Michel Jaccard. Aux Editions Cépaduès, chez Amazon ou de préférence dans la librairie la plus proche de votre domicile. ISBN :

mardi 6 octobre 2020
  • 39
    Jean_de_Mazargues
    12 octobre 2020 à 15:07 / Répondre

    Réponse @ Adrien C n°37. Très facile : impossible de trouver un F de la GLNF ou de la GLDF qui remette en cause l’essence de la maçonnerie (l’Art Royal, la méthode symbolique progressive, le respect des rites, les décors, la primauté du travail sur soi). En revanche, que ce ce soit sur ce blog, dans mes relations avec les FF et SS au GODF, c’est courant et constant. Inutile de faire de la statistique.

  • 32
    Michel Jaccard
    11 octobre 2020 à 11:51 / Répondre

    Peut-être un commentaire pour Pierre Noël. Certes, bien des rituels proposés par Pike sont considérés comme imbuvables par bien des maçons contemporains. Toutefois, mes recherches ont montré que les rituels du IV et du IX pratiqués en Europe, par exemple, ont souvent pris leur inspiration de la révision effectuée par Pike. Peut-être Pierre prendra-t-il connaissance avec intérêt de cette partie de mon ouvrage, dont le but n’était pas en priorité de gloser sur l’engagement sudiste du brigadier général.

    Ces rituels n’ont donc pas été aussi rejetés qu’on pourrait le croire. Enfin, à mon sens, ce qui est vraiment imbuvable dans la révision proposée par Pike, ce sont les exposés de fin de tenue qu’il propose et qui prennent de deux à cinq heures.

    • 33
      pierre noel
      11 octobre 2020 à 14:36 / Répondre

      Je sais, grâce aux travaux de Michel Hermand, qu’il y eut une correspondance suivie entre Pike et le général Renard, SGC du SCDB, avec échange de rituels, notamment du 4° et du 33°. Une trace s’en trouve dans les bulletins du SC archivés par les soins de Michel.
      Les rituels utilisés en B (notamment ceux-là) sont inspirés des rituels de Pike sans en être jamais une copie .
      Un de mes amis a assisté au 33° actuel à Charleston et a pu constater qu’il était très proche de celui pratiqué à Bruxelles.

      • 40
        pierre noel
        12 octobre 2020 à 15:27 / Répondre

        Il faut lire « An Historical Inquiry in Regard to the Grand Constitutions of 1786 » d’Albert Pike
        (Kessinger Publishing, 2010 – 94 pages) de 1883

        Il y explique pourquoi il croit à la fable de Frédéric II, signataire sinon rédacteur des Grandes Constitutions de 1786, ce que croyait aussi Goblet d’Alviella au XIX° siècle.
        Les auteurs Allemands n’y ont jamais cru (Lantoine non plus)

        Ce commentaire est compris dans un livre essentiel à l’amateur car il contient l’intégrale de la version dite française des Constitutions (en En et en Fr), de la version latine (en latin avec tr) et surtout le texte des Constitutions Secrètes (en EN malheureusement) qui décrivent vraiment le système délirant imaginé par les inventeurs (français) du rite

    • 34
      pierre noel
      11 octobre 2020 à 16:31 / Répondre

      Pour être plus précis, le Magnum Opus ne contient pas le 33° degré. Renard le demanda précisément à Pike qui le lui envoya séparément.
      Que reste-t-il de Pike dans les textes utilisés actuellement (en B) ?.
      De toute façon, ce n’est pas le lieu pour en parler.’

  • 24
    pierre noel
    9 octobre 2020 à 17:08 / Répondre

    Pour qui s’intéresse au REAA nord-américain, je conseille la lecture des « Original and Complete Rituals, 4°- of the first Supreme Council 33° at Charleston, South Carolina », transcrit et réédité en 1995 par Poemandres Press, Boston & New York. Ces rituels ont été transcrits au départ de documents appartenant à Giles F. Yates qui appartint aux deux SC des USA, nord et sud. Il était en possession des rituels de F. Dalcho (en 1829, JJJ. Gourgas, NJ, écrivit à Moses Holbrook S J, et lui demanda une copie du 33° de Charleston). Ces rituels (423 pages) datés de 1801 ou 1802 sont d’une lecture agréable et rappellent par bien des aspects le manuscrit Francken de 1783 (réédité récemment par le SC NJ dans une édition luxueuse). L’éditeur ne garantit pas l’authenticité de ces rituels, redécouverts en 1938, mais ils sont probablement un état des rituels avant la révision/adaptation de Pike (je ne cite pas les discussions que cette transcription a suscitée chez les spécialistes !).
    Albert Pike publia la première version de ses rituels révisés sous le nom « Magnum Opus » ou « Great Work » en 1857 (4 ans avant le début de la guerre civile). Cette œuvre monumentale (disponible chez Kessinger Publishing Company, Montana) ne fut imprimée qu’à cent exemplaires, dont il ne subsiste qu’une centaine d’originaux. Pike avait reçu les degrés écossais jusqu’au 32° en 1853 à Charleston. Il ne devint SGC qu’en 1861. Jusqu’à la fin de sa vie (1891), il révisa les rituels, divisés alors en fascicules séparés. Les rituels pratiqués de nos jours ne sont PAS ceux du Magnum Opus.
    Heureusement ! Ils sont imbuvables.

    • 29
      yasfaloth
      9 octobre 2020 à 23:26 / Répondre

      Ok merci, je ne connaissais pas !

    • 31
      pierre noel
      10 octobre 2020 à 20:36 / Répondre

      Excusez la bévue : « Les rituels pratiqués aux USA ne sont plus ceux de Pike-1857 » . En Europe (en B du moins), ils ne le furent jamais.

  • 19
    MarcosTestos
    9 octobre 2020 à 15:10 / Répondre

    Je suis sidéré par la capacité de certains sur ce blog à vouloir polémiquer à tout prix, sur n’importe quel sujet, tout ça pour avoir l’impression d’exister! Car comment qualifier autrement ceux qui mélangent allègrement et sans scrupule sexisme et FM puis,continuant leurs délires, associent sexisme et racisme ? Dans le même genre d’inepties, que dire des autres qui accusent la FM « d’imposer aux soeurs des rituels élaborés par des hommes pour des hommes ( au sens restrictif d’individus masculin) ».On tombe sur la tête ! Faut il s’excuser d’être un Homme, individu masculine ?

    • 22
      Désap.
      9 octobre 2020 à 16:28 / Répondre

      19 – Ah mais c’est pire que ça Marcos, d’où le rituel aurait-il un genre ?
      L’initié n’est-il pas censé établir sa réflexion hors de toute contingence ?
      Si Hiram s’appelait Irène, ceci changerait-il qque chose au sens de la légende ?
      Futilités profanes !
      Que le Grand Maitre Architecte se décide à travailler son grade de Maitre, il en saisira les rudiments.

      • 23
        yasfaloth
        9 octobre 2020 à 17:05 / Répondre

        Tant qu’on s’imagine que la maçonnerie est juste une affaire d’intellect : effectivement !
        Par contre quand on commence à se coltiner au « Soi »…
        .
        Livre important pour aborder ce problème dans un optique féminine : « Femmes qui courent avec les loup » de Clarissa Pinkola Estés.

        • 26
          joab's
          9 octobre 2020 à 18:50 / Répondre

          Ca ne fait toujours pas argument. Tu n’as toujours pas exposé en quoi il y aurait un côté « mâle » dans la FM … J’ai de la peine à comprendre, toi que je rejoins sur des sujets societaux, comment tu peux te complaire dans cet etrange fantasme d’une masculinité dans la FM …

          • 28
            yasfaloth
            9 octobre 2020 à 23:23 / Répondre

            Tu remarqueras que je n’ai jamais écris que la « FM » était masculine, mais, je le répète que ses rituels ont été « mis au points » par des hommes pour des hommes, ce qui, je pense, est difficile à nier pour ce qu’on en sait historiquement.
            .
            Ce qui ne veut pas dire non plus que des femmes ne peuvent pas s’épanouir dans cette maçonnerie d’essence masculine, mais que c’est juste plus difficiles pour elles car elle doivent y rajouter une « interface » avec leur nature profonde féminine (voir Pinkola Estès), là je rentre sur un champ de mines, je sais…donc je ne m’étendrais pas. Pour info une de ces femmes dont je parle dans l »autre post a presque entièrement parcouru l’ensemble du REAA.
            .
            Quand au Soi, évidemment qu’il est de nature androgyne… encore faut il l’expérimenter personnellement et non réciter un mantra livresque… le chemin qui y mène, par contre, lui est « genré », si on admet que la notion de « genre » est pertinente évidemment.

            Ce n’est pas pour rien que dans la quasi totalité des initiations « traditionnelles » celle des femmes est différentes de celles des hommes (et en général secrète pour l’autre sexe).

            • 35
              Désap.
              12 octobre 2020 à 10:07 /

              28 – Je suis curieux de connaitre le détail de « la quasi totalité des initiations « traditionnelles » (où) celle des femmes est différentes de celles des hommes (et en général secrète pour l’autre sexe). » Lesquelles ?
              Hors Monothéisme, pas celles de l’Antiquité toujours, les seules pour l’Orient et l’Occident méritant d’être qualifiées d’initiation.
              Je me permets de rappeler que nombre de femmes furent Pharaons, soumises à un rite unique, et que les Grecs traitaient de l’Homme universel.

            • 41
              yasfaloth
              12 octobre 2020 à 18:20 /

              @35
              .
              Mircea Eliade : « Initiation, rites, sociétés secrètes », page 25 (par exemple) de mon exemplaire de poche (idées/gallimard) :
              .
              « La deuxième catégorie d’initiation comprends toutes les espèces de rites d’entrée dans une société secrète, dans un Bund ou dans une confrérie. Ces sociétés secrètes sont réservées à un seul sexe et sont très jalouses de leurs secrets respectifs… »

        • 27
          Désap.
          9 octobre 2020 à 18:55 / Répondre

          23 – Le Soi ?
          Mais le Soi, mon cher, justement n’a pas de genre.

          • 30
            MarcosTestos
            10 octobre 2020 à 17:43 / Répondre

            👍 Bien vu Désap 🙌

  • 14
    joab's
    9 octobre 2020 à 10:06 / Répondre

    Le personnage de Pike ne m’interesse pas, pas plus en tant que FM, n’etant pas un fanatique de la monoculture REAA qui, hélas est tant assénée parfois.
    Mais ce sont les reflexions annexes qui m’interpellent :
    – Les statues : elles n’ont pas vocation à raconter l’histoire, mais à mettre en évidence le personnage reprsenté comme un modèle, au moins dans un domaine particulier. Donc une fois que Sadam Hussein, qui fait partie de l’histoire, n’est plus le modèle à suivre, il est normal que sa statue disparaisse en Irak.
    – La question du racisme que nous trouvons odieux (heureusement) ou plus précisément pour ce qui nous concerne la discrimination de loges selon la race ne peut être isolée d’autres discriminations tout aussi odieuses … comme celle pratiquée (et imposée aux loges) par la GL de Georgie … et bien entendu le sexisme forcé, imposé aux loges jusqu’en Europe par certaines GL.

    Alors, y aurait-il en FM des discriminations acceptables (contre les femmes et les homos) et d’autres qui deviendraient condamnables (contre les noirs) de nos jours ?
    Il me semble que pour être crédible à s’en prendre à la discrimination raciste … on doit préalablement abandonner la discrimination sexiste… OK ! Ca va encore déclencher des fureurs … défendant cette liberté de pratiquer (et imposer) le sexisme … pourquoi pas alors liberté à imposer la discrimination raciste ?
    D’ailleurs : y compris en Europe, il existe des loges mono-colores de peau comme des loges monogenre … et celà ne pose aucun problème. Ce qui en pose c’est d’imposer aux loges par l’obedience une couleur de peau, un heterosexualité ou un genre.

    • 18
      Jean_de_Mazargues
      9 octobre 2020 à 14:47 / Répondre

      Mon cher Joab’s, où est le sexisme forcé en France vu que tu as le choix ? Tu peux maçonner mixte, entre hommes ou entre femmes. Les trois options sont ouvertes. Je ne vois pas le problème (je suis membre d’une obédience mixte).

      • 25
        joab's
        9 octobre 2020 à 18:20 / Répondre

        oui, comme entre blancs uniquement, entre noirs uniquement ou sans discrimination !
        Nobre de FM ne se rendent même plus compte à quel point c’est honteux !

  • 12
    Michel Hermand
    9 octobre 2020 à 07:41 / Répondre

    Bonjour à tous! J’ai lu l’ouvrage de Michel Jaccard: il est vraiment intéressant, notamment par la comparaison de divers rituels en version Francken/Dalcho/Pike. Et il m’a fait découvrir quelque chose que je n’avais jamais remarqué: Pike n’était pas encore 33e quand il a mené à bien sa première révision des rituels (le Magnum Opus). Excellente journée!

  • 11
    LECOSSAIS
    8 octobre 2020 à 16:11 / Répondre

    …je suis, avec grand intérêt, cette discussion sur A.Pike et son passé de Confédéré; merci, mes FF, pour cet éclairage instructif.
    Si nous devions jeter le bébé avec l’eau du bain, nous, Maçons, il nous faudrait également nous débarrasser de De Grasse-Tilly et autres « Propriétaires de Plantation », autrement dit d’autres esclavagistes, pourtant figures de proue, en ce qui concerne l’Ecossime; n’est-il pas ?
    …Sourire…

  • 9
    pierre noel
    8 octobre 2020 à 11:53 / Répondre

    J’avoue que Pike n’a jamais été ma tasse de thé.
    « Morals and Dogmas » est un pavé de près de 1000 pages, confus, brouillon, sans fil conducteur, sans division logique (à chaque degré correspond un long commentaire sans rapport avec lui). En plus il n’a ni notes (les plagiats d’Eliphas Levi ne sont pas mentionnés), ni index (Art De Hoyos a récemment comblé cette lacune ).
    Ses rituels (son « opus magnum ») sont du même tabac, verbeux, illisibles et impraticables. Notons cependant qu’il n’est pas responsable de leur mise en scène (l était mort lorsqu’elle fut adopté).

    Le côté « moral » du personnage ne m’intéresse pas. Nos ancêtres ont mangé du sucre et bu du café produit par les esclaves, fumé du tabac cueilli par des esclaves, porté du tissu de coton récolté par des esclaves. Nul n’est innocent pour qui déterre les cadavres pour les punir de leurs sévices! (l’histoire est pleine de cas de ce genre)

    • 10
      yasfaloth
      8 octobre 2020 à 15:32 / Répondre

      Je l’ai lu (en anglais), pour les degrés que je pratique, sûr qu’on est dans un autre monde que le notre. Les allusion à « God » et à la religion sont omniprésentes ( coucou Desap 🙂 ), ainsi qu’une érudition stupéfiante mais quasiment sans références. Néanmoins j’ai trouvé intéressant de me plonger dans une vision du rite plus proche temporellement et géographiquement des origines que celle qu’on peut avoir aujourd’hui quand on est membre de la juridiction du SCDF et qu’on se limite à la littérature contemporaine sur le sujet.
      .
      Sinon le côté « moral » de l’individu Pike ne m’intéresse pas non plus, c’est une autre question.

  • 8
    Astérix
    8 octobre 2020 à 11:13 / Répondre

    Sachant qui était ce Monsieur Pike,et que certains s’en revendiquent, généralement des sachants se prétendant adeptes de « la pureté » du rite, cela me donne envie de démissionner de la maçonnerie.

  • 7
    Christophe Dioux
    7 octobre 2020 à 22:15 / Répondre

    Afin de bien se replacer dans le contexte de l’époque et d’éviter les simplifications, les anachronismes et les « révisions » de l’histoire maçonnique, je ne saurais trop conseiller de consulter le « Rituel du Pacificateur Américain, Prince du Tropique » du manuscrit Quesada, disponible sur le site de la Bibliothèque Nationale d’Espagne et en transcription sur celui de la fondation Latomia.

    Pour mémoire, je cita Latomia:

    «L’ouvrage « Statuts et Règlements de l’Ordre Maçonnique Écossais, Rit ancien et accepté, pour la France et les Possessions françaises de l’Amérique et des Indes » publié en 1818 par la fraction « Prado » du Suprême Conseil d’Amérique, qui se qualifiait de « Grand Orient Écossais » en parle en ces termes :

    « Le Sublime Ordre militaire du Pacificateur américain, Chev ∴ Prince du Tropique, institué le 12 janvier 1813 à l’Or ∴ de Paris par le Suprême Conseil d’Amérique est et demeure reconnu par le Suprême Conseil.
    Ce Sublime Ordre, formant la clé de la Voûte maçonnique Écossaise, sera donné à l’avenir en Suprême Conseil et par les Officiers Dignitaires de cette institution. […]»

    Bonne lecture et bonnes réflexions à tou(te)s.

  • 5
    Ledoute
    7 octobre 2020 à 09:42 / Répondre

    A voir en français Morales et dogme (2 tomes) de Albert Pike aux editions Guigue

  • 4
    YannTEPETAR
    7 octobre 2020 à 05:47 / Répondre

    Bonsoir,
    Vivant aux Etats-Unis depuis plus de 10 ans, j’aimerais apporter un éclairage différent sur le sieur Pike et la polémique qui a suivi le déboulonnage de sa statue cet été. J’ai lu sur ce site des messages –certains pourtant venant de personnes réputées comme Pierre Mollier- perpétuant pas mal de clichés.
    Je le dis de façon amicale et je n’ai nulle intention de donner des leçons à qui que ce soit.
    Tout d’abord, la Guerre de Sécession est belle et bien causée par la schizophrénie du pays entre esclavagistes et anti-esclavagistes. Je vis dans un état (le Maine) qui a été créé pour rétablir l’équilibre. Il faut arrêter une certaine sorte de révisionnisme irresponsable du genre « ah oui, mais c’est compliqué, le Nord voulait dominer économiquement le Sud. Et puis au Nord, ils étaient racistes aussi etc… » Non ! C’est bien plus simple : Pour ou contre l’esclavage. Point.
    Je vous conseille de visiter le Sud…C’est spécial. Pour avoir passé de nombreuses semaines à Richmond (Virginie) l’ancienne capitale des Confédérés, c’est assez incroyable. J’ai marché de nombreuses fois sur Monument Avenue et c’est une succession de monuments glorifiant le Sud et ses « héros ». Or si vous lisez les propos de certains de ces « héros »…Passons !

    1) Le conseil municipal de la ville de Washington a demandé DÈS 1992 que cette statue disparaisse. Cette demande a été renouvelée plusieurs fois, en 2017 et en 2020. Mais malgré la demande unanime des conseillers municipaux, le gouvernement a refusé d’agir. Or, le contexte de Washington est très particulier.

    En effet, depuis de nombreuses années le territoire du District of Columbia (la région de Washington) demande au pouvoir devenir le 51eme état. Car malgré une population de plus de 700 000 habitants, ils ne sont pas représentés politiquement au Senat ou à la Chambre des Représentants ! Les Républicains refusent catégoriquement car la population est…majoritairement noire. Et donc Démocrate.

    2) Donc imaginez maintenant le sentiment d’injustice si vous êtes noir à Washington et que l’unique représentation politique disponible ne peut pas se faire entendre. La statue de Pike était la dernière statue d’un ancien officier du Sud encore debout à Washington. Et, il existe toujours des rumeurs persistantes (je ne dis pas qu’elles sont justifiées) sur Pike et l’origine du Ku Klux Klan.

    3) Parlons de Pike ! Il est né à Boston. Dans la ville même où le débat sur l’abolition a débuté. Et pourtant, il a choisi le Sud. Qu’il ait défendu les Amérindiens, honnêtement ? Est-ce un argument ? Si votre beau-frère est un ancien de l’OAS mais a plus tard fait de l’humanitaire en Asie ; Que diriez-vous de lui ? C’est une ancienne crapule raciste et fasciste mais bon, il aime bien les Asiatiques…
    Qu’Albert Pike ait écrit un très grand livre maçonnique soit, mais Céline a écrit « Voyage au bout de la nuit » que j’adore. Cependant, je ne suis vraiment pas en faveur de l’érection d’une statue en son honneur…
    Je trouve qu’en tant que maçons, ne devrions voir plus clair et de plus haut. Son célèbre ouvrage est un classique certes, mais il n’y a vraiment pas de quoi défendre l’homme Pike. Il a eu le choix et il a décidé de porter l’uniforme Sudiste. Bien qu’étant du Nord…
    D’autres, comme le bien nommé Thomas Bramlette (Gouverneur du Kentucky) ont eu le courage de faire le chemin inverse. Question de conscience personnelle.
    Pas de larmes pour Albert Pike !

    • 6
      Jean_de_Mazargues
      7 octobre 2020 à 13:47 / Répondre

      @4 Bonjour,
      Je ne pensais pas intervenir mais le message 4 de Yanntepetar contient des erreurs historiques trop graves. Et cette affaire est importante pour la FM américaine car nous devons réfléchir sur la question de savoir comment il fut, et peut-être il est, possible aux Etats-Unis d’être maçon et raciste, ce qui me paraît être un oxymore absolu. Mais ce n’est pas une raison pour falsifier l’histoire de la guerre de sécession et de ses causes.

      La sécession de certains Etats du Sud n’était pas seulement motivée par la question de l’abolition de l’esclavage portée par le parti républicain. L’abolition de l’esclavage est in fine la question centrale, la plus importante, mais elle n’est pas exclusive, loin s’en faut.

      La première raison, simplement chronologique, de la sécession, c’est la conception de l’Union : dans les Etats qui feront sécession dominait une conception minimale de l’Etat fédéral et le renforcement de celui-ci au détriment des Etats fédérés faisait horreur à ses derniers. La sécession de certains Etats du Sud intervient ainsi dès que sont connus les résultats de l’élection qui portent Abraham Lincoln à la présidence (minoritaire en voix mais majoritaire en grands électeurs). La guerre commence dès après la sécession des premiers Etats du Sud. Ce sont eux qui attaquent. Le Nord utilise l’abolition comme cause morale de sa guerre mais en fait c’est une guerre « idéologique » sur la conception même de l’Etat, beaucoup plus large.
      Parmi les Etats qui demeurent dans l’Union, 5 d’entre eux d’ailleurs sont esclavagistes. Mais pour eux, l’Union passe avant leur droit de fédéré.

      La « cause économique » est plutôt un élément de contexte : le Nord est déjà industriel mais ses élites sont protectionnistes. Le Sud est libre échangiste parce que ses productions agricoles s’exportent. Cela a joué mais l’économie n’explique pas tout.

      Enfin, la question la plus importante car elle est à la fois politique et morale, celle de l’esclavage se pose mais selon des modalités qu’on oublie trop souvent. Lincoln pour l’imposer d’en haut aux Etats fédérés (y compris les 5 qui n’ont pas fait sécession), doit trouver une majorité qualifiée au Congrès pour faire voter un amendement constitutionnel. Il n’était pas certain d’y parvenir : il a d’abord essayé « en marge », avec la Proclamation d’émancipation de septembre 1862 mais juridiquement, c’était un peu bancal. Finalement, après de très longues négociations en pleine guerre avec les congresmen, le XIIIème amendement a été voté aux 2/3 et l’esclavage a été aboli aux Etats-Unis.

      Quant à Pike, il était raciste, il déniait les droits civiques aux Noirs. Et pas par intérêt économique (c’était un industriel, il n’avait pas de grand domaine. Il avait peut-être quelques esclaves mais il ne dépendait pas de cela) : non, par conviction, par idéologie.

      Etre raciste et esclavagiste est condamnable de tout temps : l’excuse de contexte est irrecevable. La preuve en est que le débat avait bien lieu aux Etats-Unis à cette époque et que l’esclavage fut aboli par des parlementaires, à la majorité des 2/3, tous blancs ou presque.

      Faut-il pour autant déboulonner sa statue, érigée près de 40 ans après les faits ? Bien sûr que non ! Vous pouvez condamner le passé mais vous ne pouvez pas le détruire.

      Et pour terminer, les idées racistes de Pike ne me paraissent pas compatibles avec l’humanisme maçonnique. Dès lors, j’ai du mal à m’intéresser à ses travaux sur le REAA …

      • 13
        altec
        9 octobre 2020 à 08:44 / Répondre

        @-6
        Hélas , raciste et franc- maçon n’est pas un oxymore absolu ( démonstration sur FB et autres « machins » grâce aux pseudos ou ceux qui se lâchent pensent être masqués ) ensuite il paradent en FM drapés dans les vertus.

        • 15
          joab's
          9 octobre 2020 à 12:05 / Répondre

          Oui, comme sexiste et Franc-maçon ! Et là c’est ouvertement par des organismes … et la passivité de FMs, pourtant « francs »(affranchis) normalement de quelque soumission à ces diktats odieux.
          Alors, parait qu’il y aurait des excuses au sexisme (pire, imposé !) mais pas au racisme … faut suivre …
          Il est interessant de considérer le pretexte avancé par les amateurs de sexisme : « les femmes sont libres d’aller maçonner ailleurs, comme les non-sexistes. C’est notre liberté d’imposer le sexisme. »
          Ecrivons la même chose pour la discrimination raciste : « Les noirs sont libres d’aller maçonner ailleurs, comme les non-racistes. C’est notre liberté d’imposer le racisme. » Odieux, n’est-ce pas ?
          On peut aussi remplacer noirs par « homos » comme à la GL de Georgie.
          Cette reflexion a pour but de faire réagir les militants du sexisme en FM en les mettant face à ce qui m’apparait une incohérence évidente.

          • 16
            yasfaloth
            9 octobre 2020 à 12:50 / Répondre

            Le seul vrai sexisme aujourd’hui en maçonnerie c’est d’imposer aux sœurs des rituels élaborés par des hommes pour des hommes (au sens restrictif d’individus masculins)…

            • 17
              joab's
              9 octobre 2020 à 13:18 /

              pirouette d’esquive … innatendue … et plutôt cocasse … es-tu serieux ?Et tu peux pas laisser nos frères de sexe féminin en décider s’il y aurait quoi que ce soit de « mâle » dans les rituels ?

            • 20
              yasfaloth
              9 octobre 2020 à 15:33 /

              Ont elles le choix ?

            • 21
              yasfaloth
              9 octobre 2020 à 15:39 /

              Et je suis très sérieux : j’ai passé une soirée entière récemment à discuter avec plusieurs Sœurs de cet état de fait, qui s’avère, pour certaines bien plus dérangeant, que l’existence de tenues mono-genres (qui ne gênaient d’ailleurs aucune d’entre elles).

            • 38
              MarcosTestos
              12 octobre 2020 à 13:53 /

              Si c’est le seul vrai sexisme en maçonnerie il suffit que celles qui sont générés travail sur des rituels élaborés par des femmes pour des femmes. Simple non ?

          • 36
            Jean_de_Mazargues
            12 octobre 2020 à 12:03 / Répondre

            @ Joabs 15. tes procédés rhétoriques ne sont pas ceux qu’on attend dans une discussion loyale.
            Rejeter la possibilité d’une maçonnerie masculine d’un côté, féminine de l’autre, c’est rejeter la quasi totalité de la maçonnerie mondiale. Et même en France, il demeure une majorité de FF et de SS qui travaillent dans des ateliers unisexes … Les obédiences unisexes regroupent environ 100 000 maçons, les obédiences mixtes environ 70 000. Et enfin, dans le GODF devenu mixte, les femmes sont encore minoritaires, très minoritaires, pour très très longtemps.
            Enfin, en France je note que les maçons qui remettent en cause l’essence de la maçonnerie (l’Art Royal, la méthode symbolique progressive, le respect des rites, les décors, la primauté du travail sur soi) sont dans des obédiences mixtes.
            Nous allons sans doute vers la transformation du GODF en cercle de pensée et je réalise depuis que quelque temps que la mixité favorise cette évolution…

            • 37
              Adrien C
              12 octobre 2020 à 13:52 /

              « je note que les maçons qui remettent en cause l’essence de la maçonnerie (l’Art Royal, la méthode symbolique progressive, le respect des rites, les décors, la primauté du travail sur soi) sont dans des obédiences mixtes. »
              Où as-tu trouvé les informations fiables et les chiffres pour « noter » cela ?
              .
              « Nous allons sans doute vers la transformation du GODF en cercle de pensée et je réalise depuis que quelque temps que la mixité favorise cette évolution… »
              Mais non Jean, le GO cercle de pensée, « on » ne va pas vers cela : le GODF est fier d’être une école « à » penser depuis toujours. (et non « de » pensée, nous sommes au GO des hommes et des femmes libres)
              Quant au dénigrement sous-entendu de la mixité dans ton propos…

  • 3
    Claude GODARD
    6 octobre 2020 à 19:32 / Répondre

    Bonsoir,
    Je vous suggère de lire « The better Angels of our Nature », pour éclairage…

  • 2
    )
    6 octobre 2020 à 18:59 / Répondre

    Oui, c’est vrai, il était antiabolitionniste et, à l’aune de notre éthique, vous avez tout à fait raison, rien ne peut justifier cette position. Quant à en faire le diable que certains voient actuellement, il me semble qu’il y a quand même un pas, car il n’était de loin pas le seul parmi les maçons, vraiment bien loin de là.; les FF des états du Sud l’étaient à une écrasante majorité…

    Qu’on ait souhaité embellir la vie du personnage, rien (hélas) que de très normal dans une société qui, comme toutes les autres, recherche des héros sans peur et sans reproche, mais c’est très rarement le cas. CIl est vrai aussi, que, 170 ans plus tard, en faire encore un peu une figure de proue du REAA aux USA, mais pas en Europe, car c’est plutôt Goblet d’Aviella qui est sur le devant de la scène, n’est pour le moins ni très habile, ni judicieux.

    N’oublions pas quand même que ces maçons nordistes, qui luttaient « héroïquement les armes à la main » contre l’esclavage étaient toutefois très (je dirais même plus) ségrégationnistes. Il suffit de lire les biographies des musiciens de jazz noirs se produisant à Chicago et New York avant guerre pour en être convaincus. Cette ségrégations montrait bien qu’âu Nord aussi, les Noirs étaient considérés comme une population inférieure, génétiquement, puisque c’était dû à leur couleur,.

    Quant à « rien ne peut justifier, ou « le lourd silence hypocrite » etc., cela me semble un léger effet de manche de cet écrit qui est difficile à comprendre. Les êtres humains ne sont pas d’une pièce et certains aspects contradictoires de leur personnalité coexistent et c’était le cas pour Pike, voilà tout.

    Ce qui serait intéressant de savoir, c’est pourquoi, né dans un état dit « libre », il avait adopté la cause antiabolitionniste lorsqu’il se fixa en Arkansas, état esclavagiste surtout le sud. Etait-ce parcequ’0il avait épousé la fille d’un planteur qui possédait des esclaves? Etait-ce parce qu’il assimilait les « nègres » (je mets entre guillemets pour ne pas provoquer l’ire des lecteurs) à une race inférieure (le débat n’est hélas pas clos aux USA, quand on voit les prises de positions de certains sur le QI moyen de la population noire US….)?

    Enfin, Pike est de fait peu connu sur notre continent, et, en conséquence, en Europe, peu de maçons se bouchent le nez…

  • 1
    Gonda
    6 octobre 2020 à 14:23 / Répondre

    Pike figure tutélaire de la Maçonnerie,plus particulièrement du REAA , ANTIabolitionniste !! En fait très facile à savoir depuis très longtemps mais manifestement pour les Maçons  » cachez cette horreur que je ne saurais voir » …des milliers (au moins) de « Frères »(?) se bouchent le nez et ferment les yeux de leur conscience… »Généreux, rapports cordiaux »… pourquoi pas aussi  » brave type »? Rien, rien, ne peut justifier, même en  » contextualisant » , l’antiabolitionnisme alors que d’autres ( souvent non Maçons) au même moment luttaient, parfois les armes à la main, contre les salopards propriétaires d’esclaves ou complices. Et ce monsieur a le toupet de gloser sur « Morals and… » ! Le lourd silence hypocrite attaché à lui comme à de nombreux autres devrait (aurait dû) secouer les « Frères » depuis longtemps : hélas (3x) la complicité criminelle perdure et jette pour le moins un doute non seulement sur le REAA mais aussi sur tout ceux qui se taisent et acceptent bottom Line cette filiation…Vos réactions seront éclairantes…

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