Horus est ici représenté sous une forme humaine avec une tête de faucon et dans une position hautement ésotérique. Son nom signifie « le Lointain » en référence au vol majestueux de ce rapace. Divinité cosmique associée au Pouvoir royal, ses yeux sont le Soleil et la Lune. Tout cela n’est pas sans rapport avec l’Art royal. De plus, l’œil d’Horus ou Œil Oudjat est un puissant symbole que la franc-maçonnerie a adapté à ses besoins rituéliques.

Découverte des Rites : MEMPHIS-MISRAIM ; Un Rite atypique ?

Par Géplu dans Divers

Afin de mieux connaître et comprendre les Rites, il m’a semblé intéressant de demander à quelques frères (ou sœurs) reconnus comme en étant de bon connaisseurs de nous les présenter. Premier de la série, le Rite de Memphis-Misraïm, présenté par Michel Jarrige.

Michel Jarrige, agrégé d’Histoire et docteur en Histoire, est auteur de livres ayant trait à la franc-maçonnerie. De plus, il a récemment mené une enquête au cœur des obédiences pratiquant cette maçonnerie de Memphis-Misraïm dite Egyptienne qu’il connaît tout particulièrement bien. De ce travail objectif et rationnel est né un petit ouvrage synthétique facile à lire. Il donne une foule de renseignements utiles et très concrets à toute personne – appartenant à la franc-maçonnerie ou non – désireuse d’avoir une idée nette et précise sur le sujet sans avoir à y consacrer trop de temps.

 

Le Rite de Memphis-Misraïm en France : Un Rite atypique ?

Depuis une Antiquité très reculée, il y a toujours eu des fraternités ésotériques en marge des religions établies. Le Rite de Memphis-Misraïm se réclame de cet héritage initiatique. A michemin entre l’Histoire et la légende, l’origine de Misraïm et de Memphis est incertaine. Il est toutefois historiquement prouvé que le Rite de Misraïm ou Rite d’Égypte fit son apparition en France en 1814 grâce à Marc Bédarride et ses deux frères. Ce Rite se distinguait par son intérêt pour la kabbale. Le Rite de Memphis ou Rite Oriental fut lancé en 1838 par Jacques Étienne Marconis de Nègre, fils d’un officier ayant fait sous Bonaparte la campagne d’Égypte de 1798. Il peut donner l’impression à première vue de n’être qu’une variante de Misraïm, son fondateur ayant appartenu à Misraïm avant d’en être exclu. Pour autant, Marconis a enrichi sa création d’apports hermétistes et alchimiques, ce qui donne à Memphis un caractère original.

Ce Rite est l’héritier putatif de traditions maçonniques occultes du XVIIIe siècle. Il tirerait son origine des Philalèthes de Paris, des Frères Architectes Africains (c’est-à-dire Egyptiens) de Bordeaux, de l’Académie des Vrais Maçons de Montpellier, du Rite de Pernety, et surtout du Rite Primitif des Philadelphes de Narbonne. L’Egyptomanie étant fort en vogue à cette époque, la franc-maçonnerie ne pouvait donc échapper à son influence. Dans ce même registre, l’expédition d’Egypte apparaît elle aussi comme une conséquence de cette mode et non l’inverse.

En 1881, Garibaldi, le héros de l’unité italienne, fut élevé à la dignité de Grand Hiérophante, c’est-à-dire de Grand Maître Mondial, à la fois de Memphis et de Misraïm. Si cet événement scella officiellement l’alliance des deux Rites, ce fut au Britannique John Yarker qu’il revint de les fusionner dans les dernières années du XIXe siècle. Cette entité nouvelle répondit dans un premier temps au nom de Rite Ancien et Primitif de la Maçonnerie, auquel se substitua peu à peu celui de Memphis-Misraïm. Ce qui donna finalement l’appellation générique de Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm.

Toutes les obédiences françaises actuelles de Memphis-Misraïm revendiquent une filiation remontant à Garibaldi via Yarker. Avec la permission de ce dernier, devenu à son tour Grand Hiérophante Mondial, le Grand Maître d’Allemagne, Théodor Reuss, donna patente pour la France au docteur Gérard Encausse dit Papus en 1908. Cet événement marqua le retour de Memphis et Misraïm sur leur terre natale. Le premier avait cessé d’y être pratiqué vers la fin des années 1860. Le second s’était éteint une quarantaine d’années plus tard. Après le décès de Papus en 1916, son adjoint Charles Détré dit Teder lui succéda comme Grand Maître. Deux ans plus tard, Teder désigna sur son lit de mort Jean Bricaud pour lui succéder. Mais le Rite n’existait plus que sur le papier. La Première Guerre Mondiale l’avait tué. En 1919, Bricaud se tourna vers Théodor Reuss, devenu Grand Hiérophante Mondial, afin d’obtenir une charte pour constituer un Souverain Sanctuaire – c’est-à-dire l’organisme recteur – en France. Notons au passage que Jean Bricaud fut le premier à parler en France d’un Ordre de Memphis-Misraïm. Cette dénomination n’apparaissait pas du temps de Papus où il n’était question que du Rite Ancien et Primitif de la Maçonnerie. À Jean Bricaud succéda Constant Chevillon en 1934. La franc-maçonnerie fut, comme on le sait, interdite pendant la Seconde Guerre Mondiale. Robert Ambelain, qui avait été initié par Chevillon, constitua, au péril de sa vie, une loge et un chapitre de Memphis-Misraïm en son domicile parisien. A la Libération, Henry-Charles Dupont devint Grand Maître à la place de Constant Chevillon qui avait été exécuté en 1944 par des miliciens de Doriot. Robert Ambelain lui succéda après son décès en 1960.

En 1963, Ambelain redonna force et vigueur au Rite de Memphis-Misraïm en France. Trois ans plus tard, au Troisième Convent International du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, il fut proclamé Grand Hiérophante Mondial. Compte tenu de son expansion mondiale, le Rite reçut une nouvelle appellation : Ordre International du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm. En 1985, Robert Ambelain se retira au profit de Gérard Kloppel. Il mourut en 1997 non sans avoir cinq ans plus tôt procéder au réveil du Rite de Misraïm. Cheickna Sylla succéda à Kloppel en 1998, puis céda sa charge de Grand Hiérophante en 2006 à Willy Raemakers. Radié par ce dernier, Kloppel nomma peu avant de décéder en 2008 Joseph Castelli pour prendre la tête de l’Ordre des Rites Unis de Memphis et Misraïm nouvellement fondé. Entre-temps, l’Ordre Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm s’était fragmenté en plusieurs entités distinctes qui récusaient l’autorité de tout Grand Hiérophante quel qu’il fût. Actuellement, en cette fin de l’année 2014, j’en ai recensé une trentaine, et encore en ne comptant que celles ayant pignon sur rue, ou plus exactement sur internet. La plupart sont mixtes ou laissent à leurs ateliers le choix entre masculinité, féminité ou mixité. J’estime que sur un ensemble d’à peu près 150 000 francs-maçons et franc-maçonnes en France, les Rites se réclamant de Memphis-Misraïm ou de Misraïm en représentent environ 3%. Si la division est la règle quant aux formes institutionnelles, l’harmonie règne au point de vue de l’inspiration et de la spiritualité. La plupart des obédiences se réclamant de Robert Ambelain pratiquent les rituels élaborés par ses soins ou des rituels très voisins qui en dérivent. Toutes suivent une échelle qui comprend 99 degrés. Toutes se réclament d’une Sagesse issue de la Tradition primordiale dont l’Egypte ancienne aurait été le vecteur et dont le message humaniste est plus que jamais d’actualité dans un monde en proie au matérialisme le plus effréné ou au fanatisme religieux le plus odieux.

A vrai dire, les 95 degrés initiatiques du Rite de Memphis-Misraïm et les quatre degrés administratifs qui les couronnent ne résultent pas d’une fusion pure et simple entre les deux Rites mais d’une incorporation de quelques grades de Misraïm dans la nomenclature de Memphis revue, corrigée et remaniée par le ritualiste accompli qu’était John Yarker. Une exception, notable il est vrai, avec le Grand Ordre Egyptien du Grand Orient de France, qui non seulement rassemble une masse compacte de maçons pratiquant le Rite de Memphis-Misraïm, mais qui se distingue de surcroît par son échelle en 33 degrés. En effet, Napoléon III ayant enjoint en 1862 à tous les francs-maçons de s’intégrer au Grand Orient, Marconis s’était alors incliné de bonne grâce. En conséquence, il avait renoncé à son titre de Grand Hiérophante et réduit le nombre de ses grades de 95 à 33.

Robert Ambelain considérait Memphis-Misraïm comme un conservatoire d’anciens et vénérables degrés maçonniques qui auraient disparu à tout jamais s’ils n’avaient été intégrés dans l’échelle du Rite. La plupart cependant ne sont plus pratiqués. A ce propos, feu le Grand Hiérophante préconisait de pratiquer obligatoirement les 9e, 18e, 30e et 33e degrés, les autres étant laissés au libre choix des ateliers supérieurs. Quant aux 66e, 90e et 95e degrés, ils étaient décernés à de vieux maçons en récompense de leur valeur et de leur fidélité.

Il n’est pas sans intérêt, loin s’en faut, de rappeler qu’au début du XXe siècle, le Rite a été inséré par Papus dans un environnement occultiste en réaction au rationalisme ambiant, au positivisme dominateur et au scientisme triomphant qui régnaient sans partage dans la Maçonnerie comme partout d’ailleurs à la Belle Epoque. Il rassemblait des maçons spiritualistes que l’aridité des dogmes religieux rebutait mais qui se sentaient irrépressiblement attirés par le mystère, et que les sciences traditionnelles dites occultes intéressaient. A partir de 1919, Jean Bricaud institua un parcours initiatique strictement codifié qui partait de Memphis-Misraïm, se poursuivait dans l’Ordre Martiniste, et aboutissait à la Rose-Croix kabbalistique, le tout étant placé sous la tutelle bienveillante de l’Église Gnostique. Jusque dans les années 1960, le Rite resta confidentiel voire marginal. Robert Ambelain allait alors le sortir de son incognito. Memphis-Misraïm n’a à l’heure actuelle véritablement de sens que s’il débouche sur les Arcana Arcanorum, les quatre hauts grades théurgiques qui correspondent aux 87e, 88e, 89e et 90e degrés. Or, ils ont été largement ignorés jusqu’à une date relativement récente que l’on peut situer un peu avant la Seconde Guerre mondiale, période à partir de laquelle ils ont été progressivement réactivés. D’où la nécessité pour les maçons, qui auparavant ne voulaient pas se cantonner à la seule théorie, de poursuivre leur travail dans des Ordres alliés axés sur des pratiques occultes. Depuis, les liens structurels avec l’occultisme se sont distendus, même si des affinités peuvent encore persister à titre individuel dans certaines obédiences.

La franc-maçonnerie contemporaine est partagée en différents Rites, lesquels sont tous ancrés sur les trois premiers degrés symboliques, quelles que soient les obédiences. Comme les autres, celles qui pratiquent le Rite de Memphis-Misraïm considèrent tous les êtres humains comme étant des frères et des soeurs sans distinction de couleur, de sexe, de condition sociale, d’opinions philosophiques ou religieuses. Comme les autres, elles partagent les mêmes valeurs humanistes universelles héritées de la philosophie des Lumières et ont subi le même ostracisme, notamment pendant la Seconde Guerre Mondiale. A l’évidence, le Rite de Memphis-Misraïm fait pleinement partie de la franc-maçonnerie, au même titre que les autres Rites avec lesquels il partage un idéal de liberté, d’égalité et de fraternité. Mais, loin de s’en tenir à la recherche du seul progrès humain, il met aussi et surtout l’accent sur une démarche résolument spiritualiste. Se préoccupant de la conquête des secrets de la Nature, il propose son propre chemin d’accès à la connaissance. En dernière analyse, c’est une école de transmission de l’antique sagesse hermétique dans le scrupuleux respect des principes démocratiques et la fidélité à son identité ésotérique. Rite des paradoxes, c’est évident ; Rite compatible avec les autres, c’est probable sous réserve qu’il se débarrasse de ses impédiments occultisants. Certains groupes ont franchi le pas et ont rallié des obédiences libérales, comme, par exemple le Grand Orient de France, la Grande Loge Mixte de France ou la Grande Loge Indépendante des Rites Unis, alors que d’autres, plus nombreux, préfèrent conserver leur autonomie. Au total, nous pourrions qualifier le Rite de Memphis-Misraïm d’irréductible à une simple étiquette car, loin de s’en tenir à la recherche du seul progrès humain – ce qui est déjà un bel idéal – il met en plus l’accent sur une démarche spiritualiste à base égyptosophique.

Apparu chronologiquement en dernier, le Rite de Memphis-Misraïm se distingue tout d’abord de ses prédécesseurs par sa pyramide impressionnante de degrés. Il en compte trois fois plus que le Rite Ancien et Accepté qui pourtant est déjà bien pourvu. Ensuite, ses racines plongent en Afrique par le biais de l’Egypte antique, et non en Europe comme tous les autres. Enfin, il prétend véhiculer une sagesse plus ancienne que le judéo-christianisme qui constitue de façon assumée ou non le soubassement symbolique de la franc-maçonnerie moderne.

Si, pour terminer, nous envisageons l’avenir, il nous paraît intéressant de noter qu’un événement d’importance s’est déroulé au dernier convent de la Grande Loge Unie de Memphis-Misraïm. En ce samedi 4 octobre 2014, à Aix-en-Provence, le Grand Maître de l’obédience a présenté une Charte d’éthique et de bonne conduite des obédiences de Memphis-Misraïm. Ce document destiné à éviter les querelles intestines a été solennellement paraphé par lui-même et par son homologue de la Grande Loge Egyptienne Régulière de France. Il propose aux puissances signataires de faire respecter, défendre et protéger, au travers de ses différences et spécificités, toutes les valeurs liées à la pratique du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm (1). D’autres obédiences sont appelées dans un proche avenir à ratifier cette charte, d’autant que des délégués de la Grande Loge Française de Memphis-Misraïm étaient présents au convent en tant qu’observateurs. Ce faisant, à défaut d’unité organique, le Rite est en marche vers son unité morale.

Michel JARRIGE

(1) Pour voir le texte complet, se reporter au site de la GLUMM
Michel Jarrige est l’auteur du livre Memphis-Misraïm. Une Voie d’Eveil Spirituel ? Enquête sur la Franc-Maçonnerie Egyptienne

samedi 22 novembre 2014 23 commentaires
  • 23
    Kala 29 octobre 2018 à 10:22 / Répondre

    Il faudrait évidemment être bien naïf, ce me semble, pour croire que tout est parfait au sein d’une « école initiatique » qu’elle quelle soit, mais ce qui est toujours intéressant, c’est de faire « travailler ensemble » des personnalités dissemblables. Lorsqu’on voit la société actuelle, on aimerait qu’il y a ait plus de partages et d’actions sociales et humanitaires, plus d’analyses, plus de tolérance et moins de moralisation de la chose publique. Rien n’est parfait et pas plus chez les francs-maçons que chez les autres (y compris dans les sphères religieuses ou politiques, n’est-ce pas ?), mais là où il y des hommes et des femmes de bonne volonté, des gens qui parlent et confrontent avec sérénité leurs idées, il y a toujours un ferment de paix et d’ouverture vers l’autre….Le reste, les rites, les obédiences diverses, les francs-maçons, les martinistes, les rosicruciens …etc… ne sont que des formes, des écoles de pensées, pour étayer la « Connaissance » sous différents aspects… Ce n’est pas la forme qui est la pus importante mais le fond !

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    […] Elles étaient aussi marquées par l’ésotérisme, ayant par exemple recours aux rites dits de Memphis-Misraïm, nés de spéculations ésotériques et maçonniques aux XVIIIe et XIXe siècles. Garibaldi en était l’un des initiés. […]

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    […] Elles étaient aussi marquées par l’ésotérisme, ayant par exemple recours aux rites dits de Memphis-Misraïm, nés de spéculations ésotériques et maçonniques aux XVIIIe et XIXe siècles. Garibaldi en était l’un des initiés. […]

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    […] Elles étaient aussi marquées par l’ésotérisme, ayant par exemple recours aux rites dits de Memphis-Misraïm, nés de spéculations ésotériques et maçonniques aux XVIIIe et XIXe siècles. Garibaldi en était l’un des initiés. […]

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    […] Voir l’article complet de Michel JARRIGE sur le site https://www.hiram.be : Découverte des rites :  MEMPHIS-MISRAIM : un rite atypique ?. […]

  • 18
    martin 30 novembre 2014 à 08:53 / Répondre

    Quelques éléments de réponse à Snobinard qui me paraît habité d’une grande amertume…
    La grande hierophanie est une absurdité c’est une évidence. Mais Memphis misraim peut parfaitement fonctionner de façon democratique et adogmatique, et c’est alors un rite d’une grande profondeur. Des maçons bouffis d’orgueil il y en a partout, c’est une espèce très repandue. On ne peut pas discréditer un rite sur ce seul motif. Quant aux degrés de perfection, ils sont passionnants, et je n’y ai rien trouvé de purulent! Dire que la Franc- maçonnerie est pourrie est a la fois faux et injuste. Mais il y a beaucoup de rancoeur dans tes propos, Snobinard, n’est-ce pas?

  • 16
    Armanjac 26 novembre 2014 à 01:51 / Répondre

    Il faut dire qu’il y a ici vraiment tous les avis … Riche et intéressant!

  • 13
    Bandit 25 novembre 2014 à 13:30 / Répondre

    Voici ce que j’ai lu. Tu comprends bien que je n’y étais pas.
    -1815 à Montauban une Grande Loge sous le nom « Les Disciples de MEMPFAIS » sous l’impulsion de Samuel HONIS.du baron Dumas, du marquis de la Roque, de J. Petit et Hippolyte Labrunie, anciens frères du Rite. Le Grand Maître était le F. Marconis de Nègre.
    -1838 Le Fr. Jean-Etienne Marconis de Nègre, écrivain, réveille le Rite de Memphis par l’installation à Paris, au Prado, le 23 mars 1838, de la grande Loge Osiris, et à Bruxelles, le 21 mai, de la Loge La Bienfaisance. Elu Grand-Maître, Grand Hiérophante du Rite, le 7 juillet, le Fr∴ J.-E. Marconis procède, le 5 octobre, à l’installation du Sanctuaire de Memphis, chargé du Gouvernement de l’Ordre. Le Sanctuaire est composé du Grand Hiérophante et de Six Patriarches Conservateurs de l’Ordre, dont voici les noms : le Fr. Marconis, homme de lettres, le Fr. Delapline, ex-chirurgien de la Marine, le Fr. Dp Audibert, membre de l’Institut, le Fr. Moutet, homme de lettres, le Fr. baron de Pœderlé, rentier, le Fr. Laroussie, rentier, le Fr. Dr Morison de Reenfield, médecin de S.A.R., le duc de Sussex.
    Source: » J.BRISCAUD »

  • 10
    Bandit 24 novembre 2014 à 21:44 / Répondre

    Il me semblait que (si mes notes sont exactes):
    En 1640 dans les régions de Montauban et d’Avignon, circulaient sous le manteau des traités d’Alchimie gardés dans les associations compagnonniques parmi les « acceptés » non opératifs. Également circulait un traité secret d’initiation Égyptienne qui contenait des allusions transparentes au « Grand Œuvre ». Ce même traité vers 1760 fut connu dans les milieux maçonniques allemands sous le nom de Crata Repoa où on le considérait comme une véritable initiation égyptienne.

    En 1814, plusieurs Frères, dont Samuel Honis, initiés dans la RL.’. « Les Disciples de Memphis » du Caire, et Marconis de Nègre regroupent des ésotéristes à Montauban et installèrent, le 23 Mai 1815 une filiale des « Disciples de Memphis » qui devint la Mère-Loge de Memphis.

    Le 21 Janvier 1816, Gabriel Marconis de Nègre, Grand Maître de l’Ordre de Memphis, fut élu Grand Hiérophante du Rite de Misraim. Les principaux membres de la Loge de Montauban étaient le Baron Dumas, le Marquis de la Roche, J. Petit, Hippolyte Labrunie.

    En 1826, après dix ans de sommeil, la Grande Loge du Rite de Memphis les « Disciples de Memphis » créée à Montauban reprend ses travaux dans l’Obédience du Grand Orient.

    • 11
      lanterne 25 novembre 2014 à 08:57 / Répondre

      Attention Bandit,ce que tu écris là est l’histoire mythologique, en 1826 le rite de memphis n’existait pas. D’autre part il n’a jamais été élu gand hiérophante de misraim car il n’y a jamais eu un tel titre dans l’histoire de ce rite qui s’arrête à 90 degrés.
      .
      Quand au Crata repoa il n’a rien de très ésotérique, c’est juste ce que j’appellerai du « romantisme » esotérique.
      ,
      En revanche il existe un courant qui a serpenté dans tous ces systèmes et cela apparrait régulièrement dans certains rituels de MM et du REAA.

  • 9
    Antoine 24 novembre 2014 à 20:41 / Répondre

    En quelques mots Michel Jarrige nous a brillament campé l’histoire et l’esprit de ce rite. Oserai-je reprendre, à ma façon, ces quelques mots humblement empruntés à un autre maçon célèbre. Qui par son érudition aura beaucoup apporté à l’Art Royal.
    « Le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm est seul dans son espèce. C’est un rite spirituel et mystique. Robert Ambelain a refondé sur le tronc vigoureux mais désordonné et déspiritualisé de la maçonnerie du milieu du XXe siècle, toute la dimension mystique et hermétique de l’Alexandrie Antique. Que s’écartent donc ceux qui s’indignent ou s’effraient, que les autres cherchent, travaillent et méditent. »

  • 6
    Hiram 24 novembre 2014 à 14:45 / Répondre

    Castelli se dit êtres le Grand Hiérophante; apparemment se prévalant d’être 109éme degré. Qui à la légitimité?
    Si on reprend le retour du rîte en France c’est Gérard Encausse (Papus). Ambelain puis Kloppel donne la patante puis la reprend et blabla bla… Au final le rite court puis le Rite dit long… qui est plus légitime que les autres? Peut-être une des dernières loges créé par Papus non? Humanidad à Lyon… Quoi qu’il en soit, pour moi tout ceux qui travaille à se rite sont légitime. Est-ce qu’on se pose la question d’où vient les autres rîtes? de leur patantes et de leur légitimité non?

    • 7
      Yack 24 novembre 2014 à 17:06 / Répondre

      Exact, le concept de Maçons Libres travaillant dans une Loge Libre, Juste et Parfaite devrait se suffire à lui-même.

      Amitiés,

      Yack

    • 8
      Snobinard 24 novembre 2014 à 20:38 / Répondre

      La règle inattaquable est  » des maçons libres dans une Loge libre »
      La pratique de la maçonnerie, quelque soit le rite ne relève pas de droits commerciaux, du registre du commerce, du copyright. Personne n’a jamais rien payé, enfin, j’ose le croire.

      N’importe comment, tous ces degrés, toutes ces histoires à dormir debout de grand hiérophante qui donne, puis reprend pour donner et ainsi de suite, ça m’a saoulé grandement et c’est peut être une des raisons qui m’ont éveillé à la vacuité de ces rites, pour ne pas dire la médiocrité…

      Il faut reconnaître qu’Ambelain ne savait pas trop ou il allait, il a bricolé dans tous les rites, et au final, qu’est ce qu’il a laissé ?

      Rien de bien consistant, il me semble.

      • 12
        lanterne 25 novembre 2014 à 09:03 / Répondre

        En réalité nombre de grades sont les même qu’au REAA notamment à partir du 4eme, j’imagine donc que tu pense la même chose du REAA ?
        ,
        Ensuite je trouve facile de parler de la « vacuité » d’un rite alors que ce que tu attaque sont des hommes.
        ,
        Enfin, même je n’apprécie pas nécessairement ambelain sur bien des points, il a laissé beaucoup plus de choses qu’il n’y parrait. Cela dit cela ne concerne pas forcément la maçonnerie, je pense par exemple à ceux qui ce sont interessé au système de Martines de Pasqually, mais c’est ce qu’il y a de plus « visible ».

        • 14
          Snobinard 25 novembre 2014 à 15:02 / Répondre

          Oui, j’éprouve une immense détestation des hauts-grades, la purulence des gens bouffis d’orgueil, la purulence de cette grande hiérophanie, cette boursouflure.

          La maçonnerie, avant qu’elle soit pourrie ne connaissait pas de grade ni de degré.

          ils étaient initiés qu’une seule fois, point. Ensuite, chacun avançait comme il pouvait, ils n’avaient pas besoin de tant de degrés..

          C’est la purulence de faux mages et vrais escrocs qui ont conduit à la maçonnerie à haut grades, c’est une falsification de la vraie initiation.

          En revanche, les malins qui ont monté ces hauts grades, une belle façon de faire marcher le tiroir caisse, tant pour les obédiences qui vivent bien de ça, que des particuliers qui vendent des hauts grades, tant d’euros l’initiation.

          Il faut le dire, le répéter, la vraie initiation, c’est une seule fois !

          Ensuite, c’est chacun à son rythme, mais pas de passages, d’élévations, de sublimations, etc.. qui ne sont que des prétextes à ponctionner le fric des gens.

          • 15
            lanterne 25 novembre 2014 à 15:23 / Répondre

            Je comprend et sur le fond et je suis assez d’accord, cependant crois-tu vraiment que c’est une histoire d’argent ? A MM l’accès aux haut grades (ni même les premiers) ne sont soumis à un coût particulier. L’appartenance aux HG n’a pour prix que celui de la capitation annuelle et souvant très minime à MM.
            .
            La hiérophanie et ses mythes ont été abandonnés quasiment par tous sauf par quelques « gourous » qui rêvent de pouvoir et à ce titre le « bleu » n’en n’ai pas exempt, il n’y a qu’à voir les problèmes de la GLNF ces dernières années.
            .
            Une quête illusoire de pouvoir ? oui ça je le crois volontier mais ce n’est pas propre à MM on le trouve partout.
            .
            Ensuite il faut reconnaître qu’il y a certains sujets qui ne peuvent être abordés en maçonnerie et qui touchent pourtant aux questions de l’initiation.
            .
            Enfin pour être tout à fait honnête l’initiation maçonnique n’est pour moi qu’une image de l’initiation véritable, elle n’en est même pas la graine (au sens ou guenon parlait de l’initiation), il n’y a donc, pour moi, aucune initiation en maçonnerie.

  • 5
    SEVIN Pierre 23 novembre 2014 à 11:41 / Répondre

    J’ai la plus grande considération pour tous (ou presque tous) les FF:.MM:. quel que soit leur Rite ou leur Obédience (‘certaine moins que d’autres) ert je révère la mémoire de GARIBALDI – Toutefois, je suis trop rationaliste pour apprécier le Rite de Memphis-Misraïm – j’ai assisté à une Tenue, une seule (donc « testis unus – testis nullus ») et je m’y suis …ennuyé. mais fraternellement , il convient de « renvoyer l’ascenseur » des visites !
    Le Rite Français du GODF me convient mieux – Il est vrai toutefois que le rituel des hauts grades m’insupporte parfois – mais n’est pas spiritualiste qui veut et l’on n’est pas obligé de fréquenter…assidument , surtout lorsque c’est matériellement et géographiquement difficile.
    Quoi qu’il en soit, c’est avec le plus grand intérêt que je lirai le long exposé de M .JARRIGE

  • 4
    Snobinard 22 novembre 2014 à 22:08 / Répondre

    Je suis désolé pour les amateurs de ce rite.
    Mais pour l’avoir pratiqué, j’en ai vite compris la vacuité.
    Qu’un rite soit contraint de posséder tant de degrés pour aboutir à un grand hiérophante mondial, c’est risible.
    Ce rite est une erreur de casting dans la franc-maçonnerie.
    Ambelain n’a pas cessé de bricoler son machin pour s’en séparer comme on se sépare d’une pierre de son soulier.
    En tout cas, si il y a rite bouffi d’orgueil qui rend les gens dingues, c’est bien celui ci. Qu’au sommet se trouve un grand hiérophante, ça ne peut qu’aboutir à des guerres incroyables.
    Ce rite dans sa conception est contre-initiatique.
    Ce n’est que mon avis, mais je suis assez certain de cet avis.

    • 17
      martin 29 novembre 2014 à 21:37 / Répondre

      La grande hierophanie est une absurdité c’est une évidence. Mais Memphis misraim peut parfaitement fonctionner de façon democratique et adogmatique, et c’est alors un rite d’une grande profondeur. Des maçons bouffis d’orgueil il y en a partout, c’est une espèce très repandue. On ne peut pas discréditer un rite sur ce seul motif. Quant aux degrés de perfection, ils sont passionnants, et je n’y ai rien trouvé de purulent! Dire que la Franc- maçonnerie est pourrie est a la fois faux et injuste. Mais il y a beaucoup de rancoeur dans tes propos, Snobinard, n’est-ce pas?

  • 2
    lanterne2009 22 novembre 2014 à 13:28 / Répondre

    Il y aurait sans doute pas mal de choses à rajouter, il est vrai qu’il était impossible de tout écrire sur un blog tant la complexité de ces rites rends leur étude difficile.
    .
    Une remarque cependant.. Les rites ont continué d’exister séparément après Garibladi d’une part, d’autre part il y a eu plus tard d’autres fusions de ces rites, notamment à travers la constitution du « Grand Sanctuaire de l’Adriatique » qui ne se prévaut que de Misraim et de Memphis et avec des rituels très différents de ceux issus du système « Ambelinien » Je pense en particulier au rituel du 3eme degré qui repose sur le mythe d’osiris et non sur celui d’hiram, ce qui est assez logique au fond. Bien entendu ce rite existe encore en France et est encore pratiqué, il n’y a donc pas que du Memphis-Misraim venant de garibaldi yarker/Reuss-Bricaud-Chevillon-Dupont-Ambelain en France etc…
    .
    Autre remarque. Le rite est d’origine italienne (pour Misraim) et les premiers commentateurs sont d’accord sur ce point, il y a d’ailleurs quelques doccuments qui apparraissent quand on cherche bien. Pour être plus précis il faut aller jusqu’au prince Raimondo di Sangro di San Severo et son petit groupe dont faisait parti le Baron Théodore Henry Thsouddy qui introduira plus tard son rite de l’étoile flamboyante, et dont les rituels ont été de nouveau publié il y a 4 ou 5 ans par les éditions de la hutte. certains n’ont pas fait le lien, mais ce rite de Tschoudy constitue sans doute l’esprit le plus authentique de ce qu’aurait du devenir le rite de Misraim, il en est en quelque sorte le jumeau spirituel.
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    Il faut ajouter également que certains degrés de cette échelle n’étaient pratiqué que si les maçons étaient déjà membre d’autres ordres parallèles, par exemple le 28eme « chevalier du soleil » provenant aussi du Baron Tschoudy n’était pratiqué que si le Frère était également membre de cénacles pratiquant l’alchimie, le 20eme si le Frère était chevalier dans un autre ordre (CBCS).
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    Depuis 98, mais surtout depuis que Kloppel ai tenté illégitimement de reprendre ce qu’il avait transmis, le rite s’est décomposé de plus en plus, obédiences crée le matin et explosant le soir, je n’en dirait pas plus cela avait fait l’objet du post le plus long de l’histoire de ce blog. En tout cas si des obédiences tendent à discuter entre elles, je ne peux que m’en féliciter.

  • 1
    Rainette 22 novembre 2014 à 09:29 / Répondre

    Ca me laisse pensive… un peu trop ésotérique à mon goût.
    Entre « histoire et légende »…probablement pas le chemin à suivre quand on souhaite garder les deux pieds ancrés sur terre et aborder les sujets « sérieux » et parfois graves que nous inspire la vie d’aujourd’hui.
    Pas certaine que Horus nous soit d’une grande aide 😉 Mais je vais me garder de juger sans connaître davantage (surtout moi) !!!

    • 3
      Yack 22 novembre 2014 à 14:16 / Répondre

      Vous allez vous garder de juger, mais bon, c’est exactement ce que vous venez de faire.

      N’étant pas, pour ma part, membre d’une Loge travaillant au Rite de Memphis-Misraïm, il m’arrive d’en visiter une de temps à autre, et c’est toujours très enrichissant. Il s’agit d’un Rite d’une très grande beauté, et j’ai déjà pu apprendre beaucoup de ces Frères et Soeurs, qui travaillent avec beaucoup de rigueur et qui attachent beaucoup d’importance au symbolisme.

      Certes, les querelles qui déchirent les Obédiences « Egyptiennes » font une mauvaise publicité au Rite, mais comme d’habitude, c’est dans les « hautes sphères » que cela se passe, les Frères et Soeurs des Loges Bleues ne s’en souciant guère.

      Amitiés,

      Yack

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