Claude Saliceti

Claude Saliceti : un philosophe pour notre temps

Publié par Patrick Négrier

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dimanche 29 mai 2022
  • 2
    lazare-lag
    29 mai 2022 à 20h02 / Répondre

    L’intéressé ne s’en doute évidemment pas, mais j’ai un rapport un peu particulier avec Claude Saliceti.
    J’étais encore profane, j’étais encore à cinq années de mon initiation, et il se trouve que, souhaitant me documenter en Franc-Maçonnerie dont j’étais totalement ignorant, et n’y connaissant rien ni personne, mon premier achat de livre maçonnique, en 1998, a été « Humanisme, franc-maçonnerie et spiritualité » (PUF édition, ISBN n°2-13-048882-X)
    On ne s’étonnera pas que l’ignorant total de cette matière si éloignée de moi à cette époque a été quelque peu rebuté par cette première lecture.
    J’avais pourtant choisi ce petit livre un peu à cause de sa maigre taille, à peine 90 pages, sans en connaître ni l’auteur, ni le préfacier (Daniel Ligou), ni aucun de ceux qui étaient remerciés en première page (en particulier A-J. Lacot, Jean Mourgues, ou Jean Viaud, que j’apprendrais à connaître plus tard).
    J’espère qu’on, et lui-même, ne m’en voudra pas de cette audace dans la formule, mais en tout il y a des premières fois, et en maçonnerie ce fût avec ce petit bouquin.
    Depuis, quelques autres livres ont rejoint ce tout premier, je ne les compte plus, des revues également et, de ma part, quelques planches également.
    Mon parcours maçonnique a, si je puis le dire ainsi, permis quelques pas avancés depuis l’entrée du temple, depuis la première entrée dans le temple.
    Le sportif se souvient de son premier maillot sous lequel il a bien transpiré, ou de sa première paire de crampons, le franc-maçon se souvient de son initiation et, pour ce qui me concerne, du premier livre qui a constitué le premier pas qui y menait.
    Ce faisant, petit pas après petit pas, petite planche après petite planche, premier petit livre d’un petit poucet maçonnique qui allait en découvrir d’autres, on se retrouve avec un compteur d’années à deux chiffres et, désormais à deux dizaines.
    Un compteur de temps qui finalement passe bien plus vite qu’on ne l’imagine.
    Un compteur de temps où le poucet maçonnique n’est plus si petit que cela et où il se dit qu’il est peut-être temps de reprendre une lecture estimée rebutante à l’époque, et qu’il devrait certainement reprendre de manière bien plus légère maintenant.
    Quitte à se moquer maintenant de ce tout jeune profane qu’il a pu être, confronté à sa première lecture maçonnique véritable, à se moquer de cet à peine quadragénaire ayant l’ambition de dépasser les parvis et d’entrer dans le temple.
    Moquons-nous de nous même avant que les autres ne le fassent!

  • 1
    jean francois verjat
    29 mai 2022 à 12h12 / Répondre

    Il y a un peu de forfanterie à prétendre commenter un texte dont le sujet ( Claude Saliceti ) et l’auteur ( Patrick Négrier) vous sont inconnus .Cette ignorance devrait interdire toute mise en perspective et cantonner le commentaire à la seule analyse du propos développé .. mais puisqu’on y retrouve les effluves d’une pensée , sinon banale , du moins largement diffusée ailleurs, le béotien récupère son droit à la parole.
    Le catastrophisme et la déploration semblent imprégner la pensée de C.Saliceti, dans le constat d’ une sorte « d’oubli de l’être » , nourri des excès de la technique et de l’argent.On est proche de la noirceur heidegerienne dans le diagnostic autant que dans le remède, à deux nuances nuance près : le retour aux grecs se fait ici par Platon ,quant l’homme du « Dasein » lui préférait les pré-socratiques et surtout la mise en cause des juifs , acteurs essentiels de cette déréliction du monde selon Heidegger ( si on veut bien considérer, débat toujours ouvert, qu’« Etre et Temps » forme un ensemble cohérent avec les « Cahiers noirs »). Reste une impression de malaise à voir stigmatiser la ploutocratie et le cosmopolitisme , tant ce vocabulaire à historiquement trouvé son débouché naturel dans l’antisémitisme.
    Le « tampon » maçonnique devrait nous tenir éloigné de cette interprétation : on ne fera pas à MM Saliceti et Negrier un mauvais procès , convaincus que leurs vertus ,cultivées dans le Temple ,ont vacciné leur lecture du monde des tentations simplistes où mortifères .
    Si la proposition d’avoir à penser par soi même comme antidote au désastre programmé réjouit le maçon ,lui faisant sentir toute la force du lien « changer soi/le monde » , on reste plus réservé sur l’extension donnée par M. Negrier à cette thérapie. On soupçonne volontiers, entre la réitération d’avoir à travailler sa pierre comme facteur premier d’une possible « réparation » du monde ( pour reprendre A .Camus assignant cette tache à la philosophie), et la reconstruction d’un nationalisme élagué des délires « européistes », une sorte de « coupure épistémologique » qui laisse la conviction submerger la raison ,et profite d’une analyse partagée ( la thèse du declin ) pour faire surgir , autour des frontières à rebâtir, une panacée ,vantée par ceux la même dont on déplore l’émergence ( i.e les démocratures ).
    L’exégète n’est-il pas un peu malicieux d’entendre dans sa glose , la musique qu’il aime ,au détriment , d’une empathie avec le texte qui laisse sa chance à la vérité ?

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