van Win Mazet
Jean van Win (à gauche) et Edmond Mazet lors d'une réunion du Chapitre "Le Prince de Ligne", dans les années 2000

Le manuscrit de La Parfaite Intelligence et l’Étoile réunies

Publié par Jean van Win

Ce contenu est réservé aux abonnés.Pour accéder à cet article, vous pouvez choisir de :

*Vous pouvez déverrouiller jusqu’à 3 articles gratuitement.
mercredi 6 mai 2026
  • 8
    Yvan d'Alpha
    9 mai 2026 à 19h05 / Répondre

    Je travaille en loge bleue au rite français, rituel de référence du GODF. Je travaille au REAA dans les degrés post magistraux. Je visite des écossais bleus et des chapitres français. Sur un plan symbolique, je ne vois pas vraiment de différences substantielles entre les 2 que ce soit avant ou après la maîtrise. Le fonds ne me paraît pas différent, seule la forme change.
    En bleu, le français est tout aussi symbolique mais demande plus d’infériorité que le REAA qui est bien plus cosmétique.
    Après la maîtrise, j’ai la sensation que le REAA développe séparément ce qui au français est agrégé. Et même pour les grades allant du 19e au 30e (je ne connais pas au delà) on retrouve tout je suppose dans le Ve ordre français.
    Si je devais ne conserver que 3 bouquins dans ma bibliothèque, ce serait « Le rite de perfection » de Claude Guerillot (traduction commentée des manuscrits Francken), « Les 81 grades qui fondèrent le rite français » de Colette Leger et « Le cahier de loge du vénérable Tarade » de Claude Gagne et Dominique Jardin. Ces 3 livres expliquent l’intégralité du fonds symbolique des rites français et écossais. En ce sens, tous les chemins mènent à la lumière.

  • 6
    Pierre Noël
    9 mai 2026 à 12h23 / Répondre

    Pourquoi avoir choisi de publier je commentaire de Mazet plutôt que la présentation de Van Win ? Le deux textes sont de qualité, différents certes mais complémentaires.
    Je connais bien les 4 ORDRES supérieurs du Régulateur pour les avoir étudiés et vus à Lille présidés par E.Mazet. Ils n’apportent rien que les grades correspondants du REAA ne contiennent. Par contre, les grades de 1758 sont riches d’apports autres et loin d’être négligeables comme Jean le souligne.
    Plus j’avance plus je trouve ridicule cette rivalité français/écossais qui n’est une fois de plus que querelle d’égos.

  • 5
    Pierre Noël
    8 mai 2026 à 19h06 / Répondre

    Dans le manuscrit de Liège, Il y a trois grades (je ne parle que de ceux véritablement présents dans le Ms) après la maîtrise, celui d’élu, celui d’écossais français et enfin celui d’écossais anglais, qualifications dont on peut difficilement dire qu’elles sont autre chose qu’anecdotiques et fausses. J’admets volontiers que la géographie y est pour quelque chose. Il y eut des Ecossais de naissance dans les troupes envoyées combattre par Georges II d’Angleterre dans les Flandres en 1744-1748 ! (guerre de succession d’Autriche), mais ces Ecossais, eussent-ils reçu la lumière, n’avaient jamais entendu parler des grades dits écossais (parce que venant après la maîtrise anglaise) qui ne se répandirent dans leur île qu’un siècle plus tard. Il en allait de même pour les authentiques Ecossais, dont certains étaient francs-maçons, qui prirent parti pour le prince Charles en 1745 et furent massacrés dans les marais de Culloden en avril 1746.
    Le grade d’Elu est un grade de vengeance typique des grades du genre, pratiqués en France ces années-là, grades « horribles » condamnés par tout maçon français bien élevé, donc sans couleur politique. Pensez donc ! Un inculpé sauvagement poignardé dans une grotte où il s’est endormi par une nuit noire, puis honteusement décapité et sa tête apportée à Salomon par son meurtrier, lequel après s’être lavé les mains comme preuve de son innocence « est congratulé sur son courage, félicité sur l’action qu’il vient de faire et reçu élu ». Mais ce mélodrame a ici une autre dimension. Le souterrain qui l’a conduit à la grotte du drame est une voûte souterraine éclairée par 3,5,7 et 9 lumières, sacrée car elle contient la parole innominable (JEHOVA OU YAHWE), celle qui fut donnée à Moïse dans le buisson ardent avant d’être perdue dans les ruines du temple auxquelles conduisent les mots beritte, neder, alliance, promesse. Aux grades de vengeance, propres à la noirceur de cette nuit infâme, lieu de tous les crimes, se mêlent les éléments des grades postérieurs, la voûte (l’arche royale !), les mots de passe déformés et la découverte du Mot (le triangle arraché à la victime) dans les ruines du temple (colonnes renversées) dont les outils du maçon (marteau taillant, pelle, pince) serviront à la reconstruction) promise par les Elus.
    Le récipiendaire promis à la dignité d’Ecossais Français doit prouver sn innocence et se frayer un chemin, l’arme à la main, au travers des régions septentrionales jusqu’à l’orient où le Respectable le désarme, avant de l’installer, la tête couverte d’un linge blanc brodé de rouge, tenant à la main une balance, sur une chaise posée au centre d’un triangle. Le Respectable lui raconte alors l’histoire d’Hiram, lui apprend qu’il incarne Adonhiram, qu’il en occupe la place et doit garder ses secrets. Il l’installe Intendants des travaux en lui ôtant son voile et en l’asseyant à l’orient, une épée dans la main droite et la truelle dans l’autre. Le discours fini, on ôte le voile du récipiendaire; le Très Excellent, s’étant approché de lui, dit : Je vais vous relever, mon Très Cher Frère, de la même manière fut retiré de la fosse; mais comme l’avant-bras était pourri, on fut obligé de le relever par le coude, par trois se¬cousses » Après quoi, on le fait approcher aux pieds du Très Excellent où il prête son Obligation à Jehova en ces termes : La cérémonie a tout d’une Installation dans la chaire et ressemble au mot près à l’Ecossais des trois JJJ, Ecossais parisien pratiqué dans les années 1740 dont voici la légende : Le candidat est assis sur une chaise au milieu de la loge, la tête couverte d’un drap blanc bordé de noir : « Vous représentez Hiram hors de sa fosse et placé dans le Saint des Saints par ordre de Salomon; c’est en mémoire de sa mort et de sa pompe funèbre que nous vous plaçons de même afin que vous l’ayez toujours présent; après que l’on eut rendu les derniers devoirs à Hiram, Salomon choisit Adonhiram, fils de Helder, qui avait inspection sur les ouvriers qui travaillaient au Liban à la coupe du bois; ce fut sur lui qu’il se reposa pour remplacer Hiram, étant le seul qui put avoir cet avantage à cause de ses rares talents. Salomon par sa grandeur (comme était autrefois Hiram) le fit passer de la Chambre du Milieu à la Chambre du Troisième, et ce fut là qu’il lui a donné ce même mot qu’il avait autrefois donné à Hiram, avec ordre de le donner à six Maîtres ex¬perts, qui avaient aidé à retirer Hiram de sa fosse et le mot dont ils étaient convenus lorsqu’ils étaient à la recherche … »
    Le Cathéchisme d’Ecossois françois accumule, sans le dire ni le citer, les caractéristiques du Chevalier d’Orient : la captivité de Babylone, la libération de Zorobabel après 70 ans, la reconstruction du temple malgré les ennemis du peuple d’Israël
    L’Ecossais Anglais débute par une prière suivie d’un long catéchisme qui nous apprend deux choses, que ce n’est pas un nouveau grade mais la fin de la maçonnerie et la récompense d’un bon maçon ! Pourquoi est-il si rare parmi les Français ? Parce que les Anglais voyant notre légèreté ne jugèrent pas à propos de nous confier ces derniers mystères. Ils n’y admirent que quelques-uns de nos généraux aux dernières guerres par Reconnaissance de la bonté avec laquelle ils traitaient les Anglois prisonniers ou blessés qui étaient leur ennemi. (Variante : Le prince Edoüart ne donna ce dernier mistere qu’a quelques-uns de nos généraux dans les dernières guerres pour Récompense des travaux qu’ils avoient partagés avec luy). Qu’est-ce donc que les Anglais vaincus pouvaient donner qu’ils ne connaissaient pas eux-mêmes ?
    Le catéchisme reprend de nombreux éléments traitant de la légende d’Hiram, sans rien de bien nouveau si ce n’est une lettre E renversée entre équerre et compas ainsi qu’un triangle équilatéral, symbole de la Sainte Trinité. Le tableau de la loge doit représenter un tombeau entre quatre acacias, c’est a dire un à chaque coins. La réception proprement dite consiste en un lavage des mains, un serment et une onction avec de l’huile sur le front, l’œil droit, le cœur. Le récipiendaire mange ensuite un morceau de pain trempé dans le vin et boit une gorgée de vin (ou de vinaigre) tandis que le Très Puissant dit « Aucune action ne scauroit estre plus agreable au G.A. que celle c’y puisque son fils l’indiqua a ses disciples selon la vulgate du jeudy saint et même depuis à Emaüs après sa resurrection, practicques et usages qui est conservé parmi les maitres parfaits. » Après cette communion évidemment chrétienne (catholique même), le récipiendaire reçoit un anneau d’or, marque d’alliance avec la vertu du vray maçon qui compasse ses actions par l’équerre de la Divine Sagesse.

  • 2
    lazare-lag
    6 mai 2026 à 7h42 / Répondre

    Au passage, on peut noter que Edmond Mazet était polytechnicien.
    D’où curiosité, on aimerait savoir s’il y a beaucoup de francs-maçons parmi les X?
    C’est une chose dont on n’entend pas parler.
    La question vaut évidemment pour d’autres grandes écoles. On ne voit quasiment rien d’ecrit à ce sujet.

    • 3
      liberté
      6 mai 2026 à 9h56 / Répondre

      Les obédiences ne publient pas de statistiques socio professionnelles sur leurs adhérents. Elles seraient cependant intéressantes.

    • 7
      Pierre Noël
      9 mai 2026 à 12h38 / Répondre

      Jean François Var était Normale Sup (rue d’Ulm). Il finit questeur au Sénat. Il n’aimait pas qu’on le compare au Jerphanion de Jules Romain.
      Marc Bravy était d’Assas !

  • 1
    Yvan d'Alpha
    6 mai 2026 à 5h24 / Répondre

    Merci pour cette contribution.
    Voilà le genre de document qu’on pourrait qualifier de « chaînon manquant » dans l’évolution de nos rituels. Ces aspects particuliers qu’on ne retrouvera « officialisés » que bien plus tard sont étonnants. Mais les évolutions ont forcément une origine.
    Certaines évolutions naissent isolément puis infusent et se diffusent comme par capillarité. Un visiteur revient dans sa loge et y introduit une nouveauté vue ailleurs au cours de sa visite. Si cette innovation a une certaine patine, elle s’installe et devient tradition avec le temps.
    C’est ainsi que nos rituels évoluent.

    • 4
      Jean van Win
      7 mai 2026 à 13h02 / Répondre

      >>YVAN D’ALPHA

      Je me réjouis de voir que tu as tout compris, malgré la longueur inhabituelle de mon pensum et des commentaires tellement judicieux d’Edmond Mazet.-

      Ce que tu décris s’est bien souvent passé dans les loges du Rite Moderne Belge, dans lesquelles des visites chez nos voisins, quels qu’ils soient, constituaient des apports enrichissants et faisaient avancer les choses.
      -Pas toujours enrichissants, à vrai dire ; il y eut de mémorables catastrophes, avec des apports grotesques. Les Frères et Sœurs ont parfois des idées farfelues. J’en ai fait l’inventaire, autrefois.

      Cette innovation, dis-tu, devient tradition avec le temps. C’est ce que j’ai souhaité exprimer, et qu’Edmond Mazet a si bien mis en évidence Le texte EM1758 est une sorte de Nostradamus parmi les démons et les merveilles de nos rituels fabuleux.
      Merci, mon TCF Yvan.

La rédaction de commentaires est réservée aux abonnés. Si vous souhaitez rédiger des commentaires, vous devez :

Déjà inscrit(e) ? Connectez-vous