Contre Guénon (bis)

Publié par Jiri Pragman
Dans Edition

Il y a les simples lecteurs de René Guénon puis ses admirateurs. Et il faut compter sur les disciples de Guénon (les guénoniens) et même ses adorateurs (les guénolatres). Les uns et les autres ont d’ailleurs ouvert des sites web d’étude et d’hommage.

De l’autre côté, la masse de ceux – parmi lesquels de très nombreux Maçons – qui n’ont jamais lu un ouvrage de Guénon. Ou qui, s’ils ont ouvert un de ses livres, l’ont très vite refermé, ne serait-ce que parce que les propos du maître ne leur paraissaient pas accessibles.

Et puis il y a Jean van Win qui a entrepris de déconstruire divers mythes maçonniques (autour de Léopold Ier, du Bruxelles maçonnique) et s’est attaché à déboulonner la statue de René Guénon.

La 1re édition de ce livre – lire notre critique Contre Guénon – publiée en 2009 a beaucoup fait parler d’elle même si peu l’avaient lue. Explication: ce livre était paru aux Editions maçonniques de France devenues belges mais très mal diffusées en Belgique comme en France. Résultat: les quelques exemplaires imprimés ont été envoyés à des journalistes qui se sont gardés d’en parler et seuls une centaine de lecteurs ont pu accéder à l’oeuvre!

Cependant, un article sur ce livre comme la critique publiée dans le Blog Maçonnique n’a pas manqué de susciter son lot de réactions. Les opposants à van Win s’en prenant à sa démarche, à ses analyses, à sa capacité de comprendre l’oeuvre du maître, à sa dénonciation des relations entre René Guénon et Julius Evola. Et Jean van Win qui ne dédaigne pas croiser le fer, à répondu à chacune des critiques en ligne!

Chacun pourra maintenant se faire une idée de travail en prenant connaissance de Contre Guénon désormais édité par les Editions de La Hutte dans sa collection Essais. Peu de changements dans cette nouvelle édition si ce n’est la disparition des guillemets et du point d’exclamation dans le titre, la correction de l’une ou l’autre inévitable erreur de 1re édition. La préface de Charles Porset a disparu, tout comme la reproduction du texte d’Umberto Eco Comment écrire un Guénon inédit.

lundi 29 novembre 2010
  • 10
    Pr S. Feye
    26 mai 2019 à 14:49 / Répondre

    Il serait intéressant de prendre conscience de l’intérêt de la correspondance que René Guénon a entretenue pendant 3 ans avec le peintre-hermétiste Louis Cattiaux (Paris-Le Caire, Éditions du Miroir d’Isis, Ways-Belgique) (ISBN 978-2-917485-02-6).

    Cordialement

  • 8
    zorba06
    1 décembre 2010 à 20:39 / Répondre

    chez le maçon il de voit pas y avoir d’intouchable et je reste sceptique sur l’affirmation suivante:

    « l’ oeuvre de cet auteur reste fondamentale pour les Traditionnalistes et certains Maçons du Régime Ecossais Rectifié »

    travaillant moi-même au rectifié, j’ai lu effectivement beaucoup de livres de Guenon mais je ne pense pas qu’il soit un auteur incontournable en la matière. d’ailleurs il est resté trop peu longtemps et a été trop critique de la maçonnerie pour être un incontournable

    s’agissant du rite rectifié je pense même que l’on peut s’en passer de nombreuses années sans rien perdre.

    il y a déjà suffisamment à faire avec Louis Claude de Saint Martin, Martinez de Pasqually et Willermoz

    au pire Guenon pourrait même dégouter certains jeunes frères de lire (humour facile :-))

  • 7
    ombre
    30 novembre 2010 à 19:57 / Répondre

    Pour commettre un Guénocide, encore faut-il être muni d’un sabre maçonnique suffisamment tranchant ! Ah ah ah ah… pauvre Jean ! ! ! !

    Bon ok, c’est la dernière !

  • 6
    Fox7ans
    30 novembre 2010 à 11:49 / Répondre

    une attaque contre Guénon, c’est un Guénocide ?

  • 5
    Erchinoald
    30 novembre 2010 à 10:10 / Répondre

    J’ai eu l’occasion de lire un livre de René Guénon, La Crise du monde moderne, ouvrage qui m’a laissé bien perplexe. J’ai eu le sentiment d’un penseur prônant une société de castes dirigée par une théocratie et obsédé par la notion de Tradition, l’innovation étant par nature négative pour lui.

    • 9
      Candide
      13 avril 2018 à 19:39 / Répondre

      Enfin une réflexion intelligente !

  • 4
    Apprenti
    30 novembre 2010 à 09:54 / Répondre

    Quand on admire quelqu’un on a tendance à tout « positiver » chez lui.
    Ses goûts, ses habitudes, ses idées, son physique. C’est un peu comme tomber amoureux, tous les défauts deviennent des qualités. Je pense que le maçon devrait être capable (c’est de la théorie bien sûr) de savoir toujours utiliser le terme modérateur et le jugement médian de la loi des contrastes.

    Un homme peut avoir écris des textes importants, et même pourquoi pas fondamentaux pour certains, et en même temps avoir certains aspects de sa vie, plus sombres. C’est le cas de tous les grands génies de l’histoire.
    Comme dans toute œuvre, il y a à prendre et à laisser. Mais je doute qu’une vision absolue d’un auteur puisse être juste, dans quelque sens que ce soit. « Il est génial, absolument parfait. » ou bien « Il est nul, c’est un usurpateur » sont aussi faux l’un que l’autre.

    C’est comme vouloir opposer le croyant à l’athée. C’est un affrontement horizontal, stérile. Absolument rien ne peut ressortir de positif d’un tel affrontement. Les concepts de l’un s’opposent aux concepts de l’autre. Nous devrions êtres capables d’être plus fin que cela. Et n’oublions pas que c’est la multiplication des points de vues qui nous offrent une vision globale de quelque chose.

    Le matérialisme des lumières érigé comme seule vertu nécessaire et suffisante à l’homme, ne me convainc pas plus que la doctrine verticale et illuministe du bigot religieux. La vérité est peut-être quelque part entre les deux. J’ai beaucoup aimé lire Guénon, tout comme Ambelain, ou d’autres. Mais je reste lucide sur le fait qu’ils ne sont que des hommes. Avec leur face moins glorieuse parfois.

    D’accord sur le fait qu’il ne faut pas idolâtrer. Mais de là à démolir une œuvre entière…
    Une juste proportion s’impose à mon avis.

  • 3
    Jiri Pragman
    30 novembre 2010 à 00:01 / Répondre

    Je ne suis pas toujours d’accord avec Jean van Win mais je pense qu’il n’y a pas d’icone « maçonnique » à vénérer. La vie et l’oeuvre de Guénon peuvent être placés au crible.

  • 2
    thot.hermes
    29 novembre 2010 à 21:26 / Répondre

    Pourquoi vouloir démolir R GUENON ???? l’ oeuvre de cet auteur reste fondamentale pour les Traditionnalistes et certains Maçons du Régime Ecossais Rectifié . Certains de ces ouvrages sont un peu fantaisistes , d ‘autres par contre , absolument indispensables à une certaine Forme de pensée, basée sur la TRADITION .

  • 1
    Rethy
    29 novembre 2010 à 12:53 / Répondre

    Jean se prendrait-il pour Origène ? Je me réjouis de lire ici des commentaires sur la question.

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