Emancipation des femmes et retour du religieux

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Publié par Géplu
Dans Divers

Communiqué de la Commission Droits de l’Homme et Laïcité de la Fédération Française du DROIT HUMAIN

Paris, le 16 mai 2022

Contestation du droit à l’avortement, remise en cause du droit à la contraception, injonction à couvrir le corps des femmes, différenciation des droits des femmes selon leur « culture d’appartenance », nous assistons à une remise en cause du processus d’émancipation des femmes partout dans le monde. Ce retour du conservatisme s’appuie sur les traditions les plus obscures des religions mais aussi sur le « féminisme woke » et la complaisance d’élus à l’égard de groupes de pressions.

Le contrôle du corps des femmes est aussi ancien que la domination masculine elle-même, tout entière tournée vers un objectif central, le contrôle de la maternité. Ce contrôle s’exerce selon des modalités particulières dans les différentes civilisations mais a toujours pour but de maîtriser la sexualité féminine. Les pratiques coutumières des sociétés les plus diversifiées se sont attachées à codifier les modalités du contrôle. Quant aux religions, en particulier les trois religions monothéistes mais pas seulement, elles ont servi à sacraliser les processus de domination à travers lesquels s’exerce le contrôle patriarcal. Religions et coutumes étroitement mêlées, l’une renforçant les autres, ont ainsi édifié des appareils normatifs de domination. Les trois monothéismes ont tiré de la différence biologique une naturalisation et une hiérarchisation de la différence sociale.

Contester une tradition rétrograde, ce n’est pas renier ses racines, mais distinguer les registres d’existence en évitant de confondre la fidélité à une culture et l’asservissement à un pouvoir.

La Fédération Française du DROIT HUMAIN, de par son histoire et ses fondements, ne peut accepter toute remise en cause de l’émancipation des femmes. L’idéal universaliste qui nous anime ne saurait s’accommoder de revendications identitaires visant à soumettre le corps des femmes.

Comme le soulignait Maria Deraismes il y a plus d’un siècle « L’infériorité des femmes n’est pas un fait de nature, c’est une invention humaine, une fiction sociale ».

dimanche 22 mai 2022
Étiquettes :
  • 3
    JMB
    22 mai 2022 à 20:46 / Répondre

    Comment parler/écrire pour ne rien dire : mettre un titre attrape tout, mélanger tous les sujets pouvant faire le buzz, attaquer les 3 religions pour ne pas faire de vagues, mettre un soupçon de conservatisme, etc…
    J’eusse préféré que cette Commission Droits de l’Homme et Laïcité de la Fédération Française du DROIT HUMAIN se fende d’un commentaire sur la décision de l’inénarrable maire de Grenoble !

    • 4
      Danièle Cousin-Chamoin
      23 mai 2022 à 08:10 / Répondre

      MTCF
      Cette publication a au moins le mérite de replacer cette décision du maire de Grenoble dans un contexte plus général « féminisme Woke » entres autres, la laïcité est attaquée de diverses façons et les femmes sont hélas encore victimes d’atteintes à leur liberté (de disposer de leur corps avec l’excision par exemple ou de se vêtir….

      • 5
        JMB
        24 mai 2022 à 11:58 / Répondre

        4-
        MTCS,
        Si cette publication a tout le mérite que tu lui prêtes, et que je n’ai pas eu l’intelligence de déceler, pourquoi se cacher derrière son petit doigt et pourquoi ne pas appeler un chat un chat en dénonçant d’une façon claire la décision du maire de Grenoble ?
        « D’une utilisation imprécise, tous les mots ont perdus leur tranchant » (Ernst Hemingway)

        • 6
          GépluAdministrateur
          24 mai 2022 à 12:06 / Répondre

          M.T.C.F. JMB, si ce communiqué ne cite pas la seule triste initiative grenobloise, c’est parce qu’il vise plus large et veut englober toutes les agressions et « revendications identitaires visant à soumettre le corps des femmes. »

          • 7
            JMB
            24 mai 2022 à 13:36 / Répondre

            M.T.C.F Géplu j’entend bien et je peux comprendre tes argumentations, comme celles de Danièle. Mais permettez-moi d’avoir un doute sur la portée de ce genre de communiqué car comme chacun sait : « Qui trop embrasse mal étreint »

  • 2
    ERGIEF
    22 mai 2022 à 11:38 / Répondre

    Dans les temps à venir, le plus difficile pour les femmes ne sera pas de conquérir de nouveaux droits mais de conserver ceux qu’elles ont déjà chèrement acquis. Je partage tout à fait le contenu et les objectifs de ce communiqué.

  • 1
    Cécile Revauger
    22 mai 2022 à 09:32 / Répondre

    excellente déclaration! qui a le mérite d’être très claire

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