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Francs-maçons contre les extrêmes droites

Publié par Géplu
Dans Edition

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vendredi 23 janvier 2026
  • 10
    Dom Liberte
    25 janvier 2026 à 15h07 / Répondre

    Le mot islamophobie a été inventé, non pas par les mollahs iraniens ni par l’organisation des Frères musulmans (qui s’en sont emparés pour servir leur cause), mais par un fonctionnaire colonial français, rédacteur au ministère des Colonies, Alain Quellien. C’était en 1910, dans sa thèse de doctorat intitulée La Politique musulmane dans l’Afrique Occidentale Française. Il y désignait l’islamophobie comme un « préjugé contre l’Islam répandu chez les peuples de civilisation occidentale et chrétienne ». Pour lui, ce préjugé était une erreur politique et administrative qui poussait l’administrateur à des mesures répressives contre-productives, risquant d’aliéner les populations locales et de compromettre la paix coloniale. Quellien ne défendait pas l’Islam en tant que religion, mais pour son utilité sociale et politique dans le cadre de la colonisation. Un peu plus tard, Maurice Delafosse, gouverneur des colonies, ethnologue réputé et professeur à l’École coloniale, et figure centrale de la science coloniale française, a diffusé le terme dans les cercles savants et administratifs. Il le faisait pour désigner l’attitude de ceux qui, par ignorance ou préjugé, refusaient de voir les distinctions au sein du monde musulman. Pour lui, l’islamophobe, c’était celui qui essentialise l’Islam et le voit comme un bloc monolithique nécessairement hostile à la France. À l’inverse, Delafosse voulait promouvoir une politique de connaissance fine des structures locales. Mais l’objectif était bien de conserver les populations musulmanes des colonies sous l’empire de la métropole française.
    C’était une autre époque. Le terme islamophobie avait fini par tomber dans l’oubli, mais il est revenu dans les années 1980 par les Britanniques avec la critique intellectuelle de l’orientalisme, relancée notamment avec l’universitaire américano-palestinien Edward Saïd. Il analysait dans son livre « Orientalism » comment l’Occident a construit une image essentialiste de l’Orient et de l’Islam pour justifier sa domination, et il dénonçait une vision statique, violente et irrationnelle de l’Autre musulman. Avec l’affaire des réactions violentes lancées par l’Iran contre la publication des Versets sataniques de Salman Rushdie, et les manifestations massives qui ont suivi en Angleterre, les sociologues britanniques observèrent qu’en réaction, l’élite libérale britannique réagissait souvent avec une incompréhension teintée de mépris culturel, ce qui réactivait les stéréotypes du musulman fanatique et intolérant. Ce n’était plus la couleur de peau qui était visée, mais la culture et la religion des musulmans. Ils firent donc émerger le concept de racisme culturel et adoptèrent à leur tour le terme d’islamophobie.
    Le Runnymede Trust, un think tank britannique indépendant dédié à la promotion de l’égalité raciale, décide alors de lancer une commission sur les musulmans britanniques et l’islamophobie. Il publie son rapport en 1997. Il est intitulé Islamophobia: A Challenge for Us All (Islamophobie : Un défi pour nous tous). Cette publication marque l’acte de naissance officiel du terme dans le débat public moderne et sa consécration sociologique au niveau international.
    Rapidement, l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) qui regroupe 57 États membres et se présente comme la « voix collective du monde musulman », a fait de la lutte contre l’islamophobie un axe central de sa diplomatie multilatérale, l’utilisant comme levier de négociation face à l’Occident. L’OCI lui donner au terme sa dimension géopolitique mondiale.
    Pendant une décennie de bataille acharnée à l’ONU, l’OCI fait reconnaître le concept juridique de « diffamation des religions » (defamation of religions). Mais en constatant que ce concept ne passe pas aussi aisément dans les pays occidentaux, elle se replie sur le terme d’islamophobie. En 2007, l’OCI crée un Observatoire de l’islamophobie avec cette définition : « une combinaison de haine, de peur et de préjugés contre l’Islam, contre les musulmans, ainsi que contre tout ce qui est associé à la religion, comme les mosquées, les centres islamiques, le Saint Coran, le Hijab, etc. »
    L’aboutissement de cette stratégie, c’est l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU, le 15 mars 2022, d’une « Journée internationale de lutte contre l’islamophobie ».
    La résolution a été adoptée par consensus (pour éviter un vote clivant), mais plusieurs pays ont exprimé de fortes réserves. Ainsi, la France, l’Inde et l’Union européenne ont critiqué le fait de singulariser une seule religion, arguant que cela créait une hiérarchie dans la lutte contre l’intolérance religieuse. La France a rappelé que l’islamophobie n’a pas de définition agréée en droit international et a insisté sur la liberté de croire ou de ne pas croire.
    L’Union européenne (UE), quant à elle, maintient une ligne de défense sémantique rigide. Les institutions de Bruxelles refusent d’utiliser ce terme dans leurs textes juridiques contraignants et dans la dénomination de leurs structures officielles, en lui préférant systématiquement l’expression « haine anti-musulmane » (anti-Muslim hatred).
    Et au sein de l’UE, la France constitue le fer de lance de l’opposition au terme « islamophobie ». La doctrine française, réaffirmée régulièrement, considère le terme comme un piège idéologique qui vise à interdire la critique de l’Islam au nom du racisme. La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) a longtemps débattu de l’usage du mot : finalement, elle préfère parler de « racisme anti-musulman ».
    Bref, voilà un mot piégé qu’on ne peut manier qu’avec beaucoup de précautions quand on ne connaît pas tous les détails de son histoire.

  • 7
    Luciole
    24 janvier 2026 à 20h59 / Répondre

    à 3 et 4 Si vous mettez sur le même plan (au nom de l’égalité de traitement je suppose) la Bible (assez ancienne non?),la pratique du Catholicisme actuel, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et les attentats,l’entrisme des Frères musulmans dans la réalité de notre époque (2026), je vous souhaite de ne pas vous réveiller trop tard.

    • 9
      Joab’s
      25 janvier 2026 à 14h09 / Répondre

      C’est effectivement de même nature les addictions à des croyances et les actions de dirigeants religieux et le soutien de gouvernements.
      Selon les époques et les milieux ça prend des formes diverses mais c’est la même plaie.
      L’islamisme est une forme d’extrême droite parmi d’autres. A combattre comme toute l’extrême droite.

  • 5
    JMMO
    24 janvier 2026 à 18h30 / Répondre

    Bonjour,

    « Francs-maçons contre les extrêmes droites, l’antisémitisme, l’islamophobie »

    L’emploi du « Des » Francs-maçons serait plus juste, car il précise qu’il s’agit d’un groupe d’individus ou d’une obédience spécifique, et non de l’universalité des membres de la franc-maçonnerie.

    Je note l’absence du terme « islamisme » afin d’ajouter un peu plus de crédibilité; C’est un oubli regrettable, car l’islamisme constitue un danger réel et immédiat, tant pour les valeurs de la Franc-maçonnerie (GO et co.) que pour la France elle-même.

    Bon weekend

    • 6
      Joab’s
      24 janvier 2026 à 20h58 / Répondre

      L’islamisme n’est qu’une déclinaison parmi d’autres de l’extrême droite !

      • 8
        JMMO
        25 janvier 2026 à 10h07 / Répondre

        Bon La France a déjà connu l’extrême droite par le passé, et je ne lui souhaite pas de connaître l’islamisme. L’islamisme corrompu a anéanti mon pays, qui était pourtant l’un des plus beaux pays francophones au monde.
        Bon weekend,

  • 2
    Luciole
    23 janvier 2026 à 13h50 / Répondre

    Au sens premier je crois que « Islamophobie » signifie « Peur de l’Islam ». Pas peur des Musulmans. C’est bien de la religion qu’il s’agit et non pas des personnes.
    Dans la mesure ou Islam = Coran = Charia,on peut je crois légitimement s’inquiéter,en France du développement de cette religion dont la grande majorité des membres se remarque surtout par sa discrétion y compris pour ce que prône cet ouvrage et que rejette la République.

    • 3
      Arnaud Laehert
      23 janvier 2026 à 16h49 / Répondre

      D’après les différents dictionnaires, une phobie n’est pas une peur, mais une peur morbide et injustifiée, une aversion instinctive, dépendant d’un ressenti plutôt que de causes rationnelles et dont les synonymes ne sont pas la peur ou la crainte, mais la haine et l’horreur.
      En outre, si l’on doit s’inquiéter du développement d’une religion nommée Islam parce qu’elle est égale à Coran qui serait égal à Charia, comment devons-nous envisager le développement bien concret en ce moment, à la faveur de l’expension de l’extrême droite, d’un Catholicisme radical égal à la Bible et égal aux principes de la Doctrine de la Foi, actuel nom, ministère du Vatican et faux nez de l’Inquisition ?
      Il est un principe sage, celui de balayer devant sa porte avant de constater l’état de du trottoir du voisin.
      J’aime bien le proverbe africain disant en d’autres termes le même conseil : avant de monter au cocotier, il faut s’assurer d’avoir les fesses propres.
      On ne mesure pas suffisamment ce que CNEWS nuit au discernement, et Pascal Praud passe l’antenne au corrupteur sexuel de mineurs Jean-Marc Morandini.

    • 4
      Joab’s
      23 janvier 2026 à 18h52 / Répondre

      @2 Si on va sur la question des livres sacrés des uns ou des autres, la Bible judeo-chretienne (reputée Volume de la Loi Sacrée chez certains FM) a son lot d’horreurs : son dieu est exterminateur, il appelle à lapider les femmes et les homos. Y compris le NT qui prone le sang contre les juifs et l’assassinat des non-croyants en Jesus.
      Donc critiquer, condamner Coran et charia, oui ! mais en sachant ne pas menager Torah et alliance dans le sang côté judeo-chretien.

  • 1
    Yvan d'Alpha
    23 janvier 2026 à 13h11 / Répondre

    J’ai évidemment commandé cet ouvrage. L’arrivée possible de l’extrême droite au pouvoir est un danger pour la démocratie, la liberté d’expression et les francs-maçons, les vrais, pas ceux qui versent dans ces idées nauséabondes de l’extrême droite.
    La recette de l’extrême droite est pourtant simple : proposer des réponses simples à des questions complexes. Et ça marche. Dans un monde de plus en plus complexe, les réponses simples prennent. Y compris chez certains francs-maçons. Au Grand-Orient, dont l’ADN est incompatible avec ces idées d’intolérance et d’irrespect pour autrui voire pour soi-même, nous n’en voulons pas.
    Le contraire de la vérité, ce n’est pas le mensonge, c’est la confusion. Et c’est ainsi que fonctionne l’extrême droite : en semant la confusion. Et nous aurons probablement ici même des idéologues fascisants qui viendront semer la confusion en évoquant le danger équivalent de l’extrême gauche.

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