Temple GLUA Londres

La franc-maçonnerie britannique vue par un indécrottable continental

Publié par Pierre Noël

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dimanche 26 avril 2026
  • 6
    Pierre Noël
    27 avril 2026 à 19h19 / Répondre

    Permettez-moi d’ajouter quelques commentaires à mes états d’âmes
    Je reviens bien souvent sur les rapports des degrés les uns avec les autres, nonobstant que ces degrés qui n’étaient que deux au début (« entered apprentice » et « Fellow-Craft ou Maître-Maçon ») se sont retrouvés trois après tripatouillage des degrés existants et addition d’une légende supplémentaire et ajout de mots nouveaux (M.B.). Le résultat est connu mais, hélas, déséquilibré jusqu’à l’incompréhensible.
    Le degré d’apprenti est un événement ponctuel, le début d’une expérience, le vécu d’une journée difficile où il se passe tellement de choses que le néophyte a peine à les retenir d’autant qu’elles sont répétées en une langue qui n’est plus de notre siècle, une succession d’émotions inattendues qui ne sont plus de notre temps (même dans les loges où le rituel fut réduit comme peau de chagrin pout faire moderne et libéré, le protocole simplifié jusqu’à la caricature d’une saynète du culte républicain de l’an II).
    Le deuxième degré représente au contraire le parcours d’une vie, l’étude progressive d’un art, d’un métier (d’un mystère), l’apprentissage d’une pratique (les cinq années d’apprentissage du rite français) qui peut mener à tout, la perfection du maître en devenir ou l’échec du tâcheron prétentieux. Ce cheminement, cette progression, est présenté pat l’allégorie du temple de Jérusalem, qu’il s’agit de pénétrer, de parcourir, d’explorer, de découvrir. En fin de course (de vie ?), il faudra gravir l’escalier à vis conduisant à la chambre du milieu où le persévérant recevra les récompenses de son labeur journalier (symbolisé par une autre allégorie, celle des produits de la nature) et contemplera cet autre mystère insondable, la conjugaison des formes multiples de l’Etre, infini, innommable, inaccessible.
    Le troisième degré enfin est, comme le premier, évènement ponctuel, unique, inattendu …. La mort que chacun, calotin ou laïcard, indifférent ou résigné, vivra comme sa destinée le lui réserve.

    • 7
      Pierre Noël
      3 mai 2026 à 15h53 / Répondre

      Excusez une omission dans mon bref résumé du 2° degré : « les guerriers massacrés pace qu’ils n’avaient pas le « bon accent », le bourguignon, le marseillais ou, pire, le belge.

  • 5
    Yvan d'Alpha
    27 avril 2026 à 8h12 / Répondre

    Comme à l’accoutumée avec notre frère, Pierre Noël, nous découvrons encore un sujet, particulièrement intéressant et instructif. Cette fois-ci, je découvre des éléments de compréhension nouveaux pour moi sur le rite français à travers ces éléments anglais que j’ignorais. Merci.

  • 4
    Pierre Noël
    26 avril 2026 à 19h37 / Répondre

    Il existe un très amusant bouquin de Georges Oliver (maçon anglais du XIX° siècle) intitulé Revelations of a square (1855). L’auteur ayant acquis une vieille équerre se met à rêver un soir, devant sa cheminée, à la lueur des chandelles, et voit s’animer l’équerre qui, tel un fantôme de Dickens (dans Un conte de Noël de 1843), lui raconte ses souvenirs. Elle fut portée par Christopher Wren, Désaguliers et par d’autres. Elle a tout vu, tout entendu et raconte, raconte … la renaissance (revival) de la fm, son développement, l’atmosphère des premières années, le « schisme » des anciens, l’union de 1813 …. Très intéressante est sa description des usages « d’avant », c’est-à-dire des « modernes ».
    On lit partout que les usages de la première GL, celle qu’on appelle des « modernes », ont été adopté quasiment tes quels par les loges françaises, que le « rite français » serait l’héritier de cette GL. On le répète comme une incantation, sans prendre en compte que c’est une lecture partielle et souvent partiale de lecteurs de ce côté de la Manche.
    Elle est surtout partielle parce que le rite de 1785 (qui ne s’appelait pas « français») n’a repris que quelques éléments « modernes », surtout dans la description de la loge d’apprenti, en oubliant les développements bien différents des rituels de la première GL à la fin du XVIII° siècle.
    Or Oliver qui est un maçon de son temps, GM provincial dans les années 1840-1850, donc bien après l’Union, décrit de façon amusante les usages « d’avant » et « d’après » le tournant du siècle et reprend quasi-mot à mot ce dont les maçons français font leur casus belli : la position des surveillants, les meubles, les lumières, les colonnes !
    Voici un extrait du texte (c’est l’équerre qui parle). Au passage, remarquez la disposition de S-F-B.
    « Je vous assure, monsieur, que la maçonnerie telle qu’elle était alors pratiquée était une entreprise fascinante, quoique ces particularités étaient quelque peu différentes de celles de temps plus récents. Par exemple, ce que vous appelez les Grandes Lumières étaient appelés Meubles chez nous ; les trois lumières mobiles étaient vos trois petites lumières, et étaient identiques en tout ; et nous avions trois lumières fixes, ou fenêtres imaginaires disposées à l’est, ouest et sud. Elles ont maintenant disparu. De même, Sagesse, Force et Beauté, selon les anciens usages, étaient représentées, non pas comme aujourd’hui par trois piliers ou ordres d’architecture, mais par les deux colonnes (piliers) du porche de Salomon et l’Etoile Flamboyante. La colonne à main gauche était le symbole de la Sagesse, celle à main droite celui de la Force, et l’Etoile Flamboyante au centre était celui de la Beauté. » (Notez au passage que la position de la Sagesse à main gauche, de la Force à main droite et de la Beauté au centre, est toujours utilisée au rite moderne belge du GOB)

  • 3
    ERGIEF
    26 avril 2026 à 12h42 / Répondre

    Merci Pierre pour cette contribution que je n’hésite pas à qualifier de tout à fait exceptionnelle tant elle est éclairante pour les indécrottables béotiens continentaux dont je fais partie. Mes futures visites dans des loges de rite anglais (Emulation) auront désormais une toute autre saveur et je vais également porter un autre regard sur les rites que je pratique. Encore merci.

  • 2
    Olivier Rocher
    26 avril 2026 à 9h57 / Répondre

    Merci Pierre, pour ce bien joli cadeau !

  • 1
    REMI
    26 avril 2026 à 7h23 / Répondre

    Un très grand merci à notre frère PN pour cette contribution riche d’enseignement, ainsi qu’à notre cher Géplu pour la publication. 😉

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