Le Septième Templier, la critique

Publié par Jiri Pragman
Dans Edition

Quand on reçoit un livre aussi attendu par ses fans, on prend le temps avant de l’ouvrir. On examine la couverture finale après avoir enlevé la bandelette rouge placée par l’éditeur. Celle qui dit Un secret vieux de 7 siècles fait encore couler le sang, histoire d’attirer l’oeil du chaland.

Et puis on soupèse le livre, on le retourne, on examine la photo des 2 auteurs. On se dit qu’il faudrait comparer avec les photos à l’arrière des précédents ouvrages mais est-ce que Ravenne n’aurait pas un peu « forci ». Et c’est là qu’on se souvient que le duo Giacometti-Ravenne a quand même liquidé 800.000 bouquins rien qu’en France et que les droits d’auteur doivent permettre de se payer un dessert (ou ce vin de Moravie dont ils chantent les louanges, en hommes de goût).

Bon, ouvrons ce Septième Templier. Encore que les histoires de templiers, cela commence peut-être à bien faire. Celui qui s’est farci Le dernier Templier de Raymond Khoury et L’Héritage des Templiers de Steve Berry va-t-il passer au Septième Templier (s’il est vraiment accro, il peut aussi acquérir Le Monde des Religions n°47 consaré lui aussi aux Templiers) ? Et puis, Jacques Ravenne et Eric Giacometti avaient déjà pris les Templiers comme argument dans La Croix des Assassins

L’auteur de cette critique sera-t-il objectif? Sachant que le Blog Maçonnique ou lui-même ont déjà été cités dans les ouvrages du duo, ne sera-t-il pas complaisant? Ne serait-ce que pour éviter que, dans le prochain opus, il ne soit tué après avoir été torturé, mutilé voire abusé? Et donc?

Et donc Le Septième Templier est un bon cru qui devrait ravir les amateurs de EG-JR! Bien sûr, impensable de trop en dire pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui attendent le 9 juin pour acheter le livre sans attendre une version de poche.

On retrouve ici les ingrédients du thriller à fondement historique avec des déplacements dans le temps et l’espace pour ce qui débouchera sur une quête du trésor des Templiers. Avec de courts chapitres (62 + le prologue + l’épilogue) pour une brique de 534 pages (hors premières pages et appendices). Soit moins de 9 pages par chapitre.

Le livre semble aussi extrêmement documenté. Par exemple lorsqu’il décrit la sécurité du Vatican (le Pape sera la cible d’un attentat) ou ses finances. Peut-être est-ce dû au métier de Giacometti – journaliste au Parisien – mais on sent que, pour sa partie contemporaine, le livre s’imprègne de l’actualité, l’affaire Madoff et, dans une moindre mesure, l’affaire Kerviel. On ne sait pas par ailleurs lequel des 2 auteurs a traduit son vécu mais on apprendra que le commissaire Marcas a multiplié les rencontres sur Meetic ! Ce qui est aussi intéressant chez nos 2 auteurs, c’est qu’ils donnent envie au lecteur de poursuivre ses recherches hors du livre, par exemple, en se penchant sur cet art de la mémoire exercé par un des protagonistes, le Grand Visiteur (lire L’art de la mémoire de Frances Amelia Yates).

Bien entendu, la particularité des 2 auteurs, c’est d’imprégner leur ouvrage de franc-maçonnerie. Ce n’est pas un simple vernis commercial ou la simple touche de mystère en plus: d’une part, le commissaire Marcas est lui-même Franc-Maçon (un Maçon de base, un de ceux qui doutent parfois et se gaussent des titres pompeux des Hauts Grades écossais ou égyptiens) et, d’autre part, l’intrigue baigne dans la Maçonnerie. Non seulement il est question d’une Loge templière (encore qu’ils fassent un sort à la légende des Maçons, descendants des Templiers) mais des éléments de Rituel, des allusions à la Parole perdue, des morceaux d’histoire maçonnique, des énigmes ou codes se référant au symbole de l’ourobouros ou aux Hauts Grades tout au moins à celui du chevalier Kadosh, le grade maçonnique de la vengeance templière, ou le surnom « maçonnique » de la « méchante » de l’histoire (La Louve)) vont titiller le Maçon et susciter la curiosité du profane. Et que dire de la rencontre entre Marcas et la Vénérable Maîtresse d’une Loge féminine après une élévation à la Maîtrise?

Enfin, comme d’habitude, le livre est parsemé de clins d’oeil. Il est question d’un certain Van Pragman (pp. 235-236), d’un Dictionnaire des symboles et termes ésotériques écrit par H. Memberti (une allusion à Hélène Mamberti?), de la Ligue de l’Imaginaire. Référence est aussi faite au récent recueil de textes maçonniques d’Emmanuel Pierrat. Encore qu’il ne faille pas voir des allusions partout: si un Templier s’appelle Gérart de Villiers, ce n’est pas une fine allusion à l’auteur des S.A.S. Gérard de Villiers (encore qu’on ait droit ici à une scène de torture que n’aurait pas désavouée le père du prince Malko): un Templier a bien porté ce nom!

dimanche 5 juin 2011
  • 10
    El Borak
    21 août 2012 à 12:00 / Répondre

    Bonjour,
    Je suis déjà fan de Raymond Khoury et de steve Berry, et j’ai beaucoup apprécié leurs ouvrages avec le thème des templiers, j’ai découvert il y a un peu plus d’un an Giacometti et Ravenne, j’ai lu tous leur livre un par un en les appréciant, bien sûr il faut rester dans l’optique du roman destiné à nous divertir, rôle premier.
    Si vraiment on veut approfondir l’étude des templiers de nombreux livres sont disponible, principalement le procès des templiers par le professeur Malcolm Barber,où nous trouvons des détails bien historique.Pour les aventures d’Antoine Marcas , je trouve les histoires bien construites avec de nombreux détails instruisant; je parle bien sûr par rapport à mon niveau et mes buts, comme on dirait, chacun voit midi à sa porte, je trouve votre blog très instructif et y reviendrais, merci.

  • 9
    Hortulanus
    28 janvier 2012 à 23:52 / Répondre

    Bonjour,
    je suis « profane », et vous remercie d’avoir ouvert cet espace d’échange aux pauvres pèlerins, profanes comme moi, qui ne savons ni a ni b, mais souhaitons savoir plus qu’épeler.

    J’ai dévoré, puis lu, puis relu « Le rituel de l’ombre » qui a confirmé certaines de mes recherches personnelles. J’ai apprécié « In Nomine », que je trouve extrêmement impressionnant.

    Je suis par contre en train de lire « Conjuration Casanova », et là, c’est une toute autre histoire. Je me suis intéressé avec beaucoup de prudence à Crowley et à sa folie. J’ai eu moult discussions avec d’anciens membres de l’OTO, dont les doctrines ne m’ont pas paru autres que quelques peu délirantes. Ne parlons pas des Chaoticiens… J’ai combattu Moon de toute ma force, mais face à une pareille organisation, je me suis pris le mur.

    En bref, je me suis promené dans quelques uns de ces milieux bizarres (je souligne que je ne place évidemment pas la Maçonnerie, quelle que soit l’obédience considérée, dans la catégorie « bizarre », et que globalement, le peu que j’en sais m’est sympathique).
    Ceci , et je vous supplie de m’en pardonner la longueur, pour situer le contexte de ce message.

    Je suis fort étonné lorsque, dans « Conjuration Casanova », je trouve en entête des diverses parties, une citation de Crowley puis, ensuite, une citation de Michel Maier. Je n’ai lu à l’heure où j’écris qu’environ la moitié du livre. Mais je le trouve, pour rester dans les limites de la courtoisie, plus que glauque !
    « Atlante fugitive », probablement le plus connu de Maier, est un ouvrage complexe, passionnant, écrit par un Philosophe. Qu’on mette, de facto, en parallèle les écrits de cet Adepte, fut-ce par le biais indirect d’une citation très partielle, avec une citation du Liber Vel Legis est pour moi extrêmement choquant.

    Provocation ? En ce cas ça fonctionne 🙂

    Mais plus généralement, cet ouvrage, au point où j’en suis rendu, me laisse une impression nauséeuse, ce qui cela dit montre le talent littéraire des auteurs. Mais avec des réserves quant à leurs qualités de documentalistes.
    Qu’on cite les tantras dans le contexte du comportement monstrueux du Dyonisos du livre me semble inopportun. Le tantrisme a beau n’être (A. David-Néel) qu’une forme dégénérée du bouddhisme, pratiquée par certains groupes de population, le but me semble pourtant, vu de loin, en être bien plus élevé que ceux de l’hydre multiforme décrite dans ce livre.

    Pour en finir avec cette interminable tartine : c’est un ouvrage que je ne conseillerais pas à qui que ce soit ayant une vision du monde un peu floue, un peu fragile, et une psychè pas très solide.
    Cela ne m’empêchera pas, bien entendu, d’explorer plus avant les fruits du travail de ces deux auteurs.

    Bien cordialement, et en vous remerciant de votre hospitalité,
    Le jardinier

  • 8
    FleuveNoir
    5 juillet 2011 à 14:46 / Répondre

    Si vous aimez les thrillers, si vous souhaitez recevoir toute l’actu autour du Septième Templier, partager vos avis… Venez nous rejoindre sur la fanpage officielle du Fleuve Noir et cliquez sur J’aime :
    http://www.facebook.com/media/albums/?id=135566796461727#!/editions.fleuve.noir

    A bientôt !

  • 7
    EgregorAcNos
    17 juin 2011 à 16:47 / Répondre

    Difficile de résister à la tentation de louer les talents de Giacometti et Ravenne! J’ai été contaminé très vite… le frère de sang, au début, puis tout est allé très très vite! Une véritable addiction! A tel point que durant quelques mois, ayant dévoré leurs oeuvres à grande vitesse, il m’a fallu composer avec Khoury et Berry, avant d’avoir entre les mains Lux Tenebrae! cette période m’a servie de leçon! Je savoure les pages de leur avant dernier opus, en regardant du coin de l’oeil la page de couverture du Septième templier qui attend son tour! Bref, tout ça pour dire que je suis devenu un inconditionnel de Giacometti et Ravenne, et qu’ils sont une grande source d’inspiration pour mes propres écrits… qui je l’espère rencontreront un jour le même succès! Plus que ça, ils ont la capacité d’inviter tout lecteur à aller plus loin, à se cultiver, à rechercher des textes, à rechercher la vérité… à faire d’un profane un frère! Ni voyez là aucune incitation, mais chacune des recherches que leurs oeuvres m’ont inspirées me donnaient l’impression de rédiger une planche!

    Je vous invite vivement à lire toutes leurs oeuvres sans retenue et sans doute!

  • 6
    Farah
    14 juin 2011 à 21:04 / Répondre

    Bonjour,

    J’ai un nom de Famille Français avec une histoire de templier et de Franc-maçon ironie du sort je n’aime pas les sectes de part ma religion et de part ma nature bref: je ne voudrais pas rentrer dans ces histoires ironie du sort j’en ai dans ma famille du moins j’avais car eux aussi je l’ai renié comme le reste de ma famille. ¨Donc je me suis dit comme j’ai été volé, piraté et menacé de mort je vous passe tous les détails j’ai faillit mourir 3 fois et la police me dit Madame ce sont des séries de coincidences;

    Et Coincidence! depuis que j’ai travaillé pour eux! en plus depuis, je parle de franc-maçonnerie alors que je n’ai jamais fait de politique et que je me suis toujours foutu de ces choses. Je me suis dit que j’ai un fanatique qui cherche les templiers et qui peut-être pense que j’ai une relation avec je ne sais quoi? Et de tout mon coeur, je souhaite vivement quitter ce pays pour un autre où je n’entendrais jamais parler de sectes, de franc-maçons où de templiers même de ma famille je ne veux plus entendre parlé…………..

    J’ai le sentiment comme par hasard vu la situation économique qui est la mienne, que je suis un peu coincé quelle coïncidence vous allez me dire! .. Si quelque un à me faire une révélation sur ce fanatique, je ne me suis jamais documenté et je ne regarde surtout pas ces films de ce genre. Je cherche à contacter l’auteur peut-être que lui il en sais un peu plus et pourra m’aider à élucider cette affaire afin que je puisse quitter ce pays dans les plus brefs délais bien sur! j’ai l’intention de changer de nom, aux grand fanatiques des templiers, ils peuvent le prendre cela ne me dérange absolument pas. Ce qui me dérange c’est de le porter!

  • 5
    den
    9 juin 2011 à 23:19 / Répondre

    J’ai été à la dédicace ce soir ! Super interview ! J’attend avec impatience qu’elle soit sur votre site ! Merci de votre gentillesse à tous ! Bises ! Den

  • 4
    Jean-Laurent Turbet
    6 juin 2011 à 00:58 / Répondre

    Merci Jiri !! 🙂

  • 3
    Jiri Pragman
    5 juin 2011 à 15:34 / Répondre

    Ben, j’ai écrit que c’était un bon cru ! Qu’en déduire ?

  • 2
    Philou
    5 juin 2011 à 15:33 / Répondre

    Oui mais Jiri…. il faut pour finir cracher ta pastiile Valda …
    C’était sympa ou non ce livre , Tu as pris ton pied ?
    Tu nous le recommandes ou pas ?

    Bien à toi,
    Philou,

  • 1
    fluo
    5 juin 2011 à 11:10 / Répondre

    Il est vrai, mon cher Jiri, que le polar « ésotérique » fait florès, avec plus ou moins de talent, plus ou moins de succès. Mais à notre époque où il est « tendance » de critiquer et dénigrer de façon systématique, je vais en rajouter une couche et abonder dans ton sens. Les polars d’ EG-JR ont toujours une belle intrigue, c’est toujours bien documenté, mais pas de trop pour toucher un large public, Maçon et Profane. Marcas est humain, avec sa force et ses faiblesses, et il y a toujours une dose d’humour dans le récit…
    Quant à Ravenne, s’il a forci, c’est peut-être parce qu’il a pas mal fréquenté les salles humides, une belle preuve de son assiduité en Loge…..

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés. Les règles en matière de diffamation, de calomnie, d’insulte, d’incitation à la haine ou de discrimination sont applicables. Les formules de salutation maçonnique et les abréviations ne sont pas autorisées.

Code vérification
Signaler un contenu abusif