Les francs-maçons écrasés

Publié par Géplu
Dans Divers

Samedi 22 février à 14h30 à la salle de ventes de Nevers, aura lieu une vente de « beaux livres anciens et modernes ». Au catalogue nous avons repéré cette édition du livre de Gabriel-Louis Pérau, dit l’abbé Pérau, Les francs-maçons écrasés, suite du livre intitulé l’ordre des francs-maçons trahis.

106. [Franc-maçonnerie]-[PÉRAU (Gabriel-Louis Calabre)]. Les francs-maçons écrasés, suite du livre intitulé l’ordre des francs-maçons trahi. Amsterdam, 1764.
In-12, basane marbrée, dos à nerfs orné (reliure de l’époque). L’illustration se compose d’un frontispice, et de 5 planches gravées dépliantes. Ouvrage écrit en latin par Gabriel-Louis Pérau (1700-1767) et traduit du latin en français par l’abbé Larudan (qui pourrait être l’anagramme de Henri-Charles Arnauld de Pomponne).
Bon exemplaire. Défauts d’usage à la reliure.

Estimation : 80 à 100 €, ce qui ne me semble pas excessif pour ce livre.

samedi 15 février 2020
  • 17
    pierre noel
    24 février 2020 à 13:56 / Répondre

    Sait-on à combien fut vendu le livre?

  • 16
    Désap.
    22 février 2020 à 13:52 / Répondre

    Il faut définir ce dont chacun nous parlons.
    S’il s’agit de reconstituer l’Histoire des loges, j’avoue que cet aspect ne m’intéresse guère.
    Les divulgations sont-elles propres à l’établir ? J’en doute, les divulgations restent malgré tout des suppositions et ne reposent que sur des souvenirs et non une exactitude dans le meilleur des cas lorsqu’elles émanent de franc-maçons. Quand elle sortent de l’imagination d’abbés ou d’anti maçons, la plus grande méfiance me semble devoir être de rigueur parce qu’il ne s’agit pas pour ceux-là d’établir la vérité, mais bien de stigmatisation, de montrer toute la perversité qu’ils estiment de la franc-maçonnerie.
    Ce qui m’intéresse en revanche et qui me semble seul propre à une meilleure compréhension de la maçonnerie, c’est l’objectif poursuivi par la première GL.
    Au contraire de ce que R. Dachez et l’Ecole authentique estiment, la GL de Londres et W. n’est pas la création d’un club londonien de plus. Ce qu’écrivent Anderson, Désaguliers, Payne et Montagu par les Constitutions n’est pas un règlement inspiré par la maçonnerie opérative. Nous sommes à cette époque en Angleterre et en France notamment en pleine révolution intellectuelle, c’est l’aboutissement de la contestation du dogme religieux commencé à la Renaissance.
    Quand les Anglais attaquent l’irréalisme de la religion par le biais scientifique avec la création de la Royale Society qui, j’en ai la conviction, est le moteur de la création de la GL sur une idée originale de Newton, les Français établissent la philosophie politique, Voltaire écrit Œdipe, pièce terrible de contestation de la religion et du pouvoir absolu.
    Revenant à la franc-maçonnerie Modern, ce qu’il est également intéressant de comprendre, c’est la réalité de la maçonnerie opérative écossaise sur laquelle ils se fondent.
    Ceci passe par une étude sérieuse de la partie « historique » des Constitutions ; là beaucoup de chose sont dites et on s’apercevra du caractère contradictoire de la présence de la Bible en loge, qui n’était pas plus présente dans la loge opérative écossaise.
    Bien entendu, qu’elle soit introduite dans les loges particulières avant 1751 est très certainement un fait.
    Mais il ne s’agit pas là d’un usage règlementaire, tout le texte des Constitution le montre, il s’agit d’un usage particulier dû à la coutume sociale dont il n’était certes pas aisé de s’affranchir hors des cercles intellectuellement avancés et dotés d’une ferme intention d’émancipation, ces cercles qui écrivent l’Histoire, celle des idées.
    1813, c’est revenir sur le projet initial, c’est un retour à une forme de religiosité bien que l’on sache que Sussex lutte ardemment contre cette tendance jusqu’à la fin de sa grande maitrise.
    1929 c’est tout autre chose, quoiqu’en dise la GLUA ce n’est pas l’expression des usages ayant toujours prévalu en franc-maçonnerie, c’est une forme religieuse qui n’a de valeur que particulière et de fait en rien universelle.

  • 14
    pierre noel
    20 février 2020 à 17:22 / Répondre

    « Les Francs-Maçons écrasés, suite du livre intitulé L’Ordre des Francs-Maçons Trahi traduit du latin, à Amsterdam M. DCC. XLVII », est attribué à un certain abbé Larudan qui dans la préface, se présente comme le même auteur que celui « L’Ordre des fm trahi… », compilation de plusieurs œuvres précédentes d’au moins deux auteurs et ouvrage à succès paru pour la 1° fois en 1745 (et fréquemment réédité par la suite, de 1752 à 1781).
    Si Le Trahi est une compilation fiable, représentant vraiment les usages du temps et donnant du rituel maçonnique une image exacte (dont le serment sur la bible en temp utile quoiqu’on puisse en dire), très proche de ce qui est encore aujourd’hui pratiqué dans les loges bien conduites, il n’en va pas de même des « fm écrasés » qui présente un série impressionnante de sottises, de contre-vérité et d’inventions pures et simples, à commencer par l’origine de l’Ordre qui serait due à Cromwell et aurait pour but secret, ignoré de la plupart de ses membres, l’instauration de la Liberté et de l‘Egalité.
    Il décrit l’Ordre comme divisé en 4 degrés dont le dernier est celui d’Architecte ou Ecossais, mais il décrit surtout trois types de frères qu’il classe en « pénétrans, inquiets et crédules ».
    L’auteur du pamphlet (de près de 440 pages !) n’a pas été identifié mais une inconnue subsiste car l’auteur des planches et gravures du Trahi et des fm écrasés, est le même artiste, S. Fokke, ce qui semble indiquer que les deux ouvrages proviennent du même milieu. Ceci n’exclut pas bien sûr, que le « fm écrasés » soit une tentative délibérée de tromper le public et de l’égarer par une fausse divulgation.

  • 13
    Désap.
    20 février 2020 à 09:54 / Répondre

    12 – En effet, je ne connais que partiellement la littérature antimaçonnique, pour une raison assez simple : on en a lu un, on les a tous lu.
    Il semble en revanche que l’amateur éclairé P. N. y voit le moyen de connaître les usages maçonniques du 18è, et notamment la preuve (une obsession chez lui) de la présence de la Bible en loge avant 1751.
    Quand bien même ces pamphlets doivent contenir de minuscules réalités, comment en tirer des vérités historiques ?
    On va sûrement nous le dire et parler de mon état mental.
    Rions 😊😊

    • 15
      William
      20 février 2020 à 17:33 / Répondre

      D’après notre éminent commentateur, une lecture doit être « utile » et quand on a lu un livre sur un sujet, « on les a tous lus »…. Chapeau l’artiste ! Et en plus il voudrait que l’on mette de telles ineptie sur le compte de son « état mental »… Bien sûr que non ! Par contre, ces inepties confirment – s’il était besoin – un complet déficit de structure et de méthode de travail, que ses (pourtant louables) efforts pour s’inventer une vie intellectuelle sur le tard ne peuvent masquer. Pas étonnant avec de telles méthodes qu’il baigne dans le complotisme et l’obscurantisme… Comme dit le dicton, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif.

  • 9
    Désap.
    19 février 2020 à 10:28 / Répondre

    Pierre Noël Pourrait-il nous expliquer en quoi la lecture de ce livre antimaçonnique, pour lequel il semble nourrir une vraie passion, peut-il nous être utile ?
    En tout cas, force est de constater qu’il montre bien plus de respect que pour l’abbé Larudan que pour les maçons qu’il estime irréguliers, si même il les estime maçons.

    • 10
      pierre noel
      19 février 2020 à 12:34 / Répondre

      La connerie aura-t-elle un jour une limites?

      Je collectionne les exposures du XVIII° siècle en texte original, en reprints ou en photocopies depuis 40 ans. En français, en allemand et en néerlandais. J’ai un exemplaire original de Larudan depuis les années septante (ils étaient moins chers à l’époque).
      Certains de ces ouvrages sont délirants, beaucoup sont méchants, d’autres sont d’un intérêt considérable et parfois favorables à la Fraternité. Les gravures sont d’un apport exceptionnel. l’évolution dans le temps de ces oeuvres est frappante, par leur facture et leurs significations. les synthèses de Kloss, de Fedderssen et de quelques autres sont essntielles (on peut se passer de Négrier et de Kervella)

      Notre honorable ami, dont jignore s’il a la moindre culture maçonnique en-dehors de Paillard, comprendrait-il avec retard que rien de ce qui est maçonnique puisse être étranger à un amoureux de l’art royal ?

      • 11
        Désap.
        19 février 2020 à 13:56 / Répondre

        10 – Ah pcq un ouvrage antimaçonnique est maçonnique maintenant ?
        Je m’attendais à tout mais pas à cela.

        • 12
          pierre noel
          19 février 2020 à 17:13 / Répondre

          Le commentateur déchaîné a encore frappé ! Il ne connaît manifestement pas la littérature de l’époque sur le sujet (avait-il connaissance du « fm écrasés » avant l’annonce de la vente d’un exemplaire ? J’en doute). Cela lui permet, dans ce domaine comme dans d’autres, d’émettre sans vergogne les affirmations catégoriques les plus débiles.

          Le préfixe ferait-il l’homme ?

  • 8
    pierre noel
    18 février 2020 à 19:42 / Répondre

    Il faut noter que ce bouquin fut publié en 1747 et réédité vingt ans plus tard, à « Amsterdam » (ce qui est évidemment faux). Il fut rarement cité mais fréquemment utilisé par les anti-maçonspour jeter sur eux l’opprobre des bien-pensants (les désapprobateurs du temps).

    Il est long (350 pages), verbeux comme c’était l’usage à l’époque, difficile à suivre pour le lecteur d’aujourd’hui. Mais l’effort n’est pas inutile si on aime vraiment ce que l’on fait (la maçonnerie!) et non les imprécations gratuites, les affirmations péremptoires et les diatribes insensées.

  • 7
    pierre noel
    18 février 2020 à 10:28 / Répondre

    Il faut remarquer que ce livre est anti-maçonnique d’aspect et présente les grades de l’époque (frère servant, apprenti, compagnon, maître, écossais ou architecte) avec des catéchismes très différents des divulgations « fiables » (comme l’Ordre des fm trahi de l’année précédente, par exemple). Ils sont sans doute faux, inventés pour la cause (tromper le lecteur? ) mais avec avec assez de détails plausibles pour en devenir plausibles. Certains commentateurs pensent qu’il fut écrit par des membres de la fraternité dans le but délibéré de tromper le curieux avide de connaître les « secrets » de la franc-maçonnerie; d’autres (et cela paraît plus vraisemblable) pour se moquer d’une société à la mode mais encore mal connue du public.
    Les tableaux des différents grades méritent d’être analysés avec soin (ils sont loin d’être inintéressants). Le tableau de l’écossais avec ses quatre animaux servit sans doute d’exemple au tableau de l’écossais vert de la Stricte Observance.

  • 6
    pierre noel
    17 février 2020 à 14:01 / Répondre

    Le texte intégral est accessible sur wikipédia.
    Taper « Abbe Larudan », consulter le site en anglais, le lien est en-bas de l’article.

  • 4
    pierre noel
    17 février 2020 à 12:06 / Répondre

    La première édition est de 1746.
    L’introduction attribue à Cromwell la création de l’ordre par leur but commun : la liberté et l’égalité.
    Le temple de Salomon est l’allégorie de l’état primitif de l’homme dont il est tombé par ses crimes et la dénaturation de la religion naturelle par les églises, les doctrines, les rois et les princes. Sa destruction est comparée à la fin de l’âge d’or et au retour de la déesse Astrea dans les cieux. la reconstruction du temple est le but des francs-maçons, qui s’accompagnera du retour de la déesse.
    En attendant, les inégalités entre les hommes, l’injustice, les vies, les cruautés persisteront.
    La description des cérémonies de réception est assez amusante, musclée, secouante. Elle est très reconnaissable : examen du candidat, son introduction aveuglé dans une pièce fermée, le jeu des épées, la déambulation autour d’un dessin griffonné sur le sol, le vm derrière une petite table à l’orient sur laquelle est une bible entourée de trois bougies en triangle. Ajoutons-y quelques éléments musclés : le candidat doit notamment être plongé entièrement dans un bassin d’eau froide dans le »lavoir », pièce attenante à la loge.
    Le serment est pris sur l’évangile de St Jean (ce qui me vaudra une imprécation de plus sans doute!). On est à Berlin ou à Paris (il est précisé : à l’hôtel de Soissons, tripot bien connu) en 1745 ou 46.
    Notre contempteur déséclairé pourra toujours dire qu’il s’agit d’un faux caractérisé, comme tous les textes du genre..

    • 5
      Désap.
      17 février 2020 à 13:43 / Répondre

      4 – bien oui ! Qu’est-ce d’autre qu’une divulgation, d’un abbé qu’il soit Pérau ou Larudan, diffusée huit ans après la bulle papale de 1738, avec un titre pareil, son contenu « cromwellien », ses objectifs de renversement de la monarchie britannique, l’ensemble repris par Taxil, en comparaison des textes de la GL des Moderns ?
      On est prêt à tout accepter, du moment qu’il y a la Bible.
      C’est marrant, ça me rappelle un Dialogue … circa 1943 🙂 🙂

  • 3
    Jacques Huyghebaert
    17 février 2020 à 07:50 / Répondre

    la paternité de ce livre, dont la première édition remonte à 1746, attribuée par erreur à Gabriel-Louis Pérau, dit l’abbé Pérau, revient à l’abbé Larudan. L’identité de l’auteur se cachant derrière ce pseudonyme reste un mytère, mais comme souligné par Kloss et Thory, il ne peut s’agir de l’abbé Péreau. Cet ouvrage constitue en quelque sorte une suite de l’Ordre des Francs-Maçons Trahis et le Secret des Mopses révélé paru en 1745. Il a été réédité en 2017 par Jean-Bernard Lévy et Philippe Langlet http://www.chire.fr/A-204187-les-francs-macons-ecrases-de-l-abbe-larudan.aspx. Les auteurs , après avoir rappelé les différentes divulgations françaises et anglaises du début du XVIIIe siècle, se penchent sur l’énigmatique abbé Larudan, puis citent les différentes éditions de l’ouvrage. Ensuite il recensent de façon quasi exhaustive ce qui a été été précédemment sur l’auteur et l’ouvrage. http://www.chire.fr/A-204187-les-francs-macons-ecrases-de-l-abbe-larudan.aspx

  • 2
    pierre noel
    16 février 2020 à 20:52 / Répondre

    Ce livre vaut la peine ! Pour qui peut l’acquérir, un exemplaire original vaut mieux que sa reproduction sur le net.
    C’est le premier, à ma connaissance, qui attribue l’origine de la maçonnerie à Olivier Cromwell. C’est un pamphlet virulent contre les religions, la monarchie, les « autorités » en général (lire l’introduction !). Il cite Prichard (en mélangeant les dates).
    Il eut peu de succès à sa sortie.
    Les reproductions de tableau de loge méritent d’être examinés (c’est là qu’on voit pour la première fois la disposition « écossaise » des lumières sur le plateau du VM).
    L’obsession « cromwellienne » (une de plus !) fut reprise par Léo Taxil.

  • 1
    Yves CAMBEFORT
    16 février 2020 à 18:18 / Répondre

    Cher Géplu, il faut lire 1766, bien sûr. Quant au prix, les ventes aux enchères sont fantasques! L’estimation du soi-disant expert n’est qu’un ordre de grandeur, le plus souvent dépassé vers le haut ou vers le bas. Les ouvrages maçonniques ont la cote, mais celui-ci est disponible plusieurs fois en pdf sur le net, et a été récemment réédité en fac-similé.

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