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Géplu.
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Pour savoir où on va, il faut évidemment savoir d’où on vient.
Sans faire ici une dissertation sur l’écossisme naissant, il est essentiel de garder en tête que l’écossisme actuel n’a pas toujours été ainsi.
Tout d’abord, on parle d’écossisme parce que l’un des premiers grades post maîtrise qui est attesté est le Maître écossais. Par la suite, de nombreux grades d’écossais de ceci ou écossais de cela sont apparus. Puis, divers systèmes de grades dits hauts parce que conférés après la maîtrise se sont progressivement organisés, chacun selon des modalités et des motivations qui leurs étaient propres. Beaucoup de ces systèmes ont disparu, faute d’adeptes ou parce que d’autres systèmes encore les ont supplanté. Ainsi, le REAA a supplanté le rite d’Heredom et le rite écossais philosophique notamment.
Au XIXe siècle, le REAA s’est imposé comme seul survivant de ces systèmes. Au Grand Orient, pendant 150 ans environ, tout le monde pratiquait le rite français pour les 3 premiers degrés puis intégrait un chapitre écossais pour pratiquer le 18e et ensuite un aréopage pour pratiquer le 30e qui était couronné par le 32e et le 33e. Je viens d’ailleurs de découvrir tout récemment que les statuts de l’ordre dans la première moitié du XIXe obligeaient les chapitres à se créer à partir d’une loge bleue. Il en était de même des aréopages qui devaient se créer à partir d’un chapitre. C’est ainsi que dans certains orients, on rencontre encore aujourd’hui des titres distinctifs identiques pour une loge, un chapitre et un aréopage.
Par tâtonnement dans les années 1910, puis 1930 et enfin sur la période 1955-1998, on a pu assister à un retour de diverses formes d’écossisme qui étaient en sommeil.
Quatre systèmes écossais perdurent donc aujourd’hui.
Le REAA dont la vision est biaisée en France parce que nous lui avons ajouté 3 degrés symboliques particuliers qui n’existent pas en dehors de notre sphère d’influence. Dans le monde, c’est d’abord et uniquement un système de hauts gradés. En France nous parlons d’une continuité du 1er au 33e degré qui ailleurs n’existe qu’à partir du 4e.
Le RER qui se veut l’héritier d’une tradition particulière issue d’une fusion entre le rite français, l’écossisme des années 1760-1770 en France mais aussi dans les états rhénan, la SOT, le Martinisme, le Martinézisme et la spiritualité d’un christianisme primitif.
Les ordres de sagesse du rite français qui ont le même fonds symbolique que le REAA sous formes de synthèses par ordre de ce que plus ou moins on retrouve sous forme de classes de grades dans le REAA.
Et ne l’oublions pas, les rites égyptiens qui malgré quelques degrés spécifiques (très peu sont pratiqués entre le 34e et les 90-95 ou plus) sont pour l’essentiel les degrés du REAA du 4e au 33e. Dans la version Yarker ou GOEGODF, on retrouve également des liens avec l’écossisme du XVIIIe dans ses aspects les plus ésotériques.
Bref, il y aurait de quoi écrire des tas de bouquins. Gardons seulement à l’esprit que ce dont on parle quand on parle d’écossisme, ce n’est pas vraiment la même chose selon les siècles ou les périodes. Et que nos considérations actuelles sont finalement toutes récentes.
La pratique de ce que la majorité des obédiences appelle « hauts grades » ne tend pas seulement vers le sacré, mais vers l’ouverture à d’autres manières de penser et à d’autres cultures, donc à l’universel.
Hauts grades, c’est un piège sémantique que les règlements et le de fonctionnement de beaucoup d’obédiences et de juridictions ont ouvert et dans lequel un nombre conséquent de FFMM sont tombés. Ils y sont aussi tombés car les 2° et 3° degrés n’ont été abordés que lors des augmentations de salaire et d’élévation et jamais travaillés.
Chasser ces habitudes déplorables et indignes d’un FM prendra des générations, même avec une ferme volonté.
Nous avons banni chez nous ces 2 mots de hauts grades, pire « grades supérieurs » comme je l’ai entendu dire pendant des dizaines d’années par feu mon époux et ses FF du GODF. Ces degrés, du 4° au 33°, s’appellent degrés d’approfondissement. Ils n’apportent aucun privilège, aucun pouvoir, et c’est un vrai bonheur de travailler sans les arrière-pensées, suivies souvent de coups tordus, décrites ci-dessus.