Chute dune Loge
Le chute d'une Loge. Image créée par IA par Jiri Pragman

Thot Hermès n° 346, la fin d’une Loge, le début d’une campagne anti-GLMF

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Publié par Jiri Pragman

Jiri Pragman m’a autorisé à reproduire cet article, qu’il a publié sur les réseaux sociaux. Il ne faut pas être devin pour comprendre qui « animait » cette Loge Thot Hermès…
Par ailleurs, puisque l’occasion m’en est donnée, revenons rapidement sur un récent article de 450fm dans lequel son rédacteur en chef, arrangeant comme à son habitude tout ce qui peut lui sembler valoriser son site fait tout un article sur des chiffres donnés par le site Similarweb, qu’il présentent comme « l’outil numéro 1 mondial » (on ne sait pas de quoi). Similarweb est « une société de données digitales alimentée par l’IA qui fournit en temps réel des informations sur le marché », mais « La plateforme [Similarweb] ne consulte pas les Analytics de vos concurrents [les données d’analyse fiables car données par un lien de comptage implanté dans le site, et auxquelles ni Similarweb ni personne d’extérieur ne peut avoir accès]. Elle construit ses estimations à partir d’un panel mondial d’utilisateurs (…) de sources publiques et d’algorithmes de modélisation statistique. Ce modèle a un biais structurel rarement mentionné : le panel sur-représente les utilisateurs d’extensions desktop dans les pays anglophones. Les estimations pour les audiences fortement mobiles, les marchés francophones de niche ou les sites très verticaux sont donc moins fiables que les chiffres globaux ne le laissent croire. Pour un site dépassant 100 000 à 500 000 visites mensuelles, Similarweb permet d’identifier des tendances fiables et de comparer des concurrents au sein d’un même secteur. En dessous de ce seuil, les données sont souvent absentes ou trop approximatives pour être exploitables ».
Alors, se servir de telles « estimations » bien expliquées peu fiables et prétendre comme le fait 450 en tirer des conclusions !…
Géplu.

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Thot Hermès n° 346, la fin d’une Loge, le début d’une campagne anti-GLMF

Comment une loge peut disparaître de l’intérieur,
et comment un ex-maçon transforme sa rancœur en rubrique de presse.

Par Jiri Pragman

La clôture d’un atelier n’est jamais une décision prise à la légère. Dans le cas de la Respectable Loge Thot Hermès n° 346, Orient de Paris, le Conseil de l’Ordre de la Grande Loge Mixte de France (GLMF) n’a pas eu à chercher loin les motifs. Le rapport d’inspection du 19 mai 2025 les lui livrait en bloc, méthodiquement listés. L’affaire aurait pu en rester là mais on a vu comment cette clôture réglementaire, justifiée et documentée s’est tranformée en  procès de la GLMF et de son Grand Maitre. Une campagne menée – sans l’indiquer – par un ex-Vénérable qui utilise plusieurs identités pour mener ses campagnes haineuses dans ce qu’il persiste à appeler un « journal de la franc-maçonnerie », 450.fm.

Un atelier en ruine administrative

Effectifs fantômes et grades fictifs
Huit membres présents, lors d’une inspection annoncée. C’est le chiffre que retient le rapport du 19 mai 2025. Trois Maîtres, ainsi que des Apprentis et des Compagnons qui apprennent ce jour-là, en présence des inspecteurs mandatés par le Conseil de l’Ordre, que leur Loge fonctionne hors des clous du Règlement Général depuis des années.

On apprend que des Frères déclarés Apprentis sont, dans les faits, Compagnons depuis plus de deux ans. Un Frère déclaré Maître est, en réalité, toujours Apprenti. La discordance entre grades déclarés et grades réels, signalée par les inspecteurs, n’est pas un détail administratif. Elle suppose une négligence chronique — ou pire, une gestion à vue, sans suivi, sans mémoire institutionnelle.

La réponse du Vénérable Maître : « Je ne suis qu’un bénévole et je n’ai pas que ça à faire. » On admirera la formule. Dans une Loge maçonnique, l’office de Vénérable Maître n’est effectivement pas rémunéré. Mais la maçonnerie n’a jamais prétendu être une activité professionnelle — c’est précisément sa spécificité. L’argument du bénévolat, appliqué à la gestion des grades, des registres et des élections, revient à expliquer un naufrage par le fait que le capitaine avait d’autres choses à faire.

Vingt articles du Règlement Général, et des poussières
Le rapport structuré recense les manquements avec une précision que l’on pourrait qualifier de clinique. Vingt articles du Règlement Général de la GLMF ne sont pas respectés La liste est longue et, à mesure qu’on la parcourt, un sentiment s’installe : celui d’un Atelier qui a développé ses propres règles, en marge de l’Obédience dont il relevait.

Parmi les manquements relevés : un Vénérable Maître élu délégué dans une Loge avant même d’y être formellement affilié — titre inexistant dans les textes de la GLMF ; un Expert installé à ce plateau alors qu’il n’est membre de cette Loge que depuis moins de six mois, en contradiction avec l’article 14 du Règlement Général; un Secrétaire élu qui n’a pas mis les pieds en Loge une seule fois durant l’exercice ; aucun Trésorier élu. Pas de convocation pour les élections du 22 avril 2025, pas de Tenue.

Ajoutons, dans les statuts associatifs de la Loge — structure juridique qui encadre toute association maçonnique — des dispositions directement contraires au Règlement Général : adhésion sur cooptation par un membre du bureau (contraire aux articles 87 à 97 du Livre III), votes à main levée systématiques (contraire au principe de scrutin secret), règlement intérieur modifiable uniquement à l’unanimité du bureau. Ce dernier point mérite attention : une Loge dont les règles internes ne peuvent être révisées que par le cercle le plus fermé de ses membres.

On relèvera enfin un épisode révélateur : lors d’une Tenue du 21 octobre 2024, deux visiteurs issus d’un Ordre Initiatique de la Stricte Observance Templière ont présenté une planche intitulée « Le GADLU versus Dieu ». La GLMF n’entretient aucun traité avec cet Ordre, et l’article 68 du Règlement Général encadre précisément les conditions dans lesquelles des visiteurs extérieurs peuvent prendre la parole. L’épisode résume bien l’atmosphère générale : une Loge qui s’est affranchi des procédures, non par audace philosophique, mais par ignorance ou mépris des règles communes.

Les vraies victimes
Les véritables victimes de la situation sont les Apprentis et Compagnons. Ceux-là ont fait confiance à leurs aînés. Ils ont accepté un engagement initiatique sérieux, qui suppose transmission, accompagnement, respect des formes. Ils ont découvert lors de la visite que leurs Grades n’étaient pas enregistrés, que le Règlement Général de leur Obédience ne leur avait jamais été communiqué, que toutes les affaires de la Loge se règlaient sans eux. Par ailleurs, l’atmosphère s’approchait davantage de celle d’une secte que d’une Obédience — formulation sévère, mais qui repose sur des éléments concrets : opacité délibérée, confiscation de l’information, mépris affiché du cadre réglementaire commun.

La clôture, ou la procédure normale

La proposition de clôture de l’atelier Thot Hermès n° 346 a été soumise au vote du Conseil de l’Ordre lors de sa séance des 6 et 7 juin 2025, en application des articles 138 et 139 du Règlement Général. Ces deux articles définissent précisément le cadre des inspections et leurs suites possibles : avertissement, mise sous tutelle, ou clôture. La clôture n’est pas la première mesure disponible. Elle suppose que les constats justifient une intervention radicale.

En l’espèce, les constats étaient suffisamment documentés. Vingt articles du Règlement Général en infraction, une gouvernance fantomatique, des membres maintenus dans l’ignorance de leur propre situation réglementaire, des statuts associatifs en contradiction frontale avec la Constitution de l’Obédience. La clôture, dans ce contexte, n’est ni une sanction arbitraire ni une punition : c’est le constat qu’un atelier ne remplit plus les conditions minimales pour exercer sous le patronage de la GLMF — et que le maintenir en l’état reviendrait à cautionner des pratiques contraires aux engagements de l’Obédience.

On peut regretter qu’il ait fallu en arriver là. On peut noter que ces dysfonctionnements ne surgissent pas en une nuit, et que la question de leur détection précoce (voire de la présence d’un personnage sulfureux) mérite d’être posée. Mais la procédure d’inspection, telle qu’elle est documentée ici, a fonctionné : elle a permis de recueillir la parole de tous les membres présents, y compris ceux qui ignoraient la gravité de la situation, et d’établir un constat précis, contradictoire, formellement transmis.

L’après : quand la rancœur cherche une tribune

Un organe de presse autoproclamé
La clôture de Thot Hermès n° 346 n’a pas seulement mis fin aux Travaux d’un atelier en déshérence. Elle a visiblement mis le feu aux poudres d’un contentieux personnel que son protagoniste principal a choisi de porter sur la place publique — ou du moins sur ce qu’il désigne comme telle.

Le canal choisi est un site web que son animateur veut faire passer pour un organe de presse. Or une ligne éditoriale distincte des intérêts personnels de son fondateur. Ce n’est pas parce qu’on dispose d’un nom de domaine et d’un accès à WordPress que l’on produit de la presse.

L’habillage journalistique de cette publication sert un autre but : donner une apparence de légitimité informationnelle à ce qui relève, pour l’essentiel, du règlement de comptes, que ce soit à l’égard d’obédiences, de Grands Maîtres, d’auteurs.

Les menaces comme mode de communication
Le rapport de visite le plus détaillé contient un passage que les inspecteurs ont jugé suffisamment significatif pour le consigner. Lors du tour de table, l’un des membres présents — le « fameux » FF – a rappelé qu’il disposait des coordonnées personnelles de tous les Grands Maîtres, et qu’il avait eu une conversation avec un responsable de l’Obédience sur ses difficultés financières. Et qu’il n’en parlerait pas. Mais qu’il pourrait.

La structure rhétorique est connue : ce n’est pas une menace, bien entendu. C’est simplement une information, posée là, disponible, dont chacun comprend la portée. Les inspecteurs ont répondu, selon leurs propres termes, que les menaces ne fonctionnaient pas avec eux. C’est la seule réponse appropriée – et la seule que mérite ce type de mise en scène.

Plus de mille demandes de profanes en attente sur son site, aurait-il également ajouté. Le chiffre est invérifiable et probablement invérifié. Mais il illustre bien la confusion des rôles : entre celui qui se voit comme une centrale de recrutement maçonnique extérieure à toute Obédience, et celui qui réclame en même temps la légitimité d’une appartenance institutionnelle. On ne peut pas être à la fois le recours de tous les candidats, et le garant de l’orthodoxie maçonnique.

La rancœur n’est pas une source
Ce qui suit la clôture, sur le plan médiatique, est prévisible. L’atelier fermé devient une victime. La GLMF devient un appareil répressif. Les inspecteurs mandatés par le Conseil de l’Ordre deviennent des inquisiteurs, terme a été employé en séance. Les procédures réglementaires deviennent des machinations. Et celui qui continuait à animer en sous-main un atelier en déshérence se retrouve soudainement propulsé en porte-voix des francs-maçons persécutés.

Cette mécanique narrative est rodée. Elle repose sur un principe simple : en l’absence de faits à contester — les rapports d’inspection sont précis, datés, signés, appuyés sur les textes — on attaque la légitimité de l’institution qui a produit les faits. La GLMF a des problèmes financiers ? Possible — toute organisation en a. Ses procédures internes sont discutables ? Tout règlement général est perfectible. Mais aucun de ces éléments ne remet en cause les constats établis lors de l’inspection du 19 mai 2025 : les grades non enregistrés, les statuts non conformes, les élections irrégulières, l’absentéisme structurel, les membres maintenus dans l’ignorance.

La rancœur d’un ex-maçon est une donnée humaine compréhensible. Le départ d’une Loge — ou son expulsion, ou la clôture de son atelier — est une expérience qui peut être douloureuse. Mais la douleur personnelle (ou plutôt la vanité blessée, un crime de lèse-majesté) n’est pas une source. Le ressentiment n’est pas une enquête. Et une publication numérique animée par quelqu’un qui a un contentieux direct avec l’institution qu’il couvre n’est pas un organe de presse indépendant : c’est un outil de communication personnelle habillé en titre de presse.

La règle du miroir

Les deux rapports d’inspection de la Loge Thot Hermès n° 346 ont le mérite de la clarté. Ils documentent, sans excès rhétorique, une situation de déliquescence institutionnelle. Ils identifient les victimes réelles — les Apprentis et Compagnons lésés. Ils recommandent une mesure proportionnée aux constats. C’est ce qu’on attend d’un dispositif de contrôle interne qui fonctionne.

Ce qui est plus instructif encore, c’est la réaction qui suit. Elle confirme, presque mécaniquement, ce que les rapports avaient déjà suggéré sur le style de gouvernance de cet atelier : le refus du cadre commun, la culture de la menace implicite, la confusion entre l’intérêt personnel et l’intérêt collectif. L’après-clôture est le miroir de l’avant.

Une Obédience sérieuse est celle qui dispose de mécanismes pour identifier ses propres dysfonctionnements et y mettre fin. La GLMF en a activé un. On peut discuter de ses modalités, de ses délais, de ses imperfections. On ne peut pas contester, sur la base des faits disponibles, que la clôture de l’atelier Thot Hermès n° 346 était justifiée.

Quant au procès en persécution que certains s’empressent d’instruire : il sera, comme toujours, à la mesure de ses auteurs.

mardi 2 juin 2026

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