Mise à terre, la statue d'Albert Pike est brulée par les manifestants

Washington : la statue d’Albert Pike abattue et brûlée

Publié par Géplu
Dans Divers

Albert Pike est certainement le plus connu des francs-maçons américains du XIXe siècle. Or, dans le cadre des nombreuses manifestations violentes qui continuent de secouer l’Amérique après la mort de George Floyd, le groupe « Black lives matter » a abattu dans la nuit de vendredi 19 à samedi 20 juin sa statue sise dans un square de Washington. La destruction a eu lieu à la fin des manifestations marquant le 155e anniversaire du « Juneteenth » (contraction de juin et de 19), jour de 1865 où les derniers esclaves ont été libérés au Texas. Il était dans ce geste surtout reproché à Pike d’avoir été un général confédéré, donc du côté des esclavagistes pendant la guerre de Sécession.

Arthur de Hoyos, l’archiviste du Suprême Conseil du REAA de la Juridiction Sud des USA, a réagi sur sa page Facebook à cet acte de vandalisme avec le texte suivant, qui nous dit qui était réellement Albert Pike, et que Pierre Mollier nous a aimablement traduit :

Un symbole de la Maçonnerie américaine dans la tourmente

La vague de manifestations populaires contre le racisme qui se déroulent en ce moment aux États-Unis a aussi touché l’un des plus célèbres Maçons américains, Albert Pike. À Washington, sa statue a été conspuée, déboulonnée et brûlée par des manifestants. À la suite de cet événement, Art de Hoyos, le Grand Archiviste et l’historien du Suprême Conseil du Rite Écossais, a fait la déclaration suivante, jouant probablement pour l’occasion le rôle de porte-parole officieux de l’institution maçonnique :

« Comme beaucoup d’entre vous, j’ai regardé les informations d’hier soir et j’ai découvert qu’une foule avait abattu et brûlé la statue d’Albert Pike. Plus tôt dans la journée, j’avais donné une interview télévisée dans laquelle j’ai expliqué que les francs-maçons ne voulaient pas que la statue soit un sujet de conflit. Elle appartient aux États-Unis, par l’intermédiaire du Parks Service, et pour ma part, je pense qu’elle pourrait être transférée dans un musée où elle pourrait être présentée et comprise dans son contexte.

Hier soir, alors que la foule faisait son œuvre, les médias l’ont qualifiée de « statue confédérée », dont la présence était « douloureuse ». En vérité, la statue n’avait rien à voir avec la guerre civile. Elle représente Pike franc-maçon, en civil, tenant un exemplaire de son grand livre Morals and Dogma.

Pike était un homme de son temps et en avait les forces et les faiblesses. Les francs-maçons reconnaissent ses faiblesses mais vénèrent ses enseignements éthiques et moraux. Ils respectent ce qu’il a accompli et voient en lui un exemple de personne prête à abandonner ses préjugés personnels sur la voie du perfectionnement de soi-même.

Parmi ses points forts, il a poursuivi sa quête de connaissances et son amélioration personnelle. Au cours d’une même vie, il semble avoir vécu plusieurs existences qui se chevauchent parfois. Il a, par exemple, été à la fois un défenseur des droits des Amérindiens, un avocat reconnu, un écrivain, un éducateur, un explorateur, un historien, un chef militaire (général), un philosophe, un poète et un traducteur.

Originaire de Boston, son esprit d’aventure l’a conduit à explorer le Sud et à suivre la fameuse route de Santa Fé (the Santa Fe Trail). Il avait une fascination particulière pour les Amérindiens et devint l’ami de plusieurs tribus, il a rédigé différents dictionnaires de leurs langues et dialectes. Plus tard, en tant qu’avocat, il est devenu l’avocat des Amérindiens, essayant de faire respecter les droits qui leur avaient été promis par le gouvernement.

Comme pour d’autres personnalités un peu hors du commun, il a aussi été contesté. Partisan convaincu du dixième amendement (celui relatif aux droits des États) Pike, comme beaucoup d’autres Américains, s’est rangé du côté du Sud pendant la guerre civile américaine. Bien que la famille de sa femme possédât des esclaves, il considérait personnellement l’esclavage comme un grand mal et la plus grande calamité du Sud. En 1856, il quitta la Convention du Sud en déclarant qu’il « se laisserait déchirer par des chevaux sauvages avant de justifier le renouveau de la traite négrière africaine ». Cependant, même s’il a souvent été dénigré à l’époque pour son espoir que viendrait un temps où tous les hommes seraient libres, il n’a alors, en effet, pas formellement condamné l’esclavage. Après la guerre, en vertu de la proclamation d’amnistie du président Johnson, Pike retourna à la vie privée et fin 1869/début 1870, il s’installa à Washington DC pour résider à proximité du siège du Rite Écossais.

On a avancé des citations de Pike disant qu’il préférait quitter la franc-maçonnerie que de s’asseoir dans des loges avec des hommes noirs. S’il a pu dire cela à une certaine époque, il a par la suite mûri et changé d’avis. En fait, il est devenu un partisan de la franc-maçonnerie noire et a entretenu une vraie amitié avec Thornton A. Jackson, le Grand Commandeur du Suprême Conseil de Prince Hall. Pike a même partagé ses rituels avec les francs-maçons de Prince Hall et a échangé avec eux des lettres cordiales et fraternelles.

Après sa mort, Pike a à nouveau été stigmatisé lorsqu’il a été faussement allégué qu’il avait été membre du Ku Klux Klan. Les ennemis de Pike ont affirmé qu’il était l’un des fondateurs et/ou des dignitaires du KKK. Cependant, lorsque le Congrès américain a enquêté sur le KKK en 1871, son rapport n’a trouvé aucun élément pouvant légitimer de telles allégations. (Témoignage recueilli par le comité spécial mixte pour enquêter sur la situation des États insurrectionnels tardifs, 13 volumes. [Washington: Government Printing Office, 1872]). Ces accusations étaient si répandues et persistantes que même certains écrivains maçonniques ont été trompés et les ont répétés. Cependant, il n’existe aucun document, liste de membres ou lettre de l’époque de Pike suggérant sa participation de quelque manière que ce soit au Ku Klux Klan. Dans la vaste collection des archives du Suprême Conseil, aucun document ne le relie au KKK.

Une autre fausse affirmation est que Pike était un « luciférien ». Le canular du Français Leo Taxil (Gabriel Jogand-Pages) a affirmé que Pike était le « Souverain Pontife de la Franc-Maçonnerie Universelle » et qu’il a enseigné le culte de Lucifer dans les degrés les plus élevés du Rite Écossais. Taxil a ensuite reconnu publiquement qu’il s’agissait d’un canular, aux dépens de l’église catholique. Bien que la franc-maçonnerie admette des hommes de toute foi, Pike était lui-même un chrétien croyant en la Bible, qui encourageait les maçons à respecter Jésus « par-dessus tous les autres grands maîtres de la morale et de la vertu » (Morals and Dogma 28: 573). […]

Peut-être, cependant, sa devise la plus célèbre est celle gravée près de son buste à House of the Temple : « Ce que nous avons fait pour nous seuls meurt avec nous ; ce que nous avons fait pour les autres et le monde demeure et est immortel. » Ces préceptes de sagesse restent aussi vrais aujourd’hui que lorsqu’il les a prononcées.

Les francs-maçons honorent Albert Pike pour plusieurs raisons : pour son amour d’une fraternité qui cherche à améliorer l’ordre social et encourage l’humanité à trouver des points communs pour former des liens d’amitié ; pour sa volonté de rejeter les préjugés personnels face à une meilleure compréhension des choses ; et peut-être, surtout, pour son amour de la vérité et son engagement à partager la vérité qu’il a découverte.

Comme nous tous, Albert Pike était loin d’être parfait. Mais il a eu le courage moral d’abandonner le passé et d’aller de l’avant. Il a essayé de transformer ses faiblesses personnelles en forces, et ses écrits nous encouragent à faire de même. Le reste de sa vie a été consacré à une Fraternité qui cherche à transcender les barrières, réelles et artificielles, pour faire des étrangers des Frères. C’est pourquoi, lorsque sa statue a été érigée sur la place de la magistrature en 1901, elle était fréquentée par des hommes qui s’étaient affrontés auparavant sur le champ de bataille.

Pike n’a jamais voulu une statue de lui-même. Il a plutôt dit : « Quand je serai mort, je souhaite que mon monument soit construit uniquement dans le cœur et la mémoire de mes frères du Rite Écossais Ancien et Accepté, et que mon nom soit rappelé par eux dans tous les pays, quelle que soit la langue que les hommes peuvent y parler, où la lumière du Rite Écossais Ancien et Accepté doit briller, et ses oracles de Vérité et Sagesse être écoutés avec respect ».

Cliquez sur l’image pour voir la vidéo Youtube de la chute de la statue 

dimanche 21 juin 2020
  • 41
    Tao
    28 juin 2020 à 15:52 / Répondre

    Je viens de tomber sur cet article étayé et intelligent : https://www.mediapart.fr/journal/international/270620/gallieni-bugeaud-faidherbe-les-heros-sanguinaires-de-la-discorde?page_article=1 Bonne lecture !
    .
    Amitiés,

    • 42
      MOLLON
      30 juin 2020 à 01:30 / Répondre

      Bonjour,
      Si TAO est un pseudonyme, alors, je ne ferai aucun commentaire.
      En effet, je préférerais dialoguer avec quelqu’un qui ne soit pas masqué !

  • 39
    PHIL
    24 juin 2020 à 09:13 / Répondre

    Il faut à un moment donné arrêter cette spirale de la repentance. Où s’arrêtera-t-on ?
    Le président Macron a eu raison de déclarer que la France ne déboulonnera pas de statues ni ne changera de nom des rues.
    Derrière ces manifestations « spontanées », il y a beaucoup de groupuscules extrémistes et racistes qui manipulent des naïfs…et les médias.
    La franc-maçonnerie doit se tenir à l’écart de tout cela, rester à sa place et ne pas se laisser entrainer dans ce déchainement de haine et de folie. Cela suffit !

    • 40
      Luciole
      24 juin 2020 à 19:56 / Répondre

      J’ai bien fait de refuser d’être statufié.

  • 38
    cyril sempé
    23 juin 2020 à 23:21 / Répondre

     » Houlala !!!

  • 37
    marcos testos
    23 juin 2020 à 10:32 / Répondre

    TAO
    « La franc-maçonnerie des privilégiés que nous sommes, si elle ne veut pas continuer à se ridiculiser dans ses prises de positions plus longtemps, doit balayer devant sa porte et faire le ménage sur son « wall of fame » ! Toutes les récentes polémiques tournant autour du statuaire maçonnique démontre à quel point un certain nombre de Frères (peu de Sœurs se sont exprimées publiquement sur le sujet) est empêtré dans ses références obsolètes. Cette maçonnerie est sur le déclin. La jeune relève arrive, et elle ne se laissera pas compromettre par cette tolérance très questionnante. Parole de jeune frère ! »

    Mon cher ami, après lecture de toutes tes interventions, j’en suis venu à penser que tu t’es trompé complètement de voie.
    Tu sembles confondre en effet la Franc Maçonnerie avec des associations comme le MRAP ou SOS racisme. Ton arrogance, tes certitudes, tes propos guerriers s’apparentent plus aux discours des membres de ses associations qu’au silence que doit respecter un jeune maçon. Maintenant libre à toi de choisir le costume que tu souhaites enfiler : celui d’Aimé Césaire (ou de Léopold Sedar Senghor) ou celui de Dieudonné.

  • 36
    yonnel ghernaouti, YG
    23 juin 2020 à 09:06 / Répondre

    Pour connaître la suite, vous pouvez lire, en date du dimanche 21 juin dernier, toujours sur l’excellent site de notre Frère Christopher Hodap – auteur de « La Franc-Maçonnerie pour les Nuls » ; première version en 2004 déjà – sous le titre « Statue d’Albert Pike à Washington: après la chute », https://bit.ly/2V9D0C0, ce qu’il est advenue de ladite statue, ainsi qu’un interview de Arturo de Hoyos, ainsi que la déclaration de Michael D. Nicholas, Grand Maître du District de Columbia.

  • 34
    Pierre Mollier
    22 juin 2020 à 21:08 / Répondre

    Bon je sais pas si cela a à voir avec le débat 🙂 mais je crois que je vais quand même aller consulter la dernière biographie « académique » d’Albert Pike pour savoir vraiment ce qu’il a fait.
    En fait, nommé général pour s’occuper des troupes indiennes de la Confédération – elle avait promis un « état » aux Cherokees ! qui du coup s’étaient engagés à ses côtés – au titre de l’Arkansas. Mais ses responsabilités militaires ont été de courte durée car il s’est assez vite brouillé avec sa hiérarchie et a même été emprisonné par les autorités du Sud. Pike avait une expérience militaire datant de sa participation à la guerre contre le Mexique quelques années auparavant.

  • 30
    Tao
    22 juin 2020 à 20:02 / Répondre

    13 contributeurs, 12 s’efforçant par tous les moyens de réhabiliter Albert Pike, général confédéré (d’un régiment « seulement » local !) MAIS franc-maçon… Je suis dépité… Difficile de se dire ouvertement maçon dans la vie profane quand l’image qu’en ont les profanes sont justement les commentaires d’articles tels que celui-ci. Je ne me retrouve dans aucun d’eux. Et j’aime pourtant profondément la maçonnerie. Du moins celle que je pratique (et qui se tient la plus éloignée possible de tout ce qui a trait à la politique, à la question sociétale et à la religion). Mais à la lecture de tous ces commentaires, je me dis que la maçonnerie française est encore bien trop homogène : masculine, d’une « certaine » génération, blanche, et socialement privilégiée à l’instant T.
    .
    Aux profanes qui nous lisent : mes 12 contradicteurs ne résument pas la maçonnerie française. Moi non plus, par ailleurs, mais je fais ici figure d’exception, alors que je ne crois pas que ce soit le cas dans la réalité.
    .
    Tous ceux qui décident sciemment de ne s’arrêter que sur « l’ignominie » du déboulonnage décident en même temps, tout aussi sciemment, de fermer les yeux sur la seule vraie question importante que ces foules soulèvent. On peut rappeler les « bons côtés » d’Albert Pike (aussi véridiques soient-ils), on peut souligner que la Confédération avait des revendications qui dépassaient la question de l’esclavage (qui restait centrale malgré tout), on peut accuser les Arabes du VIIIe siècle (dont on cherche encore les statues qui les portent en gloire), on peut estimer que les esclavagistes occidentaux n’ont bénéficié « que » de 25% du commerce triangulaire (?!), on peut faire des jeux de mots plus bas que terre sur la couleur « noire » : on continue de s’offusquer de la forme pour, surtout, ne pas s’attarder sur le fond et refuser d’entendre le message actuel qui est passé par le mouvement Black Lives Matter. Nous sommes en train de vivre un tournant civilisationnel. La réaction réagit. Pourquoi donc m’agacé-je, finalement ?
    .
    Personne, en tout cas pas moi, n’appelle à juger un mort du XIXe siècle. Ce n’est absolument pas le sujet (Je note cependant que d’autres morts du XIXe siècle ne se battaient pas pour la Confédération). L’idée n’est pas de juger Albert Pike. L’idée est d’arrêter d’en faire un héros à qui on érige des statues.
    .
    Amitiés,

    • 32
      pierre noel
      22 juin 2020 à 20:23 / Répondre

      Saint-Just en aurait dit autant.

    • 33
      yasfaloth
      22 juin 2020 à 20:49 / Répondre

      Ce qui est quand même sidérant dans les interventions de Tao c’est qu’il semble accepter et même justifier la destruction d’œuvres d’arts par la vindicte populaire sur le simple coup d’une émotion publique ou d’une évolution idéologique… en fait, et au fond il donne raison aux talibans ou aux révolutionnaires des années 1790… car la seule « vrai question importante » c’est la raison pour laquelle des quidams s’arrogent le droit de détruite un ou des objets du patrimoine quels qu’ils soient : on marche sur la tête !

  • 28
    pierre noel
    22 juin 2020 à 15:17 / Répondre

    Qui parmi nous a jamais lu jusqu’au bout « Morals and dogma » d’Albert Pike ? Pas moi en tout cas. Quelques chapitres de ci de là, quelques pages lors d’un moment de désoeuvrement.
    Cette énorme brique tombe des mains du maçon ordinaire après quelques pages.
    Chaque chapitre porte le nom d’uns des 33 degré du REAA mais aucun, ou presque, ne concerne vraiment le degré en question. L’adepte en quête d’explication de son rite en sort bien dépité ! Il aura retenu des tas de choses mélangées dans un éclectisme confus, mais rien qui l’éclaire vraiment.
    Tout le monde sait qu’on peut y trouver des passages lucifériens, d’autres copiés d’Eliphas Levi. Il ne s’en trouve pas qui soit « raciste » au sens actuel du mot.
    Son autre oeuvre maîtresse, son « Magnum Opus », ce sont ses rituels réécrits, trafiqués, interminables, confus et souvent injouables sans adaptations.
    S’il est encore tenue en haute estime par la JS, c’est surtout pour sa réussite indiscutable : l’organisation et le développement considérable d’une structure, le SC de la JS des EU, qui jusqu’à lui ne faisait que vivoter depuis sa création.

  • 25
    de Flup
    22 juin 2020 à 13:54 / Répondre

    3- La FM des E.U.s a « balayé devant sa porte » en publiant des déclarations communes de GL’s « noires » et « blanches » concernant les manifestations contre le racisme. Ce fait est d’autant plus remarquable qu’il est d’ordre politique, ce qui constitue une dérogation à un des principes essentiels de la FM « régulière », et ce qui
    la rapproche en fait un peu à la FM « libérale »….

  • 24
    ERGIEF
    22 juin 2020 à 13:37 / Répondre

    La morale humaine est une substance malléable et versatile. Vouloir réécrire l’histoire ou juger les hommes du passé à l’aune de celle d’aujourd’hui est à la fois injuste et risible. L’un des grands défauts de chaque nouvelle génération est de s’estimer en capacité de penser et de faire mieux que la précédente. C’est aussi une qualité qui la fait avancer jusqu’au moment où une autre la distance….
    Ptahotep disait à peu près ceci: « le sage qui écrit sur les murs du Temple n’efface pas la parole de celui qui le précède, elle la complète et l’enrichit ».
    A nos plus jeunes maçons qui s’enorgueillissent de réinventer l’eau tiède, je conseille de lire l’Oiseau d’Amérique de Walter Tevis ou Farenheit 451 de Ray Bradbury.

  • 21
    Albert Libertad
    22 juin 2020 à 11:31 / Répondre

    A « Tao » (jeune maçon, de son propre aveu) : Montherlant (quelle horreur : un aristocrate de droite !) a écrit dans le Maître de Santiago : « la jeunesse retarde toujours un peu… » Voilà qui s’applique très bien à notre jeune frère…
    Le même Montherlant écrit dans la même pièce : Oui, je sais que c’est au nom de Santiago que l’on commet les plus odieuses infamies. Je sais que lorsqu’Ovando attira dans un guet-apens l’innocente et confiante reine des Indiens de Xaragua, qui ne nous voulait que du bien, le signal du forfait fut qu’il portât la main sur sa décoration de chevalier d’Alcantara qui représentait Dieu le Père : la Reine fut pendue et les caciques brûlés vifs. Ce que notre chevalerie couvre, au Nouveau Monde, il n’y a pas de mots assez forts pour dire le haut-le coeur que j’en ai. »
    Y a-t-il besoin d’un commentaire supplémentaire ???

    • 31
      de Flup
      22 juin 2020 à 20:04 / Répondre

      21-  » jeune maçon, de son propre aveu ». Aveu! :Albert Libertad considère donc le choix de devenir maçon comme un acte blamable..

  • 18
    Corinthien
    22 juin 2020 à 10:23 / Répondre

    Albert Pike était loin d’être parfait, mais qui l’est… Si nous sommes entrés en FM c’est pour progresser sur nos chemins respectifs. Si nous étions parfaits, quels besoin de commencer un chemin ardu et remplit d’embûches sans en connaitre la finalité et les découvertes liées à ce chemin ? Oui, chacun à ses parts d’ombres et de lumières, chacun progresse pas à pas et, normalement, humblement, en demandant l’aide de ses Frères et Sœurs s’il est bloqué sur un point ou ne peut plus progresser. Il est temps de relire Mourgues, Verdun, ou Beresniak, qui apportent, non des réponses mais les questions principales nécessaires à notre construction…

  • 17
    yonnel ghernaouti, YG
    22 juin 2020 à 10:15 / Répondre

    L’équipe de communication du Grande Oriente Español (Grande Loge d’Espagne) dont la devise 2019/20 est « Loyauté, respect et honneur » dans sa newsletter de ce lundi 22 juin – deuxième époque ; Numéro 389 – titre « La dérive iconoclaste des manifestations raciales aux États-Unis fait tomber la statue d’Albert Pike ».
    Je partage l’article consacré à la mise à terre de la statue d’Albert Pike :
    « La statue de notre cher frère Albert Pike à Washington DC, l’un des maîtres francs-maçons les plus pertinents de l’histoire, a été démolie dans le contexte de la dérive iconoclaste que les manifestations raciales ont prise aux États-Unis. La destruction de statues par des manifestants a touché des dizaines de statues à travers le pays ces derniers jours, y compris celles de pères fondateurs tels que notre cher frère George Washington, premier président des États-Unis, ou Thomas Jefferson, troisième Président, ou des personnalités historiques comme Ulysse S. Grant, le général qui a vaincu l’armée confédérée et mis fin à la guerre civile, ou Francis Scott Key, auteur de l’hymne national. La dévastation affecte également les statues de l’héritage espagnol qui rappellent Junípero Serra, un missionnaire qui a fondé les missions californiennes, Christophe Colomb, découvreur du continent, Juan de Oñate, le premier explorateur du sud-ouest des États-Unis, ou l’écrivain immortel Miguel de Cervantes.
    Albert Pike était un avocat et militaire, né à Boston en 1809. Il a servi dans l’armée confédérée pendant la guerre civile américaine, c’est pourquoi sa statue a été renversée. Après avoir négocié le soutien de Cherokee à la cause sécessionniste en 1861, il est nommé brigadier général pour former trois régiments de cavalerie d’Amérindiens. Pike a présenté sa démission officielle à l’armée confédérée en 1862. Après la fin de la guerre, en 1865, il a repris sa vie de juriste.
    La sculpture démolie, donnée à la ville par les francs-maçons nord-américains en 1901, constituait une sculpture purement maçonnique, sans aucune référence à la Confédération. Dans ce document, Pike, vêtu de vêtements civils, tenait dans sa main gauche le livre « Morals and Dogma », son traité le plus célèbre, essentiel pour comprendre le rite écossais ancien et accepté. A ses pieds, une figure tient la bannière de ce rite maçonnique. L’emplacement de la statue n’était pas accidentel : elle est située sur le site d’origine des temples maçonniques où Pike a vécu les dernières années de sa vie. »

  • 16
    Fabrice BOMPARD
    22 juin 2020 à 09:17 / Répondre

    Les destructions de statue, comme les autodafés pour les livres et manuscrits, me font horreur. Elles sont l’expression même de l’inculture, du fanatisme et de la bêtise humaine devant l’histoire. Je préfèrerai toujours l’explication à la destruction et la mémoire à son effacement, fût-ce pour des motifs a priori louables mais en réalité profondément stupides. De toute façon, j’ai toujours eu le plus grand mal avec les « arbitres des élégances ».
    Détruire, c’est se priver de la possibilité de comprendre le passé, les trajectoires de ceux qui nous ont précédés, de ne pas tout reduire à sa vision d’hommes du XXIe siècle (notre siècle sera aussi jugé et nous avec).
    Bref, Albert Pike fut ce qu’il fut : un américain du XIXe siècle dans des Etats-Unis en pleine édification et travaillés par des courants puissants où l’abject a côtoyé le sublime et les injustices, les promesses d’une vie meilleure et d’émancipation. Il fut un grand maçon de l’histoire américaine. Un individu très critiqué par les antimaçons actuels et présents qui ne râtent jamais une occasion, par exemple, d’associer son souvenir au KKK auquel, pourtant, il n’a jamais appartenu. La maçonnerie de Prince Hall lui doit d’avoir eu la possibilité de travailler selon les hauts grades du REAA (Pike, alors souverain grand commandeur, lui en avait transmis les patentes).
    Si la maçonnerie a ses personnages troubles ou en tout cas équivoques, elle charrie son lot de pleurnichards et de couards. Elle a aussi, et fort heureusement, son lot d’hommes admirables et courageux.
    A chacun selon ses œuvres.

    • 20
      yasfaloth
      22 juin 2020 à 10:40 / Répondre

      Toutafé, les obscurantistes avaient aussi, de leur point de vue, certainement de très bonnes raisons pour faire sauter les Bouddhas de Bamyan…

  • 12
  • 11
    Désap.
    21 juin 2020 à 23:38 / Répondre

    Tao pourrait-il nous donner son avis sur ce qui suit ?
    Je le remercie infiniment par avance, je le remercie également, s’il ignorait cet aspect essentiel de l’Histoire de l’esclavage, de bien vouloir ne plus l’omettre dans ces critiques puisqu’il s’agit là du coeur du système esclavagiste.

    C’est une réalité sur laquelle historiens, journalistes et militants ont souvent jeté un voile, par lâcheté intellectuelle ou opportunisme idéologique. Mais les faits sont têtus, et il existe assez d’archives pour l’attester. Durant les longs siècles de traite et d’esclavage arabo-musulman puis occidental, des Etats négriers d’Afrique ont participé et se sont enrichis grâce à ce commerce, comme les royaumes d’Ashanti ou d’Abomey (actuels Ghana et Bénin) par exemple (voir cartes ci-dessous).

    Auteur d’un ouvrage remarqué sur l’esclavage arabo-musulman, « Le génocide voilé » (éditions Gallimard, 2008), l’anthropologue et économiste sénégalais Tidiane N’Diaye explique à propos de la traite que « la complicité de certains monarques et leurs auxiliaires africains dans ce commerce criminel est une donnée objective ». Interview sans langue de bois.

    Ce sont des faits historiques souvent négligés ou occultés par les chercheurs, mais des Africains ont aidé à alimenter la traite transatlantique et le système esclavagiste durant des siècles. Comment cela se passait-il ? Qui étaient les principaux protagonistes ?
    Tidiane N’Diaye : Vous savez, dans cette tragédie les prédateurs, d’abords arabes puis occidentaux ont excité la cupidité et la rapacité de nombreux chefs locaux. Les razzias étaient légalement organisées par des chefs ou sultans, pour approvisionner les négociants qui travaillaient pour l’exportation de captifs africains. Par exemple les princes des États voisins de celui du sultan du Bornou (Kanem, Wadaï, Baguirmi et Sokoto) dans l’actuel Nigéria, se livraient au trafic de captifs. Tous, loin de vouloir supprimer une traite dont ils profitaient, ne songeaient qu’à imposer des taxes de passage lorsqu’ils ne « rackettaient » pas directement les caravanes. Au pays des Fellatas, les chasses à l’homme y étaient dirigées par Ahmadou, fils et digne héritier de El Hadji Omar Seydou Tall, sur le sentier du Jihad. A l’intérieur du continent, l’entreprise était encore plus répugnante avec les monarques dahoméens, dont le plus grand des fournisseurs d’esclaves fut Béhanzin. Car ici l’islamisation n’explique pas leur complicité, ils étaient animistes pour la plupart. Ces usurpateurs sanguinaires crispés sur leurs privilèges, étaient surtout préoccupés par la puissance et le prestige, que seul le verdict des armes pouvait assurer en ces lieux. Ils entrèrent en « collaboration », d’abord avec les Arabo-musulmans, avant l’arrivée des négriers européens. Ils ont vécu du sang, de la sueur et de l’agonie de leurs peuples. Pour gagner en efficacité, tous eurent de plus en plus besoin de moyens aussi sophistiqués que meurtriers. Pour disposer de plus d’armement et de chevaux, gage de leur puissance, ils furent obligés de vendre davantage de captifs en engageant des guerres contre les royaumes voisins pour se fournir. Tout en se faisant des guerres au service des négriers, ces chefs africains furent progressivement piégés par les mécanismes d’échange de la traite. Aussi, beaucoup « d’exportés » étaient le produit de guerres intestines, encore accrues par l’appât des débouchés qu’offrait d’abord cette ignominie. Puis l’arrivée des navigateurs fut providentielle pour le commerce de ces États trop éloignés du Sahara, pour qu’ils y écoulent leur surplus de captifs.

    • 15
      Tao
      22 juin 2020 à 01:18 / Répondre

      Mon avis ? Je découvre qu’il importe tant…
      .
      Il est tout à fait exact de dire que le commerce triangulaire n’a été possible que parce que des hommes africains tenant d’autres hommes africains en esclavage les vendaient aux occidentaux.
      .
      Ma volonté de replacer Pike dans toute la responsabilité de certains de ses engagements a-t-elle été comprise comme une volonté de disculper les esclavagistes africains ?
      .
      Je ne comprends pas vraiment l’apostrophe…
      .
      Amitiés,

      • 19
        Désap.
        22 juin 2020 à 10:38 / Répondre

        15 – Ça va mieux en le disant, n’est-ce pas ? En disant que les initiateurs du commerce d’être humains sont les Arabes à partir du VIIIè sc. et qu’il perdure de nos jours, que les Occidentaux ne le pratiquent pas avant le XVIè sc., que rien ne fût possible sans les rois africains qui, comme les Arabes, pratiquaient la chasse à l’homme.
        Dans la logique de ce que tu défends, nous allons donc instruire des procès, aujourd’hui, à l’encontre de ces responsables Africains et Arabes de ce trafic d’être humains. On établira également l’échelle des responsabilités au regard de la réalité et de l’ampleur du rôle de chacun, les Occidentaux Européens et Américains se partageant péniblement pas même le quart de ce commerce.
        Les donneurs de leçons me fatiguent.
        Les frontières existent toujours, mais chez nous elles sont ouvertes de sorte que ceux qui se sentent mal à l’intérieur de nos démocraties, ceux qui voudraient nous voir renier nos personnages historiques ont tout loisir de les franchir pour des cieux plus cléments, personne ne les retient.

        • 23
          de Flup
          22 juin 2020 à 12:29 / Répondre

          15-« les occidentaux ne le pratiquent pas avent le XVIè sc. » Comment? Dans l’antiquité le système esclavagiste était une base importante de l’économie de la Grèce et encore d’avantage à Rome…( cfr education-racisme.fr)

          • 26
            Désap.
            22 juin 2020 à 14:08 / Répondre

            23 – Je regrette, rien à voir avec la traite négrière.
            Cet esclavage avait une tout autre forme, était esclave celui qui n’était pas citoyen et n’avait pas ou peu de droit, plutôt peu d’ailleurs.
            Cependant ceci n’emportait aucunement mauvais traitements et travail non rémunéré, bien au contraire.

            • 27
              Désap.
              22 juin 2020 à 14:12 /

              Et oui mon cher De Flup, les sociétés antiques étaient bien moins barbares que celles issues du monothéisme, il va falloir t’y faire.

            • 29
              de Flup
              22 juin 2020 à 19:36 /

              23-  » Aucunement mauvais traitement ». Ai-je bien lu? En fait l’esclave romain était juridiquement un objet et son maître avait le droit de le torturer et de le tuer…

            • 35
              Idriss
              23 juin 2020 à 04:03 /

              @DÉSAP.
              Tu remarqueras que ça n’empêche pas les mosquées de désemplir, bien au contraire même, c’est le boum des affaires comme on dit… peut-on en dire autant des loges ? je ne pense pas vu les retours que j’en ai… il faut être honnête, les mosquées sont pleine de noirs, de maghrébins, de blancs, de femmes etc etc
              une universalité réelle dont tout le monde ne peut pas se vanter… d’ailleurs c’est ce qui m’a toujours refroidit quand on m’a proposer à plusieurs reprises une « cooptation »…

              En fait, ce qui se joue n’a peut-être rien à voir avec ce qui paraît, tu as beau t’égosiller sur telle ou telle page de l’histoire et des responsabilités, ça ne change rien, la religion du moyen-orient a toujours bonne presse chez les maures et autres…
              c’est juste que toute cette histoire me rappelle le déboulonnement des dictateurs arabes, souvent laïcs d’ailleurs, qui affichaient, sans vergogne, leur trombines et leur statues à chaque coin de rue… vint un jour où il se sont fait déboulonner physiquement, eux et leur statues… parce que des individus, souvent éduqués et instruits en ont eu ras le bol de leurs simulacres, de leur cinéma, leur rituels qui avec le temps sont devenus ridicules… c’est la fin de quelques chose qui se jouent devant nous, de l’autre coté de l’atlantique et c’est une bonne nouvelle car si c’est le cas, cela veut aussi dire la fin des théocraties islamiques…

  • 5
    Pierre Mollier
    21 juin 2020 à 16:43 / Répondre

    A une époque qui est encore celle des « Westerns », Pike a en tout cas été un défenseur obstiné et militant des Indiens ce qui ne devait pas alors être si courant. Quant à la guerre de sécession, si l’esclavage est bien sûr un élément central du conflit… il n’est pas le seul.
    La notice Wikipédia qui est très bien faite rappelle les nombreux points d’opposition entre Nord et Sud :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_S%C3%A9cession

    • 8
      Tao
      21 juin 2020 à 19:18 / Répondre

      Avec tout le respect que je te dois, mon très cher frère, ces arguments que je qualifierais de « légitimistes » ne sont plus entendables en 2020.
      .
      Quand une statue de Lee, général d’une armée confédérée, est déboulonnée, on peut garder son avis nuancé sur le bonhomme, mais on ne peut plus décemment prendre publiquement la parole pour rappeler à quel point il était un maçon important. Même s’il défendait le droit d’autres communautés. Il est disqualifié.
      .
      Quand Roman Polanski, violeur multi-récidiviste fuyant la justice de son pays, est hué à une cérémonie des Césars, on peut garder son avis nuancé sur le bonhomme, mais on ne peut plus décemment prendre publiquement la parole pour rappeler à quel point il est un réalisateur important. Même s’il a fait des films géniaux ayant apporté joie et émerveillement. Il est disqualifié.
      .
      Il en va de même pour Michael Jackson le génie de la musique, Harvey Weinstein le génie de l’industrie du cinéma, Bertrand Cantat le génie du rock français, Luc Besson le génie des grosses productions à la française, Patrick Balkany le bon maire… Dans une mesure toute autre, pour Victor Schoelcher à la Martinique.
      .
      Certains dont je ne suis pas peuvent le regretter, oui. Mais ce n’est plus possible. Nouvelle ère. On s’y adapte, ou on se morfond dans son aigreur, dans sa mentalité du « C’était mieux avant ». Aujourd’hui en 2020, nous sommes un certain nombre à avoir souper d’entendre des hommes rappeler à quel point d’autres hommes, bien que criminels, avaient telle ou telle qualité. Surtout quand ces derniers n’ont jamais été jugés pour leurs actes criminels. Nous sommes un certain nombre à vouloir tourner la page de ces vieilles habitudes acceptées jusqu’à il y a peu encore…
      .
      Un criminel n’est pas tout noir. Certes. Mais certaines tares sont définitivement disqualifiantes. N’en déplaise.
      .
      Amitiés,

      • 10
        pierre noel
        21 juin 2020 à 21:24 / Répondre

        Quand Tao écrit « Quand une statue de Lee, général d’une armée confédérée, est déboulonnée, on peut garder son avis nuancé sur le bonhomme, mais on ne peut plus décemment prendre publiquement la parole pour rappeler à quel point il était un maçon important. Même s’il défendait le droit d’autres communautés. Il est disqualifié. », il confond Pike qui ne fut jamais que le chef d’un régiment local d’un état marginal avec le général lee qui fut commandant en chef de l’armée confédérée mais ne fut jamais franc-maçon.
        Il n’y a pas de statue représentant Lee à Washington (il y en a une, je crois, à Richmond, capitale de la Virginie)

        • 14
          Tao
          22 juin 2020 à 01:12 / Répondre

          Tout à fait ! J’ai écrit « Lee » pour « Pike ». Lapsus. Merci de remplacer le second par le premier pour comprendre mon propos.
          .
          Amitiés,
          .
          PS : Il ne fut « que » chef d’un régiment local d’un état marginal. Encore des excuses…

          • 22
            pierre noel
            22 juin 2020 à 12:02 / Répondre

            .
            Tao: « PS : Il ne fut « que » chef d’un régiment local d’un état marginal. Encore des excuses… »

            Quand Tao écrit cela (« encore des excuses ») , il condamne un mort, un souvenir (certains diront peut-être une mémoire) sans procès ni possibilité de se défendre (en fait sans aucune objectivité.)
            A quoi cela sert-il sinon préparer des injustices futures ?

      • 13
        Luciole
        21 juin 2020 à 23:46 / Répondre

        Comment faut-il comprendre « Un criminel n’est pas tout noir.Certes. » ? C’est de l’humour? noir évidemment. Involontaire? certainement, ce doit être la fatigue.

  • 4
    pierre noel
    21 juin 2020 à 16:05 / Répondre

    La destruction des images, des statues, des monuments, des villes parfois… . que ce soit par une armée victorieuse, par l’appel du Grand Soir, par une foule déchâinée, par passion idéologique ou plus simplement par plaisir de détruire, est un phénomène répétitif dans l’histoire humaine depuis la plus haute antiquité, partout et toujours.
    Certains diront toujours que c’est « une victoire du Bien sur le Mal », d’autres seront toujours horrifiés par la violence du geste. Pour beaucoup, cela ne fera ni chaud ni froid. (D’aucuns diraient la Montagne, la Plaine et le marais !)
    .
    Ne serait-ce pas, de siècle en siècle, une espèce de catharsis toujours renouvelée ? Sans autre objet qu’elle-même, sans jamais apporter d’ amélioration sensible de la condition humaine.

    • 6
      Pierre Mollier
      21 juin 2020 à 17:32 / Répondre

      Pierre a sans doute raison. Il y a un côté cathartique. On brule le vieux monde qui avait effectivement bien des défauts. Aux États-Unis, une statue de Ulysse Grant (le général en chef victorieux de l’Union, ennemi déterminé du Sud et de l’esclavage) a subi le même sort que celle de Pike… Et en France on a aussi vandalisé les statues de Cervantès et du général de Gaulle !

  • 3
    Tao
    21 juin 2020 à 14:43 / Répondre

    Litanie de jérémiades d’un maçon qui s’adonne à la rhétorique du « Oui, mais… » Oui, il était confédéré, mais il s’est installé à DC à la fin de sa vie. Oui il s’est battu pour l’esclavage, mais il défendait les Natives. Oui, mais… Oui, mais… Oui, mais…
    .
    A-t-il, oui ou non, à un moment de sa vie, pris volontairement les armes pour garantir le droit de 13 états de maintenir l’esclavage d’autres humains ? A-t-il été à la tête de l’armée qui défendait cet idéal ?
    .
    Si Pike a visiblement « changé d’avis » sur la fin de sa vie, c’est tout à son honneur. Tant mieux pour le salut de son âme (puisqu’il était croyant). Mais ce revirement sur la fin de sa vie rend-il légitime l’érection d’une statue à sa gloire ? Même en « civil » et en « franc-maçon », son bilan est entaché d’une tâche indélébile. Il n’est peut-être pas le « monstre » que certain décrivent, ses changements d’avis étaient peut-être (?) sincères… Mais je trouve qu’on lui pardonne beaucoup pour ce revirement de situation après avoir perdu la guerre qu’il menait et rejoint le camps des gagnants majoritaires… On lui pardonne bien vite, au prétexte qu’il serait un « homme de son temps »… Vous voulez un autre exemple « d’homme de son temps » ? William Lloyd. L’argument de l’époque est rarement pertinent…
    .
    La franc-maçonnerie des privilégiés que nous sommes, si elle ne veut pas continuer à se ridiculiser dans ses prises de positions plus longtemps, doit balayer devant sa porte et faire le ménage sur son « wall of fame » ! Toutes les récentes polémiques tournant autour du statuaire maçonnique démontre à quel point un certain nombre de Frères (peu de Sœurs se sont exprimées publiquement sur le sujet) est empêtré dans ses références obsolètes. Cette maçonnerie est sur le déclin. La jeune relève arrive, et elle ne se laissera pas compromettre par cette tolérance très questionnante. Parole de jeune frère !
    .
    Ce jour de solstice d’été, jour de l’apogée de la lumière, est l’occasion parfaite pour éclairer d’une lumière nouvelle la lecture passéiste et sclérosée de notre passé institutionnel.
    .
    Amitiés,

    • 7
      pierre noel
      21 juin 2020 à 17:45 / Répondre

      La réponse à la première question, est : OUI
      La réponse à la deuxième question est : NON (il ne fut jamais à « la tête  » de l’armée confédérée).

      En droit coutumier (anglo-saxon), la défense a droit à un contre-interrogatoire.

    • 9
      Gérard NOET
      21 juin 2020 à 21:10 / Répondre

      Je ne suis pas spécialiste de l histoire des U.S.A. mais effectivement la suppression de l’esclavage n etait pas la seule cause de cette guerre. Arte a présenté un documentaire sur ce sujet et sur Wikipedia, l article explique les causes de cette guerre.
      Par ailleurs, le 14ème amendement abolissant la ségrégation a été appliqué seulement en 1968 dans tous les états.
      Ce dimanche apres midi, un documentaire sur l histoire du label Blue Note a montré les violences à l encontre des musiciens de jazz aux USA et pas uniquement dans les ex états confédérés du sud.
      Le monde n.est pas manichéen, tout blanc ou tout noir, penser ainsi reste sûrement confortable mais tout homme à la recherche de la vérité doit réfléchir et se documenter.

  • 2
    Albert Libertad
    21 juin 2020 à 12:29 / Répondre

    Ces nouveaux fascistes emploient les mêmes méthodes que le regrettable maréchal Pétain, qui en 1941-42 envoya à la fonte toutes les statues des gens qui ne lui plaisaient pas : juifs, francs-maçons, républicains, etc…
    C’est plus que lamentable…
    Ils s’attaqueront bientôt aux têtes des présidents des monts Rushmore sous prétexte que Borglum était membre du KKK (franc-maçon aussi du reste, ce qui est assez contradictoire…). Peut-être même qu’ils interdiront toute projection de « la mort aux trousses » pour qu’on ne les voit plus. On n’est plus à une absurdité près…

  • 1
    Désap.
    21 juin 2020 à 12:24 / Répondre

    Aux USA comme en Europe, tout groupement qui se constitue en minorité et qui ferait le choix du rapport de force, son combat est perdu d’avance et dans la population ne s’attirera que méfiance et rejet.

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