Jean-Marie Rouart a été franc-maçon

Publié par Géplu
Dans Divers

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vendredi 7 mai 2021
  • 6
    lazare-lag
    8 mai 2021 à 12h43 / Répondre

    @ Benjamin Rathery (4), et autres lecteurs:
    Dans un pays, dans une langue, il peut parfois être curieux de s’intéresser à la vie des mots.
    En quelques jours c’est la deuxième fois qu’il m’est donné de lire le mot « civilisationnel ».
    La première c’était sous la plume de ce texte dont on ne sait si des généraux retirés du service en sont les véritables concepteurs, ou uniquement les signataires, en tout cas dans un texte assez peu limpide sur un plan purement littéraire, avec des tournures souvent bien hâtives.
    Faut-il avoir atteint quatre étoiles pour rédiger ainsi?
    Et je ne parle pas ici du fond, pour ça je me suis exprimé sous l’article idoine paru ici sur Hiram.be, je n’y reviens donc pas.
    On se consolera par le fait qu’un autre général, pourvu seulement de deux étoiles, le général de Gaulle, vous avait une autre qualité épistolaire, et pour une autre qualité de pensée.
    Par ailleurs, ce mot est absent des dictionnaires qui sont à mon immédiate portée.
    J’y vois le mot « civilisation », et ensuite « civilisé », mais point de civilisationnel à l’horizon.
    Et j’ose espérer que ce mot ne s’installera pas durablement dans notre vocabulaire.
    Au delà de la seule forme écrite, il me semble qu’à l’oreille il n’est vraiment pas plaisant non plus.

    Alors oui, je vois bien ce qu’il peut vouloir signifier, alors oui je veux bien qu’on me dise qu’une langue peut évoluer, et qu’elle évolue tous les jours, mais nous vivons une époque où la communication va vite, de plus en plus vite, avec des outils (informatique, internet, clavier plutôt que plume, j’en suis à l’instant même un témoignage), des outils accélérateurs, mais devons-nous individuellement participer à une telle accélération, sans parfois y mettre un peu de résistance?

    Sinon, j’aime bien la comparaison de B. Rathery entre les sauts de cabris à propos de l’Europe, l’Europe, l’Europe et ceux faits de même pour clamer Laïcité une fois, Laïcité bis, Laïcité ter.
    Tant que le cabris saute et clame, il n’a plus la vision de son pré, de son pré carré, disait Richelieu, je crois bien.
    Quant au Président de la République, on peut citer son nom, c’est l’actuel, ci-devant Emmanuel Macron, il est parfois des plus surprenants avec ses formules rappelées ici (« pas de culture française », « déconstruire l’histoire ».
    Alors oui, ses mots à lui sont tous dans le dictionnaire, alors oui les tournures en sont irréprochables en matière de syntaxe, mais du coup, même s’il n’a rien de commun avec des généraux sur le retour, il interroge tout autant.
    Où veut-il vraiment en venir?
    Que veut-il vraiment nous dire?
    Et où veut-il vraiment nous guider?
    Puisqu’à son niveau de responsabilité, de fonctions, et aspirant à les poursuivre au delà de l’actuel mandat, il lui conviendra d’être plus clair sur la défense de la culture, et de l’histoire françaises.
    Personnellement, je ne suis nullement enseignant, ni formateur en aucune manière, je ne suis que citoyen, et j’allais rajouter que franc-maçon, mais je me pose malgré tout quelques questions:
    – est-ce le rôle du Président de la République de réfléchir à la culture française, et de savoir si elle existe ou non la culture française? N’est-ce pas le rôle d’abord des intellectuels?
    Les dictatures (stalinisme, nazisme, pétainisme aussi) ont toujours voulu avoir un oeil sur la culture.
    Et pour avoir vécu dans une commune dirigée par eux, et qui fort heureusement ne l’est plus, je sais quelle idée le lepenisme actuel peut se faire d’une direction de la culture.
    Est-il de la République et de la Démocratie de décréter ce qu’est ou n’est pas, ou comment doit être la culture française?
    – idem pour l’Histoire? L’Elysée doit-il être le lieu de construction (ou de déconstruction) de notre histoire? Que reste-t-il aux historiens?
    Erdogan, pour l’histoire turque, parle-t-il vraiment autrement?
    Poutine, pour la russe, ne dit-il pas autre chose?
    Et Orban pour la Hongrie, dont on regrettera d’avoir de tels dirigeants pour un état membre de l’Union Européenne, est-il aussi un modèle intellectuellement à suivre?
    Mais qui écrit donc les discours de Macron?
    Si c’est l’actuelle pensée présidentielle, il n’est que temps de la voir éclaircie.
    On peut certes réfléchir à la culture française, elle-même étant une nuance de l’histoire française, mais dans tous les cas, l’Elysée doit-il être le seul lieu où l’on doit y réfléchir, doit-il en être le lieu pilote.
    Je n’en suis absolument pas certain.
    Quant à l’identité française, est-elle constituée que de culture et que d’histoire, c’est encore un vaste débat.
    De ceux qu’on ne saurait résoudre uniquement par bonds successifs d’animal laineux.

  • 5
    lazare-lag
    8 mai 2021 à 10h49 / Répondre

    @ Ergief (1):
    La question pourrait être: pourquoi une si « brève incursion » en Franc-maçonnerie?
    Sur ce point-là, Jean-Marie Rouart ne s’explique pas beaucoup, il passe assez vite.
    Que venait-il chercher et qu’il n’a pas trouvé?
    Une spiritualité qui ne lui a pas tout à fait convenu?
    Une fraternité qui ne lui seyait pas tout à fait?
    Est-ce cliché d’imaginer qu’un écrivain puisse être un peu plus égo-centré ou narcissique que le commun des mortels? (D’ailleurs un « immortel » est-il comparable au commun des mortels; désolé pour cette astuce de style trop facilement tentante).
    J’espère surtout, ce n’est hélas pas hypothèse d’école, qu’il n’est pas de ceux qui parfois viennent avec un espoir d’élargir son réseau, et en est reparti une fois vu que ce n’était pas la meilleure solution pour y parvenir, ou pour y parvenir vite.
    Je me méfie toujours un peu de ces passages rapides de frères éphémères, ils peuvent témoigner de maintes approches, voire d’actes manqués.
    Il peut s’agir de candidats pressés.
    Pressés de quoi? C’est là toute la question.
    Sans parler du fait, et cette responsabilité n’incombe pas au seul intéressé, que la loge a pu peut-être ne pas faire tout ce qu’il fallait pour l’accueillir.
    Et sans oublier une éventuelle responsabilité du parrain aussi.
    Au cas d’espèce pourquoi son parrain l’a-t-il parrainé?
    Pourquoi n’a-t-il pas décelé un tempérament ou une personnalité qui pourrait finalement ne pas s’adapter au contexte si particulier du travail en loge?
    Ou était-il si fier, ce parrain, d’avoir ramené une personnalité à l’atelier? On ne peut tout à fait exclure un peu de vanité dans un tel parrainage.
    D’aucuns diront que je me perds en conjectures, mais au delà du seul cas de Rouart, n’avons-nous pas tous été, à un moment donné, à nous poser des questions sur le passage de tel ou tel dans nos ateliers?
    Par ailleurs, MTCF Ergief, tu dis que tu pourrais être « d’une extrême mauvaise foi », parce que le personnage public te déplaît.
    Alors nous serions au moins deux à ne pas avoir vraiment accroché avec le sus-dit.
    Ses passages radiophoniques ou télévisuels ne semblent pas m’avoir marqué durablement.
    Et si j’ai lu de sa prose, je n’en ai pas conservé un souvenir durable.
    La question, en littérature, est de savoir si tout « immortel » atteindra la postérité.
    Combien d’immortels n’y parviennent pas alors que certains n’ont pas eu besoin du quai Conti pour exister encore bien après leur décès.
    Mais tout le monde ne peut pas être Albert Camus.

  • 4
    Benjamin Rathery
    7 mai 2021 à 19h05 / Répondre

    Rouart exprime bien la pensée d’un catholique traditionnel. Mais dans cet entretien il montre sa parfaite méconnaissance de la Franc-Maçonnerie dans son ensemble.
    Son point de vue sur le GODF est lui aussi erroné.
    Cela dit, il me semble juste de considérer comme lui que certains, pas seulement au GODF, pas seulement en FM, ont tendance à considérer que la Laïcité est LA réponse à une communautarisation sur une base religieuse de notre société et que c’est une erreur. Douce illusion.
    En paraphrasant de Gaulle qui disait qu’il ne suffit pas de bêler l’Europe, l’Europe, l’Europe, je dirais qu’il ne suffit pas de clamer Laïcité, Laïcité, Laïcité pour résoudre le problème que pose l’islam à la société française.
    Comme lui je pense que le « Laïcisme », s’il est nécessaire, ne suffit pas et ne suffira pas à combattre l’influence toujours grandissante de l’islam en France.
    Si le modèle d’assimilation qui est celui de la République Française ne fonctionne plus (ce qui est un constat), ce n’est pas dû qu’à un manque de fermeté concernant la laïcité. D’autres facteurs interviennent. Que veulent les français : une société multiculturelle comme la société américaine, ou une société universaliste ce qui est historiquement son modèle ? Si la France veut conserver son modèle universaliste, la laïcité n’est pas suffisante pour gagner ce combat. L’enjeu est plus vaste, il est culturel et civilisationnel.
    Contrairement à un Président de la République qui a dit : « il n’y a pas de culture française » et qui veut « déconstruire notre histoire », je pense au contraire qu’il faut réaffirmer avec force et vigueur la culture, l’art de vivre, etc, qui constituent ce qu’il faut bien appeler l’identité française.

  • 3
    marcorel
    7 mai 2021 à 10h32 / Répondre

    Le GO, entres autres obédiences, « autorise ses membres à avoir et pratiquer une religion » Encore heureux ! à quand le certificat d’athéisme pour fréquenter les Loges ?

    La liberté de croire ou de ne pas croire ne parait plus être la chose du monde maçonnique la plus partagée ? Pourtant il me semblait que c’était l’un des principes premiers de la Laïcité !

  • 2
    Yonnel Ghernaouti
    7 mai 2021 à 4h09 / Répondre

    l’Église catholique n’excommunie plus les Francs-Maçons.
    Mais nous sommes en état de péché grave.
    En janvier 1983 paraît le nouveau Code de droit canon, qui, rappelons-le, n’avait pas été révisé depuis 1917.
    L’article 1374, qui condamne les sociétés conspiratrices, ne mentionne plus la franc-maçonnerie. L’excommunication est levée de fait. Mais, en novembre de la même année, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Joseph Ratzinger (né le 16 avril 1927), qui deviendra Benoît XVI, 265e pape de l’Église catholique jusqu’à sa renonciation en 2013, maintient, dans une mise au point officielle, que les Francs-Maçons demeurent en état de péché grave parce que « leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Église ».

  • 1
    ERGIEF
    7 mai 2021 à 1h34 / Répondre

    Il faudrait creuser un peu. De mémoire JM Rouart à fait comme il le dit une « brève » incursion à la GLDF. Si ma memoire est bonne il a déjà divulgué ses impression d’initiation il y a environ 2 décennies dans un de ses ouvrages dont j’ai perdu le titre, ou dans ind interview… Ce dont je me souviens c’est qu’il semblait ne pas avoir retenu grand chose de la cérémonie d’initiation. Pour ce qui est de son expérience maconnique elle a dû durer quelques semaines ou mois au maximum ce qui ne le rend pas vraiment légitime pour s’exprimer sur le sujet. Toujours dans mes souvenirs il me semble que j’avais trouvé son propos assez cavalier. Mais il est vrai que le personnage public me déplaît et que sa prose m’indiffère. Je suis donc d’une extrême mauvaise foi.

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