A Dakar : déboulonner la statue de Faidherbe, et dénoncer les francs-maçons…

Publié par Géplu

Et voilà. La « mode » est lancée. Voici qu’à Dakar, comme d’ailleurs dans beaucoup d’autre villes du continent africain, de brillants esprits locaux ne rêvent plus que de déboulonner des statues et de débaptiser des rues.

Ainsi « DakarActu » donne la parole au Professeur Malick Ndiaye, sociologue, enseignant et chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui réclame le déboulonnement de la statue de l’ancien gouverneur français. « J’ai honte quand j’entends encore parler de cette statue qui a été déterrée  par un vent fort, il y a quelques années. Comment nommer le lycée au nom d’une autorité religieuse de la trempe d’El Hadj Omar Tall, à proximité de la statue de celui qui l’a assassiné, en l’occurrence Faidherbe. Cette statue doit être déboulonnée. El Hadj Omar Tall, fils de Saïd Atoumane Tall, a été assassiné par (Léon) Faidherbe. »

Mais le professeur ne s’arrête pas à Faidherbe, puisque sa vindicte concerne aussi, et peut-être même surtout les francs-maçons : Outre la question de cette statue érigée à Saint Louis, en mémoire de ce dernier, le Pr Malick Ndiaye a aussi relevé la nécessité pour les Sénégalais d’identifier qui sont les francs-maçons du pays. ‘’Cette liste doit être rendue publique. Que ces francs-maçons du Sénégal sortent de leur cachette comme c’est le cas dans les autres pays africains comme entre autres au Gabon, en Côte d’Ivoire. J’avais saisi le ministère de l’Intérieur sous Abdoulaye Douda Diallo ainsi que Aly Ngouille Ndiaye pour leur demander de nous dire qui sont les francs-maçons’’, a dit l’universitaire qui regrette que ses vis-à-vis ne lui aient pas répondu favorablement. 
 
Dans un entretien accordé à Dakaractu, il a déclaré que ‘’le problème du Sénégal ce n’est pas Faidherbe. Ce dernier a amené cette pratique dans ce pays. Et depuis lors, seul un politique a osé avouer avoir été un franc- maçon ! il s’agit du président Abdoulaye Wade. Aujourd’hui, combien sont ces gens-là qui y sont depuis. Et dont les actes et les paroles devant les Sénégalais, dans les loges franc-maçonniques ne concordent pas’’, s’est interrogé le Pr Ndiaye. Lequel a déclaré sans détours, que le Sénégal ne saurait connaître le développement, si nos compatriotes francs-maçons, qu’il qualifie d’encagoulés, ne baissaient pas le masque… 

C’est la première fois que j’entend – surtout de la part d’un universitaire – reprocher à la franc-maçonnerie d’entraver le développement du pays où elle travaille !

Lire aussi : abdoul-mbaye-les-tirailleurs-meritent-statues-et-rues-en-leur-memoire-plutot-que-faidherbe

Difficile de comprendre Malick Ndiaye, qui s’exprime dans une des nombreuses langues du Sénégal. Pourtant, comme le précise Wikipédia : La prise en compte des langues vernaculaires est un problème récurrent dans le monde actuel. Le Sénégal a affirmé cette priorité dès l’Article premier de sa Constitution du 7 janvier 2001 : « La langue officielle de la République du Sénégal est le Français. Les langues nationales sont le diola, le malinké, le pular, le sérère, le soninké, le wolof et toute autre langue nationale qui sera codifiée ».

mercredi 24 juin 2020
  • 28
    Matéo
    29 juin 2020 à 23:13 / Répondre

    Oubli : d’après l’historien français africaniste Bernard Lugan, El Hadj Omar Tall (confrérie tijanya) est décédé le 12 février 1864, à près de 70 ans, sur les plateaux de Bandiagara, en pays dogon (Mali), à l’occasion de la bataille qu’il menait à la tête de ses troupes contre le chef El Bekay de la confrérie kadiriya (clan arabe des Kunta considéré comme animistes).

  • 27
    Matéo
    29 juin 2020 à 16:35 / Répondre

    Le problème de la franc-maçonnerie africaine c’est qu’elle ne dispose pas d’une autorité morale capable de répondre publiquement à des « fake news » comme celle que proclame Malick Ndiaye. (pour prendre connaissance de la vie de EL Haj Oumar Tall voir l’article paru sur le site https://www.financialafrik.com/2014/02/16/mysteres-dafrique-el-haj-oumar-tall-lanti-faidherbe/). L’autre problème, c’est que jusqu’à maintenant il y a une confusion entre l’image de la franc-maçonnerie contemporaine et le passé colonialiste de la franc-maçonnerie, part sombre de notre histoire, que nous n’avons pas su dénoncer (lire à ce propos le livre ambigu de Jean-Luc Le Bras « L’étoile occidentale : Une loge maçonnique à Dakar (1899-1960) ». Cet état de fait est très pénalisant pour d’authentiques francs-maçons africains qui sont obligés de taire leur appartenance maçonnique.

  • 26
    AB
    28 juin 2020 à 13:37 / Répondre

    La vraie question au Sénégal est le combat entre la religion et la laïcité ! Sans le soutien des diverses mouvances islamiques les hommes politiques n’ont pas de champs d’action (et peu d’électeurs). Dénoncer la FM démontre une forme de soumission aux divers Cheikh locaux…

  • 19
    Jiri Pragman
    25 juin 2020 à 14:44 / Répondre

    Et, comme le rapporte Wikipédia, « au fronton de l’université, on peut lire la devise de l’établissement : « Lux mea lex » soit « La lumière est ma loi ». L’université doit cette devise au poète et homme politique sénégalais Léopold Sédar Senghor ».
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_Cheikh-Anta-Diop

  • 18
    pierre noel
    25 juin 2020 à 11:45 / Répondre

    Quelqu’un pourrait-il dire quelques mots de l' »assassinat » d’El Hadj Omar Tall par le général Faidherbe ? J’avoue n’en pas savoir un mot, ni Wikipedia d’ailleurs !

    • 21
      pierre noel
      25 juin 2020 à 16:08 / Répondre

      Je reviens sur ma question.
      Il est écrit dans cette interview : « El Hadj Omar Tall, fils de Saïd Atoumane Tall, a été assassiné par (Léon) Faidherbe. »
      Est-ce vrai ou faux ?

    • 23
      yonnel ghernaouti, YG
      26 juin 2020 à 09:16 / Répondre

      TCF,
      TC Pierre,
      Tant sur le site https://www.herodote.net/18_juillet_1857-evenement-18570718.php
      dans son article « Faidherbe repousse El-Hadj Omar et pacifie le Sénégal » que sur
      https://www.au-senegal.com/el-hadj-omar,1514.html rien sur le soi-disant assassinat de El Hadj Omar Tall par le général Faidherbe.
      Dans l’article sur El Hadj Omar Tall (1797-1864) intitulé « El Hadj Omar, chef guerrier et mystique, fondateur de l’empire toucouleur »https://www.au-senegal.com/el-hadj-omar,1514.html, il est écrit : « Cinq ans plus tard, en 1898, meurt en homme libre Ahmadou, descendant et porteur des rêves inachevés du grand combattant que fut El Hadj Omar Tall. »

      • 24
        pierre noel
        26 juin 2020 à 09:50 / Répondre

        C’est bien ce que j’avais cru comprendre de ces deux personnages dont j’ignorais tout. Ils se sont affrontés plusieurs années avant le décès de El Hadj Omar Tall, à la fois prophète musulman et bâtisseur d’empire dont la mort mystérieuse pour les uns, accidentelle pour d’autres, n’est pas décrite comme « un assassinat ».
        Faidherbe est revenu en France en 1865.

      • 25
        Désap.
        26 juin 2020 à 09:58 / Répondre

        23 – Et dans les 153 commentaires, pas tendres avec « les colons », sous l’article https://www.au-senegal.com/el-hadj-omar,1514.html, pas un mot, pas même un soupçon exprimé à propos de cet assassinat imaginaire de la part de populations très perméables aux théories du complot.
        Pauvre tonton.

  • 13
    Tarer Philippe
    25 juin 2020 à 04:39 / Répondre

    Africains vous me faites de la peine. Pourquoi voulez-vous toujours un tuteur ( français ou chinois) vous n’êtes inférieurs à personne. Vous êtes des hommes et des femmes pas des enfants. Aspirez à la liberté à l’égalité avec tous. Comme tous les êtres humains sur la planète. Arrêter d’adorer des assassins. Faidherbe était un… moi je suis un antillais petit fils d’esclave et je souffre de voir ce continent si riche où les gens réclament la servitude. Sans l’Afrique la France n’est rien… c’est elle qui devrait mettre des noms Africains sur ses rues

    • 17
      LaurentG
      25 juin 2020 à 11:39 / Répondre

      Ouah ou! Petit fils d’esclave ? Mais quel âge as tu ? La France ne serait rien sans l’Afrique ? Sérieusement??

    • 20
      Désap.
      25 juin 2020 à 15:40 / Répondre

      13 – Je ne sais pas si la France n’est rien sans l’Afrique, j’en doute un peu tout de même.
      En revanche, qu’attendent les Africains pour risquer leur vie dans de bonnes et salvatrices révolutions de sorte de virer ses dirigeants à 95% esclavagistes (si, si) cupides et corrompus, et installer la démocratie au lieu de risquer leur vie dans des bateaux de fortune, à la merci de passeurs, pour attendre l’Europe où il n’y a aucun avenir pour eux ?
      Vous n’aimez pas les Français, vous avez des milliers de reproches à nous faire, vous éprouvez du ressentiment ? Très bien, pour tout vous dire la grande majorité des Français s’en balancent complètement.
      Mais alors, prenez-vous en main ! Arrêtez de pleurnichez et de voir toujours la faute chez les autres, parce qu’ainsi vous n’arriverez jamais à rien.

  • 12
    Marc Enamy
    25 juin 2020 à 03:42 / Répondre

    Minable et stupide pour un universitaire.

  • 11
    PB
    24 juin 2020 à 21:40 / Répondre

    Il n’a rien compris le professeur! Baisser le masque en pleine pandémie d’ imbécillité !!!! ça jamais…….

  • 10
    Pascalin
    24 juin 2020 à 18:28 / Répondre

    Bonjour,
    Déboulonner des morceaux de pierre, de bronze, d’acier ?
    Pourquoi pas ! Changer des noms de rues ? Pourquoi pas ! Modifier l’appellation d’une école, d’un collège ? Chiche !
    Supprimer le français en tant que langue officielle au Sénégal ? Oui, bien sûr ! (Serions-nous prêt.e.s à inclure les langues sénégalaises à la Constitution française ?)
    Ne plus « bénir » le passé, ne plus aduler un symbole qui a eu son heure ? Tout ceci n’empêche pas la mémoire et surtout n’empêche pas de retenir le principe de ces actions.
    Qui se souvient donc de Pascal Ratmond ?
    Personne…et pourtant, il a aimé ses enfants, fut un citoyen honnête, a eu ses rêves et n’a causé aucun tort de toute sa vie. Un type bien, dirions-nous jourd’hui.
    Il n’a pas existé…, et ils furent nombreux…!
    Tout cela revient à supprimer des égos ? Parfait !
    Le calendrier révolutionnaire ne comportait aucun nom propre ! Cool, non ?
    Déboulonnez donc, si là est le chemin vers plus de liberté.
    Ce qui ne nous agresse pas, ne nous dérange pas.
    Et quitte à être en si bon chemin, un fusil pointé sur un peuple est-il préférable à un franc-maçon prêt à tendre ou à saisir une main ?
    L’esclavagisme et le racisme blessent, tuent, abiment ; est-ce cela que vous souhateriez à autrui ?
    Oui, des profiteurs peuvent se déguiser en franc-maçon, quant à des francs-maçons déguisés en profiteurs….
    Bien à vous et à l’esprit universitaire.

    • 14
      yonnel ghernaouti, YG
      25 juin 2020 à 05:33 / Répondre

      Cher Pascalin,
      Quand vous parlez d’« esclavagisme », je pense que vous entendez aussi la traite arabe, sous-ensemble principal de la traite orientale, qui désigne le commerce des êtres humains du VIIIe siècle jusqu’À NOS JOURS…
      À lire : https://fr.wikipedia.org/wiki/Traite_arabe
      Ou encore sous le titre « Esclavage dans le monde arabo-musulman »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Esclavage_dans_le_monde_arabo-musulman

      • 15
        templum
        25 juin 2020 à 10:07 / Répondre

        TC Yonnel, j’oserai rajouter que les futurs esclaves étaient convoyés par leurs FF roitelets jusqu’au bateau du marchand et échangés contre de la verroterie!

        • 16
          yonnel ghernaouti, YG
          25 juin 2020 à 10:38 / Répondre

          Cher Templum,
          Sans parler du bateau « Le Franc-Maçon », navire de 135 tonneaux, appartenant à l’armement havrais Louis Le Grand, commandé par le capitaine Cuisso. Armé pour une expédition de traite.
          Pour info, il appareille le 21 mai 1787 du Havre à destination de l’Afrique qu’il touche 2 mois plus tard. Arrivé à l’embouchure du fleuve Gabon, le navire mouille au large, au milieu d’autres bateaux négriers. Au cours des 8 mois d’escale, le capitaine Cuisso rend plusieurs visites au roi noir qui commande une chefferie où les « chasseurs » africains viennent régulièrement de l’intérieur des terres avec des captifs*. Le 10 avril 1788, quelques esclaves, déjà à bord, parviennent à se déferrer. S’étant libérés de leurs entraves, ils montent sur le pont, prennent par surprise 4 matelots et le capitaine Cuisso qu’ils tuent. Plusieurs hommes d’équipage, grimpés dans la mâture, parviennent toutefois à sauter à l’eau. Ils sont recueillis par le navire négrier* français L’Abracadabra, alors en cours d’appareillage pour traverser l’Atlantique avec son chargement d’esclaves…

  • 9
    MarcosTestos
    24 juin 2020 à 17:31 / Répondre

    7- Modibo
    Tous les endroits à Dakar et toutes les rues affublés du nom des vilains colonisateurs ? Dis moi tu ne serais pas marseillais par hasard ?

  • 7
    Modibo
    24 juin 2020 à 15:57 / Répondre

    Ont parle de statut, quel endroit à Dakar n’est pas donner à un nom du colonisateur ? Même les rues portent leurs noms. Ont vient nous parlé de statut.

  • 6
    Désap.
    24 juin 2020 à 15:20 / Répondre

    Moi je serais de tonton Ndiaye je réfléchirais à deux fois avant de faire du racisme anti-Français sous couvert d’anti-maçonnisme primaire.
    L’Afrique n’est ni autonome, ni auto-suffisante, si elle se retrouve sous la coupe des Chinois qui lorgnent depuis des décennies sur ses richesses et sa main-d’oeuvre qu’elle traitera comme esclave au sens le plus exact du terme, les Africains risquent d’avoir des regrets … .
    Mais bon c’est toujours pareil, on ne fera jamais d’un âne un cheval de course, même dopé à mort.
    Pauvre tonton.

    • 8
      NOET Gérard
      24 juin 2020 à 16:44 / Répondre

      Pour vous donner une idée des visées « économiques » de la Chine sur l’Afrique, je vous invite à regarder la chaîne chinoise CGTN français, chaîne de propagande du gouvernement chinois.

  • 5
    ERGIEF
    24 juin 2020 à 12:36 / Répondre

    A lire sans faute cette chronique du marocain Driss Ghali, lauréat du concours général, Edhec et Centrale Supelec

    https://www.causeur.fr/la-repentance-un-passe-temps-pour-gosses-de-riches-178301

  • 4
    Adrien C
    24 juin 2020 à 12:02 / Répondre

    Malick Ndiaye, il est parent avec Sibeth Ndiaye la porte parole de Macron ?
    Ça expliquerait bien des propos parfois décousus de cette dernière… 🙂

  • 3
    ANDROMARC
    24 juin 2020 à 11:39 / Répondre

    J’aurais aimé savoir ce que peux en penser un esprit libre sénégalais comme Tidiane N’Diaye : bien placé mieux que quiconque pour connaitre les tenants et aboutissants de tous les esclavagistes ayant sévi en Afrique !

  • 2
    Emanuel
    24 juin 2020 à 11:14 / Répondre

    On en a une aussi qui a l’habitude de dire n’importe quoi….

  • 1
    MS
    24 juin 2020 à 10:13 / Répondre

    Faidherbe a débarrassé le Senegal des esclavagistes noirs des royaumes qui existaient, des jiadistes et des razzias des maures Trazza du Nord du royaume de WALO Vous devez déboulonner Lat Dior Blaise Diagne et rebaptiser les noms des jiadistes Professeur M NDiaye vous etes mal informe sur l’Histoire de notre pays SANS FAIDHERBE UNIFICATEUR POINT DE SENEGAL. Le démantèlement en 1854 des structures esclavagistes etait nécessaire

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