Maxence/Vincent

Imaginaire et psychanalyse des légendes maçonniques. D’Hiram à Dark Vador

Publié par Géplu
Dans Edition

Ce contenu est réservé aux abonnés.Pour accéder à cet article, vous pouvez choisir de :

*Vous pouvez déverrouiller jusqu’à 3 articles par mois gratuitement.
vendredi 28 août 2015
  • 9
    Pierre l.
    30 août 2015 à 16h51 / Répondre

    Je ne crois pas que l’initiation maçonnique soit en rapport avec la sexualité .La motivation est souvent liée à l’âge et à la recherche d’une connaissance . C’est pourquoi la maçonnerie masculine et féminine ont les mêmes rituels.

    • 10
      Patrice Deriémont
      30 août 2015 à 17h22 / Répondre

      Mon cher Pierre L. Je n’ai pas donné mon avis dans le texte que j’ai publié mais relevé ce que les anthropologues et les psychanalystes disent de l’initiation et des rites de passage. Il s’agit juste de savoir ce que l’on entend par initiation maçonnique. Pour eux, mais aussi pour Villermoz comme l’un des intervenant l’a dit, il ne s’agit pas d’une initiation mais d’une réception. Et dans ce cas et dans la mesure ou les membres de la communauté sont d’accord rien n’interdit que les cérémonies soient les mêmes. Tout les maçons ne sont pas de cet avis.

  • 8
    HRMS
    30 août 2015 à 16h05 / Répondre

    « Car le mythe transcende avant tout notre existence banale et factice, il nous livre les forces symboliques indispensables pour être soi-même le héros de notre propre destinée (…) La pensée mythique nous ouvre donc une voie d’excellence dans l’accomplissement de soi autant que dans la construction de la société. Il est alors intéressant d’interroger la place toute particulière accordée à la pensée mythique dans toute démarche maçonnique. (…) [Dans ce livre] il est question de montrer la manière dont les légendes maçonniques véhiculent des mythèmes qui permettent à la fois de structurer le psyché et de mieux construire la vie sociale. (…) Hiram est la figure mythologique centrale des rituels maçonniques et révèle l’exemplarité devant la mort (résolution psychique) mais aussi devant la fourberie des trois mauvais compagnons (résolution sociale). »
    = C’est à pleurer de bêtises éculées
    – Enfiler les mots, pour la musique de l’autosatisfaction de leur clientèle maçonnique, ne saurait tenir de raisonnement… le concept ethno-anthrologique d’initiation n’existe pas en Maçonnerie; il s’agit d’une déviation actuellement corrélée à son vide philosophique;
    Sachant que le seul contenu philosophique auquel la Maçonnerie se réfère à son origine, celle d l’Invisible Collège et la Royal societe, est strictement épistémologique en portant sur les moyens, les déterminations et la méthode expérimentale de construction du Progrès
    En considération des réalités ethnologiques et du principe de progrès ….la FM hors de son champ, ne peut ainsi que réduire et pervertir l’Initiation à la folklorisation pour simple d’esprit que nous constatons tout les jours… tant elle apparait totalement étrangères, aux réalités neuro-psychiques qui établissent l’initiation en tant que manipulations mentales et neuro sensorielles propres à modifier la personnalité de l’individu qui entre dans de telle voies;
    avec cette folklorisation de l’initiation, Le chantier de la FM est devenu le pseudo traitement du mal être profane dont l’essentiel est le narcissisme, de l’ambition égotiste et la peur du vide existentiel.

    • 11
      Patrice Deriémont
      30 août 2015 à 17h31 / Répondre

      Et pourtant Hiram et son mythe viendront même si c’est « tardivement » dans l’imaginaire maçonnique. D’autres mythes ont d’ailleurs coexisté avant que celui d’Hiram ne soit fixé. Dès lors la maçonnerie a pris un chemin que les fondateurs n’avaient peut être pas prévu. Quant aux rites d’initiations décrits par les anthropologues et les psychanalystes, il est abusif selon moi de les résumer à des comportements folkloriques. C’est un peu méprisant pour les peuples y ayant recours.

      • 12
        HRMS
        30 août 2015 à 18h08 / Répondre

        Du tout, du tout je n’ai aucun mépris, bien au contraire, pour les cultures qui pratiquaient l’Initiation et en reconnaissaient avant tout la valeur d’anthropologie sociale :
        le folklore, en notre société, c’est la FM qui le pratique,incapable qu’elle est, car ce n’est pas son objet ni son but, d’être à même de savoir ce que pourrait être « Son initiation » ! à moins que se soient les FFs qui en pervertissent l’essence et le sens.
        Remarque : c’est le monde profane, parfois même universitaire de plateau TV, qui bricole des « études », pédantes et vulgaires, sur ce que serait l’initiation maçonnique ; ces études sont depuis 50 ans que des reviews de reviews, sans originalités, qui d’autorité indues rabâchent, extrapolent, …. pour se faire un nom bidon et des royalties d’édition;
        Même avec cet aide ‘éclairée » personne n’a jamais su et dit ce qu’est l’initiation Maçonnique … le Secret étant qu’il n’y en a pas … et de faire alors le malin en allant puiser des inconsistances dans la psychanalyse, et en imposant tout les anachronismes à l’ethnographie, ce qui vaut bien les fumisteries des occultistes du XIXième;
        en Hommage à nos fondateurs du XVIII, l’initiation, si initiation il y a, ne saurait être autre chose que la Connaissance des déterminants et conditions des mutations en cours, pour travailler à préserver, comme toujours, la qualité de la Perfection nécessaire au Progrès

        • 13
          Patrice Deriémont
          30 août 2015 à 19h16 / Répondre

          C’est effectivement le sens originel de la maçonnerie. Il n’est pas impossible qu’elle ait été pervertie par les « fumisteries » occultismes du 19ème et qu’elle continue à l’être par le retour au « religieux » en cours dans notre société. Je suis pour ma part « adepte » d’une maçonnerie de confrontation d’idées et d’enrichissement intellectuel mutuel dans le but de comprendre notre environnement politique économique et social. D’ailleurs notre Constitution ne parle pas d’Ordre Initiatique mais de Société philosophique. Je sais néanmoins que de nombreux Frères trouvent leur « bonheur » dans le « travail sur soi » comme disent les psychanalystes. C’est l’éternel débat qui est de savoir si l’amélioration de chacun d’entre nous se traduira par l’amélioration de la société ou si notre élévation intellectuelle nous permettra de peser sur le progrès.

          • 14
            HRMS
            31 août 2015 à 1h40 / Répondre

            ça se saurait! si le « travail sur soi » améliore chacun et devait faire le « bonheur » de certains!
            « il n’y a pas de conscience heureuse »…

  • 4
    SEVIN Pierre
    28 août 2015 à 23h16 / Répondre

    La condition humaine n’est pas si réjouissante que nous n’ayons pas besoin de merveilleux et de magique.
    Foi et croyance – des béquilles souvent bienvenues pour certains
    S’en dispenser est peut-être gratifiant dans l’absolu mais pas forcément facile à vivre !
    alors, plongeons dans l’imaginaire…au risque de…

  • 3
    Patrice Deriémont
    28 août 2015 à 18h54 / Répondre

    Le caractère sexué du rite d’initiation

    Définition anthropologique et psychanalytique du rituel d’initiation
    La société civile contient plusieurs sociétés dites « particulières » (communautés ritualisées) qui sont d’autant plus autonomes et dont les contours sont d’autant plus précis que la société est traditionnelle ou de tradition orale. C’est l’organisation tribale ou clanique. Michel Maffessoli en parle longuement dans son ouvrage « Le temps des Tribus »
    Dans nos sociétés modernes occidentales, il n’y a de réelle séparation qu’entre le profane et le sacré, c’est le principe de laïcité pour ce qui concerne notre pays. Mais quelque soit la proportion de profane et de religieux dans les sociétés, l’évolution de chacun d’entre nous consiste à parcourir un certain nombre d’étapes sur le chemin de l’individuation (Jung), c’est-à-dire dans sa construction personnelle. Ces étapes consistent à passer d’un âge à un autre, d’un statut à un autre ou d’une société «particulières» (communauté) à une autre. Ces âges ou étapes peuvent être physiologiques, sociaux ou symboliques. Les phénomènes sont identiques.
    Chacune de ces étapes se rapporte à des cérémonies dont l’objet est de faire passer l’individu d’une situation déterminée à une autre situation tout aussi déterminée.
    L’objet étant le même, il est donc nécessaire que les moyens pour l’atteindre soient sinon identiques dans les détails, du moins possédant quelques analogies. C’est la raison pour laquelle on peut noter une ressemblance entre les cérémonies ou rites, de naissance, de l’enfance, de la grossesse, de la maternité ou paternité, de l’initiation aux sociétés religieuses ou secrètes, de funérailles et ceci quelques soient les sociétés « particulières » qui les pratiquent.
    Pour les anthropologues un rite c’est un ensemble codifiés d’actes et de gestes, de paroles, d’objets manipulés, qui se répètent chaque fois que surviennent les circonstances auxquelles elles sont liées. Ces rites peuvent être périodiques ou aléatoires.
    L’une des caractéristiques d’un rite est qu’il n’a pas forcément un but utilitaire et qu’il se construit surtout à partir de symboles.
    La réception en franc-maçonnerie et les cérémonies d’augmentation de salaire » en sont de belle illustrations.
    C’est Van Gennep qui a popularisé l’expression « rite de passage ». Il voulait y désigner un rite qui prépare ou accompagne le passage d’une personne, d’un état à un autre.
    L’initiation maçonnique est donc de fait, un rite de passage puisqu’elle fait passer l’individu du statut de profane à celui de Franc-maçon.
    Si l’on veut parler de l’initiation dans sa singularité (telle que l’ethnologie contemporaine la considère), on peut dire qu’elle est un ensemble de rites ou d’épreuves destinées à introduire des individus dans un groupe fermé.
    Il y aurait selon les anthropologues trois types d’initiations :
    • L’initiation tribale des garçons et plus rarement des filles
    • Les initiations religieuses
    • Les initiations volontaires aux sociétés ou confréries secrètes
    Souvent, les rites d’initiation se présentent comme des métaphores de processus génétiques naturels. Ils signifient une véritable transformation de l’initié, considéré comme appartenant à une nouvelle espèce.
    Les rites initiatiques peuvent aussi tenter de mettre à l’épreuve le courage, l’habileté, le savoir ésotérique, le pouvoir sacré ou la fidélité des candidats, qui sont parfois soumis à l’absorption de produits qui scellent leur véritable mutation.
    Ces rites sont souvent secrets et sont beaucoup moins développés dans les rituels féminins.
    L’initiation est en quelque sorte le rite des rites. Elle définit l’identité des individus. Dans ce but, elle utilise des procédés d’épreuves et de marquages physiques : circoncision, percements divers, maquillages, tatouages, marquages au feu, etc…
    Dans tous les cas, l’initiation se fait d’une manière sexuée et Van Gennep considère que la plupart des rites d’initiation ont un caractère proprement sexuel qui ne saurait être nié en tant qu’ils rendent homme ou femme, ou apte à l’être.
    Les psychanalystes contrairement aux anthropologues ont voué presque toute leur attention à l’interprétation des détails cérémoniels, afin d’expliquer leur nature, leur origine et surtout leur fonction. Ils ont tenté de comprendre la signification de quelques uns des fondamentaux de ces rites d’initiation.
    La théorie psychanalytique courante sur les rites d’initiation, prend comme point de départ le conflit œdipien (désir de tuer le père pour accaparer la mère) et l’angoisse de castration (représailles fantasmatiques qui seraient infligées suite à ces vœux parricides).
    On trouve dans les formulations théoriques de la psychanalyse freudienne et postfreudienne des références à la castration en tant qu’évènement historique, la circoncision état son substitut rituel. Par extension toute mutilation (tatouage, marquage au feu, incision cutanée, épreuves physiques ou psychiques) relève du même phénomène.
    En effet, Freud voit dans le complexe d’Œdipe le caractère fondateur de la société humaine. Il explore sa vision dans Totem et tabou (1912) où il fait du meurtre du père primitif le moment originel de l’humanité.
    Pour lui quiconque accepte ce symbole, et donc le transpose en rituel d’initiation, montre qu’il est prêt à se soumettre à la volonté du groupe, même au prix d’un sacrifice douloureux.
    La circoncision et tous les rituels d’initiation comprenant des mutilations corporelles où des simulations de mutilation, (épreuve du sang) et d’épreuves destinées à tester le courage du récipiendaire (les trois voyages par exemple), viennent donc étayer la théorie de Freud sur les rituels en tant que substituts symboliques, de l’angoisse de castration générée par le complexe Œdipien.
    Ce faisant l’être humain initié et mutilé (où orné de marquages physiques où psychologiques) rejoint la communauté de ses semblables, tous soumis aux normes du groupe.
    Exemples de rites d’initiation masculine et féminine
    Rituels d’initiation féminine
    L’enfantement est un acte social qui nécessite une coopération et un savoir faire. Pour que cela se passe bien, dans beaucoup de sociétés traditionnelles, l’enfantement reste lié à une technicité ritualisée. Elle se fait par transmission de l’expérience acquise par d’autres femmes et codifiée dans les savoirs collectifs.
    C’est le moment décisif du passage au statut de mère. En ce sens l’enfantement est considéré comme un rite de passage et d’initiation. C’est un moment de transmission et de construction des femmes.
    Face à ce pouvoir des femmes, lié à la procréation, et à une maitrise individuelle et collective sur un élément décisif pour la reproduction de l’espèce et de la société, les hommes, très souvent, dévalorisent socialement ce savoir et compensent leurs frustrations notamment par l’établissement de rituels d’initiation très secrets et interdits aux femmes.
    C’est la raison pour laquelle et aussi parce que les garçons ne connaissent pas de processus biologiques très précis marquant le passage à l’état d’homme que le rituel d’initiation au monde sexué des hommes se fait d’une manière hautement symbolique et abstraite.

    Rituel d’initiation masculin
    Les cérémonies d’initiations reprennent à peu près toutes le même schéma.
    Le premier acte est une séparation d’avec le milieu antérieur, celui des femmes et des autres enfants. Il y a réclusion du novice dans un endroit spécial, accompagné de tabous de toutes sortes. Il est alors séparé définitivement de sa mère qui le pleure. L’intention de tous les actes de ces cérémonies est d’entraîner un changement dans la vie du novice, le passé doit être séparé de lui par un intervalle qu’il ne pourra jamais repasser. Sa parenté avec sa mère en tant qu’enfant est brisée brusquement et, à partir de là, il est rattaché au monde des hommes.
    Comme nous l’avons vu pour l’accouchement et ses rites, qui jouaient un rôle fondamental dans la construction de l’identité féminine, les rituels d’initiation des hommes n’échappent pas à cette règle. Ils jouent entre autre un rôle primordial dans l’acquisition de l’identité masculine.
    De plus, pour Bruno Bettelheim, si le but essentiel de l’initiation était uniquement l’enseignement de la loi tribale ou la ritualisation de l’accession à la maturité, il serait facile de comprendre pourquoi, elle doit être marquée par des cérémonies compliquées qui leur confèrent une dignité spéciale et un caractère impressionnant. Mais s’il était uniquement celui-là, il serait difficile de trouver une raison plausible au secret qui entoure ces rites, et l’interdiction faite aux femmes et aux enfants de participer aux rites d’initiation masculine et réciproquement.
    Pourquoi le secret ?
    Parfois, le but du secret est de garder un pouvoir magique hors de portée des incrédules où des ennemis qui pourraient l’utiliser à des fins de sorcellerie. Mais dans de nombreux cas, il est destiné à faire croire à ceux qui en sont exclus que les initiés détiennent des pouvoirs ou des savoirs spéciaux.
    C’est la raison pour laquelle dans la plupart des sociétés, l’acte de naissance est tenu aussi secret à l’égard des hommes que leur initiation à eux à l’égard des femmes.
    Aujourd’hui, nos préjugés ethnocentriques nous portent à croire que la naissance est un phénomène concernant à la fois la mère et le père, mais l’attitude des femmes dans les sociétés traditionnelles témoignent d’une grande réticence à communiquer aux hommes ce qu’elles considèrent comme leur plus grand secret.
    Dans les sociétés dites « évoluées » l’accouchement est d’ailleurs resté jusque très récemment une « affaire de femmes » et encore aujourd’hui beaucoup de femmes considèrent leur accouchement comme un moment difficilement partageable. Aussi, même si dans les faits, sur le plan social, l’homme a ses « entrées » pour la naissance, symboliquement il en reste exclu.
    Le très grand secret des rites masculins d’initiation vis-à-vis des femmes et du rituel de la naissance vis-à-vis des hommes suggère selon la psychanalyse qu’il pourrait s’agir de phénomènes parallèles. Le secret étant indispensable pour que les besoins des initiés continuent d’être satisfaits, il impose que tant d’un point de vue anthropologique que psychanalytique, les initiations soient pratiquées différemment et séparément pour les hommes et les femmes.
    Si donc, l’initiation maçonnique fait partie de l’ensemble des pratiques telles que décrites par les anthropologues et si elle correspond à des nécessités telles que décrites par les psychanalystes, la seule raison qui pourrait conduire à pratiquer cette initiation en présence d’hommes et de femmes et selon les mêmes rituels ne pourrait que relever d’une autre problématique.
    Etat actuel des rites d’initiation dans nos sociétés occidentales
    Le phénomène pourrait être lié à l’évolution sociale qui a bouleversé le « marquage ritualisé » des étapes de la vie. On assiste aujourd’hui à une certaine disparition de ces rituels alors que d’autres apparaissent. Plutôt que parler de dé-ritualisation, on peu penser comme le souligne Martine Segalen, à un déplacement du champ rituel.
    Du cœur social, les rituels se sont déplacés le plus souvent à la marge. On les retrouve dans les domaines du sport et du travail (départ à la retraite, fêtes commerciales, etc.)
    Mais si le terme de rite est applicable à certains évènements, c’est parce qu’ils font sens pour ceux qui les partagent, qu’ils ont une efficacité sociale et psychique et qu’ils sont porteurs d’une dimension symbolique.
    Aujourd’hui, bien que la plupart des jeunes hommes connaissent les représentations sociales de la masculinité et de la féminité et qu’ils y sont soumis, il est de plus en plus fréquent qu’ils ne s’y reconnaissent que partiellement. La disparition des véritables rites collectifs d’initiation au monde adulte masculin rend de plus en plus difficile la constitution d’une identité proprement masculine. Les femmes, par leur constitution physiologique, gardent toujours un avantage sur les hommes, puisque l’apparition des règles et l’enfantement constituent des passages inébranlables aux statuts de femme et de mère.
    Ces évolutions expliquent peut-être le besoin ressenti par une partie des femmes et des hommes aujourd’hui de reconstituer un cadre collectif ou processus d’individuation qui est basé sur le franchissement d’étapes successives ritualisées.
    La Franc-maçonnerie qui n’a jamais connu autant de succès répond probablement en partie à ce besoin, du moins pour celles et ceux qui lui confèrent un caractère initiatique.
    Mais au-delà, ces réflexions nous permettent aussi de nous demander si une initiation féminine calquée sur des pratiques rituelles masculines, de même que les pratiques de mixité en initiation, ne pourrait aboutir qu’à de profondes frustrations de part et d’autre. La mixité parait bien être une difficulté en soi au sein des rituels d’initiation.
    Comme nous l’avons vu, dans les sociétés traditionnelles initiatiques, les rituels masculins et féminins sont toujours différents et permettent de se situer d’un point de vue générationnel et sexuel. La mixité au moment de l’initiation ne serait elle pas dans ce cas satisfaisante ni pour les femmes, ni pour les hommes.
    A ce titre je citerai une phrase de Jean Lemaire dans son livre : « des rites de passage qui ne disent pas leur nom »
    « Pour que le rite fonctionne bien, il faut un accord à peu près consensuel autour de lui. Dans des tentatives pour inventer des rituels ; de nombreux ratés se produisent quand les gens ne les comprennent pas. Souvent une partie du groupe voit dans la tentative de ritualisation et d’institution de gestes symboliques une marque d’emprise ou de faux semblant illusoire et le geste symbolique manque son objectif. Sans un certain accord, le rite ne remplit pas son office. »

    • 5
      chicon
      29 août 2015 à 11h12 / Répondre

      @patrice deriemont- l’enfantement est un rite de passage tres fort, dont l’homme est privé. Il compense par des mutilations, des performances physiques et autres. N’y a t il pas de ce fait un vécu different au niveau sensibilite de l’initium maçonnique, rite de passage ?

      • 6
        Patrice Deriémont
        29 août 2015 à 12h09 / Répondre

        Il est effectivement possible de se poser la question de savoir et dans le cas ou l’ou considère la Maçonnerie comme une société initiatique, si le fait d’y pratiquer des rites de passage et en mixité (initiation, augmentation de salaire) est conforme à ce que décrivent les anthropologues et les psychanalystes. La mixité d’appartenance relevant quant à elle d’un autre problématique. La Loge COSMOS de la GLFF par exemple pratique un rite féminin issu des Loges d’Adoption. Mais si l’on considère la Maçonnerie comme une société philosophique et non pas initiatique alors tout est possible si les membres de la « communauté » le décide ainsi.

        • 7
          chicon
          29 août 2015 à 17h30 / Répondre

          @patrice deriemont- jb willermoz considerait l’initiation comme le simple commencement d’une quête philosophique progressive. Il l’appelait « réception »pour qu’il n’y ait pas d’equivoque avec une initiation du type tribal avec force d’effets du genre train fantôme. Il rejoint votre opinion finale. Le terme initiation n’est pas utilise par les anglais.

  • 2
    Patrice Deriémont
    28 août 2015 à 18h48 / Répondre

    Oui mais alors, si la Franc-maçonnerie a à voir avec l’anthropologie et la psychanalyse comment se fait il que les hommes et les femmes soient initiées avec les mêmes rituels. En effet les psychanalystes et les anthropologues montrent qu’ils n’existe nulle part dans le monde des sociétés initiatiques ou les hommes et les femmes sont initiés ensembles et selon des rituels communs. Mais ça c’est un autre débat.

  • 1
    Rainette
    28 août 2015 à 16h00 / Répondre

    Ah, voilà un ouvrage que je vais parcourir avec délectation.
    J’avoue que je me sens plus proche d’Hiram que de Dark Vador, mais il me reste tant de choses à découvrir.
    Et si cette année (maçonnique) est mon année, alors je pense que je ne serai pas totalement inculte !
    Merci Geplu pour ton conseil !

La rédaction de commentaires est réservée aux abonnés. Si vous souhaitez rédiger des commentaires, vous devez :

Déjà inscrit(e) ? Connectez-vous