la joconde revelee

Isis La Joconde révélée

Publié par Jean Mabuse
Dans Edition

L’auteur se présente comme conseiller en image directeur artistique dans la presse. Ce profil rassure d’emblée et permet d’aborder avec confiance sa thèse qui ne manque pas de surprendre. Il décrit comment un soir son œil aguerri de professionnel de l’image a vu en fond d’écran de son ordinateur ce que les millions de contemplateurs du le plus célèbre tableau de Léonard De Vinci avaient jusqu’ici ignorés.

Du choc esthétique, Thierry Gallier passe à l’analyse de l’œuvre, une intuition se forge, une thèse s’établit. Il avoue ne pas avoir quitté l’image pendant plus de 24 heures et décrit son investigation picturale dans un récit captivant.

Il faut bien reconnaître que la lecture des premières pages de ce beau livre est enthousiasmante et arrive même à convaincre un lecteur prudent comme je peux l’être. Mona Lisa n’est pas une mais deux ou plutôt une seule personne mais peinte à deux âges différents. La partie droite est plus jeune que la partie gauche. La démonstration de l’auteur est convaincante. Des impressions illustrées appuient les explications. On y croit. Et si Léonard De Vinci a peint cette femme à deux âges c’est que lui même avait un scénario. La toile n’est pas seulement un œuvre esthétique mais bien une allégorie du mythe d’Isis.

Toute la composition du tableau, ses décors et ses tâches réunissent de manière ordonnée et chronologique tous les éléments du mythe d’Isis. Thierry Gallier zoom sur certaines parties de la peinture et nous fait apparaître des scènes, objets et personnages.   Ainsi la fameux phallus d’Osiris se trouve dans les méandres d’un chemin en second plan du tableau. Tout y est ! On se laisse guider par l’auteur d’autant plus qu’en préambule de livre, il nous avait délivré une citation de Léonard De Vinci qui invitait l’observateur à trouver des réalités dans des représentations graphiques qui auraient pu passer à première vue comme abstraites ou aléatoires. Le génie italien aurait donc été un adepte du langage des oiseaux appliqué à la peinture.

J’ai été enthousiaste jusqu’à la page 64 du livre, allant même jusqu’à chercher une belle reproduction de la Joconde sur Internet pour tenter de vérifier ses affirmations… Mais c’est lorsqu’il voit une croix Ankh égyptienne sur le visage de Mona Lisa que mon esprit critique rationaliste est revenu.  Je n’ai plus été convaincu et les centaines de pages qui ont suivies ne m’ont pas sorties de ce sentiment. Léonard De Vinci ,facétieux ,aurait placé son propre visage un peu partout dans des recoins du tableau. Il aurait utilisé une méthode proche de celle des calques des logiciels d’infographies modernes pour décomposer des scènes et des visages. Le doute m’a atteint…et ne m’a plus quitté. Grand lecteur d’Henri Broch et de ses travaux sur la zététique, je n’ai pu que m’esclaffer sur la dernière thèse présentée par Thierry Gallier qui consiste à prétendre que le Saint Suaire de Turin serait en fait un autoportrait de Léonard de Vinci (c’est tout de même original et ça nous change des délires habituels).

Malgré cela rien que pour les premières pages, les explications historiques et la qualité des impressions, ce livre vaut le coup. Les antimaçons conspirationnistes pourront même y trouver matière à fantasmer puisque Thierry Gallier suppose que la statue de la Liberté (qu’ils honnissent) serait en fait Isis. Cette même Isis qui est souvent amalgamée par les conspirationnistes avec le mythe d’Hiram….

Le livre Isis La Joconde dévoilée a réussi à obtenir une couverture médiatique conséquente. Cela se comprend, il ne laisse pas indifférent et mérite que l’on s’y attarde.

Isis La Joconde révélée, aux Editions Maxiness, chez Amazon ou dans toute bonne librairie.
ISBN : 978-2953875904

samedi 3 juin 2017
  • 1
    Elie May
    3 juin 2017 à 17:17 / Répondre

    Comme quoi on peut délirer avec logique et rationalité. Il faut toujours se méfier de la logique lorsqu’elle est basée sur des postulats faux.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés. Les règles en matière de diffamation, de calomnie, d’insulte, d’incitation à la haine ou de discrimination sont applicables. Les formules de salutation maçonnique et les abréviations ne sont pas autorisées.

Code vérification
Signaler un contenu abusif