Cahiers GLAMF 4

La symbolique du temps vue par la GL-AMF

Publié par Géplu
Dans Divers

La GL-AMF, Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française vient de sortir le 4e numéro de ses Cahiers de l’Alliance, sa revue d’études et de recherches maçonniques. Edité par Numérilivre, ce cahier peut être commandé au prix de 18 € (ou 48 € l’abonnement des 3 numéros d’une année) chez www.eosphoros.fr, ou numerilivre.fr.

Les Cahiers de L’Alliance se proposent de traiter des grands sujets intemporels de la pensée maçonnique et d’aborder les défis auxquels la tradition spirituelle est aujourd’hui confrontée.
Tous renseignements : cahiers-redaction@gl-amf.net

lundi 28 octobre 2019
  • 4
    Pierre PELLE LE CROISA
    23 novembre 2019 à 06:53 / Répondre

    Temps-pis !… de Pierre PELLE LE CROISA

    Je souhaiterais apporter ma contribution au compte-rendu du « Blog » d’Alain Bréant sur le 4ème numéro des « Cahiers de l’Alliance », qui porte sur le thème : « La symbolique du temps – Puisqu’il est l’heure et que nous avons l’âge ».
    L’auteur de la recension pose deux questions fort intéressantes :
    1 – « On regrettera que dans le cadre de cette revue consacrée au temps, il n’ait pas été présenté une autocritique de la datation maçonnique ; cette datation initiée par Jack Anderson dans ses constitutions se réfère implicitement à la théorie du créationnisme dont on voit aujourd’hui, en particulier aux USA, des déclinaisons pour le moins perverses. »
    2 – Sur « toutes les entrées possibles du sujet », n’est pas « abordée la question du « pourquoi » ; il [l’auteur] a d’ailleurs, l’humilité, au final, de s’avouer « incompé-temps » !

    1 – Réponse à la remarque 1 :
    Il est effectivement certain que « la datation de Jack Anderson (elle n’a pas été établie par lui, mais je pense que l’auteur de l’article fait allusion à James Anderson) se réfère implicitement au Créationnisme »… pour une raison fort évidente, qui est qu’à l’époque des « Constitutions d’Anderson » (rédigées en 1721) il n’y avait pas d’autre théorie : « L’Origine des Espèces » de Darwin n’a été publiée qu’en 1859.
    Au XVIIIè siècle, on s’intéressait déjà à ce qu’on appelait : « Le Grand Commencement ». Mais comment le déterminer ? La « Genèse » étant alors la seule référence qui en parlait, il fallait remonter le plus loin possible dans le temps pour en retrouver l’instant initial.
    C ‘est à ce travail que s’attelle Jacques Usher, dit Usserius (« Chronologie sacrée »), archevêque d’Armagh en Irlande, dans la première moitié du XVIIè siècle. Partant d’une date connue (la destruction du temple de Jérusalem) et s’appuyant sur la chronologie des personnages de la « Bible », la succession de ses épisodes, la durée de ses phases (la Semaine de la Création, les 15O jours du Déluge, les âges des prophètes, etc.), il remonte le cours des siècles et arrête l’origine des temps historiques à l’an 4OO4 av. J.C. Ses continuateurs affinent les calculs et fixent l’évènement au 23 octobre… à 9 heures du matin !
    Cette croyance est encore vivace jusqu’à la fin du XIXè siècle, puisqu’elle est affirmée par un scientifique agnostique comme Camille Flammarion (« Les étoiles et les curiosités du ciel », chap. XVII, p. 471, éd. C. Marpon et É. Flammarion, 1882). Évoquant les rythmes cosmiques, il déclare que 3285 ans avant notre ère, soit « 940 ans avant la date ordinairement assignée au Déluge », le lever de Sirius réglait le calendrier égyptien ; ce qui situe le cataclysme 2345 ans av. J.-C…. et ne laisse que 1659 ans pour les « temps héroïques » (ce sont ceux des géants de la « Genèse »), après l’émergence du monde.
    Il est donc naturel qu’à cette époque (XVIIIème siècle) les francs-maçons aient adopté une datation qui rajoute 4000 ans (les 4004 ans étaient généralement arrondis à 4000 ans) pour instituer leur temps maçonnique et faire remonter ainsi la franc-maçonnerie à l’origine de l’univers.

    2 – Réponse à la remarque 2 :
    Pourquoi la question du « pourquoi » n’est-elle pas abordée dans les articles sur le temps ? Parce que, quelles que soient les théories sur l’origine du temps, elle reste et restera toujours sans réponse. Il y a en effet une barrière au-delà de laquelle les scientifiques ne peuvent pas remonter, c’est « le temps de Planck » (qu’on appelle aussi « le mur de Planck » = 10-43 ou 10-44 seconde (suivant les auteurs – mais la différence est si minime à l’échelle du temps qu’on ne chipotera sur les différences !) Il est impossible de remonter plus avant.
    La pensée qui recherche les origines recherche l’origine de la pensée. « Le début de monde » marque « le début de l’ignorance », déclarait Hubert Reeves dès 1987. Il ne devient intelligible qu’après. Il commence dès qu’il se comprend. Avant il n’y a rien. Comment expliquer ce qui n’est pas ? La science est impuissante à le faire. Elle existe par ce qui existe (son objet d’étude). Voilà pourquoi – ajoutait Hubert Reeves, dans une formule devenue célèbre – : « Le zéro du temps, c’est le temps zéro de la connaissance » (« L’infiniment grand » in « Océaniques »).
    L’être ne conçoit que l’être : La création du vide comble le vide de la Création. Mais la tautologie ne fait pas le discours ; elle l’évince.
    Bien sûr des théories ont été émises pour essayer d’aller « au-delà » de ce temps-limite (vrai vide, état quantique nul, théorie des cordes, puis brisure de symétrie et inflation, etc.) Mais en l’absence de possibilité de vérification, toute théorie qui ne peut être validée reste soit une hypothèse (domaine du postulat), soit un acte de foi (« Je crois que… »)
    Dans cet esprit – et parce que l’homme a besoin de combler un vide (même s’il s’agit du vide lui-même) -, avant « l’ère quantique » a été imaginée une « ère imaginaire » : Il n’y a pas de temps, il n’y a pas d’espace, il n’y a que le vide, un vide fondamental, un « faux vide » par rapport au « vrai vide » (de temps et d’espace) que l’on connaît. Ce n’est pas le néant, c’est l’état d’énergie minimale en l’absence de particules ; un état quantique nul, sans matière ni rayonnement, un « être non-étant ». Tout est calme, paisible, silencieux. Le ciel est dans les limbes. Il ne sait pas qu’il va naître. « L’ère du vide » est ainsi une « ère imaginaire », « l’image de ce qui n’est pas »… Pourquoi pas ?
    La réponse au pourquoi du temps serait donc, au mieux : Pourquoi pas ? Mais les francs-maçons ne disent-ils pas : « Les questions sont plus importantes que les réponses ? »

    Un grand merci à Alain Bréant pour ses remarques très pertinentes.
    Bien fraternellement,

    Pierre PELLE LE CROISA, Marseille, le 22 novembre 2019

  • 3
    Désap.
    29 octobre 2019 à 15:11 / Répondre

    On ne louera jamais assez l’avantage fondamental et ses conséquences positives et objectives sur le raisonnement de s’affranchir de la première des contingences, le temps.
    C’est la première invitation du rituel dont le travail s’établit de midi à minuit, comme l’expression de la vérité mathématique réduisant à néant la somme des contraires et, pour ce qui concerne l’univers rituel, la nullité de chacun des termes.
    Il est ainsi assez étonnant de lire « le Franc-maçon ne peut s’extraire du temps pour progresser dans son cheminement » puisqu’il s’agit là, bien au contraire, d’une nécessité.
    Quantifier les grades d’App. et Comp., les assujettir au temps, c’est introduire une notion profane dans ce qui ne l’est pas.
    Si chacun passe au grade supérieur lorsqu’il « a fait son temps », ce n’est pas à l’initiative des maitres, mais à la demande de l’App. ou du Comp., motivés par leur conscience d’avoir acquis les enseignements de leur grade.
    Ainsi il ne s’agit pas d’un temps mesurable, ce « temps » est le synonyme de la capacité objective à se juger soi-même en responsabilité, vis à vis de la loge et selon la réalité de nos possibilités d’acquérir de nouvelles connaissances de manière à participer positivement à la réalisation de l’édifice.
    Pour ce qu’il en est du « temps sacré », il ne peut s’agir d’une durée. C’est un état, celui qui précède l’action, elle dans le temps. L’édifice se conçoit dans la loge, dans l’espace sacré (là où ça-se-crée) et se construit dans le monde profane, dans le temps.
    Placer le temps dans le principe initiatique c’est instaurer une contrainte, une notion fastidieuse sans fondement et facteur de détournement de son objet.
    Mes Frères, travaillez le grade de Maitre et débarrassez-vous de l’épée ; tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute, comme dit le fabuliste.
    Aucune arme n’est plus juste, plus puissante, plus créatrice que la pensée affranchie des contingences.
    Sagesse, Force et Beauté.

  • 2
    joab's
    29 octobre 2019 à 11:32 / Répondre

    Sujet fabuleusement interessant qui est aussi notre thème de l’année.
    Par contre le prix du cahier, un peu cher.
    Une tenue chez nous pour debattre est moins cher.

  • 1
    MG RENAULT
    28 octobre 2019 à 11:32 / Répondre

    Pour dire merci pour ce numéro consacré à « La symbolique du Temps » qui est une notion fondamentale voici quelques mots :
    LE TEMPS QUI PASSE
    Le temps d’ici est-il meilleur
    Que celui d’ailleurs ?

    S’occuper il est temps
    De notre temps maintenant

    Dans l’espace temps
    Travaillons poliment

    Tous reliés ici-bas
    Et en haut dans ce qui ne se voit pas

    La tête dans les nuages
    Les pieds sur terre sans mirage

    Bras écartés
    Pour mieux relier

    Nous sommes l’histoire
    Ici et là dans ton regard
    Utiliser le temps
    A bon escient

    Sa conscience savoir écouter
    Pour vivre dans la terrestre FRATERNITE

    Entre temps où ai-je mis mon sablier
    Car le temps a passé

    Il est temps que mon miroir
    Oublie mon retard

    Car le reflet de la vie
    Se vit maintenant ici

    Bon courage à tous
    FRATERNITE

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