Origène d'Alexandrie (185-253)

Le confiné, un anachorète ou un cénobite ?

Publié par Géplu

Il circule actuellement sur le net et les réseaux sociaux beaucoup de textes plus ou moins drôles et plus ou moins bien écrits sur l’actualité du Coronavirus et du confinement. Souvent anonymes, on trouve le meilleur comme le pire. « Pierre-Paul le Con-finé », qui nous avait envoyé la semaine dernière un pense-bête, vient de m’envoyer ce texte, avec ce commentaire : Voici un texte que j’aurais aimé savoir écrire ! Par admiration pour l’humour subtil et l’intelligence de ce texte – dont je ne connais pas l’auteur, mais qui aurait mérité d’être renommé – je lui rends hommage en vous proposant de le lire…
Si l’auteur se reconnait, qu’il n’hésite pas à nous écrire.
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Le confiné, un anachorète ou un cénobite ?

Aujourd’hui 17ème jour de claustration. Et c’est loin d’être fini. Un peu de culture cette fois, pour maintenir vos neurones en bon état de marche et que vous ne sortiez pas du confinement aussi stupidement abêtis que Franck Ribery à sa sortie du terrain.

Chaque matin au réveil, un judicieux conseil : faites remonter dans votre cerveau embrumé un vers ou deux de Racine. Rien de tel pour retrouver les rivages de la beauté et une certaine forme d’espérance. Par exemple, pour rester dans l’actualité plaisante : Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire (Phèdre).

Saint Siméon le Stylite (389-459)

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• Toujours revenir à l’étymologie des mots : ainsi catastrophe vient d’un mot grec qui signifie bouleversement de toutes choses. Je crains que ce soit exactement ce que ce maudit virus est en train de causer. De même, cessez de vous qualifier de confinés. Claustrés est déjà mieux, mais en réalité vous relevez d’autres catégories plus précises. Dans l’antiquité, quelqu’un qui se mettait volontairement à l’écart du monde, comme nous tous, était nommé anachorète. Mal nommer les choses, notait Camus contribue au malheur du monde, qui n’a pas besoin de cela.

Prenez exemple sur Saint Siméon le stylite qui au Vème siècle s’est anachorété une dizaine d’années en haut d’une colonne, à 18 mètres du sol, seulement vêtu d’un bonnet de laine. C’est le prix pour acquérir la sainteté, à laquelle nous aspirons tous plus ou moins maladroitement. Evidemment, il faut trouver une colonne libre pour pouvoir se percher dessus, mais en cherchant bien… Il faut aussi un bonnet, ce qui devrait être plus aisé à dégoter.

Un autre anachorète que j’aime bien est Origène, un des pères de l’Eglise, comme cela ne vous a pas échappé. Lui aussi s’est confiné de son plein gré en menant une vie d’ascète. Origène avait même aménagé son confinement en se châtrant préalablement pour éviter d’être pourchassé par le démon. Voila une mesure radicale, à laquelle on ne pense que trop rarement, et que je laisse à votre appréciation ; mais c’est tentant.

Donc, si vous êtes confiné tout seul, vous êtes un anachorète. Si par contre, ce qui est souvent le cas, vous vous confinez à plusieurs vous êtes des cénobites (rien à voir avec Benjamin Grivaux), ce qui qualifie un petit groupe de personnes décidant de vivre à l’écart du tumulte du monde. En fait nous sommes tous des cénobites sans le savoir. Nous vivons dans un retranchement cénobitique. Il est quand même plus chic auprès de vos relations de se définir comme cénobite plutôt que comme confiné.

• Nous trouvons dans Chateaubriand (qui n’est pas un morceau de filet de bœuf qui a donné son nom à un grand écrivain, comme le croit l’inculte moyen) la phrase suivante dans le Génie du christianisme : un anachorète ou quelques cénobites qui veulent méditer les grandeurs de Dieu en silence peuvent trouver la paix et la joie sur des rochers déserts. Voila un joyeux programme qui nous fait aimer notre condition actuelle. Je vous engage à lire et relire les Mémoires d’Outre-tombe. Jamais la prose française n’a atteint de tels sommets. C’est en outre un excellent somnifère. J’ai un faible pour le divin vicomte, « notre grand hypocrite national » comme l’appelait Stendhal. Il a passé une moitié de sa vie à célébrer les bienfaits de la religion catholique et l’autre à trousser tous les cotillons qui passaient à sa portée. Sainte Beuve le qualifiait parfaitement : « Chateaubriand est un épicurien qui a l’imagination catholique ». Il n’est pas le seul. Personne n’est parfait. Sa méthode de séduction était imparable. Je vous la confie. Cela pourra vous servir, messieurs, au sortir de votre période cénobitique. Vous pouvez vous exonérer de l’aveu que ce n’est pas de vous… Il écrit à une dame, une certaine Pauline de Beaumont : Je veux madame que mes jours expirent à vos pieds, comme ces vagues doucement agitées dont vous aimez le murmure. Résultat assuré. Clignement accéléré des paupières, léger empourprement des joues, frissons sous les jupons. C’est quand même autre chose que l’entreprise de séduction labellisée banlieues dites sensibles, dont le résultat n’est pas acquis d’avance : eh ! Toi, la meuf, t’as l’air bonne. Tu me suis et t’auras du shit. Sur le fond, il n’y a pas de grande différence, mais sur la forme…

• Parmi les effets positifs de la situation actuelle, à part la chute vertigineuse des accidents de la circulation : on n’entend plus parler de Greta Thunberg. Son sourire et sa joie de vivre n’illuminent plus nos écrans. Les écologistes sont au congélateur, ce qui au fond est une excellente façon de lutter contre le réchauffement climatique. Même Ségolène Royal se fait plus discrète, mal remise sans doute des frimas de la banquise, à moins qu’on lui ait posé un sparadrap sur la bouche. Pourvu que ça dure. Comme le bonheur n’est jamais parfait, on entend encore de temps à autre éructer Mélenchon. Attendons que les piles soient usées.

• Une nouvelle renversante. les Chinois, toujours à la pointe du sauvetage de l’humanité, viennent de découvrir les bienfaits de la bile d’ours pour traiter le coronavirus. Ménagez prudemment vos ours personnels. Ils pourront peut-être servir. J’ignore si on a essayé le produit des glandes surrénales de ragondin, les glaires de pangolin ou la bave de chauve-souris enragée. En France, nous avons le savon de Marseille, excellent pour exterminer le virus, et le savant de Marseille, qui l’est peut-être aussi. Sait-on jamais ? L’ami Franck est plus à même de disserter que je ne le suis à ce sujet. Ce débat sur la chloroquine est bien français. On s’écharpe joyeusement sans écouter ce que dit l’autre. Cela me fait penser à la remarque de Churchill : un fanatique est un individu incapable de changer de sujet et de changer d’avis. Le fanatique n’est pas une espèce en voie de disparition. On subodore derrière tout cela la guerre des laboratoires pour un juteux marché.

• Bonne nouvelle pour notre commerce extérieur si mal en point. Nous réussissons à exporter quelque chose en Allemagne : nos malades du corona. Enfin un produit compétitif sur le marché d’outre-Rhin.

• Très mauvaise nouvelle par contre pour la haute gastronomie chinoise. La ville de Shenzen vient d’interdire la consommation de viande de chiens et de chats. Les amateurs raffinés se désolent déjà. Oui, vraiment, la propagation de ce virus est une catastrophe.

• Un nouveau drame se profile à l’horizon de nos angoisses. La société malaise Karex, qui produit le tiers des préservatifs fabriqués dans le monde sous la marque Durex (vous connaissez le slogan publicitaire durex, dura lex sed durex) a arrêté sa production pour cause de cénobitisme de ses employés. Pensez à stocker, en même temps que les pâtes, l’huile et le papier hygiénique. On observe encore une fois notre dépendance vis à vis de l’étranger pour les produits stratégiques. Déjà que nous manquions de masques ! Dès que l’autorisation nous en sera donnée, il va être délicat de sortir couverts. Evidemment, l’usage intensif de cet accessoire est relativement peu prescrit en période de confinement, mais toutes les études démontrent que les fins d’épidémies coïncident avec des phases d’intense relâchement des mœurs, voire de brusques explosions de libido incontrôlée, ce que tous ceux qui ont conservé quelque sens moral, comme la plupart d’entre vous et moi, nommons débauche. On peut le déplorer, mais il paraît que c’est une règle assez immuable. Soyez prévoyants.

• Nos dirigeants devraient étudier ce qui se fait ailleurs. Informé que certains de ses concitoyens ne respectaient pas à la lettre les exigences du confinement, le président philippin a simplement ordonné à la police et à l’armée: « tuez-les ». Il est toujours possible d’en discuter, mais convenez qu’il s’agit là d’un moyen de dissuasion efficace pour tous les inconscients qui bravent les règles prophylactiques sagement décrétées par les pouvoirs publics. Nous devrions davantage nous inspirer des expériences philippines.

• Si vous avez choisi en ces temps de vacuité de renforcer votre culture cinématographique, il vous sera difficile d’échapper aux innombrables navets que produit à jets continus le cinéma français, le premier du monde en nombre de films produits et en termes de nullité globale. La raison en est simple. Le cinéma de notre beau pays est tellement subventionné (850 millions d’euros) que quel que soit le bide à la sortie, les producteurs récupèrent leur investissement grâce à l’action philanthropique du Centre National du Cinéma. Cela donne du travail à une foule de gens dont on a plaisir à voir des échantillons à chaque cérémonie des Césars vomir la société capitaliste, machiste et raciste qui les nourrit généreusement. Tout cela au prix d’un racket en règle des chaînes de télévision, des éditeurs, des spectateurs et du contribuable.

• Plutôt que de vous morfondre devant Les bidasses en folie ou Le commissaire a froid aux pieds, tentez plutôt pour résister aux rigueurs du temps la création d’un tournedos Rossini. Il vous suffit d’une tranche de filet de bœuf saignante posée avec délicatesse sur du pain de campagne à la farine rustique qui recueillera amoureusement le suc de ce qui se trouve au-dessus de lui, et d’une escalope de foie gras de première catégorie amoureusement poêlée, mais pas trop pour qu’elle demeure ferme. Coiffez le tout d’une fine tranche de tuber melanosporum. Ce n’est pas compliqué. Moi-même je devrais arriver à le réussir. Agrémentez cela d’un grand Pommard ou d’un Côte de Nuits, pour donner une touche d’exotisme, et vous saurez qu’il reste quelques suavités en ce monde compliqué. Juste ce qu’il faut pour ne pas céder à la détresse extrême.

Bon appétit. A la prochaine, chers cénobites consentants.

mardi 14 avril 2020
  • 19
    Lazare-lag
    16 avril 2020 à 11:35 / Répondre

    @ TAO (17):
    C’est intéressant ce que tu prodigues comme conseils aux non-maçons qui désireraient nous rejoindre, aux profanes en clair, mais c’est malgré tout un peu curieux.
    En effet, comment un profane peut-il bien choisir sa loge?
    Par définition il ne la connaît strictement pas, éventuellement, s’il en a un, il connaît son parrain.
    Et l’image qu’il peut se faire de la Franc-Maçonnerie à travers uniquement son parrain est-elle pour autant représentative de la loge elle-même?
    Je vais même plus loin, orienté par un parrain, il peut aller jusqu’à ne même pas choisir son obédience, mais se la voir imposer.
    « Choisissez-bien » dis-tu, mais où est réellement la liberté de choix du profane candidat à l’entrée du Temple?
    Je suis de ceux, assez minoritaires je crois bien, qui n’ayant pas de parrain ont librement candidater auprès d’une obédience, le G.O.D.F. pour ne pas citer mon propre cas.
    Mais ensuite, concernant le choix de la loge comme celui du rite (R.E.A.A.), je n’ai eu strictement aucune marge de manoeuvre.
    Fort heureusement, je m’y suis senti bien dès le début et m’y sens bien toujours, après 18 années.
    Fort heureusement je ne pense pas y croiser les décriés « snobs, réactionnaires et élitistes », et je ne pense pas non plus qu’on puisse taxer les ateliers que je fréquente de Maison du Peuple ou de café du commerce.
    Bien entendu, qu’ici ou là, on puisse croiser des, comment dirais-je, des « caractères » pouvant faire penser à l’un ou l’autre de ces portraits un peu caricaturaux, aussi bien ceux penchant vers un conservatisme, que l’on supposera de droite, que ceux penchant vers une qualification plus populaire, qu’on peut imaginer plus à gauche, ca existe et j’en ai rencontré.
    Mais raisonnablement, rationnellement, peut-on un seul instant imaginer que parce qu’ici j’ai à faire à un snob conservateur et parce là je croise un gaucho excité, se profile immédiatement derrière une loge qui leur ressemble? En tout point identique?
    Le fin du fin maçonnique, et là aussi il faut, je reprends tes termes, TAO: « prévenir les non-maçons qui nous lisent », n’est-il pas de rassembler ce qui est épars? Rassembler ceux qui ne se ressemblent pas? Et ne se seraient vraisemblablement jamais croisés autrement?
    Je suis, soyons un peu provocateur mais à peine, pour des ateliers où le snob, le réactionnaire et l’élitiste partagent tenue et agapes avec le populaire et le café du commerce.
    Dans mon atelier, dans ma loge-mère, et sans vouloir faire du Kipling, il semble que politiquement se soit des plus variés.
    Nos discussions d’agapes (pas les tenues, j’insiste, surtout pas les tenues) ont été parfois houleuses au moment des présidentielles, voire au moment des gilets-jaunes, sans parler du débat spécifiquement propre au G.O.D.F. lors du fameux débat sur la mixité.
    Mais notre richesse ne tient-elle pas aussi à ce mélange?
    Et ce sans évoquer par ailleurs les différences professionnelles, sociales, culturelles, éventuellement confessionnelles de nos membres.
    La question de fond est donc celle-ci:
    – choisir bien une loge est-ce choisir une loge qui me ressemble? Celà semble être ton credo, si je te lis bien.
    Pour ça, n’y-a-t-il pas des partis politiques ou des associations spécifiques?
    MTCF TAO, je te laisse méditer là-dessus, et bien entendu tu peux voir les choses totalement différemment. Libre à Toi.
    A tous, maçons comme profanes qui nous lisez, confinement vôtre.

    • 20
      Tao
      16 avril 2020 à 13:59 / Répondre

      J’ai le sentiment qu’on me prête des sous-entendus qui ne sont pas les miens. Le mieux est d’expliciter.
      .
      Pour commencer, tu réduis « la » franc-maçonnerie à ses usages majoritaires, en l’occurrence les tiens. C’est normal. On a tous tendance à le faire. Mais il existe d’autres pratiques, et notamment en ce qui concerne la possibilité de choisir en connaissance de cause sa loge. L’Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (l’OITAR pour faire simple), propose trois réunions d’information ritualisées, nommées « galeries » à celui ou celle qui souhaiterait éventuellement entrer en maçonnerie. Ce n’est pas une tenue blanche : le propos n’est ni planifié, ni descendant. C’est un espace où les intéressé-e-s posent leurs questions, et où les membres de l’OITAR répondent. A visage découvert. Ensuite, ils les invitent à leurs agapes. Après trois galeries (19h-00h, en gros), on est généralement en mesure de savoir si on va se sentir bien dans la loge ou non. Ainsi, il n’y a ni enquêtes, ni passage sous le bandeau. Voilà une bonne façon de choisir sa loge, par exemple. Et l’objectif n’est pas (que) de « recruter » pour l’OITAR. Des personnes peuvent être orientées vers le GO ou à la GLTSO pour ne pas les nommer, parce qu’il est considéré qu’elles y seraient plus à leurs aises au vu de leurs attentes.
      .
      Je précisais bien précédemment : en invitant à éviter les snobs, les réactionnaires et les élitistes, je n’invitais pas pour autant au politique ou au syndical. Un certain nombre de loges savent très bien éviter les deux. Et j’invitais à éviter les Sœurs et Frères avec un tel profil, là où ils ou elles sont. Sans connaître les positionnements philosophiques de tous les membres de ma loge, certains sont de droite, conservateurs parfois également, mais je n’en connais aucun de snob, de réactionnaire, ni d’élitiste.
      .
      Amitiés,

      • 21
        Lazare-lag
        18 avril 2020 à 13:50 / Répondre

        @ Tao (20):
        Merci MTCF TAO pour cette explicitation.
        Qui m’apprend deux choses.
        D’une part, que toi-même est un F de l’OITAR, si je comprends bien, obédience que je ne connais pas du tout, autre que de nom.
        D’autre part, qui expose cette méthode de recrutement assez singulière, assez originale. Que je ne connaissais absolument pas. Et qui effectivement en vaut bien d’autres.
        Merci du complément d’information.

        • 22
          Désap.
          18 avril 2020 à 18:26 / Répondre

          Des membres de L’OITAR de droite et conservateurs, je demande à voir tout de même 🙂🙂

  • 18
    Lazare-lag
    16 avril 2020 à 10:43 / Répondre

    @ERGIEF (16):
    J’ose espérer que lorsque tu parles de bicarbonate de soude tu penses à l’alimentaire, sinon ça ne serait vraiment pas très gentil pour notre frère TAO.
    D’ailleurs, même alimentaire, c’est un peu limite, c’est même carrément court comme argumentaire, pour ne pas dire qu’il me paraît simplement épidermique.
    En son message 10, Tao nous fait une réaction sur le vif, à brûle-pourpoint, instinctive.
    En ton message 16, Ergief, ne nous fais-tu pas également une réaction du même ordre?
    A l’un comme à l’autre c’est bien évidemment votre droit le plus entier, votre liberté d’expression la plus entière.
    Mais alors, en d’autres termes: 1 à 1, balle au centre.
    Je pense que TAO méritait mieux que ça, une réponse argumentée qui démontre des arguments, tout en essayant de démonter, ou au moins de nuancer, ceux qu’il a lui-même exprimé en une réaction vive.
    Je le dis d’autant mieux que très souvent, ERGIEF, tu es dans ce registre-là, de l’argumenté, du rationnel, du bâti.
    Le débat maçonnique c’est d’apporter des pierres à la construction de l’édifice, même si ces pierres sont différentes et semblent a priori mal s’emboiter les unes aux autres, ce n’est pas d’utiliser ces dites pierres comme projectiles à s’envoyer au visage des uns des autres.
    Pas facile le dialogue et l’échange maçonniques par temps de confinement.
    Accrochons-nous à l’idée que dans confinement il y a finement…

    • 23
      ERGIEF
      19 avril 2020 à 01:08 / Répondre

      18 – @ LAZARE LAG. Mon commentaire n’est nullement épidermique, bien au contraire. Il fait simplement appel à un art que nos amis anglo-saxons nomment « humor » lequel nécessite beaucoup d’entraînement et une longue pratique 😊. Mon objectif était de faire comprendre à TAO, en quelques mots, que l’acidité de son propos était inconvenante. Sans doute l’a-t-il (ou elle) compris qui n’a pas surenchéri. En toute fraternité.

  • 14
    Jean_de_Mazargues
    14 avril 2020 à 21:35 / Répondre

    Un bien joli texte que l’on est heureux de suivre et de comprendre. Il y en a un qui trouve tout cela snob, réactionnaire et élitiste. Eh oui, mais la FM n’est ni le café du commerce ni la Maison du Peuple.

    • 17
      Tao
      16 avril 2020 à 01:25 / Répondre

      Il faut cependant prévenir les non-maçons qui nous lisent : mais si vous choisissez bien votre loge, vous n’aurez à subir aucun des trois ! On peut mener une quête spirituelle exigeante en franc-maçonnerie, tout en se tenant à l’écart de tout « sociétalisme » maçonnique, et en même temps de toutes ces postures « snobs, réactionnaires et élitistes » qui vous étiquetteront « Maison du Peuple » avec un dédain à peine caché ! Promis ! Choisissez bien ! 😉
      .
      Un conseil ? Si certains d’entre vous, non-maçons, ont compris à quoi je faisais allusion, alors sans doute que ce n’est pas dans les loges de ceux qui ne l’ont pas compris qu’il faudra vous diriger… 😉
      .
      Amitiés,

  • 13
    Lazare-lag
    14 avril 2020 à 18:15 / Répondre

    @ Tao (10):
    C\’est compliqué l\’humour, ce qui fait rire (ou sourire) Paul, est-il de nature à faire sourire Pierre?
    C\’est toute la question.
    Rions-nous tous des mêmes choses et au même moment?
    Bien sûr que ce texte a quelque chose de particulier, il a un style propre.
    J\’ai pu ne pas adhérer à tout, je tiens à le préciser, mais il n\’est pas dénué de trouvailles, ni d\’astuces.
    Personnellement, j\’y vois quelqu\’un de plus âgé que moi, les références à Racine et Chateaubriand, peut-être.
    Je crois être d\’une génération qui s\’en affranchissait vraisemblablement, bien plus que notre auteur anonyme, semble-t-il.
    Pour le dire vite, Chateaubriand a bien tenu le coup jusqu\’en mai 68, assez adulé par la Vème République gaulliste, après et depuis c\’est beaucoup plus dur pour lui.
    Pour en revenir à notre épistolier du jour, peut-être est-il à peu près la génération de Jean D\’ormesson, par exemple.
    Et un humour qui s\’en approche, croit-on pouvoir dire. Et ce n\’est pas une insulte.
    Est-il d\’ailleurs permis de trouver quelque qualité à l\’homme d\’Ormesson, sans forcément adhérer aux organes de presse où il avait son rond de serviette?
    Personnellement, peut-être parce qu\’à certains moments je me suis bien amusé à lire cet article, anonyme donc, il ne me vient pas à l\’idée de penser snob en pensant à l\’auteur de cet article.
    Ensuite, le fait d\’égratigner Ségolène Royal, Mélenchon, la jeune Greta Thunberg, voire même Benjamin Griveaux, (avec une légère faute à son nom d\’ailleurs), est-ce de nature suffisante à qualifier tel ou tel de droite et de conservateur?
    Que celui, ou celle d\’ailleurs, qui ne s\’est jamais moqué, même à gauche, même issu de ces rangs, de Ségolène ou de Griveaux, jette la première pierre.
    En plus n\’y-a-t-il pas comme une contradiction à voir dans la même personne un snob et un beauf?
    N\’y-a-t-il pas comme une antinomie entre ces deux profils?
    Bidochon épouserait-il Marie-Chantal? Je ne crois pas.
    Et où voit-on ici du mépris pour le populaire?
    Parce que sont cités Franck Ribéry et \ »Les bidasses en folie\ »?
    Donc, quand les \ »Guignols de l\’Info\ » étaient une excellente émission (au passage, honte à son fossoyeur dont je ne veux même pas citer le nom) et qu\’ils s\’amusaient de Ribéry ou de Virenque et de quelques autres sportifs, l\’émission était-elle élitiste, méprisante, irrespectueuse du populaire?
    Là aussi, qui n\’a pas ri à leurs caricatures, et à celle de Ségolène aussi d\’ailleurs.
    Quant aux \ »bidasses\ », j\’ai du en voir un au cinéma à l\’âge de 12 ou 14 ans, dans mon patelin des Pyrénées de 2.000 habitants à l\’époque, mais même à l\’époque, désolé, mais même en 6ème ou en 5ème, je savais discerner du léger sans prétention, d\’une oeuvre plus construite. J\’ai ainsi eu beaucoup plus de plaisir à voir les westerns-spaghettis de Sergio Leone, pour ne citer qu\’eux.
    – – –
    Donc pour moi, pas de problème particulier.
    Que se passe-t-il chez Hiram.be?
    Ben, comme d\’habitude: Géplu essaie de nous trouver des articles intéressants. Il prend des initiatives pour nous divertir comme il le peut en cette période de confinement et d\’épidémie.
    Et ce ne doit pas être toujours facile.
    De ce point de vue là, on ne peut que le remercier.
    Merci Géplu.

  • 10
    Tao
    14 avril 2020 à 14:32 / Répondre

    Un texte snob, réactionnaire et élitiste, méprisant tout ce qui pourrait être qualifié de populaire. Un texte de droite conservatrice, en somme. Quant à l’humour : on le cherche ! On ne sait pas s’il est beauf, ou s’il est vieillot.
    .
    Que se passe-t-il, hiram.be ?!
    .
    Amitiés,

    • 16
      ERGIEF
      15 avril 2020 à 23:52 / Répondre

      10 – une cuillère à café de bicarbonate de soude dans un verre d’eau chaque matin, c’est souverain contre les reflux gastriques.

  • 9
    Lassey
    14 avril 2020 à 13:47 / Répondre

    Bof! Bof! … beaufs?!
    Et flatulences verbales.

  • 8
    Patrice B
    14 avril 2020 à 12:43 / Répondre

    Con finé ayant le cerveau lent, je n’ai pas remarqué la contrepétrie!
    Bienvenue à cette nouvelle science: l’ermitologie.
    Frat.°.
    P.B.

    • 15
      Brumaire
      15 avril 2020 à 15:15 / Répondre

      Racine, dans Phèdre: »Tout m’afflige…etc…
      et en pendant: Lino Ventura, dans les Tontons « Tout m’irrite »…

      Pour Patrice B: Marcel Pagnol, dans « La Gloire de mon père »:  » Je veux devenir Hermitte »

  • 6
    Azural
    14 avril 2020 à 10:18 / Répondre

    Merci pour ces commentaires facétieux. Une remarque cependant.
    “De même, cessez de vous qualifier de confinés.“
    Si je puis me permettre d’émettre quelques doutes sur ce point.
    Dans le dictionnaire historique d’Alain Rey à CONFINS, page 842, il est possible de lire sur confiner le sens ”d’enfermer”, “forcer quelqu’un à rester dans un espace limité”
    Or nous sommes forcés, pour notre bien je le concède sans problème, à rester chez soi. Autorisation de sortie, contrôles, amendes etc. le confirme aisément.
    Cela ne correspond pas à l’idée de “../.. quelqu’un qui se mettait volontairement à l’écart du monde, comme nous tous, ../..” À moins de faire écho à la servitude volontaire et encore.
    Quant à “Claustrés qui serait déjà mieux, “Claustral” est lié au cloître et à la vie monacale, cela me parait plus impropre que confinés et connoté religieusement. Voir p. 768 du même dictionnaire. Il est même d’usage de dire claustration volontaire,toujours p. 768, qui indique bien que la claustration, en tant que telle, n’induit aucunement le volontariat. Oui, “mal nommer les choses contribue au malheur du monde, qui n’a pas besoin de cela”.
    Pourquoi alors utiliser par la suite confinés, justement, à l’égard d’Origène, au point de préciser confinés de son plein gré, qui est, me semble-t-il un oxymore.
    Nous ne sommes pas non plus des cénobites ayant décidé de vivre à l’écart du tumulte du monde. Le mal-être exprimés sur de nombreux médias et la recrudescence tragique des violences conjugales montre au contraire un désir opposé. Le tumulte s’invite bien au domicile … Bien à vous.

  • 5
    Lazare-lag
    14 avril 2020 à 09:31 / Répondre

    Vanter « L’Hermitage » après avoir évoqué anachorète et cénobites, intéressant….
    Et avis pleinement partagé sur le sus-nommé.
    Haut les coupes!

  • 4
    Lazare-lag
    14 avril 2020 à 09:24 / Répondre

    Anachorète, cénobite, voilà des mots un peu oubliés.
    J’ai failli me reporter à mon dictionnaire pour rafraîchir une mémoire d’autant plus déserte que ces deux termes ne sont pas d’un emploi quotidien, même si connus. Mais le manque d’usage peut affaiblir le langage, ou pour le moins la définition.
    Heureusement que notre auteur discret, tout en posant des termes ou inconnus ou délaissés ou manquant de maîtrise, en apporte aussitôt, et plaisamment, d’intéressantes définitions, et nuances entre eux.
    Cela étant, j’apprends donc l’existence du ci-devant Origène, anachorète reconnu et nous apprenons par la bande, si je puis dire, qu’il préféra se châtrer pour ne pas se mettre à l’épreuve pendant son isolement.
    Me permettra-t-on cependant cette réflexion (toute phonétique, en un certain sens, je tiens à le souligner) ou un anachorète châtré pourrait être assimilé à un cénobite?
    Désolé, le confinement n’a pas intellectuellement que des vertus.
    J’observe cependant que dans ces définitions notre Fantomas de la plume (pour rester dans certaines de ses références cinématographiques françaises) parle d’un acte volontaire et consenti autant chez l’anachorète que chez les cénobites.
    Je ne suis pas certain qu’on puisse parler d’acte entièrement et volontairement consenti de la part de la majorité des actuels confinés.
    Pour ma part, le confiné que je suis, a tendance à se définir plutôt comme un « ermite » quand il est seul (mon épouse étant contrainte à rejoindre son lieu de travail un jour sur deux, moi pas), une sorte d’ermite alternatif si je puis dire.
    D’aucuns évoqueraient même le cas d’un ermite au logis.
    Désolé (bis)

  • 3
    Lionel Maine
    14 avril 2020 à 09:16 / Répondre

    Laissez, les Cenobites, tranquilles !

    • 7
      Pilou
      14 avril 2020 à 10:42 / Répondre

      Qui a trouvé la contrepétrie ?…

  • 2
    Carletto Jacques
    14 avril 2020 à 01:38 / Répondre

    J’ai adoré ces billets d’actualité délirante. Pour ne pas mourir idiot et parce que j’aspire à la reconnaissance culinaire je suis allé vérifier qu’il s’agissait bien de la variété « NOIRE » qui coiffait le foie gras pôélé. Enfin l’ironie sur ces vauriens de la pellicule qui vomissent sur le contribuable m’a enchanté. Anachorete ou Cénobite, l’auteur de ce long billet possède un réel talent d’écrivain.
    Qu’il se fasse connaître : je cherche des auteurs pour 2021. Et s’il a déjà publié, je suis prêt à l’interviewer en mode confiné.
    Frat:. jissey

  • 1
    Désap.
    14 avril 2020 à 01:03 / Répondre

    Les ingras des Césars c’est excellent, le Pommard et le Côte de Nuits également, bien que je leur préfère peut-être l’Hermitage ou le Cornas, ce dernier à ne pas confondre avec ceux qui courent, qui découvrent les vertus du joguinge et se demandent s’ils vont pouvoir s’en passer en cas de durcissement parce qu’être con-fini c’est déjà beaucoup, mais pas assez à mon sens.

    • 11
      Lazare-lag
      14 avril 2020 à 14:32 / Répondre

      @ Desap (mal placé ma réponse 5 à ton message 1) donc bic repetita placent:
      Vanter « L’Hermitage » après avoir évoqué anachorète et cénobites, intéressant….
      Et avis pleinement partagé sur le sus-nommé.
      Haut les coupes!

      • 12
        Désap.
        14 avril 2020 à 15:37 / Répondre

        11 – Cela ne m’avait pas échappé mon cher Lazare-Lag.
        Le Côte du Rhône est le Roi et, il me semble, le plus ancien vignoble datant de nos regrettés Romains.
        Pour le reste, merci du compliment.
        A la tienne mon Frère !

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