Le costume des Ecossais ressemblait à s’y méprendre à celui des Directeurs de 1794 à 1799

Le rite Ecossais Philosophique

Publié par Pierre Noël

Ce contenu est réservé aux abonnés.Pour accéder à cet article, vous pouvez choisir de :

*Vous pouvez déverrouiller jusqu’à 3 articles par mois gratuitement.
vendredi 20 août 2021
  • 7
    Pierre Noël
    26 août 2021 à 18:54 / Répondre

    Dans la Maçonnerie Ecossaise de la M.L. de Marseille, datée de 1812, on trouve dans le deuxième grade une Explication de la Loge, qui contient le texte suivant.
    « Jetez maintenant les yeux sur ce tableau. Cinq marches que vous avez régulièrement montées vous ont conduit au portique ; arrêtez-vous sur la dernière, mais pour vous souvenir sans cesse des choses que ce symbole renferme, les sept arts libéraux auxquels les maçons doivent s’appliquer et dont la cinquième qui nous est le plus recommandée est désignée par la lettre initiale qui occupe le centre de l’Etoile ; cette science est la Géométrie. A ce précepte séduisant pour l’esprit d’un candidat, il décèle bien vite que nos loges ne sont pas des séances frivoles où on se borne à une doctrine sèche.  »
    Nos rituels contiennent tous des petits joyaux de ce genre, souvent exprimés en langage « mystérieux », figuré, ésotérique, ce qui signifie sans plus qu’il faut dépasser le sens premier (littéral!) des mots pour éprouver le plaisir de leur compagnie.

  • 5
    Lanterne
    20 août 2021 à 20:57 / Répondre

    Je crois que bien que le rite se définit comme écossais, il est en son essence bien plus un prototype de ce que sera la « maçonnerie égyptienne » qui en reprendra quelques rituels, notamment le grade de Rose-Croix d’Allemagne dit aussi petit chevalier de l’aigle noir en trois parties.
    .
    Les symboles y sont clairement de nature hermétiques et les certains rituels sont de la composition du baron Tschoudy qui fut Vénérable de la Parfaite Union à Naples du temps du prince Raimondo di Sangro. C’est d’ailleurs là l’influence principale de Tschoudy, mais aussi d’autres personnages important de l’histoire comme Cagliostro qui fréquenta la Loge napolitaine et qui produira lui-même un rite maçonnique égyptien. C’est encore ce bassin napolitain qui donnera naissance à certains grades pour le rite égyptien de Misraïm dont le premier document connu date de 1811 (chapitre la concorde à Lanciano).
    .
    Si l’on s’en tient à une observation phénoménologique des rites maçonniques dans l’histoire, je dirai qu’il y a clairement une maçonnerie « du sud » qui plonge ses racines culturelles hermétiques dans la Renaissance italienne, notamment à partir de la traduction latine par Marsille Ficin qui reçut de Cosme de Médicis la commande de traduction de 14 traités écrit en grec. Lors de la structuration de la maçonnerie, on constate une nette influence de l’hermétisme dans la création des rituels. La France n’en fut pas exempte et nombre des protagonistes avaient connu cette influence « du sud ».
    .
    Pour rester sur l’influence de l’hermétisme, c’est-à-dire du courant « égyptien », il faut noter que beaucoup de symboles maçonniques n’appartiennent pas à l’art du bâtisseur mais proviennent directement de l’hermétisme. Les quatres éléments, le sel le soufre le mercure, etc.
    .
    Bon je m’écarte…
    .
    Bbb à tous

    • 6
      Pierre Noël
      21 août 2021 à 21:01 / Répondre

      C’est vers 1760-1780 que fut pratiqué, dans l’est de la France, un grade intitulé Chevalier de l’aigle Rose-Croix ou, dans d’autres versions, Vray Rose-Croix d’Allemagne. Ce grade n’a lui rien à voir avec le Rose-Croix « français ». Présent surtout dans l’est de la France et la vallée du Rhône, Lyon, Avignon et Marseille, il fut répandu par le baron messin, Théodore Henry de Tschoudy (1727-1769), et pratiqué par Pierre-Jacques Willermoz (1735-1799), frère de Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824).
      « Le Vrai Rose-Croix d’Allemagne était en vénération dans les loges du Nord parce que le roi de Prusse régnant en a été le grand maître ». Le rituel attribué à Tschoudy contient la même phrase mais spécifie que c’est de Frédéric-Guillaume II qu’il s’agit ! Le grade serait donc postérieur à 1786. L’aigle noir se trouve dans le plan ou tableau de la loge ou chapitre.
      Le caractère en est théâtral, avec l’introduction du candidat, les yeux bandés, dans un cabinet de réflexion où il est soumis à une épreuve « gothique » à souhait (cadavre, authentique de préférence, cœur d’agneau que le candidat aveuglé doit poignarder, crâne humain …). C’est très proche voire identique au rituel de Tschoudy. Le rituel est très proche de celui cité par Gustave Bord (1908)

  • 4
    Pierre Noël
    20 août 2021 à 17:58 / Répondre

    Le grade de Rose-Croix n’est pas cité généralement dans l’échelle du Rit philosophique. Il y existait cependant comme le prouve un rituel daté du 21 février 1784 (21e jour du 12e mois 5783) et signé par Jacques-Louis La Rochefoucauld-Bayers (le Contrat social, 1770, Grand Maître du rite écossais philosophique en 1776).
    En outre, le grade d’H.D.M. de Kilwinning était pratiqué « par analogie » comme le montre l’annuaire de 1811

    « Chap. de H.D.M. de Kilwinning.
    Quoique l’Ordre de H.D.M. de Kilw. soit entièrement étranger au Rit philosophique, néanmoins, entendu que le R. Chapitre du Choix (1) à Paris est uniquement et exclusivement composé de FF professant le Rit philosophique dans la capitale ou dans les villes avoisinantes, on croit devoir aussi indiquer ses réunions. Ce Chapitre s’assemblera, pour ses réunions d’obligation, le 4 juillet (2) et le 30 novembre, fête de la Saint-André. »
    1) Chapitre de l’Ordre créé en 1785 (par l’Ordre Royal d’Edimbourg)
    2) Anniversaire (n.s.) de la bataille de Bannockburn en 1314 (victoire des Ecossais sur les Anglais) et de la création (fictive) de l’Ordre.

  • 3
    Pierre Noël
    20 août 2021 à 14:15 / Répondre

    Dans l’annuaire de 1811 de la R.M.L.E. de France, on lit : « Le Secrétariat général est rue Jean-Jacques Rousseau,
    Hôtel de Bullion. L’adjoint perpétuel y donnera tous les renseignements qu’on exigera sur les affaires de l’Ordre. »

  • 2
    Jacques Declercq
    20 août 2021 à 10:59 / Répondre

    Merci à Pierre pour cette synthèse. J’ajouterai simplement qu’en Belgique, le REPH fut pratiqué par Les Frères Réunis à Tournai. Cette loge prendra en 1838 le titre de Mère Loge du Rite Ecossais Philosophique.

  • 1
    Michel HERMAND
    20 août 2021 à 09:05 / Répondre

    Une fort belle synthèse de Pierre à propos d’un rite qui attend toujours un ouvrage de synthèse à son propos.
    Un tableau imprimé de La Paix en 1812 donne la liste des membres avec leur grade.
    Il est intéressant de remarquer que les GIIC de la Paix et la Candeur étaient sans le moindre problème admis directement au 32e degré du REAA.
    Excellente journée!

La rédaction de commentaires est réservée aux abonnés. Si vous souhaitez rédiger des commentaires, vous devez :

Déjà inscrit(e) ? Connectez-vous