communique DH 100418

L’Église chez elle, l’État chez lui

Publié par Géplu
Dans Divers

Ce contenu est réservé aux abonnés.Pour accéder à cet article, vous pouvez choisir de :

*Vous pouvez déverrouiller jusqu’à 3 articles par mois gratuitement.
mardi 10 avril 2018
  • 7
    Hep
    12 avril 2018 à 11:01 / Répondre

    Bon, je pense qu’il faut boire un coup et souffler. Il n’y a pas de péril en la demeure. Le GODF nous fait au moins une action sur la laicité par semaine ce qui finit par lasser fortement.
    Il s’agit juste d’un président de tous les français (horreur : certains français sont catholiques !) qui s’exprime devant la hiérarchie de l’Eglise (comme il s’exprime devant la fédération protestante, les musulmans ou le CRIF) en disant : les gars on vous aime quand même, malgré le fait que vous soyez catholiques. Cela dit juste après il dit que de toute façon il fera ce qu’il veut de l’éthique et qu’il n’attend pas de leçons.
    Par ailleurs est-ce que le communiqué du GODF tient compte de l’avis de tous les frères ?
    Pas sur que le frère Coulomb soit sur la même longer d’onde.

    Donc voilà, on se calme, on souffle, tout va bien le terre tourne toujours 🙂

  • 5
    Condorcet
    11 avril 2018 à 12:02 / Répondre

    Je n’ai pas grand chose à ajouter au communiqué de l’UFAL….Ce Président est un Pyromane.
    En se rendant, contrairement à tous ses prédécesseurs, à la conférence des évêques de France, Emmanuel Macron a choisi de bafouer la laïcité de façon provocatrice et assumée. On ne peut d’ailleurs écarter une intention de diversion dans le combat social actuel.

    Contrairement à ce que le Président se propose dans son discours, dans une République laïque, il ne peut y avoir aucun « lien » – surtout pas à « réparer » – entre les religions et l’État, sauf à méconnaître l’article 2 de la loi de 1905 (« La République ne reconnaît (…) aucun culte »). L’Église catholique est, depuis 1905, un organisme de droit privé, et non plus un « établissement public du culte », comme sous le Concordat de Bonaparte. Elle doit le rester.

    La République laïque établit l’égalité entre les citoyens en « s’aveuglant volontairement » sur leurs convictions philosophiques ou spirituelles – chose que rejette explicitement le discours présidentiel. Le Président entretient volontairement la confusion entre la hiérarchie épiscopale, la religion catholique, et les Français de cette confession. Ainsi, en n’évoquant que « les résistants [catholiques] de 40 », il dédouane l’épiscopat de son soutien au régime de Pétain. Réécrivant l’histoire, il oublie sciemment que, de 1791 à la Libération, l’Église catholique a agi en ennemie de la République.

    Inversement, il assigne à leur religion tous les citoyens de culture ou de confession catholique : il va même jusqu’à leur demander de s’engager en politique en tant que catholiques, ressuscitant la démocratie chrétienne. A la veille des élections européennes, la manœuvre politicienne est cousue de câbles. C’est au mieux du communautarisme, au pire une atteinte à la liberté de religion : depuis quand la foi personnelle doit-elle servir l’État ?

    Les inquiétudes à propos du débat sur la révision des lois de bioéthique sont largement confirmées : l’Église et les autres cultes « reconnus » par le Président (comme sous le Concordat) auront en tant que tels leur mot à dire pour « enrichir » (sic) l’avis du Comité consultatif national d’éthique – où sont pourtant déjà représentées les diverses « familles » spirituelles et philosophiques. Autrement dit, les religions pèseront deux fois plus, et certainement pas en faveur des progrès sociaux et sociétaux.

    Le passage sur la politique envers les migrants – justement critiquée par l’Église – donne lieu à des circonlocutions jésuites sur la conciliation entre les principes et la dure réalité par « l’humanisme réaliste » – formule « en même temps » digne de la défunte social-démocratie.

    Enfin le Président se perd dans des considérations toutes personnelles sur « le salut » (sic), la « quête de sens », l’indispensable « dimension spirituelle », la « soif d’absolu » et autre « manque de repères », qui confèrent à l’Église catholique le monopole de toute spiritualité, voire de toute morale. Ainsi, elle « sait guider les plus fervents comme les non-baptisés », et constitue « le cœur même du sens, même pour ceux qui ne croient pas ». La liberté de conscience est-elle encore « assurée » par la République (art. 1er de la loi de 1905) ?

    Dans ce monde réduit à l’interconvictionnel (deux petites mentions des francs-maçons et des athées étant là pour faire fausses fenêtres), on ne s’étonnera pas d’entendre sonner le glas du principe de séparation. Pour Emmanuel Macron, l’Église et l’État doivent « cheminer ensemble » pour « faire de grandes choses ensemble ». Et en plus c’est ce qu’il « assigne » (sic) à l’Église. De libérale – au sens politique de la loi de 1905 –, la République devient bonapartiste. De laïque, elle devient cléricale.

    L’UFAL dénonce ce retour de 113 ans en arrière. Qui s’en prend au principe de séparation ruine la laïcité telle que la République l’a construite, et menace directement la liberté de conscience « en même temps » que celle de culte.

    • 6
      Daniel Depris
      11 avril 2018 à 18:39 / Répondre

      Oui mon cher Condorcet, on ne tardera pas à voir resurgir des « monsignore » dans le genre Mayol de Luppe ou de certains « grands catholiques » qui ont si bien soutenu le nazisme et cautionné tant de crimes, notamment ceux commis par les oustachis au nom de leur « sainte religion »,avec la complicité du légat du pape (Mgr Marcone). Sans oublier Franz bon Pape, ce « camerier secret » qui fut l’un des « grands » du régime nazi mais qui parvint à se faire acquitter grâce à l’intervention du Vatican.

  • 4
    Makhno Nestor
    11 avril 2018 à 10:38 / Répondre

    Macron tu dérapes,
    Les récentes apparitions de Monsieur le Président de la République font parler, c’est le moins que l’on puisse dire. Le président a-t-il dérapé ?
    Je pensais avoir affaire à un président philosophe, erreur. Il semble ressembler à ces profanes vulgaires qui confondent spiritualité et religion.
    En effet, la spiritualité fait partie des « besoins naturels », une tête bien faite a besoin de se ressourcer, elle a besoin de spiritualité, comme nos poumons ont besoin d’air, le corps de sang. Chacun aura ses légendes, sa cosmogonie, sa vision du monde et des choses. Même le plus athée des athée a une vision spirituelle, certes, ce ne sera pas le dieu de ma grand-mère, ce sera celui du philosophe, de la nature, celui de Spinoza. Mais tous sont en recherche de quelque chose que l’homme n’a pas découvert ou qu’il ne découvrira jamais. L’essentiel n’étant pas le but, mais le bout de chemin pour y parvenir peut-être un jour. Mitterrand croyait bien aux forces de l’esprit. Tout le monde croit à quelque chose qui le dépasse. Et souvent dans s’en rendre compte, « à l’insu de son plein gré ». La difficulté peut-être, c’est de donner une limite à cette « croyance ». Car elle est extrêmement personnelle.
    Alors que la religion, c’est tout à fait autre chose, et Monsieur le Président vient de le prouver, la religion c’est de la politique, un grossier détournement de la spiritualité dans un but identitaire. Les pharaons de l’Egypte ancienne et nouvelle, L’Empereur Constantin, Clovis et bien d’autres l’avaient et l’ont bien compris. Toutes les dictatures, pouvoirs autoritaires et théocraties du monde s’en inspirent, tout cela est pathétique. Les religions déclinantes sont à l’agonie et cherchent à se ressourcer en faisant de la Politique et du lobbying et du marketing. En voulant intervenir sur l’emploi de ma propre vie, elles sortent de leur cadre. Elles deviennent rebelles.
    Qu’un Président de la République Française, garant des institutions, se laisse piéger par ce genre de vulgarité est étonnant.
    Toute la loi de 1905…

  • 3
    Emmanuel
    11 avril 2018 à 10:05 / Répondre

    « …/… Pour nous retrouver ici ce soir, Monseigneur, nous avons, vous et moi bravé, les sceptiques de chaque bord. Et si nous l’avons fait, c’est sans doute que nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé, et qu’il nous importe à vous comme à moi de le réparer.
    Pour cela, il n’est pas d’autre moyen qu’un dialogue en vérité.
    Ce dialogue est indispensable, et si je devais résumer mon point de vue, je dirais qu’une Eglise prétendant se désintéresser des questions temporelles n’irait pas au bout de sa vocation ; et qu’un président de la République prétendant se désintéresser de l’Eglise et des catholiques manquerait à son devoir…/… ».

    Comme quoi il vaudrait mieux conserver les mots dans leur contexte!!!
    (ps Je ne suis pas « macronien » loin de là mais j’essaye de rester objectif. C’est me semble-il le moins qu’on puisse attendre d’un FM).

    Et contrairement à ce que clament les laïcards de tous poils… le lien n’a pas été rompu avec la loi de 1905 mais il a été clarifié.

  • 1
    Condorcety
    10 avril 2018 à 22:28 / Répondre

    Ce président de la république est pitoyable..Retour à l’ancien régime…Chassons l’infâme et soutenons les cheminots. C’est tout ce qu’il mérite.

    • 2
      Daniel Depris
      11 avril 2018 à 01:20 / Répondre

      Il ressemble de plus en plus à l’infame Macron, son homonyme de l’époque impériale romaine. Il faut aussi considérer que le Macron est un gasteropode à longue trompe. Et les trompes, ça trompe énormément, en France comme aux USA.

La rédaction de commentaires est réservée aux abonnés. Si vous souhaitez rédiger des commentaires, vous devez :

Déjà inscrit(e) ? Connectez-vous