(Illustrations tirées de "Dialogue between Simon et Philip" (c. 1725) dans D. Knopp, G.P. Jones & D. Hamer : The early masonic catechisms, 1943, pp130/1.). Le "Dialogue " a d'abord été datée de 1740 mais, plus tard, dans The Genesis of Freemasonry, 1948, p.241/2, les mêmes auteurs ont réestimé la date à 1725.

Les meubles de la Loge, avant et après Désaguliers

Publié par Pierre Noël

Les premiers catéchismes maçonniques connus étaient des instructions par questions et réponses axées sur trois thèmes essentiels, les moyens de reconnaissance, la description de la loge et les circonstances de la réception. Les plus anciens, rudimentaires, provenant d’Ecosse et du nord de l’Angleterre, datent du début du XVIII° siècle et sont à peine antérieurs à la création de la Grande Loge de Londres et de Westminster fondée, d’après James Anderson, le jour de la saint Jean d’été 1717.

La nouvelle Loge sous le Règlement de Désaguliers

.
La parution, le 20 octobre 1730, du pamphlet, « Masonry dissected« [i], d’un certain Samuel Prichard fit l’effet d’une bombe dans le milieu fermé des francs-maçons de la capitale, si l’on en juge par son succès de librairie[ii] et le débat qui suivit au sein de la Grande Loge[iii]. Ce petit livre, justement célèbre, exposait, pour la première fois, trois grades clairement distincts et l’histoire d’Hiram qui n’était jusque-là évoquée que dans quelques citations sibyllines. Bien qu’on ait souvent discuté l’authenticité de ces révélations, arguant du caractère vénal de la publication, ce texte fut utilisé comme aide-mémoire dans de nombreuses loges du temps et les détails qu’il contient se retrouveront quasi in extenso dans les divulgations ultérieures comme dans de nombreux rituels légitimes d’ailleurs, tous faits qui suggèrent que Prichard n’était guère éloigné de la vérité.

« Masonry Dissected » se présente sous la forme classique d’un catéchisme fait de questions et de réponses, non sous celle d’un rituel discursif (qui ne devait pas exister). Le degré d’apprenti (« Enter’d ‘Prentice’s Degree« ) décrit notamment, les « meubles de la loge » :

« Q. have you any Furniture in your Lodge? A. Yes.

  1. What is it? A. Mosaick Pavement, Blazing Star and Indented Tarsel.
  2. What are they? A. Mosaick Pavement, the Ground Floor of the Lodge, Blazing Star the Centre, and Indented Tarsel the Border round about it.
  3. What is the other Furniture of a Lodge? A. Bible, Compass[iv] and Square.
  4. Who (sic) do they properly belong to? A. Bible to God, Compass to the Master, and Square to the Fellow- Craft ». [v]

La description peut surprendre le maçon contemporain, habitué à voir (non sans réticence parfois) dans la bible, l’équerre et le compas, les « Trois Grandes Lumières » de la franc-maçonnerie, d’autant plus que les « Lumières » ont chez Prichard une toute autre signification :

« Q. have you any Lights in your Lodge ? A. Yes, Three.

  1. What did they represent ? A. Sun, Moon and Master-Mason.

N.B. These Lights are three large Candles placed on high Candlesticks.

  1. Why so ? A. Sun to rule the Day, Moon the Night, and Master-Mason his Lodge »[vi].

Les « lumières » de la loge étaient déjà, au sens propre comme au sens figuré, le soleil, la lune et le maître de la loge (ce qu’était alors le « master-mason »).

Rien ne permet d’en conclure que Prichard avait « inventé » ces deux séries de trois meubles, pavé mosaïque-étoile flamboyante-bordure dentelée d’une part, et bible-équerre-compas de l’autre. Le succès ultérieur de la formule suffit, me semble-t-il, à l’infirmer. L’usage de nommer « meubles » la bible, l’équerre et le compas devait être la règle dans la plupart des loges dépendant de la Première Grande Loge jusqu’à l’union de 1813.

L’essentiel de la réception (the making of a mason) était l’obligation prise avec le genou droit nu dans l’équerre, le compas étendu sur la poitrine gauche dénudée, la main droite nue sur la Bible.

Les « meubles » dans la tradition « Moderne »

« To the « Moderns » the Volume of the sacred Law, the square and compasses were known as the « furniture » of the lodge; they are still often known in that way »[vii] . Les preuves de l’affirmation de Bernard Jones ne manquent pas et la présence de la bible, de l’équerre et du compas est régulièrement citée sans que cela ne semble poser d’états d’âme à quiconque. Quelques exemples suffiront à le démontrer.

Le « Dialogue entre Simon et Philippe » est un manuscrit contenu dans le même document que The Whole Institution of Masonry, 1724. Il est intéressant par son illustration (voir en-tête de cet article) qui suggère qu’il y eut une disposition de la loge avant Désaguliers, et une autre après son intervention (l’introduction des Desaguliers Regulations peut-être en réponse à ses publications). Cette « nouvelle » loge montre une bible à l’orient, à côté du maître de la loge. La disposition des lumières, dans les deux cas, est typique d’une loge moderne (rappelons que cette appellation ne prit son sens polémique qu’après 1753).

Il résume un dialogue entre Simon, un maçon citadin, et Philippe, un maçon voyageur. La première partie décrit le tuilage avec les mots, signes, attouchements et points de l’entrée. La deuxième décrit la réception mais aussi la disposition de la loge. Les trois grandes Lumières sont le Soleil, la Lune et le Maître de la loge, mais une lumière plus grande les surpasse, celle de l’évangile (Gospel). Le candidat est « fait maçon » pour connaître la lettre G, qui signifie Géométrie. « he is neither Naked nor Cloathed Standing nor Lying, Kneeling nor Standing, Barfoot nor Shod, but in due form… Upon my barebended knee with a pair of Compasses extended square in my Breast, I took the sacred and solemn Oath of a Mason … (everything I do is right as the right hand (is) upon the Bible &c …)”. Notons que le dialogue énumère assez précisément les pénalités et contient une allusion très claire à la légende d’Hiram (The reason of the three Knock is not known to Prentices but to the Master, which is from Hiram … being murdered by three Prentices and was dispatched by the third Blow … because he would not discover the Secrets) suggérant qu’il est soit contemporain du Prichard et du Wilkinson,  soit postérieur aux années 1725-1730,  mais guère plus.

William Hutchinson (1732-1814) était membre[viii] de la loge « Concord », dépendant de la Grande Loge des « Moderns » (au sens donné par Dermott à l’expression) et établie à Barnard Castle (Nord-Est de l’Angleterre). Il en fut le vénérable à plusieurs reprises et réunit en un volume plusieurs discours qu’il tint dans sa loge et dans d’autres. Le cinquième des quatorze chapitres de son ouvrage « The Spirit of Masonry » (1775) s’intitule « The Furniture of the Lodge« [ix], les meubles de la loge. Les développements mystiques de l’auteur sont difficiles à suivre et sortent de mon propos. L’important est son énumération des meubles, conforme à celle de Prichard : l’étoile flamboyante, le pavé mosaïque, le livre de la loi (la bible)[x], le compas et l’équerre.

William Preston (1742-1818) fut un des ritualistes les plus influents de son époque. Initié le 20 avril 1763 dans une loge « Antient » de Londres, il rejoignit très vite les rangs des « Moderns » avant de s’affilier, le 1er juin 1774, à la loge « Antiquity n° 2 », l’une des quatre loges fondatrices de la Première Grand Loge,  d’en devenir le vénérable le 15 juin de la même année[xi] et en sus l’adjoint au grand Secrétaire de la Grande Loge. Il est surtout connu par ses « Illustrations of Masonry » (1ère édition en 1772) et ses « Private Lectures in Masonry », plus tard réunies en un « Pocket manual or Freemason’s Guide to the Science of Freemasonry » (1790-1792), contenant « les « Syllabus »[xii] et des « remarques » sur chaque degré, également publiées dans les « Illustrations« . Or la « Conférence sur le premier degré » parle des « meubles » de la loge :

« First degree. Section V. Clause II.

What is the proper furniture?

                  It consists of the Sacred Law, the square and the compass.

What is the use of that furniture?

The sacred law is used as the guide of our faith and inculcates our duty to God. On that law we pledge fidelity in every Degree of the Order. The square and compasses are united in that law to mark the class to which we belong and to inculcate the duty we owe to our neighbours and ourselves…

Rien ne diffère fondamentalement de Prichard. L’ensemble VSL-équerre-compas  constitue les « meubles » de la loge, tandis que les chandeliers disposés à l’Est, au Sud et à l’Ouest de la loge sont, selon le contexte, soit les « petites lumières » soit les « grandes lumières ». Hutchinson et Preston, tous deux maçons « Moderns », avaient conservé les « meubles » de Prichard.

Selon l’appréciation de B. Jones, les « meubles » étaient partie intégrante du rituel des « Moderns », comme le confirme le manuscrit chiffré de 1802, « Browne ‘s Master-key, through the three degrees of a freemason’s lodge, by way of polyglot« , lequel est authentiquement « Modern », donc peu sujet à controverse.

« Bro. S.W., What is the interior part of a Mason’s lodge composed of?

Ornaments, Furniture and Jewels.

Name the Ornaments.

The Mosaic Pavement, Blazing Star and the Tasselated Border.

Their situations.

The Mosaic pavement is the beautiful ground-work of a Mason’s Lodge; the Blazing star is the glory in the centre, and the Tasselated Border is the skirtwork round the Lodge…

What is the Furniture of a Mason’s Lodge?

The Bible, Compasses and Square.

Their uses ?

The Bible is to rule and govern our Faith and on it we obligate our new-made Brethren; so is the Compasses and square when united that of our lives and actions.

For whom are they derived and to whom do they belong?

The Bible is derived from God to man in general; the Compasses to the Grand Master in particular; and the Square to the whole Craft »[xiii]. 

Faut-il voir dans ces dispositifs l’expression d’une religiosité assurée, même excessive ? Certains peuvent le penser, surtout les continentaux échaudés par l’intransigeance catholique d’antan. Mais le penser serait bien mal connaître les Anglais et leur tolérance, confinant souvent à l’indifférence pure et simple !

Pierre Noël

 __________________________________________________

[i] Le titre exact du pamphlet est: « Masonry dissected: being A Universal and genuine Description Of all its Branches from the Original to this Present Time. As it is deliver’d in the Constituted Regular Lodges Both in City and Country, According to the Several Degrees of Admission. Giving an Impartial Account of their Regular proceeding in Initiating their New members in the whole Three Degrees of Masonry. Viz. I. Enter’d ‘Prentice, II. FellowCraft, III. Master. To which is added,The Author’s Vindication of himself ».  The Third Edition. By Samuel Prichard, late Member of a Constituted Lodge. London: Printed for J. Wilford, at the Three Flowers-de-Luces behind the Chapter-House near St. Paul’s. 1730 (Price 6d). (La troisième édition est du 31 octobre 1730). In D.Knoop, G.P.Jones et D.Hamer, « The early masonic catechisms. » Londres, 2ème édition, 1963, p. 158.
[ii] Plusieurs éditions et réimpressions en moins d’un mois! (ibid. p. 157).
[iii] Voir G.Verval, « A la recherche de Jakin et Boaz. Promenade dans le jardin anglais d’une Franc-Maçonnerie méconnue. » Bruxelles, 1989, pp. 150-157.
[iv] Dans l’usage actuel, « Compass » signifie boussole et « Compasses » compas. Tel n’était pas tujours le cas au XVIIIème siècle.
[v] Knoop, Jones et Hamer, op. cit., 1963, p. 162.
[vi] Ibid., p. 163. Le « Master-mason » était le maître de la loge à l’époque où n’existaient que deux degrés, apprenti et compagnon ou maître. Les « Lumières » étaient déjà présentes, sous une forme quelque peu différente, dans les catéchismes écossais de 1696-1700.
[vii] B.Jones, « Freemasons’Guide and Compendium », Londres, 2ème édition, 1956, p. 361.
[viii] Il fut initié le 4 juin 1770
[ix] « It is now my duty to discover to you the import of the FURNITURE OF A LODGE« , W.Hutchinson, « The Spirit of Masonry » 1775, p. 110, rééd. 1987.
[x] « As more immediate guides for a FREEMASON, the lodge is furnished with unerring rules, whereby he shall form his conduct; THE BOOK of his law is laid before him…That book , which is never closed  in any lodge, reveals the duties which the great MASTER of all exacts from us« . Ibid. p.115.
[xi] in G.P.G. Hills, « Brother William Preston: an illustration of the man, his methods and his work (The Prestonian Lecture for 1927). The Collected « Prestonian Lectures » 1925-1960. » H. Carr (éd.), Londres, 1967, pp.1-30.
[xii] Cf. P.R.James, « The first lecture of Free Masonry by William Preston », Ars Quatuor Coronatorum, 1969, 82:104-149. Les « Syllabus » exposent les « conférences » sur chaque degré, présentées sous forme de catéchisme. Les « Illustrations… » se limitent à quelques commentaires, sans révéler aucun détail rituel. Ainsi dans les « Remarks on the 5th section, 1st lecture »: « Here, too, our ornaments are displayed, and our jewels and furniture specified. » (12° édition, 1821, p. 44, souligné par moi).
[xiii] Pp. 26-28 du « Master Key… ».

lundi 20 janvier 2020
  • 116
    Etienne Hermant
    30 janvier 2020 à 15:45 / Répondre

    -108- « l’activité maçonnique proprement dite en Angleterre était anecdotique jusqu’au début du 18ème siècle. »
    Ce n’est pas ce qui apparaît des traces écrites laissées.
    Ces premières traces écrites remontent à 1376 dans les registres de la cité de Londres où l’on retrouve des « free-masons » membres du Conseil de la ville.
    A cette même date de 1376 il est fait état d’un « Ancien et Libre Métier » regroupant des « masons ».
    L’existence d’une organisation est également attestée en 1389 où l’on trouve la terminologie
    « Fraternité des maçons ».
    Une Compagnie de maçons tailleurs de pierre apparaît en 1411 sous la dénomination « The Hole Crafte and Felowship of Masons ».
    Cette même année existe une « Compagnie de Maçons » dénommée également « Franc-Maçons ».
    C’est dans cette période faste de l’utilisation de la pierre en Angleterre qu’on voit surgir les « Old Charges » Régius (1390) et Cooke (1400-10).
    Leur contenu reflète une organisation de métier en place à ces datations.
    A cet effet, il est utile de s’emparer de l’étude d’Edward Conder « Records of the Hole Crafte and Fellowship of Masons ».
    .
    Concernant les « Old Charges », ils sont incontestablement d’origine anglaise.
    On en a un exemple frappant avec le « Melrose Old Charge », copie en 1674 d’un manuscrit de 1581, retrouvé dans le coffre de l’ancienne loge de Melrose, en Ecosse.
    En effet, cet « Ancien Devoir » stipule en fin de document : « […] en foi de quoi, moi John Wincester, Maître de Robert Wincester, franc-maçon, ai signé de mon nom et opposé ma marque, l’année de notre seigneur 1581 et dans le règne de notre souveraine Lady Elisabeth, la 22e année ».
    Elisabeth Tudor accéda effectivement au trône d’Angleterre fin 1558.
    C’est Jacques Stuart qui règne sur l’Ecosse depuis 14 ans.
    Ici il est utile de se référer au travail réalisé par William James Hughan « The Old Charges of British Freemasons ».

    • 117
      pierre noel
      30 janvier 2020 à 17:21 / Répondre

      Etienne Hermant a évidemment raison. Les preuves ne manquent pas du travail de la pierre en Angleterre (couverte on le sait de presque autant d’églises gothiques, pour ne citer qu’elles, que la France). Les travaux sur les Old Charges sont nombreux (à commencer par Hughan et Begemann, en attendant Taillades). « The Maedieval Mason, une histoire économique de la construction (anglaise) en pierre dans le moyen-âge tardif et le début des temps modernes » a été publiée en 1933 par Knoop & Jones (réédition en 1949 et une autre, révisée, en 1963).

      Ces évidences ne compteront pas devant la conviction aveugle et l’obstination rageuse. Nous ne pouvons que le déplorer.

  • 108
    ERGIEF
    28 janvier 2020 à 23:41 / Répondre

    Cher Pierre, je conteste en partie…Ce que je voulais dire c’est que certes les premières copies des Old Charges sont anglaises et leur développement en Angleterre est incontestable mais elles ne faisaient pas partie de la franc-maçonnerie originelle qui est seulement écossaise.
    C’est d’Écosse que viennent les premiers procès-verbaux des séances des loges, l’utilisation des désignations « fellow craft » et « entered apprentice » témoignant de l’existence d’une gradation, de copies d’instructions, des traces de rituels etc… et ceci dès la fin du 16ème siècle.
    C’est même au sein de la Loge d’Edimburg que l’on trouve les premières émergences d’un 3ème grade et dans les loges écossaises les premiers Gentlemen Masons.
    Si les premières copies des Old Charges n’apparaissent matériellement en Écosse qu’au milieu de ce même siècle c’est peut-être parce que jusque là la transmission des Devoirs avait été exclusivement orale pour des raisons de discrétion. En effet dans certains milieux on considérait déjà la maçonnerie comme une menace.
    Tout tend à prouver qu’en dehors de cette affaire de Old Charges a fonction corporatiste l’activité maçonnique proprement dite en Angleterre était anecdotique jusqu’au début du 18ème siècle.
    Je me suis donc exprimé en 105 de façon un peu confuse et j’en suis navré.

    • 111
      Désap.
      29 janvier 2020 à 09:15 / Répondre

      Extrait de ce qu’écrivait Louis Bandy de Nalèche (1828-1879), avocat et politicien libéral, dans son ouvrage « Les maçons de la Creuse » publié en 1859 :

      « L’art de la maçonnerie n’a pas fait de sensibles progrès ; nous trouvons dans le Dictionnaire des arts et métiers de Lucotte, architecte, la nomenclature des ouvriers en bâtiment, qui en 1783 était exactement la même qu’aujourd’hui. La voici :

      Le premier et le chef des ouvriers est l’architecte
      Après l’architecte, le premier ouvrier est le maître maçon. Son emploi est de conduire la maçonnerie du bâtiment
      Le deuxième ouvrier est le maître compagnon, homme de confiance et instruit dans l’art, qui agit pour les intérêts du maître maçon et en son absence.
      Le troisième est l’appareilleur. Son emploi est de construire les épures (dessins détaillés des voûtes), d’après les détails du maître maçon, d’appareiller les pierres et d’en fixer la dimension. Le prix de sa journée est d’environ 3 livres à Paris.
      Le quatrième ouvrier est le tailleur de pierre. Son emploi est de tailler la pierre et de lui donner les formes qu’elle doit avoir, suivant les dimensions que lui a données l’appareilleur. Le prix de sa journée est depuis 35 jusqu’à 45 sous.
      Le cinquième ouvrier est le poseur. Son emploi est de mettre en place les pierres, de les poser de niveau et à plomb, et d’en scier les joints lorsqu’il est nécessaire. Le prix de sa journée est d’environ 45 sous.
      Le sixième ouvrier est le scieur de pierre dure. Son emploi est de scier les pierres dures à la scie sans dents, à raison de 4 à 5 sous le pied carré, pour les pierres ordinaires, et jusqu’à 10 sous pour les pierres de liais.
      Le septième ouvrier est le scieur de pierre tendre. Son emploi est de scier les pierres tendres à la scie à dents. Prix de journée de 35 à 40 sous.
      Le huitième ouvrier est le compagnon maçon. Son emploi est de construire les ouvrages en plâtre. Gain 40 sous par jour.
      Le neuvième ouvrier est le limousin. Son emploi est de construire les ouvrages en mortier. Gain 36 sous par jour.
      Le dixième et dernier ouvrier est le manœuvre. Son emploi est de faire les ouvrages bas et rudes et de servir les autres. Gain 25 et 30 sous par jour.
      Un onzième ouvrier, employé par le maître maçon, et qui n’est appelé que lorsque le bâtiment est fini, est le toiseur. Son emploi et souvent son seul talent est de savoir toiser toutes les parties du bâtiment suivant les usages et la loi, d’en dresser les mémoires et d’y mettre des prix relatifs aux marchés et à l’espèce d’ouvrage. Le prix de son travail est ordinairement de 10 pour 1 000, mais un peu moins pour les grands édifices. »
      .
      NDLR : Cette organisation est celle qui a toujours prévalue dans le Métier, qui s’organise ainsi dès la construction de la première cathédrale gothique, la cathédrale Saint-Etienne de Sens.
      La construction débute en l’an 1130 (Notre Dame de Paris 1163), sous les ordres de l’archevêque Henri Sanglier. Le maître d’oeuvre Guillaume de Sens, qui participera une dizaine d’années plus tard à l’édification de la cathédrale de Canterburry en Angleterre, achèvera la construction de la cathédrale en 1168, quatre ans après sa consécration par le pape Alexandre III, alors en exil à Sens.

    • 112
      pierre noel
      29 janvier 2020 à 13:56 / Répondre

      Y-a vraiment pas de quoi être navré ! Ceci n’est qu’une conversation, pas une joute en champ clos !
      Je me souviens du temps pré-Stevenson où on disait simplement : la rituélie maçonnique a deux origines, les Old Charges anglaises et le Mason Word écossais. Stevenson vers 1988 a bouleversé tout cela en affirmant que la franc-maçonnerie moderne était née en Ecosse avec les statuts Schaw en 1598 (tout dépend bien sûr de ce qu’on entend par « franc-maçonnerie » !). L’affirmation ne manquait pas d’un soupçon de chauvinisme et il fut contesté de même par les Anglais de QC. Tous semblèrent oublier qu’on construisait partout dans le monde habité.
      D’une part, le mot Freemason apparaît en Angleterre au XIV° siècle, avec des sens différents mais, anglais jusqu’au bout des ongles, il finit par désigner un ouvrier/artisan hautement qualifié et reconnu pour tel.
      D’autre part, les Old Charges avec leur partie « historique » (légendaire et inspirée de la bible honnie par certains) étaient lues lors de l’admission d’un homme du métier dans une assemblée/confrérie qui finit par devenir au XVII° siècle un cercle intime, convivial, d’une gilde/corporation/Company. Ces Old Charges (leur partie légendaire en tout cas) sont spécifiques à l’Angleterre (elles sont inconnues sur le continent) et n’apparaissent en Ecosse qu’après 1670 (Aberdeen !).
      Il est à la mode de minimiser l’apport anglais à ce qui fut un fait de société plutôt qu’une pratique professionnelle. N’est-ce pas un autre signe de chauvinisme ?

      • 113
        Désap.
        29 janvier 2020 à 15:32 / Répondre

        112 –
        Statut de Bologne 1248 : six lignes d’introduction, Jésus, Marie … sur 61 chapitres de règlement.
        Livre des Métiers 1268 : rien sur la religion sur 607 pages de règlementation de tous les métiers exercés à Paris
        Les Maçons de Londres 1356 : rien sur la religion sur 12 chapitres de règlement
        Les Ordonnance d’York 1370 : rien sur la religion sur 13 (!) chapitres de règlement
        Regius 1390 : « Nous les prions, pour l’amour de Notre Seigneur », pas plus en introduction, puis un éloge à Euclide, le règlement et se termine par « Que le Christ, dans sa grande bonté, vous donne l’esprit et le temps nécessaires pour lire et comprendre le livre, et mériter le ciel en récompense.
        Amen ! Amen ! Ainsi soit-il ! »
        Cooke 1410 : complètement bigot
        Watson 1535 : 8 lignes d’introduction, Jésus Marie Joseph (ah non, lui il n’y est pas) sur 69 chapitres.
        Bref, je continue ?
        Tout de même bizarre de vouloir faire des Opératifs des bigots invétérés.
        .
        A propos des Old Charges anglaises, lire le Livre des Métiers de Boileau (1268) pour voir d’où viennent les Obligations des Maçons. C’est repris à l’identique.

        • 114
          William
          29 janvier 2020 à 19:30 / Répondre

          Ton incapacité à te détacher d’aujourd’hui pour expliquer hier nuit grandement au sérieux de tes analyses – qui, par conséquent, ne sont que des argumentaires.

          Si tu veux omettre que dans tous les temps et lieux que tu mentionnes, la religion était omniprésente dans tous les aspects de la vie (familiale, professionnelle, politique, économique, culturelle, militaire, etc.) et toutes les strates de la société, libre à toi, mais c’est une erreur (qui semble volontaire, ce qui est pire). Nul besoin de le rappeler dans des devoirs ou autres textes à vocation règlementaire, la religion était comme l’air que l’on respire(*) : instruction et enseignement, vie économique, écriture, arts, culte des reliques, culte des saints (y compris les saints patrons de tous les métiers dont tu voudrais faire croire qu’ils n’étaient pas imprégnés de religion !), pèlerinages. Et la dîme, n’oublions pas la dîme !

          Il est proprement ahurissant de devoir rappeler cela. Mais c’est le même problème avec toutes les théories du complot : l’effort pour répondre à une absurdité est inversement proportionnel à celui nécessaire à son énoncé.

          (*) Le constater et l’admettre n’est pas l’approuver – précision qui semble malheureusement utile pour éviter tes accusations grotesques.

          • 115
            Désap.
            30 janvier 2020 à 09:08 / Répondre

            114 – Hors sujet.
            Je répondais au commentaire 112, qu’il faut lire avant de fanfaronner.
            La critique systématique se confirme et l’emploi d’une réthorique de bazar également.
            Ça n’a rien à faire dans une conversation entre maçons.

  • 107
    Désap.
    28 janvier 2020 à 22:29 / Répondre

    105 – Ah bon ?
    Le métiers est organisé en loges dans l’Europe entière depuis l’époque médiévale, voire depuis l’époque romaine, mais pas en Angleterre.
    Rien que ça.
    L’Angleterre, deuxième puissance mondiale derrière la France du Moyen Age jusqu’à 1815 aurait donc construit ses bâtiments hors de toute structure et tout principe opératif.
    C’est un peu gros quand même, c’est même ridicule lorsqu’on connaît l’Histoire des métiers de la construction.
    Je rappelle que le Métier est unitaire au moins jusqu’à la fin de la Renaissance et que l’Ecosse n’est en rien déterminante, même au 17ème.
    C’ est vrai que Stevenson est vénéré par tous ceux qui voudraient prouver que les Moderns ont inventé, il est en revanche très très loin de faire l’unanimité dans les mileux universitaires, et pour cause.

  • 103
    Etienne Hermant
    28 janvier 2020 à 14:41 / Répondre

    Le catéchisme « Simon and Philip » est-il un écrit du 19e siècle, ou une retranscription datant du 19e siècle d’un document source, ou encore, puisque la théorie d’un complot généralisé orchestré par la GLUA a été envisagée sérieusement par un farouche contradicteur ; un faux fabriqué par Knoop et ses co-auteurs dans le but de montrer que le serment des Moderns se pratiquait sur la Bible ?
    Pour ce dernier point il suffit de s’emparer des archives de la GLUA par les attendus qui s’y trouvent, pour immédiatement écarter cette théorie fictionnelle, à moins que l’on considère de facto, par une sorte d’effet de prince, que ces archives soient bidouillées, auquel cas nous ne devrions plus nous y fier…
    Mais il faudra bien faire le constat qu’il est difficile de privilégier ou d’écarter des archives selon les circonstances favorables ou non à une démonstration du moment tel que le pratique notre contradicteur.
    Ainsi, si le MS « Simon and Philip » est un faux 1725 comme le prétend notre contradicteur, il ne devrait pas s’en servir pour « prouver » que les Opératifs n’employaient pas la Bible au vu du dessin des « Old Lodges » !
    Ça pourrait s’apparenter à une manipulation intentionnelle de données !
    .
    Revenons à l’analyse du Ms.
    Une retranscription d’un texte maçonnique est loin d’être un fait unique.
    On en a une première occurrence avec le MS Grand Lodge N°1 qui porte la date du 25 décembre 1583, mais dont on a envisagé l’existence d’un texte précédent, un « original perdu » et dont l’analyse comparative faite par le British Museum à la demande d’Henry Sadler révèle une datation qui se reporterait à un siècle plus tôt que la copie (voir Henry Sadler « Masonic Facts and Fictions », 1887, Kessinger reprints, p. 209).
    La datation d’un manuscrit fait toujours l’objet de comparaisons avec d’autres manuscrits et écrits en lien avec l’étude des milieux culturels, politiques et sociaux correspondant aux différentes époques envisagées.
    Ici le tout est à insérer dans l’histoire britannique.
    Knoop et ses co-auteurs, et on pourrait ajouter « and Co » (ils n’étaient pas seuls à la manœuvre, loin s’en faut !) n’ont pas agis différemment.
    Ils ont comparé des textes similaires de la même époque : « The whole Institution of Masonry », 1724 et « The Grand Mystery of the Free masons opened », 1725, ainsi que des pratiques maçonniques afférentes à ces périodes de l’histoire maçonnique montrant une prise de serment sur la Bible tel le Ms « Wilkinson » de 1727 ou encore le Prichart de 1730.
    La « Convocation des Maçons Antédiluviens » issue d’une coupure de presse, daté de 1726, qui n’est donc pas une divulgation, reprend des éléments du Ms « Simon and Philip » que j’ai déjà détaillé, dont la légende du meurtre d’Hiram, les innovations apportées par les Moderns, et cette mention « […] genou nu et plié, sein gauche dénudé, Bible, Compas, Equerre […].
    Même dans le cas de figure d’un Ms dont la date a été formellement identifiée, des comparaisons s’imposent car il peut tout aussi bien s’agir d’un faux de l’époque comme ça pouvait se pratiquer.
    .
    Nous sommes bien loin de la conclusion définitive de notre contradicteur : « Ce document original intitulé « A dialogue between Simon, A Town Mason & Philip, A Travelling Mason » n’est pas une divulgation écrite aux alentours de l’année 1725.
    En conséquence de quoi, ce document ne saurait témoigner, ni de l’arrangement d’une loge de la Grande Loge de Londres et de Westminster, ni de quoique ce soit qui s’y rapporte. ».
    .
    Quant à la prise de serment sur la Bible par les Moderns, chacun appréciera les arguments avancés, mais évacuer d’un coup de baguette magique toutes les divulgations qui en font état en les considérants comme fausses, c’est à nouveau faire participer la théorie d’un complot généralisé qui, nous l’avons vu, est une escroquerie intellectuelle.
    .
    Et puisque la maçonnerie de métier a été abordée sous l’angle du fait religieux, voici de quelle manière les « Old Charges », les « Anciens Devoirs » opératifs anglais (on en compte à peu près 120), entamaient la lecture des Devoirs aux néophytes, avec l’un ou l’autre variante mineure : « Par ta puissance, O Père des cieux, par la sagesse de ton Fils glorieux, et à travers la bonté de ton Esprit saint, trois personnes en un seul Dieu, sois avec nous à notre commencement afin que nous parvenions à cette bénédiction qui n’a pas de fin. Amen. »…

    • 104
      pierre noel
      28 janvier 2020 à 17:18 / Répondre

      La plupart des Old Charges dont il existe effectivement plus de 120 exemplaires (manuscrits pour les plus anciens) sont par leur nature même des copies de copies, puisqu’ils racontent la même histoire, énumèrent des Devoirs toujours similaires et se terminent par un serment. Ils devaient y en avoir autant que de loges en activité si on accepte l’idée qu’ils jouaient le rôle de nos modernes Lettres de Constitution.
      Le serment se prenait sur « le livre » ce qui prête à discussion. Avant l’invention de l’imprimerie et la diffusion des premières bibles (donc vers 1535), il devait se prendre sur quelques feuilles recopiées, sur le rouleau de l’une ou l’autre de ces versions qui contiennent toutes (personne ne le contestera, j’espère) une invocation trinitaire (1), des histoires contenues dans la bible ou des légendes inspirées par elles (les enfants de Lamech (les colonnes antédiluviennes, le langage chiffré des maçons après la confusion des langues …). Certaines versions plus tardives (du XVII° siècle notamment) stipulent que le serment est pris sur la bible (quand la bible était d‘usage courant dans les pays protestants). Ainsi le Colne MS n°1 (1685 ?) conservé par une loge du Lancashire (AQC 34) dit ceci :
      « Heare followeth the worthy and godly Oath of Masones. One of the eldest taking the Bible hold forth that hee or the(y?) which are to be maid Masones, may impose and lay thear Right hand upon it and then the Charge shall be read.”
      Dire ceci n’implique pas que la pratique était la même partout.

      1) Sauf le Cooke.

      • 109
        Désap.
        29 janvier 2020 à 08:39 / Répondre

        103 / 104 – Et pourtant …
        Dans le Dialogue between Machin et Tartempion, il n’y a pas de Bible dans la vieille loge (opérative).
        Vous qui tenez ce Dialogue pour véritable, que diriez-vous ?
        Qu’une erreur s’est glissé dans le Dialogue ?
        Moi, appuyé sur l’historiographie (pas sur le Dialogue, vous seriez capables de me traiter de faussaire) je dis qu’il n’y a pas de Bible dans les loges opératives anglaises et écossaises.
        Mais vous, qui défendez ce Dialogue falsifié avec la dernière énergie, vous diriez quoi ?
        Bible ou pas Bible chez les Opératifs ?
        Vous dites Bible. Mais ça colle pas avec le Dialogue.
        Comment expliquez-vous ça ?

    • 105
      ERGIEF
      28 janvier 2020 à 21:31 / Répondre

      La formulation « Old Charges opératifs anglais » est contestable. Si on peut effectivement attribuer aux anglais leur reproduction ultérieure sur papier, la source des anciens devoirs est historiquement et antérieurement écossaise. C’est en Écosse que sont nées les loges de maçons, dénomination (lodge) et structure, totalement étrangères aux opératifs anglais, mais où les devoirs étaient transmis exclusivement par voie orale.

      • 106
        pierre noel
        28 janvier 2020 à 21:52 / Répondre

        Désolé. Cela est objectivement faux.

        Si l’antériorité des loges écossaises, l’origine écossaise du mot de maçon, la première organisation supra-régionale des loges (les statuts Schaw) sont admis par tous (notamment par les érudits Anglais), les Old Charges sont anglaises depuis les plus anciennes (XV° siècle) et ne se retrouvent en Ecosse que dans la seconde moitié du XVII° siècle.
        Voilà un point au moins où ces frères-ennemis sont d’accord.

        • 110
          Désap.
          29 janvier 2020 à 08:57 / Répondre

          106 – A l’exception du mot Mason, qui est une retranscription du mot français Maçon.
          Comme Freemason, qui est une retranscription de la locution française Maçon Franc.
          Mot et locution initialement présents dans tous les documents français médiévaux, non pas uniquement opératifs, mais également dans ceux de la couronne de France.
          Je rappelle que le Métier romain a été transmis en Angleterre par les Français ; ceci n’est pas une invention d’Anderson, c’est une vérité historique.
          Il faut être précis, sinon on ne se comprend pas.

  • 102
    Désap.
    28 janvier 2020 à 10:48 / Répondre

    Le commentaire n°85 de Pierre Noël, résumé fidèle, on peut le supposé, d’un article de 18 pages (3 à 21 de la revue) concernant « A dialogue between Simon, A Town Mason & Philip, A Travelling Mason » paru dans le volume 57 daté 1947 de la revue Ars Quatuor Coronatorum.
    .
    La présentation du document à la loge Quatuor Coronati en 1944 repose sur une transcription dont on ignore la date de réalisation, le document original est considéré perdu à ce moment.
    Sans qu’il soit besoin de le justifier, par définition une transcription seule ne peut témoigner du caractère authentique ni servir à établir une date de rédaction d’un document dont l’original est inexistant ; c’est le cas en 1944.
    Les croquis inclus dans cette transcription sont reproduits à l’encre de chine pour illustrer un ouvrage sorti en 1943.
    Pierre Noël nous dit à propos de cette reproduction des croquis à l’encre de chine : « dont Daxad a justement reconnu qu’ils n’étaient pas du XVIII° siècle », dont acte.
    .
    L’article de AQC n°57 comporte un postscript en page 21 et daté du 15 janvier 1946, résumé ainsi par Pierre Noël :
     »
    – Cramphorn avait découvert dans la Bibliothèque de la GLUA un ensemble de photographies du manuscrit original, qui aurait été déposé à la Bibliothèque en 1932 (par Salisbury peut-être ?) et classé comme « photographies » sans nom de donneur. Cette découverte n’amenait pas de faits nouveaux mais elle avait permis à Heron Lepper de vérifier la justesse de la transcription. Les photos incluses dans l’article d’AQC proviennent de ce jeu de photographies (reproduites dans L’article de Bernheim et dans cette discussion, pour l’une d’elles, à ma demande).
    .
    Au commentaire n°52, le frère Daxad, universitaire dont la spécialité est entre autre la codicologie, à propos des photos du document original reproduites dans l’article de Bernheim, et à ma demande après lui avoir fourni l’adresse internet du site books.google.fr où elles sont disponibles en consultation des extraits de l’ouvrage de A. Bernheim « Freemasonry in Context: History, Ritual, Controversy », nous indique ce qui suit :
    « Cher Désap.
    Je te remercie pour ce lien. En effet, la reproduction de la page 24 de l’article de Bernheim reproduit une version nettement plus ancienne des deux reproductions reprises dans cet article. Il est clair que les graphies ont été ici tracées par une plume. La forme et le ductus des lettres sont typiques du 19e siècle. Malheureusement, on est encore loin du début du 18e s.
    La disparition du S long est totale dans ce manuscrit alors que cette disparition dans les manuscrits ne se constate qu’après 1800. En imprimerie, le S long avait disparu déjà antérieurement, à la fin du 18e s. Mais l’usage du S long perdura en anglais bien plus tard dans les écrits manuels. Or on constate le remplacement total des S longs par des S ronds. Si ces documents avaient été écrits vers 1725, la graphie aurait été différente. Il y a suffisamment de manuscrits du 18e s disponibles en ligne pour s’en convaincre.
    Cependant, le fait que ces documents effectivement bien plus anciens que ceux qui nous ont été présentés ici ne remontent pas à la fameuse date de 1725 n’enlève rien à la possibilité qu’il s’agisse d’une retranscription, bien que largement postérieure à 1725, reflétant une pratique de cette haute époque. Je ne m’engage bien sûr que sur le support matériel et non sur le contenu. Le support pouvant donner éventuellement une borne ante quam. »
    .
    Conclusion :
    Pierre Noël nous indique à propos des photos du document original : « Les photos incluses dans l’article d’AQC proviennent de ce jeu de photographies (reproduites dans L’article de Bernheim et dans cette discussion, pour l’une d’elles, à ma demande) »
    C’est à dire cette photo : https://www.hiram.be/app/uploads/2020/01/SP_2.jpg
    .
    Les photos d’un document original parues dans AQC n°57 présentent un document écrit au 19ème siècle.
    Ce document original intitulé « A dialogue between Simon, A Town Mason & Philip, A Travelling Mason » n’est pas une divulgation écrite aux alentours de l’année 1725.
    En conséquence de quoi, ce document ne saurait témoigner, ni de l’arrangement d’une loge de la Grande Loge de Londres et de Westminster, ni de quoique ce soit qui s’y rapporte.
    .
    P/S : les pages 24 et 25 reproduisant lesdites photos dans l’ouvrage de Alain Bernheim dont tout le monde a pu constater le 22 janvier 2020 qu’elles faisaient partie de celles consultables sur le site books.google.fr, ne le sont plus.

  • 101
    ERGIEF
    28 janvier 2020 à 00:03 / Répondre

    Commentaire 101. Qui dit mieux?
    Plus sérieusement, je conseille la lecture (ou la relecture) de « les origines de la Franc-Maçonnerie. – Le siècle écossais 1590-1710 » de l’historien non maçon David Stevenson. Cet excellent ouvrage, préfacé par A. Bernheim dans version française, a de multiples mérites. Il nous renvoie à la source des loges écossaises, relativise fortement le rôle de l’Angleterre dans la genèse de la maçonnerie non-opérative et bat en brèche les théories parfois fumeuses de certains des maconnologues qui alimentent les loges de recherche des « grandes » obédiences.
    On peut encore trouver cet ouvrage épuisé sur certains sites de vente en ligne mais « il coûte un bras ».

  • 98
    pierre noel
    27 janvier 2020 à 11:43 / Répondre

    # concerne 94 et 95

    A quoi bon tenter de se justifier ? L’allergie au seul mot « bible », qu’il soit écrit dans un document d’autrefois ou apparaisse dans un débat actuel, est tel qu’on peut se demander s’il ne s’agit pas simplement de la haine du nouveau converti pour ce qui autrefois fut le socle de son serment ? (un autre chemin de Damas en quelque sorte). Pourquoi au nom de cette antipathie viscérale jeter l’opprobre sur tout qui ose penser autrement, lire autrement, pratiquer sa maçonnerie autrement ? La réponse facile, « c’est pas moi, c’est les autres», n’apportera rien. Qui a envie de fréquenter, dans une assemblée qui se veut policée et fraternelle, quelqu’un qui se laisse aller à ces excès de langage, à ces soupçons complotistes et à ces vitupérations incessantes dont tout le monde (je parle pour ma chapelle) se fiche ?

    • 99
      Désap.
      27 janvier 2020 à 12:53 / Répondre

      98 – 🙂 🙂 Quand tu en es à exploiter la confidence de sentiments personnels dont je ne saurais faire cas et n’ai jamais fait état en loge puisqu’il s’agit de cela, respectant les principes maçonniques,
      tu oublies, pourtant l’ayant sans doute lu, mon commentaire 96 ; c’est regrettable.
      Mais le sujet n’est pas celui-ci, il est de savoir si la GLUA a authentifié et daté un document de manière erronée ou juste comme décrivant de manière certaine les règles définies par J.T. Désaguliers.
      Je vais y revenir très précisément à la lumière de ton commentaire 85 que je reprendrai point par point.

  • 96
    Désap.
    27 janvier 2020 à 10:02 / Répondre

    Une précision importante :
    Ce n’est pas la présence de la Bible en loge aujourd’hui qui me déplait, c’est ce qu’en font les réguliers, savoir l’expression de la Parole et le fait qu’elle validerait les serments en elle-même.
    Ce n’est pas ce qu’exprime l’article 3 des Basic Principles de 1929, savoir :
    – Que tous les initiés prennent leurs obligations sur, ou en pleine vue, du volume de la Loi Sacrée ouvert, de manière à symboliser la révélation d’en haut qui lie la conscience de l’individu particulier qui est initié.
    Déjà, il ne s’agit pas de la « Bible », mais du VLS ; il peut donc s’agir de n’importe quel livre qui rapporte ce qu’il estime être la parole divine.
    Ensuite, toujours selon les BPs 1929, il ne s’agit pas de sacraliser quoi que ce soit, ce livre, n’importe lequel soit-il s’il évoque le divin et sa volonté, symbolise, et non établit, la révélation d’en haut. En cela la Bible, comme tout autre livre semblable, est une expression subjective de la révélation divine et non la vérité de cette révélation ; pour cela qu’elle « symbolise » dans les BPs 1929 et non « exprime », les mots ont un sens, surtout en matière maçonnique de sorte qu’il n’y ait aucune ambiguïté et que le caractère universel soit dans tout les cas préservé.
    Il est vrai qu’en 2009, la GLUA a précisé que le VLS est la Bible, pourquoi pas, mais s’est crue obligée d’ajouter que celle-ci transmet la sainteté d’un serment ou de la promesse, prise sur elle ; ceci en contradiction formelle avec ses propres règles de 1929 où il n’est aucunement question d’un aspect saint, et pour cause, il s’agit d’une notion purement religieuse, ceci, seconde contradiction, en dérogation formelle de l’article 7 des mêmes BPs 1929.
    En toute logique, honnête et clarification, il s’agit d’une novation qui nécessite une modification formelle des BPs 1929.
    Enfin, ce type de novation chez les Opératifs, notamment lorsqu’il s’est agit de passer des Statuts Shaw au Mot de Maçon, a invariablement provoqué l’établissement d’un nouveau Devoir.
    Ceci à été maintes fois soulignés, mais il est toujours bon de le rappeler.

    • 100
      William
      27 janvier 2020 à 18:13 / Répondre

      Excellent ! Ca fait quand même quelques dizaines de commentaires que le sujet c’est « la présence de la bible en loge en 1723″…et d’un coup ça ne l’est plus !

      Dont acte. Nouveau sujet, mais là aussi, comme tu le préconises, il faudrait être précis.

      Ce contre quoi tu penses devoir t’offusquer ne date pas de 2009. C’était dans la déclaration de 1938 intitulée Aims and Relationships of the Craft. Extrait :

      « 4. The Bible, referred to by Freemasons as the Volume of the Sacred Law, is always open in the Lodges. Every Candidate is required to take his Obligation on that book or on the Volume which is held by his particular creed to impart sanctity to an oath or promise taken upon it. »

      Ce texte étant intervenu pour préciser les Basic Principles formalisés en 1929, on ne voit pas bien comment la GLUA aurait pu se contredire elle-même : elle est rédacteur des deux textes, donc libre d »interpréter et préciser le premier en tant que de besoin.

      Rien de nouveau en 2009, non plus, concernant le point 8 de la déclaration de 1938 : « 8. The Grand Lodge is aware that there do exist Bodies, styling themselves Freemasons, which do not adhere to these principles, and while that attitude exists the Grand Lodge of England refuses absolutely to have any relations with such Bodies, or to regard them as Freemasons. ».

      Bref, tout cela existait depuis bien longtemps pendant tes nombreuses années à la GLNF… mais c’est seulement maintenant que tu trouves cette déclaration honteuse et que tu exiges de la GLNF/des frères de la GLNF qu’ils fassent ce que tu n’as pas fait. Un peu facile, la ficelle est grosse.

      Pour la fine bouche, loin de moi l’idée de remettre en cause l’excellence de ton anglais mais plutôt de constater que, comme d’habitude, tu as une fâcheuse tendance à ne retenir que ce qui t’arrange, dont à être imprécis : le terme « sanctity » a plusieurs acceptions. Si l’acception religieuse est évidente, une autre acception en est en revanche très éloignée : « sanctity (of something): the state of being very important and worth protecting » ; « the quality of being very important and deserving respect ».

      Évidemment, cette acception n’arrange pas trop ta « démonstration ». Mais bon, l’objectivité, la précision, etc.

  • 94
    Désap.
    26 janvier 2020 à 21:08 / Répondre

    😄😄 Effectivement, je suis allé un peu vite.
    On résume :
    J’ai du mal à voir « Bible », c’est vrai, j’avoue une très certaine allergie.
    William a du mal à voir « ou alors d’un registre contenant les ordonnances du métier », c’est-à-dire un Devoir.
    L’historiographie montre que pour les maçonneries opératives écossaise et anglaise la prestation de serment se fait sur un Devoir ; il y a une raison précise à cela, intimement liée aux Arts libéraux.
    Je laisse chacun chercher, je ne vais pas mâcher le boulot à chaque fois, et puis je laisse également William en douter.

    • 95
      William
      26 janvier 2020 à 23:59 / Répondre

      Bravo pour l’amende honorable. Néanmoins, l’idéal aurait été de ne pas amputer la citation de la partie qui te déplaît. La citation exacte est « (…) ou alors d’un registre contenant les ordonnances du métier ainsi que des extraits de textes religieux et des images pieuses. ».

      Le « ainsi que » montre que « les ordonnances du métier » ne vont jamais seules pour le serment. Donc il y a toujours une connotation religieuse. Ce qui n’est absolument pas étonnant pour un serment à cette époque là si l’on veut que le serment ait un sens. Ce sur quoi je ne porte pas de jugement favorable ou défavorable, c’est juste un fait.

      • 97
        Désap.
        27 janvier 2020 à 10:37 / Répondre

        95 – Puisqu’il s’agit d’être précis, soyons-le jusqu’au bout mon cher frère.
        Tu oublies à ton tour de cette note « Il s’agit le plus souvent » ; ce qui suggère qu’il puisse s’agir d’un livre qui ne soit ni Bible ni pourvu d’images pieuses ou de textes religieux.
        Ceci est tout à fait nécessaire dans des pays anglo-saxons de religion réformée aux multiples églises avec autant de pratiques différentes, et dont certaines interdisent toute représentation et même toute reproduction de texte religieux. Certains même refusent de prêter serment, à l’image des Quakers, cas développé dans le même article.
        Concernant la maçonnerie opérative anglaise, le serment se prête sur un Devoir sans ajout. Ceci est à mettre en relation avec les nécessités inhérentes à ce qu’il se passe à Londres après le grand incendie de 1666 pour assurer la reconstruction et l’accueil d’étranger à la Nation, notamment et majoritairement Français de religion catholique.
        J’aurais surement l’occasion de développer plus précisément.

  • 92
    Désap.
    26 janvier 2020 à 19:50 / Répondre

    Je ne résiste pas à préciser que les serments professionnels de respecter les obligations des métiers se font sur le livre des serments ou livre des ordonnances, pas sur la Bible.

  • 91
    Désap.
    26 janvier 2020 à 19:40 / Répondre

    Merci de bien vouloir prendre connaissance de cet article intitulé : Les pratiques juratoires des corps de métier londoniens à la fin du Moyen Âge.
    Le chapitre 2 intitulé « prêter serment, c’est se lier » stipule les modalités de la prestation que je laisse à chacun le loisir de découvrir.
    https://www.cairn.info/revue-histoire-urbaine-2014-1-page-45.htm
    ou ici
    https://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=RHU_039_0045&download=1
    .
    Il ne s’agit pas d’élucubrations de maçons réguliers confis en bigoterie et perdus sans Bible,
    il s’agit bien évidemment de travaux universitaires.

    • 93
      William
      26 janvier 2020 à 20:32 / Répondre

      Merci pour cette lecture intéressante. Mais il faut lire les notes, surtout dans les travaux universitaires :

      « 20. Les sources ne donnent que très peu d’indications sur le déroulement concret de la prestation de serment. La plupart du temps, elles n’utilisent que le terme générique de livre pour désigner le support sur lequel les membres des métiers doivent jurer. Il s’agit le plus souvent d’une Bible ou alors d’un registre contenant les ordonnances du métier ainsi que des extraits de textes religieux et des images pieuses. »

      Rame, rame. Rameurs, ramez.

  • 90
    Désap.
    26 janvier 2020 à 17:49 / Répondre

    Certains semblent ignorer que la création de la première Grande Loge (1717) est un projet directement issu de la Royal Society, société scientifique particuliérement a-religieuse (qui ne signifie aucunement athée, mais ne faisant aucun cas des Ecritures et très axée sur la philosophie grecque antique), dirigée par le très a-religieux Isaac Newton.
    Il y a deux manières de regarder ce qu’il s’est passé à Londres dans la seconde décénie du 18e siècle.
    Voir l’élaboration d’une méthode visant à interpréter les Ecritures religieuses de sorte d’en tirer un message acceptable par toutes les églises chrétiennes.
    Ou voir l’élaboration d’une méthode visant à permettre l’émancipation totale vis à vis d’Ecritures religieuses totalement dépassées par les progrès scientifiques, incapables même de conserver la moindre cohérence et ayant provoquées un nombre sufisamment conséquent de guerres civiles pour devoir faire l’objet d’une éradication.
    La lecture des documents de la Grande Loge des Moderns y répond très précisément et les trois Grades du Rite Français en sont la déclinaison du processus.

  • 89
    Corinthien
    26 janvier 2020 à 09:58 / Répondre

    Je viens de lire les 87 commentaires. Certains intéressants, d’autres s’éloignant assez loin du sujet traité. Pour ma part, je pense qu’il peut y avoir maçonnerie sans « meubles » autour, comme lors des installations des loges Maçonnique en camps de concentration. Ces décors, au bout d’un certain temps en tant que Maçon, étant devenus intérieur et se polissant au fil du temps, des lectures et des rencontres… Il faut apprendre du passé en se tournant vers l’Avenir….

  • 88
    William
    26 janvier 2020 à 01:00 / Répondre

    Désap a prêté serment sur la bible lors de son initiation, puis à plusieurs reprises au cours de son long parcours maçonnique. Mais il nous dit désormais que la bible en loge relève de la « superstition » et de la « crédulité ».

    Était-ce donc de la superstition lors de son initiation ? Il s’en défend.
    Était-ce de la crédulité ? Peut-être nous expliquera-t-il qu’il n’était pas conscient, à ce moment là (et même si son parrain lui avait fait lire les constitutions d’Anderson avant son initiation), que la présence de la bible dans sa loge serait un dévoiement, ce qu’il n’a découvert que beaucoup (beaucoup, beaucoup) plus tard.

    En tout cas, on ne peut le soupçonner d’avoir joué la comédie au moment de prêter serment, c’est un homme qui donne du sens aux actes.

    Mais alors, pourquoi refuse-t-il le même raisonnement aux initiés du 18ème siècle ?

    En toute objectivité, imagine-t-on que dans l’Angleterre du 18ème siècle, éminemment et indéfectiblement religieuse, les têtes pensantes de la maçonnerie aurait pu faire prêter serment sur un livre des constitutions qui n’a aucun caractère sacré et qui, surtout, par définition, ne pouvait avoir de valeur au moment où l’impétrant s’engageait pour son initiation ? Suivre ce raisonnement revient indiscutablement à affirmer qu’Anderson, Désaguliers et consorts auraient pu concevoir le serment comme un pur acte « théâtral », sans s’attacher à la valeur du serment pour ceux qui le prononçaient. De mon point de vue, ce n’est qu’avec des lunettes déformées par 300 années écoulées et une guéguerre franco-française, que l’on peut soutenir cette thèse – qui n’est d’ailleurs pas du tout à l’honneur des fondateurs de la maçonnerie spéculative.

    Quoi qu’il en soit, le point historique ne sera pas définitivement résolu dans ces commentaires. Mais fort heureusement, « l’offre » maçonnique est suffisamment large aujourd’hui pour que chacun dispose de la possibilité de prêter serment sur un livre qui a du sens pour lui, sans se voir rien imposer par ceux qui choisissent un autre livre.

  • 87
    Désap.
    25 janvier 2020 à 21:45 / Répondre

    @ Lazare-Lag,
    Mon frère, pas le temps de faire des conférences, pas le temps ni le talent d’écrire, juste le temps de commenter.
    Aucun goût pour la notoriété, de plus, le rituel donne les moyens de comprendre sans avoir besoin d’être convaincu.
    Lis bien ce que j’écris. Je le corrige avant de publier tant de fois qu’il faut pour respecter la règle absolue sans quoi le terme « maçon » ne signifie rien !
    L’objectivité ! Et qu’on ne me dise pas qu’elle n’existe pas, lisez Jamblique !
    Je me moque de toute stratégie. Tant pis pour celui qui croit le dernier qui a parlé.
    Je m’exprime pour ceux qui veulent comprendre, pas pour les superstitieux qui considèrerent qu’un serment ne vaut que prété sur la Bible. Pauvre crédules.

  • 86
    Désap.
    25 janvier 2020 à 20:14 / Répondre

    DAXAD 22 JANVIER 2020 À 18:15 / RÉPONDRE
    Cher Désap.
    Je te remercie pour ce lien. En effet, la reproduction de la page 24 de l’article de Bernheim reproduit une version nettement plus ancienne des deux reproductions reprises dans cet article. Il est clair que les graphies ont été ici tracées par une plume. La forme et le ductus des lettres sont typiques du 19e siècle. Malheureusement, on est encore loin du début du 18e s.
    La disparition du S long est totale dans ce manuscrit alors que cette disparition dans les manuscrits ne se constate qu’après 1800. En imprimerie, le S long avait disparu déjà antérieurement, à la fin du 18e s. Mais l’usage du S long perdura en anglais bien plus tard dans les écrits manuels. Or on constate le remplacement total des S longs par des S ronds. Si ces documents avaient été écrits vers 1725, la graphie aurait été différente. Il y a suffisamment de manuscrits du 18e s disponibles en ligne pour s’en convaincre.
    Cependant, le fait que ces documents effectivement bien plus anciens que ceux qui nous ont été présentés ici ne remontent pas à la fameuse date de 1725 n’enlève rien à la possibilité qu’il s’agisse d’une retranscription, bien que largement postérieure à 1725, reflétant une pratique de cette haute époque. Je ne m’engage bien sûr que sur le support matériel et non sur le contenu. Le support pouvant donner éventuellement une borne ante quam.

    En d’autres termes, un universitaire vous explique que le document présenté par la GLUA ne peut dater du 18e siecle, moins encore des alentours de 1725, et il faudrait faire preuve de « stratégie » pour vous le faire entendre ?
    Mais débrouillez-vous ! Croyez bien ce que vous voulez !!

  • 85
    pierre noel
    25 janvier 2020 à 17:20 / Répondre

    L’article occulté par la perfide Albion et son fidèle instrument, la GLUA, se trouve dans le vol 57 d’AQC (1947). Il est signé par Douglas Knoop et Gwilym Peredur Jones. Il s’étend sur 18 pages (p 3- 21), dont 4 de commentaires. Il fut présenté à la loge le 7 janvier 1944 (année propice aux manigances de l‘Intelligence Service).
    Dans l’introduction, les auteurs reviennent sur la communication, en mars 1943, d’une copie de trois documents qu’ils avaient transcrits dans leur EMC de 1943( je ne dois donc pas me répéter)
    Dans la présentation de 1944 (et l’article de 1947), ils précisent que l’original appartenait à un F. de Bristol décédé en 1936, bien connu d’un F. de la loge, I. Grantham, qui rappela à l’occasion la passion de ce frère pour la maçonnerie, mais pour la « collectionnite ».
    Lorsque K&J obtinrent la transcription de ce document, le F. Cramphorn qui l’avait fournie (la transcription, pas l’original) déclara que le document d’origine était « vieux », pas très lisible, écrit sur des feuilles séparées. Les diagrammes du « Dialogue » étaient à part. Il en avait fait des croquis dans un carnet, qui servirent de modèle pour ceux à l’encre de chine reproduits dans EMC 1943 (dont Daxad a justement reconnu qu’ils n’étaient pas du XVIII° siècle).
    Les 6 pages suivantes soulignent les ressemblances du texte avec les catéchismes antérieurs à 1730, anglais ou écossais. Le serment (p. 11) qui commence par « I Do solemnly Vow and Protest before GOD and this Worshipful Company … » comporte les pénalités habituelles (du XVIII° siècle) et se termine par « So Help Me God ». Les photos des deux diagrammes (reproduits par Bernheim) se trouvent entre la p.10 et la p. 11.
    La discussion des auteurs porte sur trois points.
    – The knocks (trois coups)
    – The pillars (les 2 colonnes antédiluviennes, les 2 colonnes du temple, les 3 colonnes S-F-B)
    – The Old and New Masons. Ces termes ne désignent pas les « Antient » et les « Moderns » tels que compris après 1753, mais les Vieux (opératifs) et les Nouveaux (acceptés ou spéculatifs) maçons qui avaient adopté les modifications dont Désaguliers avait été un des instigateurs (ne plus dessiner la loge sur le sol mais la représenter par des rubans, des lettres amovibles et des épingles fixant le tout) comme le persiflait l’annonce de 1726 des « Maçons Antédiluviens »
    Enfin l’authenticité du texte est discutée p. 15-16. Là encore, les auteurs réaffirment que l’authenticité du texte ne peut reposer que sur les évidences internes. Ils pensent finalement que le texte est vraisemblablement de 1730 mais que les notes ajoutées sont sans doute plus tardives de 10 ou 15 ans. Ils ajoutent que si l’original (celui qui appartenait au F. de Bristol) venait à être découvert, il pourrait peut-être démontrer que le document était plus tardif, voire (pourquoi pas?) une copie du début du XIX° siècle.
    Dans la discussion, Heron Lepper souligna que la version utilisable était une copie d’une copie, mais que c’était le cas de bien des documents maçonniques, à commencer par la patente Morin. Il estime que le document de toute façon est antérieure à la dichotomie des mots, donc (selon lui) à 1730. Fred Pick regretta que l’original ait été perdu. Dans sa réponse, Knoop confirma que l’original n’avait été retrouvé. Tous deux supposent qu’il pouvait avoir été perdu.

    En finale, un postscript (p.21) inattendu, daté du 15 janvier 1946, annonce que Cramphorn avait découvert dans la Bibliothèque de la GLUA un ensemble de photographies du manuscrit original, qui aurait été déposé à la Bibliothèque en 1932 (par Salisbury peut-être ?) et classé comme « photographies » sans nom de donneur. Cette découverte n’amenait pas de faits nouveaux mais elle avait permis à Heron Lepper de vérifier la justesse de la transcription. Les photos incluses dans l’article d’AQC proviennent de ce jeu de photographies (reproduites dans L’article de Bernheim et dans cette discussion, pour l’une d’elles, à ma demande)
    Voilà tout ce que je peux dire. Et que maintenant se déchaînent les émules de Dan Brown et de l’inspecteur Clouseau à qui le mot Bible fait l’effet de la muleta sur le taureau.

  • 84
    Lazare-lag
    25 janvier 2020 à 14:45 / Répondre

    @ 63- Donc, MTCF Désap : « Est-ce une raison de laisser prospérer une historiographie fausse ? ».
    Voilà une question qu’elle est belle !
    – – –
    Il me semble que tu fais une petite confusion ou, si je puis me permettre un conseil, et si tu autorises aussi quelques suggestions, je me demande s’il ne s’agit ici plutôt d’une erreur de méthode ?
    Tu te fixes un credo, tu t’assignes un but, bref et en un mot tu définis une thèse, laquelle est donc de ne pas laisser prospérer une historiographie fausse.
    D’aucuns diraient même qu’il s’agit là de la définition d’une antithèse.
    Avoir un credo, se fixer un but est certes très louable, et je ne discute pas la thèse, elle en vaut bien d’autres et en plus celle-ci n’est pas a priori inintéressante.
    Mais ne mériterait-elle pas un meilleur traitement ?
    – – –
    Car, sauf erreur de ma part, pour mener ce combat n’as-tu pas fait le mauvais choix des armes ? Voire du plan d’attaque ?
    Je veux dire par là que pour étayer ta contradiction, mais je peux me tromper, je ne sais voir de ta part la mise en œuvre que d’un seul moyen : celui du message, celui du commentaire, ici sur ce blog, chaque fois qu’un argument exposé te semble mériter une mise au point.
    Du coup, en tout cas pour le lecteur qui veut faire l’effort de te suivre, que se passe-t-il ?
    Il peut avoir le sentiment que tu te disperses.
    Ça bouge à droite, tu réagis, ça frémit à gauche, tu y accours aussitôt, le centre adverse tente une escarmouche, tu t’y précipites sans répit pour encore une estocade.
    N’y voit pas malice, on dirait plutôt Cyrano à la tête de ses cadets (de Gasgogne, pas de la rue homonyme, elle n’est d’ailleurs pas ton obédience).
    Et le lecteur peut surtout avoir le sentiment que tu t’essouffles à courir ainsi d’un fortin à l’autre.
    Et qui plus est, c’est peut-être aussi le lecteur qui s’essouffle derrière toi à essayer de comprendre tes enchaînements.
    Et du coup, et ainsi et aussi ceux de tes adversaires d’ailleurs.
    Sans compter qu’il me semble que certaines de tes têtes de turc me semblent t’envoyer parfois aussi, malicieusement, ou avec un petit peu de perversité, un peu de grain juste pour voir comment tu vas réussir à le moudre.
    Et d’étape en étape, on atteint un puits sans fond où le lecteur ne va plus vouloir suivre et va vite vous abandonner Cyrano et Têtes de Turc à vos sombres et piètres querelles.
    Car en plus, vous êtes quelques uns, (pas tous, il en existe fort heureusement qui gardent la tête froide), à vouloir au passage émailler vos interventions d’épithètes et de nom d’oiseaux dont on se passerait bien, et dont on se passe, puisqu’on ne suit plus ceux qui s’y prêtent.
    L’insulte nourrissant l’invective et inversement, les thèses et anti-thèses s’en trouvent d’autant plus vite flétries, me semble-t-il, et affaiblies, et cela renforce l’idée que la méthode du commentaire de blog, surtout lorsqu’il devient non maîtrisé et de réaction instinctive voire sanguine, n’est absolument pas la bonne.
    – – –
    Et puis, en face, tu as à faire à forte partie.
    Si j’en crois par exemple Criton (dans son message n°47) on aurait à faire ici à des spécialistes, à des universitaires, à des autorités qui semblent maîtriser leur sujet, à des auteurs qui laissent des traces par leurs écrits et leurs publications.
    Si en plus ton ambition est de chercher à influencer les 90% de la planète maçonnique dite « régulière » afin qu’elle révise ou revisite ses positions, malgré toute l’estime et la sympathie que je peux avoir pour le site Hiram.be, je ne suis pas certain du résultat, surtout si tu parts seul à la bataille.
    Cyrano n’est-il pas ici un peu cousin de Don Quichotte ?
    Je veux dire par là qu’on n’attaque un porte-avions seul à bord d’un canot de sauvetage.
    – – –
    Je rejoins en cela Criton, déjà évoqué, déjà cité : quand on veut s’opposer solidement à une thèse, surtout à un auteur, à un défenseur d’une thèse, et surtout s’ils sont plusieurs à avoir des thèses comparables et allant dans le même sens, il te faut aller sur leur terrain, défendre à armes égales, avec les mêmes moyens et donc la même autorité, plus précisément avec une autorité de même niveau.
    Soit porte-avions contre porte-avions, régiment contre régiment, escouade contre escouade.
    En termes plus parlants et se rapportant à nos sujets : bouquin contre bouquin, article contre article, conférence contre conférence.
    Tout objet de publication pouvant être opposé à toute autre publication.
    Mais surtout toute publication portée au bon endroit, au bon moment, et surtout par le bon personnage.
    Une thèse ou une anti-thèse, c’est égal, n’a de chances de porter qu’ainsi.
    La réussite de l’entreprise, n’est pas d’éradiquer à tout jamais la thèse d’en face, mais il s’agit a minima d’être entendu, écouté, audible.
    Mais pour seulement être entendu, pour être seulement écouté, bref pour être seulement audible, encore faut-il réussir l’alliage savant du message et du messager.
    – – –
    Ce n’est pas pour rien que Criton te pose quelques questions sur tes antérieurs et tes éventuels écrits.
    Il est certain que ta culture sur les sujets que tu abordes est grande, argumentée, que tu as des connaissances et une culture maçonniques indéniables sur certains axes ou domaines que la plupart des francs-maçons, quelle que soit l’obédience ou le parcours, n’ont pas de manière aussi aiguë, aussi fournie.
    Il peut même me sembler, à force de te lire ici, qu’elle paraît même assez dense pour que tu puisses, (si ce n’est déjà fait, nous n’en savons rien, tu ne nous le dit pas), écrire au moins quelques articles, voire un bouquin, éventuellement donner quelques conférences.
    Soit c’est déjà le cas, et tu le fais savoir.
    Et tu t’appuies sur tes écrits pour argumenter.
    Soit ce n’est pas le cas et, de mon point de vue, cela ne fait pas problème.
    – – –
    Après tout la très grande majorité des frères et sœurs sont dans ce cas là, de n’avoir quasiment rien écrit, (à part des planches évidemment). Je suis de ceux là, rassures-toi.
    Et si tu es dans ce cas là, rien n’est perdu pour autant.
    Tu n’es pas dépourvu de certains talents, (ici je ne parle plus de culture ou d’écriture), j’ai même cru comprendre que tu sembles disposer d’un peu de disponibilités, et tu es encore jeune, pourquoi ne proposes-tu pas des articles pour publication dans les revues de ton obédience ?
    Lesquels pourraient être un premier pas précédant une, ou plusieurs, publications plus ambitieuses ?
    – – –
    Et cela aurait un énorme avantage, par rapport au fait de déblatérer en réaction derrière les autres, c’est que quand tu écris toi-même, c’est toi qui as la maîtrise du sens que tu veux donner à un article, ou un bouquin, bref à une thèse.
    Et ce serait les autres qui devraient se positionner par rapport à toi, pas l’inverse.
    Loin de moi l’idée de faire encore usage d’une métaphore militaire, mais il est toujours préférable de choisir le terrain, de choisir le moment, et de ne pas se laisser imposer stratégie et tactique. Fondamental.
    – – –
    Finalement, en maçonnerie, et peut-être même dans la vie profane aussi, quelle pourrait être la réussite à atteindre ?
    M’est-il permis de dire que ce pourrait être celle de réussir son passage ?
    De réussir comme, (et je sais d’avance que je vais faire sourire voire pire car je vais employer une très vieille expression très XVIIIème siècle, très Siècle des Lumières), comme « honnête homme » ?
    D’être reconnu par les siens, par ses frères, certes, mais surtout de finir, (car il y a bien un jour où cela va s’achever, au moins par accès à l’orient éternel), en pouvant se dire à soi-même que l’on a progressé, comme homme et comme frère, que l’on a évolué, et que l’on aura fait des choses, rencontré des gens, éventuellement bâti quelques amitiés, que nous n’aurons peut-être jamais envisagé ailleurs.
    Est-ce une ambition plus haute, ou plus modeste ? Chacun en jugera.
    – – –
    Mais revenons au strict immédiat.
    L’essentiel n’est peut-être pas de se battre contre (ici une historiographie fausse) mais de se battre pour (donc une historiographie vraie, et positive).
    Et ce, en faisant attention au choix des armes, au choix du terrain et au choix des acteurs pour y parvenir.

  • 83
    William
    25 janvier 2020 à 12:35 / Répondre

    L’irascible commentateur craint donc le ridicule ! Ça ne manque pas de piquant venant de lui…

    Exemple de vrai ridicule : « Prichard nous renseigne sur la maçonnerie anglaise sous Constitutions 1723, à mon avis avec l’accord de la GL, voire selon sa demande. Trop long d’exposer mon sentiment, mais il faut noter la précision et la cohérence des rituels exposés par Prichard » (Désap, circa 20 octobre 2019 à 22h16 sous l’article « La Patente du Baron von Hund » – et ce n’est pas un apax puisqu’il réitère les mêmes affirmations dans de nombreux commentaires récents et anciens). Double dose de ridicule puisque 1/ la GL dénoncera vigoureusement cette divulgation – donc ne l’approuvait pas et 2/ Prichard fait clairement état du serment sur la bible – ce qui est l’inverse de la thèse Désapiste.

    Autre ridicule : le complotiste commentateur soupçonne la GLUA de dissimuler le numéro 57 d’AQC puisqu’il ne le trouve pas « sur internet en PDF ». On ne mesure plus le ridicule à ce stade ! Faut-il lui rappeler qu’AQC est en vente libre et qu’il peut acheter ce numéro en particulier s’il le souhaite ? Il préfère se vautrer dans le complot et feindre (on espère qu’il feint à ce stade de ridicule) de croire que la GLUA aurazt exercé des pressions sur les milliers de possesseur de ce numéro spécifique d’AQC, pour qu’ils ne le numérisent pas et, surtout, ne le diffusent pas gratos à Désap. Pire, la GLUA n’a-t-elle pas la main sur internet tout entier pour supprimer de la vue de Désap ce qu’il aimerait lire ? Rappelons quand même, pour les esprit raisonnables, que ce n’est évidemment pas le seul numéro indisponible en copie numérisé. Mais bon, Désap ne s’arrête pas à ce détail. Le fameux « comme par hasard » cher aux esprits prompts à voir du complot partout…

    Pour continuer de rire, nourrissons donc un peu le troll ! Car oui, le complot est encore plus grave que ce que notre illustre commentateur croit : le n° 57 d’AQC est en fait partiellement disponible « sur internet en version PDF »….Mais il est divisé en deux parties (comme d’autres numéros), seule la seconde étant disponible. Et « comme par hasard », c’est dans la première partie que se trouve l’article sur le fameux « Dialogue ». Il est pas énorme le complot !?

    Comble du ridicule : Désap sait l’historiographie et tous les auteurs maçonniques sont renvoyés à mieux se pourvoir face à son omniscience. Ne lui proposons surtout pas de lire tous les documents de loges du 18ème siècle qui font état de bibles achetées/offertes par des frères, ce sont forcément des faux et ça n’a aucun sens. Ne lui rappelons surtout pas qu’un serment a un caractère sacré et que le livre des constitutions, tout important qu’il fut, n’a pas de caractère sacré et l’avait encore moins au 18ème siècle dans une société intégralement religieuse – ce qui n’empêche pas la liberté de conscience pour choisir sa religion sans se la faire imposer. Désap n’hésiterait pas à nous soutenir que le serment se prenait en 1723 sur le numéro 89 de Pif Gadget si un quidam racontait ça sur un blog… Ne lui rappelons pas, non plus, que la maçonnerie ne s’est pas arrêtée en 1723, ça l’assommerait.

    Non, décidément, Désap n’a pas de limite, il ose tout. N’est-ce d’ailleurs pas à cela qu’on le reconnait comme tel ?

  • 82
    Désap.
    25 janvier 2020 à 11:39 / Répondre

    81 – @ Jacques Huyghebaert,
    Je suis l’ami de mes amis, je suis en revanche ton frère si tu me reconnais comme tel.
    Pratiquement tout étant disponible sur internet sur les sites universitaires français et étrangers, ce serait appréciable que tu nous indiques les sources de tes affirmations, elles ne concordent pas avec mes sources, toutes et exclusivement universitaires.
    Anderson fonde ses Constitutions, non sur la maçonnerie opérative médiévale, mais sur celles d’Ecosse et d’Angleterre au 17è siècle.
    S’agissant de ces deux dernières, Patrick Négrier, appuyé sur des sources composées à la fois de documents authentiques opératifs et de ce qui résulte de la recherche universitaire, montre que les serments se prêtaient sur les Devoirs, jamais sur la Bible.
    Je me vois obligé de me répéter, nulle part dans les Constitutions d’Anderson n’est fait mention des termes « Bible » et « volume de la loi sacrée, VLS ».
    Invariablement et systématiquement, dans toutes les descriptions de la loge, les Constitutions d’Anderson stipulent la présence d’un seul et unique livre : le livre des Constitutions.
    Ahiman Rezon, officiant comme Constitutions des Antients, est la reproduction quasi identique de celles d’Anderson, si ce n’est une répétition frénétique du terme « Bible » et une obligation de croyance en son Dieu portée à l’article 1 des Obligations.
    .
    Pour revenir au sujet, si les conditions d’authentification et de datation du document « Dialogue » par la GLUA paraissent à certains plausibles, c’est déconcertant.
    D’un point de vue scientifique, universitaire, celles-ci sont irrecevables.
    Je ne vois pas dans quelle mesure les franc-maçons pourraient prétendre que leurs analyses puissent prévaloir sur celle de la méthode universitaire ou estimer qu’ils pourraient s’en affranchir.
    Sur un sujet profane et pour exemple, j’invite chacun à lire Alain Demurger, le nec plus ultra reconnu internationalement sur le sujet Templier.
    Ce qu’il démontre, pas ce qu’il affirme, ce qu’il démontre de notre « rigueur » historiographique est pour le moins peu flatteur.
    Ceci devrait être à même de nous faire réfléchir.
    Fraternellement.
    Patrick Bourdillon.

  • 81
    Jacques Huyghebaert
    25 janvier 2020 à 09:55 / Répondre

    Notre ami Patrick Bourdillon, alias Désap, persiste a vouloir nous convaincre que les « Moderns » tant en Angleterre qu’en France prêtaient leur serment non pas sur la Bible, mais sur les Constitutions de la F.-M (Anderson 1723), suivant en cela tradition séculaire, toujours selon lui, des Maçons opératifs des corporations du Moyen Age de jurer sur les Anciens Devoirs (Old Charges). Les documents historiques qui nous sont parvenus nous permettent aujourd’hui de nous faire une bonne idée de la façon dont la prestation de serment se faisait, à l’occasion de diverses occasions, depuis l’Antiquité, en passant par les Corporations et Guildes des Métiers, jusqu’au 18e siècle et l’avènement de la Franc-Maçonnerie obédientielle. Comment cela se passait-il ? Je résume : lors d’une réception dans une corporation, puis plus tard en Franc-Maçonnerie spéculative, la cérémonie d’admission proprement dite débutait par la lecture des « anciens devoirs » auquel s’obligeait le récipiendaire en devenant membre de la confrérie. Il devait confirmer formellement son assentiment à ces anciens devoirs, point par point, après quoi suivait la prestation de serment. C’est de cette manière que se passe encore aujourd’hui l’installation du Vénérable de Loge dans la plupart des juridictions maçonniques. Au Moyen Age, il y avait d’abord l’énoncé de ce à quoi le nouvel admis s’obligeait, puis ensuite un serment pris soit sur les Évangiles, soit sur la Bible, soit sur des reliques des Saints, voire même simplement en posant lamain sur la croix, comme le montrent quelques miniatures. Si l’obligation du Véné se fait aujourd’hui non plus exclusivement sur la Bible mais sur le Volume de la Loi Sacrée de son choix (quelque soit sa religion) pour le reste il promet comme autrefois d’observer les Anciens Devoirs. Ne confondons donc svp pas le contenu du serment maçonnique (fidélité aux anciens devoirs, constitutions, règlements, Grand Loge, etc. ) avec l’objet sacré sur lequel le serment est scellé de manière définitive (VLS).

  • 80
    Désap.
    24 janvier 2020 à 22:11 / Répondre

    Très bien.
    Pierre Noël nous joue la susceptibilité. S’il ne craint pas le ridicule tant mieux, on comprend plus aisément la teneur de ses thèses.
    Faute d’article de Ars Quatuor Coronatorum n°57, bien que le 58 et le 59 soient disponibles sur internet en PDF, d’une part ceci confirme la sensibilité du sujet « dialogue beteween S&P », d’autre part il est nécessaire de s’en remettre à ce qu’en dit Bernheim dans « Freemasonry in Context : History, Ritual, Controversy ».
    Il n’y a aucune raison de douter de la valeur de son résumé de AQC 57, unique source disponible sur le sujet de l’authentification du « dialogue » ; Bernheim, après s’être fait adouber par la GLRB, intégra la loge 2076 Quatuor Coronaty de la GLUA de 2010 à 2014.
    Pour l’article de Bernheim, se reporter à l’adresse internet stipulée au commentaire 49 ou 51.
    On constatera ce que j’ai résumé au commentaire 71.
    Je maintiens, il n’y a aucune possibilité de dater même aproximativement ce document. En conséquence de quoi si ce n’est un faux, chose parfairement envisageable, celui-ci n’a aucune valeur historique, ni même aucune valeur indicative.
    En revanche, je puis vous assurez d’une chose, et pour d’excellentes raisons.
    Pour que l’on se situe bien tout d’abord : au regard du nombre important de livres d’auteurs maçons traitant du sujets « Templiers » , nous passons pour des fantaistes de ce point de vue vis à vis des historiens.
    L’immense majorité des thèses, voire toutes, développées dans les ouvrages estampillés franc-maçon ont été démentie par l’historiographie.
    S’agissant des méthodes, et des conclusions qui en résultent, ayant concourrue à l’estimation du « document » Dialogue between Simon & Philip, là ce n’est plus « fantaisiste » qui qualifie les franc-maçons et termes de rigueur historiographique, c’est Grand Guignol.
    Chaleureux remerciements aux franc-maçons réguliers de la GLUA.

  • 79
    pierre noel
    24 janvier 2020 à 20:33 / Répondre

    Oui, j’ai un exemplaire de AQC 1947, comme tous ceux que cela intéresse (la rue Cadet, la rue Puteaux entre autres).
    Non, je n’ai pas à me plier aux injonctions d’un quidam qui s’adresse à ses interlocuteurs comme un pion d’athénée (lycée en France) s’adresse aux gosses soumis à sa férule. La courtoisie n’est pas faite pour les chiens.

  • 78
    Désap.
    24 janvier 2020 à 19:28 / Répondre

    1/ à ce jour, le document original n’existe pas, il est considéré perdu, il n’existe que des photos d’un document intitulé « A dialogue between Simon, A Town Mason & Philip, A Travelling Mason »
    2/ en 1943 n’existe qu’une transcription, on ignore l’existence des photos.
    3/ des photos d’un document concordant avec la transcription de 1943 sont trouvées à Londres dans la Bibliothèque de la GLUA en 1945.
    4/ AQC publie un article en 1947 à ce propos où, semble-t-il et d’après Bernheim, sont attestés l’authenticité et une datation d’un document intitulé « A dialogue between Simon, A Town Mason & Philip, A Travelling Mason ».
    .
    Merci à Pierre Noël de bien vouloir faire publier ici le fac-similé complet de l’article dédié et publiés dans le vol 57 d’AQC (1947) puisqu’il détient la revue.

  • 77
    pierre noel
    24 janvier 2020 à 16:49 / Répondre

    Je me dois dans le contexte actuel, de reproduire la présentation de K,J& H dans Early Masonic Exposures (p 175). Je les publie en anglais, langue des auteurs pour éviter qu’on me reproche en plus d’infléchir la traduction de façon partiale (tout est possible).
    “After this book (EMP, 1943) has gone to press, the existence of two other early catechisms was brought to our notice by Br Fred T. Cramphorn of Upper Moulsham, Chemsford. In a manuscript, stated to bear an almost illegible name and address, “Mr John Page …. N° 5 … Bristol”, and recently in the possession of the late Bro. Lister Salisbury, who lent the document to bro. Cramphorn to copy, there are three catechisms :
    1) The whole Institution of Masonry, 1724
    2) An entry headed “The following is part of Free Masonry as printed in London 1725″
    3) A Dialogue between Simon and Philip ….
    The first is an early and shorter version of the Whole Institution of Free-Masons opened, 1725; the third is a copy of the examination in The Grand Mystery of the Free masons opened, 1725.
    The Dialogue is in several points similar to the other masonic catechisms, although it resembles no particular one very clearly, and there is no prima facie reason for thinking that it is a hoax or a forgery. We decided to print it here for the information of the reader.
    As the dialogue is undated and the original is not at present available, we have to relie entirely on internal evidence…..
    The first part consists of test questions and answers, rather than a ceremony of admission. In this respect, it resembles the earlier pre-1730 catechisms. Certain of these questions have more affinity with Prichard’ Masonry Dissected than with any other known catechisms. ….
    The second part of the document is of a different matter. ”Dr Desaguliers Regulations“ mentioned in the first note, presumably refers to the action taken in Grand Lodge on 28 August 1730 at the suggestion of Dr. Desaguliers …
    The transcript we print is prepared from Bro. Cramphorn ‘s typescript copy. “
    K, J&H avaient initialement daté le Dialogue de circa 1740 mais après la discussion lors de la présentation en loge, les arguments de leurs interlocuteurs les amenèrent à avancer la date présumée aux environs de 1725-1730 (ce qu’ils reconnurent dans The Genesis of Freemasonry,1978.
    Le croquis en tête du texte imprimé de 1943 est-il de leur fait, ou copié de la transcription de Cramphorn ? Ce n’est pas mentionné.
    Le tout, « dialogue », discussion et commentaires sont publiés dans le vol 57 d’AQC (1947) d’où provient la photographie que Hiram.be a bien voulu reproduire en note.

  • 71
    Désap.
    24 janvier 2020 à 10:09 / Répondre

    69 – Pour le moins, l’apparition de ce document est rocambolesque, sa chronologie tirée par les cheveux, voire contradictoire, et le fait qu’en 1944 la loge Quatuor Coronaty ait daté historiquement un texte porté sur des feuilles de papier contemporain, stupéfiant.
    Son existence exclusivement photographique surréaliste pour attester de son authenticité, ce que Quatuor Coronaty n’hésite pas un instant à faire en 1949.
    Troublant, l’impossibilité de trouver la copie du numéro de la revue Ars Quatuor Coronatorum où sont attestées la date de rédaction, l’authenticité et le caractère original du Document photographié, lors même que les numéros immédiatement antérieur et postérieur le sont.
    Je me demande dans quelle mesure, pour sauvegarder sa respectabilité, la GLUA ne serait pas bien inspirée de ressortir les photos de ce Document Original pour les confier à des profanes non moins experts aux fins de datation si ce n’est certaine, au moins réaliste, cependant que son authenticité resterait dans tous les cas très largement supposée sans possibilité d’analyse du filigrane du papier support.
    Voilà entre autres et jusqu’à preuve du contraire les raisons pour lesquelles il est impossible d’estimer ce Document autrement que comme étant un faux grossier.
    Par ailleurs, au regard de la prudence du frère Daxad, je ne me résous pas à imaginer qu’il ait pu raconter n’importe quoi.
    D’autres n’hésitent pas à le dire, arguant qu’une estimation de datation d’un document sur photo est impossible, en même temps qu’ils acceptent celle de la GLUA effectuée dans les même conditions.

    • 76
      William
      24 janvier 2020 à 15:14 / Répondre

      La fraternité suppose de ne pas s’esclaffer mais l’objectivité impose de considérer que la « sincérité » de la GLUA et de la loge de recherche Quatuor Coronati sont largement plus confortées que celle d’un commentateur sur les blogs, dont tout le monde a compris qu’il a épousé servilement (et sur le tard, après s’être rendu compte que le giron des régulo-reconnus de la GLUA lui échappait) les opinions de Maurice Paillard dédiées au Grand Orient de France (ce qui est très respectable mais reste une opinion parmi d’autres). Opinion à laquelle la loge Quatuor Coronati a précisément répondu de manière à la fois étayée et objective malgré la sensibilité du sujet.

      Quoi qu’il en soit, notre complotiste commentateur brasse du vent pour rien puisqu’il pourrai aisément, et pour une somme très raisonnable, acquérir le volume qui lui manque : « If you wish to acquire one or more specific editions of AQC, please email us at queries@quatuorcoronati.com stating which volume(s) you require. ».

      Mieux encore, il pourra soumettre ses propositions d’articles de recherche : editor@quatuorcoronati.com.

  • 70
    Etienne Hermant
    24 janvier 2020 à 09:01 / Répondre

    Notre commentateur-guerrier du Web, se vantant d’influencer le contenu de la revue Renaissance Traditionnelle de ses justes observations, pourfendeur d’AQC l’accusant de faux et usage de faux, a commencé ses dithyrambes orientés sur mon fil consacré à mon ouvrage « 1717 Nous tenons Loge ce soir », pour ensuite passer, à bout de munitions, sur un autre fil, « La Loge en 1741 », toujours avec le même thème obsessionnel, et de continuer sur le fil « Réflexion sur la Bible en Franc-maçonnerie », avant d’atterrir sur ce fil avec, comme à son accoutumée, des détournements de propos systématiques et des erreurs grossières.
    Voici ce que j’écrivais à son propos sur le fil « La Loge en 1741 » :
    « C’est donc ça l’histoire revisitée égrenée par notre commentateur ?
    Des réponses caractérielles malveillantes et méprisantes à des interventions étayées (post 60 et CRITON 61).
    Une victimisation permanente.
    Des évitements systématiques.
    De la haine distillée en guise d’argumentaire.
    C’est donc ça son histoire revisitée ?
    Prétendre travailler sur les archives de la GLL et W et se ramasser grave en affirmant que « Il n’y a guère que la divulgation Prichard dont on peut soupçonner qu’elle parut avec l’accord de la GL tant les rituels sont cohérents. » alors que les archives de la GL montrent sa non-implication dans cette divulgation… et que le serment sur la Bible s’y trouve mentionné ! (58 et 60)
    Ou encore, prétendre prouver, toujours par des documents officiels émanant des maçonneries concernées, que la Bible ne peut être présente en Loge chez les Moderns car elle ne se trouve pas présente dans la Maçonnerie française en 1785 qui est de filiation anglaise, alors même que le serment des récipiendaires se porte sur cette même Bible dans la première édition
    « officielle » du Rite Français « Le Corps complet de Maçonnerie adopté par la R.G.L de France » dont la date vacille entre 1761 et 177, donc avant 1785 ! (58 et 60)
    C’est donc ça son histoire revisitée ?
    Prétendre et encore prétendre qu’il n’y a pas eu d’approbation des Constitutions de 1738 alors que les archives de la GL sur lesquels il est censé travailler prouvent le contraire, et lorsqu’on lui en fait la remarque en 41, de répondre : « Je n’ai pas l’édition de 1738, l’approbation reste donc à vérifier » (DESAB 42).
    Alors, ça y est, la vérification a été faite ?
    C’est donc ça son histoire revisitée ?
    Prétendre faire œuvre originale alors que nous sommes en présence d’un plagiat manifeste.
    Il suffit de lire l’introduction et les commentaires qui suivent de la traduction des « Constitutions de 1723 » par Maurice Paillard pour s’en convaincre, c’est presque du mot pour mot !
    Voici le lien pour qui veut se faire sa propre opinion https://www.ledifice.net/3241-D.pdf
    Si c’est donc ça son histoire revisitée, j’avoue m’en écarter radicalement… »

  • 69
    ARMILOUS
    24 janvier 2020 à 08:46 / Répondre

    Mais peut on vraiment affirmer que Knoop, Jones et Hammer étaient des faussaires ?
    C’est quand même une grave accusation…

    • 72
      pierre noel
      24 janvier 2020 à 13:22 / Répondre

      Sous le couvert de l’anonymat, tout est permis.

      • 73
        Désap.
        24 janvier 2020 à 14:04 / Répondre

        Désap. est Patrick Bourdillon.

        • 74
          Adrien C
          24 janvier 2020 à 14:31 / Répondre

          lequel ?, sur Google il y en a au moins 4 différents.

          • 75
            Désap.
            24 janvier 2020 à 15:02 / Répondre

            14 – et toi comment tu t’appelles ?

  • 65
    William
    23 janvier 2020 à 16:13 / Répondre

    Désap a dit…mais gageons que ça ne l’empêchera pas de reprendre la parole !

    Nous voici donc au milieu d’un complot romanesque à souhait ! Tout y est !
    – les accusés : la GLUA dans son ensemble, la loge de recherche Quatuor Coronati en particulier et encore plus précisément ses éminents auteurs du XXème siècle
    – le crime : être des faussaires doublés d’incompétents notoires, dans le but de masquer leurs dévoiements par rapport aux saintes écritures d’Anderson ;
    – l’inquisiteur : le torquémadesque commentateur Désap ;
    – le mobile : la GLUA (7 millions de maçons dans le monde à cette époque) tremblait tellement d’effroi face au Grand Orient de France (quelques milliers de maçons en France avant la seconde guerre mondiale, bien moins après), qu’elle avait forcément besoin de se livrer à des faux pour justifier ses choix ;
    En bon inquisiteur, notre romanesque commentateur n’a pas besoin d’en savoir plus pour condamner en « forgerie » et « incompétence ». Et il a bien raison : ces cancres de la GLUA et de Quatuor Coronotati sont tellement incompétents que quand ils produisent un faux sensés être du 18ème siècle, ils ne sont même pas foutus de le faire avec l’écriture de l’époque (dont pourtant ils ont toutes les traces possibles dans leurs archives). Non, décidément, l’inspecteur Désap est vraiment trop fort, la GLUA n’a qu’à bien se tenir.

    Le bon peuple est donc sommé de se référer à d’autres archives que celles de la GLUA et à d’autres travaux que ceux de la loge Quatuor Coronati, pour étudier l’histoire de la maçonnerie. Au hasard, s’il pouvait se contenter de lire Maurice Paillard, ce serait parfait et suffisant. Circulez, y’a rien à voir, Désap a dit !

  • 64
    Désap.
    23 janvier 2020 à 11:19 / Répondre

    @Daxad,
    Pas d’opportunisme chez moi, c’est sans intérêt.
    Bien entendu, faisant référence à ton expertise, il s’agit du support et non du contenu que j’ai continuellement contesté au cours de cette conversation.
    Bernheim écrit : Après que le Dialogue fut soumis et discuté dans la Loge Quatuor Coronaty le 7 janvier 1944, Knoop changea d’avis et admit qu’il pouvait avoir été ECRIT dès les environ de 1725.
    Quelle est la source de Bernheim ? Ars Quatuor Coronatorum, il n’y en a aucune autre.
    Le document apparait tout d’abord sous la forme d’une transcription non daté et transmise à Douglas Knoop.
    Par qui ? On ne le saura jamais.
    Il s’agit donc d’un bout de papier contemporain sur lequel est écrit (manuscrit, imprimerie ?) un catéchisme maçonnique, il n’y a pas encore de croquis.
    Ceci n’empêche pas Knoop de l’étudier suffisamment sérieusement pour dater le texte cira 1740.
    Il présente la transcription en tenue de Quatuor Coronaty. La loge date le texte de la transcription cira 1725.
    En 1945, un ensemble de photographies du Document Original apparait au milieu de manuscrits datés de 1724 et 1725.
    En 1949, Ars Quatuor Coronotarum reproduit les photos du manuscrit Original incluant cette fois-ci les croquis et confirme la date circa 1725.
    Très bizarrement, alors qu’un grand nombre de numéros de la revue sont disponibles en PDF sur internet, celui-ci est introuvable.
    Il n’est jamais fait mention, nulle part et à aucune des différentes dates d’apparition de la transcription ou des photos du Document Original, qu’il s’agirait d’un document écrit au 19è sc. retranscrivant les premiers usages de la maçonnerie spéculative.
    Et pour cause, ceci n’aurait aucune valeur historique.
    Pierre Noël, quoiqu’il en dise après le lièvre levé, était convaincu de la date cira 1725, il semble l’être toujours (58).
    Etienne Hermant en est convaincu également, il est plus honnête que le premier, il te répond en 41 : « Peut-on apporter une preuve qu’ils furent bien dessinés à cette époque. La réponse est oui. »
    Aucune occurrence faisant état de ce Dialogue, Bernheim inclus, ne stipule qu’il s’agit d’un document écrit au 19è sc. relatant des usages du début du 18è ; toutes celles que j’ai consulté prennent la date cira 1725 comme étant celle de l’élaboration du Document Original, la supercherie a parfaitement fonctionné.
    Par ailleurs, remettant les faits dans leur contexte, le Dialogue between Simon & Philip apparait cinq ans après que le GODF diffuse les travaux de Maurice Paillard visant essentiellement à démontrer qu’il n’y a pas de Bible dans les loges Moderns.
    La même année 1938, le GODF modifie son règlement s’agissant de la prise des serments, stipulant qu’il revient aux usages de la première Grande Loge, ceci conformément aux Constitutions du Frère Anderson de 1723.

    Fraternellement,
    J’ai dit.

    • 66
      pierre noel
      23 janvier 2020 à 19:13 / Répondre

      Pour qui lit sans aveuglement partisan, le 58 propose pour la rédaction du S&P une fourchette allant de 1724 à 1730 ou 1739 (en tout cas du vivant de Désaguliers).
      Notre honorable correspondant affirme que le document est un faux (une « forgerie » en franglais), fabriqué par K,J&H ( pourquoi pas à la demande de GLUA ? ) pour démentir les travaux de Paillard (du siècle précédent mais seulement diffusé au XX° siècle) et pour réaffirmer l’usage de la bible lors des serments dans les loges dépendant de la Première GL (celle des Moderns).
      Ceci résume, je l’espère fidèlement, le débat.

      • 67
        pierre noel
        23 janvier 2020 à 21:04 / Répondre

        Erreur de ma part. Maurice Paillart est né en 1878. Son oeuvre principale (sur les Consitutions) a été éditée en 1952.

      • 68
        Désap.
        23 janvier 2020 à 21:41 / Répondre

        Maurice Paillard, 24 avril 1878 – 7 décembre 1957.

  • 62
    J-J de Saint Etienne
    23 janvier 2020 à 09:35 / Répondre

    Ce qui me choque, c’est qu’aucun frère relève les détails de ces dessins. Prenons la photo, Holy et Bible en deux langues? La lettre « G », septième lettre de l’alphabet a été transformée en  » S », 19 ème lettre de l’alphabet? Septième heure du matin et 19ème heure du soir, pourquoi? Etc.. . de tous les détails?

  • 59
    Désap.
    22 janvier 2020 à 23:07 / Répondre

    Je m’attendais à ce genre de sophisme qui s’exprime au commentaire 58.
    Nous n’avons vraiment pas les mêmes valeurs, à tout point de vue.
    .
    Ce Dialogue between Simon & Philip est une véritable forgerie.
    Il n’y a pas de Bible représentée dans le croquis de la « old lodge », par définition opérative.
    Le croquis de la « lodge under Desagulier régulation » comporte une Bible.
    On cherche (déjà) à démontrer qu’il y a une Bible dans la loge Modern.
    Une forte probabilité que ce document fut fabriqué par Knoop, Jones et Hamer au moment de sa révélation dont on ignore les circonstances exactes, ce qui n’a jamais eu l’air d’étonner quiconque.
    Rappelle des circonstances : en 1943, la transcription d’un document non daté -le manuscrit original était considéré comme perdu- intitulé « A dialogue between Simon A Town Mason & Philip, A Travelling Mason », a été porté à l’attention de Douglas Knoop, Jones et Hamer qui le publient dans la première édition (1943) de Early Masonic Cathéchisms.

  • 58
    pierre noel
    22 janvier 2020 à 20:45 / Répondre

    Une photographie d’un document ne permet pas d’en montrer le filigrane ! Cela rend évidemment la datation du document difficile. Reste l’écriture, mais la graphologie n’est pas non plus une science exacte ! (voyez l’affaire Dreyfus)

    L’évidence interne du contenu du document ne peut être négligée.
    Dans ce cas, plusieurs éléments sautent aux yeux :
    1) l’auteur connait le rôle insigne de Désaguliers dans l’organisation de la GL (son influence va en gros de 1718 à 1738. Il meurt en 1744)
    2) le texte est antérieur à la dichotomie des « mots » des deux premiers degrés (estimée différemment, 1730 ou 1739) qui marquera le XVIII° siècle, en France comme en Angleterre.
    3) Il y est fait une allusion claire au meurtre d’Hiram par « trois apprentis » (date ? 1725?).
    4) l’autre document du même manuscrit (mais d’une autre écriture) est daté de 1724
    Tout cela ne plaide pas pour une rédaction du XIX° siècle (pour une « copie » peut-être ? Ce n’est évidemment pas impossible).

    Je ne sais que trop (comme lazare-lag l’a fait remarquer) que tout cela n’intéresse personne et que bien peu lisent un texte rébarbatif et chiant (même s’ils ont cliqué dessus par inadvertance). Quant à l’opprobre jetée sur la compétence de la GLUA, elle s’en remettra comme de bien d’autres invectives.

    • 60
      Lazare-lag
      23 janvier 2020 à 05:08 / Répondre

      Je ne crois pas avoir exactement dit cela, qu’un texte rébarbatif et…. dense, pouvait n’intéresser personne. et qu’on pouvait avoir cliqué par inadvertance pour l’atteindre.
      Mon idée était essentiellement de faire passer le sentiment que si le texte, j’entends un message, j’entends un commentaire, est déjà érudit et bien fourni, pourquoi certains se croient-ils obligés de l’affaiblir par des échanges d’exocets et de scuds qui n’ont pas lieu d’être?
      Car ces échanges peu amènes me paraissent très contreproductifs sur le fond, car du coup on ne va plus retenir que cela, ce style qui est en fait une absence totale de style.
      En d’autres termes, que la colère est mauvaise conseillère et la querelle mauvaise communicante.
      Toute autre interprétation m’inciterait à croire que je me serais mal fait comprendre..

  • 56
    Désap.
    22 janvier 2020 à 18:58 / Répondre

    Les photos retrouvées en 1945 à la Grand Lodge Library in London sont présentées comme étant celle d’un manuscrit original dont la loge Quatuor Coronaty estime la date circa 1725.
    Notre frère Daxad, qu’il faut amplement remercier, nous informe d’une date qui ne saurait être antérieure au 19è siècle.
    Il s’agit en conséquence d’un document qui ne peut être tenu pour une divulgation des environs de 1725, pourtant estimer comme tel, après l’avoir étudié en loge, par la Grande Loge Unie d’Angleterre.
    C’est de mon point de vue scandaleux, il est patent que la Grande Loge Unie d’Angleterre se trouve parfaitement incompétente dans la datation de documents anciens et au minimum coupable de ne pas avoir pris soin de soumettre le document à des experts avant d’engager la crédulité de maçons par l’entremise du prestige auquel elle prétend.
    Il est dès maintenant impératif de porter la plus grande méfiance à tout document présenté comme étant une divulgation, ces divulgations ne pouvant dans tous les cas présenter le moindre caractère véritable des usages de la Grande Loges de Londres et Westminster et de la Grande Loge d’Angleterre.
    Je pense que cette discussion fera date.

    • 57
      DaXaD
      22 janvier 2020 à 20:28 / Répondre

      Cher Désap.
      Ce n’est pas tout à fait ce que j’ai avancé.
      Même si le document matériel ici présenté ou présenté dans l’article de Bernheim ne peuvent avoir été écrits en 1725, ils pourraient refléter une réalité antérieure, être une copie d’un document plus ancien. Je ne me suis prononcé que sur le support non sur le contenu.

  • 53
    Etienne Hermant
    22 janvier 2020 à 18:17 / Répondre

    Un autre élément que j’avais signalé afférant à « Simon and Philip », repris en note (b), fait état que là où les « New Masons » disent « par signes, attouchements et points de mon admission », les « Old Lodges » disent « de mon entrée ».
    Or on pourra observer que les catéchismes qui précèdent « Simon and Philip » de 1725 reprennent « de mon entrée », tels le Manuscrit des archives d’Édimbourg de 1696, le Sloane 3329 de 1700, le Dumfries de 1700, le Trinity College de 1711.
    « The Antediluvian Masonry » (« qui ont été reçus à la manière Antediluvienne »), daté de 1726, nous apporte d’autres indications.
    Il est question ici de « quelques innovations apportés par le Docteur et quelques autres des Modernes », à savoir « Ruban, Osselets, Lettres amovibles, Etoiles Flamboyantes pour la grande indignité du seau et de la serpillière qui servent à effacer nos Tracés ».
    Le tracé à la craie ayant précédé l’utilisation de rubans.

  • 51
    Désap.
    22 janvier 2020 à 18:04 / Répondre

    https://books.google.fr/books?id=hXq4lJeX_DUC&pg=PA22&lpg=PA22&dq=Dialogue+between+Simon+et+Philip+fac-simile&source=bl&ots=1ZffbJTlAD&sig=ACfU3U1oDmw5L6rVg-4UHhFRo66WSC_Agg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjsuvDouJfnAhU5A2MBHYXRA6AQ6AEwC3oECAcQAQ#v=onepage&q&f=false

    Alain Bernheim, Freemasonry in Context : History, Ritual, Controversy,
    .
    Voici ce qui est écrit à propos du manuscrit « Dialogue between Simon et Philip » (c. 1725) :
    .
    « En 1943, la transcription d’un document non daté -le manuscrit original était considéré comme perdu- intitulé « A dialogue between Simon A Town Mason & Philip, A Travelling Mason », a été porté à l’attention de Douglas Knoop, Jones et Hamer qui le publient dans la première édition (1943) de Early Masonic Cathéchisms (EMC). A ce moment, Knoop, Jones et Hamer attribuent une date vers 1740 au document. Après que le Dialogue fut soumis et discuté dans la Loge Quatuor Coronaty le 7 janvier 1944, Knoop changea d’avis et admit qu’il pouvait avoir été écrit dès les environ de 1725. Heureusement, en 1945 un ensemble de photographies reproduisant l’original du manuscrit fut découvert dans la Grand Lodge Library in London. La deuxième édition (1963) de EMC, cependant, ne mentionne ni la date de modification suggérée, ni les quelques différences entre la transcription et le document original qui comprenait deux croquis essentiels avec les légendes suivantes « c’est la forme de l’ancienne loge » et « cette loge est la nouvelle loge sous le règlement Desaguliers ».
    .
    NDLR : suit le fac-similé des photos du manuscrit original trouvé en 1945 à la Grand Lodge Library in London (semblable aux croquis produis par Pierre Noël dans son article) et dont la Loge Quatuor Coronaty a estimé la date du manuscrit autour de 1725.

    • 54
      Désap.
      22 janvier 2020 à 18:19 / Répondre

      Dans son n°57 daté 1949 page 10 & 11, Ars Quatuor Coronotarum reproduit les photos du manuscrit et confirme la date circa 1725

  • 50
    pierre noel
    22 janvier 2020 à 16:35 / Répondre

    Un détail de S&P que je n’avais jamais remarqué malgré de nombreuses lectures (honte sur moi) : Simon, au cours du tuilage, demande à Phil « le mot d’un maçon », celui-ci lui répond (après qu’ils l’ont épelé de la manière devenue classique) : « Le mot est BOAZ ».
    En note, l’auteur écrit (je traduis) : « le mot est donc BOAZ. C’est le mot d’un Maçon qui est pris dans le 7° chap. de I Rois, verset 21 « Il dressa les colonnes dans le portique du temple ; il dressa la colonne de droite et la nomma Jakin ; puis il dressa la colonne de gauche et la nomma Boaz. (trad. Segond) » Ce verset vous est lu après que vous avez pris votre engagement. Et très souvent le chapitre entier. »
    Ce passage implique que les deux mots sont donnés ensemble après l’engagement de l’impétrant. Ce texte a donc été écrit avant que l’usage ne s’installe de ne donner qu’un mot à chaque degré (soit J au 1er – B au 2ème selon l’usage « moderne », soit B au 1er et B au 2ème selon l’usage « Antient »). On ne sait pas avec précision quand cet usage (dichotomie et non inversion) s’installa, certain pensent que ce fut après la publication de « Masonry Dissected » (soit en 1730), d’autres que ce fut en 1739. On sait qu’en France seul l’usage « moderne » fut retenu.

  • 49
    • 52
      DaXaD
      22 janvier 2020 à 18:15 / Répondre

      Cher Désap.
      Je te remercie pour ce lien. En effet, la reproduction de la page 24 de l’article de Bernheim reproduit une version nettement plus ancienne des deux reproductions reprises dans cet article. Il est clair que les graphies ont été ici tracées par une plume. La forme et le ductus des lettres sont typiques du 19e siècle. Malheureusement, on est encore loin du début du 18e s.
      La disparition du S long est totale dans ce manuscrit alors que cette disparition dans les manuscrits ne se constate qu’après 1800. En imprimerie, le S long avait disparu déjà antérieurement, à la fin du 18e s. Mais l’usage du S long perdura en anglais bien plus tard dans les écrits manuels. Or on constate le remplacement total des S longs par des S ronds. Si ces documents avaient été écrits vers 1725, la graphie aurait été différente. Il y a suffisamment de manuscrits du 18e s disponibles en ligne pour s’en convaincre.
      Cependant, le fait que ces documents effectivement bien plus anciens que ceux qui nous ont été présentés ici ne remontent pas à la fameuse date de 1725 n’enlève rien à la possibilité qu’il s’agisse d’une retranscription, bien que largement postérieure à 1725, reflétant une pratique de cette haute époque. Je ne m’engage bien sûr que sur le support matériel et non sur le contenu. Le support pouvant donner éventuellement une borne ante quam.

  • 47
    Criton
    22 janvier 2020 à 15:25 / Répondre

    43- Cher Desap,
    Tu as certainement raison de demander qu’on arrête de t’insulter (puisque tu considères qu’insultes il y a), mais peut-être devrais-tu, dans ce cas, éviter de répondre à un contradicteur de prendre des « cours de maintien », de traiter ses propos de « procès puérils » ou de traiter d’autres intervenants de « fantaisistes ».
    Surtout que ces « fantaisistes » qui ne partagent pas ton point de vue sont, pour la plupart, bien connus, mais pas comme fantaisistes : leurs parcours sont connus, leurs titres universitaires, leurs recherches et leurs publications le sont aussi.
    De toi, en dehors de tes positions personnelles, nous ne savons rien. Après 68, on demandait souvent dans les A.G. : « d’où parles-tu camarade ? ». Peux tu nous dire d’où tu parles ? Quels sont tes titres universitaires ou autres, quels sont tes travaux, tes recherches, tes publications ? En un mot, de quelle autorité peux-tu te prévaloir pour juger ou excommunier des spécialistes reconnus ?
    Pour être franc – mais je ne voudrais pas que ce soit un procès d’intention – il me semble que tu manques d’une certaine méthodologie au profit d’approximations et de jugements trop rapides. Ainsi, tu opposes les divulgations aux « documents authentiques ». Mais les divulgations sont aussi des documents authentiques. Tu sembles ainsi confondre documents authentiques et documents officiels. Tu mets également en comparaison des Constitutions qui sont un document de régulation administrative avec des rituels paraissant assimiler deux niveaux différents d’organisation, tant typologiques (Grande Loge/Loge) que fonctionnel (organisationnel/rituel).
    En outre, tu vantes constamment la Grande Loge des Moderns régie par les Constitutions de 1723, véritable « bible » à tes yeux de la Maçonnerie authentique, à laquelle il faudrait revenir, en négligeant, me semble-t-il, le fait que la Maçonnerie de 1723 ne pratiquait que les deux premiers degrés. Cela signifie-t-il qu’à tes yeux, la Maçonnerie authentique ne devrait pas pratiquer le troisième degré, puisqu’il ne s’inscrit pas dans les Constitutions d’Anderson ?
    Enfin, ne croies-tu pas qu’au regard du nombre de tes interventions et de la répétition de tes arguments, que chacun en a bien pris connaissance et peux se faire librement son opinion? Je dis cela fraternellement pour éviter que certains ne te prennent pour un troll

  • 46
    Désap.
    22 janvier 2020 à 15:22 / Répondre

    Je demande que Pierre Noël produise le fac-similé du document complet original de manière à ce que le frère Daxad puisse authentifier ce document comme datant des environs de 1725.

  • 42
    William
    22 janvier 2020 à 11:58 / Répondre

    Désap devrait aborder la chose historique avec autant d’humilité qu’un historien le ferait s’il s’agissait d’expliquer comment changer une durite dans un moteur de voiture.

    Il devrait également lire avec un peu plus d’attention, pour éviter de dénier des choses qu’on ne lui impute pas (personne ne lui impute d’avoir « reconnu que la Bible était présente dans toute les loges au 18e siècle ») ou d’imputer aux autres des choses qu’ils ne disent pas (il ne me semble pas que quiconque, surtout pas moi, a soutenu que l’absence de bible en loge serait un signe d’irrégularité ; gageons plutôt que Désap feint de confondre « régularité » avec « reconnaissance par la GLUA », cette dernière étant sa lubie perpétuelle alors qu’il est tout à fait libre pour le reste de se considérer comme « régulier » par rapport aux critères qu’il pense appropriés – ce que font la plupart des maçons qui ne confondent pas la maçonnerie avec la « politique maçonnique »).

    Il serait surtout bien avisé de ne pas imputer aux autres son propre conditionnement consistant à n’analyser la chose historique que pour éclairer sa lubie de la question de la « régularité/reconnaissance ». Pour ma part (et j’ai la faiblesse de penser que c’est la même chose pour la quasi totalité des commentateurs ici à part Désap, mais je peux me tromper), la présente discussion porte sur le fait historique de la présence ou de l’absence de la bible en loge au 18ème siècle. Ce sur quoi Pierre Noël, Etienne Hermant et d’autres ont fourni des sources et analyses concrètes et passionnantes à étudier. Si le frénétique commentateur ne s’y intéresse que pour s’en servir dans sa croisade contre le supposé « ostracisme » qu’il déplore depuis qu’il n’est plus dans le giron GLNF/GLUA, c’est son problème, mais c’est hors sujet.

    Cela lui permettrait peut être de revenir à une méthodologie plus rationnelle, pour constater qu’en toute objectivité et rigueur 1/ les constitutions et les procès-verbaux n’ont pas vocation rituelle et 2/ les divulgations ne peuvent pas être écartées d’un revers de main juste parce qu’elle ruine l’opinion qu’il s’est construite. Il éviterait ainsi des propos outranciers et pourrait tranquillement vivre sa régularité sans avoir besoin du regard approbateur de quiconque autre.

    • 43
      Désap.
      22 janvier 2020 à 12:44 / Répondre

      42 – Tout d’abord, cher William, tu seras gentil d’arrêter de m’insulter, ça commence un peu à me casser les pieds.
      Si tu éprouves des difficultés, prends des cours de maintien, tu verras ça va t’aider.
      Ensuite, tes procès puérils d’intention, évite c’est ridicule et surtout à la hauteur de rien.
      Je remarque que tu persistes à donner plus de valeur aux divulgations qu’aux documents authentiques.
      Tu me diras, je doute que tu aies en main l’édition 1784 des Constitutions d’Anderson ; fonction de quoi, tu ferais bien d’être prudent.
      Et puis, lorsque l’on voit la preuve apportée par Etienne Hermant aux questions posées par DAXAD, dont vous semblez ignorez la compétence, on est fondé à penser que l’on a affaire à de sacrés fantaisistes.

      • 48
        William
        22 janvier 2020 à 15:38 / Répondre

        Insultes, où donc ? Je peux te renvoyer à de nombreux commentaires que tu as écrits qui, eux, contiennent des insultes, tu verras la différence.

        Procès d’intention, où donc ? Venant de quelqu’un qui affirme connaître l’obédience et le rapport à la religion d’un interlocuteur en fonction de ce qu’il écrit sur un point historique, c’est cocasse. Pour le reste, tu dissertes suffisamment sur tous les blogs depuis des années pour que ton rapport obsessionnel à la reconnaissance ne soit un mystère pour personne. Tu as bien le droit d’avoir ce prisme de lecture des faits historiques… mais c’est un prisme.

        Doutes que j’ai en main l’édition 1784 des Constitutions ? C’est ton droit de l’affirmer mais ça n’est pas très rigoureux ni objectif puisque tu n’en sais objectivement rien. Il est cependant vrai que je ne l’ai pas en main, je l’ai plutôt sur l’écran et sous les yeux, comme n’importe qui peut le faire en environ 10 secondes (exemple parmi d’autres : https://books.google.fr/books?id=QmzqsGE55esC&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false). Je n’ai pas vérifié mais ça semble la bonne. Note bien que tu pourras par le même biais découvrir celles de 1738 et, enfin, lire l’approbation dont tu affirmais avec force qu’elle n’existait pas il y a encore quelques jours.

        Pour le reste, il n’y a pas de « vous », chacun ici me semble libre d’avoir son opinion et ceux qui partagent la même n’en sont pas pour autant un groupe homogène. Les cours de nuance, tu verras ça va t’aider.

  • 41
    Etienne Hermant
    22 janvier 2020 à 11:53 / Répondre

    Cher DAXAD. Le Ms « Simon and Philip » a été retrouvé dans un manuscrit comprenant deux autres catéchismes datés respectivement de 1724 et 1725. Ces dessins y étaient inclus. Peut-on apporter une preuve qu’ils furent bien dessinés à cette époque. La réponse est oui. Il suffit de prendre la note (i) du présent document qui indique : « La Loge comme ci-contre est le plus souvent dessinée avec du ruban blanc cloué sur le sol, comme vous le voyez. Les lettres E pour Est, S pour Sud etc. sont en argent fin ou en Etain très fin, et de même la lettre G au sommet. Dans les Loges nouvellement constituées un Quadrant, une Equerre, un Compas et un fil-à-plomb sont placés au sommet […] ».

    • 44
      DaXaD
      22 janvier 2020 à 13:52 / Répondre

      Désolé cher Etienne Hermant de ne pas être du tout d’accord avec vous. Ma formation universitaire, entre autres en codicologie, refuse d’accorder matériellement une datation du 18e siècle aux documents présentés ici, entre autres pour les raisons évoquées précédemment.
      Ceci ne veut pas dire que le contenu de ceux-ci ne date pas de cette époque, mais il s’agirait alors d’une retranscription tardive du milieu du 20e siècle.
      D’où encore ma question : où trouver un fac simile du document originel, même s’il ne s’agit que de photographies ?

  • 40
    DaXaD
    22 janvier 2020 à 11:04 / Répondre

    Bonjour TC Pierre Noël.
    En posant ma question (#10) sur la possibilité de consultation du document originel, fût-il photographié, je m’interrogeais sur l’aspect authentique du document en question.
    En effet, en se fondant uniquement sur les deux dessins présentés dans cet article, de toute évidence, ceux-ci n’ont pas été réalisés au 18e siècle. La graphie des lettres, la forme du ductus, l’absence de pleins et de déliés, l’absence de S longs, le non-usage de la plume, etc… datent ces dessins du milieu du 20e siècle !
    Donc puisque ces dessins ont été réalisés au milieu du 20e siècle, en quoi reflètent-ils une situation de circa 1725 ? D’où le besoin de consulter les originaux, ne fut-ce que les photographies prises dans les années 1940.
    Je pense que cette interrogation est légitime. Ces dessins reflètent-ils la véritable situation de la FM vers 1725 ou de ce qu’en pensaient ceux qui ont publié ce document en 1930, 1945 ou 1947 ?

    • 45
      GépluAdministrateur
      22 janvier 2020 à 14:55 / Répondre

      En réponse à la question de Daxad sur la possibilité de consultation du document originel, Pierre Noël me demande de transmettre ceci : « qui est une photo du ms datant des années 40 »

      • 55
        DaXaD
        22 janvier 2020 à 18:29 / Répondre

        Merci pour ce document qui est semblable mais de meilleure qualité que celui reproduit dans l’article de Bernheim.
        Cependant, un regret : l’absence du filigrane sur cette page. On aurait pu avec le filigrane se rapprocher de la date de production du papier et donc bénéficier d’un terminus post quem.

  • 36
    Désap.
    22 janvier 2020 à 10:10 / Répondre

    Pierre Noël m’avait bien fait rire le 20 janvier, William me fait bien rire deux jours plus tard.
    Oui, je suis amusé de l’interprétation qu’il fait de mes propos, une torsion dont il a le secret, on remarquera aussi de quelle manière précaire est échafaudée la façade de sa démonstration.
    Il ne me semble jamais avoir reconnu que la Bible était présente dans toute les loges au 18e siècle (?)
    Je n’ai pas plus écrit que la GLUA devait changer ses règles (??)
    Je n’ai pas plus écrit que la pratique maçonnique sans Bible en loge serait la seule pratique régulière ; en revanche, lui prétends que son absence est le signe de l’irrégularité, cependant que la pratique de la première Grande Loge de l’Histoire de la Franc-maçonnerie spéculative démontre le contraire, également celle des maçonneries opératives écossaise et anglaise sur lesquelles Anderson, Désaguliers, Payne et Montagu fondèrent les Constitutions 1723.
    Ce cher William n’hésite pas à enterrer Anderson et les Constitution 1723 de sorte de cautionner son raisonnement, remettant en cause sans la moindre démonstration leur source opérative, ou comment être au comble de la péremption.
    Non cher William, ce que j’avance n’est pas de l’ordre de l’opinion, pas plus que les paroles d’un auteur, il s’agit du très simple constat de la lecture des Constitution 1723 et de ses éditions ultérieures.
    Je n’ai pas plus accusé les Antients de dévoiement illégitime, tout juste ai-je souligné qu’il s’agissait pour eux de pratiquer les usages irlandais, ce qui est démontré par l’historiographie, encore faut-il la lire.
    S’agissant d’Anderson 1738, c’est là que c’est plus encore amusant, bien que fût inclus une notion noachide à l’article premier des Obligations, à ce détail près cette édition est identique à celle de 1723 et, à l’image de celle-ci, reste désespérément vide des termes Bible et volume de la loi sacrée.
    Toujours à propos de 1738, si celle-ci fût effectivement approuvée par la GL, on notera un fait assez significatif, l’édition de 1756 revient au texte initial de 1723, ceci cinq ans après la création de la GL des Antients et la même année de la sortie du pamphlet à l’encontre des Moderns Ahiman Rezon qui leur sert de Constitution ; il en sera de même des éditions 1767 et 1784, identiques au texte de 1723, abandon de toute notion noachide, et là au plus fort de l’antagonisme avec Dermott et ses Antients.
    Quand aux divulgations, j’ai suffisamment écrit l’évidence du caractère grotesque qui consiste à leur donner une prééminence sur les Constitutions Moderns pour y revenir.
    Non Maitre William, il ne s’agit pas pour moi de démontrer que la maçonnerie GLUA serait irrégulière.
    Ceci est une bêtise dont je ne te laisserai pas le loisir de m’accuser.
    J’ai, en revanche, deux objectifs principaux :
    1/ démontrer que le Président d’un institut maçonnique prestigieux nous enfume depuis des années, prétendant à l’inexistence ou la pauvreté de document probant décrivant la maçonnerie Modern (or les 242 procès verbaux de séances de Grande Loge présents dans l’édition 1784 sont explicites et exhaustifs sauf à vouloir connaitre la couleur des sous-vêtements des frères), et qu’il faudrait ne s’en remettre presque exclusivement à des divulgations, par définition pirates, pour en connaitre la réalité.
    2/ Démontrer le caractère particulièrement abusif, insultant et négationniste des réguliers à prétendre irréguliers les maçons qui se réclament et appliquent la maçonnerie des Constitutions de 1723.

  • 35
    Lazare-lag
    22 janvier 2020 à 00:44 / Répondre

    Pierre Noël (message 24) nous dit être surpris du « succès » (sic) de cet article (désormais dépassant les 7600 visites, soit grosso modo 2000 de plus dans la journée d’hier).
    Mais pourquoi être ainsi surpris?
    Car, à part le constat numérique, savons nous vraiment s’il s’agit d’un réel succès?
    Beaucoup sont entrés, ont-ils tout lu (article et tous les commentaires)?
    Et ont-ils tous lus?
    Ont-ils tout apprécié?
    La découverte fût-elle à la hauteur de leurs espérances? S’ils avaient quelque espérance.
    Ou s’agissait-il d’une simple curiosité? Finalement nous n’en savons rien.
    Ils sont entrés parce qu’ils ont cru voir de la Lumière, y était-elle à tous les étages, c’est une autre histoire.
    Pour certains, la connaissance, la découverte, l’érudition peuvent représenter de l’intérêt.
    Pour d’autres, et j’avoue que c’est heureusement un peu moins le cas ici dans cet article que sur d’autres très récents, de ces derniers jours, ils peuvent s’agacer de rencontrer quelques chamailleries, voire quelques diatribes, voire, car hélas je trouve que c’est hélas de plus en plus fréquent, de la virulence certaine, du manque évident de respect, de l’intolérance criarde, de l’impolitesse sordide, du manque d’éducation évident, de l’arrogance imbécile voire de la suffisance étriquée, voire aussi d’un manque de retenue et voire enfin d’un abandon de savoir-vivre élémentaire.
    Bref toutes sortes de manifestations déplorables lesquelles, à peine constatées, n’invitent qu’à repartir aussitôt voir ailleurs si l’air est plus respirable.
    Certaines querelles de professeurs Nimbus de la maçonnerie ont pour effet de faire de la mousse, de monter les oeufs en neige, elles n’ont donc plus rien d’attractif.
    Elles font même beaucoup de peine, non pas s’agissant de l’érudition exposée, mais du comportement constaté.
    Parfois on a pu avoir l’impression de voir une cohorte de quelques Diafoirus vitupérant autour d’un malade.
    Et le plus triste étant que les intéressés ne vont même pas se reconnaître, certains étant particulièrement imbus et satisfaits de leur personne.
    Alors oui, ça fait de la fréquentation, cela fait-il pour autant un enrichissement à tous les coups? On peut en discuter.
    Un autre article, totalement loufoque, pour ne pas dire foutraque, caracole avec plus de 18000 entrées.
    Cela fait-il de lui pour autant un article trois fois bien meilleur que celui à 6000?
    Et un article à 300 entrées est-il dépourvu de qualité?
    Bref le nombre de visiteurs peut donner l’effet d’un miroir: l’éblouissement qui peut résulter de son reflet n’est pas nécessairement la vraie lumière.

    • 37
      Désap.
      22 janvier 2020 à 10:44 / Répondre

      Mon cher Lazare-Lag, en dépit de ce que tu exposes très justement, et j’en prends ma part, il n’est pas question de laisser prospérer une historiographie fausse.
      Je me permets de te rappeler que 90% de la planète maçonnique te considère irrégulier, c’est à dire en termes clairs et précisés par la GLUA, ils ne te considèrent pas comme Franc-maçon. Ceci s’appuie sur un postulat abusif, insultant et faux, pas question de l’admettre.
      Allez, je vais passer pour un vantard, peu importe : je me suis élevé sur ce blog contre l’idée selon laquelle la maçonnerie spéculative est étrangère à la maçonnerie opérative, elle ne serait qu’un plagiat sans aucun rapport avec les principes, obligations et objectifs des maçons de pratique.
      Je remarque, dans le n° 193 de Renaissance Traditionnelle, que les historiens patentés maçonnique sont revenus sur cette affirmation. Ils estiment maintenant qu’une période de transition s’opère en Ecosse à partir ce la deuxième moitié du 17è siècle. Ce n’est pas idéal, mais c’est un début prometteur.
      Y suis-je pour quelque chose ? Je n’en sais rien, ceci m’est totalement égal, l’essentiel étant que la réalité progresse contre l’opinion.
      Pour moi, le travail continu.

      • 61
        Lazare-lag
        23 janvier 2020 à 05:45 / Répondre

        Que 90% de la planète maçonnique me considèrent irrégulier et que la GLUA ne me considère pas comme Franc-maçon est-ce un souci? Cela doit-il me peiner?
        Quand je suis en tenue et que je maçonne avec mes FF:. et parfois avec mes SS:., mon coeur et mon esprit sont exclusivement tournés vers eux. Pas vers la GLUA et les dits 90%.
        Le tablier, les gants que je porte à ce moment là, les planches que j’écoute, les échanges que nous avons sur les colonnes, les agapes que nous partageons ensuite, les revues que je lis, les articles que je découvre, les bouquins maçonniques que je parcours sont-ils une usurpation? Je ne le crois pas.
        D’ailleurs on peut tout dire et son contraire.
        Tout est dans tout, et inversement, comme disait l’autre.
        En France, ne peut-on pas dire que la planète maçonnique régulière (sous les fourches caudines de la GLUA donc) est de loin bien inférieure à ce 90%.
        D’ailleurs, à mon sens, s’envoyer à la figure ces chiffres me paraît assez vain.
        Quitte un instant à paraître trivial, on n’est quand même pas là, en Franc-Maçonnerie pour se comparer et voir qui a la plus grosse?
        En tout cas, pour moi, mais on n’est pas obligé de partager ce point de vue, ce n’est pas ça la priorité.

        • 63
          Désap.
          23 janvier 2020 à 10:47 / Répondre

          61 – Et c’est une raison de laisser prospérer une historiographie fausse ?
          Irrecevable, de mon point de vue.

  • 34
    William
    22 janvier 2020 à 00:14 / Répondre

    Merci à Pierre Noël et Etienne Hermand (et aux autres) de partager leurs travaux avec nous et, ce faisant, de nous inciter à consulter les sources de toutes sortes qui éclairent l’histoire si passionnante de la maçonnerie.

    Il est regrettable qu’un seul commentateur transforme systématiquement l’échange en opposition, poussant le ridicule jusqu’à décréter que tous ceux qui ne sont pas de son avis seraient de mèche et à la solde de « puissances » dont le sombre dessein serait de faire main basse sur la maçonnerie… Il ne lui vient même pas à l’esprit que l’on peut totalement dissocier sa pratique maçonnique de ses conclusions sur des points historiques (donc par exemple pratiquer sans bible en loge tout en reconnaissant que la bible était à l’évidence présente dans toutes les loges au 18è siècle).

    Il est encore plus regrettable que tout en faisant état de sa grande expérience initiatique, notre amusant commentateur martèle que ses idées ne sont pas des opinions mais LA vérité. Ne lui en déplaise, elles ne sont que des opinions, pour la plupart empruntées (notamment à Maurice Paillard) et reposant sur des postulats ineptes :

    Postulat n° 1 de Désap : tel un bon vaticaniste de 1869, il décrète l’infaillibilité d’Anderson (dont les écrits ne seraient pas discutables, telle une parole divine révélée) pour en déduire l’intangibilité de ses Constitutions de 1723 (qui, donc, seraient figés à jamais et insusceptibles d’évolution). Objectif du postulat : prétendre que la « vraie » maçonnerie résiderait entièrement et définitivement dans les constitutions de 1723 ; affirmer que toutes autre versions, notamment des Ancients et de l’union Moderns/Ancients, seraient des dévoiements illégitimes par rapport à la maçonnerie la plus pure nulles. Notre apôtre Désap omet un détail important : Anderson lui-même le contredit puisqu’il a modifié son propre texte en 1738 – version qui, contrairement à ce qu’a tenté de prétendre notre affabulateur, fut bel et bien approuvée par la GL de Londres et Westminster lors de sa publication (cf. page 199 des constitutions de 1738). Surtout, doit-on rappeler à notre drôle de commentateur que les Constitutions, bien que rédigées par Anderson, étaient celles de la Grande Loge. Celle-ci avait donc tout loisir de les modifier à l’envi – ce qu’elle fit, n’en déplaise à Désap 300 ans plus tard.

    Postulat n° 2 de Désap : les Constitutions d’Anderson de 1723 proscrivent la bible puisqu’elles n’y font pas référence explicitement. Objectif du postulat : affirmer que la présence de la bible en loge serait un dévoiement voulu par un complot maçonnico-religieux ; en déduire que la GLUA doit changer ses règles et, surtout, qu’elle doit le reconnaître lui comme le maçon qui maçonne plus blanc que blanc même s’il n’est plus à la GLNF. On remarque donc que notre zélé commentateur est incapable de faire la différence entre la bible comme VLS en loge, et le même livre dans un lieu de culte. Surtout, à le suivre, la présence de tout ce qui n’est pas explicitement mentionné dans les Constitutions d’Anderson serait donc à proscrire de nos loges : équerre, compas, tapis de loge, colonnes, circumambulation, etc. Évidemment c’est inepte, les Constitutions n’avaient pas de vocation rituelle (sauf pour ce qui concerne les cérémonies de Grande Loge). Ceci est encore plus vrai pour les procès-verbaux… D’ailleurs, le même Désap martèle que les Moderns refusaient toute formalisation de leurs rituels…ce n’est pas pour le faire dans les Constitutions !

    Postulat n° 3 de Désap : les divulgations (surtout si elles mentionnent la bible en loge) sont dénuées de toute fiabilité (à part Prichard qu’il a initialement reconnu comme étant une divulgation autorisée par la GL de Londres et Westminster, ce qui est une erreur grotesque comme l’ont montré d’autres intervenants !). Devons nous lui rappeler que certains font quand même ce qui leur est interdit ? Surtout, notre inénarrable commentateur se permet de convoquer les « vrais » universitaires et historiens, omettant cependant de préciser que pas un seul historien, français ou anglo-saxon, n’écarte les divulgations qui sont des sources parfaitement exploitables et exploitées, conformément à la méthodologie de recherche historique.

    Bref, il a encore du boulot notre espiègle commentateur ! Moins de livres, un peu plus de travaux en loge (en respectant un peu mieux les principes et valeur qu’il ne le fait sur les blogs), et ça lui passera…ou pas !

  • 32
    pierre noel
    21 janvier 2020 à 21:02 / Répondre

    Il est temps de distinguer réception dans l’ordre (initiation) et installation d’un VM ou d’un GM (Il serait aussi utile de cesser de raconter n’importe quoi.)
    Les Constitutions anglaises du XVIII° siècle (Anderson, Entick, Noorthouck) ne décrivent pas d’initiation (elles ne contiennent pas ce que nous appelons un « rituel ») mais elles décrivent « la manière de constituer une nouvelle loge selon le duc de Wharton », c’est à dire une installation de VM (en l’occurrence du premier d’une nouvelle loge). Elle était déjà très formelle. Le GM demandait au DGM s’il avait bien examiné les fellows of the craft, désireux d’être le maître et les surveillants de la nouvelle loge, leur expertise dans la noble science et les mystères de l‘art royal. Après avoir répondu affirmativement, le DGM présentait le maître-élu au GM avec des paroles appropriées. Le GM le prenant à sa gauche, déclarait, avec le consentement de tous ses frères, constituer la nouvelle loge et « appointer » ledit frère maître de la loge, convaincu qu’il serait le ciment de la loge, ajoutant « quelques autres expressions qu’il n’est pas à propos de mettre par écrit ». Après quoi, le DGM répétait au nouveau Maître les « Charges of a Master ». Le GM lui demandait s’il les acceptait. Sur sa réponse affirmative, il installait le nouveau maître « avec certaines cérémonies et anciens usages », puis il lui présentait les Constitutions, le Livre de la loge et les outils de sa fonction, non pas tous ensemble mais chacun séparément, avec l’instruction courte et concise qui leur convenait. Le nouveau maître était alors invité à commencer ses fonctions. Il présentait les surveillants-élus à l’approbation du GM et les installait dans leurs offices (Anderson, 1723, pp.71-72). Il n’y avait donc pas de prestation de serment du tout, raison probable pour laquelle aucune bible n’était requise, celle-ci ne servant qu’à souligner la solennité d’un serment.
    L’installation d’un GM lors de la grande Fête annuelle était fondamentalement similaire quoique avec un cérémonial plus majestueux. Celle du duc de Norfolk en 1730 en fait foi.
    Les Grands Officiers entraient en procession dans la salle. Les stewarts, les anciens Grands Surveillants, les anciens DGM, les anciens GM, précédant le M descendant de charge (dans ce cas Lord Kingston) et le GM-désigné (le duc de Norfolk) qui marchaient de concert. Ils étaient précédés, l’un par l’épée de l’ordre, l’autre par le livre des Constitutions (porté par le VM de la plus ancienne loge, celle se réunissant autrefois près de St Paul).
    Le GM descendant prenait place dans le trône face à l’autel sur lequel était placé l’épée et le livre des Constitutions. Chacun étant à sa place, la Grande Loge était ouverte et le rapport du secrétaire était lu. La nomination du duc de Norfolk était solennellement reconnue.
    Après le déjeuner, le duc de Kingston proclama Grand Maître le duc de Norfolk, le décora de son collier d’office et l’installa dans le trône avant de s’asseoir à à sa droite. Le nouveau GM désignait son DGM et ses deux Grands Surveillants. Il n’y avait pas de serment et la présence de la bible n’était pas présente puisque sa présence n’était pas requise (Anderson-Noorthouck 1784, pp. 222-223).
    Que conclure de tout cela ?
    – L’installation d’un Maître de loge ne comportait pas de serment mais le rappel de ses devoirs (les Charges)
    – L’installation du GM ne comportait pas de serment mais une proclamation, la bible n’était pas présente puisque inutile. En revanche, le Livre des Constitution et l’épée l’étaient, sans doute comme emblèmes du pouvoir.
    – Une réception dans l’ordre (the making of a mason) était sanctionnée par un engagement nécessairement pris sur la bible, comme le montre la majorité des documents de l’époque, sauf les document officiels de la Grande Loge.
    Il n’y eut pas de rituel officiel durant ces années-là (pas plus qu’aujourd’hui d’ailleurs) mais il y avait un Livre des Constitutions ne traitant nulle part de questions de rituel (seule exception : l’installation selon Wharton). Il y eut heureusement des aides-mémoires, des catéchismes, des notes éparses et bien sûr des divulgations vénales dont tous reconnaissent qu’elles furent bien utiles (mais faut connaitre un peu l’abondante littérature qui les relate).

    • 38
      Désap.
      22 janvier 2020 à 10:52 / Répondre

      32 – Sauf que l’arrangement de la loge est précisément décrit dans les procès verbaux de séances de Grande loge compilés dans l’édition 1784 des Constitutions Moderns ; la loge est exempt de Bible et de volume de la loi sacrée. Le seul livre présent est celui des Constitutions, première Grande Lumière de la Franc-maçonnerie.

  • 31
    Désap.
    21 janvier 2020 à 15:32 / Répondre

    30 – Commentaire hors sujet.
    1/ La conversation porte uniquement sur les maçons Moderns, pas écossais.
    2/ 80% de la loge d’Aberdeen composée d’acceptés ne signifie pas qu’elle fût spéculative ; mais après tout pourquoi pas, bien qu’il ne me semble pas qu’elle n’ait jamais été qualifiée ainsi.
    3/ Il ne s’agit pas d’écrire l’histoire de notre temps. Pour le reste, voir l’historiographie de la maçonnerie opérative. Voir également les ouvrages de Patrick Négrier faisant état de toutes sources utiles, notamment universitaires.

  • 30
    Jacques Huyghebaert
    21 janvier 2020 à 14:25 / Répondre

    Lors des Rencontres Franco-Ecossaises du 29 Juin 2013 a Marseille, Bob Cooper, le conservateur du musée de la Grande Loge d’Écosse, amena dans ses bagages rien moins que l’original du Livre des Marques de la Loge d’Aberdeen qui donne la liste des membres avec pour chacun d’eux, son métier, sa marque distinctive et la date de son admission. On y constate que sur un total de 49 membres pour l’année 1670, la loge comptait 80% de maçons spéculatifs. De quel type de loge s’agit-il a Aberdeen, près de 50 ans avant la création de la Grande Loge d’Écosse ? En tête de liste figure le Frère Harris Elphinstone, Receveur des Douanes. Le Frère James Anderson père, tout comme le Frère John Skene, un Quaker qui passe pour un des premiers Franc-Maçons d’Amérique du Nord, étaient membres de la loge d’Aberdeen. Pour ce qui est d’un serment maçonnique prêté sur les Constitutions plutôt que sur la Bible, n’oublions pas que la première version oficielle des Constitutons adoptée par la Grande Loge d’Écosse date de 1836 seulement. Dans ces conditions sur quel livre les Francs-Maçons écossais prêtaient-ils leur obligation lors de leur initiation entre 1736 et 1836 si ce n’est sur la Bible ? Enfin, si le Manuscrit Regius (1390 ?) mentionne il est vrai l’obligation de prêter serment, mais sans préciser sur quoi (15e point). Un de nos éminents historiographes parmi nous (que je ne suis pas 😉) voudrait-il bien nous éclairer et fournir la source permettant de conclure que la prestation de serment des maçons opératifs se faisait sur les Anciens Devoirs (Old Charges) ?

  • 27
    Désap.
    21 janvier 2020 à 11:25 / Répondre

    Je crains que l’on soit phagocyté par ses croyances, ceci mène à la superstition.
    .
    -Qui connait Dieu ? Qui a eu contact avec lui ?
    Il n’y a que Moïse qui eut un contact. Et encore, c’est ce qu’on compris les chrétiens, ce n’est pas ce que disent les juifs.
    Jésus n’a eu contact qu’avec le Diable, dans le désert. C’est fortement à méditer-
    .
    Ainsi on ne se trouve plus capable d’engagements vis à vis de soi-même.
    C’est tout l’objet de la maçonnerie, la Responsabilité de nos actes vis à vis de nous-mêmes. Relisons le rituel bleu, c’est une auto-discipline et non l’obéissance à des interdits d’ordre spirituel.
    Il s’agit de construire un Edifice, celui de l’Humanité, pas celui d’une bête sauvage prédatrice.
    Au même titre qu’une Cathédrale, on ne la construit pas avec l’aide de Dieu, on ne peut la construire qu’en le comprenant, en comprenant les lois de sa manifestation, de la Nature, du Monde, de l’Univers, on lui donne le nom que l’on veut.
    Libérons-nous des croyances et montons les sept marches de la compréhension.
    Tout est devant nos yeux, rien n’est caché.
    L’aveugle est celui qui croit, le philosophe est celui qui comprend sans crainte, avec confiance, confiance en ce qui nous constitue.
    Qui a pu imaginer un instant que je voudrais avoir raison et que je chercherais à imposer quoi que ce soit ?
    Il doit nécessairement craindre beaucoup, celui qui est craint de beaucoup – Sénèque.

  • 24
    pierre noel
    21 janvier 2020 à 10:05 / Répondre

    Je suis très surpris par le succès de ce petit article (5513 visiteurs jusqu’ici). Après tout il ne fait que survoler un aspect très technique de la pratique maçonnique (et de surcroît en large mesure dans une langue étrangère), le serment prêté par l’impétrant à son entrée dans l’ordre et surtout son support matériel. Nos prédécesseurs résolvaient le problème en appliquant les usages de leur temps, transposant simplement dans leur loge ce qui se faisait dans la société en général.
    Les obédiences actuelles, qu’elles soient de la mouvance « régulière » ou « libérale-adogmatique » ne font rien d’autre que transposer dans leurs loges des usages admis dans notre société actuelle dont le but est d’abord de montrer que ce serment a une signification et qu’il doit être pris au sérieux. Pour beaucoup de leurs membres, ce ne sont que vétilles à côté du but de l’institution et ils ne comprendront pas qu’on puisse s’intéresser à ce point à ce qui n’est que prémisse d’une aventure libératrice, ludique et conviviale, d’une entreprise nourrie à la fois d’introspection personnelle et de projection extérieure.
    Pour le petit nombre (dont je suis) qui accordent de l’importance au passé de notre institution, cet intérêt pour un de ses aspects fait plaisir à lire.

    • 26
      Désap.
      21 janvier 2020 à 10:40 / Répondre

      C’est pour cela, mon Frère Pierre Noël, qu’il faut respecter la vérité, surtout lorsque celle-ci ne remet rien en cause des pratiques maçonniques d’aujourd’hui.
      Prêter serment sur la Bible en loge est une pratique maçonnique opérative irlandaise ; en cela elle a une valeur de régularité incontestable.
      Prêter serment sur un Devoir ou sur le livre des Constitutions est une pratique maçonnique, opérative écossaise et anglaise, et de la première maçonnerie spéculative anglaise ; en cela, elle a également une valeur de régularité incontestable.

      • 33
        Pierre13
        21 janvier 2020 à 22:15 / Répondre

        Je travaille au RSE, et nous prenons notre Obligation Solennelle sur le VSL, par contre l’Obligation concerne les respect des Secrets et de ne laisser aucune lettre caractères ou dessin sur quoi que ce soit de mobile ou d’immobile. Je vous fait grace du reste de l’OS qui nous appartient.

        • 39
          Désap.
          22 janvier 2020 à 10:58 / Répondre

          33 – Ceci est conforme aux obligations de la GL d’Ecosse fondée en 1736.
          Ce n’est pas le sujet ici, nous discutons à propos des usages anglais Moderns, 1717 – 1813.

  • 22
    Désap.
    21 janvier 2020 à 09:30 / Répondre

    Où se trouve le livre des Constitutions dans cette divulgation ?
    Ce livre est présent et en bonne place comme Première Grande Lumière de la Franc-maçonnerie dans les 242 procès de verbaux (1717 – 1783) de Grande Loge compilés dans l’édition 1784 des Constitutions d’Anderson.
    Cette divulgation est fausse, comme le sont toute les divulgations.
    Etre proche de la vérité ne saurait exprimer la vérité, les mots ont un sens.
    Ces divulgations sont la production de ceux ayant quitter ou s’étant fait virer de la GL.
    La GL des Moderns est très élitiste, elle sera dirigée de tout temps par des nobles de haut rang ou des personnalités de la maçonnerie opérative ou de la société civile.
    Il était strictement interdit d’écrire quoi que ce soit la concernant, sauf autorisation expresse et sanctionnée par le Conseil Général présidé par le GM avant publication.
    Je ne vois aucunement un membre de l’Ordre de la Jarretière, ou un homme digne d’en être proche, transiger ou être négligent vis à vis de ce genre de chose.
    Ces divulgations, invariablement malveillantes, sont une sorte de vengeance . Vous m’avez viré, je divulgue vos secrets ; je vous quitte, je ne participe pas à des réunions dont les principes ne se rapportent pas à la religion, où sont acceptés des athées.
    L’Angleterre de la liberté religieuse n’est pas l’Angleterre du qu’en-dira-t-on.
    Il fallut attendre le règne de la reine Victoria pour que le principe soit accepté par la majorité de la population ; cf. l’Histoire.
    Aujourd’hui il faut trente ans pour que les évolutions soient acceptées ; et encore, il y a toujours des cons antisémites ou anti homos. Dans un décennie il faudra deux jours, sauf si les fachos ou les religieux prennent une nouvelle fois le pouvoir.
    Ainsi, par ces divulgations, dont très peu sont anonymes, il n’était pas question d’avouer que l’on participât à des réunions a-religieuses en présence d’athées ; c’était mal vu, très mal vu, propres à ce que le participant soit considéré comme un paria.
    Pourquoi croyons-nous que le secret était de rigueur ? Il n’y avait plus aucun secret de construction à protéger.
    Sans dimension sociologique, pas de compréhension.
    Donc, dans ces divulgations on inclut la Bible … et on oublie le livre des Constitutions.

  • 21
    J-J de Saint Etienne
    21 janvier 2020 à 08:17 / Répondre

    Meuble: toujours revenir à la source : selon le Petit Larousse , meuble du latin mobilis, qui peut être changé de place, qui n’est pas fixé. Tout objet mobile qui sert à l’usage et à la décoration des appartements.  » La vertu sans argent est un meuble inutile » Boileau. Toujours selon le Petit Larousse: Bible du grec biblion, livre par excellence. Recueil des saintes Ecritures. La Bible contient l’Ancien et le Nouveau testaments.

  • 19
    J-J de Saint Etienne
    21 janvier 2020 à 07:15 / Répondre

    C’est désespérant de se chamailler pour des broutilles sans intérêt constructif. A y regarder de plus près, j’y vois AU MINIMUM une croix et la lettre  » G  » pour  » God « . Mon Dieu, donne leur enfin la lumière!!!

  • 17
    Désap.
    20 janvier 2020 à 21:30 / Répondre

    14 – Voilà maintenant qu’on prêtait serment sur un meuble en loge Modern.
    On nous prend vraiment pour des demeurés, sauf si on croit à ce qu’on écrit, dans ce cas la priorité se trouve inversée.

  • 16
    Désap.
    20 janvier 2020 à 21:15 / Répondre

    13 – 14 – C’est à peine croyable de méconnaitre les Constitutions Moderns ou d’en refuser le texte à ce point.
    Les Lumières Moderns :
    Grandes Lumières : il s’agit de celles présidant aux séances de Grandes Loges, savoir dans l’ordre :
    – Le livre des Constitutions
    – l’Epée
    – le Grand Maitre, dont le bijou est la représentation du théorème de Pythagore, dont le principe est l’Equerre.
    .
    Lumières, sans qualificatif, présidant en loge, savoir dans l’ordre :
    – le Soleil
    – la Lune
    – le Maitre de la loge, son bijou l’Equerre.
    .
    Autre bizarrerie, le commentaire 12 de Mazargues.
    Ainsi, ne nous fions pas aux Constitutions (texte normatif), elles sont marginales dans un pays de tradition coutumière, en revanche, remettons nous aux divulgations (pourtant également portées à l’écrit).
    Mais oui bien sûr, où avais-je la tête ?
    Dans le même pays coutumier, ne nous fions pas à la liturgie définie par écrit, moi, divulgateur, je vais vous l’expliquer. Bref, c’est ridicule.
    Toujours aucun écrit sérieux démontrant la présence de la Bible en loge Moderns, toujours les Obligations, Règlements Généraux et les 242 procès verbaux de séances de GL Moderns vides des termes Bible et volume de la loi sacrée.
    Ceci sans compter ce qui s’exprime dans Ahiman Rezon …

  • 14
    pierre noel
    20 janvier 2020 à 18:43 / Répondre

    Autre question de Daxad (10) : « les 3 grandes lumières étaient le soleil, la lune et le maître de la loge ; la bible/évangile, l’équerre et le compas ne représentant que des « petites lumières ». Ensuite ce fut inversé. Cet interversion serait-elle uniquement due aux Antients ou ce fut également le cas chez les Moderns ? »

    Les premiers documents de ces années-là (Prichard, Wilkinson et autres) appellent « grandes lumières » le soleil, la lune et le maître de la loge.
    La bible, l’équerre et le compas étaient « les meubles de la loge ». Cet usage fut celui de la Première GL d’Angleterre jusque 1813.

    C’est la GL « selon les anciennes institutions », d’inspiration irlandaise, qui introduit l’appellation « Grandes Lumières » pour le ternaire bible-équerre-compas, l’appellation « Petites Lumières » pour le ternaire Soleil-Lune-VM.

  • 13
    pierre noel
    20 janvier 2020 à 18:21 / Répondre

    Le « dialogue between Simon and Philip » (qui n’est pas daté) est conservé dans les archives de la GLUA. Il fut recopié (dactylographié) en 1930, puis photographié après sa « découverte » dans la bibliothèque (en 1945). K&J le publièrent dans AQC vol 57 (1947).
    En se basant sur la copie de 1930 (lorsque l’original était introuvable), K&J l’avaient estimé de « circa 1740 », pour deux raisons
    1) Ils croyaient que les « Desaguliers Regulation » étaient les mesures prises en Grande Loge à l’encontre des maçons irréguliers en août 1730
    2) Ils pensaient que les « Old Masons » et les « New Masons » étaient des termes équivalents à « Antient » and « Modern » dans le sens habituel de ces deux mots.
    Après réflexion, ils conclurent plutôt qu’il fallait entendre par « Old Mason » et « New Mason » les maçons opératifs d’une part et les maçons acceptés de l’autre. Desaguliers était de toute manière très actif en GL (de nombreux document de l’époque en font foi, dont les pv de la GL elle-même) et il proposa de nombreuses mesures pour asseoir les pratiques de celle-ci sur des bases solides. Une de celle-ci fut le remplacement du dessin du tracing-board avec de la chaux et du charbon de bois sur le sol par les rubans blancs cloués ou épinglés sur le sol, ornés de lettres amovibles en argent ou en étain (plus tard remplacé par un tapis peint ou brodé). L’absence d’allusion aux modifications de Desaguliers et le caractère archaïque (pré-1730) de plusieurs réponses du document les conduisirent à lui attribuer la date circa 1725 (qui est celle de l’autre texte écrit sur la même feuille).
    De toute façon, l’exemplaire étant un texte manuscrit est vraisemblablement un exemplaire unique (donc un hapax). On peut toujours dire de lui qu’il est un faux, bien sûr. Mais on ne peut nier sans mauvais foi que son auteur avait une connaissance assez précise des questions/réponses des autres exposures du temps et qu’il connaissait Désaguliers !

  • 12
    Jean_de_Mazargues
    20 janvier 2020 à 18:17 / Répondre

    Lorsque l’on tente de décrire les pratiques maçonniques anciennes, et surtout lorsqu’il s’agit de le faire à propos d’un pays où la coutume a toujours prévalu sur l’écrit, il est sage de rechercher des descriptions desdites pratiques qui furent observées par les contemporains et ne pas se limiter à compiler des textes normatifs, par essence parcellaires et marginaux dans de telles contrées …

  • 11
    Etienne Hermant
    20 janvier 2020 à 17:50 / Répondre

    Le catéchisme « Simon and Philip » de 1725 est à rapprocher d’une Convocation faite aux maçons antédiluviens « at the Ship tavern » que l’on a retrouvé dans une coupure de presse portant la mention manuscrite 1726 (« le 24 de ce mois de juin » selon la convocation), qui marquent tous deux, voir complètent, les différences apportées entre ces « Anciens Maçons » et la maçonnerie « under the Desaguliers regulation » appelée aussi « New Lodge », celle de la GLL et W.
    Ces différences ne sont pas, à première vue, très marquantes.
    Dans « Simon and Philip », au lieu de répondre à la question « Êtes-vous maçons ? », par « Mes Compagnons et Frères me reconnaissent comme tel », les « New Masons » disent « Je le suis », là où les « New Masons » disent « par signes, attouchements et points de mon admission », les « Old Lodges » disent « de mon entrée ». Pour « couvrir les secrets d’un maçon » les « New masons » « pointent le doigt sur le sein gauche », ce que les « Old Masons » s’abstiennent de faire.
    Ajoutons que les formes des Loges différents.
    Nous avons un Carré Long pour les Loges de Desaguliers et une croix en forme d’orientation pour les « Old Lodges », un cercle irradiant (Holy Flame) avec la lettre G pour l’un et un « Diamont » avec la même lettre pour l’autre.
    Il y a pour l’un, les Moderns, l’ajoute d’outils : « Quadrant, Equerre, Compas et Fil à plomb ».
    Elément intéressant, nous retrouverons ces mêmes outils (accompagné d’un maillet, d’un niveau et d’une truelle) sur la gravure de Du Bourg et Folkema de 1736, « Les Free-Massons » (sur la dossier de la Chaire du Maître de la Loge).
    Une différence significative.
    Il y a une Bible installée sur « A pedestal » pour l’un et une absence de Bible pour l’autre.
    « The Antediluvian Masonry » (« qui ont été reçus à la manière Antediluvienne ») nous apportent d’autres indications.
    Il est question ici de « quelques innovations apportés par le Docteur et quelques autres des Modernes », à savoir « Ruban, Osselets, Lettres amovibles, Etoiles Flamboyantes pour la grande indignité du seau et de la serpillière qui servent à effacer nos Tracés ».
    On pointera une « harangue » annoncée sur notamment « […] genoux nus et pliés, sein gauche dénudé, Bibles, Compas, Equerres […] ».
    On trouve ici une disposition qui n’est pas sans nous interpeller, si du moins nous n’orientons pas nos recherches…
    On notera également l’évocation de la « Chambre du Milieu » et la légende d’Hiram où il est indiqué que « les francs et acceptés Maçons ne connaissent rien à ce sujet ».
    On rajoutera que sur un plan général les « New Masons » ne semblent pas avoir intégré la réelle signification portant sur « l’antiquité des signes, Attouchements, Griffes, Jointures, poignets ».
    Ces progressions obscures dans le Temple de Salomon, du parvis au Saint des Saints, liées à des « mots » pourraient, en effet, leur avoir échappé.
    Il est question dans des MSS du début du 18e siècle (dont la provenance reste encore assez obscure) de Boaz et sa réponse Jakin, de Magboe et sa réponse Boe, de Giblim et sa réponse Excellent maçon, de Je suis et sa réponse Jéhova, de Excellent et Excellent et sa réponse l’Excellence. Tout cela faisant référence à des « signes et attouchements » par les doigts, poignet, coude et creux des reins dont on peut voir les différents éloignements les uns par rapport aux autres, sans que des Degrés apparaissent clairement !
    En ont-ils compris le sens ?

  • 10
    DaXaD
    20 janvier 2020 à 16:20 / Répondre

    Bonjour TC Pierre Noel.
    Le document que tu partages avec nous aujourd’hui est particulièrement intéressant surtout quant à sa date : vers 1725.
    Il y a l’une ou l’autre question qui me taraude.
    Comment et sur quoi s’est-on basé pour d’abord le dater vers 1740 et revenir ensuite vers 1725 ?
    Est-ce un apax, un fait unique, ou d’autres documents abordent aussi ces changements apportés par Desaguliers (Desaguliers regulation) ?
    Est-on sûr de l’authenticité de ce document ? Où se trouve-t-il, où pourrait-on le consulter, pour l’analyser dans son intégralité bien sûr ?
    Peut-on dater le changement apparu dans le choix des 3 grandes lumières ? D’abord, si j’ai bien compris, les 3 grandes lumières étaient le soleil, la lune et le maître de la loge ; la bible/évangile, l’équerre et le compas ne représentant que des « petites lumières ». Ensuite ce fut inversé. Cet interversion serait-elle uniquement due aux Antients ou ce fut également le cas chez les Moderns ?
    Merci.

    • 15
      Tao
      20 janvier 2020 à 19:02 / Répondre

      On me corrigera si je dis une connerie, mais concernant les lumières, chez les Moderns, elles sont et resteront le soleil, la lune et le maître de la loge. Bible, compas et équerre sont et resteront des meubles. Ce sont les Antients qui feront de ces meubles des grandes lumières.
      .
      Amitiés,

  • 8
    Jean_de_Mazargues
    20 janvier 2020 à 15:05 / Répondre

    Mon pauvre Désap. il ne viendrait à personne il me semble l’idée de faire pression ou de tenter de te censurer. Il n’y a d’autre complot contre toi que ceux que tu imagines, rassure-toi.

    • 9
      Désap.
      20 janvier 2020 à 15:20 / Répondre

      🙂 🙂 Merci Mazargues qui, faut-il le préciser, ne sait pas où je travaille.
      Me voilà donc rassuré.
      Mais revenons au sujet, mon cher Frère … alors Bible ou pas Bible dans les loges Moderns ?

  • 7
    Désap.
    20 janvier 2020 à 14:59 / Répondre

    Ce commentaire n°5 est assez curieux.
    Tout d’abord il serait bien, comme l’exige l’historiographie, de nous indiquer les sources attestant l’utilisation de la Bible dans les loges spéculatives écossaises, je rajoute anglaises parmi les pays protestants, de la fin du 17e siècle.
    Un détail, de loges spéculatives écossaises et anglaises à la fin du 17e siècle, il me semble qu’il n’y en a … pas.
    Par ailleurs, et pour toute attestation ante et post 17e de la Bible en loge spéculative, je précise jusqu’à 1751, on nous renvoie à une prestation de serment de nos têtes couronnées datée 1319 tout en nous assurant, surement comme démonstration de la présence de la Bible sans sa présence effective et pour toute objectivité : « La présence de la bible ou des évangiles lors des serments était extremement rare au Moyen Age, car il y avait tres peu de bibles, on prêtait parfois serment sur des reliques. »
    Quel rapport avec la Franc-maçonnerie ? Ce n’est pas sérieux, ceci relève d’une certaine forme regrettable de bourrage de crâne.
    Et l’on nous assure plus loin et pour preuve irréfutable sans ne citer toujours aucune source : « Nous Francs-Maçons n’avons rien fait d’autre que de suivre dans tant dans l’usage que dans la forme les serments que nos ancêtres faisaient autrefois. »
    On termine cette démonstration à faire pâlir un professeur de Collège de France, par un magistral « dans certains pays méditerranéens, encore de nos jours, pour renforcer une promesse, l’usage de jurer sur la tête de sa mère, se sa femme, de ses enfants, etc reste bien vivant … » que l’on est prié de bien vouloir mettre en perspective avec les usages de la maçonnerie Modern de 1717 à 1813 comme décrivant l’incontestable présence de la Bible dans les loges de cette même Grande Loge.
    Il va falloir faire mieux mon cher Frère, il n’y a rien qui soit en mesure de démontrer quoi que ce soit.

    • 18
      Jacques Huyghebaert
      21 janvier 2020 à 07:04 / Répondre

      Nul besoin d’appartenir au Collège de France pour savoir qu’au moyen âge une prestation de serment se faisait soit sur la Bible, soit sur les Évangiles, soit sur des reliques, soit encore sur un autre objet considéré comme sacré. Voir la splendide miniature d’Evrard d’Espinques [1470] BNF ms FR 112 (3) fol.6 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8527589h/f15.image. Qu’est-ce que cela a à voir avec la Franc-Maçonnerie ? Simplement, que les Francs-Maçons n’ont rien inventé, qu’ils n’ont fait que maintenir un usage bien ancré que personne d’ailleurs ne contestait à l’époque . On devait prêter serment dans un procès, pour rentrer dans une corporation, dans une confrérie, pour pouvoir exercer son métier ou pour étudier à l’université ; pour se marier, pour devenir prêtre, chevalier ou médecin. Un vassal prêtait serment de fidélité à son suzerain, son suzerain prêtait serment de le protéger. Tous les aspects de la vie sociale, que l’on soit riche ou pauvre, puissant ou dépendant, impliquaient à un moment ou un autre, le fait de prêter un serment. Le serment était considéré comme sacré. Si bourrage de crâne il y a ce serait de continuer à nier cela et vouloir nous faire croire le contraire. Idem pour l’existence de Francs-Maçons spéculatifs avant 1700. Quelques exemples : Anthony Alexander (1634), Alexander Strachan (1634) Robert Moray (1641), Elias Ashmole (1646), https://www.facebook.com/GrandLodgeScotland/posts/the-first-speculative-freemasonelias-ashmole-1617-1692-was-not-the-first-specula/1011093335642914/ voire même l’initiation en 1601 à Perth, je concède non prouvée mais attestée de Jacques VI https://freemasonry.bcy.ca/biography/james_vi/james_vi.html

      • 23
        Désap.
        21 janvier 2020 à 09:49 / Répondre

        18 – tu tords ce que tu écris !
        Je ne saurais contester qu’il y avait des maçons acceptés au 17è, je conteste qu’il y eut des loges spéculatives comme tu le prétends ; cf. ton commentaire n°5.
        Pour le reste : en Ecosse, en Angleterre, en France, les maçons opératifs prêtaient serment sur un Devoir ; cf. l’historiographie, que je t’invite à consulter, si ce n’est étudier.

  • 5
    Jacques Huyghebaert
    20 janvier 2020 à 13:30 / Répondre

    L’utilisation par nos Frères des la fin du 17e siècle de la Bible dans les pays protestants et des Evangiles dans les pays catholiques est attestée dans les plus anciens documents de la maçonnerie spéculative en Irlande et en Ecosse, avant même que ne soit constituée en 1717 la Grande Loge de Londres. Il est bon a ce sujet je crois de placer la présence du VLS en loge dans la cadre plus large de la prestation de serments par les générations qui nous ont précédées, bien avant qu’on ne parle de Franc- Maçonnerie.
    J’ai trouvé un serment de 1319 : « la Paix de Saint-Léger » ( traité signé entre le Roi de France et le Comte de Flandre) où je note : « … Il s’agenouilla devant le nonce [du pape] et jura sur les Evangiles d’observer les dites conditions …  » J’ai lu que lors des sacres les rois de France prêtaient serment, à Reims, sur un évangile en caractères glagolithiques attribué à Saint Jérôme. La présence de la bible ou des évangiles lors des serments était extremement rare au Moyen Age, car il y avait tres peu de bibles, on prêtait parfois serment sur des reliques.

    Nous Francs-Maçons n’avons rien fait d’autre que de suivre dans tant dans l’usage que dans la forme les serments que nos ancêtres faisaient autrefois. Historiquement la prestation de serment cependant na pas toujours ni obligatoirement impliqué l’utilisation d’un livre sacré. Plusieurs présidents des Etats-Unis ont d’ailleurs fait leur prestation de serment en l’absence d’une Bible. Enfin, dans certains pays méditerranéens, encore de nos jours, pour renforcer une promesse, l’usage de jurer sur la tête de sa mère, se sa femme, de ses enfants,etc reste bien vivant …

    • 20
      Jacques Huyghebaert
      21 janvier 2020 à 07:39 / Répondre

      Edinburg Register House Ms [1696] – traduction Edmand Mazet … Tout d’abord vous devez faire agenouiller la personne qui va recevoir le mot, et après force cérémonies destinées à l’effrayer, vous lui faites prendre la Bible et, plaçant sa main droite dessus, vous devez l’exhorter au secret, en le menaçant de ce que, s’il vient à violer son serment, le soleil dans le firmament et toute la compagnie témoigneront contre lui, ce qui
      sera cause de sa damnation, et qu’aussi bien les maçons ne manqueront pas de le tuer. Puis, après qu’il a promis le secret, ils lui font prêter serment …

      • 25
        Désap.
        21 janvier 2020 à 10:13 / Répondre

        20 – Non mais c’est surréaliste, c’est ne rien connaitre des usages anciens qui s’appliquent à la société civile, et pourtant le texte est très clair.
        On ne peut jurer que sur la Bible, sur rien d’autre, jurer !
        On lui fait jurer de ne jamais violer son serment.
        Puis, après qu’il a promis (jurer), ils lui font prêter serment …
        Prêter serment de quoi ? De respecter le Devoir et les secrets de la profession ; sur quoi ? Sur le Devoir.
        Ce n’est pas la Bible qui est l’objet du serment, c’est le respect des principes de la profession.

      • 28
        pierre noel
        21 janvier 2020 à 12:14 / Répondre

        Très juste. j’ajouterai que le serment dont il est question est énoncé au paragraphe suivant :
        « By God himself and you shall answer to god when you stand naked before him at the great day , you shall not reveal any part of what you shall hear or see at this time … »

        Le candidat doit s’engager à ne jamais révéler ce qu’il aura vu ou entendu à ce moment précis (pas à un autre) et qu’il n’y est pas question du métier, de ses règles, devoirs ou principes..

  • 2
    Jean_de_Mazargues
    20 janvier 2020 à 11:31 / Répondre

    Cette haine de la Bible est confondante. Voyageant pas mal à l’étranger, il me semble que, à part en France, je n’ai jamais participé à des tenues sans Bible ouverte à l’Evangile selon Jean. Il est vrai que je n’ai pas été en Loge en Turquie, où l’on trouve côte à côte le Coran et la Bible …
    Heureuses et sereines les loges où l’on ne traite ni de politique ni de religion !
    Sinon, une fois de plus chez M. Désap. c’est la plus grande confusion entre religion et idéologie, règles écrites et coutumières, etc. etc. Aveuglé par son athéisme haineux (on peut être athée et doux et tolérant, M. Désap.), M. déasp. doit avoir beaucoup de mal à tenir le coup en Loge, il me semble ….

    • 3
      Désap.
      20 janvier 2020 à 12:32 / Répondre

      2 – 🙂 🙂 Outre que je ne nourris aucune haine, ce serait donner de l’importance à ce qui n’en a aucune, je comprends que relater le fait historique de la destruction de toute la sagesse antique par les chrétiens, et la maçonnerie Modern exempte de Bible, a minima d’un point de vue règlementaire, puisse perturber.
      Mais c’est ainsi mon cher Mazargues, l’Histoire établit et la recherche universitaire le prouve, ceci en dépit des croyances, sensibilités et volontés négationnistes.
      Il va falloir s’y habituer je ne m’arrêterai pas, sauf empêchement de m’exprimer ici.
      Après avoir constaté que l’on nous enfume sérieusement depuis trop longtemps, également que beaucoup ne comprennent pas le sens de cette exemption que je me chargerai également de développer et qui ne relève en rien d’un sentiment négatif primaire mais exactement d’une inutilité fondamentale parce que facteur de sclérose de la réflexion inhérente à la « Révélation », ma motivation est de celles indestructibles : volonté et vérité ; et le plus amusant est qu’aucune pression ne peut m’atteindre, personne n’étant en mesure de me menacer d’exclusion.

      • 4
        Désap.
        20 janvier 2020 à 12:41 / Répondre

        J’ajoute que je ne suis aucunement athée, sauf vis à vis d’Ecritures qui prétendent outrageusement relater LA volonté divine, cette volonté noyée dans l’océan du sang de ses victimes.

    • 6
      didier
      20 janvier 2020 à 14:10 / Répondre

      épiphénomènes, MMTTCCFF, épiphénomènes; des rides à la surface de l’océan, qui ne troublent en rien la réelle recherche en profondeur, quelle qu’elle soit pour chacun d’entre nous.
      Je vous aime.
      didier

  • 1
    Désap.
    20 janvier 2020 à 09:55 / Répondre

    En tout premier lieu, on sera amusé de constater que l’affirmation, en dépit de la réalité des textes officiels de la GL des Moderns, de la présence de la Bible en loge soulève une mobilisation toute affaire cessante, de l’ordre du militantisme le plus discipliné et révèle, au regard de la nature de ce Livre, une superstition bien ancrée et une peur non moins flagrante.
    L’on voudrait montrer par là que la loge dépossédée de sa souche religieuse serait satanique, au sens à la fois étymologique et religieux du terme, on ne s’y prendrait pas autrement et si efficacement, lors même que toute référence à la religion ainsi que toute discussion s’y rapportant jusqu’à aujourd’hui, y compris et surtout chez les réguliers GLUA, est interdite en loge par texte règlementaire de sorte d’en préserver la cohésion et d’éviter tout antagonisme entre les frères tel que c’est le cas ici depuis maintenant trois articles, ceci comme une démonstration par les faits du caractère ultra diviseur d’une idéologie qui prétend rassembler, la religion, celle-là même coupable de la destruction de cinq mille ans de civilisation, pas moins que l’Histoire de l’Humanité balayée du revers de la main d’une violence inouïe par le fondamentaliste mythomane Jésus qui se prit pour Dieu.
    En substance et toute objectivité, une telle attitude dans l’Antiquité provoquait l’hilarité comme relèverait aujourd’hui de l’internement psychiatrique.
    Par ailleurs, il s’agit toujours d’user de divulgations pour prouver la présence de la Bible en loge, ceci je le répète en dépit des textes officiels Moderns pas moins que leurs Constitutions, un peu comme si l’on se référait aujourd’hui à ce qui traine sur internet pour décrire la réalité de la Franc-maçonnerie. Je laisse à chacun le soin de qualifier la méthode et de juger de sa valeur.
    Mais là où les sommets sont atteints, c’est lorsqu’on lit :
    « Bien qu’on ait souvent discuté l’authenticité de ces révélations, arguant du caractère vénal de la publication, ce texte fut utilisé comme aide-mémoire dans de nombreuses loges du temps et les détails qu’il contient se retrouveront quasi in extenso dans les divulgations ultérieures comme dans de nombreux rituels légitimes d’ailleurs, tous faits qui suggèrent que Prichard n’était guère éloigné de la vérité. »
    Non content de n’apporter aucune preuve de l’exactitude de la divulgation, et pour cause d’impossibilité fondamentale (Guénon aurait dit « universelle » 🙂 ) on affirme que celle-ci « n’était guère éloigné de la vérité » et que « ce texte fut utilisé comme aide-mémoire dans de nombreuses loges du temps », affirmation aussi gratuite et abusive qu’elle ne repose sur rigoureusement rien de probant.
    Le reste est à l’avenant, les historiens susceptibles de lire une telle « démonstration » ne manqueront pas de sourire.
    Mesurons à l’aune de cette libre interprétation d’artiste combien nous devons remercier l’université d’avoir obliger la recherche à une discipline intransigeante de sorte de nous épargner l’établissement d’une Histoire de l’Humanité complètement fantasmatique et par le fait totalement fausse.
    Merci Pierre Noël, rire de bon matin est appréciable.

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