Les mots contre la laïcité : de la liberté de conscience à la liberté religieuse
Un texte d’Aline Girard, secrétaire générale d’Unité laïque et de Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité laïque, publié sur Mezetulle, le blog de Catherine Kintzler.
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Les mots contre la laïcité :
de la liberté de conscience à la liberté religieuse
Par Aline Girard, secrétaire générale d’Unité laïque et Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité laïque
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Depuis le début de l’année 2025, un phénomène préoccupant est apparu dans le paysage institutionnel français : le remplacement progressif et méthodique au point qu’il semble organisé, de la notion de liberté de conscience par celle de « liberté religieuse« .
Ce glissement n’est ni neutre, ni accidentel. Il correspond à une mutation profonde du paradigme républicain et s’inscrit dans le cadre d’une offensive doctrinale visant à redéfinir en profondeur la laïcité et, à travers sa dégradation, à menacer l’unité même de la Nation républicaine. Il procède d’une stratégie cohérente, portée par un courant intellectuel identifié et depuis longtemps relayée au cœur même de l’État.
Progressivement, la laïcité cesse d’être un principe universaliste structurant la société pour devenir un outil d’équilibre entre revendications ethnoreligieuses concurrentes. Cette substitution est lourde de conséquences ; elle modifie le centre de gravité de la laïcité, en le déplaçant de l’individu singulier et citoyen vers sa communauté d’appartenance. Surtout, elle tend à faire de la laïcité un instrument de gestion du religieux, alors qu’elle est historiquement un principe de limitation de son emprise.
Ce que fixe le droit positif français :
une liberté universelle de conscience et un régime juridique des cultes
La laïcité s’est historiquement construite autour de la liberté de conscience, qui est au cœur de la tradition républicaine. La liberté de conscience [1] est affirmée dès l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses. » Elle est reprise et précisée par la Loi concernant la séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905, dont l’article 1er précise que « la République assure la liberté de conscience ».
La seconde phrase de l’article statue que « la République garantit le libre exercice des cultes ». La hiérarchie est ici essentielle et la précision du langage ne laisse pas place à l’interprétation : la liberté de conscience est première et la liberté d’exercice du culte en est une conséquence. La République reconnaît donc des individus libres de leurs idées, opinions et croyances. Elle ne considère que les manifestations positives de ces croyances, les cultes, dont le libre exercice est d’ailleurs assorti de nombreuses restrictions d’ordre public régulièrement mises à jour [2]. La laïcité repose ainsi sur une anthropologie politique universaliste : elle vise à protéger l’individu contre toute assignation, quelle que soit sa nature, religieuse ou autre.
Le droit français a historiquement pris le parti de ne pas définir la « religion » comme catégorie substantielle au sens d’un contenu de croyance ou d’un dogme, au profit de catégories opératoires (culte, association cultuelle, police des cultes, etc.). Dans son rapport 2025 sur les discriminations fondées sur la religion [3], le Défenseur des droits le confirme : « S’il définit le culte, le droit français, en revanche, ne fournit aucune définition (ni légale ni jurisprudentielle) de la religion. […] Cette réticence trouve une justification : se prononcer sur la qualification de religion reviendrait indirectement à porter une appréciation sur les croyances à l’œuvre et donc à juger de leur pertinence. ». La République laïque refuse, comme il se doit, de s’occuper de théologie.
Ce que dit le cadre européen :
la liberté de pensée, de conscience et de religion
Absente originellement du droit français, la notion de liberté de religion a fait son entrée dans notre appareil juridique en 1974 via la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH) [4]. En son article 9 elle protège la « liberté de pensée, de conscience et de religion » sous réserve de restrictions légales et distingue, comme le fait en pratique la loi française, une dimension privée (convictions) et une dimension publique (manifestation par le culte, l’enseignement, les pratiques, les rites), cette dernière pouvant être, dans une société démocratique, restreinte par la loi pour des finalités dont la liste est limitative (ordre public, sécurité, santé, morale, droits d’autrui). C’est donc par le biais de cette Convention que le terme de religion est introduit dans la loi française.
Le vocabulaire européen (« pensée, conscience et religion ») et les discours et textes communautaires sur le rôle des religions comme facteurs de lien social expliquent pourquoi des acteurs institutionnels français glissent désormais si facilement, dans leurs commentaires, vers l’expression « liberté religieuse ». Celle-ci sert à désigner, de façon englobante, l’ensemble « conscience + religion + manifestation du culte ».
Il faut tout d’abord bien différencier l’expression « liberté de religion » (en anglais « freedom of religion ») de celle de « liberté religieuse » (« religious freedom »). La première, qui est celle utilisée dans les textes européens, quelle que soit leur langue, signifie que tout citoyen est libre de pratiquer la religion de son choix dans les limites de la loi. Elle s’inscrit donc parfaitement dans la notion plus vaste de liberté de conscience, même si elle insiste sur cet aspect spécifique. La seconde, l’expression « liberté religieuse », n’a quant à elle aucune légitimité constitutionnelle ou législative. C’est pourtant celle-ci qui tend à déplacer le point d’équilibre intellectuel de la laïcité et qui, au-delà du glissement lexical, reflète un glissement idéologique : on passe d’une liberté universelle (la conscience) et d’une précision la concernant (liberté DE religion) à une liberté conditionnée par la religion (liberté religieuse) et donc, potentiellement, par des prescriptions et des identités confessionnelles. [5]
Où un renversement de doctrine apparaît
Le rapport 2025 du Défenseur des droits sur les discriminations fondées sur la religion [6], s’appuyant sur un total renversement de la doctrine en matière de laïcité, franchit une étape décisive en ce sens. Dans une véritable relecture de la loi concernant la séparation des Églises et de l’État de 1905, il théorise la notion de liberté religieuse, qualifiée de « droit fondamental » et lui donne un statut dogmatique de référence. Le rapport annonce des « précisions terminologiques » et place au premier rang de celles-ci ce que recouvre la « liberté religieuse ». La définition proposée est ample : droit d’adhérer ou non à une doctrine religieuse et de la pratiquer, en réglant éventuellement son mode de vie et son comportement sur elle (c’est nous qui soulignons).
Le texte, truffé de l’expression « liberté religieuse, n’est pas en peine de contradictions. Confronté à la réalité de la loi et des textes, il ne peut que concéder ensuite un point décisif qui devrait, en toute rigueur, conduire à une extrême prudence lexicale et annuler tout développement allant dans ce sens : « L’expression « liberté religieuse » n’est pas expressément consacrée dans les textes ; elle se déduit de la combinaison de plusieurs libertés protégées (liberté de conscience, liberté de culte, liberté d’expression, liberté d’association, etc.), appliquées spécifiquement en matière religieuse. » Cette définition par la « combinaison de plusieurs libertés » est donc une libre interprétation, sans fondement juridique. [7]
Les mêmes termes et définitions sont employés dans le dossier « Liberté religieuse, laïcité et neutralité : comprendre les principes fondamentaux pour éviter les discriminations » publié par le Défenseur des droits le 3 décembre 2025 [8]. Ce dossier va cependant plus loin dans l’affirmation sans justification de la centralité du concept de liberté religieuse. Dans une extrapolation tendancieuse de la décision du 21 février 2013 du Conseil constitutionnel [9] et une hiérarchisation biaisée des principes au sommet desquels le Défenseur des droits place la religion [10], on lit par exemple, que les « quatre composantes de la laïcité » sont :
- Le respect de toutes les croyances et l’égalité de tous devant la loi sans distinction de religion: L’État protège la liberté religieuse de chacun, croyant ou non-croyant, et interdit les discriminations sur le fondement des convictions.
- Le libre exercice des cultes : Le libre exercice des cultes, conséquence de la liberté religieuse, renvoie à toute manifestation extérieure de la foi, qui peut trouver une limite dans le respect de l’ordre public.
- La neutralité de l’État : La neutralité de l’État correspond à l’autonomie et l’impartialité de l’État vis-à-vis du religieux : l’État n’adhère à aucun dogme religieux et n’en promeut ou condamne aucun.
- La non-reconnaissance et le non-salariat des cultes : L’État ne reconnaît aucune religion comme religion officielle et ne rémunère aucun ministre du culte. Le principe de laïcité commande donc, de la part de l’État, des abstentions (neutralité, non-discrimination, non-reconnaissance, non-salariat) et des actions (protection de la liberté de religion, garantie du libre exercice des cultes). [11]
C’est ici que le débat devient politique. Au lieu de s’en tenir à « la liberté de pensée, de conscience et de religion » (cadre européen) ou plus simplement à « liberté de conscience [qui inclut selon la philosophie politique républicaine la liberté de religion] et au libre exercice des cultes » (cadre 1905), les publications du Défenseur des droits choisissent de fabriquer une méta-catégorie (« liberté religieuse ») et d’en faire LA clé d’interprétation appliquée à la laïcité, aux signes religieux et à la neutralité.
Il faut insister sur l’effet majeur de cette évolution. La définition retenue par le Défenseur des droits est suffisamment large pour autoriser, sur le plan rhétorique, l’idée que la liberté religieuse englobe des « règles de vie » et donc des prescriptions dogmatiques, ce qui rapproche dangereusement le vocabulaire institutionnel de l’argumentaire communautariste (« ma foi commande, donc la norme commune doit s’ajuster »), même si les deux rapports du Défenseur des droits rappellent en parallèle les régimes des restrictions légales et de proportionnalité. Le conflit n’est pas seulement terminologique : il porte sur la représentation mentale de la hiérarchie normative. La laïcité protège d’abord une liberté intérieure universelle, puis encadre un exercice externe ; la notion de « liberté religieuse » réintroduit le religieux comme principe organisateur de la société et comme norme concurrente de la loi civile dans une logique d’exception.
Or, dès que l’on franchit ce pas, on s’éloigne du champ de la laïcité tel que le Conseil constitutionnel l’a borné : aucune croyance ne peut être opposée à la règle commune dans la relation avec la puissance publique. Ainsi, dans une décision de 2004, le Conseil constitutionnel affirme que le caractère laïque de la République interdit « à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers [12] ».
Où le glissement lexical devient observable et interprétable :
une convergence de sites officiels, de fiches de référence et de supports de formation depuis 2025
Ce qui frappe lorsqu’on consulte diverses sources publiques (sites gouvernementaux, supports de formation, rapports), ce n’est pas seulement l’émergence et l’affirmation de l’expression illégitime de liberté religieuse, c’est son élévation au rang de notion d’entrée, présentée comme la clé de lecture de la laïcité.
Sur le site du ministère de l’Intérieur, la page de référence « Cultes et laïcité » illustre parfaitement ce déplacement. Outre que cette page, pour respecter l’esprit de la loi de séparation devrait s’intituler « Laïcité et cultes » et non l’inverse, elle affirme que « la loi de 1905 dans son article 1er reconnaît la liberté religieuse » et, surtout, enchaîne avec une conséquence décisive : le libre exercice du culte « peut […] nécessiter des adaptations du droit commun », et « l’État peut parfois adopter des réglementations spécifiques afin de garantir la liberté religieuse » [13]. On ne se contente donc pas d’un rappel neutre des libertés, on instaure l’idée de l’ajustabilité du droit commun pour motifs religieux. Or cette interprétation injustifiée est non seulement en contradiction frontale avec la loi de 1905, mais aussi avec l’article 3 de la DDHC [14]. Il s’agit donc véritablement d’un renversement copernicien qui met au cœur de la société non plus la liberté de conscience et l’égalité des citoyens devant la loi, mais l’autorisation éventuelle donnée à chacun de brandir les règles de sa religion pour s’opposer à la loi. Dérive gravissime dont pourtant personne ne semble se soucier.
Sur laicite.gouv.fr [15], la lettre même et l’esprit de la loi sont d’emblée détournés : la laïcité y est définie comme « un modèle de relations entre l’État et les religions » alors qu’elle est un principe de séparation des Églises et de l’État. Elle est par ailleurs présentée comme reposant sur « trois piliers » : protection de la liberté religieuse, respect du pluralisme, neutralité de l’État. L’État est décrit comme dialoguant avec chaque religion au nom du pluralisme (« l’État dialogue avec chacune »). Le choix du vocabulaire retenu et de l’ordre des mots est ici politiquement significatif : on substitue au triptyque classique (liberté de conscience / séparation / neutralité) un triptyque qui commence par la religion et normalise l’idée d’une relation structurée entre État et religions. Les rédacteurs de cette définition remplacent le terme de séparation par celui de relation et la notion de culte (ou d’églises) qui renvoie à la neutralité positive du droit par celle de religion, qui renvoie au dogme et au contenu de la croyance. Il s’agit donc en une page d’une inversion totale du principe de laïcité.
Sur service-public.fr, la page sur la religion dans l’entreprise [16] ouvre d’emblée par « La liberté religieuse est un principe ». On peut à la rigueur admettre que, dans le contexte du droit du travail, l’intention est descriptive : protéger l’expression des convictions, tout en rappelant les restrictions possibles. Mais l’effet de cadrage demeure : le lecteur assimile progressivement la religion à un principe juridique au lieu de se voir proposer les outils principiels de « liberté de conscience » et de « libertés publiques », pour aborder non pas la question de la religion, mais celle du libre exercice du culte en entreprise.
Ce glissement se retrouve aussi dans des productions relevant de l’écosystème éditorial et pédagogique de la Direction de l’information légale et administrative (DILA) rattachée aux services du Premier Ministre : le site Vie-publique.fr multiplie, depuis 2025, les contenus dont le titre même fait de la formule « liberté religieuse » un sésame interprétatif (par exemple : « Qu’est-ce que la liberté religieuse ? » [17] ou « L’État, garant de la liberté religieuse » [18]).
Les contenus, produits par l’éditeur des sites service-public.fr et de vie-publique.fr, sont dotés d’une autorité symbolique décisive dans la fabrique des « mots » de l’action publique.
Enfin, dans la version 2025 du livret du formateur Valeurs de la République et Laïcité (VRL) [19], la notion de « liberté religieuse » s’impose comme catégorie centrale, reléguant au second plan la liberté de conscience. Cette inflexion est capitale : ce livret sert de référence à des milliers d’agents publics et de salariés et bénévoles associatifs en contact avec les publics ou qui interviennent dans l’espace public. Depuis 2015 [20], il fabrique, concrètement, la doctrine administrative en matière de laïcité. Une lecture attentive fait apparaître plusieurs éléments :
- le glossaire distingue certes « liberté de conscience » et « liberté de religion », mais mobilise à plusieurs reprises la « liberté religieuse » comme catégorie pratique (ex. prosélytisme comme « manifestation de la liberté religieuse ») ;
- le livret introduit la Charte de la laïcité dans les services publics en expliquant que son préambule reprend des « dispositions relatives à la liberté religieuse » ;
- la fiche sur le secteur privé parle explicitement de la « question de la liberté religieuse en entreprise » et encadre ses restrictions par le droit du travail ;
- la fiche « Laïcité : les articles de loi à connaître » contient un item « limitation de la liberté religieuse (secteur privé) ». [21]
On voit donc que ce livret accompagne les dérives que nous avons mises en lumière.
De son côté le Conseil constitutionnel publie dans sa revue Titre VII un article intitulé « La liberté religieuse et le principe de laïcité » [22]. L’auteur, Mustapha Afroukh, maître de conférences en droit public à l’Université de Montpellier, affirme : « L’idée selon laquelle la laïcité et la liberté religieuse sont les deux faces d’une même médaille, qui est au cœur de la loi de 1905, est aujourd’hui traversée par deux logiques opposées : d’une part, à la faveur de la fondamentalisation de la liberté religieuse, l’obligation de garantir le libre exercice des cultes se trouve renforcée, ce qui permet notamment une adaptation de la laïcité à l’évolution du paysage religieux ; d’autre part, s’est imposée, souvent au nom de laïcité, une nouvelle neutralité applicable aux personnes privées qui limite considérablement la liberté religieuse. ». L’auteur part donc du principe erroné selon lequel la loi de 1905 aurait pour cœur le rapport entre laïcité et liberté religieuse. Il ne peut qu’arriver à une conclusion elle aussi erronée, regrettant implicitement que soit considérablement limitée la « liberté religieuse ». Que le Conseil constitutionnel accepte de publier dans Titre VII de telles affirmations ne peut que susciter une grande inquiétude chez les citoyens français.
En dix-huit mois l’expression est apparue simultanément sur un site ministériel, un site gouvernemental spécialisé sur la laïcité, le portail Service-Public, le rapport du Défenseur des droits, des fiches pédagogiques VRL, des productions éditoriales de vie-publique.fr et sur le site du Conseil constitutionnel. Cette concomitance et cette insistance suggèreraient-elle une campagne de légitimation institutionnelle de la notion de liberté religieuse ?
Confusion volontaire des concepts et falsification du discours :
s’agit-il de liquider la laïcité ?
Depuis les années 1990, s’est développé un courant qui insiste sur une laïcité adjectivée, dite « ouverte », opposée implicitement par ses tenants à une laïcité « fermée » qu’ils stigmatisent. Ces militants de la cause « tolérantiste » tendent à interpréter la laïcité comme un mode d’organisation du pluralisme religieux plutôt que comme une démarche volontariste d’émancipation de la conscience individuelle.
C’est dans ce contexte que l’expression « liberté religieuse » devient un outil stratégique : elle sert de pont lexical entre la protection nécessaire des personnes dans leurs convictions et pratiques, affirmée par la deuxième phrase de l’article premier de la loi de 1905 et une vision où les institutions sont invitées à organiser, reconnaître et accommoder des normes confessionnelles.
Certes, les institutions et la justice administrative n’en sont pas encore à faire de la laïcité un instrument d’exemption des règles communes, mais le danger est perceptible derrière la confusion pédagogique produite quand l’administration et la justice administrative reprennent ce lexique sans rappeler le verrou de la règle commune. On assiste de fait à une cléricalisation progressive du vocabulaire de référence qui a des effets pratiques sur la compréhension et l’application de la laïcité.
La laïcité est présentée comme « protection de la liberté religieuse » et « gestion du pluralisme religieux », alors que, dans la législation française, elle est d’abord une construction politique de l’espace commun qui protège chaque conscience (y compris celle du non-croyant) contre les emprises des vérités révélées et contre les assignations identitaires. Le choix d’accoler au substantif « liberté » l’adjectif « religieuse » plutôt que le complément du nom « de conscience », n’est pas neutre.
L’État se met à parler publiquement « d’adaptations du droit commun » pour garantir la « liberté religieuse », en mentionnant des domaines (prescriptions alimentaires, rites, etc.) où l’on discute d’exceptions et d’aménagements et qui ne sont pas de son ressort. Le martèlement de cette logique, interprétée comme un objectif plutôt que comme une dérogation, nourrit l’idée que la norme commune est négociable sur une base confessionnelle.
En termes de formation des fonctionnaires et des responsables associatifs, l’usage de l’expression « liberté religieuse » comme notion d’entrée risque de déplacer la question du devoir de neutralité de l’État et de ses agents vers les « droits religieux » des usagers.
Paradoxalement, ce glissement se présente souvent comme un antidote aux discriminations (« rappeler la liberté religieuse pour éviter des restrictions abusives »), comme le fait le Défenseur des droits. Mais il produit de fait l’effet inverse. En essentialisant le débat autour de la religion, il favorise la lecture communautaire des conflits (croyants contre non-croyants, une religion contre une autre), alors que la laïcité vise justement à désamorcer la concurrence identitaire en ramenant chacun au statut commun de citoyen et à la liberté de conscience.
Une rupture avec l’universalisme républicain
La conséquence la plus grave de cette évolution est la remise en cause de l’universalisme républicain.
La liberté de conscience repose sur un principe simple : tous les citoyens sont égaux parce qu’ils sont d’abord des individus libres. La « liberté religieuse » introduit une logique différente : les individus sont définis par leurs appartenances ethniques et religieuses, et ces appartenances doivent être reconnues et accommodées.
On passe d’un modèle unificateur à un modèle différentialiste. Ce basculement est lourd de conséquences, entraînant la fragmentation du corps social, la multiplication des revendications particularistes et l’affaiblissement du cadre commun.
Au-delà de la laïcité, c’est l’unité de la Nation qui est en jeu. La laïcité française est un principe politique fondamental, qui permet à des citoyens différents d’agir ensemble sans que leurs croyances particulières ne deviennent des normes collectives. En substituant la « liberté religieuse » à la liberté de conscience, on introduit une logique inverse par laquelle les croyances deviennent visibles, revendiquées, structurantes , exigent reconnaissance et adaptation et entrent en concurrence. C’est le modèle républicain même qui se trouve fragilisé.
L’opération en cours est d’autant plus redoutable qu’elle avance masquée. Elle se présente comme une évolution terminologique neutre, elle invoque les droits fondamentaux et se réclame de la lutte contre les discriminations, alors qu’en réalité, elle redéfinit en profondeur le sens de la laïcité. Il s’agit d’un véritable basculement politique et social.
Il faut le dire clairement, la « liberté religieuse » est la négation progressive de la laïcité. Elle contribue à substituer l’appartenance à la liberté, les règles d’un groupe réuni autour d’un dogme à la liberté de l’individu fondée sur sa singularité. Paradoxalement cela revient à substituer le particularisme à l’universel.
Cette évolution ouvre la voie à une société fragmentée, traversée par des normes concurrentes, aux antipodes de l’idéal républicain. La religion cesse d’être un fait privé dont la manifestation est encadrée pour devenir une dimension structurante de l’identité publique. L’État protège désormais l’expression sociale d’une appartenance religieuse et non plus seulement la liberté de pratiquer son culte. Il tend à considérer les manifestations religieuses comme des droits imprescriptibles dont toute restriction deviendrait suspecte.
C’est un changement de régime, qui n’est pas sans rappeler, par ses attendus idéologiques et la méthode, l’attaque dont est la cible un autre principe fondamental de la République, son indivisibilité.
Aline Girard et Jean-Pierre Sakoun
[1] Précisons que la liberté de conscience induit que chaque individu est libre de ses convictions, que celles-ci soient philosophiques, politiques ou religieuses. C’est donc une regrettable erreur de ramener la liberté de conscience à la seule liberté de « croire et de ne pas croire ». La propagation de cette vision restrictive tend à mettre la question religieuse au cœur de la société.
[2] Dernières mises à jour dans la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, dite improprement « Loi séparatisme » et par la QPC du 22 juillet 2022 relative à l’article 19-1 de la loi de 1905, qui n’ajoute pas un texte législatif mais encadre son interprétation constitutionnelle sur un point particulier.
[3] https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/2025-12/ddd_rapport_les-discriminations-fondees-sur-la-religion_20251204.pdf . p.31
[4] https://www.echr.coe.int/documents/d/echr/convention_fra. La Convention a été signée le 4 novembre 1950 et est entrée en vigueur le 3 septembre1953. Elle a été ratifiée par la France le 3 mai 1974.
[5] https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/guerre-des-mots-le-concept-de-liberte-religieuse-defie-la-laicite
[6] https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/2025-12/ddd_rapport_les-discriminations-fondees-sur-la-religion_20251204.pdf. Pages 29 et suivantes.
[7] https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/2025-12/ddd_rapport_les-discriminations-fondees-sur-la-religion_20251204.pdf. Page 29.
[8]https://www.defenseurdesdroits.fr/liberte-religieuse-laicite-et-neutralite-comprendre-les-principes-fondamentaux-pour-eviter-les-1010
[9] https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000027097740
[10] NB : la police graissée de certains termes a été appliquée par les rédacteurs de ce texte et pas par les auteurs du dossier.
[11] On notera d’ailleurs que dans cette décision du Conseil d’Etat, manque la référence au non-subventionnement des cultes. Le CE se contente, de manière assez énigmatique, voire inquiétante, de n’évoquer que la non-reconnaissance et le non-salariat.
[12] Décision n° 2004-505 DC du 19 novembre 2004 Date : 19 novembre 2004 Objet : contrôle de constitutionnalité du traité établissant une Constitution pour l’Europe. Considérant : n° 18
[13] Ce n’est pas le seul dérapage du ministère de l’Intérieur qui se présente lui-même dans un texte récent comme « ministère des cultes », alors que n’y existe qu’un Bureau central des cultes. Il n’y a plus de ministère des cultes depuis 1912, le dernier ministre ayant été Joseph Caillaux. En outre dans le même texte, les rédacteurs du ministère mentionnent les « autorités religieuses », alors que cette expression n’a plus cours depuis 1905 et que l’on doit parler exclusivement de « représentants des cultes ».
https://www.interieur.gouv.fr/archive/le-ministere-de-l-interieur-ministere-des-cultes
[14] DDHC – Art. 3 : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »
[15] https://www.laicite.gouv.fr/quest-ce-que-laicite
[16] https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20367 (mise à jour au 30 janvier 2025)
[17] https://www.vie-publique.fr/fiches/23873-quest-ce-que-la-liberte-religieuse
[18] https://www.vie-publique.fr/eclairage/20206-letat-garant-de-la-liberte-religieuse-laicite-loi-1905
[19] https://formation-laicite.anct.gouv.fr/
[20] https://anct.gouv.fr/actualites/formation-valeurs-de-la-republique-et-laicite-dix-ans-d-action
[21] Respectivement fiches de synthèse n° 3c, n° 4a, n° 4b, n° 4c.
[22] https://www.conseil-constitutionnel.fr/publications/titre-vii/la-liberte-religieuse-et-le-principe-de-laicite

Selon les militants d’ED ici, 33% des musulmans approuveraient l’islamisme.
Les musulmans représentant 7% de la population leur excitation porte donc sur 2% maxi de la population….
C’est dire le delire!
Le Pays France est face à un danger imminent, concret des 2027 : l’arrivée au pouvoir d’ un parti fondé par des wafenSS et construit sur la xénophobie, la peur, l’enfermement protectionniste.
Et ses militants fabriquent un risque ridicule d’avènement d’une… république islamiste… aucun parti islamiste, aucune sympathie manifestée par personne, mais des attentats ignobles.
Et ils se la racontent tentant d’attiser les haines non sur les islamistes mais sur la communauté musulmanne comme en 1930 sur les juifs.
Ce délire peut-il avoir du succès? … je le crains! Les militants n’ont plus aucune vergogne!
Ch’suis un gars d’Hénin-Beaumont, os-qu’j’ai des lachons à rchevoir des p’tits bourgwaoues francs-maçons qui n’osent minme point s’esprimer sous leu propte idintité et qui font des achociations commis « Athanor » ?
Il fallait être aveugle, et depuis des années, pour ne pas comprendre que cette évolution allait nécessairement advenir. Nous sommes cuits, et n’en déplaise à certains, la France deviendra à court ou moyen terme une république islamique. La guerre civile nous attend.
C’est ce qu’on se raconte dans votre milieu? Ceci dit l’islamisme étant une forme d’extrême droite, ça devrait plaire à certains!
@8 : Quand je lis vos innombrables interventions, dont le contenu est rigoureusement le même, j’en viendrais presque à plébisciter l’intelligence artificielle.
Ok vitriol.(maxime qu’il serait utile d’appliquer)en défaut de rétorquer sur le sujet, on commère sur le commentateur. Du grand classique répétitif et en groupe, en plus…
Bon … à l’image de la pauvreté de cette propagande qui veut faire paniquer , fantasmer sur les 0.0001% d’islamistes en France.
vos chers amis : les 0.0001% d’islamistes en France ont fait 238 morts en France depuis janvier 2015
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/07/26/le-terrorisme-islamiste-a-fait-236-morts-en-france-en-18-mois_4975000_4355770.html?srsltid=AfmBOopFi39UCjIIsVHAE2BG3-6LfuwJZL_m00rYs8Z46cjnd3pXPeys
En terme d’amitié, l’islamisme étant une forme d’extrême droite, nul doute qu’ils vous soient proches : un régime à croyance en Dieu, oppressif, brutal, sexiste, un “guide suprême “, le rêve …
Sinon, au concours de morts… les producteurs d’alcool, les conducteurs automobiles, les traficants …
Pas de bol, Jojo ! je ne suis ni croyant encore moins d’extrême droite. C’est raté, encore raté, toujours raté. C’est devenu une habitude. « Parler, sans savoir et pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l’ouvrir » aurait dit notre F feu Pierre Dac
Rémy, je me prononce sur ce que tu écris, pas sur l’étiquette que te prétends ou dénies ! Il s’avère que la propagande que tu répands est identique à celle del’ED!
Expliques nous donc ce que tu reproches à l’ED ! Ce sera plus honnête que juste clamer!
à 7 Vitriol – On est plutôt mal barré en effet. On ne changera pas en quelque jours, plus de quarante ans d’une même politique menée par tous les partis – les élus qui adaptent et changent de propos en fonction des circonstances pour s’attirer la sympathie des électeurs. La France ne combat plus le désordre ni l’insécurité depuis longtemps, elle apprend à vivre avec. « il est interdit d’interdire » – on récolte ce qu’on a semé. Notre Société est une Société à rééduquer. Et çà prendra du temps, beaucoup de temps. Si tant est qui il ait une volonté politique qui parviennent à fédérer tous les français un peut comme Mitterrand avait réussi à le faire. On peut toujours rêver n’est-ce pas.
Vous en savez des choses. Total rrespect.
@10 : je crois simplement que vous ne voulez pas voir ce qui est en train de se produire. Regardez l’état des écoles, où l’on ne peut même plus enseigner l’histoire, les sciences naturelles ou la philosophie; regardez les hôpitaux, où le religieux s’invite désormais sans vergogne et où des patients, qui bénéficient pourtant de la solidarité nationale, imposent que leurs femmes soient traitées par des hommes au risque de voir éclater des violences; regardez simplement autour de vous, écoutez ce qui se dit, ayez l’honnêteté intellectuelle de qualifier l’antisémitisme qui gangrène notre société; observez le réel, en laissant toute idéologie de côté, comme on laisse nos métaux à la porte du temple. Il est si commode de taxer d’extreme droite toutes celles et ceux qui se réveillent enfin et ont le courage de dire que notre politique migratoire (ou plutôt son absence) est un cuisant échec. Oui, quelque-chose d’irréversible a bien lieu sous nos yeux, avec le concours des pouvoirs publics, comme en témoigne parfaitement le texte présenté dans cet article. L’idéal de fraternité que nous portons ne doit pas nous aveugler, nous empêcher d’appréhender la situation telle qu’elle se présente, et non comme l’on voudrait qu’elle fût. La naïveté n’est pas une vertu, mais un paillasson tissé au fil de la faiblesse, sur lequel des religieux décérébrés s’essuient déjà les pieds, et que nos prédécesseurs, eux, ont eu le courage de combattre en d’autre temps. Puisse leur lucidité nous éclairer.
@ 11 Vitriol. En effet mon cher, « Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir » et « pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. » La mauvaise foi, le sophisme, dont le parti pris en est le socle ne manquent pas ici chez ceux qui ne partagent pas vos points de vue, avec parfois quelques mots ironiques. Drôles de maçons dans leur application de la fraternité qui n’a vraiment rien de drôle.😉
Dans le conditionnement des adeptes des propagandes d’ED on se raconte que ceux qui ne gobent pas seraient aveugles, sourds … c’ est bien pratique et paresseux… ça évite de se fatiguer à chercher des arguments…(tiens exactement comme dans les sectes… ou les mouvements fondamentalistes islamistes ou chrétiens).
Vitriol 11. Il s’agit la d’une propagande bien connue visant à créer désordre, panique autour de fantasmes.
Très similaire à la propagande nazi des années 30 avec une autre cible de haine. Ou celle de Staline ou PolPot.
Affirmation, accusation que les autres seraient “endormis “(comme les sectes).
Et surtout evidemment, aucune proposition, orientation de quelque progrès.
On ne peut qu’en conclure que se dissimuler derrière comme dans tous les autres cas de l’histoire un désir derrière pouvoir totalitaire, oppressif.
Donc, ceux qui restent attachés aux valeurs de la République doivent combattre sans ménagement ces propagandes classiques mais toujours aussi perverses.
Et 33% des musulmans en France qui éprouvent de la sympathie pour les thèses islamistes, y compris les plus violentes, c’est de la propagande ? Les 238 morts, comme le mentionne Rémi, auxquels nous pouvons ajouter de trop nombreuses agressions antisémites, c’est de la propagande? Samuel Paty, c’est de la propagande ? Le père Hamel, décapité en son église, c’est de la propagande? La note de la DGSI sur les 150 quartiers aux mains des islamistes, c’est de la propagande ? Le rapport accablant du Sénat sur l’entrisme des frères musulmans, c’est de la propagande? C’est vous, et vous seul qui nous serinez avec vos lubies, vos réflexes pavloviens, votre psittacisme et vos névroses. Vous voulez discuter du fond, comme vous dîtes, en nous sortant systématiquement les mêmes arguments éculés ? En nous infligeant à toutes les sauces vos indigents discours sur l’extreme droite ? En nous honorant de votre moraline rance dès lors que nous observons une situation que votre dogmatisme vous interdit de percevoir? Comment voulez-vous trouver des solutions à une réalité que vous êtes incapables de lire? Vous êtes absolument fascinant…
Vitrio,Dans le même temps 400 000 morts dus à l’alcool ! Votre excitation sur les attentats islamistes est ridicule !!
Que les arguments d’évidence(pas les miens spécialement) perturbent votre propagande , c’est certain et j’assume totalement.
Sont-ils répétitifs ? Pas plus que votre propagande.
Chacun comprend que face à l’évidence de l’absurdité de votre propagande, y compris chez ses partisans, vous tentiez une autre absurdité: affirmer que ces évidences seraient des lubies isolées d’un commentateur détesté.
Ensuite, on constate que vous voulez étendre votre haine des islamistes à tous les musulmans!
Rien de neuf ! Les mollah iraniens, les nazis, les staliniens , les pires sectes tiennent votre discours!
Comparer les 400 000 morts du à l’alcoolisme aux personnes assassinées par des fous d’Allah, il fallait oser. Et dire que vous étiez GM d’une obédience… Dans les duos cités dans mon commentaire 26, vous n’êtes définitivement pas Shrek.
@ VITRIOL 20,
Bien. Il y a donc 67% des musulmans qui n’éprouvent aucune sympathie pour les thèses islamistes. C’est pas mal quand même ? Plus des deux tiers.
33%, ça ne vaut pas le coup de se mettre entre les mains des fascistes deux fois condamnés pour détournement de fonds publics et racistes du RN ?
Qu’en pensez-vous frère Vitriol ?
Ah, Desap est vivant ! Me voilà rassuré : avec la canicule, j’ai un instant cru au pire… Voilà donc nos deux compères de nouveau réunis, cela nous manquait. Car Joab sans Désap, c’est un peu comme le marteau sans la faucille, Melon sans Melèche, ou Schrek sans son âne. Allez, pour la peine, je tire tout seul une batterie d’allégresse dans ma cuisine, cela fera ma journée. Merci pour tout, vous êtes magnifiques.
Cha vaut pus un escoulin, tous ches cangemints d’surpitchets ! Si j’comprinds quéque cose à chi marnage ? Tous ches foirteux-là, is vont finir par nos fére canter l’PCC !
Tu as oublié la francisque, frère Vitriol.
Non parce que dans les cercles de la condamnée à trois ans de prison qui ne devait pas faire campagne avec un bracelet électronique et qui finalement est candidate à la magistrature suprême parce que la Cour de Cassation va la blanchir … ou pas … on dit, sans rire, que le gouvernement de Vichy était de gauche.
Ce qui est magnifique, c’est de se prévaloir des vertus de la Justice et d’aller voter pour une reprise de justice.
Mélenchon a raison, l’objectif que toutes les tendances politiques doivent se fixer, c’est l’échec du RN au premier tour.
Imaginons une reprise de justice au deuxième tour de l’élection présidentielle française. Mais quelle honte.
A Vitriol 7 et à Lazare 10
Ecoutez Michel Fayad sur You Tube : mot clés « Le tiers des musulmans sont des islamistes en France »
Typique de l’abrutissement par RSociaux ! N’importe quelle ânerie peut devenir une “vérité “ pour des esprits crédules.
Les faits : 5% des musulmans manifestent sympathie pour le djihâd…
Mais, classiquement l’Ed veut évidemment s’en prendre aux musulmans paisibles, comme ils le faisaient pour les juifs autrefois. La lâcheté a toujours été inhérente à l’ED. ( cf Petain, Franco).
Peut-être?
Peut-être seulement?
Mais qui peut être ce Peut-être? Quand le propos demeure ainsi volontairement sibyllin quelle plus-value cela apporte-t-il vraiment?
Puisque chacun n’y verra que ce qu’il aura envie de voir.
La réponse à ce problème, la solution éventuelle, ne dépend t elle pas d’une volonté politique ? A moins que je ne me trompe. En ce cas mon cher Lazare, j’implore ton indulgence fraternelle. 😉
@Rémi (4).
J’ai bien compris. Mais à un moment donné la volonté politique que tu évoques est portée par une incarnation humaine, donc politique, donc structurée, donc partisane.
Mais sous ton « Peut-être seulement », personnellement je n’arrive pas à saisir à quelle incarnation politique de cette volonté politique tu fais allusion. C’est la raison pour laquelle, tant que tu ne la nommeras pas, chacun n’y verra que ce qu’il aura envie d’y voir.
A Lazare 4 – En effet mon cher Lazare. Il y a deux raisons pour lesquelles je ne la nommerais pas. La première, lorsque deux personnes regardent le même phénomène, elles ne voient pas forcément la même chose. La seconde pour éviter les habituelles polémiques vives, stériles et longues qui m’agacent au plus point et qui d’ailleurs, tu en conviendras avec moi, n’ont pas leur place ici. C’est pourquoi, laissant chacun à sa liberté de penser – socle de la liberté d’expression , chacun n’y verra que ce qu’il aura envie d’y voir et c’est bien comme ça. Cela dit, si une chose peut être vue de plusieurs manières, c’est peut-être qu’elle est plus complexe que ce que l’on croit. Non ?
Cette logique laisse entendre que la norme républicaine serait ajustable face aux exigences confessionnelles. Elle opère un basculement redoutable : le passage d’une société universaliste, où le citoyen est premier, à une société fragmentée, où l’assignation communautaire prime sur l’individu. Dans ce schéma, la Nation cesse d’être un projet commun pour devenir une simple addition de communautés juxtaposées.
Ce glissement n’est pas seulement idéologique, il est profondément politicien. Ce mode de gouvernance offre en effet une prime au renoncement : il permet aux partis politiques de s’affranchir de l’intérêt général et de la promotion individuelle. En abandonnant l’idéal de « l’ascenseur républicain », le pouvoir peut se permettre de délaisser des pans entiers de la population, relégués à leur sort communautaire.
Dès lors, la gestion républicaine cède la place à une simple gestion de flux et de sécurité. Mater les rébellions légitimes de ces laissés-pour-compte se transforme en un exercice technologique froid, presque virtuel, confié à des forces de l’ordre équipées de drones terrestres. Sans doute la science-fiction nourrit-elle ma réflexion, mais la réalité technologique et politique actuelle semble de plus en plus lui donner raison.
« Les jeux sont faits, alea jacta est ! » L’état – démagogue professionnel – est pleinement responsable de la situation. Et ce n’est pas prêt de changer. Personne parmi nos politiques, beaux parleurs – manipulateurs soi disant sociétaux ne me fera avaler la couleuvre du contraire. Ce n’est pas près de changer. A moins que ! Peut-être. Mais peut-être seulement. Et ça sera de toute façon compliqué – très compliqué.