Une réaction critique au colloque « Religiosités séculières et sacré laïque »

Publié par Alex Caron

Alex Caron, qui nous avait déjà envoyé le 21 août « Mais où va michel Maffesoli ? », une contribution à charge contre la pensée postmoderniste de Michel maffesoli : « Toute la pensée de Michel Maffesoli consiste à substituer au caractère potentiellement « totalitaire » des instances politico-culturelles héritées de la modernité, une manière de paradigme systémique (postmoderne et foncièrement « anti-autoritaire ») labile, destiné en réalité à présider à la liquidation de l’ensemble des avancées et acquis relatifs à la modernité politique (laïcité, État de droit, égalité, etc.) que la philosophie des Lumières nous aura légués. », récidive en jugeant cette fois le colloque d’Epinal lui aussi postmoderniste.

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« Religiosités séculières et sacré laïque » : un colloque postmoderniste !

Le centre de recherche sur l’imaginal d’Epinal organise des colloques qui se veulent universitaires dans le cadre plus large du festival « imaginales » qui est un salon international de littérature imaginaire. Ce festival permet la rencontre d’écrivains, de dessinateurs, d’artistes, d’historiens et de nombreux passionnés autour de productions diverses favorisant l’imagination.

Selon Wikipedia l’imaginaire peut être défini sommairement comme le fruit de l’imagination d’un individu, d’un groupe ou d’une société, produisant des images, des représentations, des récits ou des mythes plus ou moins détachés de ce qu’il est d’usage de définir comme la réalité. Il peut être fait appel à l’imaginaire pour résister à une réalité jugée trop rationaliste péchant par sa modernité pensée comme négativement matérialiste.

Ainsi le mentor de l’école postmoderniste dite Ecole de Grenoble, Gilbert Durand s’est évertué à réhabiliter l’imaginaire en réfutant Blaise Pascal qui en parlait comme « Folle du logis » ou René Descartes  pour qui elle était « maîtresse d’erreur et de fausseté ». Gilbert Durand s’est opposé à la tradition philosophique, pédagogique et scientifique iconoclaste (qui « détruit » les images, ou tout au moins s’en méfie). La procédure efficace de recherche de la vérité se fondant sur la dialectique (Socrate, Platon puis Aristote) s’oppose au flou de l’image. La culture de la raison de la scolastique médiévale (Thomas d’Aquin), des débuts de la physique moderne (Galilée, Descartes) et du rationalisme classique, de l’empirisme factuel (David Hume, Isaac Newton), etc. ont exclues progressivement l’imaginaire des procédures intellectuelles, pour le confondre avec le fantasme, le rêve, l’irrationnel ou le délire. La culture scientifique, le positivisme, la méthode scientifique dans l’étude de l’histoire ont dévalué la pensée symbolique.

A la suite de la psychanalyse freudienne, de la psychosociologie religieuse (Mircea Eliade), de la psychologie (école jungienne), du néokantisme (Ernst Cassirer, Martin Heidegger), de la phénoménologie (Edmund Husserl), de l’herméneutique, ou encore de certains récents travaux de philosophie et de sciences cognitives qui revalorisent les représentations visuelles, les pratiques imaginatives et la métaphore, la recherche sur l‘imaginaire peut être conçue, comme le concevait Gilbert Durand, en science du mythe ou « mythodologie » qui permet de reconstituer sur la longue durée la rythmique culturelle du mythe (résurgences et désactivations), ses cycles de transformation et ses « bassins sémantiques » de diversification géoculturelle (sic). Ce sont donc les mythes et l’imaginaire dont ils sont porteurs qui constituent la tradition et l’identité de ceux qui l’ont en tête…

Le festival « Imaginales » d’Epinal accueille déjà depuis plusieurs années les « imaginales maçonniques et ésotériques » qui présentent des conférences autour de thématiques plus ou moins maçonniques. Ainsi cette année seront abordés tour à tour Les Templiers, le théâtre et la chevalerie, Robot servile ou serviable, Chevaliers du zodiaque.

Le colloque du centre de recherche sur l’imaginal Epinal annonce, sous la plume de sa directrice la sociologue professeure des universités Céline Bryon-Portet, que « le terme « sécularisation » a longtemps servi à désigner un processus d’affaiblissement voire de disparition progressive de la religion sous l’effet de la modernité, marquée par une approche comparable avec les croyances d’antan. Pourtant, force est de constater que la mort annoncée de la religion n’a pas eu lieu. Certains sociologues vont d’ailleurs jusqu’à évoquer un mouvement de « désécularisation », idée selon laquelle « nous vivons dans un monde sécularisé est fausse. Le monde d’aujourd’hui […] est aussi furieusement religieux qu’il l’a toujours été ; il l’est même davantage dans certains endroits ».

Cependant, la thèse du regain – comme le faisait jadis celle du déclin – nous paraît occulter un aspect important du phénomène religieux moderne, à savoir les métamorphoses et les recompositions profondes qui s’opèrent depuis deux siècles. Très significatives de ces changements sont les « religiosités séculières », lesquelles ont ceci de particulier qu’elles s’attachent à des objets qui ne relèvent généralement pas du champ religieux  : la République française, avec ses rites politiques, ses mythes, ses symboles, ses défilés ; le Communisme, expression d’une sacralité laïque ; le culte rendu à certaines stars disparues, James Dean, Elvis Presley, Claude François, Lady Diana ; la divinisation des champions sportifs et la sacralisation du football, etc.

Ce colloque aura pour objectif d’étudier les religiosités séculières et les formes laïques du sacré afin de mieux comprendre la société contemporaine mais également l’homme moderne, dont on peut se demander s’il ne sera pas toujours un « homo religiosus » selon l’expression de Mircea Eliade, c’est-à-dire un être épris de sacré et en mal de transcendance, y compris dans ses activités les plus profanes… »

Convoquer Mircea Eliade à l’introduction de ce colloque en laisse imaginer l’orientation.

Pour ce penseur roumain, il est impossible à l’homme moderne de s’affranchir entièrement de la pensée religieuse. La laïcisation de la société est tributaire de la religion puisqu’elle consiste à une séparation. Mais en s’opposant aux modèles sacrés, en insistant que l’homme doit façonner lui-même l’histoire, l’homme laïque n’arrive à fixer son identité que par sa contestation de la pensée religieuse. Dans son ouvrage le sacré et le profane, Mircea Eliade « l’homme laïc ne se reconnaît que dans la mesure où il ‘se libère’ et ‘se purifie’ des «superstitions de ses ancêtres ». Cependant, l’homme moderne « maintient un ample fonds de mythes camouflés et de rites dégénérés ». Les événements sociaux modernes gardent certaines similarités avec les rites initiatiques traditionnels, et les romans modernes mettent en scène des motifs et thèmes mythiques. En définitive, l’homme laïc reste partie prenante de quelque chose comme l’éternel retour : par la lecture de littérature moderne, « l’homme moderne réussit à obtenir une ‘évasion hors du temps’ comparable à l’émergence hors du temps’ accomplie par les mythes ».

L’imaginaire, la tradition primordiale ?

Dans Occultisme, sorcellerie et modes culturelles (1978), Eliade témoigne de son admiration pour René Guénon pour qui toute civilisation digne de ce nom repose sur les principes traditionnels. Guénon critique la décadence du monde moderne qui éloigne l’humanité de sa dimension transcendante et dénonce avec véhémence toutes les formes qu’il considère comme des déviations.  S’interroger sur l’imaginaire ouvre la porte sur tout ce que la modernité a dépassé, rejeté ou ignoré.

C’est pourquoi le colloque a comme co-directeur Georges Bertin membre du Centre de recherche sur l’imaginaire (CRI) créé par Gilbert Durand. Le Greco-CRI (Groupement de recherches coordonné des centres de recherches sur l’imaginaire) n’est que l’un des centres de recherches d’appartenance du socio-anthropologue Georges Bertin, aussi directeur des recherches en sciences sociales au Cnam des Pays de la Loire et par ailleurs ancien vice-recteur de l’Université catholique de l’Ouest. Il dirige des travaux de recherche (masters et thèses en sciences de l’éducation, anthropologie culturelle, Université de Paris 8, Paris 5 et Pau). Parmi la bibliographie très étoffée de Bertin, nous retiendrons quelques titres d’ouvrages dont il est l’auteur : « De la quête du Graal au Nouvel Age, chevalerie et initiation » (Vega, 2010) ; « La Quête du Saint Graal et l’imaginaire­, essai d’anthropologie de l’imaginaire arthurien » (Corlet, 1997, préface de Gilbert Durand) ; Druides, « les maîtres du temps » (Dervy, 2003) avec le recteur Paul Verdier, etc. De plus, quelques-uns des intitulés de conférences que Bertin donne méritent qu’on les cite : « Le Nouvel Age (New Age), histoire et actualité » ; « Wilhelm Reich, un imaginaire de la pulsation » ; « La réception des thèmes chevaleresques dans les sociétés ésotériques modernes contemporaines » ; « Les figures du passage, d’Hermès aux modernes passeurs via Saint Christophe », etc. La production intellectuelle dont il est l’auteur, est caractéristique des thèses que la mouvance liée au CRI soutient le plus souvent. Bertin est également un exégète avisé des pensées durandienne/maffesolienne.

Georges Bertin dans son ouvrage « Imaginaire social et politique : quand le système entre en dérive », Esprit critique, printemps, vol. 5, n° 2, 2003, p. 5 écrit ce qui synthétise la vision du monde postmoderne et traditionaliste autour de la recherche de l’imaginaire : « De l’autre côté, les sociétés de la Tradition sont celles pour lesquelles l’avenir ne peut actualiser des possibles. Elles accueillent, dans le Mythe de l’Éternel retour, la possibilité d’une ouverture au Grand Temps, ce temps des grands récits et des traditions orales, lequel connaît aujourd’hui une ferveur nouvelle,des néoceltes au New Age. »
Il s’agit donc de sortir du petit temps qu’est la modernité en réenchantant le monde par l’imaginaire.

Le réenchantement ne se fera pas avec n’importe quel mythe !

Dans une étude significativement intitulée « L’imaginaire scientifique », Bertin opposera à la nature intrinsèquement prométhéenne de l’activité scientifique, un « antitotalitarisme » aux contours bien particulier ; celui de « la découverte de la “pensée sauvage” [de Claude Lévi-Strauss] qui a en effet mis à mal une universalité progressiste et rationaliste démentie par les terreurs de l’histoire ». Notons également que cet article fera appel à l’œuvre de Gilbert Durand (Science de l’ homme et tradition, Berg, 1978). Commentateur et laudateur des pensées durandienne et maffesolienne, Bertin rappelle que le mythe de Prométhée « est pour Durand l’origine de tous les mythes optimistes et progressistes de l’Occident. Le tuteur de la pensée occidentale ».

En somme, il s’agit de recourir aux « bons » mythes qui soutiennent la montée en puissance de l’ère postmoderne, afin d’opposer à la modernité finissante les qualités de l’hypogée, c’est-à-dire, selon Maffesoli, « le moment de quitter les sommets pour les souterrains, quand les valeurs de la modernité s’effacent au profit de celles de la prémodernité », quand la raison s’efface devant les passions, lorsque le contrat social « être-ensemble rationnel » doit se dérober au profit du pacte « naturel/tribal ».

Ainsi pour Georges Bertin dans « Interculturel et mondialisation : niveaux de communication culturelle, temporalités et sociétés », Esprit critique, octobre 2002, p. 10. face à l’insupportable de la modernité, la vulgarisation de l’option épistémologique/idéologique favorise la bonne réception des modèles de sociétés « qui s’organisent sur la base du mythe de la Renaissance et des libres recommencements ».

Mais comment opérer à cette renaissance ?

Il faut aller chercher les personnes dont l’imaginaire produit une pensée postmoderne car puisant dans des racines enfouies. C’est sans doute pour cela que notre colloque « scientifique » d’Epinal fait appel à quelques amis de Georges Bertin comme Lauric Guillaud magnétiseur de son état.  Son intervention portera sur « La religion civile étasunienne, une originalité pérenne ? ».

Interviendra aussi le militant anti zététiste Bertrand Méheust spécialiste des OVNI dont le livre « Somnambulisme et médiumnité » est selon Georges Bertin « Contre l’irrévocable certitude sartrienne voulant que toute conscience soit inaccessible à toute autre conscience, l’auteur va instruire historiquement et sociologiquement, à charge et à décharge, le procès du magnétisme, de la métagnomie et de la lucidité magnétique évacués par le rationalisme ». Bien sur la fantaisie de ces deux intervenants n’aura rien de commun avec la rigueur scientifique des Karbovnik, Willaime, Renard et autre Brach.

Mais n’est-ce pas la logique postmoderniste de mettre sur le même niveau ce que la méthode scientifique a apporté avec les pseudo-sciences ? Ce n’est pas sans rappeler les critiques d’un De Maistre contre les académies. Rappelons-nous que la prédicatrice des astres, Élisabeth Tessier obtint un doctorat de sociologie grâce au héraut du postmodernisme Michel Mafessoli. Dans l’imaginaire tout se vaut…tant que cela va contre les lumières et l’universalisme.

Et ce n’est pas la présidence d’honneur du colloque par Alain Caillé dirigeant de la Revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en science sociale) et du Convivialisme qui s’oppose à ce constat. Dans son essai le plus important, ce sociologue français condamne la logique du “donner-pour-avoir” et exalte en contrepartie, la logique archaïque du don. Ce qui lui permet, ou l’oblige, à réévaluer le rôle des cultures traditionnelles où « l’on se préoccupe davantage de la cohésion que du profit » (Colotta, « Une “nouvelle gauche” contre la vulgate des Lumières »). Il est aussi par les convivialistes un promoteur d’un universalisme pluriel (ou « pluriversalisme »).

Nous pouvons donc nous demander si ce colloque sur l’imaginaire ne participe pas à la vague actuelle anti rationaliste qui attaque les associations scientifiques et d’esprit critique tout en refaisant l’histoire du mouvement rationaliste.

Dans cette vague la franc-maçonnerie adogmatique, laïque et universaliste est aussi prise pour cible. Réfléchir l’imaginaire maçonnique comme une tradition déconnectée de la modernité, penser sa tradition comme une continuité ancestrale qui ne devrait rien aux circonstances des Lumières, c’est participer à une révolution conservatrice qui certes plairait à Mircea Eliade mais qui n’en ferait plus une force progressive.

Il y a t-il encore une place pour imaginer le progrès ?

lundi 12 octobre 2020
  • 2
    Benjamin Rathery
    14 octobre 2020 à 15:33 / Répondre

    Alex Caron, Quitte à citer des philosophes pour épater ses camarades, autant faire les bonnes citations ! Blaise pascal n’a jamais écrit, nulle part : l’imagination est la folle du logis. Cette notion de la folle du logis est due à Nicolas Malebranche qui écrit, dans « entretiens sur la métaphysique » : L’imagination est une folle qui aime à faire la folle. Enfin, c’est Voltaire, citant sans doute de mémoire, qui écrit : L’imagination est la folle du logis, attribuant la formule à Malebranche. Par contre, celui a écrit : L’erreur est la cause de la misère des hommes. C’est la première phrase de « La recherche de la vérité », ouvrage que tout franc-maçon devrait lire. Voilà la rectification de votre erreur faite, pour vous taquiner.
    Quant à votre critique sur le colloque à prétention scientifique, je la partage largement. Faire cohabiter Blandine Kriegel avec Bertrand Méheust, Marc Lebiez avec Lauric Guillaud, c’est prétendre faire débattre Finkielkraut avec Cyril Hanouna, ou mélanger les torchons avec les serviettes. On ne peut qu’admirer, non sans ironie, l’éclectisme de la « directrice scientifique », professeur des universités, Céline Bryon-Portet, dans l’art des mêler les martiens aux papous.
    Mais j’ai envie de vous renvoyer elle et vous dos à dos. Traiter de ce sujet sans faire référence au concept de l’imaginal et à Henry Corbin relève de la performance. C’est là qu’on voit que quand certains « sociologues » se prennent pour des philosophes, ça craint !
    Vous égratignez au passage ce pôvre Georges Bertin, qui est pourtant à peu près le seul légitime à parler de ce sujet, quoi qu’on pense de ce qu’il raconte. Votre haine de Maffesoli vous égare ! Je me permets de vous rappeler que si Maffesoli et Bertin se présentent volontiers comme disciples de Durand, celui-ci ne les a jamais reconnu comme ses disciples. Le dialogue entre le F Corbin et le F Durand étaient d’un autre niveau. Conclusion votre idéologie vous égare dans votre analyse. Quant aux organisateurs de ce colloque, c’est pire, ils feraient mieux d’organiser un spectacle de cirque. Voir Céline Bryon-Portet dompter les animaux sauvages, bien que cela soit désormais interdit, ne vaut pas le voyage mais mérite certainement le détour.

    • 3
      Alex Caron
      17 octobre 2020 à 02:31 / Répondre

      Cher Benjamin Rathery,
      Merci pour votre rectification. Je suis coupable de ne pas avoir vérifié la citation pourtant trouvée dans une revue scientifique.
      Je vois chez vous un fin connaisseur de l’histoire de la mouvance que je critique.
      J’avoue ne pas connaître l’œuvre de Henry Corbin. Par contre je connais un peu mieux les travaux de Louis Matisson dont il fut l’élève. Mais je l’ai tout de même rencontré dans mon étude du Cercle Eranos.
      Vous me prétendez une haine de Michel Maffesoli qui n’est pourtant pas mienne.
      Si je n’aime pas son style d’écriture ou son dandysme quelque peu pédant, je reconnais à Michel Maffesoli une constance intellectuelle que je m’efforce de comprendre.
      Et ma compréhension me fait rejeter sa pensée et aussi la combattre.
      Car j’ai bien trouvé le fil d’ariane qui lie le concept central de la vision du monde postmoderne de Maffesoli – le tribalisme maffesolien et son « polythéisme des valeurs » d’essence « anti-autoritaire/libertaire » qui retiennent toute l’attention d’Alain De Benoist de la Nouvelle Droite– et la nature des travaux et échanges qui se sont déroulés au fil des ans sous les auspices de la communauté de Monte Verità et du Cercle Eranos.
      En somme, se situant dans le sillage d’Eranos, la bien étrange Weltanschauung « anti-autoritaire » maffesolienne favoriserait « l’affirmation d’identités “qui se posent en s’opposant”. Elle se dresserait ainsi contre « le monomythe judéo-chrétien et ses avatars jacobins, positivistes et marxistes » qui nierait l’autre, et « annulerait le processus de différenciation». C’est notamment sous cet angle que les thèses émanant des écrits de De Benoist entrent en résonance avec la dimension « anti-autoritaire », « rebelle », de la vision du monde maffesolienne.
      C’est ce que démontre l’élève de Michel Maffesoli, Olivier Sirost dans « Michel Maffesoli, l’héritage d’Eranos ».
      Or je ne partage absolument pas cette vision du monde car je suis un partisan des Lumières et de ses idéaux humanistes. Je pense que les lumières nous assignent à une tache principale qui est de cheminer de l’individu vers la famille puis vers la Patrie, l’Europe et le Genre Humain. L’individu éclairé s’approprie l’universalisme, ce qui l’aide à se désentraver de toutes ses illusions ou préjugés hérités de sa formation, de son temps ou encore des modes et de son imaginaire bioculturel.
      Je pense encore le progrès et la modernité et combats les révolutions conservatrices que mènent les Corbin , Eliade, Durand, De Benoist, Maffesoli ou Bertin. Et je crois que la franc-maçonnerie, particulièrement telle qu’elle s’est installée en France depuis le XVIII siècle est porteuse de cette modernité qui a encore de l’avenir. Avenir possible ,entre autres, si les franc-maçons acteurs de la cause républicaine comme l’a récemment écrit le philosophe Charles Coutel sur Hiram.be comprennent la bataille culturelle qui est à mener et la guerre de positions qui doit être gagnée contre les postmodernistes cultivateurs d’identités figées et de sociétés communautaires organiques.

  • 1
    Durruti
    12 octobre 2020 à 10:38 / Répondre

    On oublie qu’Emil CIORAN et Mircea ELIADE furent, dans la Roumanie de l’avant guerre (1930-1940), très engagés dans le mouvement fasciste et antisémite roumain. Le troisième intellectuel roumain de l’époque, Eugène IONESCO, refusa de partager cet engagement.
    Pour ELIADE, il justifie cette adhésion idéologique au charme d’une « renaissance spirituelle » et d’une « révolution ascétique virile ». De nombreux points communs avec GUENON et MAFFESOLI…
    ELIADE va jusqu’à parler de « christianisme cosmique » purifié des « toxines juives ». (Cf « Cioran, Eliade, Ionesco. L’oubli du fascisme. » par Alexandra LAIGNEL-LAVASTINE).

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