Théophile Bra, un illuminé romantique
Né le 23 juin 1797 à Douai, dans le Nord de la France, dans une famille de sculpteurs depuis quatre générations.ce sculpteur fut un artiste reconnu et reçut un second Prix de Rome en 1818. Il reçut d’importantes commandes officielles sous la Restauration et la Monarchie de Juillet (Palais du Louvre et Arc de Triomphe, Versailles, statues d’églises, marbres et plâtres au musée de la Chartreuse à Douai...). Jusque vers 1850, Bra limita sa production à la sculpture monumentale civique et religieuse et au portrait.
Après 1840, la productivité de Bra déclina ; il travailla pendant quelques années à Lille puis se retira à Douai dans l'oubli et la solitude. Il décéda dans sa ville natale en 1863. Théophile Bra a été fait Franc-Maçon en 124 à la Parfaite Union à Douai. Il a appartenu à des Loges de Paris, Lille et Douai entre 1825 et 1850. On connaît environ 70 sculptures de Théophile Bra mais sans doute moins les 45.000 feuillets personnels légués à la Bibliothèque municipale de Douai, par l’artiste, dont 10 000 comportant des textes et dessins qui ont été découverts et analysés depuis une trentaine d’année par l’historien Jacques de Caso. Cette activité graphique hors du commun cristallise son énergie créatrice à la naissance du romantisme entre 1826 et 1840 environ. Dès 1826, cet artiste connut des états hallucinatoires. Ses problèmes se traduirent par des "phénomènes graphiques". Il a souffert de crises d'"irritation cérébrale" qui ont marqué son travail de ce dessinateur d'exception. Le Musée de la Vie romantique révèle à travers une 1re exposition à Paris, l’oeuvre visionnaire de Théophile Bra, sculpteur mais aussi dessinateur d’exception. Ces encres inconnues, sélectionnées parmi les quelques dix mille feuillets légués à sa ville natale démontrent une nature rebelle exaltée, opposée à tout académisme. Estimé des cercles intellectuels et savants, Bra, indépendant des milieux artistiques parisiens, fascina Balzac et George Sand. Outre L’Evangile rouge (1826-29), journal intime nourri de ses étranges visions du monde, de ses délires spirituels et de ses théories de l’art originales, ses manuscrits témoignent, pour reprendre les mots de Jacques de Caso, "d’un dérangement émotionnel à caractère mystique", suscitant une ferveur créatrice prolifique et fébrile. Cultivant un graphisme compulsif qui griffe la feuille à l’encre de Chine, Bra développe des motifs complexes aux commentaires obscurs sur des concepts obsessionnels et des pensées tourmentées :Têtes de feu et autoportraits, hiéroglyphes, Être Suprême, chimères, taches et abstractions… Son inspiration fantastique évoque les univers habités de Goya, William Blake ou Victor Hugo. Son génie illuminé précède ainsi de manière prémonitoire certains dessins et poèmes automatiques des surréalistes. Exceptionnelle par son ampleur, cette manifestation sera une découverte magistrale pour tous les publics.
Vendredi 16 Février 2007
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