Léopold Ier, le roi franc-maçon

Par Jiri Pragman dans Edition

La très complète étude de Jean Van Win vient à point. Alors que se multiplient les listes de Francs-Maçons célèbres, la Franc-Maçonnerie belge peut-elle réellement s’enorgueillir d’avoir compté « dans ses rangs » le 1er roi des Belges. Ou Léopold Ier ne fut-il qu’un Maçon de complaisance ?

Si l’on parle d’une « Initiation » en Suisse à la Loge Zur Hoffnung (L’Espérance) de Berne, qu’en fut-il exactement ? Le prince Léopold maçonna-t-il dans les Loges anglaises, lui dont les oncles, les ducs de Kent et de Sussex étaient Grands Maîtres ? Y exerça-t-il des fonctions d’officier dignitaire ? Et fut-il
réellement reçu Chevalier Kadosch, comme le laisse croire la statue de la « rue du Persil » à Bruxelles le représentant avec le Baudrier (mal disposé) de ce Grade écossais. Et le Grand Orient de Belgique ne s’est-il pas approprié le roi-maçon pour sa plus grande gloire ?

L’ouvrage Léopold Ier le roi franc-maçon de Jean van Win est très rigoureux. Il explore minutieusement toutes les hypothèses sans pour autant se contenter des « on dit » maintes fois rabachés. Il nous entraîne dans les méandres des dynasties européennes en se penchant bien sûr sur ce minuscule duché de Saxe-Cobourg-Saalfeld de 55km² et moins de 60.000 habitants dont est issu le prince. Il nous aide à comprendre la psychologie de ce prince Léopold qui se révèle souvent froid, pragmatique et calculateur mais qui fut aussi un jeune prince très courtisé… mais parfois mufle. Il décrivit ainsi les Parisiennes : Car ici, quand on prie une femme de s’asseoir, elle se couche….

Homme de cour, le prince Léopold fut aussi officier de l’armée russe où, loin de l’image du soldat d’opérette, il eut à combattre sabre au clair. Epoux de la princesse héritière d’Angleterre puis veuf, il refusa le trône de Grèce avant d’accepter celui de cette jeune Belgique qui avait bouté le Hollandais dehors !

Les diverses questions mentionnées plus haut sont soigneusement étudiées par Jean van Win qui s’intéresse particulièrement aux relations entre le Grand Orient de Belgique et le souverain. Si, dans la Pompe inaugurale du Temple du Grand Orient de Belgique (installation du GOB en 1833), il est fait allusion à notre monarque, (…) Maçon lui-même, il semble néanmoins que le roi ait pris ses distances avec les Maçons, soutenant davantage les catholiques, lui qui était par ailleurs, un luthérien convaincu.

Il est étonnant de constater que, selon van Win, c’est grâce à un article du correspondant en Suisse du journal L’Indépendance belge, que le Grand Orient de Belgique découvrit après le décès du roi l’origine de son appartenance maçonnique. La Cérémonie funèbre du 10 février 1866 ne reçut par ailleurs que 9 représentations… belges de Grandes Loges étrangères, le Grand Orient de Belgique n’étant plus en odeur de sainteté depuis 1854, année qui le vit supprimer l’article 135 interdisant les débats politiques et théologiques en Loge.

Le livre – tout à fait accessible à un profane comme un non historien – est très agréable à lire et est bien complété par des photos et autres reproductions de documents.

Rencontrer Jean van Win

Jean van Win participe à la rencontre d’auteurs (avec dédicaces) proposée par la librairie Télélivre le dimanche 11 mars 2007 de 15h à 18h.

  • Librairie Télélivre, rue Père de Deken, 83 – 1040 Bruxelles. Parking aisé.

    Conférence de Jean van Win

    Le vendredi 27 avril à 20h, Jean van Win donnera une conférence sur… Léopold Ier le roi franc-maçon au Musée Wellington.

  • Musée Wellington, chaussée de Bruxelles, 147 à Waterloo. Réservation au +32 (0)476 54 15 64 – P.A.F. 5 euros (comprenant la visite du Musée Wellington et de l’exposition Aux Portes du Temple)
vendredi 09 mars 2007 1 commentaire

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    Jacques Cécius 10 mars 2007 à 13:57 / Répondre

    Fut-il réellement maçon ? Finalement la chose n’a pas grand intéret pour le maçon du XXIe siècle. Cela étant, dès que mes moyens me le permettront, j’acheterai l’ouvrage de Jean van Win.
    Effectivement Léopold Ier fut un protestant luthérien convaicu. Malgré les pressions de sa famille il refusa de recevoir l’extrême onction. C’est pour celà que ses funérailles furent célévrées sous tente (!), un des officiants étant le pasteur de Ven qui, si mes souvenirs sont bons, était maçon. Si je me trompe sur la qualité maçonnique du pasteur, j’aimerais qu’on me le dise. Merci d’avance.

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