Yves Hivert-Messeca
Yves Hivert-Messeca

L’Europe sous l’acacia : une interview d’Yves Hivert-Messeca

Par Géplu dans Edition, Interviews

Après des études secondaires dans le Var, puis des études supérieures à Nice (université UER Lettres), Aix-en-Provence (I.E.P.) et Paris (E.P.H.E./Sorbonne & Institut protestant de théologie), Yves Hivert-Messeca mène un carrière d’enseignant de 1975 à 2011. Il soutient une thèse de 3e cycle en 1989, puis en 1992 une thèse d’État (rapporteur : le professeur Bruno Etienne, Aix) sur « la franc-maçonnerie en Provence du Consulat à 1940 ». Comme post-doctorant (Charles Fauvety et la religion laïque), il sera associé au Groupe Sociologie, Religions, Laïcités (GRSL) E.P.H.E.-Paris-Sorbonne. Il est l’auteur de nombreux livres sur la franc-maçonnerie, notamment sa suite « l’Europe sous l’acacia », dont il prépare le 4ème tome.

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Géplu : Bonjour Yves, tu as déjà publié les trois premiers tomes de ta série « l’Europe sous l’acacia », le premier consacré au XVIIIe siècle (2012), le second au XIXe (2014) et le troisième au XXe siècle (2016). Le quatrième et dernier tome qui sortira sans doute au printemps/été 2017, sera consacré à la période immédiatement contemporaine, aux décennies 2000/2010. Peux-tu nous donner les principaux thèmes de ce quatrième opus ?

Yves Hivert-Messeca : A la différence des trois premiers volumes dans lesquels dominaient une approche en profondeur, le quatrième tome se présentera comme une description du paysage maçonnique européen actuel, même si des analyses et des pistes de travail seront également présentes.

Dans les trois premiers livres, tu parles « des » franc-maçonneries. Peux-tu nous préciser pourquoi « des » et ce qui les différencie ?

La franc-maçonnerie se conjugue dans le temps et dans l’espace dans une polyphonie exubérante

Lorsque l’on a commencé à étudier la franc-maçonnerie avec les méthodes des sciences humaines, il y a une cinquantaine d’années, on a mis en évidence un certain nombre de faits, notamment que la franc-maçonnerie est un « mot-valise » polyphonique et polymorphe qui permet de désigner un phénomène, lequel en réalité est tellement complexe et multiple que le pluriel s’impose. Certes la franc-maçonnerie a des grands principes généraux, des valeurs, des usages et des pratiques en commun, mais elle se conjugue dans le temps et dans l’espace dans une polyphonie exubérante. Je précise qu’au XVIIIe siècle, c’était moins vrai, mais cela deviendra complètement prégnant au XIXe siècle. La maçonnerie du XVIIIe siècle était plus « culturellement » (on pourrait dire « idéologiquement ») homogène que celle d’aujourd’hui. Elle n’était pas encore nationalisée et les obédiences n’avaient pas encore l’autorité qu’elles ont aujourd’hui. Et puis, il y a une grande différence entre le XVIIIe siècle et nos décennies : la «régularité», un terme à manier avec une extrême précaution, portait alors sur le frère, voire sur la loge, et non sur l’obédience.

Tu me dis qu’une approche « scientifique », notamment de type universitaire, s’est développée, en France, depuis une cinquantaine d’années. Quels sont les domaines ou les époques qui ont été les mieux explorés, et que reste-t-il à investir ? 

Le défi aujourd’hui est de nourrir l’analyse maçonnique par la grande famille des sciences humaines

Le premier champ investi a été le XVIIIe siècle par l’histoire, avec les travaux de René Le Forestier, puis ceux de Maurice Agulhon, Pierre Chevallier ou Daniel Ligou, entre autres. Il faudrait que les XIXe et XXe siècles bénéficient du même niveau d’intérêt. Clio a bien travaillé, mais elle a encore du pain sur la planche. Le défi aujourd’hui est de nourrir l’analyse maçonnique par la grande famille des sciences humaines, notamment la sociologie, l’anthropologie politique, religieuse, sociale et culturelle, la philosophie, la sémiologie, le droit, la linguistique, la psychologie sociale, la psychanalyse, l’ethnopsychiatrie, la socio-économie, l’héraldique, la numismatique, la musicologie ou l’histoire de l’art, et d’autres encore. Dans le même temps, il faut que cette approche soit pluridisciplinaire. Dans ces trois dernières décennies, les principaux colloques universitaires (et quelques autres) sur la franc-maçonnerie ont adopté cette méthodologie.

La maçonnerie demeure un fait social ultra-majoritairement « occidental » puisque 95 % des maçons travaillent en Europe et en Amérique

Le deuxième axe de recherche est d’essayer de dépasser la vision nationale, de favoriser les approches transnationales. Dès qu’on change de spectre géographique, on voit le fait maçonnique différemment. Et en France, cette démarche est encore plus nécessaire car les « courants » (le terme n’est peut-être pas totalement approprié) dominants de la maçonnerie française (et belge également) sont minoritaires dans la maçonnerie mondiale. Il existe une deuxième raison pour adopter ce cheminement analytique. Au-delà de son discours universaliste, la maçonnerie demeure un fait social ultra-majoritairement « occidental » puisque 95 % des maçons travaillent en Europe et en Amérique. Il y a très peu de maçons en Afrique et en Asie (moins de 80 000 pour les deux continents). Cette donnée est à prendre en compte dans des études nationales, voire locales.

Le troisième grand axe est d’essayer de comprendre, d’aller au-delà du descriptif, du chronologique, de passer du quantitatif à des analyses qualitatives prenant en compte les itinéraires, les motivations, les trajectoires familiales, socio-culturelles, idéologiques et religieuses, les discours personnels, les opportunités, les rencontres et les circonstances, qui ont pu amener les acteurs sociaux à entrer en maçonnerie, à s’y investir (ou pas), voire à en partir. Ensuite il faudra idéal-typer (selon la définition wébérienne) les maçons selon leur niveau d’engagement en loge, leurs autres participations, leurs relations, leurs inclusions dans des réseaux politiques, sociaux, économiques et culturels, ce travail étant désormais possible par le traitement numérique des données. Demeurent deux obstacles, les fichiers (largo sensu) contemporains obédientiels sont peu (ou pas) accessibles aux chercheurs, et les enquêtes « scientifiques » en loge sont rares.

Je suis de ceux qui pensaient que pour analyser la maçonnerie en tant que fait social et culturel, il n’était pas nécessaire d’être maçon. Il y a de grands spécialistes de la franc-maçonnerie d’aujourd’hui qui ne sont pas maçons, tel le jésuite espagnol José Antonio Ferrer Benimeli, ancien professeur à l’Université de Saragosse et directeur du centre d’études historiques de la franc-maçonnerie espagnole, ou le britannique Andrew Prescott (voir plus loin). Mais pour des groupes « secrets », l’appartenance est sans doute un plus, pour l’investigation. Toutefois, quand on est dans cette situation, c’est-à-dire chercheur et cherchant, on est un tantinet schizophrène. Sans arrêt, il faut se surveiller pour ne pas tomber en empathie excessive avec son sujet, essayer d’oublier la quête du cherchant pour tenir la rigueur du chercheur, ne pas avoir peur de déconstruire (ce qui ne veut pas dire détruire), bref faire preuve d’une constante vigilance épistémologique et se tenir à un indispensable travail de neutralité axiologique. L’appartenance peut donc être un plus pour la recherche, mais elle n’est pas obligatoirement nécessaire et absolument pas suffisante.

La maçonnerie dans ses premiers temps était universaliste tout en permettant un certain cosmopolitisme. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Il est difficile de savoir quelles étaient les intentions des acteurs maçonniques dans les deux ou trois premières décennies (1720/40) d’existence de la franc-maçonnerie. Gardons-nous d’être essentialiste. A partir des décennies 1750/60, le projet maçonnique était clairement universaliste et cosmopolite (les deux mots ne sont pas synonymes), même si on doit y mettre certaines restrictions, voire des restrictions certaines : L’Ordre est ouvert à tous sauf… Et la liste des exclus est longue. Mais le projet est néanmoins porteur d’universalisme incontestable. Concomitamment, il est demandé aux maçons d’être de bons citoyens. Ils sont donc pris dans une contradiction entre ce projet universaliste et leur loyalisme à la patrie (le plus souvent au souverain). Dans ces décennies, cette dualité est facilitée par les idées et pratiques du siècle. En effet, au XVIIIe siècle, ce que l’on pourrait appeler le patriotisme n’a pas du tout la même nature qu’aujourd’hui. À l’époque, on peut sans paraître tenté par la félonie, dire que l’on est d’abord de sa ville, puis de sa province et enfin français, si l’on demeure un loyal sujet du roi. On peut servir successivement plusieurs souverains sans paraître être un traître à partir du moment où quand on en sert un, on est fidèle au dit monarque. De plus, à cette époque, les frontières entre les états n’étaient pas toujours très claires.

En 1914, 95 % des maçons français au moins, sont républicains de gauche, libres penseurs anticléricaux et positivistes versus Littré

A partir du XIXe siècle, avec la création des États-nations, et l’essor du nationalisme comme légitimité de chaque pays, la double allégeance devient de plus en plus difficile. Comme la société globale, les franc-maçonneries se nationalisent. Cela ne veut pas dire qu’elles deviennent chauvines, mais qu’elles se « construisent » selon l’éthos national. Par exemple en 1914, 95 % des maçons français au moins, sont républicains de gauche, libres penseurs anticléricaux et positivistes versus Littré, alors que les maçons anglais sont ultra-majoritairement victoriens, impérialistes, politiquement modérés et anglicans. Les maçonneries se font parfois excessivement nationalistes comme les trois Grandes Loges prussiennes durant l’époque wilhelmienne. Dans le même temps, les obédiences qui jusque-là étaient fort souples, deviennent des structures solides. Elles ont des géopolitiques qui font qu’elles entrent elles aussi dans ce phénomène de nationalisation. Si aujourd’hui en Europe, et même plus largement dans le monde entier, la maçonnerie est éclatée, c’est en partie à cause de ce processus de nationalisation qui deviendra exacerbé avec la Grande Guerre (cf. mon livre Hiram et Bellone). Par opposition, dès les années 1890/1900, des groupes maçonniques ont tenté de mettre sur pied des structures intra-maçonniques internationales, dont la plus connue sera l’Association Maçonnique Internationale (1921/47) qui, à son apogée, ne regroupera cependant que le dixième des maçons du monde. Depuis les années 1950, se sont mises en place ce que l’on peut nommer par analogie des « internationales maçonniques ». Mais les dites « internationales » maçonniques reflètent les divisions du monde maçonnique actuel. On en compte une demi-douzaine, sans compter les regroupements « régionaux ».

Et une des plus importantes de ces internationales s’est constituée autour de la Grande Loge Unie d’Angleterre ?

Même au XVIIIe siècle où la presque totalité du landernau maçonnique se fixait les mêmes « bornes », il y avait diverses conceptions intra-maçonniques souvent opposées. A la fin du XVIIIe siècle et plus encore sous l’Empire, il y avait deux puissances maçonniques (néanmoins divisées en leur sein) de force équivalente, et chacune d’elle avait une vision géopolitique spécifique, qui n’était pas sans refléter la politique de leurs états.

La Grande Loge de Londres (puis des Modernes) se voulait partisane d’une sorte de Commonwealth maçonnique dont elle serait la métropole, avec autour des grandes loges provinciales bénéficiant d’un self-government. Dans cette optique, Londres nomma entre 1730 et 1788, 30 grands maîtres provinciaux, dans l’espace-monde du temps.

En France, la 1ère Grande Loge de France, devenue Grand Orient (GOdF) mena une politique de centralisation cherchant à s’annexer tous les corps maçonniques du royaume. Dans le même temps, il prônait la constitution d’une obédience par pays et une organisation mondiale hélio-centrée : des corps maçonniques satellites tournant autour de lui, soleil-centre de l’Art royal.

1813 : les deux obédiences anglaises se réunifiaient. 1815 : après la chute de Napoléon, la franc-maçonnerie française connait une période de déclin. Profitant de ces rivalités et faiblesses, divers corps maçonniques en profitèrent pour se donner une certaine autonomie, voire plus. Cependant l’autorité de Londres est restée grandement dominante depuis.

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté est, pour ses grades capitulaires, le rite le plus pratiqué dans le monde. Pourquoi ?

Le REAA est le système post-magistral le plus pratiqué au monde, mais dans la maçonnerie bleue (Craft), il est largement derrière les rites anglo-saxons. Il est cependant le seul rite où ses pratiquants post-magistraux sont plus nombreux que les « Ecossais » des loges bleues. Cela vient du fait que dans le monde anglo-saxon, il est considéré comme un système uniquement post-magistral. Il a aussi une autre qualité, il est le seul rite à ne pas être « lié » à une obédience-mère. Même si le Suprême Conseil de Charleston-Washington, Juridiction Sud se prévaut d’être la « Mother Supreme Council of the World », il est plus le primus inter pares des Suprêmes Conseils. De plus, ce n’est pas une obédience bleue. N’étant pas lié à une géopolitique obédientielle, le REAA peut être adopté plus facilement.

Par sa genèse, son développement et ses transformations, le REAA s’est constitué divers atouts attractifs

Par sa genèse, son développement et ses transformations, le REAA s’est constitué divers atouts attractifs. Par sa nature vagabonde, il est nomade, métissé/créolisé, adaptable et plastique. Par sa nature débonnaire, il s’exprime dans le latitudinarisme, le noachisme et l’altérité. Par sa nature « buissonnière », il relève de l’encyclopédisme, du « bricolage » au sens lévi-straussien et du labyrinthe. Aussi le REAA peut-il être pratiqué sous des formes très diverses, par des obédiences et des loges multiples. Le champ de la musique écossaise couvre ainsi un espace culturel et cultuel qui va, pour prendre une image parlante, de la Fédération belge du Droit Humain (d’esprit laïque strict) au Suprême Conseil d’Angleterre (d’esprit chrétien trinitaire). D’une certaine manière, ce sont cette « indépendance », cette autonomie et cette plasticité qui font la force du REAA.

En France il y a autant de Suprêmes Conseils du REAA que d’obédiences, et tous revendiquent une certaine légitimité.

Il existe une quarantaine d’obédiences françaises significatives, et peut-être 150/200 autres aux contours plus flous

Pas vraiment ! Dans la franc-maçonnerie bleue, le Craft comme disent les anglo-saxons, il existe une quarantaine d’obédiences françaises significatives, et peut-être 150/200 autres aux contours plus flous. Sans me prononcer sur le fond, je n’ai jamais rencontré une obédience qui se présentait comme irrégulière. Tout corps maçonnique est obligé de se doter d’une légitimité, plus ou moins argumentée, voire même d’une origine plus ou moins glorieuse. La division « écossaise » en France est le résultat de la balkanisation maçonnique nationale. Néanmoins, à ma connaissance, présentement, il y a huit Suprêmes Conseils et deux en formation. Au demeurant, cette division existe dans les autres régimes post-magistraux. On trouve ainsi une dizaine de Grands Prieurés (RER) et une demi-douzaine de Grands Chapitres Généraux (RF).

Ce qui différencie beaucoup les pratiques du REAA, c’est avant tout le GADLU et sa définition. L’obligation de la croyance en Dieu n’est-elle pas ce qui divise et fragmente le plus la franc-maçonnerie ? 

C’est une interprétation erronée qui a beaucoup cours en France et en Belgique, et qui voudrait qu’il y ait un lien « organique », si l’on peut dire entre le GADL’U et les rites. Il y aurait ainsi des rites par nature avec GADL’U et d’autres sans. Un simple coup d’œil sur le landernau maçonnique suffit à montrer qu’il n’en est rien.

95 à 97% des maçon(ne)s du monde travaillent « à la Gloire du GADL’U »

De même, je ne suis pas sûr que la référence au GADL’U soit un marqueur déterminant dans la pratique d’un rite. En effet, pour élargir à la totalité de la franc-maçonnerie comme la question l’y incite, il est nécessaire de poser quelques repères. Il ne s’agit pas d’avancer des choix personnels, mais de rendre compte simplement d’observations chiffrées. D’abord, 95 à 97% des maçon(ne)s du monde travaillent « à la Gloire du GADL’U », il est vrai avec des conceptions très, très, très différentes, du théisme affirmé à une simple version symbolique, via un Dieu trinitaire, un déisme débonnaire ou une simple référence à un principe organisateur. Néanmoins 90% des maçons du monde ont une conception très voisine du GADL’U. Cette maçonnerie de tradition (les susdits 90%) se reconnait grosso modo dans les critères « spirituels » anglo-saxons. Enfin, depuis trois décennies environ, les 2/3 des maçon(ne)s français(es) se référèrent au GADL’U, là encore dans la très grande diversité des interprétations évoquées ci-dessus.

Cependant, il ne faudrait pas voir dans ces subtilités conceptuelles et/ou sémantiques, des querelles théologiques. Il y a quasi-unanimité pour admettre que la franc-maçonnerie n’est pas une religion. Les premières spécifications (au XVIIIe siècle) du GADL’U sont lapidaires, le plus souvent Dieu, Grand Architecte ou le Grand Architecte qui est Dieu, souvent sans autre précision. Il en est de même aujourd’hui.

Ainsi les trois maçonneries britanniques, même si cela n’était pas toujours clairement & explicitement énoncé (Cf. la version de l’article un des Constitutions d’Anderson de 1815 : « … De tous les hommes, il [le maçon] doit le mieux comprendre que Dieu voit autrement que l’Homme […] Quelle que soit la religion d’un homme ou sa manière d’adorer il ne sera pas exclu de l’Ordre pourvu qu’il croie au Glorieux Architecte de l’Univers du Ciel et de la Terre et qu’il pratique les devoirs sacrés de la morale… »), ont adopté comme principe la théorie du Grand Architecte de l’Univers et de sa volonté révélée, ce qui semblait réserver l’admission aux seuls adeptes du monothéisme. Or depuis le deuxième tiers du XIXe siècle, d’abord de manière homéopathique, puis ensuite plus massivement, les trois obédiences britanniques ont fait maçons successivement des sikhs, des parsis et zoroastriens, des hindouistes, des shintoïstes, des bouddhistes, des panthéistes et autres adeptes de diverses spiritualités, loin du discours officiel. On était donc dans une spiritualité « débonnaire ».

La « définition » du Grand Architecte sert souvent d’argument géopolitique

Une analyse de la chronologie des prises de position dans ce domaine montre que la « définition » du Grand Architecte sert souvent d’argument géopolitique. Ainsi lorsque la GLUd’A a voulu mettre un frein à l’Alliance Maçonnique Internationale citée ci-avant et qui regroupait à ce moment-là ce que l’on appellerait aujourd’hui des maçons libéraux et des maçons réguliers, elle a défini en 1929, la règle en neuf points (Basic principles), notamment l’article 2 désormais plus explicite : « That a belief in the GAOTU and His revealed Will shall be an essential qualification for membership ».

En 1989, le Board of General Purposes de la GLUd’A a proposé une rédaction assouplie desdits « principes ». Le principal changement portait sur le point 4 (« Les francs-maçons appartenant à sa juridiction doivent croire en un Etre suprême ») et sur le point 5 (« Tous les francs-maçons placés sous sa juridiction doivent prendre leurs Obligations sur ou en pleine vue du Volume de la Loi Sacrée (qui est la Bible) ou sur le livre qui est considéré comme sacré par l’homme concerné »), le reste étant pratiquement inchangé. Cette variante n’a pas été adoptée, ni vraiment récusée par la Grande Loge qui continue « officiellement » à se référer au texte de 1929, tout en faisant preuve d’un grand empirisme.

Mais en France, la définition du GADLU est un marqueur très important.

Oui, en France, c’est un marqueur, dans le sens où il permet d’identifier clairement des options maçonniques. Pour beaucoup de maçons, dans leur for intérieur et leur pratique quotidienne, il n’est pas sûr que ce soit la question centrale de leur vie maçonnique.

Et quelle différence il peut y avoir entre la conception du GADLU au Grand Orient de France et à la Grande Loge Nationale Française ?

Au GOdF, il n’y a pas de conception « officielle », chaque atelier est libre d’y travailler (environ 1/5) ou pas. Et pour les maçons qui ont fait ce choix, chacun est libre d’y voir ce qu’il veut y voir, « les conceptions métaphysiques étant du domaine exclusif » du maçon. Une position voisine se retrouve au Droit Humain ou à la GLMdF. La GLNF se voudrait théiste. L’article 1er de sa Règle en douze points précise : « La Franc-Maçonnerie est une fraternité initiatique qui a pour fondement traditionnel la foi en Dieu, Grand Architecte de l’Univers. ».

Et la Grande Loge de France ?

La Grande loge de France est entre les deux, mais pas à équidistance. Sa déclaration de principes, adoptée le 5 décembre 1955, résume l’esprit de l’obédience : « I. La GLDF travaille à la gloire du Grand Architecte de l’univers ; II. Conformément aux traditions de l’Ordre, trois Grandes Lumières sont placées sur l’autel des loges : l’équerre, le compas et un Livre de la Loi Sacrée. Les obligations des maçons sont prêtées sur ces trois Lumières ».

Au demeurant, dans cette position « centrale », on trouve également la GLFF, la GLTSO ou la GL-AMF qui définit ainsi l’Art royal : « La franc-maçonnerie traditionnelle, pratiquée à la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, est une fraternité initiatique qui repose sur la foi dans un Etre Suprême exprimée, au-delà des dimensions confessionnelles, sous le nom de Grand Architecte de l’Univers ».

Dans le tome deux de « l’Europe sous l’acacia » (Paris, Dervy, 2014), il y a un chapitre intitulé « les avatars de la religion maçonnique universelle ». Pourquoi la religion ? La maçonnerie serait une religion de substitution ?

Tout dépend ce que l’on appelle religion. Mais cette approche ne vaut que pour l’Europe continentale occidentale (et en petite partie pour l’Amérique latine), en général et pour la France en particulier, durant grosso modo les deux premiers tiers du XIXe siècle. En ces lieux et durant ce temps limités, un nombre certain d’auteurs maçons (François Delaulnaye (1759-1830), Claude-André Vuillaume (1766-1833), Pierre-Gérard Vassal (1769-1840), Jean-Baptiste Chemin-Dupontès (1761-1845), François Bègue-Clavel (1792-1852), plus tard Charles Fauvety (1813-1894) ou Pierre-Luc Riche-Gardon (1811-1885) ont théorisé que face aux religions contingentes dogmatisées et dévoyées, la franc-maçonnerie était l’authentique Religion universelle, la Religion des religions et/ou celle qui avait conservé la Religion primitive. Cette conception sera dominante dans la franc-maçonnerie française des décennies 1810/1850. Quand je parle d’avatars, cela ne veut pas dire que les maçons de ce temps pensaient que la franc-maçonnerie était un ersatz religieux, mais au contraire, qu’elle était la Religion (avec un R majuscule). Mais à partir des décennies 1850/60, ce courant décline rapidement, mais on le retrouve encore comme avatar dans la conception religieuse un tantinet alambiquée du frère Giuseppe Garibaldi (1807-1882) ou dans la déception d’Abdelkader (1808-1883) qui avait cru voir dans la franc-maçonnerie une authentique tarîqa (voie et/ou confrérie) occidentale.

Les idéaux et les valeurs qui ont prévalu à la création de la franc-maçonnerie sont-ils dépassés ou sont-ils toujours porteurs d’avenir pour toi ?

Poser la question de cette manière, c’est présupposer que les maçons qui se sont réunis en 1717 (ou un plus tard) pour créer la Grande Loge de Londres auraient été porteurs d’un projet initial global préconçu. Il va sans dire qu’il n’en est rien. Nos amis anglais sont extraordinaires. Cette année, ils fêtent le 300e anniversaire de leur obédience. Or lors de la conférence du Tricentenaire, les 9/11 septembre 2016, à Cambridge, dans l’enceinte du Queens’College, à l’initiative de la célèbre loge londonienne Quatuor Coronati, la communication de clôture du professeur Andrew confirmait, pour employer une litote, le caractère approximatif des évènements du 24 juin 1717. On aimerait que beaucoup d’obédiences soient aussi lucides sur leur histoire.

Croire qu’en 1717 ou même en 1723, les frères avaient imaginé la totalité du corpus maçonnique, c’est peut-être leur prêter beaucoup de visions prospectives

Croire qu’en 1717 ou même en 1723, les frères avaient imaginé la totalité du corpus maçonnique, c’est peut-être leur prêter beaucoup de visions prospectives. La maçonnerie s’est construite en marchant. Au fur et à mesure, l’« idéologie » maçonnique s’est structurée, empilée, complétée, modifiée et transformée. De manière triviale, on peut dire que la franc-maçonnerie s’est constituée … en maçonnant. D’une certaine manière, la franc-maçonnerie est toujours d’actualité puisque sans arrêt, elle se métamorphose tout en restant la même. Alors poser la question pour savoir si les idéaux du départ existent toujours, cela fait un peu nostalgique. La tradition maçonnique n’est pas immémoriale, elle se façonne dans une permanente alchimie. La bonne question est donc de savoir, si aujourd’hui, la dialectique entre tradition et modernité, entre tradition maçonnique vécue présentement et postmodernité (hypermodernité ou autres ?), est possible.

L’initiation, plus que les valeurs est ce qui rend anthropologiquement universel et permanent la franc-maçonnerie

En fait, si l’on admet que consubstantiellement la franc-maçonnerie est une société initiatique (définition qui ne va pas de soi pour certains maçons, ni dans le temps, ni dans l’espace), un autre moyen plus pertinent apparaît pour répondre à la question. L’initiation, plus que les valeurs (par nature contingentes, sauf exception), est ce qui rend anthropologiquement universel et permanent la franc-maçonnerie. La question de la naissance, de l’amour, de la vie et de la mort sont des sujets intemporels. Par sa nature initiatique, la maçonnerie est ainsi toujours disponible pour la quête, ici et maintenant. Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? sont des interrogations qui demeurent anthropologiquement opératoires, à travers le temps et l’espace.

Alors, quel est l’avenir ?

L’historien a un gros avantage, c’est qu’il s’intéresse au passé. Quel est l’avenir de l’Art royal ? Très honnêtement, je ne le sais pas. J’ai essayé de travailler sur ce questionnement dans le tome quatre de « L’Europe sous l’acacia » (qui paraîtra au printemps/été 2017), et j’avoue que je n’ai pas de réponses satisfaisantes. Et ce pour plusieurs raisons. L’une est que la situation de la maçonnerie est très différente selon les pays. On ne peut pas appréhender le fait maçonnique dans un pays comme la Russie où il y a environ deux à trois milliers de maçons pour 147 millions d’habitants et la France où la densité maçonnique est très élevée.

Comment définir la nature du lien social qui associe objectivement et subjectivement les maçons ?

Dans le tome quatre de « l’Europe sous l’acacia », j’ai choisi comme sous-titre : « chant du cygne, dilution, nouvelles frontières ou fécondes métamorphoses ? ». L’avenir de l’Ordre est en perpétuel devenir, même si des constances perdurent et/ou se transforment. Cette « durabilité/fixité/métamorphose » continuera-t-elle demain ? Comment expliquer la permanence et les continuelles adaptations de cette sociabilité ? Comment définir la nature du lien social qui associe objectivement et subjectivement les maçons ? Comment saisir l’expérience maçonnique ? Le XXIe siècle sera-t-il celui d’une franc-maçonnerie, sorte de queue de comète d’un humanisme désuet ? Ou, au mieux après avoir été un des athanors de valeurs nouvelles notamment au XVIIIe siècle, deviendra-t-elle un lieu de sociabilité de la gestion d’une bien-pensance humaniste ? Quelles finalités vise la franc-maçonnerie ? Son offre correspond-elle à des besoins psycho-sociaux-culturels des sociétés et des individus du XXIe siècle ? Dans cette quête, il est nécessaire d’aller au-delà des réponses toutes faites souvent apportées par les acteurs sociaux eux-mêmes, de certains discours officiels langue de bois, des pseudo-analyses par le petit bout de la lorgnette de nombreuses gazettes et étranges lucarnes privilégiant l’affairisme, le copinage (qui existent parfois) ou le pittoresque, ou encore des milliers de travaux d’origine interne, intéressant pour l’érudition, mais trop souvent descriptifs, normatifs, répétitifs et/ou autocentrés.

Je suis donc incapable de répondre à cette question sur l’avenir de l’Art royal, mais j’aurais plutôt tendance à penser que l’on ira vers de métamorphoses fécondes ouvrant sur de nouvelles frontières. Si l’on admet qu’aujourd’hui les métarécits sont caducs et que l’on vit dans une société de l’instantanéité (et de l’individualisme au mauvais sens du terme) qui gomme le passé, oublie l’histoire, trahit la mémoire et n’envisage plus l’avenir, le cadre maçonnique qui fait sens (à la fois comme direction ou explication) peut apparaître comme une voie pertinente et performante parmi d’autres pour permettre à beaucoup de passer de l’avoir à l’être.

Au demeurant, dans le landernau maçonnique d’aujourd’hui, on assiste à un mouvement convergent entre les maçons qui restent en franc-maçonnerie, notamment dans le monde anglo-saxon (après de nombreux départs) et ceux qui y entrent (nombreux) et travaillent dans l’espace francophone européen : tous s’interrogent sur le sens de leur démarche. Ce questionnement est une richesse. Encore faut-il que cela se fasse en la forme accoutumée.

Il ne faut pas être trop pessimiste. Déjà en 1745, Le Sceau rompu prévoyait le déclin de la franc-maçonnerie : « La foiblesse ou la complaisance, un vil intérêt, un zèle indiscret, trop peu de discernement, d’autres motifs encore moins excusables ont fait admettre sans distinction & sans choix une infinité de gens qui deshonorent la Maçonnerie, & il est à craindre qu’à l’exemple de Rome, elle ne succombe sous le poids, non de sa grandeur, mais de sa prope grande étenduë. Suis & ipsa Romana viribus ruit. »

Cette année, elle fêtera le tricentenaire de sa naissance « officielle » anglaise.

Pour conclure, puisque j’ai accepté cette interview, je voudrais redire que j’ai parlé en simple chercheur. Il en est de même dans toute ma production écrite. Je le précise dans toutes les préfaces de mes livres. En tant que chercheur, je peux (et je devrais dire : « je dois »cf. mon blog : yveshivertmesseca.wordpress.com) présenter la totalité de mes recherches validées par les méthodes croisées des sciences humaines, mais en tant que cherchant, j’ai la faiblesse de croire que la forme suprême de la quête, c’est l’incognito, comme me l’a appris mon ami feu Bruno Etienne. Il relève de ma vie intérieure, sur lui, je ne dis jamais rien sur l’agora ou sur le forum… médiatique.

jeudi 02 février 2017 10 commentaires
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    NICETTE Michel 8 février 2017 à 09:58 / Répondre

    Merci à HIRAM.BE pour la qualité de cet article qui participe à la culture du maçon tant sur les champs historique, philosophique que sociologique. En effet les sciences sociales et humaines permettent, pour ceux et celles qui en maitrisent à minima les outils méthodologiques, d’ouvrir leur compas à la découverte de ce fait « maçonnique » qui transcende le temps et d’en analyser ses différentes approches socio culturelles.
    Au-delà de l’organisation structurelle propre à chaque « institution », peu intéressante en soi, traversée par les courants politiques, philosophiques et religieux du moment, il est un point quasiment commun, un principal marqueur « génétique » qui les carctérise tous, c’est la recherche de l’amélioration de l’Homme tout d’abord et un second marqueur, celui de l’amélioration de la société.
    Ces deux marqueurs peuvent constituer une véritable fracture au sein de cette nébuleuse maçonnerie. Pour aller vite, ce sont les approches de la condition humaine dans son passé, dans son présent et dans son devenir pour un futur idéalisable… Il s’agit bien entendu de l’Humanisme caractérisant la condition humaine dans son rapport à l’Etre et l’Etant, comme Heidegger le définit dans sa « Lettre sur l’humanisme », ainsi qu’Hannah Arendt dans « Condition de l’homme moderne ».
    Cette problématique générale de la compréhension de l’Humanisme dans tous ses états, mot valise employé comme un catéchisme rabaché à « chaque grand messe » sous toutes les voûtes étoilées, cache en réalité des trésors qu’il nous faut découvrir en les partageant avec le plus grand nombre. Alors oui, il faut aussi poursuivre vers le monde universitaire pour en permettre tant un véritable enseignement que des recherches en « laboratoire ». Il me semble observer un léger frémissement en ce sens au regard des thèses qui sont soutenues et des publications.
    Pour ma part, c’est animé par cet esprit (étant moi-même issu de ce milieu universitaire en sociologie) que j’ai créé avec des FF et SS, une loge bleue d’Etudes et de Recherche au GODF (mais ouverte à toutes les obédiences) dont le titre est HUMANISME ET PERSPECTIVES, hélas la seule encore dans cette région du grand-est. Nous sommes preneurs de vos planches et réflexions sur ce sujet (contact à l’adresse : les amisphilosophes@gmail.com).
    Sur ce point aussi, un frémissement se fait sentir car à Paris, rue Cadet, il existe aussi une autre loge d’études et recherche, RENE CHAR, dont l’initiateur est Guy Arcizet, ancien grand-maître, écrivain et conférencier de grand talent, traitant de la culture comme un fait interagissant sur et dans le monde maçonnique.

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    Jean VILA 7 février 2017 à 18:20 / Répondre

    J’avais côtoyé le TCF Yves sur les Colonnes de la RL « Montmorency-Luxembourg » et alors qu’il en tenait le maillet. Cette RL du GODF se voulait « Loge de recherche ». Elle comptait grand nombre de FF de qualité et de forte compétence. Mais elle restait « généraliste », avec les Tenues afférentes en matière d’initiation, passages de grades, élévations, questions à l’ordre des Loges et tout l’administratif entraîné par le fonctionnement normal d’une RL rattachée à une grande obédience. D’où un agenda réduit pour se consacrer à une véritable recherche structurée en matière de maçonnologie.
    Dans son très intéressant exposé, Yves HIVERT-MESSICAT présente l’immensité du sujet et les nombreux angles d’approche possibles. Il souligne le rôle des chercheurs solitaires mais ne soulève pas une indispensable nécessité d’authentiques Loges d’études et de recherches dans les toutes obédiences. C’est-à-dire des LL. où se coopteraient des FF formés à la quête historique ou en sciences humaines, soit par leurs études, soit par leurs goûts ou leurs travaux personnels. Ce fut le projet d’un ancien Frère du GODF : René GUILLY. Il fonda et développa la L.N.F. (Loge Nationale Française) forte à ce jour d’une bonne quinzaine de Loges de recherches, pour un effectif de quelques centaines de FF. Loin du même ratio, c’est d’au moins 50 à 100 « Loges d’études » dont devrait disposer toutes les « grandes obédiences ». C’est-à-dire qu’un véritable vent de curiosité constructive soufflerait alors dans les Temples… Le TCF Yves y a-t-il songé depuis l’Orient de la RL qu’il présida un temps ? Tenter de faire muter la RL « Montmorency-Luxembourg » en authentique Loge d’étude et de recherches était-il impossible… ? Vu la qualité de ses FF, c’eut été un grand honneur pour la rue Cadet…
    Autre piste possible, la création d’une chaire de maçonnologie par l’université française. Notre F Yves soulignant l’aspect sociologique d’un phénomène étendu sur plusieurs siècles, il serait cohérent de s’en préoccuper avec la «distanciation académique » nécessaire. Un « point de chute » semblerait tout désigné pour cette chaire : la Ve section « Histoire des courants ésotériques », de l’EPHE (Ecole Pratique des Hautes Etudes) rattachée à la Sorbonne…
    Voilà quelques points sur lesquels il serait intéressant de recevoir l’avis de notre TCF Yves HIVERT-MESSICAT… Qu’il en soit ici remercié.

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    pierre thillet 7 février 2017 à 02:26 / Répondre

    passionnant, et instructif, comme toujours de la part d’Yves

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    BUIRON 2 février 2017 à 15:27 / Répondre

    Excellente interview d’un chercheur sérieux.
    Bravo à Geplu pour ces publications de qualité sur le site HIRAM.BE

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    willermoz 59 2 février 2017 à 15:01 / Répondre

    Bonjour,
    Entretien vraiment passionnant, qui élargit les perspectives et tente de rendre compte de la complexité du « fait maçonnique » , cela donne envie de le lire ou relire.
    Je retiens également les « milliers de travaux d’origine interne(…) trop souvent descriptifs, normatifs, répétitifs et/ ou autocentrés ».
    La question parfois c’est qu’après avoir lu des travaux de cette qualité, il est compliqué d’ entendre et d’écouter en loge des planches aux propos éculés et flétris, il faut s’accrocher au bastingage ou se tourner vers la pratique des rites anglo saxons (moins explicatifs par les planches), dilemme pour un certain nombre de Frères.
    Comment se trouver tous au même degré d’infos lorsqu’il y a encore moins d’une dizaine d’années dans certains ateliers les surveillants proposaient pour lectures : Wirth, Boucher et Plantagenet (respectables au demeurant mais très datés) ?

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      Benjamin Rathery 3 février 2017 à 10:20 / Répondre

      Que l’on propose Wirth, Boucher et Plantagenêt en loge est normal, ce sont des « classiques » de la symbolique, langage qui est, à priori, toujours celui de la FM. Cela n’a rien à voir avec le fait qu’en matière d’histoire de nombreux ff et ss confondent, encore, l’histoire mythifiée de la fm avec la réalité historique. Hivert-Messeca est l’un des chercheurs en histoire les plus sérieux, justement parce qu’il ne confond pas son travail de chercheur avec celui de cherchant, comme il le dit lui-même.

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    Chicon 2 février 2017 à 12:45 / Répondre

    Yves Hivert-Messaca a un beau brin de plume, sans fatuité ni parti-pris comme trop souvent. A le lire on peut se dire que ce qui se conçoit bien, s’enonce clairement.
    Comment va evoluer la f.m. La question est clairement posée dans sa diversité

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    MICHA 2 février 2017 à 12:03 / Répondre

    Propos vraiment intéressants et, à mon avis, très souvent pertinents.

  • 1
    SEVIN Pierre 2 février 2017 à 10:26 / Répondre

    J’ai eu le grand plaisir d’accueillir à ma table , un dimanche midi, le Frère Yves HIVERT-MESSECA, alors qu’il était enseignant au Lycée de WASSY (Haute-Marne) – Le Maire de ce bourg était notre Frère Frédéric BENOIT que j’ai toujours considéré comme mon mentor. Fred était médecin-chirurgien-obstétricien et comme j’étais Délégué Médical, j’avais avec lui une relation privilégiée – – c’est ainsi qu’il me présenta Yves H-M et me demanda d’ « opérer » un rapprochement avec ce Frère si intéressant – ce qui eut donc lieu à mon domicile (Montier-en-Der distant de Wassy de 15 km). Je ne sais si Yves s’en souvient…c’était il y a plus de 20 à 25 ans ! Quoi qu’il en soit, je le salue fraternellement par le truchement du Blog et de l’Ami GEPLU.
    Frédéric BENOIT, notre Frère, est passé à l’Orient Eternel en Avril 2003, dans sa 93° année. – Gémissons…
    Souvenir – souvenirs… –

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