La GLMF condamne un jugement

Publié par Jiri Pragman
Dans Divers

L’initiative est plutôt rare puisque, généralement, les Obédiences maçonniques ne commentent ou ne contestent pas les décisions des tribunaux. La Grande Loge Mixte de France a cependant envoyé un communiqué le 1er novembre 2012 en réaction à l’iniquité du verdict rendu le 11 octobre par la Cour d’assises de Créteil dans le procès des viols collectifs commis entre 1999 et 2001 à Fontenay sous bois.

Face à l’iniquité du verdict rendu le 11 octobre par la Cour d’assises de Créteil dans le procès des viols collectifs commis entre 1999 et 2001 à Fontenay sous bois, la Grande Loge Mixte de France (GLMF), obédience maçonnique laïque et profondément attachée à la mixité, souhaite attirer solennellement l’attention des institutions de la République sur la nécessité de faire respecter dans les faits l’égalité entre les hommes et les femmes sur l’ensemble du territoire. Elle constate une fois encore l’urgence de traiter efficacement la question des violences faites aux femmes.

S’agissant de l’affaire des viols collectifs, la restitution du procès, le verdict de la Cour d’assises de Créteil et le traitement médiatique des événements, ont montré combien il reste difficile pour les femmes ayant subi de tels actes d’être entendues et respectées dans leur statut de victimes. Là, dix hommes ont été acquittés et quatre autres ont été
condamnés à de simples peines allant de trois ans avec sursis à un an de prison ferme, c’est-à-dire bien en deçà des réquisitions du parquet.

Nous condamnons ce jugement comme une atteinte à la dignité de la femme dans la sous estimation des faits et dans la violence d’un procès où la souffrance des victimes n’a visiblement pas été prise en compte. Au-delà de la procédure d’appel, nous espérons qu’une mobilisation concertée des associations et des citoyens permettra de lancer un
signal positif à la société toute entière dans le sens du respect de la dignité des personnes et des femmes en particulier. La GLMF s’associe à toutes les voix qui iront dans ce sens.

L’Etat, ses institutions et ses représentants sont les garants, notamment au travers de leurs décisions, du respect des principes fondamentaux républicains. Or des améliorations substantielles peuvent être accomplies dans notre pays pour faire évoluer les mentalités. Il s’agit d’accomplir un véritable travail d’éducation des jeunes générations et de sensibilisation des professionnels concernés. Cette priorité, qui mobilise tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, indépendamment des différences culturelles ou religieuses, engage l’avenir de notre démocratie.

samedi 3 novembre 2012
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  • 4
    Jean-Luc FRIGIDE
    7 novembre 2012 à 15:01 / Répondre

    Le but de la justice est de protéger le faible du plus fort. Dans ce cadre, il est évident que le viol, en particulier le viol collectif doit être durement sanctionné. Actuellement, le viol collectif est très sévèrement condamné, sensiblement au même niveau que les homicides.
    Cependant ce cas précis ne doit pas être pris en exemple, sauf au titre de la réflexion.
    La plainte a été très tardive (5 ans après pour la première plaignante) et l’instruction a prouvé que des personnes mises en cause n’habitaient pas dans la région au moment des faits, ils étaient simplement devenus amis avec d’autres accusés postérieurement aux faits. Les accusations sans preuves matérielles doivent toujours être prises avec des pincettes ( Cf les accusés d’Outrot ) . Les « preuves » ne consistent qu’en deux accusations croisées et n’oublions pas ce qu’André Cayatte a dénoncé dans le film « les risques du métiers » de plus, le procès a eu lieu 13 ans après les faits.
    Le problème qui a été posé aux jurés est :
    Doit-on condamner à de la prison ferme des « accusés » dont il n’y a pas de preuves matérielles 15 ans après les faits alors qu’ils sont insérés dans le tissus social ( à 2 exceptions près) ?
    Pour nous maçons la question à se poser est :
    Doit-on condamner à de la prison ferme des personnes (qui ont peut-être violé certes, mais encore une fois sans preuve matérielle) qui ont un travail régulier, une femme et des enfants et qui vivent en honnêtes père de famille, et ainsi provoquer un drame familial ( condamnation = licenciement + divorce)?
    Ou :
    La Justice doit-elle servir à assouvir une vengeance ou à chercher à insérer les délinquants et les criminels dans le tissu social ?
    Si l’on veut aller plus loin, pourquoi la maçonnerie dite « sociale » se retrouve à crier avec les loups ? Pourquoi, alors qu’un temps elle a réellement été le moteur de notre société, ne
    Produit-elle plus grand chose ? Est-ce que, à un moment « on » a pas pris un mauvais chemin ?
    Je comprend bien la souffrance qu’on celles qui ont été meurtries dans leur chair mais le but de cette intervention est d’essayer de faire comprendre pourquoi un jury populaire à « jugé en son âme et conscience».
    Au-delà de ces questions, il faudrait réfléchir sur le fait qu’il y a 50 ans, alors que ce crime était puni de 2 ou 3 années de prison il était très rare, alors qu’actuellement il est réprimé sévèrement (10 à 15 ans), il est de plus en plus fréquent… Répondre à une question est le début de l’entrevue d’une solution et là, ce qu’on subit les femmes outragées servira à éviter que ça n’arrive à leurs filles…
    Jluc

  • 3
    marie
    5 novembre 2012 à 15:34 / Répondre

    Merci JIRI PRAGMAN d’avoir laissé paraître mes écrits sur les cruautés subies à PERPIGNAN ET Montpellier ,c’est peut être la preuve que tous les francs maçons ne sont pas diaboliques?IL en existe peut-être des intègres ?Avant de disparaitre j’aurais peut-être le soulagement de voir mes enfants réconciliés avec le droit et la justice?Je n’en demande pas plus car au delà de toute contingence politique,spirituelle et financière ce sont les seules valeurs
    qui permettent à l’humanité de garder la verticalité de sa position. Rester debout,la tête haute.

    modéré : répétition d’article et de commentaires)

  • 2
    Marcus
    5 novembre 2012 à 14:22 / Répondre

    Encore une fois on mélange tout et on ne comprend rien à la nature et la portée des actes de justice.Simone Rozes qui a été la première femme premier président de la cour de cassation,c’est à dire le premier magistrat de France a démenti il y a longtemps l’affirmation péremptoire et inexacte selon laquelle  » on ne commente pas une décision de justice « . Pourquoi ? tout simplement parce que l’on n’est pas dans une théocratie ou une monarchie ou une dictature qui ne supportent pas la critique. Nous sommes dans une démocratie républicaine où la justice est simplement une autorité selon la Constitution alors que les pouvoirs exécutifs et parlementaires qui sont les colonnes de notre organisation politique sont quotidiennement moqués.Si on ne pouvait commenter les actes de justices que feraient les professeurs de droits,les avocats et autres juristes. Par contre si on insulte des magistrats et si on met en cause leur indépendance par rapport aux parties en cause on se fait condamner surtout pendant les audiences où ils sont très chatouilleux de leurs prérogatives. La langue française est suffisamment subtile pour laisser entendre que leurs capacités personnelles ou professionnelles n’est pas à la hauteur de leurs tâches[ pour ne pas écoper d’une amende même symbolique. Ceux et celles qui ne veulent pas commenter une décision de justice profitent de cette confirmation pour ne pas se mouiller. Enfin le texte de la GLMF s’il est « viril » n’est pas insultant et ne remet pas en cause l’indépendance de la justice. Les juges sont des des êtres humains qui ont besoin de temps en temps que l’on leur rappelle les conséquences et la portée de leurs actes. (…)

  • 1
    ambre
    3 novembre 2012 à 13:27 / Répondre

    Bonjour,
    Je viens de lire votre article, et j’en suis contente.
    Il y a 10 ans, j’ai subit un viol collectif, actes de tortures et barbaries suivis d’une tentative de meurtre de la part de mon ex entre autres.
    J’ai fait de l’amnésie suite à cette agression, et une semaine après mon ex me retrouvait et me « prétait » à une de ses connaissance qui me violait à son tout. Re-amnésie
    Ces deux agressions ont été suivies d’une tentative de viol et d’une tentative de viol avec armes. Ces QUATRES agressions ont toutes été refoulées.
    Et 5 ans après une fois mes souvenirs revenus, j’ai évidemment aussitôt porté plainte à la gendarmerie.
    Suite à cette plainte, j’ai eu une simple consiliation au tribunal de grande instance avec deux des accusés (pas mon ex) qui ont avoués.
    Puis j’ai attendu que justice se fasse, et au bout de deux ans, j’ai appris par la gendarmerie que cette plainte avait été classée sans suite malgré la gravité des faits et aveux de deux des coupables !!!
    Mais le Procureur, après un courrier de ma part, à décidé de me réentendre, j’ai donc reporté plainte pour les même fait le 17 octobre 2010, depuis aucune nouvelles. Aucune réponse du tribunal, on a dépassé les délais pour porter plainte (amnésie de 5 ans, plus classment sans suite …)
    ILS SONT DEHORS LIBRES !!!

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