BnF-Cooper-Bauer
John Cooper et Alain Bauer ce vendredi 29 mai à la BnF

La première journée de la World Conference on Fraternalism, Freemasonry & History

Publié par Pierre Mollier

Quel meilleur cadre que la Bibliothèque nationale pour défendre et illustrer une conception académique de l’histoire de la franc-maçonnerie. Car si, bien sûr, la franc-maçonnerie a des caractères spécifiques – comme beaucoup de groupes humains – son étude doit, elle, suivre les méthodes éprouvées des historiens. La World Conference on Fraternalism, Freemasonry & History s’est donc ouverte hier dans le cadre prestigieux de la Bibliothèque François Mitterrand, devant une assistance où près de vingt nationalités étaient représentées. Les grandes structures de recherche comme la Scottish Rite Research Society américaine ou les Quatuor Coronati anglais participaient ès qualités. Plusieurs revues maçonniques avaient envoyé des observateurs comme le magazine anglais The Square ou… le journal des Knight Templars américains ! Pour la France, Franc-maçonnerie magazine, le Musée de la franc-maçonnerie et Renaissance Traditionnelle tenaient même des stands.

Dans son mot d’accueil au nom de la BnF, Jean-Loup Graton a rappelé que, avec près de 650 mètres d’archives maçonniques allant de 1735 à la Première Guerre mondiale, celle-ci conservait un des plus importants fonds maçonnique au monde. Il a aussi annoncé officiellement que la grande exposition de la BnF en 2016 serait consacrée à la franc-maçonnerie. Les travaux furent ouverts par la célèbre historienne américaine Margaret Jacob (Université de Los Angeles) qui proposa une belle synthèse sur l’histoire de la franc-maçonnerie et ses interactions avec l’histoire sociale dans les différents contextes occidentaux. Le Grand Auditorium fut ensuite passionné par une conférence-concert de Gilles Thomé. Il retraça le véritable complot maçonnique ourdi par trois Frères et amis de Mozart pour créer pour celui-ci un instrument dont il avait besoin : le cor de basset.

Le temps fort de l’après-midi fut la grande conférence de John Cooper, ancien Grand Maître de la Grande Loge de Californie et président de la conférence des Grands Maîtres, sur… la régularité. On put remarquer dans l’assistance quelques dignitaires maçonniques français qui n’avaient pas qu’un intérêt académique pour le sujet ! John Cooper entama ensuite avec Alain Bauer, qui présidait la séance, un débat qui passionna le public… et le fit souvent sourire. En parallèle, des conférences plus techniques se déroulaient dans deux autres salles sur la bibliographie maçonnique, la franc-maçonnerie féminine aux États-Unis, l’architecture des temples maçonniques…

Mais comme souvent, l’intérêt de ce genre de manifestations résidait aussi dans les rencontres ou les discussions. Lors des «coffee break» on pouvait entendre des échanges animés dans de nombreuses langues. Comme l’a souligné Roger Dachez, nous avons pu assister à la première journée d’une véritable «Convention américaine» sur les bords de la Seine.

samedi 30 mai 2015
  • 2
    chicon
    31 mai 2015 à 11:23 / Répondre

    enfin l’universalisme international, loin de nos querelles franco-francaises. Attention a ce que nous francais nous ne perversions pas par notre vaine arrogance cette union des esprits et competences.

  • 1
    Jean-Marc Van Hille
    31 mai 2015 à 08:32 / Répondre

    On ne peut que se réjouir que l’histoire maçonnique, avec ce colloque et l’expo simultanée de la rue Cadet sur la FM et la mer, commence enfin à trouver la place qui lui revient de droit, après tant de décennies de silence gêné.
    Félicitations aux organisateurs, en espérant que les actes du colloque paraîtront sans trop attendre.

    JMvH
    Association Ponantaise d’Histoire Maçonnico-maritime (ASPOMA)

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés. Les règles en matière de diffamation, de calomnie, d’insulte, d’incitation à la haine ou de discrimination sont applicables. Les formules de salutation maçonnique et les abréviations ne sont pas autorisées.

Code vérification
Signaler un contenu abusif