Le pape qui aimait Allah

Publié par Géplu

Sylvestre II, né Gerbert d’Aurillac (946 – 1003), a été un apporteur de lumière au fond des ténèbres du Moyen Age. Ce concentré de Léonard de Vinci et de Jules Vernes avant terme a – comme beaucoup de précurseurs cultivés –  agacé la bien-pensance religieuse de son temps par ses relations avec les savants arabes andalous en qui il reconnaissait une avance considérable. Premier pape français, Gerbert d’Aurillac fut également fin politique et faiseur d’empereurs germaniques et de dynasties françaises. Pour le déconsidérer les pères de l’église l’accusèrent de magie et de nécromancie parce qu’il avait eu le tort de puiser dans les sciences des musulmans : mathématique, astronomie et même astrologie venue des Indes. Des disciplines considérées, à l’époque, comme dangereuses pour les dogmes chrétiens et l’omniprésence divine.

Ahmed Youssef est un écrivain, journaliste et universitaire égyptien originaire de la ville d’Alexandrie. Il a notamment écrit pour le quotidien égyptien Al-Ahram, avant d’accéder aux plus hautes fonctions du Ministère de la Culture dans son pays. Il est directeur exécutif du centre des Etudes du Moyen-Orient et membre de l’Institut d’Egypte. Il est l’auteur de plusieurs livres sur l’Egypte et le monde arabe, historiques et contemporains aux Editions du Rocher, dont de Bonaparte et Mahomet, de L’Orient de Jacques Chirac, Le Phare d’Alexandrie, Le conflit israélo-arabe, et Alexandrie.
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Sylvestre II, le pape qui aimait Allah
de Ahmed Youssef, aux Editions Dervy, chez Amazon ou de préférence dans la librairie la plus proche de votre domicile. ISBN : 979-1024205410

mardi 11 février 2020
  • 7
    Peter Bu
    12 février 2020 à 11:20 / Répondre

    « Si l’on soulève le voile » écrit DACIER: En effet…. il y a trop de voiles partout.
    Je vais voir ces informations, elles sont intéressantes.

  • 5
    Désap.
    12 février 2020 à 10:31 / Répondre

    Par respect de la vérité, on sera attentif à respecter ce principe inaliénable, rendre à l’auteur ce qui lui appartient.
    Les Arabes ne sont pas les inventeurs de l’algèbre, ou bien devons-nous entendre « inventer » en son sens ancien qui signifie « redécouvrir », cependant que ce n’est pas le sens employé par Ahmed Youssef dans son intervention.
    Les Egyptiens, puis les Grecs, on traduit la Géométrie, première science parce qu’issue de l’observation de la Nature, en combinaisons chiffrées de manière à la traduire de sorte de la rendre intelligible et à multiplier ses applications.
    Egyptiens et Grecs étaient en mesure d’apporter des solutions à des problèmes que l’on nomme aujourd’hui « équations » jusqu’au second degrés, certains exposés de problèmes et solutions trouvés sur des papyrus font même penser qu’ils résolvaient des équations du troisième degrés, le plus ancien date des environs du 17è siècle avant l’ère vulgaire.
    S’agissant de l’astrologie, c’est une combinaison de l’astronomie égyptienne et grecque avec les oracles des mystères d’Eleusis, c’est donc une dégradation en comparaison de la science antique univoque.
    Lors du sac d’Alexandrie et Athènes par les hordes chrétiennes, les Grecs ont cherché à sauver ce qui pouvait l’être, les codex ont été confiés aux Perses avec qui ils entretenaient des relations apaisées depuis Alexandre le Grand.
    C’est ainsi que les Arabes ont pu s’enrichir du savoir grec, pour mieux se l’approprier conformément à l’esprit du monothéisme.
    Si Sylvestre II à tant insister pour réhabiliter la science dans l’Eglise qui la condamnait et la combattait résolument par crainte que resurgissent les traités néoplatoniciens défaisant toute l’architecture de la théologie chrétienne comme illusoire, contradictoire et infondée, c’est parce que l’occident s’est trouvé ne plus être capable d’évolution avec les seuls principes religieux et propre à être totalement surpassé par l’Al Andalus qui avait parfaitement compris tout l’avantage qu’il tirerait de séparer les croyances et la science sanctionnée par la preuve pour acquérir une supériorité matérielle qui lui permettrait de conquérir l’Europe.

    • 6
      Désap.
      12 février 2020 à 10:42 / Répondre

      Chacun mesurera bien qu’il est inutile, sauf pour l’Histoire, de s’en remettre aux interprétations pour s’élever.
      Les Egyptiens, Grecs et Romains ont dévoilé le Monde comme personne d’autre auparavant.
      Leurs suivants chrétiens et musulmans n’ont fait que remettre un voile épais sur ce qui risquait de décrédibiliser leurs croyances, il est vrai les premiers de manière bien plus caricaturale et imbécile que les second plus rationnels.
      Seul l’étude approfondie de l’Antiquité nous permet de progresser, ce travail est passionnant tant sa richesse est immense, c’est entrer dans un monde inconnu et sublime d’intelligence.
      Le reste n’est que curiosité historique.

  • 4
    DACIER
    11 février 2020 à 16:52 / Répondre

    L’auteur aborde des sujets généralement passés sous silence par l’Histoire officielle, fabrique du « roman national » oblige.
    Si l’on soulève le voile, on s’aperçoit que la Chrétienté et l’Islam ne se sont pas seulement combattus mais qu’il y a eu des échanges et des relations suivies notamment par le biais des Ordres de chevalerie et de l’hermétisme. On remarque aussi des personnages énigmatiques comme Frédéric II de Hohenstaufen – dont la garde personnelle était composée de Musulmans – et Napoléon III qui voulait promouvoir un « royaume franco-arabe » avec des artisans comme Ismaïl Urbain, converti à l’Islam et haut fonctionnaire en Algérie. Les corporations n’étaient pas en reste puisqu’on peut encore voir aujourd’hui, au Puy-en-Velay, la Profession de foi islamique en arabe sur les portes de la cathédrale ! Bref, tout ceci mérite beaucoup d’attention surtout à notre époque d’hystérie collective où il se dit beaucoup d’inepties sur l’Islam.

  • 3
    Bilboquet
    11 février 2020 à 16:11 / Répondre

    Effectivement ce personnage est très important pour comprendre comment ce pape a pu contribuer fortement à d’une part conserver livres des sciences qui se trouvaient enfuis dans les fonds de certaines bibliothèques monastiques et aussi attirer des manuscrits venant du pourtour de la Méditerranée et bien au-dela (Perse Inde).
    Une histoire plus qu’intéressante

  • 2
    de Flup
    11 février 2020 à 12:01 / Répondre

    Certains auteurs ont même défendu la thèse que Sylvestre II a promulgué une bulle constituant la fondation de la FM opérative. Ainsi l’abbé Auber (« Les franc-maçons du moyen age » p 7I0) écrit: « on pourrait attribuer cette fondation…ou au savant Sylvestre II »

  • 1
    MG RENAULT
    11 février 2020 à 10:55 / Répondre

    Tout cela est très important pour comprendre le rapport occident/orient dans l’ancien temps et le monde moderne.
    l’occident et l’orient sont complémentaires lorsqu’ils travaillent pour le bien de l’humanité.
    Merci
    FRATERNITE

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