Les Grandes Lumières.

Publié par Pierre Noël

Lors de la parution du dernier article de Pierre Noël, Les vertus, ou les devoirs de confinement de Pierre Noël, un lecteur lui avait demandé s’il pouvait « nous préparer un travail sur les piliers au Rite Français ».
Ni une, ni deux, Pierre s’est mis au travail, et voici le résultat.  
🙂

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On répète aisément que, en maçonnerie, « tout est symbole » et doit être interprété librement. Autrement dit, un symbole peut signifier n’importe quoi et son contraire ! On le dit sans jamais s’en lasser ni s‘appuyer sur un exemple concret, se contentant d’affirmations abstraites, stylisées, très générales et répétitives, idéales pour un discours d’après dîner.

Est-ce vrai ? Je n’en crois rien car le symbolisme est d’abord enchaînement de sens basés sur l’analogie et la ressemblance. Toujours subsiste un lien ténu entre les différents niveaux de lecture, du moins tant qu’on reste dans le domaine de l’exprimable. Sans pour cela aller jusqu’à l’opinion extrême de Guénon !

Nous l’avons dit souvent et nous ne saurions trop le répéter : tout « véritable » symbole porte ses multiples sens en lui-même, et cela dès l’origine, car il n’est pas constitué comme tel en vertu d’une convention humaine, mais en vertu de la « loi de correspondance » qui relie tous les mondes entre eux ; que, tandis que certains voient ces sens, d’autres ne les voient pas ou n’en voient qu’une partie, ils n’y sont pas moins réellement contenus, et « l’horizon intellectuel » de chacun fait toute la différence. Le symbolisme est une science exacte et non pas une rêverie où les fantaisies intellectuelles peuvent se donner libre cours. (René  Guénon. Aperçus sur l’ésotérisme chrétien, p.90, rééd. 1969 (paru initialement dans Le Voile d’Isis, février-mars 1934)

Prenons l’exemple des trois grandes lumières de la franc-maçonnerie moderne. Ce sont, on le sait depuis Prichard, les trois bougies posées sur des hauts chandeliers placés aux angles du tableau de loge,

    1. Have you any Lights in your Lodge? A. Yes, Three.
    2. What do they represent? A. Sun, Moon and Master-Mason

N.B. These Lights are three Large Candles placed on high Candlesticks.

On y trouve l’énoncé du ternaire habituel soleil/lune/maître-maçon. Avant l’invention du 3° degré, le maître-maçon, c’est le maître de la loge. L’énoncé du ternaire devint très naturellement soleil-lune-maître de la loge après celle-ci.

Dans la tradition française, ces lumières sont dites indifféremment bougies, chandeliers ou flambeaux d’angle [1] (j’emploie l’un ou l’autre de ces termes sans y accorder d’importance particulière).

La première question qui se pose est celle de leur utilité pratique. Ces Grandes Bougies sur des Grands Chandeliers étaient-elles utilisées pour éclairer le tableau, voire la pièce tout entière, en une époque coutumière de la science des Maîtres Egyptiens ou Grecs mais ignorant tout du gaz de ville et de l’électricité encore à venir ? La question est bien prosaïque et susceptible de faire hausser les épaules des vrais initiés nombreux sur nos claviers. La première réponse qui vient à l’esprit est sans doute négative. D’autres bougies, en lustres ou en chandeliers, étaient certainement nécessaires, illumination supplémentaire sans signification symbolique, comme c’est souvent rappelé dans les rituels d’époque.

La deuxième question est celle de leur localisation. Les textes des divulgations françaises de 1745-1747 et les grands rituels des années suivantes localisent ces lumières aux points cardinaux, marquant la course du soleil, est, sud et ouest. En revanche, les plans de loge qui les illustrent montrent invariablement les bougies placées aux angles nord-est, sud-est et sud-ouest du tableau (parfois nord-ouest !). Ce sera encore le cas des planches du Régulateur du Maçon. L’ambiguïté ne peut manquer de sauter aux yeux !

Ce déplacement des chandeliers peut n’avoir qu’un but pratique : dégager l’espace pour faciliter le jeu des acteurs [2]. Leur déplacement serait alors de pure convenance. Mais il y a une autre possibilité. La disposition des chandeliers est essentiellement asymétrique et forme une équerre ou un triangle rectangle dont l’angle droit est au sud-est. Cette disposition n’est pas sans rappeler la célèbre gravure de 1741 [3], avec sur le mur du fond la liste des loges anglaises en 1735, qui montre une table en forme d’équerre. La chaise du maître de la loge est à l’angle sud-est, ornée du soleil et de la lune. Devant lui se trouvent deux chandeliers. Les chaises des surveillants, reconnaissables au niveau et à la ligne d’aplomb gravées sur leurs dossiers, sont à l’ouest de la table, avec un seul chandelier devant elles. Les assistants sont debout et se tiennent sur l’hypoténuse imaginaire du triangle rectangle formé par la table lorsque le candidat est présenté au vénérable maître. Rien n’empêche que cette disposition originelle ait été remplacée par le tableau de loge, entouré des lumières en équerre quand on sait l’importance du triangle rectangle de proportions 3-4-5 et du théorème de Pythagore chez les maçons opératifs.

La troisième (la plus importante !) est la signification profonde du ternaire !

Le maître est comparé aux deux luminaires de la nature qui répandent leur lumière sur le monde, l’un durant le jour, l’autre durant la nuit. De même le maître répand la lumière dans la loge qui est représentation [4] de l’univers dans toute son étendue spatiale et temporelle comme le rappellent les échanges de l’ouverture. Dans l’exhortation (address) au Maître nouvellement installé, en usage dans les loges Britanniques, le Maître Installateur, s’adressant au nouveau Maître de la loge lui dit à peu près (je simplifie) : A présent que vous êtes placé à l’Orient et marquez l’emplacement du Soleil à son levant, considérez ce glorieux luminaire de la nature. Tâchez de l’imiter et, comme lui, répandez la lumière dans la loge et sur tous ceux qui vous entourent.

René Guilly [5] a proposé une autre lecture, inédite et originale. La disposition française ou moderne des chandeliers ponctuerait une journée fictive où le soleil se lèverait au N.E. comme il le fait au solstice d’été et se coucherait au S.O. comme il le fait au solstice d’hiver. Cette disposition bi-solsticiale renverrait aux solstices, donc aux deux Saint-Jean en honneur chez les maçons d’autrefois [6], mais aussi aux points culminants du jour, midi et minuit, portes de la journée comme les solstices le sont de l’année, traditionnellement porte des hommes et porte du ciel. Reste bien sûr à déterminer à quoi correspond le chandelier du S.E. ainsi placé entre les deux St-Jean !! René Guilly n’en dit rien mais ses commentaires ne sont guère équivoques.

Un premier niveau de lecture se présente donc ainsi.

    • Trois flambeaux d’angle
    • Est, sud, ouest
    • Soleil, Lune, Maître de la loge.
    • Soleil levant, soleil de midi, soleil couchant
    • Solstice d’été, solstice d’hiver (disposition bi-solsticiale)
    • Saint-Jean le baptiste. Saint-Jean l’évangéliste,
    • Midi (plein), Minuit (plein)

Cet ensemble fut-il rompu quand les écossais [7] d’Avignon, de Lyon et de Paris (qui n’avaient d’écossais que le nom) adoptèrent la disposition devenue classique de deux chandeliers à l’ouest et du troisième au SE ? Oui et non ! Il suffit après tout d’inverser les solstices pour retrouver l’asymétrie de la structure de base.

Pourquoi avoir remanié la disposition initiale, après une quarantaine d’année de pratique spéculative. Est-ce par oubli de la tradition, par abandon d’un usage dont ne connaissait plus le sens ou tout simplement parce qu’il n’y avait pas de tradition ? Je ne m’avancerai pas.

Considérons donc le plan ou tableau de loge qu’éclairent ces chandeliers. On y voit le parvis du temple au centre et à l’occident, les deux colonnes monumentales, J&B ; à l’orient, la façade du temple sous le soleil et la lune. On peut penser que le déplacement des chandeliers à l’occident du tableau avait pour seul but de faire coïncider les deux colonnes et deux lumières, supprimant ainsi une asymétrie fâcheuse car contraire à l’esprit ordonné de nos prédécesseurs. En tout cas, cela devint la disposition normale du rite écossais, qu’il soit philosophique, rectifié ou primitif (celui de Namur). Cette assimilation devint la règle avec le grade de rose-croix où il est spécifié que les trois colonnes/piliers foi-espérance-charité [8], disposées aux angles de l’appartement, donc autour du tableau, peuvent servir de chandeliers [9]. On a bien là fusion entre deux ensembles symboliques séparés à l’origine, les trois lumières et les deux colonnes. René Guilly, toujours lui, [10] est allé jusqu’à écrire que cette fusion des colonnes et des lumières était caractéristique des grades écossais au symbolique [11].

Les grandes lumières sont décrites dans l’instruction d’apprenti du rite écossais rectifié, qui est en ce domaine une variante de la maçonnerie en usage en France [12]. Elles y représentent bien évidemment le soleil, la lune et le (vénérable) maître [13] par analogie cosmologique (la course des astres) et topologique (les portes du temple aux trois points cardinaux, même si on n’en parle qu’au 3° grade. Elles renvoient aux flambeaux d’angle mais aussi aux trois lumières du chandelier d’orient, posé sur l’autel du vénérable, qui font allusion à la triple puissance qui dirige le monde.

Au 4° grade du RER, une explication supplémentaire est donnée. Cette triple puissance n’est autre que la trilogie des pouvoirs divins pensée-volonté-action, désignée par le député-maître et ses deux surveillants.

Il y a là un autre niveau de lecture.

    • Flambeaux d’angles
    • Trois grandes lumières
    • Soleil-lune-maître de la loge
    • Député-maître, premier et deuxième surveillant.
    • Pensée-volonté-action (facultés divines)

Le sens de départ est celui de la maçonnerie classique, à la fois cosmologique, topologique et chronologique, identique au mot près au rite français (ou protofrançais). Mais le dernier ternaire, celui du Maître Ecossais de St-André [14] dans sa version de 1809, est spécifiquement martinésien [15].

 

Grade d’apprenti.    Grade de maître écossais
D. Qu’avez-vous aperçu, lorsqu’on vous a donné la lumière ?
R. Trois grandes lumières

D. Que signifient ces trois lumières ?
R. Le Soleil, la Lune et le Vénérable Maître.

D. Quel rapport y a-t-il du Soleil et de la Lune avec le Vénérable Maître ?
R. Comme le soleil éclaire le monde pendant le jour, et la lune pendant la nuit de même aussi le Vénérable Maître éclaire, sans cesse, la loge de ses lumières.

D. Qu’avez-vous aperçu encore ?
R. Un chandelier à trois branches, sur l’autel d’orient.

D. A quoi fait-il allusion ?
R. A la triple puissance, qui ordonne et gouverne le monde, et qui est exprimée, dans les loges, par le Vénérable Maître et les deux Surveillants.

D. Comment l’autel d’Orient est‑il éclairé ?
R. Par trois lumières qui sont toujours les mêmes dans tous les grades.

D. Pourquoi ce nombre est‑il invariable ?
R. Parce que le Député‑Maître est pour la Loge comme le Grand Architecte pour l’univers qu’il gouverne par sa pensée, par sa volonté et par son action qui sont désignées dans la Loge par le Respectable Député‑Maître et les deux Surveil­lants.

Au degré d’Heredom de Kilwinning [16], Anglais s’il en est, bien que dit d’Ecosse, les trois Lumières ornent la chambre du milieu. Elles représentent la loi naturelle, la loi mosaïque et la loi chrétienne.

    1. What did you see in the Middle Chamber ?
    2. The three great Lights of Masonry
    3. What are they ?

A.The Natural, Mosaic and Christian Law.

Ce raccourci saisissant unit intimement la loi morale d’Anderson, la tradition vétéro-testamentaire propre aux grades symboliques de tous rites et le christianisme des grades supérieurs.

Les lumières au grade de maître.

Reste à rendre compte de la présence de trois flambeaux, neuf en tout, à chaque angle du tableau au 3° grade, disposition commune à toute la maçonnerie française du XVIII° siècle. Le sens premier en est clair, c’est un emblème des neuf maîtres envoyés à la recherche d’Hiram. En maçonnerie templière (la Stricte Observance allemande), c’est une allusion aux neuf fondateurs de l’ordre du temple. En maçonnerie chrétienne, ce devient une autre affirmation de la foi trinitaire, chaque lumière ou personne étant consubstantielle aux deux autres.

Dans le cadre du grade, le triplement des lumières est une élévation au carré du nombre 3, passage de la surface au volume qui peut être perçue comme un changement de plan, voire d’état (une résurrection pour certains !). C’est la palingénésie de Pythagore, la flamme du mausolée d’occident du grade de maître du RER ou la réintégration d’Hiram en un corps glorieux selon le même.

Les neuf lumières du 3° grade en acquièrent ainsi plusieurs significations nouvelles, bien qu’elles ne soient en fait que les chandeliers flanquant le lit de parade d’un défunt illustre ou inconnu.

    • Le passage de la surface au volume (élévation au carré des trois Lumières de la loge d’apprenti-compagnon)
    • Les neuf maîtres envoyés à la recherche d’Hiram
    • Les neuf chevaliers fondateurs de l’ordre du temple
    • Les neuf officiers de la loge rectifiée.
    • La réintégration d’Hiram (ou palingénésie pythagoricienne).

Au rite ancien, dont le REAA est l’exemple le plus classique sur le continent, ces lumières deviennent petites lumières ou lumières sublimes (l’expression grandes lumières désignant alors un autre ternaire, peu apprécié par certains). Ce rite [17], système de Hauts-Grades importé d’Amérique du Nord, fut d’abord hébergé par la loge-mère du rite Ecossais Philosophique à Paris. Quand ses défenseurs voulurent, pour des raisons diverses, un rite symbolique bien à eux, ils se basèrent sur la divulgation ancienne, Jachin and Boas (1762), la seule utilisée outre-Atlantique. Or celle-ci décrit les piliers.

Q. What supports your Lodge ? Ans. Three great Pillars.

Q. What are their Names ? Ans. Wisdom, Strength and Beauty.

    1. Who doth the Pillar of Wisdom represent ? Ans. The Master in the East.
    2. Who doth the Plllar of Strength repreent ? Ans. The Senior Warden in the West
    3. Who doth the Pillar of Beauty represent ? Ans. The Junior Warden in the South.

Ils inclurent tout naturellement cette instruction dans le cadre du REP pré-révoutionnaire, donc avec la disposition des Lumières d’Avignon (SE-SO-NO). Comme cette loge-refuge se nommait St-Alexandre d’Ecosse et le Contrat Social Réunis, j’ose penser qu’ils adoptèrent dans la foulée l’épithète écossais inconnue aux USA à l’époque, expression qui devait avoir le succès que l’on sait [18].

Dans ce rite hybride, mélange d’éléments anciens, modernes, écossais et de grades authentiquement français, la signification des Lumières s’enrichit de notions supplémentaires et elles devinrent en prime :

    • Petites Lumières (soleil-lune-VM)
    • Piliers (colonnes) Sagesse-Force-Beauté
    • Ordres ionique, dorique, corinthien.

Une lecture assez proche se retrouve au degré de l’Arche Royale, ce qui ne peut étonner puisque ce rituel est fondamentalement ancien comme l’indiquent ses racines anglo-irlandaises. Six lumières (chandeliers) y sont disposées autour de l’autel en deux triangles équilatéraux entremêlés, dont l’un (secondaire) est contenu dans l’autre (principal).

Les Trois lumières secondaires symbolisent la sagesse Intérieure, la force Intérieure et la beauté Intérieure. Les Trois Lumières principales symbolisent le Très-Haut lui-même et sont les emblèmes des pouvoirs créateur, protecteur et destructeur de la divinité.(Discours du deuxième Principal-rituel en usage en Belgique).

Cette figure particulière est longuement évoquée par René Guénon [19] qui la rapproche de la Caverne Cosmique d’autres traditions.

Ajoutons donc aux précédentes les significations suivantes

    • Sagesse intérieure, force intérieure, beauté intérieure
    • Pouvoir créateur, protecteur et destructeur de la divinité.

Et, par équivalence numérique, les deux triangles concentriques ainsi disposés forment trois triangles à ses extrémités et un autre au centre, soit quatre triangles, donc huit angles droits, comme le triple tau, symbole du degré. En général, on en fait une stylisation des initiales Templum Hierosolytum. Pour les Opératifs, il n’est que le joint métallique qui unit trois pierres.

Maître Ecossais de Saint-André et Sainte Arche Royale de Jérusalem se retrouvent ainsi dans une destinée commune, sans syncrétisme aucun. Est-il surprenant que ce symbole vraiment universel se nomme Magen David, l’Etoile de David, dans ce grade peu connu qu’est le Secret Monitor qui a pour fondement l’amitié entre David et Jonathan entravée par la jalousie du roi Saül ? N’est-ce pas déjà inattendu pour les fidèles du Rite Ecossais Rectifié, souvent jalousement exclusifs dans leur pratique ?

Mais la trinité peut être encore perçue autrement, sans aucune allusion chrétienne, nicéenne ou autre, ce qu’a fait Eugène Goblet d’Alviella [20], libre-penseur s’il en est, passionné par le fait religieux dont il enseignait le développement à l’Université Libre de Bruxellles érigée sur le principe du libre-examen. Il en fit le thème central de son introduction au XXIX° degré du REAA (réécrit par ses soins au début du XX° siècle).

Nous donnons à la Réalité unique et absolue, dont tout procède mais dont la nature est inconnaissable, le nom qui dans nos langues symbolise le mieux une source de vie : le nom de Père, que nous représentons par le symbole de l’infini ou, pour rester dans les données traditionnelles du grade, par le tétragramme sacré des Hébreux.

De cette Réalité unique et absolue procède le Logos, première manifestation intelligible de toute activité dans l’Univers. Ce Logos, source du processus dialectique qui a introduit la différenciation du et dans le monde, nous le nommons le Premier-Né du Père.

Mais un agent non moins puissant ramène l’Univers à l’Unité en dissipant les ténèbres qui nous cachent la Réalité ultime. Cet agent nous l’appelons Esprit ou Paraclet, représenté dans l’iconographie par une colombe.

D’où enfin vient le ternaire final que suggère si bien la flamme d’une bougie dont Héraclite disait qu’elle prouvait le mouvement éternel de la subtance primordiale.

    • La Réalité unique inconnaissable, le Logos et le Paraclet.

Inconnaissable est le maître-mot, qui doit rester celui de la fin puisque tout le reste n’est qu’illusion. C’est lui qui nous entraîne dans les sphères de l’esprit où la parole devient inutile, où le symbole retrouve sa véritable vocation : chanter l’indicible et exprimer l’incommunicable. Il suffit de se laisser aller à la musique des mots et au tourbillon des symboles pour atteindre ce monde qui ne peut être décrit, cette harmonie des concepts qui se heurtent et s’entrecroisent, qui sont un goût de l’éternité sans se vouloir consolation ou réconfort.

Certains me taxeront sans doute de syncrétisme et d’incompréhension irrémédiable (j’avoue m’en foutre un peu). Il est vrai que je suis un peu touche-à-tout, guère respectueux des affirmations sentencieuses répétitives, bien peu religieux et fermé aux délires mystiques. Dans le fond, je serais plutôt adepte de Cadet Rousselle pour qui tout allait par trois !

Pierre Noël

[1]  Expressions auxquelles se sont malheureusement ajoutés « les piliers », source de confusion !
[2] La première illustration du Régulateur montre que les chandeliers étaient très écartés pour dégager au maximum l’espace central, terrain de jeu de l’exercice.
[3] Voir la discussion de cette gravure de Picard sur Hiram.be.
[4] Nos prédécesseurs disaient type de l’univers.
[5] René G. Les trois colonnes Sagesse-Force-Beauté et les trois grands chandeliers (Paris, 1963). Les 178 pages de cet ouvrage essentiel doivent être lues avec attention (et esprit critique !). Pour ce qui nous occupe, les pp.32-34 sont fondamentales.
[6] Pas chez les maçons opératifs Français si l’on en croit Etienne Boileau (discuté sur hiram.be), mais bien chez les Ecossais (d’Ecosse).
[7] Qui donneront naissance aux Rites « Ecossais », Philosophique, Rectifié, Primitif…
[8] Alternative classique de Sagesse-Force-Beauté
[9] Le Régulateur des chevaliers Maçons ou les autre Ordres Supérieurs. IV°Ordre. Rose-Croix. Cahier de l’architecte, p. 114.(circa 1801)
[10] Plus connu sous son nom de plume, René Désaguliers.
[11] René G. Ibid. p. 134.
[12] Je laisse de côté, délibérément, les significations ésotériques, occultistes et mystiques de ce Rite, notamment les développements sur les Nombres. Elles sortent de mon propos et ne m’intéressent pas vraiment.
[13] Certains rituels (allemands notamment) remplacent le maître de la loge par les étoiles dans l’énoncé du ternaire.
[14] Il est d’ailleurs possible au maçon rectifié d’ignorer cette signification hétérodoxe s’il s’attache à la sainte religion chrétienne comme seule bouée de sauvetage, ne voyant dans les trois lumières d’orient que la trinité chrétienne.
[15] selon Martines de Pasqually, personnage énigmatique du siècle, tout à la fois mage, occultiste, mystique et franc-maçon, oscillant entre inspiration divine  et charlatanisme.
[16] L’Ordre Royal d’Ecosse est le plus ancien des degrees beyond the Craft et le plus convoité.
[17] Il ne s’appelait pas encore REAA !
[18] La suite Ancien et Accepté, courant dans le monde anglo-saxon,, ne pouvait que passer inaperçue en France.
[19] René Guénon. La Montagne et la Caverne. Etudes Traditionnelles, janvier 1938. Réédité dans Symboles fondamentaux de la Science Sacrée, 1962 : 223-226.
[20] Egalement politicien libéral et SGC du SCDB.

mardi 8 septembre 2020
  • 56
    pierre noel
    15 septembre 2020 à 12:43 / Répondre

    Je n’entre pas dans le débat/dispute centenaire sur la « régularité » à la franço-belge.
    Le mot « régulier » est un mot de la langue française, comme « regular » l’est de la langue anglaise. Dans aucune, il n’exprime un jugement de valeur. Dires-vous d’un verbe régulier qu’il est le seul bon et du verbe irrégulier qu’il est un « salaud’ comme le dIsait Sartre de ses ennemis politiques ?
    Direz-vous de poteaux téléphoniques plantés sans « régularité » dans leur alignement qu’ils sont moralement critiquables ?
    Or, depuis un siècle, des maçons Franco-Belges attribuent à ce mot innocent une connotation morale (critique) qu’il n’avait pas à l’origine de la fm. Etait régulière une loge inscrite sur le tableau de l’obédience, était régulier le maçon membre d’une loge régulière (à l’origine toujours, les francs-maçons indépendants en Angleterre étaient dits de « St-Jean »).
    Dans les pays de langue anglaise, être « a regular mason », c' »est être un maçon normal, standard, membre d’une loge inscrite sur le tableau d’une obédience, celle de son pays (UK), de sa province (Canada) ou de son état (US). Oubliez, s’il vous plaît, quand vous parlez de « ces gens-là », le sens polémique que vous attachez aux mots « régulier » et « régularité ».

  • 54
    joab's
    15 septembre 2020 à 09:44 / Répondre

    Je ne sais si geplu a réouvert le débat. Puisque quelques coms sont passés, même si certains se limitent à de l’invective, je remercie Pierre de son approche et lui demande pardon d’avoir fait dériver son article vers la considération si polemique gabituelle : la notion de « régularité ».
    On pourrait déjà s’interroger sur le pourquoi c’est si polémique alors que ca pourrait être abordé avec un esprit curieux, ouvert et constructif. ET utile puisque la notion de « loge régulière » est évoquée à quelques reprises dans les textes fondamentaux de la FM.
    On pourrait déjà noter que « regular » n’a pas uniquement le sens « respect de règles » mais plutôt normal, habituel, classique.
    Admettons que par extension, ce serait comme en français « conforme aux règles ».
    Le sujet est polémique parce que certains groupes maçonniques(obédiences) en font prétexte pour diviser, éparpiller les maçons, ce qui est de la contre-maçonnerie évidente puisque un objectif majeur(une règle) de la FM est justement de rassembler ce qui est épars.
    Comme tu le dis justement, il est cohérent (régulier ?) d’ecarter de travaux maçonniques des non-maçons. Or les militants de ces groupes ne pretendent pas (par manoeuvre) que ceux qu’ils rejettent ne sont pas maçons … mais simplement pas adhérents à la « bonne » asssociation !
    Suite à la remarque de William, il est à noter que l’adjectif régulier s’applique à la loge et non à la GL (qui n’a pas d’activité maçonnique directe), ni au FM inidividuel.
    Par conséquent, il faut rechercher un critère qui ferait qu’une loge serait ou pas régulière. Tu as évoqué la presence ou pas de la charte ou patente d’une GL… dont tu es bien conscient de la futilité ( n’importe quelle loge peut remplir ce critère).
    J’ai évoqué un critère tricentenaire parfaitement cohérent avec l’ouverture ou pas de travaux maçonniques : la loge dûment formée : avant d’ouvrir les travaux, à chaque tenue ce critère précis (lui !) doit être vérifié et nous le rappellons (tous les rituels) !
    Alors, bien sûr cette condition parfaitement claire et précise ne peut satisfaire les menées divisionnaires de certaines obédiences.
    Je note que personne n’a contesté cette proposition.
    Il est à noter le discours de la prétendue régularité maçonnique prétextée au travers d’une ananalogie avec des federations sportives. Pardonnez moi de préférer les textes tricentenaires de la FM à ce rapprochement.
    En tout cas, je suis heureux, Pierre que tu ais joué ce rôle qu’on attend de FMs : nous inciter à chercher, creuser pour consolider notre FM … Comme le rappellait un autre commentateur : « faire des progrès en FM » et non rester enefrmé dans des consignes d’obediences. Oui, il y a des règles, magnifiques et solides qui sont nos limites, notre cadre … Ce ne sont pas celles des obédiences (y compris la mienne). Et la fraternité c’est dans l’echange avec nos FF qui nous evite de dériver … ailleurs.

    • 57
      Luciole
      15 septembre 2020 à 13:51 / Répondre

      Bonjour.
      Pourquoi ne pas dire simplement qu’il s’agit pour une organisation d’admettre qu’un individu est un citoyen honorable mais que l’on ne veut pas l’inviter chez soi, ce que personne ne peut imposer.Fin des justifications!

  • 53
    Désap.
    15 septembre 2020 à 09:27 / Répondre

    @ Joab’s,
    Je suis tout à fait d’accord avec les commentaires 52 de Pierre Noël et 51 de William parce que ceux-ci se situent sur les principes et de manière objective.
    Cependant, je considère pertinent ton raisonnement sur le sujet des règles actuelles constituant un dévoiement des règles de 1723, mais je pense que ton expression manque de précision.

  • 52
    pierre noel
    14 septembre 2020 à 21:05 / Répondre

    J’avoue ne pas vous suivre dans vos querelles d’apothicaire (nonobstant mon respect infini pour cette honorable profession).
    la franc-maçonnerie est un jeu, sérieux et profond, qui a une règle (des règles) qu’il faut respecter. Cette règle a été exposée dans les Règlements Généraux de de John Payne, coeur et moelle des Constitutions de 1723 (les détails en furent adaptés au génie de chaque peuple).
    Quiconque visiterait un organisme ne respectant pas ces fondamentaux saura d’emblée qu’il n’est pas « en franc-maçonnerie », mais dans quelque chose d’autre, estimable peut-être, mais différente.
    Il ne s’agit en aucun cas de porter un jugement de valeur (non pas futile, mais bien puéril) mais de respecter « la règle du jeu ».
    Les statuts du GODF de 1773 ou de 1806 ne disent rien d’autre.

  • 30
    Yvan d’Alpha 2180
    11 septembre 2020 à 09:51 / Répondre

    Vaincre mes passions, soumettre ma volonté et faire des progrès en franc-maçonnerie…

  • 23
    pierre noel
    10 septembre 2020 à 16:17 / Répondre

    RWM: Wherein do Fs assemble ? WJW : In a lodge just, perfect and regular.
    RWM : What makes a lodge j…, ? WJW : The presence of the three great emblematical l.. of F,,,, namely ……
    RWM : What makes a lodge p….? WJW : The presence of seven or more Br…
    RWM : What makes it regular ? WJW : The presence of the Charter from Grand Lodge.

    Ce dialogue en usage dans les ll d’une des trois GL des îles britanniques ne fera pas avancer le schmilblick « régulièrement » soulevé sur ce site!

    • 27
      joab's
      10 septembre 2020 à 20:24 / Répondre

      Dans ce cas … toute loge de toute GL ou GO est « régulière ». Merci d’illustrer cette futilité pourtant lourdement et tristement ancrée dans une certaine FM…

      • 29
        Désap.
        11 septembre 2020 à 09:09 / Répondre

        27 – Reste malgré tout le problème de la possibilité d’ouvrir les travaux sans le symbol du GADL’U.
        De mon point de vue, le GODF en 1877 a fait une erreur fondamentale.
        Il n’avait aucune autorité lui permettant d’agir sur la mécanique et les principes maçonniques.
        Il avait en revanche la possibilité d’affirmer que le GADL’U n’est pas Dieu, vocable religieux, et ceci eut satisfait pleinement les exigences de la période et aurait également sorti définitivement la/les religions de la loge.
        Dans ce cas, et parce que ceci est conforme au Régulateur 1801, la GLUA n’avait aucun argument pour contester comme elle n’a jamais contesté le Régulateur.
        Mais retirer un symbol de l’architecture maçonnique c’est de facto écrouler l’édifice ; la voute s’écroule si l’on retire la clef. De ce point de vue, je regrette, les Anglais sont parfaitement fondés.
        Le GODF devrait se pencher sur ce problème déterminant.

        • 34
          joab's
          11 septembre 2020 à 11:31 / Répondre

          Tout d’abord, il faut essayer d’eviter les caricatures. Le GODF n’a pas « enlevé le GADLU ». D’ailleurs, il est évoqué par des paraphrases (la GLUA de même, c’est devenu un « supreme being »). Il a simplement éliminé l’obligation de croire au dieu énoncé dans la Bible.
          D’autre part, nous sommes dans la FM religio-sectaire dans l’hypocrisie la plus totale :
          A supposer que la dite croyance soit indispensable, il faudrait s’en assurer en permanence … ce qui n’est pas le cas.
          De plus il faudrait définir précisément de quoi on parle (le YHWH des juifs ? le El de la Bible ?, Jesus Christ, Viracocha ? Alhah ? … ou un concept qui depasse simplement le materialisme ? ou la transcendance ?).
          Dans la mesure où cette conception est floue, variable d’un FM et d’une obedience à l’autre et incertain dans le temps c’est un critère sans valeur (tel que pratiqué chez les religio-sectaires).
          Par contre, en effet, il est dommage que le GODF semble tant embarassé par la question et parfois aussi dogmatique anti-clérical que peuvent l’être les religio-sectaires.
          Là en core, il revient à chaque loge de s’emanciper de ces bétises. Car c’est un faux problème. Si un F se sent mal à l’aise par l’evocation ou pas du GADLU, rien ne l’oblige à assister.

          • 36
            Désap.
            11 septembre 2020 à 14:32 / Répondre

            33 – Quelle caricature ? D’où je caricature ?
            J’ai pris soin d’écrire « la possibilité d’ouvrir les travaux sans le symbol du GADL’U. »
            C’est bien le problème, la question n’est pas de se sentir mal ou pas, sans GADL’U il n’y a pas de maçonnerie.
            La croyance en un dieu révélé c’est encore une autre histoire, mais celle-ci est résolue par la maçonnerie d’Anderson qui n’oblige à rien de la sorte et l’on peut légitimement et valablement l’opposer aux Anglais.
            Pas le GADL’U, lui c’est le bras armé de la GLUA contre le GODF et c’est le GODF qui lui a donné en autorisant l’ouverture des travaux sans GADL’U.
            Pour reprendre ta métaphore, sans « en avant » il n’y a pas de rugby.

            • 59
              MarcosTestos
              20 septembre 2020 à 18:38 /

              36-Desap
              « sans en avant » il n’y a pas de rugby ?
              Comme d’habitude tu parles de chose que tu ne connais pas !

          • 58
            pierre noel
            20 septembre 2020 à 16:49 / Répondre

            Tout cela est plus compliqué (et bien moins bigot) qu’on ne le dit/croit !
            At the end of the opening, the RWM « recognizes the lodge to be duly constituted » and, after a brief and non-denominational prayer (1), « declares it open In the name of the G.A.O.T.U. »
            The Master with these words (either in opening or at the obligation), appears to declare he has « the authorization of the G.A.O.T.U. »! Some argue the Supreme Being never gave such authorization and prefer to say « In the Presence of …  » or even use the neutral « for all purposes of F.M. »
            1) « May our labours begun in order, be conducted in harmony and closed in peace ».

    • 37
      pierre noel
      11 septembre 2020 à 15:22 / Répondre

      Ni voyez aucune malignité mais simple curiosité de ma part..
      Les loges du GODF (ou autre obédience) exposent-elles leur lettre de constitution (charter) à chaque tenue ?

      • 40
        joab's
        11 septembre 2020 à 18:00 / Répondre

        Il me semble les avoir vues la plupart du temps au GODF et pas systématiquement à la GLNF ni à la GLUA. … De plus, si la « régularité » tient à çà, c’est dire la futilité de la revendication ! Mais comme cette revendication futile est au centre du conditionnement des adhérents à ces groupes obédentiels, gageons que quelque soit la futilité, ils y resteront ancrés.
        Alors que la « loge dûment formée » est très précise et conditionne l’ouverture des travaux.
        NB : lorsu’à ces dernieres frasques de 2010, la GLNF a été écartée du groupe des GL reconnues par la GLUA, le board de la GLUA s’est empressée de rappeler que malgré leur « déreconnaissance de la GLNF » çà ne signifiait pas que les loges GLNF étaient irrégulières…
        Comme quoi, la « régularité » n’a strictement rien à voir avec reconnaissance ou patente … alors, quoi ?
        Et bien les rituels tricentenaires nous donnent la réponse, précise, stable … mais qui detruit les pretentions futiles des GL religio-sectaires.
        Depuis des années de presence sur ce blog comme dans cette FM prétendue « régulière », je n’ai jamais entendu la moindre explcication serieuse sur cette notion. Des « coups de menton », railleries, quand ce n’est insultes, comparaisons avec des clubs de foot … oui !
        Cette fixation sur une futilité ridiculise toute notre FM. Les amateurs le savent, mais reculer serait pour eux l’ecroulement du chateau de cartes…

        • 43
          Jules
          11 septembre 2020 à 18:30 / Répondre

          Joab’s. Tu commences (euphémisme !) à nous fatiguer avec tes rengaines sur les obédiences, les reconnaissances et la régularité. Bien sûr que les obédiences historiques, celles qui s’ancrent dans les premières années de la FM, GLUA pour les anglais, GODF, GLDF, puis le DH et la GLNF pour les français ont une légitimité naturelle à être reconnues comme authentiquement maçonniques.
          .
          Mais toi, tu viens d’où et elle est légitimée par quoi ta pratique maçonnique. « Mes Frères me reconnaissent comme tel ». Hé Oui, justement ! Toi, qui te reconnait comme tel ?
          A t’entendre n’importe quel pékin qui achète sur internet un rituel et des décors serait un authentique franc-maçon. Non, il doit tenir sa légitimité d’une filiation. « Nos ancêtres qui la pratiquaient hier… « 

          • 45
            joab's
            12 septembre 2020 à 10:19 / Répondre

            Vous est-il possible de vous concentrer à répondre, contre-argumenter en faveur de votre idée plutôt que de tenter discrédit à la personne ?
            Examinons votre discours sur la « légitimité » des obediences pour lequel vous n’exprimez pas le moindre critère solide …
            – Ancienneté ? Le GO est plus ancien que la GLUA ! La GLAMF qui a moins de 10 ans éliminée ?
            – Taille ? Vous éliminez qui ? LNF(et Roger Dachez?) GLTSO (plus ancienne et fondatrice de GLNF) ?
            Très confus votre discours !

        • 47
          marcos testos
          12 septembre 2020 à 12:23 / Répondre

          40-Joab’s alias Joaben
          « … pas systématiquement à la GLNF … » ??? Ta mauvaise foi devait déjà t’aveugler ou alors tu ne venais que pour les agapes !!!
          C’est ta fixation sur ce que tu appelles « une futilité » qui est ridicule et qui ridiculise régulièrement tes propos aigris.

      • 48
        pierre noel
        12 septembre 2020 à 13:00 / Répondre

        J’aime bien ce moment lorsque le vm, répondant à l’affirmation du S, ouvre la boîte où est déposée la lettre de constitution de la loge et la montre aux FF assemblés. .
        A la fin d’une initiation (1er degré), il la déploie devant le néophyte en disant à peu près « Comme la cérémonie que vous venez de vivre comporte certains frais, il est normal que vous sachiez de quelle autorité nous dépendons. Voici la lettre de constitution que nous a accordée la GL de … Vous pouvez la consulter aujourd’hui ou lors de n’importe quelle tenue de la loge » ». (librement inspiré des paroles habituelles du rituel.
        C’est à des moments comme ceux-là qu’on commence à comprendre certains mots trop souvent galvaudés dans les passes d’arme futiles de sites comme celui-ci, qu’ils ne font que polluer.

  • 22
    joab's
    10 septembre 2020 à 14:33 / Répondre

    Un élément très interessant sur ce sujet (ou plus généralement « l’ouverture des travaux ») :
    Nous sommes là, au delà de quelques controverses à la recherche de l’essentiel de la FM.
    Ainsi nous avons une expression particulièrement utile, claire, efficace figurant dans les plus anciens rituels et qui devrait balayer toutes les foutaises de « régularité auto-proclamée » qui emaillent regulierement ce forum.
    IL s’agit de l’expression « THE LODGE BEING DULY FORMED, let us…. » … point sine qua non … et UNIQUE pour ouvrir les travaux.
    C’est là que nous voyons le contraste entre
    – la pretention fumeuse obdentielle que même ses amateurs sont incapables d’explicter de « loge régulière » et …
    – cette notion très précise, decrite, tricentenaire sans une ride de « loge dument formée » qui est, evidemment la seule description claire, légitime de « loge « régulière » : le respect absolu des critères et devoirs à accomplir pour ouvrir des travaux maçonniques.
    L’avenir de notre FM est lié, je crois, à justement approfondir nos fondements historiques qui nous donnent des reponses solides et categorique à des polemiques futiles d’affontements d’obediences.

    • 25
      William
      10 septembre 2020 à 17:57 / Répondre

      Comparer des pommes avec des poires n’a jamais permis d’aboutir à une conclusion pertinente. Surtout que la « loge régulière » a été explicitée dès Anderson en 1723 (et c’était déjà une reprise de Payne).

      Alors certes c’est « obédientiel ». Mais une question pour comprendre : es tu aussi contre, par exemple, les fédérations sportives qui édictent des règles qui trouvent à s’appliquer à tous les pratiquants du sport concerné ? Il me semble que sans elles, les rencontres sportives seraient très vite du grand n’importe quoi faute de règles communes et « sanctionnées » au-dessus. En quoi est ce donc différent s’agissant des obédiences ?

      • 31
        joab's
        11 septembre 2020 à 10:04 / Répondre

        comparer sport et FM ca doit être « pommes et poires » ?

        • 32
          William
          11 septembre 2020 à 10:55 / Répondre

          Ah, c’est tout, une pirouette en faisant mine de ne pas comprendre et puis s’en va ?

          On ne compare pas le sport la FM, mais les autorités sportives et les autorités maçonniques en tant qu’organisation. Mais si le sport ne te va pas, la comparaison marche aussi avec toutes les autorités qui régissent un domaine, quel qu’il soit – et c’est bien ton point sur les obédiences, de regretter qu’elles régissent, réglementent, organisent, bref qu’elles se superposent aux loges. Donc, non, ce n’est pas comparer des pommes avec des poires et j’aurais été intéressé de lire une réponse de ta part, pour comprendre.

          • 35
            joab's
            11 septembre 2020 à 11:36 / Répondre

            Les reponses sont celles que veut bien publier geplu. Si, plutôt que cette boutade, Geplu veut publier la réponse plus étoffée envoyée, ca eviterait ce genre d’interpellation sterile.
            En très bref … comme pour le rugby, il y a les règles du rugby. Les federationsou clubs de rugby ne violent pas les regles du rugby.
            La régularité du rugby et donc de la FM n’a rien à voir avec les obédiences ou les federations locales.

            • 50
              marcos testos
              14 septembre 2020 à 12:04 /

              35- Joab’s alias Joaben
              Bien qu’inexacte, ta comparaison avec le rugby est très intéressante :
              1- Le rugby (à 15 et à 7) est géré par un organisme international qui s’appelle Word Rugby, anciennement IRB (International Rugby Board),
              2- TOUTES les règles, quelles qu’elles soient, sont édictées par cet organisme,
              3- Il ne peut exister qu’une Fédération de Rugby par pays et n’importe qui ne peut se prévaloir de pratiquer ce sport (cf le Jeux à 13 et non le rugby à 13).
              Sur ce, je Je te laisse à tes réflexions sur ta comparaison du rugby et la FM.

            • 51
              William
              14 septembre 2020 à 18:43 /

              Je suis à l’origine de l’analogie avec le sport et Joab’s y a répondu à son corps défendant.

              Si je comprends le raisonnement de Joab’s (et désolé par avance si j’ai mal compris) : les règles (de la FM mais par analogie du rugby) seraient pré-existantes, au-dessus, autonomes des fédérations (pour le rugby) et des obédiences pour la FM, dont le rôle ne serait donc pas de les édicter mais uniquement d’en prendre acte et les appliquer.

              Si tel est le raisonnement de Joab’s, alors évidemment l’analogie avec le sport s’arrête là car il est difficile de comparer les règles d’un sport aussi noble soit-il avec celles de la FM.

              Pour autant, je ne crois pas à l’autonomie de la règle. D’ailleurs, si l’on suit ce raisonnement jusqu’au bout, ce ne sont pas seulement les obédiences qui sont « de trop », mais même les loges : si je suis reconnu par mes F. et. S. et que cela s’applique en vertu d’une règle totalement autonome, alors je n’ai pas plus besoin de faire partie d’une loge que celle-ci n’a besoin d’une obédience.

          • 55
            marcos testos
            15 septembre 2020 à 10:04 / Répondre

            51- William
            Mon commentaire avait pour but de démontrer que Joab’s parle souvent pour ne rien dire et très souvent de sujets qu’il ne maitrise pas.
            Quant à mon invitation à réfléchir sur sa comparaison rugby/FM, c’est une boutade pour me moquer de ses positions extrémistes anti GLUA et anti GLNF.
            Bonne journée mon BAF

  • 18
    Etienne Hermant
    10 septembre 2020 à 11:45 / Répondre

    14 – Pour montrer la profonde malhonnêteté intellectuelle de ce contradicteur, manipulateur patenté, voici reproduit le dialogue avec l’universitaire codicologue dont question (DAXAD).
    Je donne également ma réponse, mais il y en en d’autres qui vont dans ce sens.
    On peut retrouver l’entièreté des échanges dans l’article publié sur Hiram.be « Les meubles de la Loge avant et après Désaguliers ».
    Je laisse ainsi le soin à chacun de faire sa propre religion.
    .
    Çà fait la seconde fois que je reproduits ces échanges à la suite d’une première manipulation déjà exercée qui montre à suffisance le peu de crédibilité à apporter à ce commentateur.
    .
    DÉSAP.
    22 JANVIER 2020 À 18:58 / RÉPONDRE
    Les photos retrouvées en 1945 à la Grand Lodge Library in London sont présentées comme étant celle d’un manuscrit original dont la loge Quatuor Coronaty estime la date circa 1725.
    Notre frère Daxad, qu’il faut amplement remercier, nous informe d’une date qui ne saurait être antérieure au 19è siècle.
    Il s’agit en conséquence d’un document qui ne peut être tenu pour une divulgation des environs de 1725, pourtant estimer comme tel, après l’avoir étudié en loge, par la Grande Loge Unie d’Angleterre.
    C’est de mon point de vue scandaleux, il est patent que la Grande Loge Unie d’Angleterre se trouve parfaitement incompétente dans la datation de documents anciens et au minimum coupable de ne pas avoir pris soin de soumettre le document à des experts avant d’engager la crédulité de maçons par l’entremise du prestige auquel elle prétend.
    Il est dès maintenant impératif de porter la plus grande méfiance à tout document présenté comme étant une divulgation, ces divulgations ne pouvant dans tous les cas présenter le moindre caractère véritable des usages de la Grande Loges de Londres et Westminster et de la Grande Loge d’Angleterre.
    Je pense que cette discussion fera date.
    .
    DAXAD
    22 JANVIER 2020 À 20:28 / RÉPONDRE
    Cher Désap.
    Ce n’est pas tout à fait ce que j’ai avancé.
    Même si le document matériel ici présenté ou présenté dans l’article de Bernheim ne peuvent avoir été écrits en 1725, ils pourraient refléter une réalité antérieure, être une copie d’un document plus ancien. Je ne me suis prononcé que sur le support non sur le contenu.
    .
    ETIENNE HERMANT
    28 JANVIER 2020 À 14:41 / RÉPONDRE
    Le catéchisme « Simon and Philip » est-il un écrit du 19e siècle, ou une retranscription datant du 19e siècle d’un document source, ou encore, puisque la théorie d’un complot généralisé orchestré par la GLUA a été envisagée sérieusement par un farouche contradicteur, un faux fabriqué par Knoop et ses co-auteurs ?
    Pour ce dernier point il suffit de s’emparer des archives de la GLUA par les attendus qui s’y trouvent, pour immédiatement écarter cette théorie fictionnelle, à moins que l’on considère de facto, par une sorte d’effet du prince, que ces archives soient bidouillées, auquel cas nous ne devrions plus nous y fier…
    Mais il faudra bien faire le constat qu’il est difficile de privilégier ou d’écarter des archives selon les circonstances favorables ou non à une démonstration du moment.

    • 21
      Désap.
      10 septembre 2020 à 14:25 / Répondre

      18 – Cher convaincu, où est la preuve qu’il s’agirait du reflet d’une « réalité antérieure », que le MS Simon and Philip soit « une copie d’un document plus ancien » ?
      Il n’y en a aucune.
      Je rappelle que tu es parti d’une affirmation selon laquelle le document date de 1725 pour finalement et après les conclusions du F. DAXAD te réfugier dans l’affirmation qu’il s’agit de la retranscription précise et exacte des usages maçonniques en 1725.
      A l’appui de quelle preuve, de quel élément de preuve, de quel élément matériel ?
      Aucun.
      Quel document authentique émanant de la GL des Moderns corrobore le Simon and Philip ?
      Aucun.
      Reste la parole de la GLUA, qui n’a pas plus de preuve que toi à produire
      Ta conviction est croyance et déférence, que dis-je, révérence.
      Toi tu ne fais pas preuve de malhonnêteté intellectuelle, moi je m’en garde, tu fais preuve de naïveté.

      • 24
        William
        10 septembre 2020 à 17:28 / Répondre

        Désap, l’ayatollah complotiste, a encore frappé ! Et comme d’habitude, son incurie le dispute à sa malhonnêteté…

        Pierre Noël, à l’époque de l’article précité sur le MS Simon and Philip, avait produit un compte-rendu détaillé de l’article consacré à ce manuscrit (AQC n° 57, 1946) qui, sur des bases documentaires et comparatives avec d’autres documents de l’époque, a permis de conclure – après discussion au sein d’AQC – à l’authenticité et à la datation du manuscrit.

        Personnellement, je ne vois pas de naïveté dans le fait d’accorder plus de crédit à Knoop et Jones et aux autres membres d’AQC, qu’aux affirmations hystériques d’un commentateur complotiste qui n’a même pas lu l’article AQC de 1946, n’a jamais mis les pieds à l’université, n’a jamais fait la moindre recherche et encore moins de publication (ce qui arrive à des gens très bien sans que nécessairement ils s’érigent en donneurs de leçon à tout va).

        • 26
          Désap.
          10 septembre 2020 à 18:47 / Répondre

          24 – « Personnellement, je ne vois pas de naïveté dans le fait d’accorder plus de crédit à Knoop et Jones et aux autres membres d’AQC »
          Malgré les incohérences ? Chapeau.
          Et puis, de quoi nous parle maitre William ? Il n’a pas lu l’article de ACQ, il s’en remet au compte rendu d’un tiers partial.
          Allez, commentaire 24 : poubelle.
          Suivant.

          • 33
            William
            11 septembre 2020 à 11:06 / Répondre

            Quand un donneur de leçons qui n’a jamais produit le moindre travail de fond, n’a jamais été reconnu apte à diriger les travaux d’une loge, s’est au contraire fait pousser vers la sortie des loges dans lesquelles il semait le trouble comme il le fait sur tous les blogs depuis des années, commence à stigmatiser les « incohérences » inhérentes à tout travail de recherche…il faut urgemment relire Kruger et Dunning en espérant qu’un jour, peut-être, il finira pas descendre de sa montagne.

            • 41
              joab's
              11 septembre 2020 à 18:04 /

              attaques ad-persona … la spécialité des militants de la GLNF. Quelle image de la FM donnez-vous à agir ainsi devat tout public!

            • 42
              Désap.
              11 septembre 2020 à 18:14 /

              33 – De quoi parles-tu, William ? Nous ne nous connaissons pas.
              D’où tiens-tu ce que tu affirmes?
              Mon mail : desap@sfr.fr
              Je t’invites à me contacter sans tarder, je te communiquerai mon numéro de téléphone de sorte que nous ayons une conversation.
              Faute de quoi je rendrai compte ici de ta dérobade et exigerai que tu cesses tout commentaire sur mon parcours maçonnique que tu ne connais pas.

            • 44
              William
              11 septembre 2020 à 19:59 /

              Réponse aux galéjades en 42 : crois tu que tes sempiternels jetés de gant intéressent quiconque ? Tu étales depuis des années ta vie maçonnique (mais pas que) sur tous les blogs (affidelis, myosotis divers et variés, lamaçonne, sous la voûte étoilée, etc. etc. etc.). Tu y polémiques sans cesse, sur tout, avec tout le monde, y compris avec les frères de ta loge, donneur de leçon invétéré et sans aucune nuance, au point de te faire parfois interdire de commentaires à force d’outrances. Libre à toi de ne pas assumer, libre à chacun de se souvenir (ou de simplement te lire). Je persiste donc à suggérer la lecture de Kruger et Dunning pour juger de tes incohérences par rapport à celles des membres d’AQC.

            • 49
              MarcosTestos
              12 septembre 2020 à 18:27 /

              41- Joab alias Joaben
              C’est l’hôpital qui se moque de la charité !!! Gonflé le père Joaben …

          • 46
            Etienne Hermant
            12 septembre 2020 à 11:00 / Répondre

            24 – Voici ce qu’écrit ce commentateur ce 10 septembre 2020 : « William n’a pas lu l’article de AQC, il s’en remet au compte rendu d’un tiers partial. »
            .
            Voici ce qu’écrivait ce même commentateur concernant ce même « tiers partial » et concernant le même AQC en janvier 2020 :
            .
            DÉSAP.28 JANVIER 2020 À 10:48 / RÉPONDRE
            Le commentaire n°85 de Pierre Noël, résumé fidèle, on peut le supposé, d’un article de 18 pages (3 à 21 de la revue) concernant « A dialogue between Simon, A Town Mason & Philip, A Travelling Mason » paru dans le volume 57 daté 1947 de la revue Ars Quatuor Coronatorum.
            .
            Edifiant…

  • 13
    Etienne Hermant
    9 septembre 2020 à 17:06 / Répondre

    « PHIL : Qu’avez-vous vu ?
    SIM : Trois grandes Lumières.
    PHIL : Comment les appelez-vous ?
    SIM : Le Soleil, la Lune et le Maître (i).
    PHIL : Comment dirigent-ils et gouvernent-ils ?
    SIM : Le Soleil le jour, la Lune la nuit, et le Maître la Loge
    Note (i)
    Le Soleil, la Lune et le Maître sont trois grandes bougies sur de grands Chandeliers en bois sculpté dans tous les Ordres et placés en triangle sur la Loge. »
    MS Simon and Philip (1725)
    .
    Les astres Soleil et Lune sont désignés diurne et nocturne dans ce catéchisme londonien qui présente « the new lodge under the Desaguliers regulation », à savoir la Grande Loge de Londres et de Westminster.
    Ce Ms montre une représentation de la « New Lodge » avec une disposition en triangle (Orient Nord-Sud-plein Ouest) des trois chandeliers, disposition semblable à la représentation des « Old Lodges » repris dans ce même catéchisme.
    A l’Orient, nous aurions le Soleil (« pour mettre les hommes à leur travail ») et le Maître de la Loge, à l’Occident la Lune (« pour attendre le coucher du soleil et relever les hommes de leur travail ») en reprenant le sens diurne (Soleil) et nocturne (Lune) donné par le catéchisme.
    Cette disposition triangulaire « qui permet que le ciel se manifeste sur terre, et que soient révélées toutes choses […] pour ceux qui savent comment et où regarder » si l’on se réfère aux sources opératives citées par S. Klein (Magister Mathesios, Ars Quatuor Coronati, 1910).
    Trois Grandes Lumières, qui en formant un triangle au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, serait en parfaite conformité avec la « Compagnie de Londres » qui décréta en 1607 de tenir son assemblée annuelle le jour de la fête de la Sainte Trinité.
    .
    La Maçonnerie Française de 1745 n’a pas repris cette disposition triangulaire et semble s’être emparée de la représentation en Equerre dite de Picart de 1736 (« The Frée-Massons ») évoqué dans l’article.

    • 14
      pierre noel
      9 septembre 2020 à 17:42 / Répondre

      Le Ms Simon and Philip a été longuement discuté sur Hiram.be (MS Simon and Philip 1725) en 2020 et farouchement dénigré par un commentateur du site, qui a cru prouver que c’était une « forgerie » (un faux).

      • 16
        Désap.
        10 septembre 2020 à 08:39 / Répondre

        14 – Je n’ai rien « cru » prouver, ni même prouvé tout court, ceci a été démontré par un universitaire, maçon de surcroit, dont c’est la spécialité.
        La calligraphie des notes portées sur les croquis du MS Simon and Philip n’est pas de 1725, elle est au mieux du premier tiers du XIX è siècle.
        En dépit de ce que croient quelques commentateurs sur la foi d’une manipulation grossière, rien ne permet d’attester que ce document décrive en quoique ce soit les usages maçonniques de 1725.
        Il s’avère, en conséquence, que les fables ont la vie dure chez certains historiens sans titre ni droit.

    • 19
      pierre noel
      10 septembre 2020 à 12:14 / Répondre

      J’ai peine à suivre EH dans ces développements. Dans les deux cas, les lumières sont disposées en triangle, dans un cadre cruciforme « avant Désaguliers », dans un cadre rectangulaire « après Désaguliers ».
      Triangle et équerre ne sont-ils pas deux façons de dire la même chose ?
      (voir les schémas dans l’article cité)

      • 38
        Etienne Hermant
        11 septembre 2020 à 15:48 / Répondre

        19 – L’article, dont on a justement vanté les mérites, fait part d’une « position originelle » en équerre tel qu’illustré par « Les Frée Massons » de 1736 (Loge des Moderns).
        Or la position originelle semble bien avoir été en triangle si on en juge par l’illustration et la description du Ms « Simon and Philip » de 1725.
        Cette position triangulaire sera d’ailleurs reprise par la Maçonnerie française d’avant 1745.
        On en a en tout cas deux exemples :
        1/ La divulgation de 1737 « Réception d’un Frey-Maçon » avec cette précision « dans le milieu il y à trois Flambeaux allumés posés en triangle »
        2/ « Le Vrai Catéchisme des Frères Francs-Maçons rédigé selon le code mystérieux et approuvé de toutes les loges justes et régulières » dit de Luquet des environs de 1742 qui stipule, concernant les « lumières fixes », « L’une à l’ORt, l’autre au M et la 3è à l’Ocdt », ce qui donne un triangle avec la pointe au Midi et marque ainsi la course du soleil.
        .
        Cette disposition triangulaire originelle reçoit une explication et est une constante des premiers rituels anglais qui précisent que ces Lumières représentent « Les trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit », voir « The Grand Mystery of Free-masons discovered » (1724), « The whole institution of masonry » (1724), « Institutions of Freemasons » (1725), « The whole institution of Free-masons opened » (1725).
        .
        Depuis « Simon and Philip » de 1725, les Piliers sont appelés « Beauté, Sagesse et Force » qui donnent un sens architectural avec cette précision : Note (n) « Ces trois choses sont nécessaires pour toutes les grandes constructions ».
        Les Tailleurs de Pierre allemand de la Bauhütte donnaient un nom à leurs Trois Piliers, ils les nommaient « Plaisir, Nécessité et Force » et proclamaient que ce sont là « trois raisons fondamentales pour travailler la pierre ».
        Il y a une ressemblance avec la triade vitruvienne utilitas, firmitas, venustas qu’Henry Wotton (il écrivit des « Eléments d’Architecture » où il traitait de Vitruve) transforma en firmness, commodity, and delight imitant en cela l’architecte Andrea Palladio.
        Cette triade se retrouve dans les prières d’introduction des « Old Charges » : « Puissance (Force) du Père, Sagesse du fils et Bonté (Beauté) de l’Esprit Saint ».
        Un « Grand Architecte de l’Univers » à l’œuvre.
        Et toujours à l’œuvre pour « bâtir un temple à l’Eternel », la Sagesse en Salomon, la Force en Hiram roi de Tyr et la Beauté en Iramabif.
        La MS français, dit de Luquet de 1742, précise « S. pour entreprendre, F. pour soutenir et B. pour orner ».
        .
        Cette position originelle en triangle nous apporte son lot de significations, il n’était pas inintéressant me semble-t-il d’en dégager l’un ou l’autre élément.
        .
        Pour ma part je reste sceptique quant à l’interprétation bi-solsticial, voir équinoxial de la position des Piliers en Equerre.
        Ces interprétations sont très tardives, voir bancales et n’apparaissent pas explicitées en tant que tel dans ces périodes de formation maçonniques qu’elles soient d’origine anglaise ou française.
        La disposition en triangle ne les reprend pas.
        .
        Cela étant je ne jouerais pas au jeu du distinguo…

        • 39
          pierre noel
          11 septembre 2020 à 17:19 / Répondre

          J’ai précisé clairement que l’interprétation de Guilly (la disposition bi-solsticiale) n’était pas décrite explicitement ou autrement dans les textes d’origine. RG a proposé cette interprétation dans les années 50 de l’autre siècle.

          • 60
            Etienne Hermant
            27 septembre 2020 à 18:12 / Répondre

            -19- « Triangle et équerre ne sont-ils pas deux façons de dire la même chose ? »
            .
            Autrement dit : Piliers en TRIANGLE et Piliers en EQUERRE ont-ils, à leur origine, la même signification ?
            .
            L’exemple que j’ai donné provenant du Ms anglais « Simon and Philip » de 1725, qui montre des Piliers en TRIANGLE appelés « Beauté, Sagesse et Force » avec ce sens précisé en Note (n), à savoir « Ces trois choses sont nécessaires pour toutes les grandes constructions », cet exemple nous place d’emblée sur un plan architectural fort.
            .
            Cette relation étroite décrite ici était déjà explicitée dans Proverbes 24, 3-4, en ces termes : « C’est par la Sagesse qu’une maison s’élève, par l’intelligence qu’elle s’affermit, par la Science que l’intérieur se remplit de tous les biens précieux et agréables », ce qui donne la signification des trois Piliers.

            Ce plan architectural ne sera démenti ni par les « Constitutions » londoniennes de 1723, ni par les catéchismes de cette époque de formation maçonnique.
            .
            Ces « grandes constructions » dont il est question, Anderson et Désaguliers nous les désignent dans les « Constitutions ».
            .
            Ils font tout d’abord état de « l’Architecture, cet Art noble » en introduisant le grand Architecte romain Vitruve, en le nommant « père de tous les Architectes », « sans conterdit le plus excellent Franc-Maçon de Rome et de tout l’Empire Romain ».
            Ils ajoutent : « Les Francs-Maçons qui habitaient en Italie où se trouvait la plus grande partie de ces précieux Vestiges de la Magnificence romaine, furent les premiers à travailler au rétablissement de la véritable Architecture », « Les romains vinrent dans l’île et y établirent des garnisons et des Loges », ils « possédaient à fond la Géométrie et les justes proportions de la Franche-Maçonnerie ».
            Ils détaillent les constructions faites à « la manière d’Auguste » faisant suite au Grand Incendie de Londres de 1666 : « à l’endroit où le grand incendie avait commencé, fut érigé un fameux monument d’Ordre Dorique, tout bâti de pierres de taille, qui ressemble assez à ceux des Colonnes Trajane qu’on voit à Rome », la Bourse de Londres, la Royal Exchange, qui fut reconstruite « selon la manière romaine », il est question aussi de « l’admirable génie » que fut l’architecte Inigo Jones qui établit les plans du nouveau Palais Royal de White-Hall selon cette même architecture, sans parler des Églises et parmi elles son fleuron, la Cathédrale Saint-Paul bâti sur le modèle de St Pierre de Rome.
            .
            Anderson et Désaguliers citent les principaux Temples Romains (ces « grandes constructions ») qui participent de 3 Ordres d’Architecture : « les Temples de Minerve, de Mars et d’Hercule » rattachés à l’Ordre Dorique, ceux « de Venus, de Flore et des Muses » à l’Ordre Corinthien, « les Temples de Junon, de Diane et de Bacchus » à l’Ordre Ionique.
            Les 5 Ordres d’architecture se retrouvent illustrés, quant à eux, sur le Frontispice des « Constitutions » de 1723 par la série de colonnes de l’arrière-plan en lien avec la 47e proposition d’Euclide, symbole de la science de Géométrie.
            La « Chanson des Compagnons » en « usage dans les Loges » issues des « Constitutions » indique :
            C’est par la GEOMETRIE
            Que sa noble Symétrie
            Des cinq beaux Ordres dépend
            .
            Ne fait-on pas référence à ces mêmes Ordres d’Architecture en les citant explicitement dans le catéchisme londonien « The Flying-Post of Postmaster » de 1723, lié à l’endroit où fut « tenue la première Loge », à savoir le « porche de Salomon » où « les deux piliers étaient appelés Jachin et Boaz » ?
            Doit-on dès lors s’étonner de retrouver a posteriori 3 Ordres d’Architecture, cités plus haut, assimilés aux Piliers « Beauté, Sagesse et Force » illustré au « Rite Ancien » avec une disposition en TRIANGLE (Est-Sud-Ouest), déjà pareillement disposée dans « The Grand Mystery of Free Masons Discover’d » de 1724 et « Institution of Free Masons » de 1725, relevant tous deux des « Moderns » (et repris par le Ms français dit de Luquet d’avant 1745) ?
            Même disposition triangulaire, Est-Sud-Ouest, présente sur le Frontispice de « Hiram, or the Grand Master Key… » daté de 1766, comme le précise « Jakin et Boaz » (1762).
            .
            « Force Sagesse et Beauté » ont des liens étroits avec les 3 Ordres d’Architecture déjà mis en évidence dans les « Constitutions » : l’Ordre « Dorique » qui, d’après Vitruve est « Force et Beauté du corps de l’homme » et soutient l’édifice, l’Ordre « Ionique », colonnes qui parent le 1er étage d’une construction, assimilées à la Sagesse (par la présence des seigneurs qui la diffuse) et l’Ordre Corinthien en référence à la Beauté, qui est « Grâce d’une jeune fille », « plus joli et plus égayé que tous les autres (Ordres) » qu’on retrouve utilisé au dernier étage d’un édifice et est considéré comme étant le « chef-d’œuvre de l’architecture ».
            « Beauté » qui se verra inscrit au centre des Tableaux de Loge Français des années 1745.
            Précisons encore que les Planches à Tracer de cette même époque portent souvent le dessin d’un chapiteau qui, nous renseigne les tailleurs de pierre, est l’exercice difficile par excellence des théories relatives aux Ordres d’Architecture.
            .
            La disposition originelle en TRIANGLE de « Beauté, Force et Sagesse » peut, dans ce cas de figure, s’apparenter étroitement aux Ordres d’architecture mis en évidence dans les « Constitutions » et les catéchismes, ainsi que la représentation du « Père, du Fils et du Saint-Esprit », repris des Old Charges anglais par ces mêmes catéchismes avec une antériorité certaine (voir le « Livre des Sentences » de Pierre Lombard, 1152), et bien entendu « Le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge ».
            Cet espace triangulaire permet une unification sur trois plans : plan architectural lié aux Ordres d’Architecture, plan divin avec le mystère d’un seul Dieu en trois personnes, et plan cosmogonique avec la configuration astrale.
            .
            La maçonnerie écossaise du début du siècle (« Register House », « Chetwood Crawley », « Kevan ») nous présente-elle une disposition des Trois Lumières en EQUERRE ?
            Elle situe unanimement les Piliers au « nord-est, au sud-ouest et au passage de l’est ».
            Rien n’indique que le « passage de l’est » équivaut à un Pilier sud-est (pourquoi, si c’est le cas, ne pas le citer tel quel ?), il indiquerait plutôt une position relative au lever du soleil qui permet aux maçons opératifs de se mettre au travail.
            A cet égard, les « Ordonnances de la cathédrale d’York » de 1370 stipulent que les « maçons » devront être sur le chantier « le matin, dès qu’il fera suffisamment jour pour y voir clair et travailler ».
            Ce que confirme le catéchisme écossais « Dumfries N° 4 » de 1700 (« Le soleil qui se lève à l’est et met tous les hommes au travail »).
            Ce même catéchisme mentionne que les Lumières sont disposées « l’une à l’est et à l’ouest et une au milieu ».
            Le Pilier du « milieu » est donc celui du « passage de l’est » évoqué plus haut.
            Il correspond dans ce catéchisme à la place occupée par le surveillant : « le milieu est pour le surveillant », l’ouest étant pour le « compagnon de métier ».
            La Colonne du Sud est l’emplacement du « plus ancien apprenti entré » selon « Masonery Dissected » de 1730 (qui relaterait une ancienne disposition écossaise ?).
            .
            La Loge en forme d’EQUERRE apparaît décrite pour la première fois dans un article paru dans The Dublin Weekly Journal, n° 13, du samedi 26 juin 1725 qui relate le déroulement d’une procession maçonnique en l’honneur de l’installation du Grand Maître de la récente Grande Loge d’Irlande : « Il fut procédé à l’élection du nouveau Grand Maître. Ensuite la Grande Loge sort de cette salle, le roi d’armes portant une petite truelle d’or avec son ruban noir posée sur un coussin, pour se rendre à la « table mystique » en forme d’équerre ».
            Cette « table mystique » en EQUERRE semble donc avoir été initiée par la très catholique Maçonnerie irlandaise.
            Les unités des trois côtés du triangle dit de Pythagore (notre EQUERRE) sont de proportion 3,4,5 : 345 est le « Nom du Dieu Tout-Puissant ».
            Or, une nouveauté apparaît dans un catéchisme irlandais particulièrement complet (voir le plus complet) : « The Whole Institutions of Free-Masons Opened » (Dublin 1725).
            Il y est indiqué que le « Mot primitif » est « Dieu en six termes », « Je suis » et la réponse qui est « Jehova » « avec attouchement au creux du dos ».
            A la question « Qui est Maître de toutes les Loges ? » il est répondu « Dieu et l’Equerre », et les Lumières sont au nombre de 12, la Trinité Divine précédant le « Soleil, la Lune et le Maître de la Loge ».
            .
            Alors oui, en jouant au jeu des différences, on peut trouver des distinguos, du moins originellement, dans les deux dispositions.
            Des distinguos qui peuvent participer activement de l’état des différentes maçonneries à cette époque de formation.

  • 12
    pierre noel
    9 septembre 2020 à 13:18 / Répondre

    Pour rafraîchir la mémoire de certains, quelques échanges d’ouverture (West End working) :
    WM: Bro JW., your place in the Lodge?
    JW: In the South WM.
    WM: Why are you so placed?
    JW: To mark the sun at its meridian, to call the Brethren from labour to refreshment and from refreshment to labour, that profit and pleasure may be the result.
    WM: Bro SW., your place in the Lodge?
    SW: In the West WM.
    WM: Why are you so placed?
    SW: To mark the setting sun and to close the Lodge by command of the WM having seen that every Brother has had his due.
    WM (to IPM): Wo Bro (name), the Master’s place?
    IPM: In the East WM.
    WM: Why is he placed there?
    IPM: As the sun rises in the East to open and enliven the day, so is the WM placed in the East to open the Lodge and employ and instruct the Brethren in Freemasonry.

    Faut-il rappeler que tout cela est « symbolique » ?

  • 6
    Bilboquet
    8 septembre 2020 à 17:27 / Répondre

    Sans rentrer dans le merveilleux … Excellent réflexion …

  • 5
    joab's
    8 septembre 2020 à 17:07 / Répondre

    Excellent …. Pour revenir sur 1 point très particulier : la position des « flambeaux ». Il s’avère que le rite émulation respecte aujourd’hui, scrupuleusement cette position.
    Par contre, je m’interroge de quand et sous quelle influence (REAA ?) les dits flambeaux se retrouvent où ils sont actuellement (régulateur) ce qui apporte une autre signification interessante, mais en effet décalée du sens du rite originel.
    NB : n’allons nous pas trop loin sur un site Web ouvert ?

    • 7
      pierre noel
      8 septembre 2020 à 21:07 / Répondre

      Suffit de consulter les divulgations françaises de 1745-755 pour avoir la réponse.
      Je ne fais d’aucun rituel un fétiche !

      • 9
        joab's
        9 septembre 2020 à 09:24 / Répondre

        Oui, très juste ! C’est grace à ces divullgations que nous pouvons reconstituer l’histoire, comme tu le fais brillament.
        Cependant, il faut rappelelr que la situation n’etait pas tout à fait la même au 18esiècle.
        Le principe absolu dans la FM etait la transmission orale, visuelle, sensitive et jamais l’ecrit(hors minutes adminsitratives).
        Les divulgations permettaient de « fixer » par ecrit lorsque la memoire pouvait être défaillante. Lorsque l’ecrit a finalement prévalu celà a permis de complexifier les rituels. Est-ce bien ? Chacun a propbablement une réponse différente.
        Mais la FM y a perdu aussi ce qui faisait partie de son charme : la simplicité, la volatilité, la transmission « vécue ».

        • 15
          pierre noel
          9 septembre 2020 à 21:09 / Répondre

          J’ai depuis des années été favorable à une maçonnerie sans rituel écrit.
          Quand on connaît vraiment bien une histoire, on la raconte sans peine et sans papier (comme un grand-père d’autrefois racontait les malheurs du chaperon rouge à ses petits-enfants) ! C’est vrai pour la disposition de la loge, pour les obligations, les « secrets », pour les tableaux de loge ou la légende de l’architecte, les tribulations des séjournants ou le tableau des princes maçons …. C’est expliqué sans détour dans l’introduction du « Modern Ritual » de la Grande Loge d’Ecosse.

          • 28
            joab's
            10 septembre 2020 à 20:28 / Répondre

            Moi aussi. ET c’est ce que nous pratiquons, avec bonheur, malgré les appréhensions de ceux qui ont pratiqué une FM « lue ».
            Ca apporte spontaneité, sincérité et … sourires fraternels lors des trous de mémoire.
            Une formule que nous énoncons à ceux qui pense que « nous apprenons par coeur » … Nous n’apprenons pas os rituels, nous les connaissons et les vivons.

  • 3
    NEGRIER
    8 septembre 2020 à 12:06 / Répondre

    1. L’histoire du rite du Mason word éclaire elle-même le symbolisme des trois lumières. En 1696, l’Edimbourg révèle que la loge reproduit le porche du temple de Salomon, et que là se trouvent trois lumières : le nord-est (allusion à l’endroit de l’horizon où le soleil se lève le jour le plus long de l’année lors du solstice d’été, solstice en l’occurrence symbolisé par la colonne Yakin), le sud-ouest (allusion à l’endroit de l’horizon où le soleil se couche le jour le plus court de l’année lors du solstice d’hiver, solstice d’ailleurs symbolisé par la colonne Bo’az), et le passage de l’est (allusion au lever du soleil le jour des deux équinoxes et symbolisé dans le ‘Oulam par la porte de l’Hêkal qui, en réalité, ne se trouvait pas entre les deux colonnes mais sur le côté droit du temple : I Rois 6,8, origine même du pas de côté des compagnons). Par ailleurs comme tous les meubles du temple y compris les « colonnes » symbolisaient des principes éthiques que l’homme peut, voire doit incarner (cf. la comparaison d’apôtres à des « colonnes » en Gal. 2,9), il est normal que l’Edimbourg ait ajouté que les « trois lumières » dénotaient respectivement « le maitre maçon » (président de la loge), le « surveillant » (interprété en 1700 par le Chetwode Crawley comme se rapportant à « the words », c’est-à-dire aux « mots » Bo’az et Yakin) et le « setter croft » (interprété en 1700 par le Chetwode Crawley comme étant le « fellow-craft »).
    2. Cependant en 1700 le Sloane n° 3329 identifia les « trois lumières » « au soleil, au maître et à l’équerre ». Le soleil renvoyait donc aux deux solstices évoqués précédemment ; le maître renvoyait au maître évoqué précédemment ; mais l’équerre renvoyait à quoi ? La spécificité du Sloane est qu’il présente 2 fois « l’équerre » comme ayant la forme d’un X, c’est-à-dire, selon le code sémiotique des premiers catéchismes maçonniques, comme renvoyant à la croix de Jésus (l’Edimbourg disait en effet que l’apprenti jure par Dieu, par saint Jean, par l’équerre, par le compas du Créateur du monde – Job 26,10 ; Prov. 8,27 -, et par le juge de tous). Précision intéressante du Sloane : il présente le « maître de la loge » comme se situant à l’est là où « le joyau se lève » (allusion au soleil levant), heure matinale à laquelle le maître « envoie les hommes au travail » (allusion à l’ouverture des travaux qui semble renvoyer à Mt. 20,1), ajoutant que « ce que les maîtres ont pour midi, les surveillants le récoltent l’après-midi » (allusion possible à Jn 4,35-38).
    3. La « lune » apparaît à partir de 1725, date à laquelle le texte de Toutes les institutions des francs-maçons ouvertes affirme qu’il y a dans la loge « 12 lumières » qui ne font d’ailleurs que reprendre, en les ajoutant les uns aux autres, différents ternaires des catéchismes antérieurs comme « le Père, le Fils, l’Esprit saint, le soleil, la lune, le maître, le maçon, l’équerre, la règle, le fil à plomb, le maillet et le ciseau » (texte repris en 1726 par le Graham). Et c’est dans cette série que vers 1727 les auteurs du Wilkinson choisiront de sélectionner et d’extraire le ternaire « soleil, lune et maître ». Mais dans ladite série, la lune renvoyait exactement à quoi ? Il semble qu’à cette question on puisse répondre de 2 manières. Soit les rédacteurs ont interprété la durée du Sloane « fornoon/afternoon » en comprenant allégoriquement cette durée du travail des ouvriers comme une allusion au lever du soleil (heure de l’envoi des ouvriers au travail) et au coucher du soleil (minuit). Soit ils ont interprété le ternaire initial composé du solstice d’été, du solstice d’hiver, et du maître en signifiant l’un des deux solstices par la lune (ce qui était possible en raison de l’analogie existant entre l’élévation de la lune dans le ciel et l’élévation du soleil le jour du solstice d’été).
    4. Enfin effectivement il y avait bien une correspondance entre ces trois lumières et la notion de Trinité du point de vue même de l’Ecriture, mais cela fut aussi reconnu par la tradition maçonnique (cf. le Grand mystère des francs-maçons à découvert, 1724).

    • 8
      pierre noel
      8 septembre 2020 à 21:13 / Répondre

      Quiconque a lu KJ&H, Harry Carr, Lionel Vibert, René Guilly ou Pierre Mollier (entre autres) connaît ce que je peut raconter et juger à leur juste valeur les hypothèses de Négrier.

  • 2
    Anwen
    8 septembre 2020 à 09:54 / Répondre

    Un bien joli conte réservé à la base ou aux crédules, avides de merveilleux.

  • 1
    Charles Montaleau
    8 septembre 2020 à 05:08 / Répondre

    Je ne m’attendais vraiment pas à une reponse aussi rapide, c’est un vrai cadeau que je reçois avec beaucoup de plaisir.
    Le sujet pourtant est complexe et les avis éclairés, de notre F. PN, nous aident à mieux comprendre nos Rites et à les vivre avec plus de bonheur et de joie.
    Merci mon Frère Pierre, je suis comblé.
    C.M 2788 ER

    • 4
      pierre noel
      8 septembre 2020 à 14:35 / Répondre

      Un petit complément à ce que j’ai écrit. En FM de la Sricte Observance allemande, le ternaire devient « les soleil, la lune et les étoiles ». complétant ainsi l’expérience humaine, des philosophes et des autres.

      14.Fr. Was erleuchtet eure Loge?
      Antw. Drey große Lichter.
      15.Fr. Welche sind es?
      Antw. Die Sonne, der Mond und die Sterne.
      16.Fr. Wo sas euer Meister?
      Antw. Gegen Aufgang der Sonne.
      17.Fr. Wo waren die Vorsteher?
      Antw. Gegen Niedergang der Sonne.
      18.Fr. Wie war euer Meister gekleidet?
      Antw. Blau und Gold.
      19.Fr. Womit vergleichet ihr euren Meister?
      Antw. Mit der Sonne.
      20.Fr. Wie das?
      Antw. Wie die Sonne den Tag regieret, und die Welt erleuchtet, also regieret der Meister die Loge, und erleuchtet die Brüder.
      21.Fr. Womit vergleichet ihr eure Vorsteher?
      Antw. Mit dem Mond. Denn wie der Mond die Sonnenstrahlen zurückwirft, damit er uns des Nachts. erleuchte, also leuchten uns die Vorsteher unter Aufsicht des Meisters und helfen uns die Wahrheit finden.
      22.Fr. Womit vergleichet ihr eure Brüder die Meister und Gesellen?
      Antw. Mit den Sternen, welche denen Reisenden in der Dunkelheit zu Wegweisern dienen. Auf gleiche Weise führen und leiten mich meine Brüder und Gesellen auf dem dunklen Weg der Maurerey. (Dresde 1771)

      Le maître éclaire les FF, comme le soleil dirige le jour et éclaire le monde.
      Les surveillants réfléchissent la lumière du maître, comme la lune celle du soleil.
      et « nous » aident à trouver la vérité.
      Les étoiles guident les voyageurs dans l’obscurité, comme les FF et compagnons « nous » guident sur le chemin obscur de la fm.

      La boucle est bouclée. Le soleil guide les maçons durant le jour. La lune, reflet du premier, les guident durant la nuit. les étoiles les guident durant la nuit quand la lune s’éteint, à la fin (au début) de son cycle et surtout à la Nouvelle Lune, dans cette aobscurité dont nos contemporains ont perdu jusqu’au souvenir à cause dela pollution lumineuse et de la pollution tout court.

      • 10
        joab's
        9 septembre 2020 à 10:34 / Répondre

        Le sujet est récurent soleil lune midi-minuit.
        Et souvent beuacoup de confusion. Une des pistes est de revenir en premier à la lecture littérale astronomique.
        DAns ce cadre midi-minuit est uniquement un cycle solaire, sans rapport avec la lune.
        Et les 3 qui dirigent représentent clairement le cycle solaire : lever, meridien, coucher. Donc la lune est hors sujet dans ce cadre.
        Par contre c’est bien la mention de 3 lumieres « soleil, lune, venerable » qui remet en scène la lune. avec tous les aléas et complexité du cycle lunaire. Ainsi la lune peut être présente à midi et absente à minuit et invisible et inactive en cas de nuages. Donc pas très consistant, la lune la nuit.
        L’instruction nous donne une piste me semble-t-il par la question essentielle qui justement aboutit à la réponse « comme le soleil préside … » La question est plus interessante que la réponse ! « Quel rapport entre ces 2 astres et le vénérable … » qui nous amène à réfléchir à quel astre s’attache le VM. La réponse se trouvant sur son cordon … Débat pas définitif ni peremptoire, bien sûr…

        • 11
          Désap.
          9 septembre 2020 à 12:26 / Répondre

          10 – elle est intéressante ta réflexion.
          Si la Lune peut être présente à midi est absente à minuit, le Soleil lui, en revanche, ne peut en aucun cas être présent à minuit.
          Le Soleil est la force mécanique, que l’on pourrait même qualifiée de « brute », la Lune représente la force réalisatrice, elle fait que la force mécanique soit intelligible.
          Il est à noter que le Soleil peut être destructeur, il produit le feu qui est le seul élément qui rend la destruction absolue, les restes sont inexploitables ; la Lune agit sur l’eau, ses destructions ne sont que du désordre de ce qui était organisé, ce qu’il reste est toujours exploitable, ainsi la Lune est féconde.
          En agriculture, si le brulis est un engrais, pour qu’il le soit effectivement il est nécessaire qu’il y ait de l’eau, soit par arrosage, soit par le fonctionnement naturel qui produit la rosée.
          C’est la Lune qui éclaire la Loge.

          • 17
            Joab’s
            10 septembre 2020 à 09:53 / Répondre

            Interprétation souvent entendue, lue à laquelle j’ai de la peine à adhérer, même si elle est souvent présentée péremptoirement souvent dans des milieux Reaa au travers de l’inspiration alchimique.
            Si nous restons sur les bases maçonniques, la symbolique lunaire reste essentiellement par contraste avec le soleil … et l’astre du Vm. A l’extrême, relation avec la beauté. Beaucoup d’ interprétations sur la lune sont intéressantes, mais à mon sens faisant appel à d’autres écoles symboliques que la FM.

            • 20
              Désap.
              10 septembre 2020 à 13:53 /

              17 – Il y aurait nuance, voire contradiction, entre l’alchimie et la maçonnerie ?
              Je ne pense pas, nulle part. Il s’agit de formes différentes d’une seule et même chose.
              La Lune en contraste avec le Soleil ?
              En complémentarité, ce me semble plus juste ; il n’y a ni contraste ni contradiction dans la loge, tout procède d’un même principe, se complète et se dirige vers le même point.
              J’aime particulièrement ce passage de l’élévation :
              – peut-être aurez-vous remarqué quelques points qui paraissent se contredire
              … suspendez encore votre jugement à cet égard … Vous verrez par la suite, à force d’études et de recherches, ces contradictions apparentes s’évanouir.

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