Nouvelle histoire de Bruxelles, des origines à aujourd’hui

Publié par Jean van Win
Dans Edition

Mais quelle merveilleuse idée a donc eue mon très cher Arnaud de la Croix, de nous offrir, renouvelée, une édition « ravalée » et enfin complète de l’histoire de Bruxelles.

Natifs tous deux de la capitale de l’Europe, nous en sommes amoureux au plan esthétique et au plan historique. Arnaud en a beaucoup parlé, a beaucoup écrit à son sujet, bien que son territoire de chasse soit plus étendu que le mien. Il a en effet exercé ses talents au bénéfice de personnages tels Hitler, Degrelle, le Diable, Himmler, 13 livres maudits, les Illuminati et bien d’autres. Pour ma part, je me suis limité au XVIIIe siècle, avec notamment Mozart, Sade, Voltaire, Léopold 1er, Charles de Lorraine et même… Guénon. Le plus connu étant Bruxelles maçonnique. Nous sommes donc unis par bien des amours partagées, dès qu’il s’agit de notre ville natale. Il m’a préfacé et postfacé, je l’ai cité souvent et nous nous échangeons nos informations avec une amitié qui, hélas, semble rarement de mise entre deux auteurs contemporains.

Quelle bonne idée donc de rassembler et de compléter ce qui, déjà, fut abondamment écrit à propos de « Bruxelles ma belle ». Une synthèse s’imposait ; la voici, abondante, souvent inédite et bien à jour. Les auteurs qui, avant Jacques Brel, ont chanté notre ville sont bien connus des lecteurs belges et bruxellois d’Hiram.be. Ils le sont sans doute moins de nos amis français.

Arnaud cite les principaux historiens et écrivains, et d’autres moins célèbres mais parfois plus pointus et pleins d’une richesse inattendue. Il sera édifiant pour les lecteurs de cet ouvrage de consulter la bibliographie, à laquelle j’ajouterais, outre Verlaine, Rimbaud, Hugo et Baudelaire en séjour en notre bonne ville, dont nous parle Arnaud, mais aussi (il me le pardonnera) le monumental ouvrage de Sander Pierron : « Histoire illustrée de la Forêt de Soignes » et du bois de la Cambre, édité en 3 fort volumes chez Hansa.

Je ne vais donc pas détailler le riche contenu de cet ouvrage de synthèse qui remet en question bien des idées reçues. Sur les origines assez récentes de la ville qui a fêté il y a peu son millénaire, sur des événements gênants qui furent censurés dans les livres d’ « Histoire de Belgique » utilisés dans les écoles, en particulier les poussées d’antisémitisme nées au Moyen-âge, dont les Flagellants, qui ont traversé l’Europe et ont massacré toute la population juive de la ville. Un peu plus tard, on accusera les juifs brabançons d’avoir profané des hosties consacrées « qui se sont mises à saigner » (sic) ! Je me souviens des petits Frères des écoles chrétiennes qui enseignaient l’Histoire de Belgique, toujours constellée d’horreurs de ce genre. C’était l’Occupation, il est vrai. Et les vitraux de Sainte Gudule, la collégiale devenue cathédrale, célèbrent encore ces abominations par des vitraux photographiés par des touristes ébahis… On l’aura compris, l’ouvrage de notre très cher Arnaud est non seulement un livre d’histoire au sens noble du terme, mais encore constitue une synthèse de faits, de mythes et de légendes bruxelloises qui révèlent un Bruxelles fascinant, mystérieux, polyglotte depuis toujours, destiné, par sa situation géographique exceptionnelle, à devenir la capitale de l’Europe.

Je renonce à citer les innombrables passages qui révèlent des aspects troublants, souvent dissimulés de Bruxelles ; elle en est tellement pourvue qu’il est superflu d’en rajouter, notamment à propos du Parc de Bruxelles, qui tire son symbolisme (à trois jambes) du plan en patte d’oie, ou en trident, si familier aux urbanistes du XVIIIe siècle. Google Earth nous en livre une bonne soixantaine en Europe et aux USA ; ces pattes d’oie sont toutes dérivées du trident majestueux dont les trois allées royales convergentes donnent accès au château de Versailles de Louis XIV. Roi absolu et grand bâtisseur dont Charles de Lorraine était un admirateur éperdu. Notre gouverneur général précité était l’ancêtre de certains bourgmestres de la ville de Bruxelles, bon enfant, joyeux drille, rondouillard, soiffard et paillard, et point tourmenté par des préoccupations ésotériques. Son modèle, c’est Louis XIV. Arnaud de la Croix le rappelle à juste titre.

La construction originale de l’ouvrage d’Arnaud accorde une place brève mais importante à des « repères chronologiques ». Excellente idée, qui précise en 66 lignes l’évolution complète de la ville de Bruxelles, de l’an 1010 jusqu’à l’avènement de l’actuel souverain des Belges, le roi Philippe. En passant bien entendu par l’année 1830, date de la proclamation de l’indépendance de la Belgique. C’est là un condensé de l’histoire de notre pays qui déborde largement des limites de notre bonne ville de Bruxelles. Et qui, répétons-le, vient compenser les lacunes dont l’enseignement de l’histoire souffre parfois, non ?!

Mais cette même construction de l’ouvrage, que j’apprécie particulièrement, se prolonge encore par un autre chapitre intitulé : « notes et références ». Les traditionnelles notes de bas de page, parfois microscopiques et si difficiles à déchiffrer, et qui interrompent le fil de l’attention du lecteur, sont d’autre part souvent rejetées à la fin de l’ouvrage, et obligent le dit lecteur à d’incessantes manipulations. Arnaud de la Croix a conçu un système original qui offre une série inégalée de sources historiques, de citations littéraires ou d’explications enrichissantes, qui peuvent se lire à l’aise et constituent autant de rappels des chapitres dont on vient de prendre connaissance. Ce chapitre « notes et références » possède à mes yeux sa propre autonomie, n’interrompt rien et complète tout. On s’en dispense, ou on s’en régale. Je suis du dernier groupe, et vous souhaite le même plaisir.

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Nouvelle histoire de Bruxelles, des origines à aujourd’hui
par Arnaud de la Croix. Aux Editions Racine, chez Amazon ou de préférence dans la librairie la plus proche de votre domicile. ISBN : 978-2390251224

jeudi 11 juin 2020
  • 1
    Anwen
    11 juin 2020 à 04:42 / Répondre

    Bruxelles mais aussi la Belgique toute entière, sa grande Histoire…
    On donnait le nom de mathématiciens, dit C.J. de Grave, aux savants d’un pays où les géomètres portaient le titre de Mathématiciens. Ce peuple, c’est la Belgique ; ce mot est composé de trois mots flamands, « met de mate », qui signifient avec la mesure.
    On donnait le nom de mathématiques aux sciences dont les opérations étaient assurées par des mesures prises à l’aide des instruments ou à l’aide des nombres, et qui, de là, sont appelées sciences exactes. Le mot « mathesis » vient visiblement de « mate », mesure.
    Si la première science est venue de cette partie de la Celtide qui est devenue la Belgique, « on comprendra pourquoi le nom de Belge se trouve chez tous les anciens peuples et toujours avec la signification de grand et vénérable », dit T. Cailleux. Balech en irlandais, Balk en sanscrit, signifient grand et sacré.
    Dans le premier chapitre de l’Iliade, nous retrouvons Belos, qui est arrivé à signifier le Ciel dans le dialecte grec de Laconie. Bela signifie éclat, splendeur.
    Bel-tene (feu de Bal en irlandais) était fêté le 1er mai ; c’était la fête des fleurs, la fête de la Femme.
    Les Belgæ, au temps de César, habitaient la partie de la Gaule comprise entre le Rhin, la Marne et l’Océan. Strabon comprend les Armoricains, parmi les Belges. Les Rémi apprirent à César que la plupart des Belges étaient issus de Germains.
    Rappelons que c’est en l’honneur de Vénus-Bélisama qu’on appela Baléares les îles où on avait installé des observatoires appelés Héméroscopes, que c’est aussi pour rappeler son règne dans les régions du Nord qu’une mer s’appela Baltique.
    La Déesse Bélisama donna également son nom à une classe d’hommes appelés Belech. Ce sont les Druides, qui sont ses fidèles serviteurs, ses vrais initiés. On croit qu’ils sont appelés ainsi parce que belech veut dire « lin » et qu’ils sont vêtus de lin, mais ce nom a une autre origine, il signifie Prêtre de Bel.
    Belgius vient de Belech, qui veut dire Druide. De Belgia, terre de Bel, on a fait Belgique. Polybe parle de la ville de Bellica.
    Jusqu’en Irlande, nous retrouvons ce nom devenu Beal. En anglais Bold, en australien Bool. Dans l’Afrique septentrionale, nous trouvons à Cyrène le nom de Balis. Ce nom, adopté par les Hindous, est devenu Mahâ-Bali (grand Bali).
    Pour convoquer les communes, annoncer les jours de fête, les moments de danger ou autres affaires d’un intérêt public, on sonnait les cloches ; et la cloche s’appelait Bel, du nom de la déesse Bel-isa-ma. Des tours élevées, en forme de phare, prirent le nom de Bel-fort. De là est venu le mot corrompu de beffroi.
    Bel (cloche qui appelle) est un symbole qui signifie chef qui commande, qui ordonne. C’est pour cela, dira de Grave, qu’on a donné ce nom au pays Bel-gio, Bel-land, qui signifie Chef-pays, pays des peuples conducteurs, instituteur des autres nations.
    En Chaldée, parmi les noms des Déesses qui furent masculinisées et profanées, il ne faut pas oublier celui de Vénus-Belisama qui, décomposé, faisait Bel-isa-ra (Isa-ra a fait Isra-el). Avec le temps, Bel devint un dieu mâle : le mot Bel, de même que Bélus, Bal, Baal, devenu le titre du dieu de la plus grande monarchie de l’univers et de la fameuse ville de Babylone, offre un exemple frappant des métamorphoses littéraires opérées par la corruption du culte à l’aide du style-métaphorique, dit encore C.J. de Grave.
    Rappelons pour finir que Liège, dont le nom ancien est Lüttich, a été appelée la Ville ardente. Ce surnom semble indiquer qu’elle fut le berceau à Arduina. Rappelons que de Lüttich on a fait Lutèce. (Arduina est la grande Déesse celtique qui donna son nom à une région de la Gaule-Belgique : la forêt des Ardennes, formant la région nord de Médiomatrice)
    Victor Hugo a écrit, dans une lettre datée du 2 janvier 1862, une phrase que quelques-uns considèrent comme prophétique, à propos de l’âme belge :
    « Il serait beau, dit-il, que ce petit peuple fit la leçon aux grands et, par ce seul fait, fût plus grand qu’eux. Il serait beau qu’en présence de la barbarie recrudescente, la Belgique, prenant le rôle de grande puissance en civilisation, donnât tout à coup, au genre humain, l’éblouissement de la vraie lumière. »

    • 2
      Patrox
      14 juin 2020 à 15:08 / Répondre

      cher Anwen, tes commentaires étymologiques ravissent l’esprit ! Ta science se trouverait elle (en partie) dans quelque livre ? A propos du Bel-ge j’avais lu que le mot nous est certes parvenu via les invasions romaines , mais de provenance celtique , « bhelgh » signifiant alors fier ou vantard ( stoeffer ) . BBB

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