Roland Bosdeveix, Grand-Maître de la Grande Loge Mixte Universelle

Première interview de Roland Bosdeveix, nouveau GM de la GLMU

Publié par Géplu

C’est lors du Convent de la Grande Loge Mixte Universelle tenu dans les locaux du GODF rue Cadet à Paris les 8, 9, et 10 novembre dernier, que Roland Bosdeveix a été élu Grand Maître de l’Obédience.

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Roland, Peux-tu s’il te plaît nous présenter la Grande Loge Mixte Universelle ?

La Grande Loge Mixte Universelle a été créée en 1973. C’est une émanation, une rupture du Droit Humain. La première différence entre les deux, fondamentale, est que nous n’avons pas cette structure pyramidale du REAA qui caractérise le DH. Nos loges sont entièrement mixtes. Nous n’acceptons pas de loges qui soient unisexe. La GLMU pratique une maçonnerie « républicaine » : liberté, égalité, fraternité y sont dominants. L’on retrouve d’ailleurs cette trilogie dans notre sceau, où nous sommes la seule obédience à la faire figurer. Nous sommes bien sûr adogmatiques, et nous accordons une grande importance à la laïcité. Nous sommes là aussi précurseurs, puisque nous sommes les premiers à avoir intégré cette notion dans nos règlements et notre Constitution. Ce qui nous caractérise aussi, c’est notre engagement humaniste et sociétal. Nos loges s’impliquent beaucoup dans ces domaines-là.

Quels sont les rites pratiqués par la GLMU ?

La GLMU travaille avec deux rites : le Rite Français, qui était celui voulu par les fondateurs, et le REAA puisque c’était le rite de plusieurs loges du DH qui ont rejoint la GLMU. En proportion, c’est environ deux tiers pour le RF et un tiers pour le REAA. Toutes nos manifestations officielles sont faites au Rite Français.

Combien de loges et de membres à aujourd’hui à la GLMU ?

1 400 membres environ, pour 55 % des hommes. Et 63 loges, implantées un peu partout en France dans toutes les régions avec peut-être une plus grande concentration dans le sud, sud-est. Notons que nous avons aussi des loges aux Antilles, et une en Lettonie.

Par le passé la GLMU a été plus importante. Comment expliquer cette baisse ?

Nous avons beaucoup perdu lors de la création de la GLMF en 1982, qui est devenue plus importante que nous avec environ 4500 membres aujourd’hui. Ils travaillent, entre autres, avec 7 rites différents comme le GODF, alors que nous nous avons toujours refusés jusqu’à présent d’avoir d’autres rites que les RF et REAA. Cela leur permet sans doute de drainer plus de monde. Et puis, sans doute aussi ont-ils été un peu plus ouvert que nous à un moment où nous avons été peut-être un peu trop frileux ?

Tu viens d’être élu Grand Maître de la GLMU. Quelles seront tes priorités ?

Il y en a plusieurs. Tout d’abord bien repréciser les notions de mixité, ne pas oublier que nous sommes la deuxième plus ancienne obédience mixte de France. Et ce n’est pas qu’une mixité de genre, mais aussi à caractère social. Toutes les mixités nous intéressent. Bien repréciser aussi la dynamique laïque que nous possédons. On aimerait faire reconnaître officiellement une journée nationale de la laïcité. C’est une revendication que nous avons depuis 2005. Ajoutons à cela les préoccupations sur les problèmes d’urgence climatique, de plus en plus prégnants, et sur lesquels travaillent beaucoup de nos loges.

Enfin, dernier point, développer notre audience afin de lui donner plus de visibilité. Cela va nécessiter tout un travail de développement de notre communication, auquel nous allons nous atteler. Pour cela notre récent Convent vient d’adopter une façon de travailler qui se développera davantage sous forme de commissions et de groupes de travail, en laissant davantage la parole aux loges.

Pour finir, parle-nous un peu de toi. Qui es-tu Roland Bosdeveix ?

J’ai été initié en 1981 au GODF et, après un passage au DH dans mon Orient de Mantes-la-Jolie, j’ai rejoint la GLMU en 2001. Ces deux périodes au GODF et au DH m’ont permis de mieux comprendre comment fonctionnaient ces obédiences. Depuis 18 ans à la GLMU, j’y ai exercé des responsabilités dans beaucoup d’instances avant d’en être élu le Grand Maître.

À côté de cet engagement maçonnique, j’ai été dans ma jeunesse un militant « anar », libertaire. Et depuis toujours j’ai également eu une action au sein de la FNLP puis de l’ADLPF, l’association des libres penseurs de France. Tous ces engagements m’ont permis de développer un esprit critique et un humanisme profond, qui vont très bien avec ma démarche maçonnique.

mardi 17 décembre 2019
  • 5
    Scala
    14 janvier 2020 à 11:34 / Répondre

    Souvenir maconnique : nous étions 17 ce jour là à quitter la loge Marie Bonnevial du DH, derrière Eliane Brault. Pour fonder quelques jours après la GLMU….. Oui, j’en étais.

  • 4
    Luciole
    25 décembre 2019 à 13:55 / Répondre

    J’adore « accidentellement unisexe » les transgenres?

  • 3
    Joab’s
    19 décembre 2019 à 22:41 / Répondre

    Il est légitime su’une loge se proclamant sexiste ou raciste n’ait pas sa place à la Glmu ou toute obédience refusant sexisme, racisme, homophobie Qu’elle soit accidentellement unisexe n’est pas un problème. Y a t il liberté.au sexisme, racisme ? Faut il être complaisants ?

  • 2
    lanterne
    19 décembre 2019 à 09:47 / Répondre

    J’adore les paradoxes…
    .
    « Nous n’acceptons pas de loges qui soient unisexe. La GLMU pratique une maçonnerie « républicaine » : liberté, égalité, fraternité y sont dominants »

  • 1
    yonnel ghernaouti, YG
    17 décembre 2019 à 05:33 / Répondre

    Ici même http://bit.ly/38KVEFK, le mardi 19 juin 2018, à la question posée par Geplu « Édouard, peux-tu tout d’abord nous rappeler en quelques chiffres ce qu’est la GLMF aujourd’hui ? »
    Notre Frère Édouard Habrant Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France (GLMF) répondait : « La GLMF, créée en 1982, compte aujourd’hui 236 loges pour près de 5 100 membres, 48 % de frères et 52 % de sœurs… ».
    Sans vouloir rentrer dans une guerre d’effectif, nous sommes donc loin des chiffres annoncés dans l’interview du Grand Maître de la Grande Loge Mixte Universelle, notre Frère Roland Bosdeveix : « Nous avons beaucoup perdu lors de la création de la GLMF en 1982, qui est devenue plus importante que nous avec environ 4500 membres aujourd’hui… »
    La GLMF se classe donc parmi les « grosses » Obédiences dites moyenne, de par ses effectifs. Cette situation lui permet ainsi de participer, jusqu’à présent, dans le cadre du Salon Maçonnique de Paris organisé par l’Institut Maçonnerie de France (IMF) à une des trois conférences dites des Grands Maîtres, une année sur deux, comme par exemple le dimanche 18 novembre 2018, où Édouard Habrant, Grand Maître de la GLMF, à la conférence n°2 intervenait au côté de Marie-Claude Kervella-Boux, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France (GLFF) sur « La franc-maçonnerie à l’épreuve du temps ».

    • 6
      Fifi
      22 janvier 2020 à 22:39 / Répondre

      Tout d’abord, Très Bonne Année à toi et à tous ceux qui te sont chers MBAF Yonnel.
      Je viens de tomber sur cet article et suis très surpris d’y trouver ce que Roland à refuser de me dire au téléphone, savoir le nombre de pratiquants du RF à la GLMU ou du moins la répartition entre le RF et le REAA.
      Concernant la GLMF, je te confirme qu’ils sont beaucoup plus nombreux que ce qui est indiqué dans cet article et qu’ils ont légèrement augmenté leurs effectifs depuis un an et demi.

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