Quatre raisons de l’union des Antients et des Modernes en 1813

Publié par John Belton

Cet article de John Belton est extrait de la revue du Groupe de Recherche Alpina « Masonica », n°46 de juin 2020, que nous présenterons plus en détail sous peu. Il est bien évidemment reproduit ici avec l’autorisation de l’auteur et de l’éditeur.

_____________________________________

Quatre raisons de l’union des Antients et des Modernes en 1813 [1]
.

Lorsque des événements d’importance ont lieu, on en trouve souvent les raisons a posteriori. Notre propos sera de cerner les motifs qui conduisirent à l’union des deux Grandes Loges anglaises.

Historiquement deux obédiences existaient en Angleterre :

  • La plus ancienne Grande Loge dite des Modernes, a été créée à Londres en 1717 ou en 1721.
  • La deuxième, dite des Antients, créée en 1751 à Londres, fut constituée initialement d’émigrants irlandais et écossais.

Le présent article examine les pressions sociales, monarchiques, politiques et maçonniques en jeu, qui rendront, vers 1800-1810, ce changement inévitable.

Nous pourrions commencer notre exposé par Henri VIII – qui se substitua au Pape en 1534 par l’Acte de Suprématie fondant l’Église anglicane. Ainsi, la Franc-Maçonnerie anglaise évita les conflits que rencontra son homologue française avec l’Église catholique. Plus tard, nous avons eu un roi peu apprécié – Charles Ier. Alors, en 1649, à la fin de la guerre civile, il fût décapité, ce qui supprima toute velléité de monarchie absolue en Angleterre. Cela n’a rien à voir avec les Stuarts. Le droit de lever des impôts relevait du roi ou du parlement, ce dernier eut gain de cause. Cette exécution eut lieu bien avant la Révolution française, ce qui signifie que l’histoire maçonnique anglaise fut et reste encore très différente de celle de la Franc-Maçonnerie en France, par exemple.

Lorsque la monarchie fut restaurée en 1660, après le décès du Lord Protector Cromwell, Charles II retourna en Angleterre. S’ensuivit pour l’Angleterre après la guerre civile, une période de développement économique, scientifique et culturel. Ainsi, la première société scientifique, la Royal Society, fut créée peu après cette restauration. Au moment où il devenait possible d’élaborer « des pensées différentes » sans craindre la mort ou l’excommunication, la science et la Franc-Maçonnerie allaient prospérer. Il y eut ensuite une union des couronnes avec l’Écosse en 1603, puis une union de leurs parlements en 1707. Pays catholique de légende, l’Irlande bénéficia de son propre Parlement jusqu’en 1800, année de son intégration. Désormais il existe un Royaume Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande dès 1922, à savoir l’Ulster ou l’Irlande du Nord. A juste titre, au vu de relations parfois délicates entre « colons » (les Anglais) et les « colonisés », les relations entre l’Angleterre, l’Irlande et l’Écosse s’avèrent être difficiles, voire frustrantes.

En traversant la Manche, l’ouvrage de Prichard, Masonry Dissected (1730) amena de nombreuses divulgations. L’une d’entre elles est particulièrement intéressante : Le Parfait Maçon de 1744, qui contient un chapitre traitant d’un degré appelé Maçon Écossais. Il est généralement considéré qu’il traite de l’autorisation adressée par Cyrus à Zorobabel de revenir à Jérusalem afin de reconstruire le Temple après soixante-dix ans d’exil à Babylone ; chacun connaît le reste de l’histoire. Il s’agissait probablement du degré de Scottish Master (écossais) pratiqué en plusieurs endroits en Angleterre dans les années 1730. On y trouve en particulier un degré, le Chevalier d’Orient traitant de ce thème au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA).

Cette période 1730 – 1800 marque aussi le début de la prolifération des degrés maçonniques supérieurs. Ce foisonnement posa de nombreux problèmes aux obédiences à la fin du siècle, ce qui allait déterminer la fusion des deux Grandes Loges anglaises de 1813 !

1751 – Formation de la Grande Loge des Antients

Les villes, notamment Londres, particulièrement à cause de la Révolution agricole, qui supprima de nombreux emplois dans les communautés rurales, enregistrèrent une importance émigration provenant des campagnes anglaises, mais aussi d’Irlande et d’Écosse. Le but était de trouver, sinon la fortune, au moins certainement une vie meilleure ; certains émigrants auraient été Francs-Maçons. Ne trouvant pas un accueil chaleureux et immédiat dans les Loges anglaises des Modernes, ces Frères aux accents particuliers créèrent leurs ateliers. En 1751, leur propre obédience fut instituée : la Grande Loge des Antients, qui se targuait de respecter toutes les traditions immémoriales de la Franc-Maçonnerie.

En 1772, les Antients, et les obédiences écossaise et irlandaise décidèrent d’être en Constant Correspondence ; les Modernes en furent exclus. Les motifs pour lesquels les Modernes furent écartés de la communauté maçonnique anglaise des Antients, écossaise et irlandaise restent peu clairs. Le terme de Constant Correspondence signifiait que les GL échangeaient les procès-verbaux de leurs réunions et s’informaient des événements clés de chaque obédience.

Passons à des éléments plus importants pour expliquer les motifs de l’union !

La Révolution française (1789-1799)

Lorsque la Révolution se produisit en France, son impact en Europe et dans le reste du monde fut considérable et entraîna de nombreux changements. Alors que la Grande-Bretagne pouvait tourner le dos aux combats (pour un temps) et à la tourmente de la France – elle ne pouvait guère éviter l’impact sur son territoire des idées radicales venues de l’Hexagone – résumées par l’expression Liberté, Égalité, Fraternité.

À cette époque, des émeutes eurent lieu dans divers endroits de Grande-Bretagne, à la suite de médiocres récoltes, avec comme conséquence des augmentations du prix des céréales, sans parler des suppressions d’emplois à la suite à la révolution agraire et à la première révolution industrielle (mécanisation) anglaises. En Irlande, cette situation eut comme conséquence la création d’une société, les Irlandais réunis, provoquant une rébellion ouverte en 1798 sur le territoire irlandais.

Des actions politiques furent initiées en vue d’assurer la sécurité de la nation contre ces troubles. Un comité secret de la « House of Commons » fit rapport le 15 mars 1799. Le document déclarait que, d’après les sources fournies par le gouvernement, celui-ci avait pris acte « des preuves les plus évidentes d’un complot systématique, conçu de longue date par la France, et auquel elle avait donné suite ».

Sur sol britannique, des traîtres se préparaient à abolir les lois, la constitution et le gouvernement, ainsi que tout établissement civil ou ecclésiastique existant, en Grande-Bretagne et en Irlande, ainsi qu’à dissoudre les liens entre les deux royaumes d’Angleterre et d’Ecosse. En conséquence, le gouvernement britannique introduisit the Unlawful Societies Act 1799 – la Loi sur les sociétés illégales de 1799 qui interdisait les organisations demandant à tous nouveaux membres de prêter serment lors de leur adhésion. Les Francs-Maçons anglais et écossais réussirent à obtenir une exemption de cette interdiction. Cette loi amena probablement les Antients, les Modernes et les Francs-Maçons écossais à coopérer. Peut-être fut-ce là le début d’un processus vers une paix maçonnique durable entre ces obédiences préparant ainsi une future union ?

1re raison : la monarchie, la noblesse et le parlement sont mis en danger par la Révolution française et par la révolte conduite par les « Irlandais réunis ».

La Sainte Arche Royale de Jérusalem et autres degrés ajoutés

En 1751, à la création de la Grande Loge des Antients, ses fondateurs inclurent le degré de l’Arche Royale dans les activités rituelle des ateliers, comme quatrième degré de la Franc-Maçonnerie. Leur grand secrétaire, Laurence Dermott, le décrivait comme «la racine, le cœur et la moelle de la Franc-Maçonnerie », une stratégie marketing astucieuse. En même temps, les Antients critiquaient la Grande Loge des Modernes, arguant qu’ils avaient changé malencontreusement les rituels. Les Antients inventèrent le terme «Modernes » comme une expression de dérision, les accusant d’avoir modifié des pratiques anciennes. Ce sobriquet fut si efficace que nous l’utilisons encore deux cent cinquante ans plus tard. Chez les Antients, il était également considéré comme normal que les Loges travaillent, selon leur choix, non seulement au degré de l’Arche royale, mais également après 1770, à des degrés templiers.

L’instauration de plusieurs autres cérémonies au sein des ateliers entraîna des complications supplémentaires : aucune d’entre elles n’avait de structure faîtière pour les gérer ! Cette situation était aussi une affaire de finance et, comme souvent, de contrôle :

  • Pour chacun de ces degrés, la Loge prélevait une redevance et la déposait dans sa trésorerie.
  • Les Loges contrôlaient elles-mêmes leurs activités rituelles et agissaient de manière totalement indépendante de la Grande Loge et de ses représentants.

Les obédiences souhaitaient mettre de l’ordre sur le plan financier et dans le domaine des rituels.

2e raison : dangers pour les Grandes Loges, car beaucoup d’ateliers pratiquaient librement un nombre élevé de degrés, sans aucune organisation faîtière de pilotage, et sans que les obédiences reçoivent un apport financier supplémentaire.

Analysons maintenant la situation de l’Écosse et de l’Irlande. De toute évidence ordre et contrôle étaient aussi à l’ordre du jour !

Écosse

Les Loges écossaises ont toujours eu tendance à agir de manière indépendante (cela se perpétue encore de nos jours) et, tout particulièrement, lors de la préparation des rapports annuels et du paiement des cotisations ; les Loges préfèrent de loin déposer l’argent sur leur compte plutôt que de le faire parvenir à la Grande Loge.

Face à cette situation l’obédience écossaise décida que chaque atelier n’était autorisé à pratiquer que les trois degrés de la FM « bleue », qu’il devait produire un rapport annuel et payer chaque année les cotisations dues. Si ces conditions n’étaient pas observées, la patente lui était retirée, car l’atelier ne respectait pas, selon la Grande Loge, la loi sur les sociétés illégales de 1799 et il devait cesser de réunir ses membres. De cette manière, L’Écosse avait ainsi trouvé le moyen de restituer le contrôle de la situation à sa Grande Loge.

Irlande

De son côté, l’Irlande tenta de créer un Grand Chapitre et un Grand Camp Templier en 1804, ce qui provoqua une crise majeure. Une des causes en fut l’absence de communication avec les membres des ateliers, mais aussi un manque d’attention accordée aux Frères vivant dans le nord, c’est-à-dire en Ulster.

Il s’ensuivit une rébellion et la création d’une Grand Orient d’Ulster. Il y eut deux « Grandes Loges d’Irlande », chacune se disputant le leadership d’un seul Grand Maître. Cette scission dura environ neuf ans et la Grande Loge d’Irlande reconstituée se limita à piloter les trois degrés de la Franc-Maçonnerie bleue. Il fallut une période de vingt ans avant que les Francs-Maçons irlandais soient en mesure de rétablir un certain ordre au sein des degrés supérieurs. Ajoutons que des processus similaires de création de structures formelles pour les degrés supérieurs se déroulaient également au même moment en Amérique.

Les Francs-Maçons du continent comprendront que, pour la Franc-Maçonnerie anglaise, les trois degrés de la Maçonnerie bleue ont été formellement intégrés dans ses Grandes Loges tandis que tous les autres degrés maçonniques sont hors de leur juridiction. En France, par exemple, avec le concept de Grand Orient, ce fut longtemps l’inverse et, actuellement, pour bien des obédiences de l’Hexagone à l’instar du Droit Humain par exemple, cette situation perdure. Ajoutons que la Grande Loge de Suède, reconnue de longue date par la GLUA, ne connaît pas cette séparation.

Grands Maîtres de lignée royale

Mais revenons en Angleterre, à sa gouvernance et à sa monarchie. Le règne de George III fut certes long, mais sa santé se détériora à tel point qu’en 1811, son fils devint prince régent, mais dans les faits roi, jusqu’à la mort de son père en 1820. Quels étaient donc les impératifs du Prince Régent, le futur George IV ?

À cette époque, le Prince de Galles et futur roi George IV était le Grand Maître (1792-1812) de la GL des Modernes ; quelques années plus tard, il nomma son ami le Comte de Moira Grand Maître par intérim (1795-1812), c’est-à-dire que ce prince était le Grand Maître et Moira accomplissait les activités liées à cette fonction ! Puis, en 1803, le comte de Moira fut nommé commandant de l’armée en Écosse. Peu après, il devint aussi Grand Maître adjoint de la GL d’Écosse (1806-1808), alors que le prince de Galles, lui, assuma la charge de Grand Maître en titre (1806 -1820), poste qu’il occupa jusqu’à son accession au trône.

Maintenant, souvenons-nous qu’à cette époque les Antients n’étaient en relation qu’avec les GL d’Écosse et d’Irlande, nullement avec celle des Modernes. Comment se fait-il que le Grand Maître de la GL des Modernes devînt aussi Grand Maître de celle d’Écosse ? Je pense que nous serions naïfs si nous ne scrutions pas les politiques de la monarchie et du gouvernement en jeu à cette époque. Il était essentiel pour la famille royale de la maison de Hanovre et le futur roi George IV qu’ils améliorent leur image, tout particulièrement en Écosse.

3e raison : le futur George IV et son gouvernement avaient un besoin urgent d’établir de bonnes relations entre l’Angleterre et l’Écosse, et de promouvoir une image positive dans le Royaume.

Pour mémoire, la politique et l’état des finances des deux Grandes Loges anglaises semblent avoir été distinctes à cette époque : les Modernes avaient construit un hall maçonnique de prestige, mais leur compte bancaire était vide, alors que les Antients disposaient de réserves financières placées en banque.

En 1813, peu avant l’acte d’union, on constate que le Royaume-Uni menait une guerre contre la France (le dernier sursaut de Napoléon) et contre les États-Unis d’Amérique, renforçant ainsi le souci d’unité de la nation de la part de la monarchie régnante. 

4e raison : les guerres contre les USA et contre la France, cette dernière continuant jusqu’en 1815.

L’examen de tous ces facteurs semble expliquer les raisons pour lesquelles l’union des Grandes Loges anglaises était tant attendue. Quelques premières tentatives eurent lieu en 1800 mais échouèrent, puis, une autre en 1804, sans succès elle aussi, et en 1810 une dernière qui aurait pu devenir plus déterminante, la Lodge of Promulgation, dont le but consistait à harmoniser les rituels des deux obédiences. Toutefois, les travaux s’enlisèrent rapidement dans le détail des rituels et dans le fonctionnement des cérémonies.

Les travaux de la Lodge of Promulgation se prolongèrent ainsi sans résultat. Puis, rien ne se passa pendant presque deux ans. Entre temps, la maladie de George III l’ayant privé d’exercer le pouvoir royal, le prince de Galles devint prince régent en 1811. En 1812, il transmit sa charge de Grand Maître à son frère, le duc de Sussex, élu à sa place.

Peu après, en juillet 1813, le Grand Maître de la GL des Antients, le duc d’Atholl d’Écosse, se retira et ce poste fut confié au duc de Kent, autre fils de George III. Avec détermination, les fils de George III signèrent rapidement les statuts de l’union le 25 novembre 1813. Les deux autres Grandes Loges écossaises et irlandaises les ratifièrent le 1er décembre. Une tenue de Grande Loge fêta cet accord le 27 décembre, jour de la Saint-Jean d’hiver ; elle ne dura pas moins de QUATORZE heures !!!

 John Belton [2]

.

[1]   Résumé de la conférence présentée au GRA le samedi 16 novembre 2019 à Lausanne, traduit de l’anglais par Michel Jaccard, membre actif du GRA.
[2]   Loge de Recherche « Quatuor Coronati » no 2076 à Londres, membre de la Philalethes Society, de la Masonic Society aux Etats-Unis et Vice-Président de la Manchester Association for Masonic Research et auteur de nombreux ouvrages maçonniques..

Ouvrages de John Belton
The English Masonic Union of 1813 : A Tale Ancient and Modern. Editions Arima Publishing, octobre 2012, 138 pages
Dudley Wright: Writer, Truthseeker & Freemason. Editions Westphalia Press, juin 2016, 104 pages
A Questioning Eye Upon Freemasonry, Editions ANZMRC, 2017, 196 pages. Réédition chez Lewis Masonic, 2019, 256 pages
The Missing Master Mason, Installation Inaugural Address to Internet Lodge no 965

vendredi 3 juillet 2020
  • 38
    Etienne Hermant
    17 juillet 2020 à 10:41 / Répondre

    Il arrive que devant de pâles imitations on reste sans voix.
    .
    C’est le cas pour cette réponse 37 qui a été reprise de l’ouvrage connoté et largement dépassé de Maurice Paillard (1952) : LES CONSTITUTIONS DES FRANCS-MAÇONS DE 1723 REPRODUITES EN FAC-SIMILÉ, AVEC TRADUCTION FRANÇAISE EN REGARD ET UNE INTRODUCTION PAR MAURICE PAILLARD, 33°, VÉNÉRABLE M. DE LA LOGE HIRAM, ORIENT DE LONDRES, ET ANCIEN MEMBRE DU CONSEIL DE L’ORDRE DU GRAND ORIENT DE FRANCE.
    .
    Jugez-en plutôt par cet extrait repris de l’ouvrage de Maurice Paillard, p 42 :
    .
    « DIEU, CHRIST, BIBLE :
    Exception faite pour le titre de la première Obligation, p 50, les mots « Dieu », « Christ » et Bible » ne sont employés que dans le texte de la partie historique du Livre, notamment au cours des deux premières lignes de la première page où il est dit :
    « ADAM, notre premier Parent, créé à l’Image de Dieu, le grand Architecte de l’Univers ».
    Dans l’édition de 1738, cette phrase est rédigée ainsi :
    « LE TOUT-PUISSANT Architecte et Grand-Maître de l’Univers ayant créé toutes Choses très Bien et selon la Géométrie… »

    Lisez l’ouvrage de Paillard, vous y retrouverez d’autres citations utilisées en son nom propre par ce contradicteur, décidément falsificateur et mystificateur.

  • 36
    Etienne Hermant
    15 juillet 2020 à 15:42 / Répondre

    -33- et -35- Concernant les « Constitutions » de 1723, notre contradicteur l’affirme pourtant : « Au fur et à mesure des éditions des phrases déterminantes ont été changées ».
    .
    S’il l’affirme c’est qu’il en a fait l’expertise… sinon nous aurions à faire à un travestissement.
    .
    J’en appelle donc à ses connaissances.
    Estime-t-il que cette citation des « Constitutions » est correcte vis-à-vis de l’original (dans la partie « Histoire des Francs-maçons » première partie « L’an I du Monde ») et en accepte-t-il la traduction : « Adam crée par le Grand Architecte de l’Univers reçu de lui avec l’être les Sciences infuses et particulièrement la Géométrie et qu’il les appliqua au besoin de la vie humaine » (« Constitutions » de 1723) ?
    En cas de justesse de cette citation, comment pourrait-on voir poindre du « néophytagorisme » dans cette notion de « Géométrie » illustré par la 47e proposition d’Euclide présente sur le Frontispice ?
    Rappelons tout de même que Pythagore, en figure fondatrice de la Franc-maçonnerie, fit son apparition dans les « Old Charges », ces « Anciens Devoirs » aux invocations trinitaires…
    Et au passage, que vient faire un « papyrus en rouleau » entre les mains du duc de Montagu en lien avec le « néopythagorisme »… ?
    .
    Notre contradicteur évacuerait-il dans le même temps des « Constitutions » : « Le Grand Architecte de l’Univers qui est Dieu », qui serait un faux ?
    Ou encore cette obligation liée aux « Statuts » : « Nul sera reçu dans l’ordre, qui n’ait promis et juré un attachement inviolable pour la Religion, le Roi et les Mœurs ».
    Serions-nous en présence de faux et usage de faux initié par des « Anciens », irréductibles catholiques aux visées pernicieuses ?
    .
    Disons-le sans attendre, nous ne sommes pas dupes.
    Ces sorties n’ont pour seul objet que de jeter la suspicion sur des citations des « Constitutions » qui dérangent.
    .
    Ce genre de manipulation me fait penser à une autre sortie concernant précisément le Frontispice de 1723 où on mettait en évidence un « faux » Frontispice qui aurait été initié par des « Anciens » dans le but de discréditer la GLL et W.
    L’exemple qui avait été pris est une peinture du Frontispice provenant de la « Grande Loge du Québec » qui regroupe 6 peintures retraçant l’historique de la Grande Loge, rassemblées dans la Salle commémorative du Temple de Montréal.
    Sauf que l’historique de la « Grande Loge du Québec » précise : « Ce sujet visait à rappeler que la Grande Loge de Québec tirait son autorité de l’original Grande Loge d’Angleterre, dite des « Modernes ».

    • 37
      Désap.
      16 juillet 2020 à 17:07 / Répondre

      36 – Il faut lire (comme d’habitude) la suite du texte et le Adam, envisagé comme référence religieuse, pâlit inexorablement.
      Il faut également lire les éditions suivantes, Adam, l’image et Dieu disparaissent au profit de “LE TOUT PUISSANT Architecte et Grand-Maître de l’Univers ayant créé toutes Choses très Bien et
      selon la Géométrie … », majuscules employées dans le texte incluses.

  • 33
    Désap.
    13 juillet 2020 à 10:32 / Répondre

    Il faut informer le frère Hermant du fait que le papyrus en rouleau a pris la suite des tablettes d’argile en Egypte environ deux mille ans avant la mise par écrit de la Torah.
    Quant à sacraliser les Constitutions 1723, les Moderns n’étaient pas si fantasques.
    L’imagination c’est très bien, encore faut-il faire un minimum de tri.
    Je ne m’approprie rien, aucune note de lecture, je ne lis pas les auteurs contemporains à l’exception de Renaissance Traditionnelle et la revue Vers la Tradition (chacune que je recommande).
    Je n’établirai pas de thèse, pas le temps, aucun talent d’écriture (je n’ai jamais fait de morceau d’architecture qu’oral) et il n’y a rien de plus solide que ce qui est établi par soi.
    Je remarque en revanche que l’on commence à s’interroger sur la réalité du texte des Constitutions Moderns, c’est précisément ce que je souhaitais.
    J’exhorte chacun intéressé par le sujet à faire ce travail, il en va de la connaissance de la vérité de cette maçonnerie qui, de mon point de vue, n’est pas biblique. C’est, à ce propos, faire bien piètre preuve de respect à l’égard de Dermott que de considérer qu’il contestera cette maçonnerie avec virulence parce que les Moderns ont inversé deux mots et modifié la place des Surveillants en loge.
    Toutes les éditions de 1723 sont disponibles, le matériaux est donc là et authentique. Au fur et à mesure des éditions des phrases déterminantes ont été changées, notamment au plus fort de la querelle avec les Antients de sorte de réaffirmer ou préciser l’esprit de cette maçonnerie.
    Les liens très étroits avec la Royal Society sont une réalité ; il faut les comprendre, c’est déterminant.
    Autre exemple, je ne suis pas sûr du tout que les Moderns pratiquaient une sorte de sélection sociale. Ceci était parfaitement contraire à l’article 1 des Obligations, en conséquence d’aucun intérêt. Il est en revanche assez probable que le candidat qui n’avait pour seule culture la bible ne les intéressait pas.
    Quand on aura fait ce travail nous pourrons discuter, et pas autour de phrases prises dans leur rédaction théorique et sorties de leur contexte. Il est également tout à fait nécessaire de mettre en perspective les chapitres les uns avec les autres. Les Constitutions est un ensemble cohérent, rien n’est écrit au hasard ou par hasard, aucun chapitre n’est indépendant du précédent ou du suivant, le frontispice fait partie de cette cohérence, il montre l’Edifice idéal. Nous avons affaire à des maçons, pas à des romanciers ou des journalistes.

    • 34
      pierre noel
      13 juillet 2020 à 12:00 / Répondre

      A propos de ces phrases ; « Toutes les éditions de 1723 sont disponibles, le matériaux est donc là et authentique. Au fur et à mesure des éditions des phrases déterminantes ont été changées, notamment au plus fort de la querelle avec les Antients de sorte de réaffirmer ou préciser l’esprit de cette maçonnerie »..

      Est-ce trop demander au commentateur inspiré, même « sans talent d’écriture », de les expliquer par quelques exemples concrets, tirés, par exemple, des différentes éditions des Constitutions qu’il dit connaître si bien ,

      • 35
        Désap.
        13 juillet 2020 à 17:03 / Répondre

        34 – C’est l’un des objets de l’analyse des Constitutions Moderns.
        Au travail. 🙂

  • 32
    Etienne Hermant
    12 juillet 2020 à 19:34 / Répondre

    -22- « Le frontispice des Constitutions 1723 représente symboliquement les fondations par le théorème de Pythagore (raison pour laquelle j’écrivais « gouvernée assez essentiellement par le néoplatonisme et il s’agirait selon moi plus précisément de néopythagorisme). Pas un symbole chrétien ni religieux (on m’épargnera Désaguliers en prêtre anglican, un homme n’est pas un symbole et au regard de l’ensemble de la représentation, sans abus cela fait penser à une « parousie » inversée), et Apollon coiffant l’Edifice. ».
    .
    A force de vouloir tout faire cadrer à ses propres visions partisanes, on en arrive à de bien curieuses assimilations et à des affirmations particulièrement sujettes à caution, on le vérifiera.
    .
    Ainsi, il est arrivé que pour prouver la laïcité de ce frontispice on a vu en la personne de l’éphèbe Apollon tirant son char et maniant le fouet de conduite des chevaux, une jeune femme maniant une épée flamboyante, alors que c’est le soleil qui flamboie, et ceci dans la perspective de montrer que cette jeune femme est la personnification de la « Vérité et de la Justice ».
    .
    On a fait mieux en voyant dans le fond de la gravure (deux rangées de haies bordant une allée) l’ouverture de la mer morte, non pas dans un sens religieux ce dont on pouvait pourtant s’attendre, mais en y voyant une allusion progressiste à « la libération des esclaves » en référence à Moïse en une métaphore liée à l’exode biblique par lequel le peuple juif tenu en esclavage fut libéré, oubliant ce passage des « Constitutions » de 1723 : « Les personnes admises membres d’une Loge doivent être hommes de bien et loyaux, nés libres et d’âge mûr et discret, ni esclaves ni femmes, ni hommes immoraux et scandaleux mais de bonne réputation ».
    .
    Dans un autre fil, notre interlocuteur cette fois-ci, et toujours dans cet esprit de laïcité anachronique, nous affirmait que ce n’était pas le Dr John Beal qui était présent sur la gravure, mais Isaac Newton himself (notre interlocuteur n’est pas l’auteur de cette idée, il en est l’imitateur !), ce dont j’ai démontré la parfaite inanité.
    .
    Dans l’intervention qui nous occupe, c’est Apollon et Pythagore qui sont caution pour une vision, cette fois-ci, néoplatonicienne du Frontispice, présenté d’un ton impérial (dans le droit fil antique !), dans le style : « L’affaire est pliée, circulez il n’y a rien à voir ».
    .
    On peut cependant voir dans le théorème de Pythagore, non du néopythagorisme, mais plus prosaïquement le symbole de la Science de Géométrie que la maçonnerie spéculative avait fait sienne et que les graveurs avaient appris à représenter dans cette perspective.
    Nous sommes, il convient de le rappeler, dans des effets de mode architecturaux et dans un esprit d’héritage qui trouve ses prémices dans « Adam crée par le Grand Architecte de l’Univers qui est Dieu » et qui « reçu de lui avec l’être les Sciences infuses et particulièrement la Géométrie » (« Constitutions » de 1723).
    .
    Quant au char d’Apollon auréolé du soleil traversant les nues, il est difficile de nier qu’il fait partie des représentations classiques de l’époque, un classique baroque qu’on retrouvera représentés sculptés dans le bassin du château de Versailles.
    Y voir le symbole de la lumière illuminant la maçonnerie est loin d’être incongru sans devoir s’attacher frénétiquement à des filiations antiques comme on l’a fait avec des filiations moyenâgeuses scolastiques.
    .
    Prétendre qu’il n’y a « aucun symbole chrétien ou religieux » sur le Frontispice c’est aller bien vite en besogne et dénote une précipitation paroxystique en vue d’une démonstration orientée.
    Le rouleau en guise de livre des Constitutions que tient Montagu renvoie dans la culture chrétienne au Volume de la Sainte Loi, le Pentateuque, la Loi de Moïse, dans sa forme rituelle juive traditionnelle.
    Ce rouleau liturgique, on peut l’observer grâce à la présence du bâton d’enroulement qui justifie à lui seul un support biblique.
    Ce n’est donc pas un simple parchemin de style médiéval qui pourrait laisser croire que c’est une présentation habituelle des lettres.
    Ce rouleau liturgique correspond à cette quête du passé où l’enracinement nous conduit jusqu’à l’ancêtre Adam.
    .
    Ce « volumen », qui inscrit les textes réglementaires « nouveaux » dans la tradition, présente de ce fait la Loi des Maçons, et les protagonistes sur le frontispice sont tous de culture chrétienne.
    .
    Dès lors il est loin d’être inconcevable que nous sommes en présence d’un Rouleau liturgique qui donne un aspect sacré à ces nouvelles Constitutions.
    .
    Il ne suffit pas de se donner à soi-même un blanc-seing en s’appropriant de notes de lectures glanées de-ci de-là, encore faut-il publier si l’on veut défendre une thèse, plus que par des affirmations disparates à l’emporte-pièce, pour le moins décousues.
    Et ça se fait à visage découvert et non dans un anonymat commode aux excès.

  • 30
    pierre noel
    10 juillet 2020 à 22:53 / Répondre

    Dumfries MS 1710
    Q how high is your lodge A inches & spans Inumberable
    Q how Inumberable ? A the material heavens & stary firmament
    Q how many pillers is in your lodge? A three
    Q what are these? A ye square the compas & ye bible
    Masonry Dissected 1730
    Q36 What Covering have you to the Lodge? A. A clouded Canopy of divers Colours (or the Clouds.) Q37 Have you any Furniture in your Lodge? A. Yes.
    Q38 What is it? A. Mosaick Pavement, Blazing Star and Indented Tarsel.
    Q39 What are they? A. Mosaick Pavement, the Ground Floor of the Lodge, Blazing Star the Centre, and Indented Tarsel the Border around about it.
    Q40 What is the other Furniture of a Lodge? A. Bible, Compass and Square.
    Q41 Who do they properly belong to? A. Bible to God, Compass to Master, and Square to Fellow-Craft.

  • 29
    Désap.
    10 juillet 2020 à 16:09 / Répondre

    28 – On se trouve donc dans l’obligation de recourir au rituel pour démontrer les sources bibliques de la maçonnerie des Moderns.
    Outre qu’il n’est pas concevable que Folks ou Wharton, entre autres, aient pu prêter serment sur la bible, cet argument ne fonctionne pas plus.
    Les rituels des deux premiers grades n’ont rien de biblique et l’on sait que les Moderns ne souhaitaient pas l’introduction du grade de Maitre. Seul à présenter des échos bibliques, celui-ci apparait autour de 1730, ce qui signifie que la maçonnerie Modern a fonctionné une dizaine d’années sans aucune référence biblique.
    Il me semble également qu’une juste compréhension de son rituel n’amène aucune faveurs aux conceptions religieuses, ceci conformément aux principes de fonctionnement de la loge d’où la religion est exclue, cf Constitutions 1723.
    D’autre part, le ternaire maçonnique est en tout point conforme au ternaire de Plotin et particulièrement étranger à la trinité chrétienne.
    l’Un (GADL’U), Intellect (le rituel) et Ame (le maçon), de même que les conceptions néoplatoniciennes, est un ensemble cohérent dont l’idéal, contrairement au principe religieux, ne consiste pas à satisfaire une volonté extérieure transcrite par des prophètes, mais atteindre un état fusionnel. Le moyen est la perception de la réalité par l’acquisition des vertus et non par l’écoute de la parole de prophètes.
    La culture maçonnique n’est pas une combinaison de plusieurs cultures, ce n’est pas un syncrétisme.
    Sa doctrine est la Vérité par opposition à la croyance. En conséquence de quoi, tout système de croyance se trouve fondamentalement incapable de participer du fonctionnement maçonnique.
    Le principe de la construction d’une cathédrale est la compréhension ; tout ce qui relève de la croyance représente un danger concret pour l’exercice, tous les architectes depuis Imhotep vous le confirmeront.

    • 31
      pierre noel
      10 juillet 2020 à 23:06 / Répondre

      « on sait que les Moderns ne souhaitaient pas l’introduction du grade de Maitre. »

      Une référence à cette à cette affirmation inédite qui en fera sursauter plus d’un ??

  • 28
    NEGRIER
    9 juillet 2020 à 19:02 / Répondre

    Réponse au post 27 :
    1. Les Constitutions de 1723 (et de 1738) n’ont pas pour but d’assigner à la maçonnerie une doctrine (pythagoricienne, ou néoplatonicienne, ou autre) car l’article 1 des « Devoirs » (seconde partie des Constitutions) affirme que dans le cadre des obédiences les maçons ne sont tenus à aucune doctrine particulière mais seulement à l’orthopraxis morale (« to be good men and true or men of honour and honesty »).
    2. Cependant ce double devoir de moralité et de laïcité en loge n’évince pas pour autant l’existence des vérités (les « Devoirs » obligent à être des hommes « true ») et des cultures, et les Constitutions, sans dogmatiser, se bornent à rappeler que la maçonnerie moderne s’inscrit dans une histoire qui relève tant de l’histoire de l’architecture (biblique, vitruvienne, gothique, palladienne) que de l’histoire des arts libéraux hérités des Grecs et célébrés par les Anciens devoirs depuis la fin du XIV° siècle.
    3. Ce sont les auteurs bibliques eux-mêmes qui, en présentant Abraham comme originaire d’Ur en Chaldée, et en rapportant l’acculturation des Israélites pendant 450 ans en Egypte, ont attesté que leur culture s’enracinait non seulement dans la révélation naturelle vivante, mais aussi dans les cultures égyptienne et mésopotamienne antérieures (fait d’histoire qui n’ôte à aucun maçon le droit d’interpréter librement le contenu de ces cultures, librement voulant dire personnellement mais non pas selon les caprices subjectifs et arbitraires de sa volonté propre car l’interprétation est une science objective qui nécessite érudition et intelligence).
    4. On ne peut réduire la culture maçonnique aux Constitutions car l’autre moitié de cette culture réside dans son rite, et les sources du rite moderne (1696-1751) sont d’abord et principalement bibliques, tant vétérotestamentaires (temple de Salomon) que néotestamentaires (Gal. 2,9 ; depuis le Sloane de 1700 le rite d’ouverture des travaux s’inspirait de Mt. 20,1) et réformés (le mot M.B.) même si on trouve aussi un matériau grec et romain : la mention des cinq Ordres d’architecture (Examen d’un maçon, 1723) d’ailleurs célébrés par Vignole en 1562.
    5. Ainsi la culture maçonnique est une combinaison de plusieurs cultures elles-mêmes issues les unes des autres (Pythagore s’était instruit auprès des Egyptiens et des Mésopotamiens, et la Bible a repris plusieurs matériaux grecs : les cardinales en Sag. 8,7, mais aussi 2 éléments de la description homérique du Bouclier d’Achille), et refuser de reconnaître, dans la maçonnerie de 1723, la présence massive de la culture biblique à côté des autres cultures susnommées, c’est simplement prouver qu’on ne sait pas « lire » et qu’on manque « d’esprit » (pour le dire poliment).

  • 22
    NEGRIER
    7 juillet 2020 à 22:36 / Répondre

    1. James Anderson critiquait nommément les « pythagoriciens » dans son sermon de 1724.
    2. La culture de la maçonnerie moderne des années 1630-1751 était d’abord de nature biblique même si des matériaux platoniciens (comme les sept arts libéraux de la Politeia de Platon hérités des Anciens devoirs et d’ailleurs adoptés par les Antients dans les Trois coups distincts) y furent introduits et inclus, et même si depuis 1723-1738 les obédiences qui se réclament des principes de ces Constitutions sont de nature non-confessionnelle et a-dogmatique, cette laïcité caractérisant d’ailleurs uniquement ces obédiences mais non leurs membres qui, pris à part soi individuellement, demeurent libres d’adhérer aux représentations mentales qui leur conviennent.
    3. Tout maçon est libre d’étudier et de cultiver cette pseudo-philosophie qu’est le néoplatonisme mais le néoplatonicien Plotin opéra une double rupture avec le platonisme car ce qu’on appela à tort chez lui les trois hypostases (l’Un, l’Intellect et l’Ame) sont selon Plotin transcendantes au monde alors que le platonisme était un immanentisme, et Plotin développa une mystique ou désaveu-dépassement de la raison qui est inconciliable avec le rationalisme intégral, phénoménologique, de Platon.
    4. Les cultures de la maçonnerie moderne (1630-1760), celle des Modernes et celle des Antients, étaient d’autant plus étrangères au néoplatonisme que deux symboles maçonniques allaient en sens contraire : d’une part les « cinq sens » (mentionnés par les Antients dans les Trois coups distincts) qui orientaient vers l’immanence et non vers la transcendance, et la lettre G (Wilkinson, 1727 ; Prichard, Masonry dissected, 1730), figure de la « méthode géométrique » (Constitutions, 1723), modèle de rationalité qui détournait de la mystique.
    5. Dans Ahiman rezon Laurence Dermott mentionne : Socrate, Euripide, Démosthène, Horace, Cicéron, Caton, Aulu-Gelle, Macrobe, Pline, le dieu égyptien Harpocrate, Quinte-Curce, Pythagore. On ne peut donc l’accuser de faire du biblisme.
    6. Les maçons qui dérapent en commettant des abus évidents et inacceptables d’interprétation sont des personnes qui ne pratiquent pas la méthode maçonnique sans doute parce qu’ils n’ont pas perçu le fait qu’un certain nombre de symboles maçonniques portaient sur des éléments d’épistémologie à pratiquer.

    • 24
      Désap.
      8 juillet 2020 à 12:09 / Répondre

      22 – Amen.
      Considérant que nous sommes entre gens d’une certaine culture, il me semblait évident que « Anderson » ne désigne pas celui désargenté à qui on abandonna le « copyright », mais bien le collectif des rédacteurs des Constitutions, Désaguliers, Payne et Montagu, auquel de mon point de vue il faudrait ajouter Newton ; même s’il ne fût pas maçon, il ignorait toutefois que peu de choses de l’initiation.
      L’argument selon lequel James Anderson critiqua en 1724 les pythagoriciens n’est en rien déterminant de la réalité de la maçonnerie Modern.
      Platon athée et Plotin père primitif de l’Eglise, il était inutile de nous rappeler les affirmations infondées et superstitieuses de St Augustin, entre autres.
      Le néoplatonisme pseudo-philosophie, il faut en informer l’Université, pour Lucien Jerphagnon et Pierre Hadot c’est trop tard, ils seront morts dans l’erreur. Foutaise.
      En terme de maçonnerie biblique on a fait mieux que celle des Moderns, la bible jamais citée, le frontispice des Constitutions 1723 représentant symboliquement les fondations par le théorème de Pythagore (raison pour laquelle j’écrivais « gouvernée assez essentiellement par le néoplatonisme et il s’agirait selon moi plus précisément de néopythagorisme), pas un symbole chrétien ni religieux (on m’épargnera Désaguliers en prêtre anglican, un homme n’est pas un symbole et au regard de l’ensemble de la représentation, sans abus cela fait penser à une « parousie » inversée), et Apollon coiffant l’Edifice. D’autre part, éloge des civilisations antiques, les israélites ramenés à de bons élèves de Pharaon, voir également ce qu’il est dit du temple de Jérusalem, Jésus non nommé et qualifié de grand architecte de l’Eglise en comparaison de Vitruve « père de tous les vrais Architectes », ajouté à cela la mise en exergue des Arts, Sciences et Arts libéraux, bref bien peu et même pas de bible dans tout cela.
      La Géométrie principe rationnel ? C’est méconnaitre Pythagore (une pas confondre avec Euclide)
      Dermott qui mentionne les philosophes de l’antiquité et chapeaute sa maçonnerie par la bible, oui c’est bien ce que je dit, c’est le principe de la parousie.
      Quant à ta conclusion mon cher Négrier, elle a l’avantage de me faire sourire, je ne t’aurai pas lu pour rien.

  • 17
    Désap.
    6 juillet 2020 à 22:53 / Répondre

    13 – Cher Pierre Noël, comment veux-tu que j’argumente ici ?
    Ceci nécessite un ouvrage de trois tomes, exégèse 1723, exégèse Ahiman Razon et synthèse comparative.
    J’ai fait ce travail, je n’ai ni le temps, ni le talent de le formaliser.
    D’autres j’espère s’en chargeront.
    Pour l’instant il semble qu’on préfère prétendre que Anderson a écrit un chapitre « historique » fantaisiste (quand il y définit l’orientation de la maçonnerie Modern) et s’en remettre aux divulgations pour marteler une doxa.

  • 16
    ERGIEF
    6 juillet 2020 à 20:28 / Répondre

    Le 3ème grade du Guide des Macons Ecossais contient déjà l’ensemble du mythe au-delà de la mort d’Hiram. Les rédacteurs des rituels des ateliers de perfection du REAA s’en sont servi pour alimenter leurs travaux. Le 4ème degré d’inspiration greco romaine et kantienne et qui recadre les degrés précédents sur le plan moral, est un peu en décalage, du moins au SCDF.

  • 10
    ERGIEF
    5 juillet 2020 à 22:40 / Répondre

    Mon frère Desap si tu te reportes à mon commentaire/réponse 8 à Pascale 5, tu pourras mesurer mon profond désaccord avec vous deux. Par ailleurs tu n’as pas le privilège de la pratique de la pensée des philosophes grecs, le parcours des « HG », comme tu l’ecris, m’ayant permis de côtoyer aussi les écrits de Platon, Socrate, Aristote et autre Pythagore… Contrairement à ce que tu affirme depuis des mois sur ce blog, il n’y a aucune incompatibilité entre le christianisme des 4 premiers siècles bien au contraire.
    Les apôtres, Jean et Paul en particulier, ont été très influencés par la culture hellénistique. Ils ont relu l’ancien testament à la lumière de celle-ci et si c’est bien la parole de Jésus qu’ils ont couchée sur le papier, celui ci était donc imprégné du grec, qu’il parlait et lisait. Au passage je rappelle que le christianisme primitif est une religion du verbe et non du livre (contrairement à ce que prétendent les musulmans qui n’ont rien compris). Mais tout ça tu fais semblant de l’ignorer pour justifier ton antichristianisme viscéral. Je te conseille de relire Origène et Augustin et ensuite Jean. Ca te fera beaucoup de bien. A minima ça pourrait réduire un peu ton agressivité. 😊
    Ensuite l’Église est venue comme disait Loisy et elle a foutu en l’air le message original.
    Je te conseille de lire Origène et Augustin d’Hippone. Et ensuite de relire les 18 premiers versets de Jean. A minima ça devrait t’aider à mieux accepter les idées des autres et à être moins péremptoire.
    Question: tu en parles, tu les critique beaucoup, mais quelle expérience as-tu des Side degrees ? Et lesquels ?

    • 12
      Désap.
      6 juillet 2020 à 17:41 / Répondre

      10 – Mon cher Ergieff, je crains que l’intolérance ne soit pas de mon côté.
      Ce n’est pas que je n’accepte pas les idées des autres, c’est que j’en exprime d’autres qui sont systématiquement contestées sans même avoir été explorées.
      Entre autre, je ne parle pas des philosophes que tu cites et qui ont servi de caution au christianisme par détournement de leurs pensées, il ne faut pas se priver de lire Pierre Hadot à ce propos qui démontre comment la Scolastique a « ossifié », c’est son terme, la Philosophie classique.
      Je parle de la Philosophie de l’antiquité tardive à propos de laquelle Nuccio d’Anna (malheureusement non traduit) dit : l’Histoire du Néoplatonisme apparaît extraordinaire pour l’exceptionnelle autorité qu’il a exercé sur la vie spirituelle, culturelle et politique du monde antique. Si l’on considère en effet les composantes doctrinales et rituelles de ce que l’on appelle la « philosophie » néoplatonicienne, on ne peut manquer de remarquer l’importance significative accordée à la volonté, de la part de tous les néoplatoniciens, de rester fidèles aux diverses traditions spirituelles de la civilisation classique telles qu’elles avaient été vécues durant une longue suite de siècles. Les innombrables divinités apparaissent comme des formulations spéciales, hiérarchiquement organisées au sein d’un Ordre céleste très structuré, de l’unique principe spirituel d’un Principe divin qui, dans ces divinité, se révélait dans une multiplicité de configurations, comme aspects d’une seule Réalité Céleste, une « puissance » divine primordiale.
      Extrait de son article « Métaphysique du Néoplatonisme » paru dans la revue Vers la Tradition n° 158 février 2020.
      Mon cher frère, n’hésite pas à lire Plotin, Proclus, Jamblique, Porphyre, Marinus et Philon (juifs), Amélius et tant d’autres, tu vas te régaler, c’est immense et dépourvu de paraboles et conceptions hasardeuses. Tous sont disponibles aux Belles Lettres avec les ouvrages des universitaires qui les étudient.
      Cette philosophie est peu ou pas connue de nos cercles. La réalité est qu’elle contient une critique très précise du christianisme, qu’entre autres les auteurs chrétiens primitifs ont tenté de contrer sans aucune pertinence.

      • 18
        ERGIEF
        7 juillet 2020 à 10:25 / Répondre

        @ Desap 12. Mon frère, il ne suffit pas d’aligner des références pour se justifier d’une argumentation fallacieuse. Puisque tu te réfère au neoplatonisme, que pense tu de la filiation philosophique Platon >
        Plotin > Augustin d’Hippone ? Il semblerait qu’elle n’aille pas dans le sens de tes affirmations, toujours résolument antichrétiennes…
        Et tu n’as pas répondu à ma question: Que sais tu des side degrees, qui te permette d’en faire une critique aussi acerbe?
        Fraternellement.

        • 19
          Désap.
          7 juillet 2020 à 14:14 / Répondre

          18 – Il y a confusion. Parler de « filiation » est pour le moins poétique, et concrètement erroné.
          Augustin, converti au christianisme, tente de démonter sans succès ni pertinence le caractère incomplet de la Philosophie grecque qui l’empêche d’adhérer aux thèses chrétiennes.
          Quant à Plotin, sa « conversion » est philosophique, en aucun cas religieuse et son ternaire n’a rien de commun avec la Trinité. Chrétiens et musulmans ont tenté de se l’approprier, il ne réussiront qu’à démontrer à qu’ils sont dominés par le dogme et la croyance spontanée.
          Il est manifeste que du Néoplatonisme tu ne connais que les écrits des pères de l’Eglise.
          Mon frère, penche-toi sur cette philosophie et par ses auteurs. En effet pour un chrétien elle peut être dérangeante (quoiqu’elle ne soit jamais ni condescendante, ni systématique et sa critique du christianisme très épisodique) mais surement pas pour un Maçon parce que sa métaphysique est profonde.
          Je ne suis pas « anti-chrétiens », il s’agit plutôt de faire la lumière sur le christianisme et sa volonté hégémonique par abus et appropriation.
          Par ailleurs je ne répondrai pas à ta question, je n’ai rien à étaler et moins encore à justifier.
          Que ceux qui s’interrogent, jugent, c’est le propre de la responsabilité.
          Et puis, j’ai suffisamment démontré mon attachement à l’éthique pour me perdre en prétention.
          Frat:.

      • 20
        pierre noel
        7 juillet 2020 à 15:04 / Répondre

        Quel est le rapport entre Jamblique, Proclus, Origène et l’union des 2 Grandes Loges anglaises en 1813 ? S’il y en a un, pourquoi ne pas l’expliquer ?
        Où Dermott parle-t-il de la parousie (la seconde venue du Christ pour ceux qui l’ignorent) ?
        Je serais vraiment heureux d’en avoir une idée.

        • 21
          Désap.
          7 juillet 2020 à 17:40 / Répondre

          20 – Je répondais à Ergief.
          En outre, l’union des deux GGLL anglaises répond de l’intérêt supérieur du royaume et non d’un accord sur les principes maçonniques.
          Sauf désaccord, tu pourras me l’accorder puisque ce me semble être la synthèse de l’article de John Belton.
          S’agissant de Dermott, il ramène tout à la bible qu’il cite à peu prés quarante sept fois dans Ahiman Rezon (pas un seule fois chez Anderson, une fois dans l’édition 1784 dans le procès verbal d’une cérémonie profane). Si les Antients acceptaient que l’on explore d’autres traditions, ce que j’ignore et reste à vérifier, tout se résumant à toute fin à la bible, c’est le principe de la parousie, la seconde venue du Christ voyant le monde se convertir à sa parole.

          • 23
            pierre noel
            8 juillet 2020 à 09:42 / Répondre

            Curieux commentaire ! Anderson ne citerait jamais la bible, alors que la première moitié de son histoire légendaire n’est qu’une paraphrase de celle-ci !

            • 25
              Désap.
              9 juillet 2020 à 13:02 /

              23 – remettons le choses à leur juste proportion, de moitié il s’agit en réalité de trois pages d’introduction sur les trente trois que contient la partie « historique » et qu’il est tout à fait nécessaire de mettre en perspective avec la suite du texte, ou bien on se berce d’illusion.
              Si l’on n’est pas capable ou si l’on refuse de faire une lecture objective des Constitutions 1723, il ne faut pas me reprocher de le faire.

            • 26
              pierre noel
              9 juillet 2020 à 15:53 /

              Faut pas toujours raconter n’importe quoi.
              La partie « historique » de 1723 compte 48 pages. Les 19 premières sont une paraphrase du récit biblique, allant d’Adam à Zorobabel, en passant par le déluge, Noé et ses fils, Nemrod, Samson et le temple de Gaza, le temple de Jérusalem, Salomon, sa destruction par les Assyriens et sa reconstruction pendant le règne de Cyrus.
              Les Grecs viennent après avec Thalès et Pythagore
              Pour le compte de pages, je me base sur la reproduction de l’édition originale, en anglais, pas sur une traduction française.

            • 27
              Désap.
              9 juillet 2020 à 16:23 /

              26 – Il faut LIRE le texte, non faire des comptes d’apothicaire obnubilé par la bible.
              Tu devrais t’en tenir à Ahiman Rezon, l’esprit de 1723 t’échappe totalement.

  • 9
    Désap.
    5 juillet 2020 à 19:37 / Répondre

    Rien d’autre que l’intérêt supérieur du Royaume n’était en mesure de permettre l’union entre les Moderns et les Antients et la Révolution française comme source de grande inquiétude, c’est une thèse que je soutiens depuis longtemps.
    En effet, l’union proprement maçonnique et symbiotique était irréalisable,yy les doctrines de chaque GL étaient opposées, la maçonnerie des Moderns est gouvernée assez essentiellement par le néoplatonisme et il s’agirait selon moi plus précisément de néopythagorisme, celle des Antients intégralement par la bible et, comme une Scolastique qui aurait réussi, menant inévitablement à la Parousie avant l’heure du retour prévu.
    Les Moderns n’ont accepté qu’à reculons la bible en loge, ils ont obtenu la séparation de la maçonnerie bleue des degrés au prix de l’intégration de l’Arche Royale.
    Nous savons presque certainement que les loges Moderns post 1813, et durant la première GMaitrise de la GLUA, n’ont jamais pratiqué cette maçonnerie d’union ; cependant, il m’est force de constater après tant d’années de discussions que cette maçonnerie est pratiquement inconnue, sa doctrine plus encore.
    S’agissant des degrés dit « HG », on ne s’étonnera pas de mon parfait accord avec le commentaire de Pascale nº 5.
    Il semble en outre que l’on saisisse de mieux en mieux le miroir déformant qu’ils représentent vis à vis des grades dits improprement « symboliques » et que je qualifie plutôt de complets et fondamentaux, ne nécessitant que du travail qui leur fait très largement et très regrettablement défaut.

    • 11
      ERGIEF
      5 juillet 2020 à 22:44 / Répondre

      Désolé je me suis un peu répété sur la fin. La phrase sur Origène etc… est la seconde dans le texte. Annuler la précédente.
      Merci.

    • 13
      PIERRE NOEL
      6 juillet 2020 à 18:04 / Répondre

      Difficile de dire plus de contre-vérités qu’en ces quelques lignes !
      « l’union proprement maçonnique et symbiotique était irréalisable, les doctrines de chaque GL étaient opposées, la maçonnerie des Moderns est gouvernée assez essentiellement par le néoplatonisme, celle des Antients par la Bible menant à la Parousie ».
      C’est une profession de foi, pas une argumentation !

  • 8
    ERGIEF
    5 juillet 2020 à 19:11 / Répondre

    5 @ Pascale. Désolé de m’inscrire en faux. En ce qui me concerne l’accession à la maîtrise n’a pas été une fin en soi bien que je fréquente avec assiduité et plaisir ma loge bleue, en ayant « épuisé » tous les postes symboliques et en acceptant toujours avec humilité ceux que l’on me propose. Il faut être très présomptueux par ailleurs pour balayer d’un revers de main les « side degrees » au prétexte que tout serait déjà dit et fait dans le « craft ». De degré en degré, de grade en grade, je me suis toujours perfectionné et j’ai ainsi pu entrevoir des vérités que la seule maîtrise ne suffit pas à rencontrer. Il faut pour cela avoir de l’imagination, mettre son esprit cartésien au fond de sa poche et faire confiance à son cœur. Les mythes, symboles, doctrines qu’on y trouve sont des moyens irremplaçable de progresser vers la Connaissance et l’extension du champ des possibles ouvre le chemin vers une spiritualité élargie. Le maçon a besoin de s’abreuver à deux sources la Gnose et la Grâce et l’une comme l’autre sont plus accessibles à celui qui accepte de se soumettre à de nouvelles épreuves pour progresser. Certes j’ai aussi croisé de sinistres personnages toxiques mais fait tant de belles rencontres que j’ai oublié les premiers pour ne côtoyer que les seconds. Ceci dit le jour où dans une grande obédience et sa juridiction des « hauts grades » je me suis senti mal à l’aise, j’ai claqué la porte, changé de rite et rejoint un Ordre plus conforme à mes souhaits. Plutôt que de s’attaquer au système, ce que j’ai tenté de faire un temps, j’ai préféré dire leur fait aux responsables de mon départ volontaire et demander le divorce….
    Mais tout ceci n’a jamais remis en question mes choix initiatiques. Ce sont mes deux maisons successives qui m’ont aidé à être ce que je suis.

  • 5
    PASCALE
    5 juillet 2020 à 13:33 / Répondre

    En dehors de tout contexte historico-politico-mégalo-mercato,
    quel est un des vrais problèmes aujourd’hui entre le « bleu » et les « HG » ?
    Je souscris à la pertinence d’un frère qui disait : Le vrai pb est que nous ne travaillons pas ou pas assez au grade de Maître dans nos travaux quotidiens en Loge. Ce qui fait des « HG » la possibilité de travailler à ce grade, et pour certains, l’illusion d’une découverte et d’une extase là où il ne devrait qu’y avoir que re-visite d’un travail déjà long et accompli avant d’arriver là.
    Ce qui laisse la porte ouverte à toutes les manipulations du rituel par les « racoleurs des HG » pour attirer de jeunes Maîtres par des « mystères » qui devraient avoir été démystifiés et les convertir à une pseudo obéissance à une « Cause » exogène (SC du SC) en lieu et place d’un libre perfectionnement de leur propre rapport à leur intimité initiatique.

    • 6
      Luciole
      5 juillet 2020 à 16:13 / Répondre

      « Intimité initiatique »…Bon je veux bien mais permettez moi une comparaison dans un domaine qui m’est familier.
      Par un travail solitaire ,le musicien peut parfois accéder à une meilleure compréhension de l’oeuvre,qu’il souhaite interpréter. Il ne perd rien à suivre l’enseignement d’un Maitre bien choisi, d’une influence,des connaissances transmises par d’autres.
      S’il a du talent il saura tirer la « substantifique moelle » de ces apports et au moins gagner du temps en sachant où chercher et comparer.
      Les dits « HG » ont simplement davantage d’expériences pour avoir suivi le même parcours.Ils partagent légendes,symbolismes,cheminements.Aucun ne donne davantage d’autorité que celui d’un Vénérable en fonction. Tous ne peuvent pas être VM car il y faut des qualités d’organisation et de travail qui sont personnelles plus la confiance de l’atelier.
      Accepteriez vous d’être soignés par des dentistes ou des chirurgiens tirés au sort ou « dont c’est le tour »?

      • 7
        pierre noel
        5 juillet 2020 à 17:53 / Répondre

        Les HG (ou grades au-delà de la maîtrise) ne donnent aucun(e) autorité/pouvoir en loge bleue.
        Le vénéralat dans une loge bleue ne donne aucun(e) pouvoir/autorité dans un chapitre de HG, dirigé par un TS.(dans le cas du REAA).
        Ce sont des organismes distincts, indépendants les uns des autres.
        Bien des problèmes viennent de l’oubli de cette différence.

  • 3
    Le Coyote
    5 juillet 2020 à 09:50 / Répondre

    Merci Pierre de ta réponse qui m’amène des éléments de réflexion 😉 Sans avoir de programme politique, deux structures signifient une distance, même minime entre elles où peuvent naître ce que l’humain, même maçon, peut avoir de moins beau en lui. Mais en effet s’il s’agit des mêmes personnes qui gèrent l’un et l’autre, ça règle la chose.

    Tu le dis très bien : en Angleterre le problème ne se pose pas au vu des spécificités. Mais alors pourquoi en France est-ce calqué sur ce modèle alors qu’il est différent et non reconnu par la GLUA ? Pour la GLNF pourquoi pas mais… pour les autres ?

    • 4
      pierre noel
      5 juillet 2020 à 10:32 / Répondre

      Le Coyote écrit, très justement : « en Angleterre le problème ne se pose pas au vu des spécificités. Mais alors pourquoi en France est-ce calqué sur ce modèle alors qu’il est différent et non reconnu par la GLUA ? »
      N’est-ce pas un peu la conséquence de la rivalité/fracture du GODF et du SCDF-GLDF, depuis la Restauration jusqu’à aujourd’hui ?

      Pus fondamentalement la distance dans le système britannique, entre le Craft et les Ordres n’est pas « minime ». Leur objet, leur modus vivendi sont radicalement différents. Ils ne se « reconnaissent » pas entre eux, n’ont aucune relation officielle et les « intervisites » ne sont pas permises, ce qui bien sûr n’empêche la cordialité des rapports individuels.
      Au siècle dernier, un GMP fut démis de ses fonctions parce qu’il avait porté les décors de 33° ors d’une tenue de sa province (craft)

  • 2
    pierre noel
    4 juillet 2020 à 10:52 / Répondre

    En réponse au Coyote, la question ne se pose pas dans les ile britanniques (pour ne parler que d’elles). La franc-maçonnerie « pure et authentique », ce sont les trois degrés d’entered-apprentice, de fellowcraft et de master-mason (avec en plus le Royal-Arch en Angleterre, le Mark degree en Ecosse !).
    Les « Ordres », dont le REAA n’est qu’un exemple parmi bien d’autres, sont des organisations différentes à tous niveaux (même au point de vue légal), n’ayant qu’un point en commun : il faut être membre de la GL pour y être reçu. Les intérêts respectifs « ne divergent pas » (ces organismes, ne s’occupant pas de politique, n’ont pas de « programme » qui puisse les opposer). Les dirigeants de ces organismes n’ont aucune raison de « se prendre la tête » (ce sont d’ailleurs bien souvent les mêmes personnes !), à court ou long terme.
    Les « patentes » telle que nous les entendons (espèce de copywright sur un rite !) n’existent pas (on ne peut donc pas les enlever !). Il ne faut pas les confondre avec la « charte de constitution » qui est un acte réglementaire par laquelle une GL autorise une loge à se réunir sous son autorité (donc en respectant les conditions prévues par ses règlements) et à s’en réclamer (les constitutions du GODF en 1773 précisaient qu’ une loge n’ était « régulière » que lorsqu’elle détenait un document de ce genre. c’était le sens premier du mot « régulier »)

  • 1
    Le Coyote
    4 juillet 2020 à 08:31 / Répondre

    Intéressant de comprendre pourquoi existant deux structures, l’une gérant les trois premiers degrés et l’autre les degrés de perfection… C’était donc une façon (à l’époque) de standardiser, uniformiser et régulier la maçonnerie.

    Mais alors pourquoi garder cet agencement aujourd’hui ? Psychologiquement deux structures avec deux types de responsables vont forcément avoir des intérêts qui vont diverger et forcément sur le long terme… se prendre la tête entre « Très Puissant Souverain Grand Commandeur » (degrés de perfection) et Grand Maître (3 premiers grades). Et c’est ces prises de becs que l’on connaît qui peuvent peut-être diminuer à la fois la force, la fraternité et l’unité de notre mouvement.
    Je serai intéressé de voir ce que d’autres en pensent… je n’ai pas de réponse mais la question émerge dans mon esprit 😉

    Et autre sujet de réflexion pour moi à la lecture de cet article de John Belton : en 1799 existait une loi qui interdisait au Royaume Uni toute société secrète de faire prêter serment à ses membres… à part dérogation de la maçonnerie. Et donc qui ne respectait pas les directives de l’obédience pouvait se voir retirer la patente (et donc la protection) pour comme automatiquement se retrouver dans l’illégalité.
    À l’époque retirer une patente était justifié et très contraignant. Aujourd’hui la pratique demeure. Question à moi-même : qu’elle est aujourd’hui la place et l’importance de ces patentes enlevées ?

    • 14
      Luciole
      6 juillet 2020 à 18:24 / Répondre

      En France les loges issues du SCdF ont ensuite obtenu d’être indépendantes et ont formé en 1894 l’actuelle Grande Loge de France pour ce qui concerne les trois premiers degrés du REAA.
      Les sujets traités dans la suite de la Maitrise dans ce Rite sont soit un approfondissement du 3e degré soit traitent d’autres voies de connaissance,qui n’impliquent pas de hiérarchie entre elles.
      Des structures différentes traitent plus commodément des ateliers différents.

      Pour faire simple,il n’est pas indispensable d’être un Maitre de Judo pour étudier l’Alchimie et ,au Football,le fait que votre allier droit soit agrégé de Grec ancien importe peu.

      • 15
        pierre noel
        6 juillet 2020 à 19:20 / Répondre

        C’est assez simple si on se souvient que c’est d’abord une « histoire », avant d’être le sujet de réflexions plus ou moins élaborées. Les grades de IV à XIV continuent et achèvent la légende : que deviennent les meurtriers ? qui achève la construction du temple ? comment ce qui fut perdu est-il retrouvé ?
        La suite est d’une autre nature, sans être en rien « supérieur » (ce qui n’aurait aucun sens !).
        Mais tous conviendront que, s’il y a plusieurs grades successifs, il faut nécessairement en donner certains avant d’autres, puisqu’on ne peut les donner (les jouer !) tous en même temps. L’ennui est que, ce faisant, on leur a donné des numéros, ce qui a conduit à fétichiser l’ensemble

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés. Les règles en matière de diffamation, de calomnie, d’insulte, d’incitation à la haine ou de discrimination sont applicables. Les formules de salutation maçonnique et les abréviations ne sont pas autorisées.

Code vérification
Signaler un contenu abusif