De la laïcité positive

Publié par Jiri Pragman

FRANCE. Dans un entretien publié par Libération ce vendredi 4 janvier 2008 sous le titre « Le concept de « laïcité positive » ouvre une brèche dans le pacte républicain », Jean-Michel Quillardet, Grand Maître du Grand Orient de France revient sur les propos tenus par le président français, Nicolas Sarkozy, lors de sa visite au Vatican (cfr notre article Rome, la France et le Grand Orient).

Quillardet explique en quoi il est choqué par ce concept de « laïcité positive » qui veut que les religions soient désormais considérées comme un atout et qu’il faille rechercher un dialogue avec elles. Il rappelle que la quête de sens ne passe pas nécessairement par les religions. Dans cette interview, il exprime également sa crainte d’une modification de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat.

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vendredi 4 janvier 2008
  • 8
    xul
    6 janvier 2008 à 09:10 / Répondre

    Le GODF continue a se profiler comme Sainte-Église Laïque Nationale Républicaine. Depuis sa capture par des politiciens égalitaristes au milieu du 19ème, on s’y est bien habitué. Mêler la construction de nouvelles et belles mosquées en Europe aux questions de l’idéologie de laïcisme me semble d’avantage hors du contexte F-M. Les mosquées traditionnelles sont d’excellents exemples de l’architecture traditionnelle si chère aux TC FF de l’Ordre initiatique universel! Et, en vif contrast aux Églises, les institutions islamiques continuent à en construire.

  • 7
    La mère Duschene
    5 janvier 2008 à 09:28 / Répondre

    Voir aussi les déclarations récentes de Françoise de Panafieu sur le « manque cruel » de mosquées à Paris… Si ce n’est pas un appel du pied à deux mois des municipales…

  • 6
    Burdeos
    4 janvier 2008 à 21:02 / Répondre

    Fallait s’y attendre : la politique qui instrumentalise la religion, c’est un retour de balancier. La spiritualité existe en dehors des religions, mais çà ne peut pas intéresser le pouvoir plus intéressé par nature par l’asservissement des masses via les prélats de tous ordres.

    Malheureusement, tout celà se révèle être du marketing politique. Souhaitons que nos sociétés occidentales sachent établir et préserver des garde-fous : peut-être serait-il bon à cet effet que les tenants de la laïcité acceptent explicitement qu’il puisse exister quelque chose qui dépasse l’entendement humain, un « imago déi », libre ensuite à chacun de suivre le chemin qu’il lui plait. Ma conviction est qu’il faut respecter les spécificités cultuelles et communautaires dans la mesure où ces entités en font de même : donc pas de discours anti-religieux à priori…

  • 5
    Rethy
    4 janvier 2008 à 19:26 / Répondre

    La laïcité, la république, la démocratie, sont des valeurs acquises dans le sang et les larmes, les laisser bafouer est un crime contre l’humanité. Quand ils ont arrêté un juif… quand ils ont expulsé un sans papier… quand ils ont financé la première mosquée… En Belgique aujourd’hui on expulse un étranger parce qu’il vit dans un logement trop petit. Et personne ne s’émeut.

  • 4
    Philippe Benhamou
    4 janvier 2008 à 15:44 / Répondre

    IL est intéressant d’aller également consulter les commentaires des catholiques à propos du communiqué du Grand Orient de France : Voici par exemple le commentaire de Michel Janva sur le Salon Beige (et non belge que je le lisais souvent un peu rapidement) :

    Le discours au Latran, orienté vers les musulmans ?
    Dans Libération, Jean-Michel Quillardet, Grand-maître du Grand-Orient de France, la plus importante obédience maçonnique française, s’insurge contre le discours de Nicolas Sarkozy au Latran. Passons rapidement sur cette hypocrisie, estimant que ce discours :

    « ouvre une brèche inquiétante dans le pacte républicain et laïc ».

    L’alliance du trône et de l’équerre n’étant pas, elle, inquiétante…

    Néanmoins, la suite de l’entretien est plus intéressante :

    « Là, nous sentons que quelque chose se prépare. […] Michèle Alliot-Marie nous a reçus le 3 décembre, elle nous a dit que, dans le rapport Machelon, «il y a quelques idées intéressantes». Elle regarde s’il est possible de faire passer les associations du statut cultuel, interdisant tout subventionnement public, au statut culturel, l’autorisant. […] Mais nous ne sommes pas hostiles aux baux emphytéotiques, de très longue durée, ni à la création de la Fondation pour les œuvres de l’islam [créée le 16 octobre, elle est notamment destinée à financer la construction de mosquées]. »

    De toute évidence, cette réforme ne concernera que l’islam, l’Eglise ayant refusé de créer des associations cultuelles. On note au passage l’anticléricalisme du franc-maçon, qui refuse de considérer le dialogue avec l’Eglise catholique comme un atout, mais qui est prêt à soutenir l’installation de l’islam en France.

    Michel Janva

    Philippe Benhamou
    PS : qui est notre frère et excellent ami D.B. ?…

  • 3
    flaminjo
    4 janvier 2008 à 15:29 / Répondre

    La réhabilitation des religions dans le contexte d’intégrisme que nous vivons est une erreur qui pourrait être fatale à nos démocraties. Les concessions de Sarkozy sont graves et révèlent la peur de nos dirigeants face aux intégrismes religieux dont le plus menaçant est l’islamisme.

  • 2
    Geoffray d'A
    4 janvier 2008 à 14:10 / Répondre

    Sans vouloir m’aligner à des positions radicales comme celles de notre frère et exellent ami D.B., je considère la laïcité comme l’une des valeurs bases de la république. Et c’est la seule manière connue de permettre à chacun d’avoir pour lui-même, sa liberté de conscience et s’il le souhaite, de la partager avec des communautés religieuses ou non.
    Je pense que la laîcité doit se comparer à la fraternité telle que conue en maonnerie, c’est à dire comme une forme de respect que l’on s’impose et qui lui donne précisément la valeur du sacré.

    Geoffray d’A

  • 1
    grisouille
    4 janvier 2008 à 12:12 / Répondre

    même interview dans le nouvel obs

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